SF DG 92


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Mémoire des hommes

Rendez-vous sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr et retrouvez vos aieux Morts pour la France. Sur ce site, sont répertoriés tous les soldats morts aux cours des conflits 1914-1918, 1939-1945, Indochine et Algérie.

Images

  • Philippe-Leclerc-de-Hautecloque---1902-1947.jpg
Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 12:26

Sur cette photographie, mon frère Maurice a emprunté la chéchia d’un tirailleur.

 

Réquisitionné pour le STO.

 

« Maurice Simon, mon frère, notre frère, je l’ai si peu connu... Je suis née en 1935 et lui en 1919. Je n’avais donc que quatre ans lors des bouleversements apportés par la déclaration de guerre à l’Allemagne nazie par la France et l’Angleterre. Maurice était chasseur alpin. Mobilisé en 1939, il effectua son service au 13ème BCA de Chambéry puis appartint au 153ème Régiment d’Infanterie alpine de Lyon.

 

Je ne sais pratiquement rien de sa guerre. Juste qu’on le vit partir en 1939, revenir pour quelques permissions cette année-là, puis repartir pour être démobilisé en 1942. Maurice était très fédérateur au niveau de notre famille, mère, père, frère et sœurs, nièce, tantes et oncles, cousins et cousines. Tous en ont toujours gardé le souvenir d’un garçon gentil, bienveillant, amusant, attentif au bonheur de tous.

 

En 1942, Hitler exigea de la France et de la Belgique le recrutement de travailleurs pour remplacer les ouvriers allemands envoyés sur les fronts de l’Est. Pétain et Laval se chargèrent avec enthousiasme de faire exécuter les ordres nazis, sans grand succès dans les premiers temps, faut-il le rappeler ! Lorsque Maurice fut démobilisé, il fallut bien trouver du travail, ce qui n’était pas facile. C’est Lucien Schmit, patron de notre sœur Mimie qui le fit embaucher à la Polymécanique (filiale de Motobécane). Il y était depuis trois mois quand, le 16 février 1943, une loi imposa le Service du Travail Obligatoire (STO) : tous les jeunes âgés de 20 ans pouvaient être envoyés de force pour travailler en Allemagne.

 

Maurice reçut son ordre de partir. Il est clair qu’il n’y allait pas de grand cœur, mais dans le même temps il se sentait des responsabilités vis-à-vis de sa famille et il voulait avant tout, éviter des soucis à notre mère. En effet, les familles des hommes qui n’obtempéraient pas étaient menacées de représailles. Il se résigna donc à partir pour l’autre côté du Rhin.

 

Triste départ. Maman en compagnie de ma sœur aînée Renée, souhaitèrent l’accompagner jusqu’à la Gare de l’Est comme elle l’avait fait précédemment pour notre autre frère Pierrot. Le sort s’acharna sur nous : ma mère ne put aller plus loin que la Porte de la Villette car un camion allemand l’accrocha et la renversa. Légèrement blessée, elle rata le train et ne revit jamais son fils.

 

Deux années au cours desquelles les restrictions furent notre lot quotidien. Et pourtant, notre mère se dévouait comme seule une mère peut le faire. Eté comme hiver, elle se levait à 1h00 du matin pour aller faire la queue dans les couloirs des commerçants afin d’être dans les premiers servis car il n’y en avait pas de la viande pour tout le monde.

Pour aider sa sœur qui avait tant de difficultés pour nourrir tout son monde, ma tante Marthe m’accueillit chez elle à Gorenflos, petit village de la Somme. Elle avait bon cœur mais était assez sévère et je la craignais. Son mari, mon oncle Eugène était très gentil et tous les deux aimaient beaucoup notre famille. Ah, je n’ai pas souffert de la faim à Gorenflos ! Ma tante mettait un point d’honneur à me renvoyer chez mes parents avec une bonne mine et quelques kilos en plus !

