Publié le 23 Octobre 2020

À Rueil-Malmaison, hommage aux morts du 21 octobre 1870.

Notre deuxième rendez-vous mémoriel important autour de la guerre oubliée de 1870-1871 s’est déroulé en deux temps : à Versailles puis à Rueil-Malmaison.

Il s’agissait d’honorer la mémoire de ces soldats morts au champ d’honneur comme on le disait à l’époque lors de la première bataille de Buzenval le 21 octobre 1870, audacieuse percée qui visait à desserrer l’étau prussien qui étouffait la capitale.

Deux noms retinrent l’attention : celui du commandant Jacquot et celui du jeune Raoul Bohrer de Kreuznach, les deux mortellement blessés dans de cruels combats.

Le premier ramassé et transporté par les prussiens décède dans l’ambulance de Versailles. Sa sépulture a récemment été retrouvée au cimetière Saint-Louis de Versailles grâce à l’opiniâtreté de l’association des Vosgiens de Paris et de notre comité de Rueil-Malmaison.

Le second tombe sous les balles ennemies provenant des vignes proches qui habillaient les flancs de la colline. L’achat d’une parcelle de terrain permet au père de ce héros de faire édifier un petit cimetière dont l’entretien sera confié au Souvenir-Français et dans lequel repose huit autres soldats dont des prussiens.

L’hommage rendu à ces braves malgré les contraintes sanitaires a été judicieusement relayé en direct sur le site de la ville et visionné de nombreuses fois.

 

Claude GUY

Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts de Seine

À Rueil-Malmaison, hommage aux morts du 21 octobre 1870.
À Rueil-Malmaison, hommage aux morts du 21 octobre 1870.
À Rueil-Malmaison, hommage aux morts du 21 octobre 1870.
À Rueil-Malmaison, hommage aux morts du 21 octobre 1870.
À Rueil-Malmaison, hommage aux morts du 21 octobre 1870.
À Rueil-Malmaison, hommage aux morts du 21 octobre 1870.

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Publié le 10 Octobre 2020

Des présidents masqués à Issy-les-Moulineaux.

Ce samedi 10 octobre 2020 s’est déroulée la traditionnelle réunion des présidents des comités du Souvenir Français des Hauts-de-Seine. Et comme il est de coutume, celle-ci a eu lieu à Issy-les-Moulineaux.

Vingt-cinq personnes représentant environ vingt comités se sont données rendez-vous pour faire le point avec l’équipe du bureau des Hauts-de-Seine formée de :

  • Claude Guy, délégué général.
  • Daniel Jouin, délégué général adjoint et président de Boulogne-Billancourt.
  • Frédéric Rignault, délégué général adjoint et président d’Issy-Vanves.
  • Myriam Laurent, nouvelle trésorière de la délégation, en remplacement de Catherine Labour, qui a œuvré pendant des années aux côtés des comités du département et de son époux, André, aujourd’hui délégué général honoraire. Merci à Catherine et bienvenue à Myriam Laurent.

Les comités représentés : Puteaux, Rueil-Malmaison, Ville d’Avray, Vaucresson, Antony, Colombes, Clamart, Boulogne, Issy-Vanves, Châtillon-Bagneux, Le Plessis Robinson, Bourg la Reine, Chaville, Châtenay-Malabry, Bois-Colombes, Asnières.

Claude Guy a commencé par demander une minute de silence à la mémoire des adhérents du département disparus au cours de cette année et surtout principalement pendant la première vague du Covid. Il a aussi mentionné la disparition du général Forget, d’Issy-les-Moulineaux, qui fut membre du conseil d’administration de l’association, au niveau national, et président d’honneur du comité d’Issy-Vanves. Puis il a présenté un certain nombre de réformes de l’association, inscrites dans les nouveaux statuts comme les élections à la délégation générale des départements et au sein des Comités, le rôle des reçus fiscaux, le remplissage des rapports annuels.

Ensuite il a indiqué un élément important à venir sur des fiches documentaires ou des fiches « réflexes » : Que faire pour être inscrit au ravivage de la Flamme ? Comment organiser la quête du 1er novembre ? Que faire quand une tombe est saccagée ? Comment porter plainte dans ce cas ?

