Publié le 24 Septembre 2017

Ils sont dix vivants.

Le colonel Fred Moore, Compagnon de la Libération et chancelier d’honneur de l’ordre de la Libération, est décédé à l'âge de 97 ans. Ce titre, créé par le général de Gaulle, a été décerné pendant et juste après la Seconde Guerre mondiale.

 

Sa disparition porte à dix le nombre de Compagnons de la Libération encore en vie, sur les 1.036 qui s'étaient engagés au côté de la France libre pendant l'Occupation allemande. Mais, l'Ordre a été exceptionnellement ouvert de nouveau par le général de Gaulle, qui a attribué la croix de la Libération à Winston Churchill (1958) et au Roi d'Angleterre George VI (1960), portant ainsi le nombre définitif des personnes titulaires à 1.038.

 

Pour information, parmi les Compagnons, 270 ont été nommés à titre posthume et 50, déjà Compagnons, sont morts au combat ou en service commandé avant la fin de la guerre. Un peu plus de 700 d'entre eux ont survécu à la guerre. Presque les trois quart des Compagnons de la Libération sont issus des rangs de la France libre et un quart des rangs de la Résistance intérieure.

 

Les dix derniers Compagnons vivants sont :

  • Guy Charmot.
  • Daniel Cordier.
  • Yves de Daruvar.
  • Victor Desmet.
  • Constant Engels.
  • Hubert Germain.
  • Jacques Hébert.
  • Claude Raoul-Duval.
  • Pierre Simonet.
  • Edgar Tupët-Thomé.
Fred Moore, au premier rang (manteau).

Fred Moore, au premier rang (manteau).

Fred Moore.

Né le 8 avril 1920 à Brest, Fred Moore avait été un des tout premiers à avoir répondu à l'Appel du général de Gaulle. Dès le 19 juin 1940 il avait quitté la France depuis Brest et atteint l'Angleterre le 1er juillet 1940, où il s'était engagé dans les Forces Françaises Libres. Il avait pris part à l'expédition de Dakar en septembre 1940 puis servi au Levant au sein d'une unité de Spahis marocains. Il avait débarqué en Normandie le 2 août 1944 avec la 2e division blindée du général Leclerc. Le 25 août 1944, lors de la libération de Paris, il avait pris une part active à la prise de l'Ecole Militaire. Il avait participé jusqu'en avril 1945 aux derniers combats.

 

Ils sont dix vivants.

Djamil Jacir.

L’Association des Familles des Parachutistes SAS de la France Libre a annoncé la mort du sergent-chef Djamil Jacir. Ce parachutiste de la France Libre est décédé à l’âge de 98 ans à l’Institution nationale des Invalides à Paris où il était pensionnaire depuis février 2013.

Djamil Jacir comptait parmi les derniers survivants des parachutistes SAS à avoir participé aux opérations aéroportées en Bretagne à l’été 1944 et à celle des Pays-Bas au printemps 1945. 

Djamil Jacir était né le 29 juillet 1919 à Paris (VIIe). Il s’engage dans l’armée de l’air en août 1939. Affecté au Levant, il rallie les Français Libres en septembre 1941 à Damas. Affecté aux Forces aériennes françaises libres (FAFL), il rejoint le 1er bataillon d’infanterie de l’air (BIA). Breveté Special air service (SAS) le 26 mai 1943 en Angleterre, il est alors intégré au 4e SAS qui deviendra le 2ème régiment de chasseurs parachutistes (RCP).

Le 5 août 1944, Djamil Jacir est déposé dans la région de Locoal-Mendon (Morbihan) par planeur avec deux autres SAS (Pierre Lacaze et Lucien Neuwirth) et une jeep dans le cadre de l’opération Spenser pour libérer la région. Au total, cette opération engage dix planeurs (chacun avec une jeep et trois SAS). Djamil Jacir est blessé par des éclats de mortier le 13 août 1944 lors des combats pour la libération de Nantes. Le 4 avril 1945, Djamil Jacir est parachuté dans la région d’Amherst (Pays-Bas), une opération qui réunit plusieurs centaines de SAS français.

 

Après la guerre, Djamil Jacir reprend sa profession de diamantaire et d’expert en pierres précieuses, devenant un spécialiste reconnu. Il portait à sa boutonnière l’insigne des SAS, une paire d'ailes en diamants.

Le sergent-chef Djamil Jacir était chevalier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du Mérite. Il était titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 1939-1945 avec cinq citations, dont deux à l’ordre de l’armée, de la médaille de la Résistance et de nombreuses décorations étrangères. Très impliqué dans les organisations d’anciens combattants, il avait fondé l’Association nationale des anciens parachutistes (Anap). Il avait été pendant de longues années commissaire au comité de la Flamme sous l’Arc de Triomphe.

 

Sources :

  • Clichés Alain Bétry.
  • Ordre de la Libération.
  • Journal Ouest France.
  • Journal Le parisien.
  • Institution des Invalides.
  • Site Internet RP Défense.

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Publié le 23 Septembre 2017

Aucune tombe d'un Mort pour la France ne doit disparaître.

Mesdames et Messieurs les Présidents de Comité,

Adhérents et amis du Souvenir français,

 

Le Souvenir Français a pour vocation de maintenir la mémoire de tous ceux qui, combattants de la liberté et du droit, sont morts pour la France, ou l’ont bien servie, qu’ils soient Français ou étrangers.

 

Il a pour mission l’entretien des sépultures et des monuments commémoratifs, l’organisation d’actions de Mémoire pour rendre hommage au courage et à la fidélité de tous ces hommes et ces femmes morts aux champs d’honneur.

