Publié le 15 Avril 2017

Bivouac de soldats français après la seconde bataille du Bourget (Alphonse de Neuville).

Bivouac de soldats français après la seconde bataille du Bourget (Alphonse de Neuville).

La première bataille du Bourget.

 

En 1870, le village du Bourget est juste un alignement de maisonnées s’étendant de part et d’autre de la route de Flandres (actuelle Nationale 2), sur une pente assez rapide, à un peu plus de cinq kilomètres des fortifications de Paris et à moins de trois kilomètres du fort d’Aubervilliers, place militaire majeure. C’est d’ailleurs au pied de ce fort que passe également la route des Flandres. Le village du Bourget est traversé par une petite rivière, appelée la Molette.

 

Après la capitulation de l’armée française et la capture de Napoléon III à Sedan, début septembre 1870, les Prussiens s’approchent à grands pas de Paris, but de leur campagne. Ils arrivent dans les environs du Bourget à la fin de ce même mois et n’y laissent que peu de soldats.

 

Le 28 octobre 1870, le général de Bellemare, commandant à Saint-Denis, envoie, sans l’autorisation du général Trochu, commandant la place de Paris, le commandant Roland avec 300 francs-tireurs. Le peu de soldats allemands se trouvant sur place est chassé sans ménagement. Aussitôt le général de Bellemare demande des renforts mais qui celle-ci est rejetée par Trochu.

 

Deux jours plus tard, les Allemands contre-attaquent avec un déluge d’artillerie. Les fantassins prussiens avancent de trois côtés du Bourget : Drancy, Dugny et Blanc-Mesnil. Cernés au nord, à l’est et au sud-est, les soldats français, pris de panique, fuient vers La Courneuve et Aubervilliers. Mais leur retraite est coupée au niveau de la commune de La Courneuve. Seuls les commandants Brasseur et Baroche demeurent avec leurs troupes au Bourget. Ils défendent comme ils peuvent chaque rue et se battent même à l’intérieur de l’église Saint-Nicolas. A 13h, tout est terminé : les Allemands ont récupéré la place et les Français, ceux qui n’ont pas été tués ou blessés, se sont enfuis dans un désordre sans nom.

 

Dès la fin des combats connue à Paris, un soulèvement populaire se produit. Il est réprimé. Le mois suivant, les Allemands fortifient le Bourget et font sauter la voie et la gare de chemin de fer qui relie le village à La Courneuve.

 

Les Français ne veulent pas en rester là…

 

La seconde bataille du Bourget.

 

Le 16 décembre 1870, un Conseil de guerre de la République française décide d’une importante offensive afin de dégager Paris. Il est prévu de progresser sur deux axes : l’un par le Bourget, le long de la route de Flandres, et l’autre par la ferme de Groslay et Aulnay par la route des Petits-Ponts à Drancy. L’opération doit se dérouler le 21 décembre.

 

Tôt au matin du 21, les Français décident de bombarder le Bourget depuis les forts d’Aubervilliers, des batteries placées à La Courneuve et sur des wagons blindés, positionnées sur la ligne de Soissons. L’offensive commence avec les fusiliers marins du capitaine de frégate Lamothe-Tenet. Les soldats s’emparent du cimetière, font une centaine de prisonniers allemands puis progressent vers l’église. Là, ils tombent sur une barricade tenue par les Prussiens. Elle est attaquée à la hache d’abordage. Quant au général Lavorgnet, sa brigade arrive par le sud-ouest et la route de Flandres. Mais elle ne peut entrer dans le village du Bourget, parfaitement fortifié. A midi, face à un ennemi qui n’a pas reculé d’un mètre, le général Trochu informe le général Ducrot de cet échec.

 

Non seulement Le Bourget n’a pas été repris, mais cette fois le village est pratiquement entièrement détruit.

 

Un mois plus tard, les Prussiens entrent dans Paris…

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Britannica.
  • Napoléon Peyrat, Journal du siège de Paris, 1870.
  • Louis-Paul Rollin, La guerre dans l’ouest, campagne de 1870-1871.
  • François Roth, La Guerre de 1870, Fayard, 1990.
  • Lieutenant-colonel Rousset, Histoire générale de la guerre franco-allemande.
  • L’image est une reproduction de l’un des nombreux tableaux réalisés par Alphonse de Neuville sur la Guerre franco-prussienne.

