Publié le 17 Février 2017

Palais du gouverneur à Brazzaville.

Palais du gouverneur à Brazzaville.

L’Afrique Equatoriale Française, ou AEF, était un gouvernement général regroupant au sein d’une même fédération quatre colonies françaises d’Afrique centrale, entre 1910 et 1958. Constituée en plusieurs étapes et s’étendant du désert du Sahara, au fleuve Congo et de l’océan Atlantique aux monts du Darfour, elle réunit à terme le Gabon, le Moyen-Congo (dont une partie correspondait au Gabon, une autre à l’actuelle République du Congo), le Tchad et l’Oubangui-Chari (devenu la République centrafricaine). Sa superficie atteignait 2.500.000 km², soit environ quatre fois celle de la France. Son chef-lieu était Brazzaville (République du Congo), résidence du gouverneur général.

Une organisation comparable, l’Afrique Occidentale Française (AOF) était déjà instaurée en Afrique de l’Ouest en 1895.

 

Histoire.

La fondation de la colonie française du Gabon – embryon du vaste domaine appelé à former la future Afrique Equatoriale Française – intervint dès 1842. Son développement avait dû beaucoup à l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza, qui après plusieurs missions de reconnaissance du bassin du Congo, négocié avec le roi Tékés Illoy 1er la création d’un établissement commercial à Nkuma, la future Brazzavile.

Jusqu’en 1883, les quelques possessions françaises d’Afrique équatoriale avaient été placées sous l’autorité d’un commandant militaire (chargé des établissements français du golfe de Guinée), avant que leur développement ne détermina le gouvernement à réorganiser la région. En 1886, un décret du ministre des Colonies institua deux territoires, le Congo français et l’Oubangui, administrés chacun par un lieutenant-gouverneur subordonné à un commissaire général.

Bien vite, les ambitions coloniales de la France se heurtèrent à celles du sultan Rabah, un aventurier soudanais devenue le dernier « souverain » du Bornou. Une campagne militaire s’engagea contre celui-ci. Trois colonnes françaises (Mission Afrique centrale, Mission Gentil, Mission saharienne) placées sous l’autorité du commandant Lamy écrasèrent l’armée de Rabah à Kousséri (22 avril 1900). Le Tchad devint un territoire militaire avant d’être réuni à la colonie d’Oubangui-Chari (rebaptisée Oubangui-Chari-Tchad) en 1910 et de devenir une colonie à part entière dix ans plus tard. Le Tchad ne sera pourtant définitivement « pacifié » qu’en 1939.

Le régime des concessions fut introduit de façon massive à partir de 1899. De vastes étendues de terre (majoritairement dans les régions fertiles du Moyen-Congo et de l’Oubangui) furent cédées à une quarantaine de sociétés privées. 665.000 km² de terres arables et de plantations d’hévéa (populations comprises) devinrent des zones de non-droit où allaient être institués impôts et travail forcé, toute résistance étant sanctionnée. Une enquête conduite par Brazza en personne confirma ces pratiques, sans qu’aucune mesure concrète ne soit prise.

Le 15 janvier 1910 marqua la naissance de l’Afrique Equatoriale Française. Cette même année, un décret garantit théoriquement une part du produit des récoltes de caoutchouc aux travailleurs autochtones, mais il demeura largement inappliqué dans les faits. D’hypothétiques droits furent conférés aux travailleurs, mais se heurtèrent aux mesures arbitraires des grandes sociétés privées. De fait, lors d’un voyage au Congo français, en 1925-1926, André Gide témoigna du régime de terreur appliqué aux « indigènes », qu’il consignera dans son ouvrage Voyage au Congo.

En 1919, l’ancienne colonie allemande du Cameroun fut placée sous protectorat français par la Société des Nations. Parfois assimilée à l’Afrique Equatoriale Française, elle jouissait en fait d’un statut spécial (commissariat autonome) qui la distinguait de la fédération proprement dite.

En 1926, André Matswa fonda à Paris l’Amicale des originaires de l’Afrique Equatoriale Française, qui de simple association d’entraide ne tarda pas à se muer en syndicat parfaitement organisé. De retour à Brazzaville, Matswa supervisa les actions de son mouvement, réclamant la fin de la discrimination raciale et du régime de l’indigénat, ainsi que le droit à la citoyenneté française pleine et entière pour les autochtones. Accusé de fomenter de l’agitation, André Matswa fut condamné à trois ans de prison. Parvenant à s’évader, il tenta d’entrer en clandestinité mais fut finalement repris et condamné à la prison à vie. Il mourut en 1942 au Tchad, et devint une figure charismatique après l’indépendance des nations africaines.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le lieutenant-gouverneur du Tchad, Félix Eboué, fut l’un des premiers à se rallier aux Forces Françaises Libres (FFL – août 1940). Relevé de ses fonctions et condamné à mort par le régime de Vichy, il fut cependant nommé gouverneur général par le général de Gaulle au mois de novembre 1940.

Dans les premiers mois de l’après-guerre, ce fut en Afrique Equatoriale Française que furent jetées les bases de l’Union française, discutée lors de la conférence de Brazzaville. Sous la 4e République (1946-1958), la fédération fur représentée au parlement français. Le référendum de septembre 1958 transforma les cinq entités constituant la fédération en républiques autonomes (République congolaise ou Congo-Brazzaville, République centrafricaine, République gabonaise, République du Tchad, République du Cameroun) au sein d’une éphémère Communauté française. En 1959, les nouvelles républiques se groupèrent en une association intérimaire baptisée Union des républiques de l’Afrique centrale, avant d’accéder à la pleine indépendance en 1960.

Le général de Gaulle salue le gouverneur général Félix Eboué.

Le général de Gaulle salue le gouverneur général Félix Eboué.

Géographie.

La plus grande partie de l’Afrique Equatoriale Française s’étendait sur un plateau granitique, en cadré par les massifs du Tibesti, de Ouadaï et du Fertit au nord-est, du Darfour à l’est et par les monts de Cristal et du Mayombe au sud-ouest. Deux cuvettes occupaient les parties centrales et méridionales du territoire : la cuvette du Tchad, ancienne mer asséchée dont subsiste encore le lac Tchad, et la cuvette du Congo, parcourue par le fleuve du même nom et ses principaux affluents (Oubangui, Sangha, Alima). Une plaine littorale s’étendait depuis la partie continentale de la Guinée-Espagnole (aujourd’hui Guinée Equatoriale) jusqu’au fleuve Congo. Le point culminant de l’Afrique Equatoriale Française était le mont Eni Koussi (3415 mètres) dans le Tibesti.

Du fait même de l’étendue du territoire, le climat était très varié d’un point à l’autre, passant d’un climat saharien particulièrement aride au nord à un climat tropical humide dans la partie méridionale. La végétation se ressentait de ses disparités : au nord, la quasi absence de pluie rendait presque impossible le développement d’une végétation, en dehors de quelques arbustes épineux ; au centre s’étendait le domaine ses savanes, où étaient cultivés millet, arachide et manioc ; au sud enfin se trouvaient les forêts tropicales humides, d’où étaient prélevés diverses essences telles que l’ébène et l’okoumé. Dans les régions littorales étaient cultivés vanilliers, cacaoyers et caféiers.

L’Afrique Equatoriale Française était limitée par le Nigéria britannique, l’Afrique Occidentale Française, la Libye italienne, le Soudan anglo-égyptien et le Congo belge. A l’ouest, il était bordé par l’océan Atlantique.

 

Administration.