 

Il s’agit maintenant de matérialiser cette phrase de notre Président-général, le contrôleur général des armées Serge Barcellini : « Aucune tombe d’un Mort pour la France ne doit disparaître ». Si donc vous voyez ce genre de tombe d'un mort pour la France, faites en remonter l'existence, le lieu et la photographie.

 

Avec mes remerciements pour eux, les morts en voie d'oubli. 

 

Claude Guy

Délégué général du Souvenir français pour les Hauts de Seine.

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Publié le 10 Septembre 2017

Le Chinois de la Légion étrangère.

Dans le cimetière de Vic-sur-Aisne (carré F, tombe 59), une stèle marque la dernière demeure du soldat Ma Yi Pao, mort pour la France.

Au cours de la 1ère Guerre mondiale, six Chinois s’engagèrent dans la Légion Étrangère. Parmi eux, le soldat Ma Yi Pao.

En fait, son nom est Ma Yubao (马毓宝). Né à Kunming (alors Yunnan-sen) en 1894 dans une famille Hui (musulmans chinois) son nom reflète les ambitions que ses parents fondent sur lui (Trésor d’éducation). Il entre au Lycée provincial dans la section industrielle en 1909. Puis il est admis par concours à l’Académie militaire du Yunnan avant de rejoindre en 1912 celle de Nankin grâce à ses études remarquables.

En 1913, il rejoint le soulèvement révolutionnaire du Jiangxi, à Hukou comme Chef de Bataillon. Après l’échec du soulèvement il rejoint l’armée du Yunnan.

En 1915, alors que Yuan Shikai se fait nommer Empereur, la Seconde Armée du Yunnan se mobilise ; Ma est nommé commandant en second du Général Yang Yixian et est stationné à Guilin au Guangxi. Peu après, il regagne le Yunnan comme commissaire au recrutement puis il y devient instructeur à Mongtsé. Là, centre ferroviaire de la ligne du chemin de fer du Yunnan, il fréquente le Consul de France. Aux récits de ce dernier des atrocités germaniques, le jeune capitaine se décide à soutenir l’effort de guerre français.

Le Consul lui ouvre la voie vers Hanoi où il rencontre le Gouverneur Albert Sarraut, et en décembre 1916 il entre dans l’armée française mais ne souhaite que servir à la défense. En février 1917, il est envoyé au Maroc pour faire ses classes au sein du régiment de marche de la Légion étrangère.

Lorsque le « Gouvernement du Nord » déclare à son tour la guerre à l’Allemagne, le Gouverneur du Yunnan via l’attaché militaire de l’Ambassade de Chine à Paris autorise le Légionnaire Ma à rejoindre le front. Ce dernier, le Lt-Général Tang, lui demande de tenir un journal, ce que fit scrupuleusement Ma.

Au front en 1918, il se montre courageux et déterminé. Lors des combats sur l’Ancre, dans la Somme, en mars 1918, il est blessé à la tête par un éclat d’obus. Guéri, il revient à son unité pour participer à la bataille de l’Oise, en juin, où il est gazé et évacué. Soigné à Paris, il reçoit la Croix de Guerre. L’ambassadeur de Chine Hu Weide, tout en reconnaissant son courage et son audace, demande alors pour le préserver qu’il soit affecté à l’arrière comme élève officier. Mais Ma estime que le travail n’est pas achevé et remonte au front. Il est de nouveau atteint et il succombe à de nouvelles blessures à l’ambulance 3/55, à Jaulzy, dans l’Oise, le 2 septembre 1918.

Il est enterré au cimetière de Vic, près de Soissons dans l’Aisne selon le rite musulman.

Une cérémonie funéraire est conduite au printemps 1920 à Kunming, présidée par le Seigneur de la guerre Tang Jiyao, en présence de divers dignitaires chinois et étrangers. Le livre d’honneur comporte des compliments de la part du gouvernement chinois, d’ambassades ainsi que (et surtout) de Sun Yat-sen et Li Yuanhong.

 

 

Sources :

 

  • Cet article a été repris de celui publié par Philippe Fourneraut, pour la Délégation du Souvenir Français de Chine et d’Asie.
  • Nos remerciements et nos salutations amicales à Claude Jaeck, Délégué général.
  • Site Internet « Mémoire des Hommes ».
  • Site Internet « Chemins de la Mémoire ».
  • Archives du département de l’Aisne.
  • Stéphane Audoin-Rouzeau, Jean-Jacques Becker, Encyclopédie de la Grande guerre, Bayard, 2004.
  • John Buchan, La bataille de la Somme, Thomas Nelson & Sons, 1920.
  • Marjolaine Boutet et Philippe Nivet, La bataille de la Somme, Taillandier, 2016.
  • John Keegan, La Première Guerre mondiale, Perrin, 2003.

 

 

Le Chinois de la Légion étrangère.

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Publié le 27 Août 2017

Chatenay-Malabry : un adhérent mis à l'honneur.

C’est avec fierté que nous avons appris que Monsieur Démottais, adhérent au comité du Souvenir Français de Châtenay-Malabry, avait reçu les insignes de chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet dernier à Moulins sur Allier.

 

Jeune engagé volontaire pour la durée de la guerre en 1942, peu après ses 18 ans, il fait alors partie du corps expéditionnaire français en Italie qui le conduit à Naples, au Mont Cassin, à Rome et à Sienne. Débarqué en Provence en août 1944, il participe à la campagne de France, de Toulon à la poche de Colmar, puis aux opérations en Allemagne et à l’occupation de ce pays jusqu’en janvier 1946, date de sa démobilisation.

 

Monsieur Démottais est titulaire, entre autres, de la croix de guerre 39/45 et de la médaille militaire. Très longtemps conseiller municipal puis maire de Châtel de Neuvre (03), c’est un adhérent fidèle du comité du Souvenir Français de Châtenay-Malabry.