 

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Publié le 8 Avril 2017

Le viaduc reliant Tréboul à Douardenez.

Le viaduc reliant Tréboul à Douardenez.

C'était pendant la guerre de 1939-1945 à Tréboul, dans le Finistère, en Bretagne. Cette commune a été absorbée par Douarnenez en 1945.

 

Nous étions au printemps de 1943 dans la classe de CM1 de Monsieur Pascal Bourdon. Il faisait une très belle journée ensoleillée et les fenêtres situées au sud étaient ouvertes.

 

Soudain, des coups énergiques ébranlèrent la porte de la classe.

 

Monsieur Bourdon se dirigea vers celle-ci et l'ouvrit. Dans l’entrebâillement, les élèves purent distinguer deux hommes portant un chapeau et un manteau de cuir, comme on a pu en voir dans les films sur la Deuxième Guerre mondiale. C’était la Gestapo. On saura par la suite qu'un cordon de troupes d'occupation entourait l'école.

 

Je supposai que Monsieur Bourdon s’était vu signifier son arrestation pour menées subversives et enjoindre de les suivre. Très calmement, l’instituteur leur demanda s’il pouvait aller prendre ses socques, des chaussures à semelles de bois qu'on portait avec des chaussons de tissu. Il referma la porte, pris ses socques déposées sur l'estrade sur laquelle était installé son bureau puis, toujours aussi calme, se dirigea vers la fenêtre la plus proche en nous faisant signe de nous taire. Il enjamba la fenêtre (nous étions au premier étage) et sauta sur le toit d’un bâtiment en contrebas. Se laissant glisser jusqu'au bord, il se suspendit à la gouttière – qu'il déforma – et s’élança dans la cour.

 

Par chance pour lui, ce côté était gardé par des gendarmes français. A sa vue, le plus proche fit semblant d'aller aux toilettes, ce qui permis à Monsieur Bourdon de disparaître par le jardin du directeur. Il ne fut pas rattrapé…

 

Au bout d'un moment, l’un des gestapistes ouvrit la porte, parcourut la classe du regard, alla voir sous le bureau et vit alors la fenêtre ouverte. En se penchant il remarqua la gouttière déformée puis, sans un mot, ressortit.

 

Nous étions de tout cœur avec notre instituteur et heureux qu'il soit parvenu à fuir les Allemands. Nous avons appris par la suite qu'il avait été pris en compte par son réseau de résistance, échappant ainsi à la torture et à la mort.

 

Peu de temps après, un autre instituteur, Monsieur Castrec, qui enseignait à la classe de CM2, disparut dans la nature. Lui aussi faisait partie du même réseau. Après la Libération nous avons su que cet enseignant avait rejoint un maquis dans le Périgord pour échapper aux recherches.

 

Tous deux avaient sans doute été dénoncés.

 

Le sang-froid de Monsieur Bourdon m'a beaucoup frappé. Je m'en souviendrai toute ma vie. Cela a été pour moi un exemple, un complément à son cours qui était par ailleurs extrêmement apprécié.

 

J'ai ensuite, de 1944 à 1945, été l'élève de Monsieur Castrec qui m'a préparé à l'examen d'entrée en 6e. J’ai gardé en mémoire les noms de quelques camarades de classe: Savina, Sévéléder, Couillon, Gargadennec. Je souhaiterais, s'ils sont encore de ce monde, qu'ils puissent lire ce récit et y apporter leur contribution.

 

Quant à elle, l’école, elle a été détruite pour laisser place à l'école de voile de Douarnenez.

 

 

 

 

Colonel (ER) Pierre Keraudren

Président honoraire du Comité de Châtillon du Souvenir Français

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Publié le 1 Avril 2017

L'alternative.

C’est un parcourant l’excellent mémoire d’une adhérente du Souvenir français des Hauts de Seine (1) que j’ai découvert cette lettre d’un soldat demeuré inconnu. Au premier abord, sa réflexion peut nous conduire sur la piste du fatalisme mais, dans le même temps, elle nous entraîne vers une espérance salutaire qui garde aujourd’hui toute sa force.