L’Afrique Equatoriale Française était divisée en quatre régions (colonies), elles-mêmes subdivisées en districts. En 1910, le Congo français est transformé en fédération de l’Afrique Equatoriale Française et comprend trois colonies et un territoire militaire :

  • Le Gabon (chef-lieu Libreville).
  • Le Moyen-Congo (chef-lieu Brazzaville), devenu la république du Congo.
  • L’Oubangui-Chari (chef-lieu Bangui), devenu la République centrafricaine.
  • Le Tchad (chef-lieu Fort Lamy), territoire militaire devenu colonie en 1920.

Les quatre colonies confiées à des gouverneurs furent regroupées sous l’autorité du gouverneur général résidant à Brazzaville. Aujourd’hui, l’ancien siège du gouvernement général de l’Afrique Equatoriale Française existe toujours, presque intact : c’est le palais du Peuple, siège de la présidence de la République du Congo.

En 1934, une réforme administrative motivée par des raisons financières abolit la structure fédérale, les colonies devenues régions furent confiées à des administrateurs en chef. L’Afrique Equatoriale Française était alors gérée par un budget unique. Fin 1937, la structure fédérale fut rétablie et les régions redevinrent des territoires partiellement autonomes.

A partir de 1946, transformée en territoires d’outre-mer regroupés en fédérations, l’AEF fut regroupée, avec la métropole, dans une Union française gouvernée depuis Paris, assistée d’un haut-conseil et d’une assemblée de l’union où chaque territoire était représenté.

En 1957, la structure fédérale fut allégée et les territoires devinrent autonomes avant leur indépendance, acquise quelques années plus tard.

 

Sources :

  • Encyclopédies Larousse, Universalis et Wikipédia.
  • Paule Brasseur et Jean-François Maurel, Les sources bibliographiques de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique équatoriale d'expression française, Bibliothèque de l'Université de Dakar, Dakar, 1970.
  • Georges Bruel, L'Afrique-Équatoriale française : le pays, les habitants, la colonisation, les pouvoirs publics, Larose, Paris, 1918, VII-558 p.
  • Maurice-Eugène Denis, Histoire militaire de l'Afrique-Équatoriale française, publiée selon les instructions de la direction des troupes coloniales au Ministère de la guerre, rédigée sous la direction du Général Desclaux par M. le Commandant M. Denis en collaboration avec M. le Lieutenant-Colonel Viraud, Impr. nationale, Paris, 1931.
  • Armand Megglé, L'Afrique-Équatoriale française, Société Française d'Éditions, coll. des "Terres françaises", 1931.
  • Félix Éboué, La nouvelle politique indigène pour l'Afrique Equatoriale Française, Office français d'édition, Paris.
L'Afrique Equatoriale Française ou AEF.

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Rédigé par Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Publié dans #La Coloniale

Publié le 13 Février 2017

Dakar - Le palais du gouverneur général.

Dakar - Le palais du gouverneur général.

L’Afrique Occidentale Française (AOF) était un gouvernement général regroupant au sein d’une même fédération huit colonies d’Afrique de l’Ouest entre 1895 et 1958. Constituée en plusieurs étapes, elle réunit à terme la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan français (devenu le Mali), la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Niger, la Haute-Volta (devenue le Burkina Faso), le Togo et le Dahomey (devenu le Bénin). Sa superficie atteignait 4.689.000 km², soit environ sept fois celle de la France. Son chef-lieu était Saint-Louis du Sénégal, jusqu’en 1902 puis Dakar (Sénégal).

 

Histoire.

Le 16 juin 1895, l’Afrique Occidentale Française fut créée par l’union du Sénégal, du Soudan français, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire. Le gouverneur général de l’AOF résidait à Saint-Louis. Le premier nommé fut Jean-Baptiste Chaudié. Le dernier, qui gouverna de 1958 à 1959, fut Pierre Messmer.

En 1902, la capitale était transférée à Dakar, jusqu’à la dissolution de la fédération. Une banque commune fut créée, de même qu’un système scolaire et un corps d’inspecteurs de l’enseignement. En 1904 le Niger et la Mauritanie rejoignaient l’AOF. Les troupes noires furent mises à contribution pendant la Première Guerre mondiale. Blaise Diagne, élu député en 1914, était chargé du recrutement des tirailleurs sénégalais (qui pouvaient tout aussi bien être maliens, guinéens ou burkinabais). En 1919, la colonie de la Haute-Volta nouvellement créée et le territoire sous mandat du Togo furent rattachés à l’AOF. Symbole de l’avancée coloniale, la ligne du chemin de fer de Dakar au Niger atteignait Bamako en 1923. En 1921, un recensement attribuait 12.283.000 habitants à l’AOF.

L’Exposition coloniale internationale de 1931 au bois de Vincennes fut une manifestation de prestige destinée à montrer la puissance de l’empire colonial. Avec la reconstitution du temple d’Angkor, la forteresse du pavillon de l’Afrique Occidentale Française en constituait l’un des clous.

En 1940, alors que l’Afrique Equatoriale Français s’était presque intégralement ralliée à l’unité française de l’armée d’Afrique, le gouverneur général de l’AOF, Pierre Boisson, resta fidèle au régime de Vichy et fit échouer la tentative de débarquement des troupes alliées, un affrontement naval connu sous le nom de « bataille de Dakar ». Puis, à la fin de 1942, Boisson annonça son ralliement à l’amiral Darlan, qui avait pris les rênes du pouvoir à Alger après le débarquement allié en Afrique du Nord. Après la mort de Darlan, Boisson demeura dans le camp du général Giraud. Après la fusion des forces giraudistes et gaullistes au sein du Comité français de la libération nationale, l’AOF se rallia au général de Gaulle.

Un projet de loi tendant à la suppression du travail forcé en AOF fut adopté par l’Assemblée nationale le 11 avril 1946, sous le nom de loi Houphouët-Boigny. La même année, la loi Lamine Gueye accorda la citoyenneté à tous les ressortissants de l’Union française qui venait d’être instituée et abolit le Code de l’indigénat.

La fédération cessa d’exister après le référendum de septembre 1958 sur la future Communauté française, et les territoires membres votèrent leur transformation en républiques autonomes, à l’exception de la Guinée, qui vota pour son indépendance immédiate.

 

L’indépendance des autres républiques en 1960 marqua la fin de l’AOF. A sa dissolution, celle-ci avait une superficie de 4.689.000 km² et comptait plus de 25 millions d’habitants.

Dakar - La banque de l'AOF.

Dakar - La banque de l'AOF.

Fonctionnement.

L’Afrique Occidentale Française était placée sous l’autorité d’un gouverneur général, dont dépendaient plusieurs lieutenants gouverneurs. Les frontières de chacune des colonies composant l’AOF étaient négociées avec les puissances coloniales voisines par des conventions. En cas de voisinage franco-français, elles étaient définies par décision administrative. Au fur et à mesure de l’implantation française, le découpage du territoire était géré par des unités administratives, des cercles et des subdivisions.

Le décret du 1er août 1893 fut chargé de régler l’organisation politique et administrative « des rivières du Sud, des établissements français de la Côte d’Or et des établissements français du golfe du Bénin » :

  • Les Rivières du Sud, dotées d’un budget spécial distinct du budget du Sénégal, mais administrées par le lieutenant-gouverneur du Sénégal, assisté d’un secrétaire général ;
  • Deux établissements, ou résidences, dotés de budgets spéciaux distincts de celui des Rivières du Sud, mais administrés par un résident placé sous l’autorité du lieutenant-gouverneur des Rivières du Sud :
    • Les Etablissements français de la Côte d’Or ;
    • Les Etablissements français du golfe du Bénin.