 

Par ce court billet, la Délégation générale du Souvenir Français dans les Hauts-de-Seine tient à lui rendre un hommage bien mérité.

 

Claude Guy

Délégué Général.

 

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Publié le 24 Août 2017

Indochine : le RICM en patrouille de reconnaissance.

Indochine : le RICM en patrouille de reconnaissance.

Le RICM.

Le Régiment d'Infanterie - Chars de Marine, formation blindée, est l'un des deux régiments blindés de reconnaissance de la 9e Brigade Légère Blindée de Marine.

Jeune Régiment, il naît à Rabat au Maroc au début du mois d'août 1914 sous l'appellation de 1er Régiment Mixte d'Infanterie Coloniale. En décembre, il devient le 1er Régiment de Marche d'Infanterie Coloniale. Le RICM, Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc est officiellement crée le 9 juin 1915. Le 17 août 1914, il débarque à Cette (ancien nom du port de Sète). Quatre années durant, il livre des combats qui feront de son emblème le plus décoré de l'armée française. Le 24 octobre 1916, il écrit l'une des pages les plus glorieuses de son histoire lors de la prise du fort de Douaumont.

Après plusieurs années d'occupation en Allemagne, le RICM retourne au Maroc en 1925 où le maréchal Lyautey l'a fait appeler. Dans le Rif marocain, ses opérations sont couronnées de succès. Il rejoint la France et Aix-en-Provence en 1932. En 1939, il quitte Aix-en-Provence pour combattre aux avant-postes en Alsace. Défendant pied à pied le sol français, il perd les deux tiers de ses effectifs.

Dissous après l'Armistice, il est reformé à Rabat en 1940. En 1943, il devient régiment blindé de reconnaissance de la 9ème DIC. Débarqué en Provence le 20 août 1944, il prend Toulon, Mulhouse et arrive sur le Rhin à Rosenau le 13 novembre 1944, le premier de toutes les armées alliées. Il atteint Constance quand a lieu la capitulation de l'Allemagne. Pour le RICM, il n'est pas question de repos ; il débarque à Saigon le 4 novembre 1945. Partout en Indochine, le régiment se montre égal à lui-même au cours de dix années de combats incessants.

Présent durant sept années en Algérie, le RICM s'est illustré lors des grandes opérations de l'Oranais et du maintien de l'intégrité du barrage algéro-marocain. A la fin de l'année 1958, il change d'appellation et devient Régiment d'Infanterie - Chars de Marine.

Le 22 janvier 1963, le RICM arrive à Vannes et s'installe au quartier Delestraint. En 1978, il obtient une 18ème Citation à l'ordre de l'Armée en participant aux opérations du Tchad et du Liban. Après deux nouveaux séjours à Beyrouth en 1982 et 1984, deux escadrons sont engagés au Moyen-Orient dans l'Opération Daguet en 1990-1991. Dans le cadre des efforts de paix de l'ONU en ex-Yougoslavie, le RICM effectue deux mandats en 1992-1993, puis en 1995. En 1994, le Régiment participe avec plus de la moitié de ses effectifs à l'Opération Turquoise déclenchée par la France au profit des populations du Rwanda. Durant l'été 1996, le RICM quitte Vannes et s'installe à Poitiers. Il part aussitôt pour un troisième mandat à Sarajevo en Bosnie, de septembre 1996 à février 1997. Puis en avril, un escadron participe à l'Opération Alba en Albanie jusqu'en juillet. De septembre 1997 à janvier 1998, le RICM met sur pied l'élément de réaction immédiate de la SFOR en Bosnie. A partir de 1998, se succèdent l'Opération d'assistance militaire Aramis au Cameroun, la RCA pour un peloton du 2ème escadron, Djibouti pour les 1er, 2ème et 3ème Escadrons, la Côte d'Ivoire pour 2 pelotons et une partie de l'ECL, la Bosnie encore pour le 4ème Escadron, le Tchad pour le 1er Escadron, le Kosovo pour une SRR et la liste est toujours prête à s'allonger. Ce siècle d'histoire s'achève pour le RICM à Mostar avec le Groupement Tactique Français.

 

Régiment le plus décoré de l’armée française.

Le drapeau du RICM est l’emblème le plus décoré de l’armée française :

Su l’avers :

République française Régiment d'Infanterie - Chars de Marine

Sur le revers :

Honneur et Patrie - La Marne 1914-1918 - Verdun-Douaumont 1916 - La Malmaison 1917 - Plessis de Roye 1918 - L'Aisne - L'Ailette 1918 - Champagne 1918 - Argonne 1918 - Maroc 1925-1926 - Toulon 1944 - Delle 1944 - Kehl 1945 - Indochine 1945-1954

Sur la cravate :

La Légion d'Honneur - la médaille militaire - la croix de guerre 1914-1918 avec 10 palmes - la croix de guerre 1939-1945 avec 2 palmes - la croix de guerre des T.O.E. avec 5 palmes - la croix de guerre de l'ordre Portugais de la Tour et de l'Epée - la cravate bleue de la "Distinguished Unit", inscription "Rosenau" - La croix de l'ordre du mérite chérifien

 

Pierre Aubert de Vincelles.

 

Pierre Aubert de Vincelles nait le 27 juillet 1926 au Mans. Issu d’une vieille famille de la noblesse française, famille de militaires, il intègre Saint-Cyr en 1947. Nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1949, il suit pendant une année les cours de l’Ecole d’Application de Saumur et se porte volontaire pour l’Indochine.

 

Nommé au grade de lieutenant le 1er octobre 1951, il est affecté au régiment d’infanterie coloniale du Maroc. Il est grièvement blessé lors d’une opération à Dinh Xuyen, au Tonkin. Rapatrié à Hanoi, il meurt des suites de ses blessures le 12 novembre 1953 à l’hôpital militaire Lanessan. Une semaine plus tôt, il venait d’être fait chevalier de la Légion d’honneur.