 

Voici donc la lettre que ce poilu adresse à sa marraine. Parti soldat, sous-lieutenant au début de l’année 1916 (2) il écrit : « Il y a toujours dans notre vie actuelle deux alternatives : l’expérience a prouvé que, dans aucune, il ne fallait s’en faire et voici pourquoi : étant au dépôt, par exemple, il y a deux alternatives ; ou vous êtes envoyé au front ou vous partez à l’arrière ; si vous allez vers l’arrière, vous ne vous en faites pas, c’est clair ; si vous partez pour le front, il y a deux alternatives : vous vous trouvez dans la zone marmitée ou dans une zone qui ne l’est pas ; dans ce dernier cas, vous ne vous en faites pas, bien entendu ; si vous êtes dans la zone marmitée, il y a encore deux alternatives : ou vous êtes touché, ou vous ne l’êtes pas ; si vous n’avez qu’une petite émotion, pas besoin de s’en faire ; mais si vous êtes touché, il y a deux alternatives : vous êtes blessé grièvement ou légèrement ; dans ce dernier cas, vous faites votre pansement et ne vous en faites pas du tout ; dans l’autre cas, il y a encore deux alternatives : vous en mourrez ou vous n’en mourrez pas ; dans la première c’est clair, vous ne vous en faites plus ; dans la seconde, il y a deux alternatives, on vous ampute ou on ne vous ampute pas ; si vous êtes amputé, vous êtes réformé et il n’y a pas à s’en faire. Dans les deux cas, on vous mène à l’hôpital ou vous êtes bien soigné et moins que jamais y n’faut s’en faire ; mais dans le second cas, il y a deux alternatives : vous êtes envoyé au dépôt ou en convalescence ; si vous allez en convalescence, c’est la bonne vie, on n’s’en fait pas ; mais si vous êtes envoyé au dépôt, il y a encore deux alternatives : ou vous êtes envoyé sur le front ou on vous envoie à l’arrière… voir le commencement … ».

 

Un siècle plus tard, la question sur l’alternative qui se présente au Souvenir français se pose selon moi dans les mêmes conditions mais se résume en une première et impérieuse nécessité : accroître le nombre de nos adhérents pour que notre association devienne dans l’écoulement du temps la grande association mémorielle de France.

 

 

 

Claude Guy

Délégué général du Souvenir Français

Département des Hauts-de-Seine

 

 

 

 

Notes :

 

1 - Patricia Pillorger, les poilus de Rueil, mémoire pour le diplôme universitaire de généalogie et histoire des familles, université de Nîmes, juin 2011.

2 - Société historique de Rueil-Malmaison, l’Abeille de Rueil in bulletin paroissial du 1er trimestre 1916.

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Publié le 27 Mars 2017

Au Mont-Valérien, avec des écoliers de Châtillon.

Le Comité du Souvenir Français de Châtillon a organisé une visite du Mont-Valérien et une participation au Ravivage de la Flamme à l'Arc de Triomphe, le mardi 7 mars 2017 pour 45 élèves de l'école élémentaire Léon Gambetta de Chatillon avec 6 accompagnateurs : 3 enseignants, le colonel (h) Pierre Keraudren et un porte-drapeau du comité ainsi qu'une parente d'élèves.

 

Après un repas pris en commun dans une salle de l'école Gambetta, au cours duquel des questions ont fusé, montrant l'intérêt des élèves pour cette journée, l'ensemble des participants a pris le car à 12h45 pour le Mont-Valérien.

 

De 14h00 à 15h30, les élèves ont visité les lieux en commençant par le monument en forme de cloche ou sont inscrits, par année, de 1941à1944, les noms des fusillés. Ils se sont ensuite rendus au musée ou ils ont pu lire des lettres écrites par les condamnés.

 

Puis ce fut la chapelle, ou les martyrs qui attendaient le moment où ils seraient fusillés étaient parqués. Les élèves ont pu lire les graffitis laissés par ces hommes, âgés de 16 à 45ans, et les commenter.

 

Il y avait aussi les cercueils qui servaient à transporter les corps ainsi que les poteaux auxquels ils étaient attachés.

 

La visite comprenait ensuite la clairière des fusillés et le mémorial de la France Combattante. Au cours du périple , les élèves ont posé des questions pertinentes.

 

La journée comprenait aussi la participation au Ravivage de la Flamme de 17h30 à 18h30.

Des adjoints au maire étaient présents:

 

  • Monsieur David Lefèvre, adjoint éducation,
  • Madame Peggy Nicolas, chargée des élections,
  • Monsieur Olivier Bodo,conseiller municipal.

