SF DG 92


Délégué général : MR André LABOUR
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- Conservation de la mémoire de celles et ceux qui sont Morts pour la France.
- Entretien des tombes et monuments élevés à leur mémoire.

Droits

Les textes publiés sont la propriété du Souvenir Français - Délégation Générale des Hauts-de-Seine, sauf mention contraire. Ils sont protégés par les textes de loi du Code de la propriété intellectuelle.

Mémoire des hommes

Rendez-vous sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr et retrouvez vos aieux Morts pour la France. Sur ce site, sont répertoriés tous les soldats morts aux cours des conflits 1914-1918, 1939-1945, Indochine et Algérie.

Images

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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 13:36

 

Bagneux - cimetiere parisien

 

Avec Pantin et Thiais, Bagneux fait partie de ces trois communes qui accueillent un cimetière pour les Parisiens. Inauguré en 1886, il est situé sur un terrain où se déroulèrent pendant la Guerre franco-prussienne de terribles combats. Combats d’ailleurs principalement entre Français, puisqu’ils opposèrent les Fédérés (Communards) aux Versaillais. La taille du lieu est imposante : le cimetière s’étend sur 61 hectares, soit 115 divisions et comporte près de 83.000 concessions ! A titre de comparaison, il est par exemple une fois et demie plus grand que le Père-Lachaise.

 

Le cimetière parisien de Bagneux comporte quatre carrés militaires :

 

  • - 9ème division : carré militaire de morts pour la France de la Première Guerre mondiale.
  • - 19ème division : tombes de soldats français de 1914-1918 et de 1939-1945 ; mais des soldats anglais (35 tombes), belges (5 tombes) et allemands (86 tombes) s’y trouvent également.
  • - 20ème division : tombes de soldats morts à la fin du premier conflit mondial (Seconde bataille de la Marne ; morts dans les hôpitaux parisiens ; morts de la grippe espagnole).
  • - 40ème division : tombes de soldats morts pour la France de la Second Guerre mondiale.

 

Les sépultures de ces carrés militaires – environ 2.500 tombes – sont entretenues par le Souvenir Français de Paris, sous l’autorité de Monsieur le général Jean-Jacques Bougerol.

 

En outre, de très nombreuses stèles et monuments sont présents dans ce cimetière, entre autres, à la mémoire des Juifs tués ou exterminés dans les camps nazis. Citons par exemple :

 

  • - L’Association des marchands forains et petits commerçants juifs : « A la mémoire de ses membres et de leurs familles victimes du nazisme – 19140-1945 » (80 noms sont inscrits).
  • - La Société mutuelle du Carreau du Temple : « En hommage à ses membres déportés victimes de la barbarie nazie » (48 noms sont inscrits).
  • - Les amis de Varsovie-Ochota : « Gloire et honneur aux héros et martyrs du ghetto de Varsovie – A la mémoire de nos chers parents victimes de la barbarie nazie » (303 noms sont inscrits).
  • - L’Association française des Bessarabiens : « A la mémoire de leurs héros tombés glorieusement au combat et dans les camps d’extermination 1939-1945 » (198 noms sont inscrits).
  • - « A l’honneur des martyrs juifs de Tarnow » (218 noms sont inscrits).
  • - Union des amis de Lodz : « Que le souvenir de nos martyrs reste à jamais gravé dans nos cœurs – A la mémoire de nos 230.000 compatriotes de Lodz, de nos chers sociétaires, parents, frères, sœurs, enfants et amis martyrisés et sauvagement exterminés par les barbares hitlériens – 1939-1945 » (255 noms sont inscrits).
  • - « Les amis de Pulawy et environs à leurs camarades déportés morts dans les camps nazis » (143 noms sont inscrits).

 

Et tant d’autres encore…

 

 

 

Source :

 

o    Encyclopédie Wikipédia.

o    Relevés des stèles et des morts pour la France du cimetière parisien de Bagneux : http://www.memorial-genweb.org/

o    Site national du Souvenir Français : www.souvenir-francais.com

o    Site sur les cimetières : www.landrucimetieres.fr

o    Site de la ville de Paris : www.paris.fr

o    Information sur les carrés militaires du cimetière parisien de Bagneux : http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/

 

 

 

 

 

Par Souvenir Français des Hauts-de-Seine - Publié dans : Carrés militaires
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Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 11:45

 

 

Teheran conference1943 thumb

 

 

Staline, Roosevelt et Churchill à la conférence de Téhéran en 1943.

 

L’aviateur allié.

