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  • MD 2010-015

Témoignages-Portraits - 1939-1945

Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 13:15

2009-12-19, Normandie-Niemen 012

 

 

Chefs et commandants de l’escadrille - Stationnements.

 

Le premier groupe est constitué de cinquante-huit hommes, dont quatorze pilotes. Il est placé sous le commandement du commandant Pouligen. L’escadrille rejoint la base aérienne d’Ivanovo, à 250 km au nord-est de Moscou.

 

Par la suite les commandants de l’unité sont :

 

  • - Février à Juillet 1943 : commandant Jean Tuslane.
  • - Juillet 1943 à Décembre 1944 : commandant Pierre Pouyade.
  • - Décembre 1944 : commandant Louis Delfino.

 

Tout au long de la guerre, l’escadrille aura de nombreux stationnements : Polotniani, Atki, Toula, Alitous, Sredniki, Dopenen, Labiau… Deux noms doivent certainement se rappeler à la mémoire des « napoléoniens » : en février 1945, elle est basée à Eylau et en avril 1945 à Friedland.

 

 

Les missions et batailles de l’escadrille Normandie - Niémen.

 

Les missions et les batailles peuvent être regroupées en trois campagnes (retrouvez les détails dans l’album de photographies « Normandie-Niémen » :

 

  • - 1ère campagne de novembre 1942 à novembre 1943 : cette première campagne porte les aviateurs de leur base d’origine à Doubrovka, près de Smolensk  (frontière de la Biélorussie) en passant par Polotniani-Zavod, Mosalsk, Kozielsk, Khationki, ou encore Gorodietchnia et Sloboda.
  • - 2ème campagne de mai à décembre 1944 : les pilotes se battent depuis la Biélorussie jusqu’en Lituanie, le long du fleuve Niémen (Alitous, Antonovo, Dopenen, Gross Kalweitchen). C’est d’ailleurs à ce moment-là que Joseph Staline décide d’accoler le nom de Niémen à celui de Normandie.
  • - 3ème campagne de décembre 1944 à juin 1945 : l’escadrille Normandie – Niémen se bat en Lituanie et en Prusse Orientale. A la fin de cette année 1944, les aviateurs sont les premiers Français à porter bataille dans le territoire du IIIème Reich.

 

Au cours de ces trois campagnes, l’escadrille effectue 5.240 missions qui donnent lieu à 869 combats aériens et elle est victorieuse à 273 reprises. Au cours de ces mêmes combats, elle perd 42 pilotes.

 

 

L’intervention de Staline.

 

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pilotes français se préparent à rentrer dans leur terre natale, libérée du joug allemand. Au moment même où ils s’envolent, grâce à des appareils militaires russes, Staline les fait rappeler. Certains pensent qu’ils ont commis une bévue, voire plus, en quittant le sol soviétique. En fait, le généralissime, secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, convoque les pilotes, les remercie pour leur action et les invite, comme le veut la tradition, à rejoindre la France à bord de leurs propres avions de chasse ! Les hommes de l’escadrille Normandie – Niémen sont accueillis en héros le 20 juin 1945 à l’aéroport du Bourget.

 

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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 20:50

  

 

Maurice Challe

 

  

Le sous-lieutenant Maurice Challe.

 

"Ne pas subir" (devise de Jean de Lattre de Tassigny).

 

1940 : en quelques semaines, la défaite de l’Armée française est consommée. Les troupes allemandes entrent à Paris, déclarée ville libre, le 14 juin. Le 17 juin, le maréchal Pétain, à qui le parlement vient de donner les pleins pouvoirs, prononce les mots suivants : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat ». Des Français ne renoncent pas. Suivant l’appel du général de Gaulle, ils le rejoignent à Londres ou entrent en résistance soit sur le territoire national soit au cœur des colonies de l’Empire français.

 

Au mois de juillet 1940, le général créé les Forces Aériennes Libres. Un peu moins d’une année plus tard, en juin 1941, l’Allemagne envahit l’URSS. C’est l’Opération Barbarossa. De Gaulle y voit un espoir pour la France : aider les Soviétiques à combattre les Allemands, c’est aussi une manière de contrer quelque peu l’influence anglaise dans le cadre du rapprochement des Alliés.