 

C’est ainsi que j’allai à l’école avec les enfants du village dans une classe unique et que j’appris à parler un « ch’ti picard » que je comprends toujours… Je vis aussi se construire dans le Parc du Château, une rampe de V1 destinée à détruire Londres. Le village avait été complètement investi par les militaires allemands. Les soldats dans des casernements et les officiers dans des fermes aux alentours. Avec toute la famille, nous écoutions la radio. Je me souviens du célèbre leitmotiv « collaborateur » de Jean-Hérold-Paquis sur Radio-Paris qui était « L’Angleterre comme Carthage sera détruite », ainsi que la réplique de Pierre Dac à l’encontre de cette radio : « Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est aux Allemands ».

 

 

Lettres d’Autriche.



Photo retrouvée dans le portefeuille de Maurice (2ème en partant de la gauche) à Pottentorf. Photographie envoyée en 1945 par Armand Hochet, Partisan français de la Cie de Lannurien.

 

« Et la première lettre arriva ! Elle venait de Vienne et de Pierrot. Il semblait se satisfaire de son sort, étant passé garde-baraque. La nourriture n’était pas abondante mais bonne et propre selon ses termes. Puis, ce fut une lettre de Maurice, datée du 2 mars 1943 dans laquelle il racontait la pénibilité du voyage et son arrivée à Vienne après 10 heures de train, par Stuttgart et Munich, content de ne pas avoir été séparé de son copain de Pantin, Lucien Rayer, ouvrier lui aussi de la Polymécanique. Maurice n’avait pas réussi à se faire affecter à la Wiener Locomotiv comme Pierrot mais se consolait du fait d’être également à Vienne et de pourvoir le voir tous les dimanches.


Je n’ai pas retrouvé de traces de lettres entre les mois d’avril 1943 et février 1944. Une lettre du 3 février 1944 nous indiqua que l’usine F.O.W. se situait à Brunn-am-Gebirge dans la banlieue ouest à 15 km du centre de Vienne. Les ouvriers n’étaient plus autorisés à écrire que deux lettres par mois et qu’en conséquence ils utiliseraient davantage les cartes-lettres. Maurice semblait persuadé que nos misères touchaient à leur fin et il montrait toujours un certain enthousiasme, ne se plaignant jamais de ses conditions de travail et de nourriture, certainement pour rassurer notre mère.

 

En avril 1944, il nous apprit que son équipe déménageait pour s’installer dans le village de Pottendorf, situé à 25 km au sud-ouest de Brunn (30 kms au sud de Vienne). Ils ne perdraient pas au change, écrivait-il, car s’ils étaient 20.000 dans l’usine précédente là ils ne seraient pas plus de 200 ! Et il se consolait en pensant que le dimanche il pourrait toujours voir son ami Lucien Rahier et Pierrot.

 

Ce même mois Pierrot nous apprit dans une carte qu’il s’était blessé au pied. Il revint chez nous en convalescence pour deux mois. Les événements que tout le monde connaît se déroulèrent le 6 juin 1944. Nous profitâmes de ce retournement de situation, de cette libération, pour cacher Pierrot jusqu’à la victoire.

 

Nouvelle lettre de Maurice le 27 avril 1944 : « Est-ce que Jeannine travaille toujours ? Est-ce que Denise, Dédée et Nicole sont gentilles et ne vous font pas enrager ? Est-ce que Mimie lui a trouvé un gentil beau-frère ? Et toi, ma petite maman, es-tu maintenant complètement remise de ta bronchite ? J’espère bien que quand nous rentrerons, nous te trouverons aussi forte qu’avant, tout au moins en bonne santé et alors, là, sois tranquille, à nous tous, nous te ferons récupérer tes forces et aussi que tu n’auras plus aucun souci. »

 

Vinrent ensuite des lettres dans lesquelles il nous parlait des alertes et des bombardements. Ainsi, le mardi midi 30 mai, avec quelques copains, l’usine et les baraquements furent détruits mais, heureusement, sans faire de victimes parmi les Français. Maurice et un copain furent désignés pour établir la liste des affaires qu’il était nécessaire d’obtenir pour tous auprès de la Flugmotor et de la Délégation Française : « Ce n’est pas un mince travail que de s’occuper de tout cela, mais enfin, cela rend service aux copains et c’est le principal. »