Enfin, il a donné le calendrier des prochaines manifestations :

  • Confirmation de la tenue du congrès départemental à Clamart, le vendredi 18 décembre.
  • Entre le 13 et le 16 octobre, le Souvenir Français rendra hommage aux Morts pour la France de la Guerre de Corée. Il est demandé à chaque président concerné par un mort pendant le conflit de fleurir la tombe en question.
  • Le 21 octobre se déroulera la commémoration de la Première bataille de Buzenval. Et celle de la Seconde bataille (janvier 2021) marquera la fin des cérémonies des 150 de la Guerre franco-prussienne.
  • 23 octobre : lancement du guide des Hauts-de-Seine de la Guerre franco-prussienne.
  • 4 novembre : à Asnières, cérémonie du centenaire du choix du Soldat inconnu par Auguste Thin, originaire et enterré dans cette commune.
  • 11 novembre : il sera demandé aux présidents des comités du Souvenir Français de penser à fleurir les tombes de soldats tombés aux cours des opérations extérieures, les OPEX.

 

Place a ensuite été faite aux questions, nombreuses, des présidents. En fin d’après-midi, les présidents masqués ont regagné leur commune respective.

 

Des présidents masqués à Issy-les-Moulineaux.
Des présidents masqués à Issy-les-Moulineaux.
Des présidents masqués à Issy-les-Moulineaux.
Des présidents masqués à Issy-les-Moulineaux.
Des présidents masqués à Issy-les-Moulineaux.

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Publié le 19 Septembre 2020

Quand les cavaliers mirent pied à terre…

Le chef d’escadron Spitzer.

 

Saint-Cyrien de la promotion « Bourbaki » (1897-1899), le chef d’escadron Georges Spitzer sort de l’école en tant qu’officier de cavalerie. Il est affecté au 5e régiment de cuirassiers, en garnison à Tours (le 5e « cuir »). Dès l’été 1914, l’unité participe aux opérations des 3e et 4e armées, que ce soit en Belgique, dans les Ardennes ou en Champagne. En 1915, on la retrouve dans la Somme, puis en Champagne. En 1918, elle est au Chemin des Dames puis dans la forêt de Villers-Cotterêts.

 

Le 12 juin 1918, alors qu’il a 40 ans, le chef d’escadron Spitzer est tué à l’ennemi, non loin de Dommiers, dans l’Aisne. Military Cross, croix de guerre avec 5 citations, dont une à l’Ordre de l’Armée : « Officier supérieur de première élite qui s’est distingué par son courage et son intelligente activité, chaque fois que le régiment a été employé depuis le 28 mai 1918. Mortellement blessé le 12 juin pendant qu’il s’assurait avec son habituel mépris du danger et sous un bombardement de la plus extrême violence, des dispositions prises pour arrêter une très forte attaque. Légion d’honneur ».

 

D’abord enterré au cimetière militaire du château de Valsery, Georges Spitzer est ensuite transféré en nécropole militaire. Dans un livre d’histoire locale, Albert de Bertier de Sauvigny parle de la mort du chef d’escadron Spitzer : « Il est ruisselant de sang. Un éclat d’obus l’a atteint près de la carotide, alors qu’il était dans un abri de la ligne G.M.P., un peu à droite en avant des Trois Peupliers de Saint-Pierre-Aigle ».

 

Quelques mois plus tard, il est déclaré Mort pour la France et le jugement est transféré en mairie de Rueil-Malmaison.

 

Mais un autre fait doit retenir notre attention : le 5e cuirassiers a été transformé depuis le 20 mai 1916 en régiment à pied !

 

Les régiments de cavalerie sont démontés.

 

La guerre franco-prussienne de 1870-1871 a été marquée par des échecs retentissants de la cavalerie, comme la charge de Reishoffen. Il est dès lors décidé d’utiliser la cavalerie pour des actions défensives ou de repérages, comme les patrouilles ou la reconnaissance. Parfois, des attaques fulgurantes sont néanmoins confiées à la cavalerie. Il s’agit alors d’obtenir une décision rapide.