 

Au même moment, en Syrie, les troupes fidèles à la France Libre battent les troupes françaises restées à la botte du régime du maréchal Pétain. De Gaulle se rend à Damas et commence un rapprochement avec des représentants russes, dont l’ambassadeur à Londres. Ensuite, il confie une mission au général Petit. Les deux hommes se connaissent bien : ils étaient à Saint-Cyr ensemble. Petit se rend donc à Moscou et règle avec les Russes les modalités d’interventions d’une force armée. Le moyen le plus simple est l’organisation d’une escadrille. Mais pour se rendre en URSS, il faut passer par l’Iran, et rien n’est moins simple.

 

Du fait de l’opération Barbarossa, les relations diplomatiques sont rompues entre l’Etat français de Vichy et l’URSS. Le personnel de l’ambassade de France en ce pays est rappelé ; le lieutenant-colonel Luguet, attaché d’ambassade pour l’Armée de l’Air française, confirme la bonne volonté des soviétiques de recevoir un appui de pilotes français. Après les escadrilles « Alsace » et « Ile-de-France », une troisième unité est créée sous le nom de « Normandie ». Les négociations avec le haut commandement stalinien s’avèrent délicates : que faire de quelques dizaines de pilotes français dans l’Armée Rouge ? Ou les placer ? Finalement, à la fin de l’année 1942, l’escadrille est formée à Rayack au Liban, grâce à 60 militaires français (dont 14 pilotes de chasse) et rejoint la base d’Ivanovo, à 250 km au nord de Moscou. L’instruction peut commencer.

 

Le 19 mars 1943, le général Petit, chef de la Mission militaire française à Moscou, à la suite d’une inspection de l’escadrille en compagnie du colonel Levandovitch, du commandement supérieur des Forces aériennes de l’Armée Rouge, proclame : « Par ses qualités militaires et morales, cette unité est prête pour partir sur le front ».

 

L’escadrille Normandie, qui ajouté à son nom, « Niémen » peut commencer sa guerre. Le froid, les avions « Yak », la bureaucratie, les suspicions et interrogations : tout a été surmonté…

 

 

Des pilotes.

 

Voici ci-dessous quelques notices biographiques de pilotes de Normandie-Niémen (dont vous retrouverez la plupart des photographies dans l’album « Normandie-Niémen ») :

 

  • - Commandant Jean Tulasne, né à Nancy en 1912 et disparu officiellement en vol le 17 juillet 1943 pendant un accrochage avec l’ennemi au nord-ouest d’Orel. A commandé l’escadrille du 22 février 1943 au 17 juillet 1943.
  • - Colonel Pierre Pouyade, né à Cerisiers dans l’Yonne et mort le 5 septembre 1979 à Bandol. Ses cendres furent immergées au large de Toulon. Il fut commandant de l’escadrille du 12 octobre 1943 au 12 décembre 1944.
  • - Jules JOIRE, né à Roubaix le 29 Août 1914 et décédé le 18 Mars 1944 lors d'une collision pendant un vol d'entrainement. Présent à l'escadrille du 12 Octobre 1943 au 18 Mars 1944.
  • - Capitaine Maurice de Seynes, né à Paris le 7 Août 1914 et tué le 15 Juillet 1944 dans un accident d'avion en refusant d'abandonner son mécanicien qui se trouvait avec lui, dans la région de Mikountani. Présent à l'escadrille du 1er Janvier 1944 au 15 Juillet 1944.
  • - Commandant. Roland de La Poype, né à Pradeaux (Puy-de-Dôme), le 28 Juillet 1920, ayant quitté l'armée peu de temps après être rentré de Russie. Le commandant a pris sa retraite en 1985. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 20 Juin 1945.
  • - Lieutenant Didier Beguin, né le 14 Décembre 1918 à Paris, tué en Hollande au cours d'une mission, par la DCA le 26 Novembre 1944. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 16 Février 1944.
  • - Lieutenant Marcel Lefèvre, né aux Andelys (Eure) le 17 Mars 1918, grièvement brûlé lors d'une mission le 28 Mai 1944, il décède de ses blessures à Moscou le 5 Juin 1944. Son corps sera rapatrié en 1953, il repose au cimetière des Andelys. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 5 Juin 1944.
  • - Commandant Joseph Risso, né le 23 Janvier 1920 à Cadolive (Bouches-du-Rhône), décédé le 24 Novembre 2005 ; n'a jamais quitté l'armée où il a fait une brillante carrière et a terminé avec le grade de général de brigade. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 1er Septembre 1945.
  • - Sous-lieutenant Albert Durand, né le16 Septembre 1918 à Grasse (Alpes-Maritimes) ; porté officiellement disparu le 1er septembre 1943 lors d'une mission en pleine attaque. Son palmarès était de 10 victoires homologuées dont 4 individuelles. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 1er Septembre 1943.
  • - Sous-lieutenant Maurice Challe, né le 18 Juin 1911 à Reims ; est tué au combat dans la région de Pillau (Prusse-Orientale) le 27 Mars 1945. Il est le dernier tué de l'escadrille. Présent du 18 Mars 1944 au 27 Mars 1945.
  • - Capitaine Charles de La Salle (de son vrai nom, Charles d'Anfreville de Jurquet de La Salle) né le 21 Août 1914 à Soulac (Gironde) décédé accidentellement le 8 Août 1969. Présent à l'escadrille du 8 Mai 1944 au 20 Juin 1945.
  • - Capitaine Marc Charras, né le 24 Mai 1916 à Saigon (Indochine) ; est tué le 30 Juillet 1949 en Indochine en combat aérien. Présent à l'escadrille du 24 Février 1944 au 20 Juin 1945.
  • - Capitaine René Challe, né le 6 Juin 1913 à Besançon (Doubs) ; grièvement blessé lors d'un combat aérien le 17 Janvier 1945, il finira la guerre à l'hôpital. Il décède le 4 Avril 2006 en Normandie, il était Colonel. Présent à l'escadrille du 18 Mars 1944 au 17 Janvier 1945.