 

L’usine fut ensuite transférée à Prague en Tchécoslovaquie d’où Maurice nous écrivit les cartes-lettres datées des 28 juin et 10 juillet 1944 : « Tu sais, ma petite maman, depuis le 27 novembre 1939 que je suis parti presque continuellement de la maison, je commence à savoir me débrouiller et pour le peu qu’il me reste à faire, j’arriverai bien à m’en tirer » Et toujours il nous recommandait de garder Pierrot près de nous et de ne pas le laisser repartir.

 

Le 21 juillet 1944, après un nouveau déménagement, les Allemands les installèrent à Dubnica nad Váhom, au nord de Trenčín à l’ouest de la Slovaquie. C’est le site actuel des Usines SKODA. Là, Maurice décrivit leurs conditions de travail qui étaient très dures mais aussi, l’abondance de la nourriture, cigarettes et alcools.




Publié dans : Témoignages-Portraits - 1939-1945
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /Oct /2009 18:46


Le samedi 17 octobre 2009 s'est déroulé le congrès départemental du Souvenir Français des Hauts-de-Seine, sous la direction d'André Labour, Délégué général.

Après avoir été accueilli par Olivier Maurion, président du comité de Sèvres, Monsieur Jean-Jacques Guillet, député de la 8ème circonscription des Hauts-de-Seine, maire de Chaville, puis François Kosciusko-Morizet, vice-président du conseil général et maire de Sèvres, ont prononcé des allocutions, insistant sur la nécessité du Devoir de Mémoire.

Chacun des comités a pu parler des activités au cours de l'année écoulée. Le colonel Pierre de Keraudren, secrétaire général adjoint national, a clôturé la séance de travail, en rappelant les directives du siège de notre association, puis a remis des médailles :

- Monsieur Monnin, de Courbevoie, médaille de bronze.
- Monsieur Pocholle, de Bourg la Reine, médaille d'argent.
- Madame Zajac, de Suresnes, médaille de vermeil.
- Madame Pasquet,  de Garches, médaille de bronze.
- Monsieur Brandela, de Fontenay aux Roses, médaille d'argent.
- Madame Tellier, de Bourg la Reine, médaille de vermeil.

Les participants se sont ensuite rendus d'abord devant la stèle des militaires tués au cours de la libération de la ville en 1944 puis au cimetière de Sèvres pour des dépôts de gerbes et un lâcher de colombes.

La Délégation générale des Hauts-de-Seine félicite et remercie toute l'équipe du comité de Sèvres pour la bonne organisation de l'ensemble de la journée. Retrouvez les photographies de l'événement dans l'album intitulé : "2009-10-17, Sèvres".

Publié dans : Communication de la Délégation Générale
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 21:51

Un Français libre.

 

André Mansat s’engage dans la Marine française en 1939. Il embarque à bord du cuirassé Courbet le 18 janvier 1940.

 

Après l’armistice demandé par le maréchal Pétain, le 17 juin 1940, André Mansat rejoint les Forces Françaises Libres (FFL) à Londres, le 1er juillet 1940. Il est alors affecté aux Forces Navales Françaises Libres (FNFL), chez les fusiliers marins, et à bord de l’aviso La Moqueuse, il va participer aux engagements pour la libération, d’abord des territoires de l’Empire colonial français puis de la métropole.

 

 

Les Forces Navales Françaises Libres.


 



Au début du mois de juin 1940, après le rembarquement à Dunkerque d’une partie de l’Armée française et du Corps Expéditionnaire Britannique, de nombreux bâtiments ont pu échapper à leur captation par l’Armée allemande et se réfugient dans les ports du sud de l’Angleterre ou dans ceux de notre Empire colonial. Mais, la Grande-Bretagne se montre relativement hésitante. La Marine française ne doit tomber en aucun cas dans des mains allemandes !