 

Madame Peggy Nicolas a ravivé la Flamme, en compagnie d'une élève, assistés de Monsieur Lefèvre et du colonel Keraudren chargé de l'organisation de cette journée.

 

Les élèves ont ensuite déposé, par groupes de cinq, une rose sur la dalle. Ils ont alors chanté la Marseillaise, accompagnés par tous les assistants.

 

A la suite de cette journée, le directeur de l'école a fait adhérer celle-ci au comité.

 

Un compte-rendu, réalisé par les élèves, sera inséré dans Chatillon information et diffusé sur le site internet de la délégation du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.

 

Il faut noter que l'école Joliot Curie avait effectue la même visite en 2016 et a adhéré au comité ainsi que deux des professeurs des écoles.

 

 

Colonel (ER) Pierre Keraudren.

Président honoraire du Comité de Châtillon

 

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Publié le 15 Mars 2017

Concert 2017 de l'ONG HAMAP, le samedi 22 avril à Chaville.

Le colonel Joël Kaigre, président de l’ONG HAMAP, nous informe que le 16e concert « Tous en Chœur pour HAMAP Humanitaire » aura lieu le Samedi 22 avril 2017 à 20h30 à l'Atrium de Chaville, 3 parvis Robert Schumann.

 

Plus de 200 Choristes seront sur scène pour nous interpréter des œuvres aussi variées que :

  • « De New York à Rio » par la Chorale White Spirit de Viroflay sous la direction de Magali Lange et au piano Aude Moralès-Robin.
  • « Du Sacré au Sucré » par le Choeur Montansier de Versailles sous la direction de Juliette Hénaff et au piano Marie Vallin.
  • « Transports Express » par les chorales des collèges Racine de Viroflay, Poincaré et Rameau de Versailles, sous la direction de Mireille Durand Gasselin, Dominique André et Cyril Chomiak.

 

Venez nombreux en famille, vos enfants et vos petits enfants sont les bienvenus. L’ambiance est assurée.

 

Tarif normal 16 euros

Tarif groupe, étudiants, chômeurs, seniors plus de 65 ans : 14 euros

 

Vous pouvez passer par les points de vente habituels (réseau FNAC et Ticketnet), ou faire un chèque directement à l’ONG (chèques libellés à l’Ordre de HAMAP-Humanitaire) à envoyer à :

Joël KAIGRE

12 BIS Rue du Belvédère

92370 CHAVILLE

 

Colonel Joël Kaigre : « Les recettes de ce concert serviront à renforcer nos actions dans le monde. En effet, en 2016, votre engagement a permis à :

 

  • 68.210 personnes d’accéder à l’eau potable.
  • 12.034 personnes d’accéder à l’assainissement.
  • 225 personnes d’accéder à l’éducation ou à une formation professionnelle.
  • 6.780 personnes d’accéder à une consultation médicale de base.
  • 20 personnes d’être formées en Irak sur les engins explosifs improvisés.

 

Je compte sur vous et je vous en remercie du fond du cœur ! »

 

 

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Publié le 12 Mars 2017

Les obsèques de Guy Monnerot.

Les obsèques de Guy Monnerot.

La Toussaint Rouge.

Il s’agit du nom donné, en France, à la journée du 1er novembre 1954, durant laquelle le Front de Libération Nationale (FLN) manifeste, pour la première fois, son existence en commettant une série d’attentats en plusieurs endroits du territoire algérien, à l’époque sous administration française. Rétrospectivement, cette journée est considérée comme le début de la Guerre d’Algérie.

 

En Algérie, le 1er novembre est devenu est une fête nationale, la Fête de la Révolution.

 

70 attentats ont donc lieu en cette journée. Il s’agit d’explosions d’engins artisanaux ou d’assassinats. Ils sont réalisés en une trentaine de points du territoire algérien, alors répartis ainsi pour les commandants du FLN :

  • Zone 1 : les Aurès, zone commandée par Mostefa Ben Boulaïd.
  • Zone 2 : Constantinois, zone commandée par Mourad Didouche.
  • Zone 3 : Kabylie, zone commandée par Belkacem Krim.
  • Zone 4 : Algérois, zone commandée par Rabah Bitat.
  • Zone 5 : Oranie, zone commandée par Larbi Ben M’Hidi.

