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Rendez-vous sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr et retrouvez vos aieux Morts pour la France. Sur ce site, sont répertoriés tous les soldats morts aux cours des conflits 1914-1918, 1939-1945, Indochine et Algérie.

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  • Philippe-Leclerc-de-Hautecloque---1902-1947.jpg
Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 11:34




Bombardiers Glenn-Martin 167 de l’Armée de l’Air française.

 

Le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude ICHAC, président honoraire du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux évoque pour nous une personnalité hors de commun, et très peu connue, même au sein de l’Armée de l’Air.

 

« Dans les années cinquante, flânant sur les quais de la Seine, j’ai trouvé chez un bouquiniste un livre un peu abîmé, édité chez Fasquelle en 1944, dont le titre énigmatique me frappa : « Disparus dans le ciel ».

 

Autre détail surprenant, l’auteur de ce livre de guerre était une femme. Si je viens aujourd’hui vous en parler, c’est d’une part qu’il y a malheureusement peu de chance que vous le trouviez, soixante-cinq ans après sa parution, et d’autre part parce que cette femme, infirmière-pilote à l’aube de la deuxième guerre mondiale, aurait bien mérité la médaille de vermeil avec bélière laurée de notre association, le Souvenir Français, et voici pourquoi :

 

Germaine L’Herbier-Montagnon. Un nom que sans doute peu d’entre vous connaissent. Et pourtant cette infirmière-pilote a représenté, entre 1940 et 1942, le seul espoir puis l’apaisement pour des centaines de familles. Fondatrice de la « Mission de Recherche des morts et disparus de l’Armée de l’Air », elle a parcouru, avec son équipe, en deux ans, plus de 70.000 kilomètres, retrouvant 290 avions français et 240 anglais abattus dans le ciel de France ou de Belgique entre le 10 mai et le 20 juin 1940. Grâce à elle, 431 aviateurs français ont été identifiés et ont reçu une sépulture digne de leur sacrifice, après avoir été arrachés aux débris de leur appareil ou retrouvés dans une tombe anonyme.

 

Dans les conditions éprouvantes et difficiles de la France occupée, faisant la synthèse des ordres d’opérations, des journaux de marche des unités, des indications souvent contradictoire des témoins, équipages en vol, troupes au sol ou habitants, elle a su grâce à des détails parfois infimes retrouver, puis identifier ces disparus. Mais sa connaissance des matériels était particulière, comme en témoigne l’anecdote qu’elle rapporte :

 

« Etant sur la base d’Aulnat, avec un pilote de mes amis, voyant décoller l’appareil de notre ministre de l’Air, je demandais innocemment :

 

-  Qu’est-ce que c’est que ce zinc ?

-  Comment ? Mais c’est un Glenn-martin, voyons. Et c’est vous qui demandez cela ? Vous qui avez identifié plus de cinq cents avions abattus !

-  Oui, mais moi je les connais surtout pulvérisés, brûlés, en pièces détachées… Les axes, les boulons, les cylindres, les entoilages de volets, les armatures brisées n’ont plus de secret pour moi. Mettez ensemble les débris d’un Bréguet, d’un Morane et d’un Glenn- Martin, je saurai trier ce qui appartient à chacun. Mais un Glenn-Martin volant dans le ciel, je n’en avais jamais vu… »

 

En effet, des Glenn-martin et des Curtiss, des Amiot et des Potez, des Dewoitine et des Morane, des Bloch et des Breguet, combien en avait-elle retrouvé et identifié, au fond des bois ou au milieu des champs ? Comme par exemple ce Bréguet 691 :

 