 

Deux ans plus tôt, pratiquement jour pour jour, l’un de ses parents, le chef de bataillon François Aubert de Vincelles tombait également en Indochine, tué au combat à la tête du 2e bataillon du 3e REI (régiment étranger d’infanterie) dans la région de Cho Cay, au Tonkin.

 

Le corps de Pierre Aubert de Vincelles est par la suite rapatrié en France. Il est enterré au cimetière de Neuilly-sur-Seine, dans une sépulture familiale.

 

Il est le parrain de la promotion Corniche Brutionne 2002-2004 du Prytanée national militaire.

 

Le chant de la promotion.

 

 

Lieutenant Aubert de Vincelles

Lieutenant marsouin

Notre Parrain

 

Au cœur de votre jeunesse

Imprégnée des valeurs militaires

Vous avez suivi sans cesse

L'idéal de vos pères

Du Bahut à Cyr

Sans jamais faiblir

Distingué par votre brillant

Vous demeurez persévérant

 

Refrain :

Lieutenant Aubert de Vincelles

Vous brûliez de tout quitter pour l'Indochine

Répondant présent à la victoire qui vous appelle

Héros de marine

Magnifique chef de guerre

La promotion prend exemple sur votre vie

Votre audace et votre foi ont servi la patrie

Héros militaire

 

Au plus fort des combats vous vous lancez

Pour mener votre escadron d'acier

Libérer l'Indochine enchaînée

Soumettre à votre volonté

Ceux qui devant vous

Voulaient résister

A leur destin de trépassés

A votre foi de chevalier

 

Refrain

 

En écoutant que votre courage

Fier cavalier vous avez défié

Dans cette contrée sauvage

Le Viêt Minh avec dignité

Frappant les dangers

Le sabre à la main

Vous luttez avec âpreté

Des rives de l'Annam au Tonkin

 

Refrain

 

Entraînant tous vos hommes au combat

Vous manifestez votre sang-froid

D'un cœur admirable et vaillant

Vous combattez ardemment

Allant de l'avant

Pour votre patrie

L'audace du soldat combattant

Sert à terrasser l'ennemi

 

Refrain

 

Vous saviez que la Mort vous suivait

Dans votre incroyable chevauchée

Mais vous resterez immortel

Car vous siégez dans le soleil

A l'assemblée

Des officiers

Qui comme vous se sont donnés

Faisant de nous leurs héritiers

Refrain

 

Lieutenant marsouin

Mort au Tonkin.

 

 

L'entrée de l'hôpital Lanessan à Hanoi.

L'entrée de l'hôpital Lanessan à Hanoi.

Sources :

 

  • Patrice Gélinet, émission de France Inter 2000 ans d’Histoire : Indochine 1945-1954, histoire d’une guerre oubliée.
  • Georges Fleury, La guerre en Indochine, Tempus, Perrin, 2003 et Nous, les combattants d’Indochine, Bourin Editeur, 2011.
  • Archives du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Archives du Prytanée national militaire de La Flèche.
  • Promotion Corniche Brutionne 2002-2004 du Prytanée national militaire.
  • Site www.8rpima.fr
  • Site de l’association ANAPI – Association des Anciens Prisonniers Internés Déportés d’Indochine : www.anapi.asso.fr
  • Site : www.cheminsdememoire.gouv.fr

 

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Publié le 5 Août 2017

Gilbert Grandval lors d’une inauguration dans la région de la Sarre.

Gilbert Grandval lors d’une inauguration dans la région de la Sarre.

Biographie.

 

De souche alsacienne, Gilbert Hirsch-Ollendorff est né le 12 février 1904 à Paris. Il est, par sa mère, le petit-fils de l'éditeur parisien Paul Ollendorff.

 

Après des études au lycée Condorcet à Paris, il devient, à 23 ans, directeur commercial d'une importante entreprise de produits chimiques, filiale des Phosphates de Constantine. Pilote de tourisme, totalisant de nombreuses heures de vol, il est mobilisé en 1939 comme sous-lieutenant pilote.

 

Gilbert Hirsch-Ollendorff, dès les débuts de l'occupation, aidé par sa mobilité professionnelle, commence à collecter des informations et à participer à des filières d'évasion d'aviateurs alliés. En avril 1943, sous le nom de Grandval, il entre, par l'intermédiaire de Roger Cocteau, en contact étroit avec Jacques Lecompte-Boinet, fondateur en zone nord du mouvement Ceux de la Résistance (CDLR). Entré dans le mouvement, Gilbert Grandval recrute d'abord des effectifs pour CDLR. Le 6 août 1943, il est arrêté à Paris mais, faute de preuves, est relâché au bout de 48 heures. Il entre immédiatement dans la clandestinité et consacre dès lors tout son temps à la Résistance.

 

Fin novembre 1943, à la suite d'arrestations en cascade au sein de la direction de CDLR qui se trouve pratiquement décapité, Grandval, membre du comité directeur de CDLR, est choisi comme chef de la branche militaire du mouvement en remplacement de Pierre Arrighi. Au même moment le Conseil national de la Résistance (CNR) charge CDLR d'organiser la Résistance dans le Nord-est. Grandval va donc concentrer son action sur l'Est, la Région C, où CDLR est le mouvement le mieux implanté mais que Grandval connaît très mal.