Les premiers mois de 1914 voient l’utilisation de la cavalerie dans ces circonstances. Mais au moment où il faudrait poursuivre l’ennemi – quoi de mieux que des régiments avec des chevaux – les cavaliers se voient « trahis » par leur monture. Jean de Soultrait, brigadier au 17e dragons : « Nous sommes fatigués par le manque de sommeil et la chaleur. Les chevaux aussi sont sellés des vingt-quatre heures de suite avec de lourds paquetages. Ils ne sont guère fougueux ! Les pauvres bêtes, la tête basse et les pattes écartées, restent où on les a laissées dans une absolue torpeur ! ».

De plus, face à la puissance de feu de l’infanterie et de l’artillerie, la cavalerie se révèle très vulnérable. En 1915, la guerre des tranchées immobilisent les soldats et rend impossible toute tentative de charge sabre au clair ! Aussi, est-il décidé de « démonter » les régiments de cavalerie et de transformer les cavaliers en fantassins en les équipant de fusils adéquats. On parle alors de « cuirassier à pied », de « dragons à pied »…

Peu à peu, reprenant leur doctrine d’emploi de mouvement, les unités de cavalerie sont envoyées pour colmater les brèches du front. Elles sont utilisées comme infanterie montée. Commençant à être équipées d’automobiles – bientôt blindées et armées – pour accélérer leur transport, ces unités perpétuent leur capacité de déplacement rapide et elles augmentent considérablement leur puissance de feu. Elles retrouvent leur mission initiale !

En 1918, le maréchal Foch est totalement convaincu de la renaissance de la cavalerie grâce aux « chevaux vapeurs » : « Lorsque les voitures AMAC actuellement en service seront disponibles, par suite de la constitution des nouveaux groupes du type Lorfeuvre : créer, au moyen de ces voitures, des sections d’AMAC pour les corps d’armée, à raison d’une section par corps d’armée, affectée à l’EM du régiment de cavalerie de ce corps d’armée et servie par des cavaliers prélevés sur les effectifs des escadrons. » Le président du Conseil Clemenceau donne son accord définitif dans une lettre du 5 octobre 1918.

En juillet 1935, la 4e division de cavalerie est totalement mécanisée, changeant à ce moment de nom pour devenir la 1ère division légère mécanique du général Flavigny, un des promoteurs de la cavalerie blindée. Quelques mois plus tard, en octobre 1935, la 3e division de cavalerie de l’armée de terre allemande est elle aussi mécanisée pour devenir la « 1. Panzer Division ». En France, il faudra attendre janvier 1940 pour la création de la 1ère division cuirassée.

En fait, au cours de la Première Guerre mondiale, les chevaux seront surtout employés là ou ils ne pourront pas être facilement remplacés par l’automobile : travaux sur le front occidental, unités militaires sur les fronts d’Afrique du Nord, du Sahara, du Proche-Orient et les montagnes de Serbie et de Macédoine où le général français Jouinot-Gambetta réalisera une des dernières charges de cavalerie de l’armée française avec la prise d’Uskub ( Skopje) en 1918.

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site internet Chtimiste sur l’historique des régiments et des batailles.
  • Site du Ministère des Armées : Mémoire des hommes – Fiche individuelle du chef d’escadron Georges Spitzee.
  • Site du Ministère des Armées : Chemins de Mémoire.
  • Damien Baldin : « Les tranchées ont-elles enterré la cavalerie ? », dans le numéro 225 de la revue « Guerres mondiales et conflits contemporains ».
Cavaliers en mission de reconnaissance.

Cavaliers en mission de reconnaissance.

Un cuirassier à pied.

Un cuirassier à pied.

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Publié le 5 Septembre 2020

Un espoir porté à Paris mais né dans les Hauts-de-Seine.

Le 2 septembre 2020, en présence de Madame Sarah El Hairy, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et des sports, chargé de la Jeunesse et de l'Engagement, le comité de Sciences-Po Paris prenait son envol.

Comme vous le savez déjà, notamment à Issy-les-Moulineaux, mais aussi dans les comités qui l'avait reçu pour un entretien sur réseau social, c'est Adrien Ramassamy qui en a la présidence.

Nous pouvons être fiers que le premier comité du Souvenir Français des grandes écoles ait ses racines dans notre délégation.