 

Le bombardement, par les Anglais, d’une partie de la flotte française dans le port de Mers-el-Kébir (Algérie), le 3 juillet 1940, ne favorise pas la mise sur pied de forces dignes de ce nom. Pour autant, l’amiral Muselier, nommé par le général de Gaulle, s’efforce de constituer un Etat-major et de réarmer plusieurs navires : les premiers bâtiments de cette nouvelle Marine française sont le cuirassé Courbet, les avisos Savorgnan-de-Brazza, Commandant-Duboc et Commandant-Dominé, les contre-torpilleurs Triomphant et Léopard, le torpilleur Melpomène, les sous-marins Rubis, Narval, puis Surcouf, Junon et Minerve.

 

L’amiral Muselier est aidé dans son œuvre par un lieutenant de vaisseau et un commandant qui deviendront de hautes figures de la Résistance et de la France Libre : Honoré d’Estienne d’Orves et Thierry d’Argenlieu.

 

Les FNFL participent à des missions de protection de bâtiments de ravitaillement, aussi bien dans l’océan Atlantique que dans la Manche. En septembre 1940, elles tentent, au large de Dakar, de rallier l’Afrique Occidentale Française. Mais c’est un échec cuisant.

 

Plus tard, un engagement naval fratricide se déroule au large du Gabon : le Bougainville, pour le régime de Vichy, combat le Savorgnan-de-Brazza pour les FNFL. Ce dernier sort vainqueur de l’engagement. Dès lors, la reconquête peut réellement commencer : ce sont les épopées de l’Afrique Equatoriale Française, puis d’Afrique du Nord, de Lybie, de Syrie et enfin le débarquement de Provence en 1944.

 

Le 1er bataillon de Fusiliers Marins.

 


Le 17 juillet 1940, à la demande de l’amiral Muselier, le 1er bataillon de Fusiliers marins est créé. André Mansat fait partie des soldats de cette unité, commandée par le lieutenant de vaisseau Détroyat. Ses premières missions sont en Afrique Equatoriale Française. Puis c’est la campagne de Syrie, au cours de laquelle Détroyat perd la vie.

 

Son successeur est le lieutenant de vaisseau Amyot d’Inville. L’unité est engagée en Lybie. Elle participe au glorieux fait d’armes de Bir-Hakeim. Les combats se poursuivent en Tunisie. Puis ce sont le débarquement en Sicile et la reconquête de l’Italie. Enfin, le bataillon, devenu 1er régiment de Fusiliers marins se distingue dans la campagne de France (en Provence, dans les Vosges et en Alsace). Il est dissous à la fin de la guerre.

 

 

Au service du général de Gaulle et du Souvenir Français.

 



André Mansat est démobilisé le 31 juillet 1945. Il reçoit, outre ses nombreuses décorations, un certificat de « très bonne conduite ». Remarqué par le général de Gaulle, André Mansat a l’insigne honneur d’entrer au sein de son cabinet privé.

 

Bien plus tard, au début des années 1980, à la demande du commandant Gabillard, de la Marine, par ailleurs secrétaire de la Région Ile-de-France et maire-adjoint de Boulogne-Billancourt, André Mansat créé le Comité du Souvenir Français de Puteaux. Il est aidé dans cette tâche par Monsieur Jean Mignot, maire-adjoint de la commune, en charges des anciens combattants. Le 25 juin 1982 est la date officielle de création du comité. Il laisse ensuite la place à Monsieur Léon Gary, qui continue l'oeuvre selon les mêmes principes et avec la même volonté.
 

Le dimanche 25 mars 2007, André Mansat disparaît, laissant un comité solide, présidé depuis 1999 par Madame Den Marais-Hayer, et agissant au quotidien de façon remarquable pour le Devoir de Mémoire.