 

Après l'armistice, l'Alsace et la Moselle ont été annexées par l'Allemagne tandis qu'une zone interdite, "couloir" protégeant la frontière, a été instaurée. Huit départements de l'Est de la France englobant l'essentiel de cette zone forment, pour la Résistance, la Région C. Parvenant à renouer les fils avec des adjoints de Pierre Arrighi, le chef régional Gilbert Grandval est mis en relation avec André Schock (Diagonale), délégué militaire de la Région C qui lui présente les membres du Bureau des Opérations aériennes (BOA) que dirige Michel Pichard  A Paris, affecté à l'Etat-major FFI, Gilbert Grandval rencontre fréquemment André Boulloche, délégué militaire de la Région P, et Rol, représentant FTP à l'Etat-major FFI. A leur contact, il acquiert une bonne connaissance des rouages de la résistance.

 

Devenu chef régional FFI de la Région C, Grandval, avec Shock, consacre ses efforts à la mise sur pied de son état-major et à la fusion des unités militaires des différents mouvements (Armée secrète, Franc-tireurs et Partisans, Organisation de Résistance de l'Armée) pour former les FFI. Il participe activement aux liaisons avec le BOA. Le contexte régional, la proximité de l'Allemagne, rend les actions très difficiles. En février 1944, sous le pseudonyme de Planète, il remplace André Schock arrêté le 28 janvier à Paris, cumulant ainsi, de façon unique dans l'histoire de la Résistance, les fonctions de chef régional des FFI et de délégué militaire régional. En mars 1944, il diffuse son "Instruction n°1" qui définit toute l'organisation régionale FFI : constitution de l'Etat-major, fédération sous son autorité de toutes les forces de la Résistance, coordination des actions, financement, liaisons, équipement, préparation de la réorganisation administrative une fois la région libérée.

 

En mai 1944, Grandval quitte définitivement Paris et installe son PC dans la Meuse, à Bethincourt. Il fait preuve de remarquables qualités d'organisateur en installant les chefs départements FFI et leurs états-major, développant les équipes d'action immédiate et en intensifiant les sabotages. Les effectifs militaires de la Région C sont de l'ordre de 30 000 hommes à l'été 1944 dont 2 500 maquisards mais assez pauvrement armés.

 

Avec son adjoint Jean Bertin, le colonel Grandval met en place l'application du "plan vert" destiné à détruire les voies de communication ferroviaires. Il installe également les autorités civiles (commissaire de la République, préfets) et les comités départementaux de libération. Il ajoute à ses fonctions celle d'officier d'opérations aériennes et, début juillet 1944, assure des opérations de parachutages de jour dans les Vosges. Il se déplace continuellement, généralement à bicyclette.

 

De retour à Nancy le 20 août 1944, Grandval y reste jusqu'à la libération de la ville le 15 septembre 1944. Il y accueille la 3e armée américaine et installe dans leurs fonctions le commissaire de la République, le préfet, le maire et le comité de libération. De juin à septembre 1944 plus de 1 000 câbles ont été échangés avec l'Etat-major du général Koening, commandant des FFI et on dénombre 700 sabotages ou action de guérilla dans la Région C. Le 20 septembre 1944 le colonel Grandval reçoit le commandement de la 20e Région militaire.

 

Gilbert Grandval, qui a obtenu de garder officiellement ce patronyme, est ensuite nommé dans la Sarre, d'abord comme gouverneur (1946-1948) puis successivement comme Haut-commissaire de la République (1948-1952) et comme Ambassadeur de France (1952-1955). Le 20 juin 1955, il est nommé résident général de France au Maroc mais opposé aux décisions gouvernementales, il démissionne en septembre.

 

Secrétaire général de la Marine marchande en septembre 1958, Gilbert Grandval, militant de l'Union démocratique du Travail (UDT) est nommé secrétaire d'Etat au commerce extérieur en avril 1962 puis ministre du Travail de mai 1962 à janvier 1966. En juillet 1966 il est nommé président de la Compagnie des Messageries maritimes jusqu'à sa retraite en 1972. Gaulliste de gauche, il est président de l'Union travailliste dès sa fondation en 1971.

 

Membre du Conseil de l'Ordre de la Légion d'Honneur et du Conseil de l’Ordre de la Libération. Gilbert Grandval est décédé le 29 novembre 1981 à Paris. Il est inhumé à Saint-Cloud.

 

Décorations

 

  • Grand Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 24 mars 1945.
  • Croix de Guerre 39/45.
  • Médaille de la Résistance avec rosette.
  • Officier des Palmes Académiques.
  • Commandeur du Mérite Maritime.
  • Legion of Merit (USA).
  • Grand Croix du Ouissam Alaouite (Maroc).
  • Grand Croix de l'Ordre National du Mérite (Cambodge).
  • Commandeur de l'Ordre National Malgache.

 

Publications

 

  • La Sarre. Déclaration de M. Gilbert Grandval, Paris 1955.
  • Ma mission au Maroc, Paris 1956.
  • Libération de l'Est de la France, Paris 1974 (avec Jean Collin).

 

 

 

 

Source :

 

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

 

Encyclopédie Wikipédia

 

 

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Publié le 26 Juillet 2017

Deux jeunes élèves de Clichy mis à l'honneur.

Le 15 juin dernier, en présence du maire de Clichy, de la principale du collège Jean Macé et du professeur Le Gac, notre délégué général pour les Hauts de Seine, Claude Guy, a remis à deux élèves particulièrement impliqués dans les démarches du Souvenir français un certificat d'engagement en qualité de gardien de la mémoire. 

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Publié le 22 Juillet 2017

Capitaine Georges Madon.

Capitaine Georges Madon.

Le Souvenir Français a décidé de rendre hommage aux As de la Première Guerre mondiale. Pour rappel, un pilote est déclaré en France As de guerre à partir de 5 victoires homologuées (d'autres ne l'étant pas par défaut de témoignages notamment). 182 pilotes ont reçu ce titre au cours de la Grande Guerre, soit 3% des pilotes français pour un total de 1.756 victoires homologuées.