Dans les discours du Président-Général, de Madame la secrétaire d'Etat et du jeune président, il y avait de l'énergie, de l'enthousiasme, de la volonté et une certaine hauteur de vue qui augurent bien de l'avenir.

La jeunesse sait donc parfois se mobiliser pour donner un sens à des valeurs sans parti pris, si ce n'est celui de porter haut l'hommage que l'on doit à celles et ceux reconnus Morts pour la France.

Dès le 9 septembre, de nouveau en présence de Madame la secrétaire d'Etat, le comité de Sciences-Po Paris procédera à son premier ravivage de la Flamme sous l'Arc de Triomphe.

J'y serai pour dire à ces jeunes étudiants (une centaine a déjà rejoint les rangs du comité) quel espoir nous mettons en eux.

Au-delà, je pense évidemment à nos comités qui ont un besoin urgent de cette jeunesse pour pérenniser notre association mémorielle.

 

Claude Guy

Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine.

 

Un espoir porté à Paris mais né dans les Hauts-de-Seine.
Un espoir porté à Paris mais né dans les Hauts-de-Seine.
Un espoir porté à Paris mais né dans les Hauts-de-Seine.
Un espoir porté à Paris mais né dans les Hauts-de-Seine.

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Publié le 3 Septembre 2020

Patrice Fichet a quitté ce monde.

Nombreux sont ceux qui l’avaient croisé, côtoyé ou bien connu mais il n’est plus car Patrice Fichet est récemment décédé.

Pendant une vingtaine d’années, jusqu’en 2015, il a présidé le comité du Souvenir Français de Colombes.

Depuis, il revenait comme simple adhérent lors de la réunion annuelle des membres du comité dans cette salle d’honneur de la maison du combattant qu’il affectionnait particulièrement. En effet, il avait créé ce petit musée d’uniformes, d’insignes et de calots où demeurent côte à côte plusieurs drapeaux d’associations d’anciens combattants.

Très impliqué dans la vie associative liée aux officiers de réserve, il était notamment vice-président de l’association des officiers de réserve des Hauts de Seine (AOR 92), président honoraire de l’union nationale des officiers de réserve (UNOR), président honoraire de l’association nationale des officiers de réserve de l’infanterie (ANORI), ancien secrétaire général de la confédération interalliée des officiers de réserve (CIOR) et président régional honoraire Ile de France de l’UNOR.

Sa vie professionnelle fut quant à elle marquée par les responsabilités qu’il avait exercées au sein du bâtiment.

Patrice Fichet, lieutenant-colonel de réserve honoraire, avait reçu en 2010 la cravate de commandeur dans l’ordre national du Mérite.

En ce matin du 3 septembre 2020, celles et ceux venus en l’église Saint Pierre - Saint Paul de Colombes furent accueillis par deux rangées de drapeaux attristés. Tous purent ensuite faire assemblée dans le recueillement. Puis, sous les rais d’une lumière d’automne transfigurée par les couleurs des vitraux qui donnent de la chaleur au béton froid et gris du lieu, le temps du souvenir prit place.

 

Claude GUY

Délégué général du Souvenir-Français pour les Hauts de Seine

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Publié le 23 Août 2020

Communiqué à la suite des événements à Oradour-sur-Glane.

L’acte odieux perpétré au centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane nous invite, certes à vomir ses auteurs, mais surtout à nous souvenir des enfants et des femmes brûlés dans l’église de ce village tranquille tandis que les hommes étaient fusillés dans les granges. Au total les 642 victimes de la folie humaine et de la barbarie de la division SS « Das Reich » devinrent le 10 juin 1944 des martyrs dont nous saluons et salueront la mémoire à jamais.

 

« A nous le souvenir, à eux l’immortalité »

 

Claude Guy,

Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine.

 

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Publié le 2 Août 2020

Vue aérienne de That Khê et de la région. Septembre-octobre 1950

Vue aérienne de That Khê et de la région. Septembre-octobre 1950

« Le 3e BCCP, qui avait été créé en janvier 1948 à Saint-Brieuc, sous les ordres du commandant Ayrolles, avait suivi son entraînement au camp de Vannes-Meucon, puis à l'école des troupes aéroportées de Pau, enfin au camp de jungle de Caïs-Fréjus. Embarqué sur le Pasteur en même temps que le 1er BEP, nouvellement créé, il arrive à Saigon en novembre 1948.