« Le Sous-lieutenant Georges Chemineau et le Sergent Claude Guichon, de la 54ème Escadre, avaient disparu le 16 mai 1940, sur Bréguet 691 n°20 dans la région de Montcornet. Des aviateurs, participant à la même mission, avaient vu l’appareil s’écraser en flammes, à droite d’une route qu’ils supposaient être la nationale 46. Mais, après bien des démarches, je ne trouvai effectivement que les tombes du  Sous-lieutenant Alfred Devalez, chef de bord, et du Sergent-chef radio Maurice Buisson, tués le 16 mai 1940, sur LéO 45 n°54, groupe 1/12, à Raillimont, aux confins de l’Aisne et des Ardennes. Je dus revenir bien souvent dans la région, avant de découvrir les tombes de l’équipage du Bréguet 691 n°20, écrasé contre un petit bois, à droite du I.C.14 (*) de Chaumont-Porcien à Rocquigny. »

 

Si par chance vous trouvez un jour ce livre, n’hésitez pas. Il vous en apprendra beaucoup sur les pages glorieuses de notre Armée de l’Air en 1940, et sur le magnifique travail de Germaine L’Herbier-Montagnon et de son équipe. Car, comme l’écrivait le Général Chambe dans sa préface : « C’est un livre dont on doit lire les pages debout. »

 

Merci, Madame. »

 

 

GBA (2S) Jean-Claude Ichac

 

 

 

 

 (*) I.C. : Chemin d’Intérêt Communal.                                                                   

Publié dans : Témoignages-Portraits - 1939-1945
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 16:23

Bordée par les forêts de Meudon et de Fausses-Reposes, Chaville est une commune de taille moyenne du sud du département des Hauts-de-Seine. Pendant très longtemps concentrée autour de sa voie principale, qui avait été réalisée pour relier Paris au château de Versailles, Chaville ne connaît son essor qu’avec l’arrivée du chemin de fer, dans le courant de la seconde moitié du 19ème siècle.

 

Ville de François Michel Le Tellier, marquis de Louvois, secrétaire d’Etat à la Guerre puis ministre de Louis XIV, Chaville a cette particularité de ne pas posséder de carré militaire en son cimetière. Par contre, le monument à la mémoire des Chavillois morts pour la France, est peu commun. Il présente un Poilu, mort, couché, surmonté du coq français, lui-même perché sur la pierre tombale, ouverte, du militaire.

 

Ce monument rappelle le souvenir de l’ensemble des morts de la commune ; que ce soit pendant les deux guerres mondiales, avec les victimes civiles, comme pour les guerres de décolonisation.

 

Bien entendu, plusieurs tombes individuelles ou familiales renferment les restes de jeunes chavillois morts pendant ces guerres, comme par exemple, Maurice Barraud, Eugène Roblin ou encore l’aviateur Henri Rebard.

 

Retrouvez les photographies du carré militaire de Chaville dans l’album intitulé : « Carrés militaires ».

 

 




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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 06:43

Le Dupleix en flammes.

 

Un Résistant.

 

Jean Eugène Joseph Mascré nait à Sceaux le 4 juin 1898. Agent immobilier, il est arrêté en 1942 pour fait de résistance à l’Occupant allemand. Son procès se déroule le 12 novembre de la même année. Soit le lendemain de l’anniversaire de l’Armistice de Rethondes de 1918, mettant fin à la Première Guerre mondiale ; soit, le lendemain de l’invasion de la Zone Libre par les troupes allemandes en représailles à l’Opération Torch, nom donné au débarquement des Alliés en Afrique du Nord.

 

Il est exécuté le 27 novembre 1942, fusillé au Mont Valérien, sur la commune actuelle de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine. Au même moment, en Méditerranée, se déroule un autre drame : une partie de la flotte française se saborde en rade de Toulon, dans le Var.

 

 

Mers-el-Kébir.

 

Pour appréhender Toulon, pour tenter de comprendre, peut-être, le comportement d’un certain nombre d’officiers de la Marine française le 27 novembre 1942, il convient de revenir sur l’affaire de Mers-el-Kébir. Le 3 juillet 1940, la Royal Navy se présente en ces lieux d’Algérie et intime l’ordre à l’amiral français Gensoul de remettre les navires de son pays à la disposition de l’Empire britannique, ou de se rendre en Martinique pour les désarmer. Une troisième solution consistant en un sabordage pur et simple.