 

Parmi les As les plus célèbres, il convient de rappeler le capitaine René Fonck (75 victoires et 53 victoires Non Homologuées – NH) ; le capitaine Georges Guynemer (53 victoires et 35 NH) ou encore le lieutenant Charles Nungesser (43 victoires et 11 NH), qui disparut avec François Coli lors d’une tentative de traversée Paris – New York sans escale à bord de L’Oiseau blanc.

 

Dans les Hauts-de-Seine, sont inhumés les As suivants :

 

  • Ss-lieutenant Marcel Noguès, au cimetière de l'Ouest (5e division, tombe 387) à Boulogne-Billancourt (13 victoires et 2 NH).
  • Adjudant Gustave Douchy, au cimetière des Fougères à Sèvres (9 victoires).
  • Adjudant Edmond Pillon, au cimetière des Bruyères, à Sèvres (8 victoires et 6 NH).
  • Ss-lieutenant Fernand Chavannes, au cimetière de Fontenay-aux-Roses (7 victoires).
  • Capitaine Maurice Gond, au cimetière d’Asnières-sur-Seine (6 victoires).
  • Ss-lieutenant Maurice Arnoux, au cimetière de Montrouge (5 victoires).
  • Ss-lieutenant Marcel Bloch au cimetière de Marnes-la-Coquette (5 victoires).
  • Ss-lieutenant Louis Risacher au cimetière de Neuilly-sur-Seine (5 victoires).
  • Capitaine Georges Madon (41 victoires et 64 NH !) au cimetière parisien de Bagneux.
  • Ss-lieutenant Antoine Paillard au cimetière parisien de Bagneux (5 victoires).

 

Comme cela a été fait pour les anciens de Normandie – Niémen, il est demandé aux Présidents des Comités concernés d’organiser un dépôt de fleurs du Souvenir français en hommage à ces As, si possible, autour du 11 septembre. Un résumé de votre action et une ou deux photographies seront les bienvenus.

 

Avec mes remerciements,

 

 

Claude GUY

Délégué Général du Le Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine

 

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Publié le 9 Juillet 2017

Le Souvenir Français va rendre hommage aux Présidents de la République.

Le Souvenir Français a décidé de rendre hommage aux 19 Présidents de la République décédés et inhumés en France. Ce choix est d’abord celui d’une association placée sous le haut patronage de ceux qui incarnent l’Etat.

 

Le 1er février 1906, le Président Emile Loubet signe le décret reconnaissant l’utilité publique du Souvenir Français. Ce président qui avait accordé sa grâce au capitaine Dreyfus, celui aussi qui avait signé la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association, ce président de la « Belle Epoque » fut l’homme de la reconnaissance de notre association. Le 14 octobre 1944, le général de Gaulle alors président du Conseil confirmait ce haut patronage qu’aucun Président ne remit jamais en cause.

 

Ce choix est aussi celui d’une certaine idée de la France. Ces 19 Présidents ont chacun leur personnalité, leur tempérament, leur caractère, leurs contrastes. Même si certains ont laissé dans notre récit national des pages d’ombre, aucun ne fait mauvaise figure dans notre histoire. Aucun n’est sorti du hasard, de l’improvisation. Tous ont incarné la continuité de l’Etat.

 

Le Souvenir Français a souhaité leur rendre hommage. A cette fin, il organisera chaque 14 juillet, une cérémonie sur chacune des 19 tombes des Présidents de la République.

 

Un geste qui permettra à un grand nombre de citoyens de connaître la diversité de ceux qui ont incarné la France. Un geste aussi qui renforcera la volonté du Souvenir Français d’être la grande association mémorielle dont la Nation républicaine a ardemment besoin.

 

Serge BARCELLINI

Contrôleur Général des Armées (2s)

Président Général de l'association "Le Souvenir Français"

 

 

Département

Nom

Lieu d’inhumation

Cérémonie

Aube (10)

Jean CASIMIR PERIER

Pont-sur-Seine

11h00

Charente (16)

François MITTERRAND

Jarnac, cimetière des Grands- Maisons

10h00

Drôme (26)

Emile LOUBET

Montélimar, cimetière Saint- Lazare

10h00

Gard (30)

Gaston DOUMERGUE

Aigues-Vives

10h30

Haute-Garonne (31)

Vincent AURIOL

Muret

 10h00

Jura (39)

Jules GREVY

Mont-sous-Vaudrey

11h00

Lot-et-Garonne (47)

Armand FALLIERES

Mézin

10h00

Haute-Marne (52)

Charles DE GAULLE

Colombey-les-Deux-Eglises

16h00

Meurthe-et-Moselle (54)

Albert LEBRUN

Mercy-le-Haut

11h00

Meuse (55)

Raymond POINCARE

Nubécourt

16h00

Paris (75)

Adolphe THIERS

Paris, cimetière duPère Lachaise, 56e division

16h00

Paris (75)

Félix FAURE

Paris, cimetière du Père Lachaise, avenue principale à côte du monument aux Morts

16h30

Paris (75)

Patrice deMAC  MAHON

Paris, Invalides

15h30

Paris (75)

Sadi CARNOT

Paris, Panthéon

11h00

Paris (75)

Paul DESCHANEL

Paris, cimetière du Montparnasse,  avenue du Nord/avenue de l’Ouest

15h00

Paris (75)

Alexandre MILLERAND

Paris, cimetière de Passy

15h00

Paris (75)

Paul DOUMER

Paris, cimetière de Vaugirard,  13e Division

15h30

Seine-Maritime (76)

René COTY

Le Havre, cimetière Sainte-Marie

9h30

Yvelines (78)

Georges POMPIDOU

Orvilliers

17h00

 

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Publié le 1 Juillet 2017

Les soldats américains débarquent en France.

Les soldats américains débarquent en France.

1917 aux Etats-Unis.