 

Les victimes :

  • Ben hadj Sadok, caïd du douar M’Chouneche.
  • Haroun Ahmed Ben Amar, agent de police.
  • Georges-Samuel Azoulay, chauffeur de taxi.
  • François Braun, garde-forestier près de Saint-Denis du Sig.
  • Laurent François, tué près de Mostaganem.
  • Pierre Audat, soldat à Batna.
  • Eugène Cochet, brigadier-chef à Batna.
  • André Marquet, soldat à Khenchela.
  • Lieutenant Roland Dameaud, officier à Khenchela.

 

Mais le mort devenu symbole de cette journée est l’instituteur Guy Monnerot, assassiné.

 

L’attentat contre les époux Monnerot.

Patrice Herreyre, du journal Le Populaire (distribué à Limoges et dans tout le Limousin, région d’origine des Monnerot) a raconté cet épisode :

 

« Il n’est pas le premier mort de la guerre d’Algérie. Pourtant, Guy Monnerot, le jeune instituteur originaire de Limoges, est devenu le symbole de cette France investie en Algérie et que le FLN voulait frapper.

 

Par la fenêtre du car Citroën qui s'essouffle sur la petite route qui relie Biskra à Arris, Jeanine Monnerot admire, éberluée, la beauté du paysage. Guy, son mari, est en pleine discussion avec le caïd de M'Chounèche, Hadj Sadok. Le véhicule s'engage dans la gorge de Tighanimine, la plaie béante qui balafre cette partie des Aurès. À gauche du bus, s'élève, vertical, l'à-pic du Foum Taghit. À droite, une vingtaine de mètres en contrebas, coule l'oued El-Abiod.

 

 

Au volant, Djemal Hachemi regarde son compteur. Dans quelques centaines de mètres, il devrait apercevoir un barrage de pierre. De mèche avec les insurgés, il a pour consigne de freiner violemment. Les passagers, secoués, ne devraient alors pas opposer de résistance aux hommes de Si Messaoud, de son vrai nom Chihani Bachir.

 

L'embuscade fonctionne à merveille. Hadj Sadok est la cible du commando. Il est conduit sans ménagement hors du car. Le couple d'instituteurs est emmené lui aussi. « Tu as reçu notre proclamation, tonne Si Messaoud en direction du caïd. De quel côté vas-tu te ranger maintenant ? ». Après la tonitruante fin de non-recevoir du notable algérien, les événements s'accélèrent. Un geste de trop, une mauvaise interprétation, un pistolet-mitrailleur trop sensible… La rafale de Sbaïhi, l'un des hommes de Chihani Bachir, transperce les trois prisonniers.

 

Si Messaoud, dont les ordres étaient de ne s'attaquer qu'aux militaires ou aux musulmans pro-français mais surtout pas aux civils, donne l'ordre à Djemal Hachemi de transporter rapidement Hadj Sadok à Arris. En revanche, Guy et Jeanine Monnerot sont laissés pour morts, sur le bord de la route. Lorsque l'ethnologue Jean Servier arrive sur les lieux, vers midi, il est trop tard pour sauver Guy mais il est encore temps de conduire Jeanine à l'hôpital.

 

Le voyage de Guy Monnerot ne va cependant pas s'arrêter là. Il est d'abord inhumé selon la tradition musulmane, dans un linceul blanc. Le 10 novembre 1954, une cérémonie à Batna permettra de lui rendre hommage. Mais c'est à Limoges, le 29 novembre 1954, que l'émotion aura été la plus forte. Des centaines de personnes ont assisté d'abord à l'office donné en la paroisse Saint-Joseph, puis à l'inhumation dans le caveau familial.

 

Même le ministre de l'Intérieur fera connaître son émotion par un court télégramme. «… Stop Je m'incline devant votre douleur Stop François Mitterrand. »

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédies Wikipédia, Larousse et Britannica.
  • Site Internet du Journal Le Populaire.
  • Site Internet du groupe de presse Centre-France.

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Publié le 9 Mars 2017

Lino Ventura dans le film "L'armée des ombres" de Jean-Pierre Melville (1969).

Lino Ventura dans le film "L'armée des ombres" de Jean-Pierre Melville (1969).

La génération de la Seconde Guerre mondiale nous quitte. Chaque jour, les pages nécrologiques de nos quotidiens annoncent le décès d’une femme ou d’un homme qui fut résistant, déporté, combattant sous uniforme. On rappelle leurs décorations, on signale leur âge et leurs combats.