 

Alors que le gros du bataillon reste en Cochinchine et au Cambodge pendant quelques mois, où il participe à de nombreuses opérations de part et d'autre de la Plaine des Joncs, le GC2, aux ordres du capitaine Bigeard et renforcé bientôt d'une compagnie indochinoise parachutiste commandée par le capitaine N'Guyen Van Vy, est envoyé au Tonkin, au cœur du pays thaï, et se bat à Yen Chau, Hat Lot, Muong San, Chieng Dong, Na San, Son-La, inflige de lourdes pertes aux Viêts, mais perd plusieurs officiers, sous-officiers et paras.

 

Le GC1, en février 1949, puis le GC3 en mars 1949, rejoignent à leur tour le Tonkin, sont présents sur tous les théâtres d'opérations (Khan-Yen, Lao Kay, Lang Phat...). En août 1949 le 3e BCCP est enfin regroupé à Hanoï. Le commandant Ayrolles passe le commandement au capitaine Cazaux. Le bataillon participe en octobre à l'opération « Junon » (un débarquement amphibie sur les côtes du Nord-Annam). La compagnie du capitaine N'Guyen Van Vy est ensuite parachutée sur Phat-Diem (opération « Anthracite »).

 

En décembre 1949, c'est l'opération « Diabolo » dans le delta du Fleuve Rouge, puis en janvier 1950 les opérations « Michel » près du Canal des Bambous et « Anna » dans l'île de Tien Lang. En février 1950, le GC1 et une partie du GC3 sont largués près du poste de Pho Lu, pour tenter de sauver celui-ci. Puis ce sont les opérations de Ban Lao, Ban Phiet, Nghia Do, Bao Ngay, Coc Ly. Le 27 mai 1950 le 3e BCCP saute sur la DZ du poste de Dong Khe qui vient d'être pris par les Viêts et reprend le poste après un très brillant combat. Le 7 juin, c'est l'ouverture difficile de la RC4 de Dong Khe à That Khe, et en août et septembre, Sam Theu et Sam Neua, au Nord-Laos. Toutes ces opérations, souvent meurtrières, ont évidemment entraîné des pertes importantes, aggravées d'ailleurs par les conditions climatiques difficiles.

 

Mais le pire reste à venir : le 8 octobre 1950, en plein cœur de la bataille de la RC4, le 3e BCCP, auquel est intégrée provisoirement la compagnie de marche de la Légion Étrangère, fraîchement arrivée de Philippeville et commandée par le lieutenant Loth, est largué sur That Khe. Il est immédiatement dirigé sur les lieux des combats, au nord de That Khe, le long de la RC4 et vers la cote 703 où légionnaires, goumiers et marocains se battent au corps à corps. Le 3e BCCP a pour mission de recueillir les éléments qui essaient de rejoindre That Khe. Le 10 octobre, le commandement décide l'évacuation vers Lang Son des effectifs occupant ou ayant rejoint That Khe, parmi lesquels le 3e BCCP, déjà sérieusement « étrillé ».

 

Lorsque le 3e BCCP parvient au fleuve Son Ky Kong, derrière un Tabor marocain, le pont est détruit et il lui faut traverser le fleuve dans des embarcations du génie sous le feu ennemi. Plus au sud, sur la RC4, les mitrailleuses lourdes des Viêts, qui se sont emparé des positions françaises qui protégeaient le défilé de Deo Cat, obligent le 3e BCCP à déborder par la jungle. Mais le rapport des forces est tel que le bataillon est presque entièrement anéanti en quelques heures. Sur les 268 hommes qui avaient été parachutés à That Khe, seulement 9 Européens du 3e BCCP et 5 Autochtones de la compagnie indochinoise parachutiste parviendront à sortir de la nasse mise en place par le Viêt-minh et à rejoindre, au prix d'efforts surhumains, les lignes françaises.

 

Le capitaine Cazaux et le lieutenant Loth, celui-ci blessé, sont faits prisonniers (le capitaine Cazaux décédera en captivité).