 

André Mansat était titulaire des décorations suivantes :

 

  • – Chevallier de la Légion d'Honneur.
  • – Médaillé Militaire.
  • – Croix de Guerre deux citations.
  • – Médaille de la Résistance.
  • – Croix du Combattant Volontaire 39/45.
  • – Médaille Commémorative service volontaire dans la France Libre.
  • – Médaille commémorative 39/45 avec barrettes Manche – France – Afrique – Méditerranée – Libération.
  • – Croix du Combattant.
  • – Médaille du Combattant Volontaire de la Résistance.
  • – Médaille coloniale avec barrette Libye- Bir-Hakeim 1942.

 

Publié dans : Témoignages-Portraits - 1939-1945
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 23:14


Le carré militaire de Meudon est l’un des plus beaux et des mieux entretenus du département. Il est situé dans le cimetière de Trivaux. Et le voyage se mérite ! D’abord, il est nécessaire d’être en forme pour y parvenir : le cimetière est posé sur l’une des collines qui entourent Paris. Et le carré est au sommet du cimetière. Là-haut, tout là-haut, se trouve une colonnade qui coiffe et protège les lieux. Bâtie peu après le premier conflit mondial, elle invite au recueillement et à la paix. Le tout forme un ensemble d’une grande harmonie et est indéniablement romantique. Pour un peu, il suffirait de tendre l’oreille, et l’on entendrait le piano d’Erik Satie et Marcel Proust, lire quelques pages du Côté de chez Swann.

 

Le carré militaire comporte 116 tombes individuelles de morts pour la France de la Première Guerre mondiale et 46 tombes pour les conflits suivants. Au sein de ces carrés, quelques particularités sont à noter :

 

  • – Eugénie et Martial Roumilhac, morts tous les deux en 1943 et placés dans la même tombe.
  • – C’est aussi le cas d’Hélène Schumacher et de Claude Barthélémy.
  • – La tombe d’André Bazoge, mort pour la France en 1926 ; la plaque rappelant son nom porte ostensiblement les insignes de la Franc-maçonnerie.
  • – Une tombe est nommée « Famille Cassis ».

 

Des tombeaux individuels se trouvent également dans ce cimetière comme celui du général Léon Rodcevitch Plotnisky.

 

Sous la colonnade sont inscrits dans des stèles de marbre les noms de l’ensemble des natifs de Meudon morts pour la France au cours des derniers conflits. La ville de Meudon a également décidé de placer là plusieurs plaques commémoratives :

 

  • La ville de Meudon à la mémoire des combattants morts pour la France en Indochine (cette plaque a été offerte à la fois par le Souvenir Français et l’Union Nationale des Combattants).
  • La ville de Meudon à la mémoire des victimes de guerre en Afrique du Nord.
  • La ville de Meudon à la mémoire des Français d’outre-mer morts pour la France.

 

Retrouvez les photographies du carré militaire de Meudon dans l’album intitulé : « Carrés militaires ».

 

Publié dans : Carrés militaires
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 17:11

 


Le colonel Richard Marillier.

 

Richard Marillier a été Résistant, membre de la section Chabal au maquis du Vercors, capitaine d’une section au 494ème R.I. pendant la guerre d’Algérie, colonel honoraire de l’Armée de Terre. Richard Marillier a été très présent dans le monde du cyclisme : Directeur Technique National du cyclisme français de 1970 à 1981, Directeur Adjoint Délégué du Tour de France de 1981 à 1990, Président de la Ligue du Cyclisme Professionnel et membre du Comité Directeur de l’Union Cycliste Internationale de 1989 à 1992. Le colonel Richard Marillier est commandeur de la Légion d’honneur.

 

« J’ai fait la connaissance de Robert Eggs, en 1957, à Bir El Ater (sud-est constantinois). Il avait le grade de capitaine et commandait la compagnie portée du 4ème Régiment Etranger d’Infanterie. Il jouissait d’une réputation exceptionnelle. En 21 ans de Légion, il avait combattu de Narvik à l’Indochine en passant par la Syrie et la Lybie ou il avait été fait Compagnon de la Libération à Bir Hakeim alors qu’il était adjudant-chef !