 

 

Après la Seconde Guerre mondiale.

 

Un temps stationnée au Bourget, l’escadrille est envoyée sur Toussus-le-Noble et prend le nom de régiment de Chasse Normandie - Niémen. Pendant la guerre d’Indochine, il est basé à Saïgon. En 1953, l’unité est scindée en deux et l’une des parties prend le nom d’Escadron de chasse 2/6 Normandie – Niémen. Par la suite, la 6ème escadre est dissoute et l’escadrille passe à la 30ème escadre de chasse, d’où son nouveau nom : Escadron de chasse 2/30 Normandie – Niémen. Nouvelle dénomination en 1993 puis en 1995 : « Escadron de chasse 1/30 Normandie – Niémen ». Le 3 juillet 2009, la dissolution est définitive. Une partie des avions et des pilotes, ainsi que le drapeau, rejoignent la base de Reims.

 

Parmi les décorations de l’escadrille, il convient de nommer :

 

  • - Pour la France : légion d’Honneur, ordre de la Libération, médaille militaire, croix de Guerre avec six palmes.
  • - Pour l’Union soviétique : Héros de l’Union soviétique Etoile d’Or, ordre de Lénine, ordre du Drapeau rouge, ordre d’Alexandre Nevski, ordre de la Guerre pour la Patrie, ordre de l’Etoile rouge, médaille de la Victoire, médaille de la prise de la forteresse de Königsberg.

 

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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 10:37
Léon Gary


Fils de mineur, né à Denain, Monsieur Léon Gary, aujourd’hui disparu, avait en lui le mélange de rudesse de caractère et de chaleur humaine des Ch’tis. « Les gens du Nord ont dans leur cœur le soleil qu’ils n’ont pas au dehors ; ils ouvrent leurs portes à ceux qui ont souffert » a écrit le chanteur Enrico Macias.

 

Apprenti tourneur-ajusteur à l’âge de 14 ans, Léon Gary vient à Paris pour y trouver du travail. Il œuvre dans différentes usines. Mais sa vie bascule six années plus tard, en janvier 1944. Après quatre années d’occupation allemande, la capitale, comme l’ensemble du territoire, voit la Résistance s’organiser. Ainsi, le 1er janvier sont créées les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) ; le 5 janvier, les Mouvements Unis de la Résistance se transforment en un Mouvement de Libération Nationale (MLN) grâce à l’intégration des groupements de la Résistance de la Zone Nord (qui fut la Zone Occupée).

 

Le 6 janvier 1944, Philippe Henriot est nommé secrétaire d’Etat à l’information et à la propagande. C’est un Collaborateur notoire. Il est membre de la Milice et harangue les Français à soutenir les troupes nazies dans des tribunes qu’il publie dans Je suis Partout.