 

Le bataillon est dissous en novembre 1950 et les quelques rescapés sont rapatriés en France : seulement 7 officiers, 26 sous-officiers et 177 hommes de troupe, alors qu'en novembre 1948 avaient débarqué au Cap Saint-Jacques 39 officiers, 63 sous-officiers et 548 hommes de troupe ! Mais dès la fin de 1950, la relève est assurée. Un nouveau « 3 », qui s'appelle désormais le 3e BPC (Bataillon de Parachutistes Coloniaux) est recréé à Saint-Brieuc aux ordres du commandant Bonnigal. Un certain nombre d'officiers, de sous-officiers et d'hommes de troupe, survivants du 3e BCCP, demandent à servir dans le nouveau bataillon. Le 3e BCP débarquera en Indochine en février 1952, participera en 1952 et 1953 à de nombreuses opérations au Tonkin et en Centre-Annam (où il opérera dans la fameuse « Rue Sans Joie », tuant 643 Viêts et faisant 1 100 prisonniers au cours de l'opération « Caïman ») et prendra part aux durs combats du camp retranché de Na San.

 

Durant son séjour en Indochine, le 3e BPC aura perdu 71 hommes au combat. Le 31 août 1953, le 3e BPC est dissous pour former le 5e BPVN (Bataillon de Parachutistes vietnamiens) le fameux « Bawouan », qui connaîtra, comme son aîné un destin tragique, puisqu'il sera anéanti à son tour dans la cuvette de Diên Biên Phù en 1954. Il faudra attendre 1955 pour voir renaître un nouveau « 3 » : le 3e RPC (Régiment de Parachutistes Coloniaux) sera créé à Mont-de-Marsan, participera à l'expédition de Suez en 1956, à la Bataille d'Alger en 1957 et s'illustrera dans le sud-algérien à Colomb-Bechar et à Timimoun, sous les ordres du colonel Bigeard, puis du colonel Trinquier. Devenu le 3e RPIMa (Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine) il est installé à Carcassonne depuis 1962, interviendra encore au Liban, en Centre-Afrique, au Tchad, en Nouvelle Calédonie, au Zaïre, au Rwanda, et depuis dans pratiquement toutes les opérations extérieures ».

 

Jacques Fleury de Ville d’Avray.

 

Jacques Fleury nait à Ville d’Avray le 21 octobre 1927. Engagé dans l’armée, il rejoint le 3e BCCP et débarque en Indochine avec son unité. Il fait partie des tués de la RC4 d’octobre 1950. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de sa commune.

 

 

Sources :

 

  • Ce texte a été écrit par le colonel Jean Cuignache (Être et Durer-35 – juin 2000).
  • Les ajouts sur le Jacques Fleury sont le fait du SF des Hauts-de-Seine.
  • Crédits photographiques : ECPAD.
Parachutage de matériel sur Cao Bang depuis un avion Junkers Ju-52. Juillet-août 1950,

Parachutage de matériel sur Cao Bang depuis un avion Junkers Ju-52. Juillet-août 1950,

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Publié le 25 Juillet 2020

Mémorial de la Déportation des juifs des Hauts-de-Seine.

Mémorial de la Déportation des juifs des Hauts-de-Seine.

Histoire du parc de Sceaux.

Au XVe siècle, le futur parc de Sceaux est un domaine agricole de quelques hectares qui s'étend peu à peu au fil de la succession des propriétaires. C'est en 1670 que le parc entre dans l'histoire : Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des Finances du Roi-Soleil, achète le domaine pour le transformer en un lieu de prestige. Il fait restaurer, agrandir la demeure, construire le Pavillon de l'aurore et aménager un jardin. Charles Le Brun, le grand peintre et décorateur de Louis XIV, participe au projet, tandis que les sculpteurs Antoine Coysevox et François Girardon exposent leurs oeuvres dans le parc. Celui-ci est confié à André Le Nôtre, créateur des principaux jardins classiques du XVIIe siècle.

Profitant de sa position élevée, le château propose un parti paysager autour d'une double perspective, l'une dans l'axe du château, la seconde perpendiculaire, réservant la découverte d'une grande cascade qui se prolonge par le bassin de l'Octogone. Ces agencements sont agrémentés de végétaux en parterres ou taillés en rideaux et de nombreux jeux d'eau. 