Le décret du 17 octobre 1899, portant réorganisation de l’Afrique occidentale française, supprima la colonie du Soudan français et répartit son territoire entre trois colonies existantes et deux nouveaux territoires militaires.

La colonie du Sénégal reçut les onzes cercles de Kayes, Bafoulabé, Kita, Satadougou, Bamako, Ségou, Djenné, Nioro, Goumbou, Sokolo et Bougoumi ; celle de la Guinée française, les six cercles de Dinguiray, Siguiri, Kouroussa, Kandan, Kissidougou et Beylas ; celle de la Côte d’Ivoire, les trois cercles ou résidences de Odjenné, Kong et Bouna ; celle du Dahomey, le canton de Kouala ou Nebba, au sud de Liptako, ainsi que le territoire de Say, comprenant les quatre cantons de Djennaré, Diongnré, Folmongani et de Botou.

Le premier territoire militaire recouvrit la circonscription dite « région nord et nord-est du Soudan français », comprenant les six cercles ou résidence de Tombouctou, Iumpi, Goudam, Bandiagara, Dori et Ouahigouya ; le second territoire militaire, la circonscription dite « région Volta », comprenant les cercles ou résidences de San, Ouadagoudou, Léo, Koury, Sikasso, Bobo Dioulassou et Djebougou.

Aux termes du décret du 1er octobre 1902, portant réorganisation du gouvernement général de l’Afrique occidentale française, celui-ci comprenait :

  • Quatre colonies, administrées par un gouverneur, portant le titre de lieutenant-gouverneur, et assisté par un secrétaire général :
    • La colonie du Sénégal, dont le territoire était réduit aux « territoires d'administration directe » ;
    • Les trois colonies suivantes, maintenues dans leurs limites existantes : la Guinée française, la Côte d'Ivoire et le Dahomey ;
    • Un territoire, administré directement par le gouverneur général ou, par délégation spéciale, par le secrétaire général du gouvernement général, assisté par un conseil d'administration :
      • Les Territoires de la Sénégambie et du Niger, créés à partir des territoires du Haut-Sénégal et du Moyen-Niger et des « pays de protectorat » relevant jusqu'alors du Sénégal.

Aux termes du décret du 18 octobre 1904, portant réorganisation du gouvernement général de l'Afrique occidentale française, celui-ci comprenait :

  • Cinq colonies, jouissant de l'autonomie administrative et financière, et administrées par un gouverneur — portant le titre de lieutenant-gouverneur — assisté par un secrétaire général :
    • La colonie du Sénégal, dont le territoire, jusqu'alors réduit aux « territoires d'administration directe », était étendu aux « territoires de protectorats » de la rive gauche du Sénégal, relevant jusqu'alors de la Sénégambie-Niger ;
    • La colonie du Haut-Sénégal et du Niger, créée à partir des anciens territoires du Haut-Sénégal et du Moyen-Niger et de ceux formant le troisième territoire militaire, dont le chef-lieu était établi à Bamako, subdivisée en :
      • Cercles d'administration civile, comprenant ceux formant, jusqu'alors le deuxième territoire militaire ;
      • Territoire militaire du Niger, administré par un officier supérieur — portant le titre de commandant ;
    • Les trois colonies suivantes, maintenues dans leurs limites existantes : la Guinée française, la Côte d'Ivoire et le Dahomey ;
    • Un territoire civil, ne jouissant pas de l'autonomie administrative et financière, et administré par un commissaire du gouverneur général :
      • Le territoire civil de la Mauritanie.

Le décret du 7 septembre 1911, rattachant le territoire militaire du Niger au gouvernement général de l’Afrique Occidentale Française, détacha le territoire militaire du Niger de la colonie du Haut-Sénégal et du Niger, et l’érigea en subdivision administrative placée sous les ordres d’un officier supérieur, commandant du territoire, et dépendant directement du gouverneur général.

Le décret du 1er mars 1919, portant division de la colonie du Haut-Sénégal et du Niger et création de la colonie de Haute-Volta, divisa la colonie du Haut-Sénégal et du Niger en deux colonies distinctes :

  • La colonie de la Haute-Volta, dont le chef-lieu était établi à Ouagadougou, et dont le territoire recouvrait les cercles de Gaoua, Bobo-Dioulasso, Dédougou, Ouagadougou, Dori, Say et Fada N'Gourna ;
  • La colonie du Haut-Sénégal et du Niger, dont le territoire était réduit aux cercles restants.

Un décret du 5 septembre 1932 supprima la colonie de Haute-Volta et répartit son territoire entre les colonies du Niger, du Soudan français et de la Côte d’Ivoire. Enfin, la loi n°47-1707 du 4 septembre 1947, tendant au rétablissement du territoire de la Haute-Volta, abrogea le décret du 5 septembre 1932 et rétablit la Haute-Volta comme territoire d’outre-mer, membre de l’Afrique Occidentale Française.

 

Carte de l'AOF - 1936.

Carte de l'AOF - 1936.

Sources :

 

  • Encyclopédies Larousse, Universalis, Wikipédia.
  • Joseph Roger de Benoist, L'Afrique occidentale française de la Conférence de Brazzaville (1944) à l'indépendance (1960), Dakar, Nouvelles éditions africaines, 1982.
  • Georges Deherme, L'Afrique occidentale française : action politique, action économique, action sociale, Paris, 1908.
  • Georges Alphonse Florent Octave François, L'Afrique occidentale française, E. Larose, Paris, 1907.
  • Camille Guy, L'Afrique occidentale française (préface d'Ernest Roume), Larose, Paris, 1929.
  • Jacques Richard-Molard, Afrique occidentale française, Berger-Levrault, Paris, 1949.
  • Louis Sonolet, L'Afrique occidentale française, Hachette, Paris, 1912.

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Rédigé par Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Publié dans #La Coloniale

Publié le 2 Février 2017

Cérémonie 2017 de la bataille de Buzenval.

A l’initiative du bureau du comité local du Souvenir français et de son président, de nombreux élèves du collège Louis Pasteur de Rueil-Malmaison ont ravivé le 19 janvier dernier la flamme de la Nation à l’Arc de Triomphe puis en font fait le relais jusqu’à la colonne de Buzenval, dans les Hauts de Seine. Dans la nuit déjà froide, ils ont déposé la flamme au pied de ce monument qui commémore la terrible bataille entre Prussiens et Français qui s’est déroulée le 19 janvier 1871.

 

La présence de nombreuses autorités départementales, civiles et militaires, et de nombreux membres de notre association a conforté le lien entre générations pour que vive le souvenir de ceux qui ont acquis l’immortalité.

 

 

Claude Guy,

Délégué général du Souvenir français pour les Hauts de Seine.

Cérémonie 2017 de la bataille de Buzenval.

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Publié le 20 Janvier 2017

Quatre minutes d'émotion et de fierté.

Le samedi 14 janvier une importante cérémonie s’est déroulée dans le grand salon d’honneur de l’Hôtel de ville de Paris. En effet, la fédération nationale André Maginot organisait le 23ème prix de la Mémoire et du civisme. A cette occasion j’ai pu, en présence de nombreuses personnalités dont notre président général, remettre le drapeau des cadets de Rhin et Danube à la garde des élèves de l’institution Jeanne d’Arc de Colombes.