 

Un mois plus tôt, la France a signé un armistice séparé avec l’Allemagne. C’est-à-dire que notre pays s’est délié de son Alliance anglaise. Le Premier ministre Winston Churchill n’a qu’une crainte : que les navires français tombent aux mains des Allemands. La Marine française temporise, demande un délai de réflexion. S’apercevant que des navires font des préparatifs, les Anglais n’hésitent que quelques instants et ouvrent le feu sur la flotte française. Ce jour-là, de nombreux navires de guerre sont coulés : tels les cuirassiers Provence et Bretagne, le Mogador ; le croiseur de bataille Dunkerque est sérieusement endommagé. Plus de 1.300 marins français disparaissent au cours de l’engagement. La Marine française n’a pas pu ou peu riposté : ancrée dans la rade de Mers-el-Kébir, elle ne peut faire mouvement.

 

A Londres, le général de Gaulle indique : «  [...] en vertu d’un engagement déshonorant, le gouvernement de Bordeaux avait consenti à livrer les navires à la discrétion de l’ennemi. Il n’y a pas le moindre doute qu’en principe et par nécessité l’ennemi les aurait employés soit contre l'Angleterre, soit contre notre propre Empire. Eh bien, je le dis sans ambages, il vaut mieux qu’ils aient été détruits.  »

 

 

Le sabordage de Toulon.

 

Un peu plus de deux années plus tard, une partie de la flotte française se trouve dans la rade de Toulon. Des navires qui ont réussi à échapper au massacre de Mers-el-Kébir y sont aussi, comme le croiseur de bataille Strasbourg. Les troupes allemandes ont pénétré en Zone Libre : la totalité du territoire national est donc occupé.

 

La convention de l’armistice de 1940 entre la France et l’Allemagne stipule que l’envahisseur s’interdit d’utiliser la marine du vaincu. Pour autant, des documents retrouvés depuis indiquent qu’Adolf Hitler avait bien l’intention de servir de la flotte française. Quoi qu’il en soit, légitimement, l’Angleterre demande à son alliée la France d’acheminer au plus vite dans des ports alliés les navires français, alors que les Allemands progressent vers la Provence.

 

L’amiral Darlan, qui a été ministre des Marines marchande et militaire dans le gouvernement du maréchal Pétain, et qui a tenté, en 1941, de relancer la politique de collaboration avec l’Allemagne nazie, se trouve en Afrique du Nord au moment de l’Opération Torch. Il change de camp, se déclare « Haut commissaire en Afrique du Nord » et donne l’ordre à la Marine française de Toulon de rallier les Alliés.

 

Dans le même temps, l’amiral Auphan, chef d’Etat-major des Forces maritimes puis secrétaire d’Etat à la Marine, donne les instructions suivantes aux amiraux Marquis et Laborde, commandants les bâtiments de la flotte présente à Toulon :

 

  • « 1 – S’opposer, sans effusion de sang, à l’entrée des troupes étrangères dans les établissements, bases aériennes, ouvrages de la Marine ».
  • 2 – S’opposer de même à l’entrée des troupes étrangères à bord des bâtiments de la flotte ; par des négociations locales, s’efforcer d’arriver à un accord.
  • 3 – En cas d’impossibilité, saborder les bâtiments ».

 

Dans la nuit du 26 au 27 novembre 1942, cette dernière disposition est mise en œuvre par les deux amiraux, l’arrivée des Allemands étant imminente. Il est indéniable que de nombreux bâtiments sont privés de carburant et d’autres ne sont plus en état de naviguer (certains, comme le Dunkerque, sont toujours détériorés à la suite de l’affaire de Mers-el-Kébir). Mais pour d’autres, la fuite est possible. Ce sera le cas des navires suivants :

 

  • – le Leonor Fresnel, le Casabianca et le Marsouin atteignent Alger ;
  • – le Glorieux atteint Oran ;
  • – l’ Iris à court de gas-oil stoppe sa fuite dans le port de Barcelone. Il y stationnera jusqu’à la fin de la guerre.