A la mort de Colbert, son fils, le marquis de Seignelay, acquiert de nombreux terrains et le domaine atteint alors 220 hectares. André Le Nôtre intervient à nouveau et redessine le jardin en créant le Grand Canal. L'architecte Jules Hardouin-Mansart édifie l'Orangerie, dont on peut encore admirer aujourd'hui la plus grande partie du bâtiment.

Le duc et la duchesse du Maine héritent de la magie de ces lieux et y organisent des divertissements dont les "Nuits de Sceaux", demeurées célèbres.

Au XVIIIe siècle, la Révolution entraîne la destruction presque totale du site et son rachat par un riche exploitant agricole, Hyppolite Lecomte. Le duc de Trévise, qui épouse la fille Lecomte en 1828, entreprend la restauration du Domaine. Il fait reconstruire un château de style néo-Louis XIII et retracer les grandes lignes du jardin.

La première guerre mondiale met fin à ce renouveau et il faut attendre 1923 pour que le département de la Seine achète le domaine et protège le patrimoine historique. Les bâtiments et sculptures sont classés Monuments historiques en 1925.

 

Le parc de Sceaux : lieu de mémoire.

 

Dans la partie ouest du parc se trouve le Mémorial de la déportation des juifs des Hauts-de-Seine. Réalisé en fonte de fer, ce mémorial appelé « le Pupitre des étoiles », est l’œuvre du sculpteur Christian Lapie. D’imposantes statues, à forme humaine à peine ébauchée, sont réparties dans une clairière de bouleaux évoquant les lieux de déportation de l’Europe de l’Est.

Au nombre de douze, de tailles différentes, elles symbolisent les douze fils de Jacob, ancêtres des douze tribus d’Israël. Sept d’entre elles sont regroupées, à l’image d’une famille, au centre de quatre pupitres sur lesquels ont été gravés les noms des 972 victimes de la Shoa originaires des Hauts-de-Seine. 

 

L'aigle d'Arménie, oeuvre du du sculpteur Rast-Klan Toros illustre le centenaire du génocide des arméniens de 1915. Cette sculpture représente un aigle au corps d'homme : « la force d'un peuple vivant », selon Wissam Nehmé, président du Club Franco-Arménien d'Antony et conseiller municipal. « Ce monument est un acte de résistance » a conclu Patrick Devedjian, alors président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine.

 

 

Sources :

 

  • Photo du mémorial juif = blog sur la parc de Sceaux – parc-de-sceaux.kazeo.com
  • Photo du mémorial arménien = domaine-de-sceaux.hauts-de-seine.net
  • Site du Conseil départemental des Hauts-de-Seine : www.hauts-de-seine.fr

 

Mémorial du génocide arménien de 1915.

Mémorial du génocide arménien de 1915.

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Publié le 13 Juillet 2020

Premier hommage à Jacques Chirac.

Ce 13 juillet, à 15 heures, au cimetière du Montparnasse, Le Souvenir-Français rendait hommage, comme il le fait depuis quelques années, à d’anciens présidents de la République. En effet, notre association mémorielle est une association profondément républicaine et toujours placée sous le haut patronage du Chef de l’Etat. Il lui paraît donc important de saluer les vingt qui ont incarné cette fonction et reposent pour l’éternité.

Mais le moment était particulier car il s’agissait d’honorer la mémoire du premier président de la Vème République enterré à Paris et du premier président de la République à avoir rendu visite en cette qualité au siège du Souvenir Français.

On pourrait ajouter qu’il fut le premier à tant faire pour les différentes mémoires qui irriguent notre histoire contemporaine.

En présence de sa fille Claude et de son gendre, Jacques Chirac a reçu l’hommage du Souvenir-Français qui, sous un soleil radieux, déposa une gerbe et les boutons fraîchement éclos du rosier de la Mémoire.

 

 

 

Claude Guy,

Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine.

Premier hommage à Jacques Chirac.
Premier hommage à Jacques Chirac.
Premier hommage à Jacques Chirac.
Premier hommage à Jacques Chirac.
Premier hommage à Jacques Chirac.
Premier hommage à Jacques Chirac.

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