Sans nul doute cette courte séquence marquée par des symboles forts mais aussi par la fierté et l’émotion a contribué à renforcer le lien entre générations, à raviver la mémoire et à donner du corps à notre devise « à nous le souvenir, à eux l’immortalité ».

Par ailleurs, ces élèves se sont vu remettre le prix du Centenaire pour leurs travaux sur les sites de la Somme.

Claude Guy,

Délégué général du Souvenir français pour les Hauts de Seine.

Quatre minutes d'émotion et de fierté.

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Publié le 19 Janvier 2017

Roland Glavany, mon général.

Voilà une année qui commence bien mal. A quelques jours d’intervalle, Madame Glavany a rendu son âme à Dieu suivie de son époux le général de corps aérien, Grand’ Croix de la Légion d’honneur, Roland Glavany.

Roland Glavany était président d’honneur du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir Français. Il faudrait des pages et des pages pour raconter ce que fut sa vie. Cela a d’ailleurs fait l’objet d’un livre en juin 2013 : « Du Bataillon de choc au Mirage », en collaboration avec Bernard Bombeau, aux Editions Pierre de Taillac. Mais deux mots me viennent à l’instant pour définir le général Glavany : fidélité et amour.

Fidélité à la France quand alors élève de l’Ecole de l’Air, il décide de s’engager dans les Forces Françaises Libres, en passant par l’Espagne : « En 1943, comme des dizaines de milliers d’autres, j’ai traversé les Pyrénées puis l’Espagne. Il n’y avait que deux conditions ; d’abord, savoir marcher en montant ; cause : les Pyrénées ; la seconde : ne pas se faire piquer par les Allemands ; cause : l’Occupation ».

Roland Glavany débarque en Afrique du Nord. On lui explique que s’il veut continuer sa formation de pilote de chasse aux Etats-Unis, il lui faut attendre plus d’une année : « Pas question. J’ai demandé une unité para. Et c’est ainsi que j’ai atterri à Staouéli, à l’ouest d’Alger, au Bataillon de Choc du cher commandant Fernand Gambiez. Mais, manque de chance, ledit Bataillon venait de terminer son stage de transformation parachutiste. Et voilà pourquoi de fil en aiguille, à la tête de la 3ème section de la 3ème compagnie (les meilleurs…), j’ai « fait » trois débarquements en petits bateaux (LCI ou LCA) : la Corse en 1943 ; l’Ile d’Elbe et la Provence en 1944. »

Il sera blessé à trois reprises. D’abord en Corse où il débarque avec le bataillon en septembre 1943. Son métier : celui de commando, avec des actions de renseignement, des coups de mains contre les Allemands, et des missions de destruction avec son arme favorite : la grenade ! Blessé sérieusement, avec de nombreuses fractures, il est remis sur pied pour être à nouveau blessé – justement au pied – lors du débarquement de Provence sur les pentes du Mont Faron. Plus tard, le 10 septembre, avec le Choc, à l’entrée de Dijon, il tombe sur une mitrailleuse allemande : il est à nouveau touché, cette fois à la jambe.

Fidélité au chef, le général Giraud qui avait réunit les forces et moyens navals pour libérer la Corse : « Un des chefs militaires de la Résistance, le commandant Colonna d’Istria, put faire appel au général Giraud pour demander son appui. Celui-ci se tourna forcément vers le commandement allié en Méditerranée, lequel, en pleine organisation de la libération de l’Italie, lui fit comprendre qu’il fallait qu’il se débrouillât seul. Ce qu’il fit ». Soixante-dix ans plus tard, il disait encore : « De Gaulle, de Gaulle, oui bien sûr ! Mais n’oublions pas les actions extraordinaires du général Giraud, qui était unanimement apprécié chez nous ! ». Fidélité à ses camarades morts pour la France en Corse, comme l’adjudant-chef Richard de Préaudet : « Je n’oublie pas que sur ces routes de Corse, 300 d’entre-nous sont morts. Pour la France ».

Une fois la guerre terminée, Roland Glavany renoue avec l’armée de l’Air. Il termine enfin sa formation de pilote sur un P-51 de reconnaissance. Mais, comme l’écrit si bien Jean-Dominique Merchet, dans L’Opinion, « quelque chose est cassé ». Il décide d’intégrer l’école d’ingénieurs SupAéro et devient pilote d’essais au Centre d’essais en vol puis chez Dassault, où il se lie d’amitié avec Serge. Roland Glavany sera alors pilote d’essais de la famille des Mirages (Mirage III et Mirage IV). En 1958, il est le premier pilote à franchir Mach 2 en Europe. Pourtant, il verra encore des drames, comme ceux de ses camarades qui se tuent lors de ces fameux vols d’essais, tel Claude Dellys en 1952 ; Claude qui avait été son instructeur.

Fidélité de nouveau à ses compagnons d’armes. En 1959, il réintègre l’armée de l’Air et est nommé au sein de la 10e Division parachutiste du général Gracieux, chef du Poste de Commandement Aérien Mobile. « C’était un grand honneur. Nous devions obtenir des renseignements et diriger les appuis-feu aériens nécessaires aux régiments engagés. Le patron était le général Gracieux. Petit, râblé, d’un calme imperturbable, précis et concis dans ses ordres, d’une bonhomie apparente que démentait très vite un regard sans équivoque, le général Gracieux vivait pour sa division qu’il avait parfaitement en mains », dira-t-il.

Il voit au cœur des unités paras l’état d’esprit qui dérive. Tentation de suivre les généraux ? Certainement pas : « Totalement intégré à cette division parachutiste dont j’étais solidaire, je restais néanmoins un aviateur et gardais ma liberté d’esprit et de jugement. Si je n’étais pas lassé des combats – car l’allégresse des combats, cela existe – je voyais avec consternation ce beau pays peu à peu crucifié tandis que l’amertume des officiers montait tout autour de moi devant une politique qu’ils ne comprenaient point ».

Par la suite, Roland Glavany poursuivra sa carrière au sein de l’armée de l’Air, jusqu’en 1978 – avec les galons de général de corps aérien- après avoir commandé le CEAM (Centre d’Expériences Aériennes Militaires), la base de Mont-de-Marsan et les Ecoles de l’armée de l’Air.

Un regret ? Avoir tant et tant côtoyé les parachutistes sans en avoir le brevet : « Voilà pourquoi, ayant acquis avec mes étoiles de brigadier une plus grande liberté d’action, j’ai demandé à sauter vers 1975. Compte-tenu de mes blessures aux jambes, les toubibs dirent « au fou », jusqu’à ce que, lassé, un chef-toubib finit par déclarer : « Il veut sauter ? Qu’il saute ! ». Ce que je fis. Je le fis naturellement avec mes camarades des Commandos de l’Air, à Nîmes (salut au capitaine Ciappa). Nous sautions à partir d’un « Broussard » et j’aimais beaucoup cela, être assis par terre, les jambes à l’air avant de se balancer. Aussi, un jour de 1977, je participai à Avignon à un rassemblement para, devant le Chef d’état-major de l’Armée de l’Air de l’époque, le général Maurice Saint-Cricq, mon ami. Seulement voilà, à l’arrivée au sol, je sentis et entendis un « crac », à droite. Disons-le tout de suite, c’était la « bi-malléolaire » (sous-entendu la fracture) et deux mois de plâtre. Et mon chef vénéré vint alors vers moi : « Je te l’avais bien dit que tu jouais au c.. ». Et comme l’a dit un autre général, jaloux : « Ces trucs-là, faut les réussir ou s’abstenir ». Quel dommage. C’était le 4ème saut, pas le 5ème, qui lui m’aurait permis d’avoir droit à la plaque souvenir. C’est alors que je me suis rappelé m’être éjecté d’un Mystère IV en vrille que je ne parvenais pas à arrêter. J’étais pilote d’essais chez Monsieur Marcel Dassault, avant les « Mirages » et toute la série. C’était vingt ans avant, en 1955. J’ai dit cela à mes camarades de l’Armée de Terre : « 4 + 1 : ça fait 5 ! ». Ils ont condescendu à l’admettre. Et c’est ainsi que l’insigne de parachutiste est aujourd’hui en bonne place dans ma bibliothèque ».