 

Mais près de la moitié de la Marine française s’est sabordée :

 

  • – 3 cuirassés, 
  • – 7 croiseurs, 
  • – 1 transport d’aviation,
  • – 15 contre-torpilleurs, 
  • – 13 torpilleurs, 
  • – 6 avisos, 
  • – 12 sous-marins, 
  • – 9 patrouilleurs, et dragueurs, 
  • – 19 bâtiments de servitude,
  • – 1 bâtiment-école,
  • – 28 remorqueurs, 
  • – 4 docks de levage.

 

Finalement, l’Etat français de Vichy ne permet pas aux Allemands d’obtenir la Marine française, mais les Alliés n’en profitent pas pour autant ; les Allemands peuvent considérer que ces navires n’ont pas été livrés à l’ennemi donc cela peut être aussi considéré comme une victoire ; les Alliés sont également satisfaits, au moins, de ne pas voir la Marine française œuvrer pour l’Allemagne. Les perdants de l’affaire sont plutôt les Français libres sont le commandement d’un certain général de Gaulle.

 

Après la guerre, la Haute Cour de justice condamne l’amiral Jean de Laborde à la peine capitale, pour collaboration active avec l’Allemagne nazie. La condamnation est commuée en emprisonnement à perpétuité. En juin 1947, l’amiral est gracié.

 

 

Publié dans : Témoignages-Portraits - 1939-1945
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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /Oct /2009 11:19


Napoléon III et Bismarck, le 2 septembre à Donchery, entrevue après la bataille de Sedan

 

 

Alors que Guillaume Ier de Hohenzollern, régent de Prusse depuis 1861 en raison de la maladie mentale de Frédéric-Guillaume IV, remporte une victoire décisive sur les Autrichiens à Sadowa le 3 juillet 1866, en France, après la chute de la monarchie orléaniste de Louis-Philippe, la Deuxième République est proclamée et son premier président est Louis-Napoléon Bonaparte.

 

Le neveu de Napoléon 1er est élu en décembre 1848. Cette république n’accorde que peu de pouvoirs à son représentant. Dans le but de diviser ses opposants, de mener librement la politique qu’il pense correcte pour le pays et d’accroître son prestige personnel, Louis-Napoléon Bonaparte provoque un coup d’Etat le 2 décembre 1851. Un an plus tard, jour pour jour, il est proclamé Empereur des Français.

 

Les craintes françaises d’une hégémonie allemande se trouvent rapidement validées par le désir de Bismarck, ministre-président de Prusse, de renforcer l’unité des Etats d’Allemagne du Sud (Bavière, Bade, Wurtemberg et Hesse) dans une grande épreuve nationale. En 1870, la candidature au trône d’Espagne du prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen provoque une crise. Il n’est pas question que la France se trouve au nord, à l’est et au sud, entourée d’Etats pro-allemands. A l’occasion d’une rencontre entre la France (représentée par son ambassadeur Benedetti) et la Prusse, dans la ville d’eau d’Ems, Guillaume Ier accepte que le prince retire sa candidature. Mais  Napoléon III veut plus et exige des garanties à cette renonciation. Ce qu’il finit par obtenir. Malheureusement, Bismarck publie un compte-rendu de cette réunion, mais avec une traduction pro-prussienne : l’attitude « arrogante » de l’Empire français est brocardée.