Ils nous quittent. Cette disparition n’est pas anodine car cette génération est celle qui a écrit une page essentielle de notre histoire mondiale et de notre histoire de France. Leurs destins individuels ont à un moment donné fusionné avec celui de la Nation.

La disparition de cette génération nous impose une obligation, celle de la faire témoigner et de lui rendre hommage, une dernière fois. Nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre qu’ils disparaissent afin de publier un communiqué. Nous devons à l’occasion des journées commémoratives nationales et en particulier des journées de la Déportation, du 8 mai, de la journée de la Résistance et du 18 juin, favoriser la publication dans tous les médias de leur portrait et de leur témoignage.

A la place qui est la sienne, le Souvenir Français souhaite contribuer à relever ce défi en lançant le recensement exhaustif de tous les anciens de la 1ère Armée afin de leur donner une dernière fois la parole. Un hommage qui s'inscrit pleinement dans le respect de l'association Rhin et Danube fusionné dans le Souvenir Français.

Ils sont notre conscience.

Notre devoir, leur rendre un peu, alors qu’ils nous ont tant donné.

 

Serge BARCELLINI

Contrôleur Général des Armées

Président Général de l'association "Le Souvenir Français"

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Publié le 9 Mars 2017

Disparition de Gabriel Brandela.

Nous avons appris le 4 mars dernier la disparition de notre ami Monsieur Gabriel Brandela, qui fut un grand monsieur et le président du Comité de Fontenay-aux-Roses pendant des années.

 

La cérémonie religieuse s’est déroulée ce jour, jeudi 9 mars, en l’église Saint-Pierre Saint-Paul de Fontenay puis Monsieur Brandela a été inhumé dans le cimetière communal.

 

Monsieur Daniel Pasquali, actuel président du Comité de Fontenay-aux-Roses, était présent ce jour et a déposé une gerbe au nom du Souvenir Français et des Comités du département.

 

La Délégation des Hauts-de-Seine présente toutes ses plus sincères condoléances à la famille de Gabriel Brandela et à ses amis.

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Publié le 1 Mars 2017

Le scullpteur et son oeuvre.

Le scullpteur et son oeuvre.

Le 16 février 2017, sous l’immense voûte de fer et de verre du Grand Palais, à Paris, s’est déroulée une touchante cérémonie d’inauguration d’un buste du maréchal de Lattre de Tassigny.

En présence de Monsieur René Roché, dernier président de Rhin et Danube, de Serge Barcellini, actuel président général du Souvenir français et de quelques invités dont votre délégué général, le sculpteur Virgil Magherusan a présenté son œuvre.

En aparté avec le président Roché, j’ai pu l’assurer de la présence de la cravate Rhin et Danube sur nos drapeaux du Souvenir français et de l’ardeur que nous mettions à la sauvegarde de la mémoire.

 

Claude Guy

Délégué général

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Publié le 17 Février 2017

Palais du gouverneur à Brazzaville.

Palais du gouverneur à Brazzaville.

L’Afrique Equatoriale Française, ou AEF, était un gouvernement général regroupant au sein d’une même fédération quatre colonies françaises d’Afrique centrale, entre 1910 et 1958. Constituée en plusieurs étapes et s’étendant du désert du Sahara, au fleuve Congo et de l’océan Atlantique aux monts du Darfour, elle réunit à terme le Gabon, le Moyen-Congo (dont une partie correspondait au Gabon, une autre à l’actuelle République du Congo), le Tchad et l’Oubangui-Chari (devenu la République centrafricaine). Sa superficie atteignait 2.500.000 km², soit environ quatre fois celle de la France. Son chef-lieu était Brazzaville (République du Congo), résidence du gouverneur général.

Une organisation comparable, l’Afrique Occidentale Française (AOF) était déjà instaurée en Afrique de l’Ouest en 1895.

 

Histoire.

La fondation de la colonie française du Gabon – embryon du vaste domaine appelé à former la future Afrique Equatoriale Française – intervint dès 1842. Son développement avait dû beaucoup à l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza, qui après plusieurs missions de reconnaissance du bassin du Congo, négocié avec le roi Tékés Illoy 1er la création d’un établissement commercial à Nkuma, la future Brazzavile.

Jusqu’en 1883, les quelques possessions françaises d’Afrique équatoriale avaient été placées sous l’autorité d’un commandant militaire (chargé des établissements français du golfe de Guinée), avant que leur développement ne détermina le gouvernement à réorganiser la région. En 1886, un décret du ministre des Colonies institua deux territoires, le Congo français et l’Oubangui, administrés chacun par un lieutenant-gouverneur subordonné à un commissaire général.