 

L’imagerie populaire et le cinéma montrent, où montraient dans les années 60 et 70, l’aviateur allié de la Seconde Guerre mondiale comme un beau garçon venant en France pour sauver le pays… et accessoirement séduire les jeunes femmes. C’est bien connu, les meilleures femmes dans le monde étant les Françaises ! Rappelons le fringuant britannique appelant Bourvil « joli-papa » après avoir laissé le plus beau des souvenirs à sa fille. Rappelons-nous « Big-moustache » et ses acolytes dans « La grande vadrouille ». L’aviateur-séducteur a encore de beau jours devant lui, n’en doutons pas. Il n’en demeure pas moins vrai que la réalité a certainement été faite de ce genre d’aventures, mais aussi que certains carrés militaires des Hauts-de-Seine en racontent des moins drôles.

 

C’est le cas à Clichy-Nord où la majeure partie des sépultures des soldats du Commonwealth concernent des pilotes, des mécaniciens, des navigateurs, des radios ou encore des mitrailleurs (il y a là des Australiens, des Canadiens, un Néo-zélandais et des Britanniques). C’est le cas également à Clamart où se situe la tombe de Ronald Frederick Howell, sergeant à la Royal Air Force, Squadron 640. Son avion est abattu le 25 juillet 1944, alors qu’il est mitrailleur à bord d’un bombardier Handley Page Halifax, et qu’il est en mission de bombardement sur la ville de Stuttgart en Allemagne. Les autres membres de l’équipage réussissent à se sortir vivant de l’accident mais ils sont faits prisonniers. Certains parviennent à s’échapper. Une plaque porte l’inscription suivante : « In Memory of Ronald Frederick, english aviator, who died for France, 25 juillet 1944. This tablet is erected by a Norwegian lady in sympathy – R.I.P.”.

 

A Clamart, une autre stèle a été érigée à la mémoire d’aviateurs alliés. Elle se trouve dans le bois au lieu-dit de la Croix Blanche, et rassemble les restes de quatre Américains, membres de l’U.S.A.A.F. (United States Army Air Force), 418th Squadron, 100th bomb groupe. Il s’agit de Alf Aske, second lieutenant, Gordon E. Davis, second lieutenant, Stuart R. Allison, technical sergeant, Robert F. Williams, technical sergeant. Leur avion est abattu le 11 août 1944, alors qu’ils œuvrent dans le cadre de l’opération Royal Flush de destruction de l’aérodrome de Villacoublay. Cette opération est l’une des multitudes missions liées à l’opération d’envergure Bodyguard.

 

 

L’opération Bodyguard.

 

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la guerre menée par les services secrets a été considérable et elle s’est notamment illustrée à l’occasion d’une opération particulière : Bodyguard. Ce nom provient d’un discours de Winston Churchill : « In wartime, truth is so precious that she should always be attented by a bodyguard of lies”, ce qui peut, approximativement se traduire par : “En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle devrait toujours être protégée (par un garde-du-corps) par des mensonges ».

 

De fait, Bodyguard a un double objectif : apporter de fausses informations au Reich allemand, et une fois que les faits sont avérés, leur faire croire qu’ils vont se dérouler autrement. Et Bodyguard est un ensemble qui regroupe les opérations suivantes :

 

  • - Fortitude : dissimuler aux Allemands que le débarquement des Alliés se déroulera en Normandie ; puis, une fois qu’il est réalisé, réaliser des diversions afin d’empêcher l’acheminement de troupes vers la zone des combats.
  • - Fortitude Nord : présenter le château d’Edimbourg – y compris dans la presse – pour l’état-major d’une armée alliée, fantôme, s’apprêtant à organiser un débarquement en Norvège avec l’aide de l’Armée rouge. Ainsi, l’armée allemande va laisser stationner 17 divisions en Norvège et au Danemark, alors que la bataille principale vient de commencer en Normandie.
  • - Copperhead (« tête de cuivre ») : faire passer un acteur australien, Mr Clifton-James, pour le général britannique Montgomery et l’envoyer à Gibraltar et en Afrique du Nord pour intoxiquer l’ennemi en annonçant un débarquement imminent dans le sud de la France. Le plan marchera parfaitement puisque, évoquant le « plan 303 », l’acteur jettera le désarroi sur les services germaniques qui chercheront pendant des semaines ce que signifie ce plan.
  • - Quicksilver : principe identique d’une armée fantôme, américaine, avec le général Patton à sa tête.
  • - Mincemeat (« chair à pâté ») : en 1943, une fois la campagne d’Afrique du Nord terminée, l’objectif pour les Alliés est la Sicile, puis l’Europe continentale via l’Italie. Mais comment faire en sorte que les Allemands aient de fausses informations ? Les Britanniques optent alors pour une mission audacieuse. Ils récupèrent le cadavre d’un homme, lui place toute une série de documents privés (clés, photos personnelles, lettres d’amour…) et de faux documents officiels tendant à prouver que deux attaques en préparation : la première sur la Sardaigne puis sur la Corse ; la seconde sur la Grèce puis les Balkans. Ce plan marchera puisque le débarquement en Sicile ne sera pas des plus meurtriers.