 

Piqué au vif, l’Empereur, plutôt d’abord hostile à un conflit, est vite débordé par un entourage et un parlement favorables à l’ouverture des hostilités. Napoléon III déclare la guerre à Guillaume Ier le 19 juillet 1870. A sa grande surprise, l’empereur français découvre que les Etats de l’Allemagne du sud se rangent du côté de la Prusse, dans une sorte d’enthousiasme guerrier, contre l’ennemi héréditaire.

 

Les armées françaises sont portées rapidement aux frontières grâce au chemin de fer, issu de l’extraordinaire développement industriel voulu par l’empereur. Ces armées, qui n’ont connu que des guerres de conquêtes coloniales, sont impréparées à un conflit européen, face à un adversaire riche d’un enseignement sur les guerres modernes, recueilli par des observateurs militaires envoyés étudier les nouvelles techniques et notamment celles employées au cours de la Guerre de Sécession en Amérique : évolutions de l’armement, les obus, les canons, le chargement par la culasse, les premières armes à répétition. Un enseignement qui manque aux troupes françaises dont le commandement est l’héritier des stratégies du 1er Empire.

 

L’offensive victorieuse prussienne est menée par Von Moltke (que l’on retrouvera en 1914 à la tête de l’Armée allemande) et l’on voit l’Armée française s’effondrer en quelques jours en dépit de violents combats, comme à Gravelotte, et une résistance acharnée de plusieurs unités. Il est vrai que dans le même temps des armées entières se laissent enfermer dans des places fortes, sans munitions et sans ravitaillements. Ces armées finissent par capituler, comme celle du général Bazaine à Metz, et l’empereur lui-même qui s’est retranché avec Mac Mahon dans Sedan.

 

Le 4 septembre 1870, la IIIème République est proclamée sur l’initiative de Léon Gambetta et commence le siège de Paris, qui dure tout l’hiver. Retranchés derrière leurs « fortifs » les Parisiens connaissent misère et famine, mangeant les chevaux, les chiens jusqu’aux animaux du Jardin des Plantes. Sur les étals des bouchers sont vendus chats et rats.

 

Le 8 février 1871, les élections donnent la majorité aux conservateurs favorables à la cessation de la guerre. Adolphe Thiers ouvre les préliminaires de paix à Versailles. La France perd l’Alsace et la Lorraine, et doit payer 5 milliards de francs or d’indemnités. En gage, l’est de la France est entièrement occupé. Il le sera jusqu’en 1873.

 

Le 1er mars 1871, les Prussiens entrent dans Paris.

 

***

 

« C’était un soir à la bataille de Reichshoffen

Il fallait voir les cuirassiers charger ».

 

Dans le nord de l’Alsace, il ne subsiste que très peu de souvenirs du Second empire. Le long de tous les petits chemins de campagne, l’un des rares témoignages de l’époque a survécu. Il s’agit des « bancs de l’impératrice Eugénie ». Ces curieux bancs de grès rouge, surmontés d’un linteau, avaient été créés pour que les paysannes alsaciennes, qui allaient vendre leurs produits aux marchés, puissent s’asseoir un instant avant de reprendre leur route. C’est en suivant ces bancs que j’arrivai dans une petite bourgade du nom de Woerth, se situant entre Haguenau et Wissembourg. Intrigué par le nom du restaurant – « Le Restaurant du Musée » - alors qu’aucun musée n’existait à trente kilomètres à la ronde, je pénétrai les lieux. Plus qu’une traditionnelle auberge alsacienne, je me trouvai dans une grande salle décorée de panoplies et d’équipements militaires français et allemands de la Guerre franco-prussienne. Il y avait aussi des mannequins aux visages de cire, datant certainement de la fin du 19ème siècle. Etaient représentés des zouaves, un turco, un fantassin allemand. Des chasseurs d’Afrique côtoyaient des Uhlans. Et là, juste devant moi, était placé un uniforme de cuirassiers. Les rayons du soleil se reflétaient dans la cuirasse, donnant une flamboyance, une grandeur, à ce dernier mannequin. Je ne savais pas encore que j’avais face à moi l’uniforme de l’un de ces héroïques cavaliers qui chargèrent à Reichshoffen.