Bien vite, les ambitions coloniales de la France se heurtèrent à celles du sultan Rabah, un aventurier soudanais devenue le dernier « souverain » du Bornou. Une campagne militaire s’engagea contre celui-ci. Trois colonnes françaises (Mission Afrique centrale, Mission Gentil, Mission saharienne) placées sous l’autorité du commandant Lamy écrasèrent l’armée de Rabah à Kousséri (22 avril 1900). Le Tchad devint un territoire militaire avant d’être réuni à la colonie d’Oubangui-Chari (rebaptisée Oubangui-Chari-Tchad) en 1910 et de devenir une colonie à part entière dix ans plus tard. Le Tchad ne sera pourtant définitivement « pacifié » qu’en 1939.

Le régime des concessions fut introduit de façon massive à partir de 1899. De vastes étendues de terre (majoritairement dans les régions fertiles du Moyen-Congo et de l’Oubangui) furent cédées à une quarantaine de sociétés privées. 665.000 km² de terres arables et de plantations d’hévéa (populations comprises) devinrent des zones de non-droit où allaient être institués impôts et travail forcé, toute résistance étant sanctionnée. Une enquête conduite par Brazza en personne confirma ces pratiques, sans qu’aucune mesure concrète ne soit prise.

Le 15 janvier 1910 marqua la naissance de l’Afrique Equatoriale Française. Cette même année, un décret garantit théoriquement une part du produit des récoltes de caoutchouc aux travailleurs autochtones, mais il demeura largement inappliqué dans les faits. D’hypothétiques droits furent conférés aux travailleurs, mais se heurtèrent aux mesures arbitraires des grandes sociétés privées. De fait, lors d’un voyage au Congo français, en 1925-1926, André Gide témoigna du régime de terreur appliqué aux « indigènes », qu’il consignera dans son ouvrage Voyage au Congo.

En 1919, l’ancienne colonie allemande du Cameroun fut placée sous protectorat français par la Société des Nations. Parfois assimilée à l’Afrique Equatoriale Française, elle jouissait en fait d’un statut spécial (commissariat autonome) qui la distinguait de la fédération proprement dite.

En 1926, André Matswa fonda à Paris l’Amicale des originaires de l’Afrique Equatoriale Française, qui de simple association d’entraide ne tarda pas à se muer en syndicat parfaitement organisé. De retour à Brazzaville, Matswa supervisa les actions de son mouvement, réclamant la fin de la discrimination raciale et du régime de l’indigénat, ainsi que le droit à la citoyenneté française pleine et entière pour les autochtones. Accusé de fomenter de l’agitation, André Matswa fut condamné à trois ans de prison. Parvenant à s’évader, il tenta d’entrer en clandestinité mais fut finalement repris et condamné à la prison à vie. Il mourut en 1942 au Tchad, et devint une figure charismatique après l’indépendance des nations africaines.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le lieutenant-gouverneur du Tchad, Félix Eboué, fut l’un des premiers à se rallier aux Forces Françaises Libres (FFL – août 1940). Relevé de ses fonctions et condamné à mort par le régime de Vichy, il fut cependant nommé gouverneur général par le général de Gaulle au mois de novembre 1940.

Dans les premiers mois de l’après-guerre, ce fut en Afrique Equatoriale Française que furent jetées les bases de l’Union française, discutée lors de la conférence de Brazzaville. Sous la 4e République (1946-1958), la fédération fur représentée au parlement français. Le référendum de septembre 1958 transforma les cinq entités constituant la fédération en républiques autonomes (République congolaise ou Congo-Brazzaville, République centrafricaine, République gabonaise, République du Tchad, République du Cameroun) au sein d’une éphémère Communauté française. En 1959, les nouvelles républiques se groupèrent en une association intérimaire baptisée Union des républiques de l’Afrique centrale, avant d’accéder à la pleine indépendance en 1960.

Le général de Gaulle salue le gouverneur général Félix Eboué.

Le général de Gaulle salue le gouverneur général Félix Eboué.

Géographie.