Alors qu’il est à la retraite depuis quelques semaines (« J’avais entrepris des travaux dans la maison de campagne, mais je n’ai jamais été un grand bricoleur »), il est rappelé pour prendre la direction de l’Office Français d’Exportation des Matériels Aéronautiques.

Fidélité enfin en œuvrant pour les associations du Souvenir Français, des Ailes Brisées, dont il devient président, ou du Tomato Club. Fidélité aux camarades du débarquement de Provence en prenant la présidence de l’association Rhin et Danube. A un Résistant qui voulait lui apprendre d’où venait le général de Lattre de Tassigny, il avait répondu : « Tu sais – il tutoyait tout le monde et c’était bien souvent une marque d’affection – quand tu auras fait autant de cérémonies que moi à Mouilleron-en-Pareds, on en reparlera ! ».

Amour est le second mot qui me vient à l’esprit quand je pense au général Glavany. D’abord l’amour de la famille. Dans ses interviews, dans son ouvrage, il n’est pas un chapitre où le général n’évoque pas sa famille et le bonheur familial. Lors d’une réunion de notre Comité, il m’avait un jour indiqué : « Dans tout ce que tu fais, n’oublie jamais ta famille. Elle doit être la priorité. C’est important ».

Amour de son prochain. Esaïe 58 :7,8 41 : « N’est-ce pas que tu partages ton pain avec celui qui a faim, et que tu fasses entrer dans la maison les affligés qui errent sans asile ? Quand tu vois un homme nu, que tu le couvres, et que tu ne caches pas à ta propre chair ? ». L’amour de son prochain, le général Glavany l’a montré et démontré à maintes reprises. Ainsi, il fut l’un des piliers du Café 115, comme notre adhérente Louise Zazzera, géré par l’Association pour le Logement des Personnes Isolées Résidant à Issy-les-Moulineaux (Alpirim), sous la houlette de notre ami Marie-Auguste Gouzel, et cofinancé par la ville et la DRIHL 92. Ce Café permettant aux personnes sans abri de bénéficier d’un accueil, d’une orientation et/ou d’un accompagnement.

Amour de la littérature et des belles lettres. Pour son quatre-vingt-dixième anniversaire, nous lui avions offert une ancienne et très belle édition des Confessions d’un enfant du siècle, d’Alfred de Musset. Et voilà notre général nous remerciant en nous citant, par cœur, le premier chapitre dudit livre !

Amour de son épouse enfin. Quelle plus belle preuve d’amour que ne pas pouvoir survivre à la disparition de son épouse… Ce jeudi 19 janvier, l’on procède aux enterrements de Madame Glavany et de son mari dans le cimetière municipal d’Issy-les-Moulineaux. Bien triste journée.

 

CDT (RC) Frédéric Rignault

Président du Souvenir Français d’Issy-Vanves

Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine.

 

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Publié le 15 Janvier 2017

Troupes françaises en retraite vers la frontière chinoise (Copyright Wikipédia).

Troupes françaises en retraite vers la frontière chinoise (Copyright Wikipédia).

Situation du Japon en janvier 1945.

 

Janvier 1945. La situation du Japon n’est pas des plus favorables… Les Américains, après avoir reconquit les îles Mariannes, sont maintenant en train de reprendre les Philippines aux Japonais. Ils lancent également leurs avions bombarder le sud de l’Indochine, et notamment Saigon.

 

De leur côté, les Anglais envoient des parachutistes au Tonkin dans le but de désorganiser les postes japonais. Parmi ces soldats de l’Empire britannique, se trouvent des Français représentant le Gouvernement provisoire de la République (entre autres la Force 136) ; prélude à une force d’expédition française qui prévoit près de 60.000 hommes. Le général Blaizot est d’ailleurs envoyé à Ceylan, dans le but de discuter des modalités avec Lord Mountbatten.

 

Les îles japonaises, elles-mêmes, font l’objet de raids de la part de l’aviation américaine.

 

La situation agricole n’est pas favorable non plus. Les bombardements, l’économie de guerre qui désoriente les forces vives vers l’effort militaire, tout cela entraîne de mauvaises récoltes et des révoltes de la faim. Plusieurs milliers de Vietnamiens se trouvent en état de sous-nutrition. Les Japonais d’Indochine sont persuadés que les Alliés préparent un débarquement d’ampleur. Ils ont laissé en place une administration française, favorable au régime de Vichy, donc pro-allemande. Nos soldats sont répartis dans des casernes installées partout sur le territoire indochinois. Mais ils sont peu nombreux : à peine 12.000 hommes, appuyés de 60.000 soldats « autochtones ».

 

Les Japonais ne sont pas vraiment plus nombreux : à peine 50.000 soldats. Il est temps pour eux d’intervenir s’ils ne veulent pas être débordés. L’Opération Mei est décidée.

 

L’Opération Mei.

 

Elle est d’autant plus décidée que l’aviation américaine fait bombarder Tokyo par 300 B-29, faisant en deux jours, près de 100.000 victimes.

 

Dans les premiers jours de mars 1945, les troupes japonaises sont déployées autour des garnisons françaises. Le 9 mars au soir, l’amiral Decoux, gouverneur général de l’Indochine reçoit l’ambassadeur japonais Matsumoto pour une réunion de routine. A 19 heures, l’ambassadeur présente un ultimatum exigeant que les troupes françaises passent immédiatement sous commandement japonais. Decoux essaie de gagner du temps, mais les premiers coups de feu éclatent dans Saigon. L’Opération Mei est déclenchée. A 21 heures, les garnisons françaises, Decoux et ses adjoints sont mis aux arrêts. Entre 20 heures et 21 heures, les garnisons françaises sont attaquées par surprise par l’armée impériale japonaise. Plusieurs officiers administrateurs et officiers français sont exécutés : à Lang Son, le colonel Robert et le résident Auphelle, invités à dîner ce soir-là par leurs homologues japonais, sont arrêtés par surprise et décapités à coup de sabre, de même que le général Lemonnier qui refusait de donner l’ordre de capituler. A Thak Khek, l’administrateur Colin et l’inspecteur Grethen sont également tués. A Dong Dang, le commandant Soulié est tué après avoir repoussé trois assauts ; le capitaine Anosse, qui a pris le commandement de la contre-attaque, tient trois jours et trois nuits mais doit cesser le feu également à court de munitions et sa garnison décimée. Les Japonais l’honorent de cet exploit puis le massacrent aussitôt ainsi que 400 prisonniers. A Hanoi, marsouins et tirailleurs de la citadelle tiennent vingt heures à un contre dix, menés par le capitaine Omessa, et repoussent trois assauts dont le dernier est qualifié de fait d’armes, mais qui finit par lâcher à court de munitions. Toujours à Hanoi, le capitaine Regnier est torturé et massacré pour avoir refusé la reddition. Son adjoint, le lieutenant Damez, repousse pendant quatre-vingt-dix heures les Japonais en leur occasionnant de lourdes pertes et finit par s’enfuir en forçant les lignes japonaises, après avoir incendié le poste. Au quartier Balny, le lieutenant Roudier tient jusqu’à l’aube. On relève particulièrement le fait d’armes de la vingtaine d’hommes, artilleurs, et leurs trois sous-officiers, retranchés dans « La Légation ». A Hué, le capitaine Bernard et le lieutenant Hamel résistent toute la nuit contre trois compagnies de Japonais équipés de blindés et d’artillerie. Le capitaine Bernard, blessé, est fait prisonnier et sera miraculeusement épargné. Il passera, comme des milliers de soldats et de civils français, le reste de la guerre en camp de concentration, sous le commandement japonais, puis Vietminh.