 

Le président Woodrow Wilson, ancien gouverneur de l’Etat du New Jersey, non loin de celui de New-York, a été élu pour un premier mandat le 5 novembre 1912. Il est réélu – de justesse – quatre années plus tard en 1916 sur le slogan suivant : « Nous ne sommes pas en guerre, grâce à moi ». En dépit de relations particulièrement détériorées avec le Reich allemand, les Etats-Unis cherchent à être fidèles à une politique qu’ils suivent depuis près d’un siècle : l’isolationnisme. En effet, en 1823, le président américain Monroe a présenté sa conception de la politique étrangère : que les Etats-Unis n’interviennent pas dans les affaires de l’Europe comme les puissances européennes ne doivent pas intervenir dans celles des Amériques.

 

Tout au long du siècle écoulé, les Etats-Unis ont eu pour but premier de se constituer un vaste territoire géographique et économique. Ils ont dû par la suite affronter une guerre civile – la Guerre de Sécession – particulièrement meurtrière et destructrice.

 

Aussi, n’est-il pas question d’interférer dans ce conflit mondial, mais principalement européen. En janvier 1917, le président Wilson propose qu’il soit mis fin à la guerre en plaidant pour une paix sans vainqueurs. Wilson sait ce que les Etats-Unis doivent à la France pendant la Guerre d’indépendance ; il sait aussi que les Allemands cherchent par tous les moyens à les entraîner dans la guerre (torpillage du Lusitania, ce paquebot anglais où vont périr plus d’un millier de personnes dont près de 200 Américains).

 

Peu à peu, la bonne conscience américaine de neutralité se lézarde. La population n’est pas insensible à des appels d’écrivains, comme Blaise Cendrars, ou de personnalités ayant pour mot d’ordre : « Quand l’Amérique a eu besoin de la France, celle-ci est intervenue. Aujourd’hui, la France a besoin de l’Amérique ! ». Cette même Amérique qui se passionne pour les exploits de jeunes compatriotes qui combattent dans l’aviation française, sous les couleurs de l’Escadrille Lafayette. D’autres jeunes américains – c’est moins connu – s’engagent dans la Légion étrangère (tel le poète Alan Seeger), seule arme pouvant les accueillir, puisque les Etats-Unis ne sont pas en guerre.

 

L’escalade est là : en février 1917, les Etats-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec l’Empire allemand. Depuis l’affaire du Lusitania en décembre 1915 et après la décision de l’Allemagne de couler tous les bateaux voguant sur l’Atlantique, la situation n’est plus tenable. L’opinion américaine est prête pour la guerre.

 

En avril, Wilson fait un discours au congrès pour demander une déclaration de guerre à l’Allemagne ; demande acceptée le 6 de ce même mois. Le lendemain, le Panama et Cuba déclarent la guerre à l’Allemagne. La Bolivie, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Costa Rica, le Pérou, l’Uruguay, la république dominicaine et l’Equateur rompent leurs relations diplomatiques avec cette même Allemagne. Cela traduit bien d’ailleurs le rôle des Etats-Unis dans sa zone d’influence.

 

L’arrivée des troupes américaines en France.

 

Le 3 mai, le corps expéditionnaire est constitué. Les hommes se rassemblent dans les ports d’embarquement, dont Norfolk dans l’Etat de Virginie. Les premiers soldats débarquent à Boulogne-sur-Mer le 13 juin 1917. A leur tête se trouve le général John Pershing. Il est accompagné d’un lieutenant qui deviendra célèbre quelques années plus tard : Patton !

 

Extrait du Journal l’Illustration : « Avec leurs uniformes de drap olive, leurs feutres à larges bords, leurs ceintures à pochettes multiples, cette allure de jeunes cow-boys de l’Ouest américain, ils apportaient une note de pittoresque inédit dans nos décors de guerre ».

 

Pershing multiplie les rencontres officielles durant les semaines qui suivent. Le 28 juin, il assiste, à Saint-Nazaire à l’arrivée de la 1ère division d’infanterie US. Le 4 juillet, jour de fête nationale américaine, il se recueille sur la tombe du marquis de La Fayette au cimetière de Picpus à Paris. C’est à cette occasion que le colonel Stanton lance la phrase devenue célèbre : « La Fayette, nous voilà ! » qui déchaîne l’enthousiasme de la foule massée aux abords du cimetière.

 

Le 21 août, il inspecte les troupes avec le général Pétain. Les consignes du président Wilson sont très claires. L’armée américaine doit restée indépendante. Elle est formée par l’armée française, mais en aucun cas, ses troupes ne doivent être « amalgamées » aux unités françaises.

 

Le déploiement des troupes et les engagements.

 

Pour amener en moins de 18 mois plus de deux millions de soldats, des tonnes de matériels, de munitions, d’armes, de ravitaillement de toutes sortes, les Américains vont créer en France des camps, des ports et des gares. C’est là qu’arrivent, le 26 juin 1917, les premiers bâtiments d’un convoi parti de New York qui amène 14.750 hommes. Le 9 août, une deuxième base américaine est créée à Bassens, en Gironde, puis en septembre, des travaux d’aménagement commencent à Pontanézen, près de Brest, pour la construction d’une véritable ville qui va accueillir 70.000 militaires américains en transit avant de monter au front. A Bassens, les Américains créent un port artificiel capable de recevoir et de décharger vingt navires à la fois.

 

Bientôt, ils relient chacun de leurs ports et de leurs camps par des voies de chemin de fer qui vont jusqu’à l’Ile-sur-Tille (Côte d’Or) en passant par Bourges et par Tours. A Gièvres (Loir-et-Cher), une immense gare régulatrice est installée. Elle comprend deux gares de triage, avec 145 hectares de stockage, un dépôt pétrolier, une usine frigorifique, un arsenal pour les munitions, un atelier de 200 locomotives… En novembre 1918, le personnel américain du chemin de fer s’élève à plus de 30.400 agents pour un parc de 14.000 wagons et de 1.380 locomotives.