 

Le patron du restaurant, devant ma curiosité, se fit un devoir de me citer chaque unité à laquelle appartenaient les uniformes exposés. Cette collection avait été réalisée par son grand-père, réquisitionné pour enlever les morts. Au lendemain de la charge fameuse, le 6 août 1870, le brave homme avait fait ce que le vainqueur lui commandait et il en profita pour récupérer ce qui pouvait l’être. D’ailleurs, la bataille s’était plutôt déroulée sur la commune de Froeschwiller, Reichshoffen étant le bureau de poste d’où partirent les messages communiquant le résultat de l’attaque.

 

En tant que passionné par l’Histoire et ancien militaire, je fis tout de même remarquer au patron que son grand-père avait dépouillé des morts de leurs uniformes pour se constituer cette collection. Gêné, l’homme me répondit que l’aïeul avait en fait récupéré les vêtements et les armes dans des bagages laissés à l’abandon. J’acceptai cette explication. Finalement, le Devoir de Mémoire passait peut-être aussi par de tels chemins, même si j’imaginai mal les zouaves ou les prussiens s’encombrer de malles de vêtements ou de cartons à chapeaux sur un champ de bataille.

 

Tous ces guerriers étaient maintenant figés dans leurs uniformes raidis. Une restauration archaïque avait été réalisée : les tissus avaient été repeints pour leur redonner l’éclat de leurs couleurs. L’empâtement des peintures et les poussières agglutinées leur conféraient une allure de statues aux visages de cire déformés par le temps.

 

Aujourd’hui, ce restaurant est fermé. Le propriétaire a fait don de sa collection à la ville de Woerth, qui l’expose dans les salles du château. La plupart des pièces ont été restaurées – correctement – et quelques-unes, laissées en l’état témoignent de ce que je vis.

 

Autour de ce village alsacien, il n’est pas rare de trouver, enfouie sous des ronces, une stèle rappelant qu’en ce chemin, ou ce champ, est tombé un cuirassier ou un Major du 3ème Zouave. Pendant longtemps, les vestiges de la Guerre franco-prussienne ont été soit cachés, soit bousculés puis ensevelis par l’agriculture ou les événements qui ont suivi. Celles qui restent témoignent à jamais qu’en 1870, en ces lieux, s’écrivit un fait d’armes qui n’était plus connu que par une comptine : « C’était un soir à la bataille de Reichshoffen ».

 

 

***

 

 

*Thierry Gandolfo, ancien sous-officier au 32ème régiment d’Artillerie, est conservateur du cimetière d’Issy-les-Moulineaux.

Publié dans : Guerre franco-prussienne
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 17:57



SAMEDI 19 Décembre 2009 à 17 H

 

Théâtre de la Piscine 254 Avenue de la Division Leclerc 92290 Chatenay-Malabry

(R.E.R   ROBINSON  et  Bus  195)

524 Places assises et 12 emplacements pour fauteuils handicapés  

  Prix des places : 20€  - gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

       Programme :
       - 1ère partie – Historique : hommage par les responsables et anciens aviateurs et mécaniciens de
l’Escadrille et le conservateur du Mémorial.

       - 2ème partie – Artistique : LES CHŒURS DE PARIS (70 choristes) : Noëls Anciens Français puis
       LE  CHŒUR DES COSAQUES DE L’OURAL : Chants sacrés et populaires Russes ;
Chants communs et hymnes populaires.
 

   

       

       Des tracts et affiches sont prévus pour distribution lors de l’assemblée générale départementale
du 17 Octobre 2009 à Sèvres. 
 

             

                                    Renseignements et billetterie : Souvenir Français de Chatenay-Malabry

                  Françoise-Marie BELIN 01 46 60 67 89, au 9 rue Alexandre Fleming
- 92260 FONTENAY-AUX-ROSES


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