 

Sur les 34.000 Français métropolitains présents dans la région, plus 12.000 militaires d’origine métropolitaine, plus de 3.000 sont tués en moins de 48 heures. L’administration coloniale est détruite de fait. Les postes militaires français à travers tout l’Indochine (Annam, Tonkin, Cochinchine, Laos, Cambodge) sont touchés. Les troupes japonaises prennent notamment les citadelles d’Hanoi et de Lang Son et y massacrent les Européens et les troupes annamites, malgré les promesses faites en cas de reddition. Des camps de prisonniers sont créés pour y parquer civils et militaires. A Hanoi, les généraux Mordant et Georges Aymé commandent la résistance, mais celle-ci doit finalement capituler au bout de quelques heures.

 

Au Tonkin, le général Sabattier, méfiant, a transféré peu avant le coup de force son poste de commandement hors d’Hanoi, tout en mettant en garde son subordonné le général Alessandri. Tous deux dirigent une résistance de quelques milliers d’hommes. Une partie des troupes françaises est faite prisonnière, tandis que d’autres « prennent le maquis ». Les groupes français, dont la tête de chaque soldat est mise à prix, baptisés plus tard « colonne Alessandri », parviennent en Chine, où ils se mettent à la disposition de la Mission militaire française.

 

 

Fernand Cron.

 

Fernand Cron est téléphoniste au sein de la garnison de Dong Dang. Prisonnier, il est conduit comme beaucoup de ses compagnons d’armes, ainsi que des Annamites présents dans le camp, dans un entrepôt des douanes.

 

Georges Fleury, dans son ouvrage La guerre en Indochine, a raconté l’aventure de Fernand Cron : « A la nuit tombée, les Japonais font irruption dans le magasin. Ils obligent les prisonniers à se dénuder, même les femmes. Ils les entravent et les poussent à coups de crosse vers la route de Lang-Son.

 

Parvenus près de la mission japonaise, les prisonniers sont obligés de s’agenouiller au-dessus d’une fosse d’où s’évade la lourde puanteur des eaux sales de Dong Dang. Des porteurs de torches éclairent la scène. Des Japonais dégainent leurs sabres. Un ordre domine tous les bruits de la nuit. Les lames s’abattent dans des bruits mats. Des têtes tombent dans la fosse, toute de suite rejointes par des corps d’où jaillissent des flots de sang. Des bourreaux ont manqué leur coup. D’horribles plaintes montent de la tranchée. Les maladroits sautent dans le cloaque pour achever leurs victimes.

 

Un deuxième alignement de condamnés bascule dans le noir. Puis un troisième se met en place. Fernand Cron devance le coup de sabre d’une fraction de seconde. Il plonge sur le corps des suppliciés. La lame l’a entaillé de biais à hauteur des vertèbres cervicales. Derrière Cron, le soldat Bravaqui s’écroule en hurlant « Vive la France ! ». Comme il répète son cri de bravade, l’homme qui l’a sabré se laisse tomber sur lui pour terminer la besogne. Cron reçoit encore quelques corps mais contient à chaque choc ses cris de douleur.

 

Une fois le dernier condamné exécuté, les assassins descendent tous dans la fosse et lardent de coups de baïonnettes les corps emmêlés. Epargné, Fernand Cron décide de laisser passer du temps après le départ des brutes. Le sang de ses compagnons ruisselle sur lui. La large plaie de son cou irradie d’intolérable douleur chaque fois qu’il respire. Au bout de quelques temps, le miraculé s’enhardit à appeler un par un ses compagnons. Personne ne lui répond. Il est seul parmi le magma de chair, de boue et de sang dont il s’extirpe au prix d’efforts surhumains.

 

Le blessé à demi étêté rampe dans un boyau fétide, se redresse, tâte sou cou où il découvre une plaie large comme la main, reconnaît une piste menant à la montagne, rassemble ses dernières forces, prend sa tête à deux mains, la maintient bien droite et se lance à la course. Derrière lui, Dong Dang flambe. Cron court sans lâcher sa tête jusqu’à ce qu’il bute contre deux Tonkinois échappés du fort. L’un d’eux a le dos troué par deux coups de baïonnette. L’autre est indemne. Le trio parcourt encore cinq kilomètres et pénètre dans un village habité par des Thôs. Cron est à bout de forces. Ses bras mordus de crampes ne peuvent plus maintenir sa tête. Son menton tape sur sa poitrine étroite. Le tirailleur indemne s’aperçoit soudain de son état. Il pousse un cri d’horreur et s’enfuit à toutes jambes.

 

Fernand Cron perd conscience sitôt que des montagnards l’allongent sur un bat-flanc. Lorsqu’il émerge de sa torpeur douloureuse, il est lavé, vêtu à la tonkinoise, sou cou est pris dans une pâte brune. Les montagnards décident de le cacher dans une grotte avec son compagnon.

 

Quelques jours plus tard, alors que quelques défenseurs de Lang Son errent encore dans les montagnes calcaires proches de la frontière, le capitaine Michel, qui a échappé avec certains de ses hommes du 3e RTT, repère un paysan vietnamien. Il est tout petit, penché sur bâton de marche. Ce dernier suit les soldats français depuis quelques centaines de mètres. Sur leurs gardes, les hommes de Michel le laissent approcher. Le capitaine se rend compte qu’il est européen. Fernand Cron a les larmes aux yeux. Il parle difficilement et ne peut redresser sa tête penchée sur sa poitrine. Il se met à genoux devant Michel, place ses mains derrière son dos et, en articulant difficilement, répète à plusieurs reprises :

 

  • C’est comme ça qu’ils m’ont fait…

 

L’officier donne à boire au miraculé. Un infirmier fait bouillir de l’eau afin de débarrasser son horrible plaie de la crasse miraculeuse dont les Thôs l’ont ointe. Et la marche vers la Chine reprend ».

 

Bien plus tard, de retour en France, Fernand Cron reprendra son métier et terminera sa vie du côté de Cognac, où il était viticulteur.

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédies Universalis, Larousse, Wikipédia.
  • Site de l’ANAI : Association Nationale des Anciens et des Amis de l’Indochine.
  • Bulletins de l’ANAI.
  • André Teulières, l’Indochine, guerre et paix, 1985.
  • Georges Fleury, La guerre en Indochine, Perrin, 2000.
  • Pierre Montagnon, La France coloniale, Pygmalion, 1990.
  • Jacques Dalloz, La guerre d’Indochine, Seuil, 1987.
  • Lucien Bodard, La guerre d’Indochine, Grasset, 1965.
  • Jean Sainteny, Indochine 1945-1947, Amiot-Dumont, 1953.

 

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Publié le 7 Janvier 2017

Jean de Saint-Victor de Saint-Blancard.