 

Au cantonnement comme en opération, il était un spectacle à lui tout seul. Il ne faisait rien comme les autres, il ne s’exprimait pas comme les autres. Il était à la fois craint, détesté et admiré. A cette époque, le commandement rassemblait les unités de secteurs pour monter des opérations. A Bir El Ater, j’étais lieutenant et je commandais la 6ème compagnie de 2/44ème RI. Je me retrouvai « accolé » à la compagnie Eggs pendant un an et demi. C’est dire si j’ai des anecdotes en mémoire. En voici une parmi tant d’autres.

 

Ce jour-là, nous avions accroché une bande rebelle dans le djebel Foua. Très rapidement, les différentes unités avaient éclaté et des combats sporadiques se déroulaient aux quatre coins du djebel. Enfin d’après-midi, les derniers fellaghas étaient aux prises avec la compagnie Eggs et tentaient de sortir du dispositif. Je fus appelé à la rescousse et, avec une section, je réussis à colmater la brèche puis je cherchai à rejoindre le capitaine. Au fur et à mesure que j’avançais, et que je dépassais les légionnaires, je finis par arriver auprès du sergent-chef Campanella, porte fanion de la Compagnie Eggs. Il était assis, adossé contre un rocher et fumait une cigarette en souriant. Son pantalon froissé laissait apparaître un pansement compresse au niveau de la hanche.

 

-          La bonne blessure, mon lieutenant, 23 jours de convalo ! me dit-il.

 

Il me précisa que le capitaine se trouvait devant, comme d’habitude. Les rebelles continuaient de tirer et je m’accroupis derrière un rocher où se trouvait le radio Rychtick. Ce dernier me dit que le capitaine était de l’autre côté. En me baissant, je le vis. Il était debout sur un rocher, les jumelles à la main et je l’entendis distinctement crier aux tireurs d’en face :

 

-          Alors, messieurs les fellaghas ! Montrez vos sales gueules et rendez-vous ! Après, il sera trop tard.

 

Une volée de balles s’abattit sur son rocher sans le toucher. Il répéta son discours et obtint la même réponse. Alors, se tournant vers ses hommes, il entonna : « Légionnaires… A l’assaut ! » et il se mit à chanter « Combien sont tombés au hasard d’un clair matin ». Toute la compagnie reprit le célèbre chant. Incroyable ! Un quart d’heure après, le combat cessa, faute de combattants.

 

Le commandement décida que l’on resterait sur place pour la nuit, afin de fouiller le terrain le lendemain matin. Il faisait froid car nous étions à 1.300 mètres d’altitude. Eggs m’invita à dormir avec lui et son ordonnance Mayerhoffer nous confectionna une sorte de litière avec de l’alfa, entourée d’un muret de pierres sèches. Sa djellaba nous servit de couverture. Je n’arrivai pas à trouver la bonne position pour dormir. Il s’en rendit compte et bougonna :

 

-          Encore un peu tendre (prononcé à l’allemande, en appuyant sur le « dre »).

 

Il saisit sa musette remplie d’alfa qui lui servait d’oreiller et me la glissa sous la tête, puis ramassa une grosse pierre sèche pour la remplacer. Je ne savais pas s’il fallait le remercier. J’attendis cinq minutes et lui dis :

 

-          Mon capitaine, Bir Hakeim, c’est quand même autre chose ?

 

Il ne répondit pas. Il dormait à poings fermés.

 

Aujourd’hui, le commandant Robert Eggs, grand officier de la Légion d’Honneur est âgé de 93 ans. Il vit avec son épouse en Côte d’Or, très exactement à Ivry-en-Montagne. Il est Français officiellement depuis quelques semaines».

Bir El Ater 1957 – Le Capitaine Eggs à la tête de sa compagnie du 4ème REI. Le porte-fanion est le sergent-chef Campanella.




Publié dans : Témoignages-Portraits - Algérie
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