 

Le rythme des débarquements de troupes s’accélère et de 78.000 « Sammies » (les soldats de « l’Oncle Sam ») présents au début du mois de novembre, le corps expéditionnaire américain compte près de 150.000 hommes sur le sol de France au 31 décembre. Un an plus tard, ils seront deux millions.

 

L’année 1917 voit ainsi la mise en place de la machine de guerre des Etats-Unis qui, pour la première fois, interviennent dans un conflit à l’échelle mondiale et s’imposent comme une grande puissance.

 

Les combats.

 

En novembre 1917 a lieu le premier engagement des troupes américaines. Il se déroule dans la région de Lunéville. En avril, les Américains combattent près de Saint-Mihiel, au sud-est de Verdun. Le 28 mai 1918, un régiment de la 1ère DIUS est engagé dans la bataille de Cantigny (région de Montdidier). Au prix de lourdes pertes, il tient le village de Cantigny conquis sur la 18e armée allemande. C’est une première consécration de la valeur des troupes américaines.

 

En juin suivant, les troupes combattent victorieusement à Château-Thierry puis au Bois-Belleau. Les pertes sont élevées parmi les 2e et 3e DIUS. Mais elles tiennent !

 

A l’automne 1918, les Américains sont de l’offensive Meuse-Argonne. Le général Pétain confie aux troupes du général Pershing la réduction du saillant de Saint-Mihiel. Le 14 septembre 1918, les Américains sont à Fresnes-en-Woëvre : les Eparges ne sont plus aux mains des Allemands qui perdent en moins de deux jours tout le terrain conquis en septembre 1914 ainsi que 13.200 prisonniers et 460 canons. Quelques semaines plus tard, sous les coups de butoir des armées française et américaine, les Allemands sont repoussés au nord du département de la Meuse.

 

Le maréchal Foch prépare une nouvelle offensive. Elle doit conduire l’armée française vers le sud de l’Allemagne. Quant aux DIUS, elles doivent prendre Metz et la Lorraine. Mais ce plan ne se déroulera jamais. Le 11 novembre, l’armistice est signé.

 

L’aide américaine.

 

L’aide américaine n’a pas été que militaire. D’abord, des millions de colis sont envoyés depuis les Etats-Unis pour les soldats des DIUS, mais pas uniquement : ces colis s’adressent à tous les soldats et aux populations civiles. Par ailleurs, des dons affluent à l’ambassade de France à Washington. Des vêtements, des aliments, des pansements, du tabac, des cadeaux de Noël sont offerts pour les enfants. Des nombreuses associations se mobilisent dans ce sens.

 

Des volontaires des services médicaux, médecins et personnels spécialisés se regroupent au sein de l’Ambulance américaine de Paris qui s’organise très rapidement autour de l’Hôpital américain de Neuilly. De son côté, l’American Volunteer Motor Ambulance, créé par Richard Norton, un ancien d’Harvard, transporte des milliers de blessés. Cette initiative est bientôt rejointe par l’Ambulance Field Service et par l’American Red Cross. De nombreux ambulanciers sont des hommes célèbres, à commencer par Ernest Hemingway.

 

L’aide américaine est aussi visible dans les hôpitaux où les dernières avancées de la recherche outre-Atlantique sont déployées et testées.

 

Un bilan.

 

Au cours de son engagement dans la Première Guerre mondiale, les Etats-Unis ont perdu 117.000 hommes, répartis ainsi : 53.400 tués au combat et 63.115 morts accidentelles ou de maladies (la grippe espagnole ayant fait des ravages). Ils ont eu 206.000 blessés.

 

Puis, pendant les années 1920, le War Departement réalise en France de vastes cimetières et d’impressionnants mémoriaux. L’entretien, la garde et la pérennité des nécropoles et des monuments fédéraux sont confiés à l’American Battle Monument Commission, créée en 1923 et dont le premier président est le général Pershing. A proximité des lieux mêmes des combats ou des lieux de leur installation, les Américains érigent des monuments imposants, notamment la Colonne commémorative de Montfaucon et le Mémorial de Montsec dans la Meuse et la Colonne de Fismes dans la Marne. Beaucoup d’entre eux sont endommagés durant la Seconde Guerre mondiale et reconstruits par la suite. Sur le territoire français, six nécropoles recueillent les corps de 30.066 Américains dont 1.586 inconnus : Aisne-Marne à Belleau et Oise-Aisne à Fère-en-Tardenois (Aisne), Meuse-Argonne à Romagne-sous-Montfaucon (Meuse), Saint-Mihiel à Thiaucourt (Meurthe-et-Moselle), Somme à Bony (Somme). Les 1.541 Américains décédés à l’hôpital de Neuilly reposent dans la nécropole de Suresnes.

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  •  André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.
  • - Pierre Miquel : Le gâchis des généraux, Plon 2001 ; Les Poilus, Plon, 2000 ; Je fais la guerre, Clemenceau, Taillandier, 2002.
  • Yves-Henri Nouailhat, France et Etats-Unis, août 1914-avril 1917, La Sorbonne, 1979.
  • Jacques Pernet, l’Armée américaine en France, Alan Sutton, 2007.
  • Collectif, La Fayette nous voilà, Editions Italiques, 2008.
  • Nadine Bonnefoi, Les Chemins de la Mémoire, n°168, Janvier 2007.
  • Site du Centenaire : www.centenaire.org

 

Au cimetière de Picpus, devant la tombe du marquis de La Fayette.

Au cimetière de Picpus, devant la tombe du marquis de La Fayette.

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