Jean de Saint-Victor de Saint-Blancard, membre du Souvenir Français de Rueil-Malmaison est-il un poisson ? Moniteur Fédéral 1er degré, moniteur Nitrox confirmé FFESSM, instructeur photographe Niveau 1 FFESSM, Jean est plongeur depuis plus de 43 ans.

Cela tient à un baptême de plongée dans la piscine de l’Université de Paris-Dauphine où il était étudiant en droit. Et depuis, pourrait-on dire, il n’en est pas sorti ! Ainsi, il effectue son service militaire « palmes aux pieds » en suivant une formation de plongeur à l’Ecole de Plongée de l’Armée de Terre, située à La Valbonne dans l’Ain. S’en suivra une formation pédagogique pour enseigner la plongée.

Par la suite, Jean travaille en tant que GO (Gentil Organisateur) dans différents clubs du Club Méditerranée, en Italie, au Mexique ou encore en Egypte. Bien entendu, sa spécialité : la plongée !

Puis il s’initie au monde du cinéma en réalisant des films 8 mm et des vidéos subaquatiques. Mais en 1996, c’est l’option photographie qui prend le dessus, grâce à une rencontre fondamentale avec un instructeur photo du nom de Robert Pakiela (aujourd’hui rédacteur en chef du magazine Aquamonde, journal du monde de l’image et du voyage subaquatique). Comme Jean l’indique : « Réaliser et analyser une photographie subaquatique, c’est reconnaître le travail du regard du photographe amateur, au sens latin de celui qui aime… C’est accepter l’idée que le plaisir d’une passion exige de ne pas faire les choses à moitié sinon c’est un peu tricher avec soi-même. Une photographie est semblable à un sentiment qui résiste à l’épreuve du temps. Aimer la mer, toutes ses beautés révélées par l’image, n’est-ce pas s’engager pour la protéger par un comportement responsable ? ».

Accompagné le plus souvent possible dans l’eau par son épouse, Marie, qui est également monitrice de plongée, Jean de Saint-Victor de Saint-Blancard participe à de nombreuses compétitions fédérales ou des concours de photographies subaquatiques. Il a ainsi été vice-champion de France à Nice en 2005, médaille de bronze à Aix-en-Provence quatre ans plus tard. Il a réalisé de nombreuses expositions que ce soit à Mandelieu La Napoule, à Rueil-Malmaison ou encore à Villeneuve-Loubet et est rédacteur d’articles pour la revue Plongée Octopus.

Jean est titulaire des décorations suivantes : chevalier dans l’ordre des Palmes académiques ; chevalier dans l’ordre du Mérite maritime ; médaille de bronze de la Jeunesse, des Sports et de l’Engagement associatif ; médaille de bronze pour Acte de courage et de dévouement et médaille d’argent de la FFESSM.

Enfin, Jean de Saint-Victor de Saint-Blancard est très attaché au Devoir de Mémoire. Que ce soit envers sa famille ou envers celle des plongeurs, comme Bob Maloubier, qui fut un grand Résistant, militaire hors-pair, membre de la Force 136 et fondateur des plongeurs de combat.

Membre du Souvenir Français depuis des années, donateur exceptionnel du Musée de la Mémoire Citoyenne de Mâcon, en Saône-et-Loire (dirigé par l’excellent Délégué général Jean-Claude Bernardet), il était normal que le siège de notre association remette à Jean la médaille du Souvenir Français. C’est chose faite depuis le mois de décembre dernier.

Félicitations cher Jean !

 

 

Frederic Rignault

Président du Comité d’Issy-Vanves

Délégué général adjoint des Hauts-de-Seine

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Publié le 3 Janvier 2017

Chatenay-Malabry : cérémonie à la mémoire des victimes coptes.

Le dimanche 11 décembre 2016, l’église copte Saint-Pierre et Saint-Paul, au Caire en Egypte, a été la cible d’un attentat revendiqué depuis par DAECH. 25 Egyptiens ont trouvé la mort dans cette odieuse attaque et 49 autres ont été blessés. L’église se trouve à côté de la cathédrale Saint-Marc, actuellement en rénovation. Trois jours de deuil national ont été décrétés par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui a condamné ce « lâche » attentat.

L'explosion a eu lieu pendant la messe, vers 10 heures. Elle se serait produite dans la partie féminine de l'église. Une charge de 12 kilos de TNT aurait été utilisée, selon une source policière. La bombe a explosé près d'un pilier, noirci et parsemé d'éclats. Des impacts étaient aussi visibles sur le sol de marbre. Les vitraux étaient presque tous brisés et les bancs de bois renversés pour la plupart, en particulier sur le côté droit de l'église.

 

La communauté copte de France a souhaité de suite adresser un message de compassion et d’amitié à ses frères d’Egypte. Aussi une célébration s’est déroulée le dimanche 18 décembre en l’église copte de Chatenay-Malabry, la principale église copte en France.

 

De nombreuses hautes personnalités civiles, militaires et religieuses (orthodoxes, catholiques, protestantes, juives, musulmanes) se sont retrouvées à l’occasion de cette célébration. Bien entendu, le Souvenir Français, tant le Comité de Chatenay, que la Délégation des Hauts-de-Seine et le siège à Paris, étaient invités et représentés.

 

N’oublions pas.

 

François-Marie Belin

Présidente du Comité de Chatenay-Malabry

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Publié le 23 Décembre 2016

Bonnes fêtes de fin d'année et vive 2017 !

Mesdames et Messieurs les présidents de comité,

En cette période à la fois cultuelle et culturelle, je vous souhaite à tous de passer de bonnes fêtes de Noël et de Nouvel an.

Le temps est également venu de formuler des vœux pour l'année 2017 qui bientôt s'ouvrira à nous.

 

Je pense évidemment et d'abord à la santé de chacune et chacun pour qu'elle leur permette de poursuivre les efforts que nous déployons au nom du Souvenir français pour honorer et mieux faire connaître ceux qui ont mérité l'immortalité.

 

2017 nous offrira de nouvelles opportunités de consolider l'œuvre commune, d'accroître le nombre de nos adhérents, de transmettre la flamme qui nous anime, de nous adapter plus encore au rythme de la vie actuelle et de ses potentialités.

 

C'est avec enthousiasme, dévouement, réactivité et même inventivité que nous parcourrons l'année qui vient.

 

Comme le traduit bien la carte ci-dessous (cliquer sur le lien) : « Bonne année 2017 ! ».

 

https://www.creationcorporate.com/Souvenir-Francais/Bonne-Annee-2017

 

 

 

Claude Guy

Délégué général du Souvenir français

pour les Hauts de Seine,

 

 

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Publié le 10 Décembre 2016

Les Compagnons de la Libération : Alain de Boissieu.

Biographie.

 

Alain de Boissieu est né le 5 juillet 1914 à Chartres. Son père est assureur-conseil.

 

Après des études au collège Sainte-Croix du Mans et à l'école Sainte-Geneviève de Versailles, il entre à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1936. Sorti de l'ESM dans la promotion du Soldat Inconnu, le sous-lieutenant de Boissieu poursuit sa formation militaire à l'Ecole d'Application de la Cavalerie de Saumur en septembre 1938. Il obtient également trois certificats de licence à la Faculté de Paris.

 

Lors de la déclaration de guerre, le sous-lieutenant de Boissieu sert au Groupe de Reconnaissance de la 10e Division d'infanterie (15e GRDI). Chef de peloton de canons antichars, il arrête une attaque ennemie, le 11 juin 1940, au nord d'Epoye, dans la Marne, détruisant trois blindés et faisant preuve du plus grand calme et de la plus grande énergie.