 

Des rafles sont organisées. Léon Gary tombe dans l’une d’elles ce même 6 janvier. Il est emmené en Allemagne, à Berlin, et croupit dans la prison centrale de Tegel. Au cours d’un bombardement allié, Léon Gary est grièvement blessé. Il est alors transféré dans la prison de Moabit, du nom de ce quartier de la capitale du IIIème Reich. Libéré par les Russes le 2 mai 1945, il est par la suite rapatrié en France par les soldats américains. Il est enfin de retour chez lui à la fin du mois de mai 1945.

 

Il reprend ses activités. Employé d’abord chez SKF, Léon Gary entre ensuite à l’arsenal de Rueil en 1951 et y travaille jusqu’à sa fermeture pour rejoindre le service Industriel de l’Armement. Il termine sa carrière au ministère de la Défense nationale, après 32 ans de services, en tant qu’ouvrier hautement qualifié. A l’âge de 60 ans, il prend sa retraite.

 

Entre temps, il a rencontré Jeannette, qui devient son épouse.

 

En février 1986, Léon Gary est appelé à succéder à André Mansat, fondateur du Comité du Souvenir Français de Puteaux. Le nouveau président se met à la tâche sans attendre. Il aide les familles à retrouver les traces et les sépultures des aïeux morts au combat. Il oriente, il informe. Il réorganise et restructure les carrés militaires du cimetière nouveau de Puteaux. Ainsi, aujourd’hui le cimetière compte deux carrés :

 

- le premier concerne les morts pour la France de la guerre de 1914-1918. Il regroupe 85 tombes individuelles, dont certaines sont postérieures à la fin du conflit. Ainsi, Marcel Robert est mort le 16 mars 1926, au cours des combats contre la révolte des syriens pendant le mandat français sur le pays.

 

- le second concerne la guerre de 1939-1945 et rassemble 34 tombes, dont 11 pour des fusillés pendant l’Occupation allemande (Mont Valérien). Des Putéoliens morts pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie sont également enterrés dans ce carré.

 

Pour toutes celles et ceux qui l’ont connu, Léon Gary a laissé l’image d’un homme bon, au grand cœur, et surtout au service de tous.

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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 16:25


Presentation de l'Escadrille Normandie-Niemen



Grâce à l'action conjugée de Françoise-Marie Belin, présidente du Comité de Chatenay-Malabry, du docteur Alain Farges, du Mémorial Normandie-Niémen, de Josette et Michel Leclercq, de Chatillon, voici un premier résultat de nos travaux sur l'Escadrille Normandie-Niémen : il s'agit d'un album de photographies. L'histoire de cette unité, prestigieuse, ainsi que le détail des missions feront l'objet de prochains articles sur ce site Internet.

A bientôt, et en attendant, retrouvez les photographies dans l'album intitulé : "008 - Normandie - Niemen".

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 21:23
Vaucresson.jpg


Paul Lacroix nous a quittés au milieu de l’été 2009, discrètement, en conformité avec la modestie qui était sienne, alors qu’il aurait eu maintes raisons de se faire valoir, par sa vie professionnelle exemplaire, ses faits de guerre et ses titres : Meilleur Ouvrier de France, Médaillé de la Résistance, Officier de la Légion d’Honneur.

 

Mis en apprentissage à 14 ans, il fit toute sa carrière dans l’industrie du chauffage et de la ventilation. Par son travail, son souci de la perfection, son sens de la technique, il gravit tous les échelons jusqu’à la création de sa propre entreprise, installée à Vaucresson en 1974.

 

Pendant la guerre, il rejoignit en Haute-Savoie le maquis de La Clusaz qui fut pratiquement anéanti par une attaque de l’armée italienne d’occupation. Paul se retrouva à Saint-Etienne où il entra dans la clandestinité et s’engagea dans la Résistance. Arrêté par la Gestapo, torturé, il refusa de parler. Libéré en juillet 1944, au départ des troupes allemandes, il fit ce geste inouï et chevaleresque de pardonner à celui qui l’avait dénoncé.

 

Paul était profondément intégré dans la vie vaucressonnaise. Il faisait partie de plusieurs associations, tout particulièrement des Anciens combattants et du Souvenir français. Il se distinguait par sa participation active, son dévouement et son affabilité.

 

Nous garderons le souvenir d’un homme d’honneur solide dans ses convictions et fidèle en amitié.


François GOURE
Président du Souvenir Français de Vaucresson.

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