La plus grande partie de l’Afrique Equatoriale Française s’étendait sur un plateau granitique, en cadré par les massifs du Tibesti, de Ouadaï et du Fertit au nord-est, du Darfour à l’est et par les monts de Cristal et du Mayombe au sud-ouest. Deux cuvettes occupaient les parties centrales et méridionales du territoire : la cuvette du Tchad, ancienne mer asséchée dont subsiste encore le lac Tchad, et la cuvette du Congo, parcourue par le fleuve du même nom et ses principaux affluents (Oubangui, Sangha, Alima). Une plaine littorale s’étendait depuis la partie continentale de la Guinée-Espagnole (aujourd’hui Guinée Equatoriale) jusqu’au fleuve Congo. Le point culminant de l’Afrique Equatoriale Française était le mont Eni Koussi (3415 mètres) dans le Tibesti.

Du fait même de l’étendue du territoire, le climat était très varié d’un point à l’autre, passant d’un climat saharien particulièrement aride au nord à un climat tropical humide dans la partie méridionale. La végétation se ressentait de ses disparités : au nord, la quasi absence de pluie rendait presque impossible le développement d’une végétation, en dehors de quelques arbustes épineux ; au centre s’étendait le domaine ses savanes, où étaient cultivés millet, arachide et manioc ; au sud enfin se trouvaient les forêts tropicales humides, d’où étaient prélevés diverses essences telles que l’ébène et l’okoumé. Dans les régions littorales étaient cultivés vanilliers, cacaoyers et caféiers.

L’Afrique Equatoriale Française était limitée par le Nigéria britannique, l’Afrique Occidentale Française, la Libye italienne, le Soudan anglo-égyptien et le Congo belge. A l’ouest, il était bordé par l’océan Atlantique.

 

Administration.

L’Afrique Equatoriale Française était divisée en quatre régions (colonies), elles-mêmes subdivisées en districts. En 1910, le Congo français est transformé en fédération de l’Afrique Equatoriale Française et comprend trois colonies et un territoire militaire :

  • Le Gabon (chef-lieu Libreville).
  • Le Moyen-Congo (chef-lieu Brazzaville), devenu la république du Congo.
  • L’Oubangui-Chari (chef-lieu Bangui), devenu la République centrafricaine.
  • Le Tchad (chef-lieu Fort Lamy), territoire militaire devenu colonie en 1920.

Les quatre colonies confiées à des gouverneurs furent regroupées sous l’autorité du gouverneur général résidant à Brazzaville. Aujourd’hui, l’ancien siège du gouvernement général de l’Afrique Equatoriale Française existe toujours, presque intact : c’est le palais du Peuple, siège de la présidence de la République du Congo.

En 1934, une réforme administrative motivée par des raisons financières abolit la structure fédérale, les colonies devenues régions furent confiées à des administrateurs en chef. L’Afrique Equatoriale Française était alors gérée par un budget unique. Fin 1937, la structure fédérale fut rétablie et les régions redevinrent des territoires partiellement autonomes.

A partir de 1946, transformée en territoires d’outre-mer regroupés en fédérations, l’AEF fut regroupée, avec la métropole, dans une Union française gouvernée depuis Paris, assistée d’un haut-conseil et d’une assemblée de l’union où chaque territoire était représenté.

En 1957, la structure fédérale fut allégée et les territoires devinrent autonomes avant leur indépendance, acquise quelques années plus tard.

 

Sources :

  • Encyclopédies Larousse, Universalis et Wikipédia.
  • Paule Brasseur et Jean-François Maurel, Les sources bibliographiques de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique équatoriale d'expression française, Bibliothèque de l'Université de Dakar, Dakar, 1970.
  • Georges Bruel, L'Afrique-Équatoriale française : le pays, les habitants, la colonisation, les pouvoirs publics, Larose, Paris, 1918, VII-558 p.
  • Maurice-Eugène Denis, Histoire militaire de l'Afrique-Équatoriale française, publiée selon les instructions de la direction des troupes coloniales au Ministère de la guerre, rédigée sous la direction du Général Desclaux par M. le Commandant M. Denis en collaboration avec M. le Lieutenant-Colonel Viraud, Impr. nationale, Paris, 1931.
  • Armand Megglé, L'Afrique-Équatoriale française, Société Française d'Éditions, coll. des "Terres françaises", 1931.
  • Félix Éboué, La nouvelle politique indigène pour l'Afrique Equatoriale Française, Office français d'édition, Paris.
L'Afrique Equatoriale Française ou AEF.

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Rédigé par Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Publié dans #La Coloniale