 

Encerclés dans le bois de la ferme Milan par les Allemands qui viennent de prendre le village voisin d'Epoye, les canons de 25 antichars, ne pouvant tirer de nuit, doivent être sauvés de la capture. Avec l'autorisation du commandant de la position de défense, le sous-lieutenant de Boissieu décide de rassembler les 35 cavaliers de son peloton dans le layon le plus large et de charger au sabre les Allemands qui surveillent les sorties en direction de la plaine, tandis que les fantassins voisins couvriraient la charge par une diversion.

 

L'opération réussit avec quelques pertes et les servants emballés se retrouvent sur la route de Beine ; Alain de Boissieu confie alors le peloton à son sous-officier adjoint, le maréchal des logis chef Barbé, puis il revient à pied dans le bois de la ferme Milan pour prendre le commandement des fantassins qui avaient protégé la sortie de son peloton. Les fantassins rejoignent ainsi leur unité à Beine ; le sous-lieutenant de Boissieu tente avec le chef de bataillon de la Rochefordière, qui commande la position, de gagner le camp de Mourmelon et le 15e GRDI. Ils sont faits prisonniers le 12 juin dans une embuscade allemande à hauteur du mont Cornillet.

 

Deux fois cité pendant la campagne de France, c'est en Belgique, le 19 juin, au cours du transfert de son détachement de prisonniers vers l'Allemagne, qu'il prend indirectement connaissance de l'appel prononcé la veille par le général de Gaulle à la radio de Londres. Il tente de s'évader du train qui le transporte à Mayence.

 

Promu lieutenant en septembre 1940 pendant sa détention, il s'évade de l'Oflag II D en Poméranie le 28 mars 1941 avec deux camarades, le sous-lieutenant Klein et le lieutenant Branet, et gagne l'URSS où il est de nouveau interné, après avoir demandé à rejoindre le général de Gaulle en Angleterre. L'offensive allemande de juin 1941 joue en faveur des internés français, rassemblés dans un camp à Mitchourine au sud de Moscou, dont une liste est communiquée aux nouveaux alliés britanniques qui la transmettent aux Forces françaises libres. Avec 185 camarades, emmenés par le capitaine Billotte, Alain de Boissieu parvient à rejoindre, par Arkhangelsk et le Spitzberg, l'Angleterre où il signe son engagement dans les FFL, à Camberley, le 12 septembre 1941.

 

Servant à l'Etat-major particulier du général de Gaulle à Londres pour remplacer un officier blessé, il suit un entraînement de parachutiste et de commando puis prend part aux opérations de Bayonne à Pâques 1942 et au raid sur Dieppe en août 1942. En décembre 1942, le capitaine de Boissieu est envoyé en mission dans l'Océan Indien, sous les ordres du général Legentilhomme. Il participe alors aux opérations du rétablissement de l'autorité française à Madagascar et à Djibouti avec le Bataillon de marche n° 2 (BM 2) des FFL.

 

En mars 1943, il rejoint, sur sa demande, la Force "L" du général Leclerc en Tunisie et est affecté au 3e Bureau de l'Etat-major. La Force "L" devient, en juillet 1943, au Maroc, la 2e Division blindée (2e DB). En février 1944, Alain de Boissieu est affecté au commandement de l'Escadron de Protection du général Leclerc et du PC avancé de la 2e DB avec un escadron de chars légers et d'obusiers de 75. Ses lieutenants sont Pierre de la Fouchardière, Philippe Duplay et Hervé de Lencquesaing. Il débarque en Normandie le 30 juillet 1944 et est blessé le 12 août à La Lande de Goult dans l'Orne par l'explosion d'un obus antichar de 75 alors qu'il aidait le chef du char "l'Ourcq" à sortir de sa tourelle, son tireur blessé ; tous les servants sont tués à l'exception du capitaine de Boissieu qui est éjecté dans l'herbe.

 

Il se distingue lors des combats de la forêt d'Ecouves en réduisant une résistance blindée allemande. Il fait de même à Paris, le 25 août 1944, lorsqu'il engage deux de ses pelotons contre un ennemi fortement organisé au point d'appui du Luxembourg, parvenant à l'ébranler au point de le faire capituler quelques heures plus tard. En Alsace, en décembre 1944, le capitaine de Boissieu est affecté sur sa demande au 501e Régiment de chars de combat (501e RCC) dont il commande la 3e Compagnie de chars moyens. Il est cité à nouveau, lors des opérations du 25 janvier au 2 février 1945, pendant la campagne d'Alsace, où il prépare et fait exécuter à sa compagnie de chars des opérations non appuyées par de l'infanterie, du fait de l'épaisseur de la neige, obtenant chaque fois un succès complet avec un minimum de pertes. Il participe avec le capitaine Dronne à la première attaque d'un village de nuit pour éviter les antichars qui protégeaient Marckolsheim.

 

Affecté en avril 1945 au cabinet militaire du général de Gaulle à Paris, rue Saint Dominique, il obtient cependant de rejoindre pour quelques jours la 2e DB qu'il rejoint, début mai 1945, à Berchtesgaden. Rentré en France, il est promu chef d'escadrons en juin 1945.

 

Le 2 janvier 1946 à Paris, Alain de Boissieu épouse Elisabeth de Gaulle.

 

Après avoir suivi les cours de l'Ecole d'Etat-major à Paris, il se voit refuser de servir en Indochine, s'étant occupé du retour du Prince Vinh San en Annam, et il est affecté en Afrique équatoriale (août 1947-novembre 1949) au Secrétariat de la Défense de l'ensemble AEF-Cameroun. Il retrouve ensuite le 501e RCC, en qualité de responsable des services techniques, avant d'être affecté à l'Etat-major de la Zone stratégique d'Afrique centrale (1952-1953) à Dakar.

 

Breveté de l'Ecole supérieure de Guerre en 1955, le lieutenant-colonel de Boissieu sert ensuite pendant une année à Paris, à l'Etat-major du commandant en chef de la Zone stratégique de l'Afrique centrale. Ayant demandé un commandement en Algérie, il est placé, en juin 1956, à la tête du 4e Chasseurs dans le Constantinois. Il y fait, dans des circonstances difficiles, la preuve de ses qualités militaires "aussi bien dans la pacification de son territoire que dans l'organisation et l'exécution des opérations" ; il reçoit la Croix de la Valeur Militaire avec deux citations et la cravate de Commandeur de la Légion d'Honneur.

 

Promu colonel en septembre 1958, il devient directeur du Cabinet militaire du Délégué général du Gouvernement Mr Paul Delouvrier et du général Maurice Challe, commandant en chef en Algérie. En octobre 1959 il rejoint à Paris l'Inspection générale de l'Arme blindée et de la Cavalerie comme chef d'Etat-major avant de suivre, en 1961, les cours du Centre des hautes études militaires et de l'Institut des hautes études de la Défense nationale.

 

Le colonel de Boissieu commande alors la 2e Brigade blindée à Saint-Germain-en-Laye (septembre 1962-septembre 1964) et, promu général de brigade, reçoit le commandement de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr et de l'Ecole militaire interarmes de Coëtquidan (septembre 1964- septembre 1967).

 

Le général de Boissieu commande ensuite pendant deux ans la 7e Division mécanisée à Mulhouse avant d'être nommé Inspecteur de l'ABC (Arme blindée - Cavalerie) et membre du Conseil supérieur de la Guerre (1969-1971). Général d'armée en

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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