 

Ainsi avec ces opérations, mais au prix du sacrifice de quelques-uns, des dizaines de milliers de vies, peut-être des centaines de milliers, ont été épargnées à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et Churchill a ajouté : « Il n’y a qu’une réponse à la défaite, et c’est la victoire ».

 

 

 

Sources :

 

- www.wikipedia.org

- www.evene.fr

- www.dday-overlord.com

- Anthony C. Borwn, Bodyguard of Lies, harper and Row.

- Donald C. Daniel, Strategic Military Deception, Pergamon Press.

- Major Jon S. Wendell, Strategic Deception Behind the Normandy Invasion, Air Force United States.

- François Bédarida, Churchill, Fayard.

 

 

Par Souvenir Français des Hauts-de-Seine - Publié dans : Témoignages-Portraits - 1939-1945
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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 19:03

 

Voyage 2011 - Saône et Loire

  

 

Jean-Claude Bernardet (à g.), délégué du Souvenir Français pour la Saône-et-Loire et Jean-Pierre Didrit, président du comité de Rueil.

 

 

 

 

Le comité du Souvenir Français de Rueil-Malmaison a organisé pour une quarantaine d'adhérents, les 20 & 21 mai 2011, un voyage "Tourisme & Mémoire" en Bourgogne.

 

Tous les participants rueillois ont été associés à une cérémonie avec dépôt de gerbe et minute de silence au carré militaire du cimetière de Macon, en Saône-et-Loire, puis à la visite commentée par le président-fondateur du Mémorial Citoyen de 1870 à nos jours, Monsieur Jean-Claude Bernardet. Ce musée, rare en France, évoque la mémoire collective de cette partie du sud de la Bourgogne, dans un site remarquablement fourni en pièces, objets et souvenirs des derniers conflits,  et donnés dans la quasi-totalité par des habitants de la région. Il est à noter que le Mémorial est situé place du Souvenir Français.

 

Après un déjeuner convivial, les participants ont pris la direction de Génelard, pour une seconde visite : le Centre d'interprétation de la ligne de démarcation. Là-aussi, il s’agit d’un musée unique en France, sur cette ligne qui partagea notre territoire entre 1940 et 1942. La Saône-et-Loire faisait alors partie des treize départements traversés par la frontière entre la Zone Occupée et la Zone Libre. A Génelard se trouvait un poste de contrôle de la ligne tristement célèbre.

 

A lire : "Monuments de mémoire de Saône-et-Loire", écrit par Messieurs Jean Chenu et Claude Elly de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Saône-et-Loire (114 pages) avec 150 monuments photographiés. Contact téléphonique pour se procurer l’ouvrage : 03.85.93.41.71.

 

 

Voyage 2011 - S&L - 2

 

 

 

Les participants devant le Mémorial Citoyen de Macon.

Par Souvenir Français des Hauts-de-Seine - Publié dans : Actualité des Comités
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Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 11:04

Escadrille Lafayette

 

La traditionnelle commémoration du Memorial Day, au monument de l’Escadrille Lafayette (5, boulevard Raymond Poincaré à Marnes-la-Coquette) se déroulera le :  

 

  • Samedi 28 mai 2011 :

 

  •  
    • Début de la cérémonie à 11h00 précises.
    • Rendez-vous des porte-drapeaux à 10h30 (côté droit de l’allée, face au mémorial).

 

 

Par Souvenir Français des Hauts-de-Seine - Publié dans : Communication de la Délégation Générale
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Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 17:02

 

Algerie 62 - depart des français

 

 

Exode de Français d'Algérie en 1962 (copyright www.histoire-en-questions.fr).

 

Au sein du carré militaire de Meudon, la tombe « Famille Cassis » évoque entre autres la disparition de Maurice Cassis, à Oran le 5 juillet 1962, soit trois mois et demi après les Accords d’Evian du 19 mars 1962, qui mettent fin à la guerre d’Algérie. Comment en est-on arrivé là ?

 

De la révolte de Sétif aux guerres civiles.

 

A la suite du 8 mai 1945, date de la capitulation de l’Allemagne nazie, plusieurs émeutes éclatent parmi la population algérienne musulmane. A Sétif et dans le Constantinois, près d’une centaine d’Européens sont assassinés. Les causes sont complexes et multiples : revendications cultuelles, culturelles, reconnaissance d’une égalité de traitement entre la population musulmane algérienne et la population d’origine européenne. Un formidable vent de liberté vient de souffler sur le monde entier : les peuples n’ont entendu que cela dans les mois qui précèdent le printemps 1945. « Retrouver la liberté ». Le contexte de l’époque tient également en deux termes : anti-impérialisme et anti-colonialisme. « Quand un peuple veut sa liberté, rien ne peut l’arrêter » a écrit le général Bigeard dans ses mémoires posthumes (« Ma vie pour la France », Ed. du Rocher).

 

Les émeutes algériennes sont très durement réprimées par l’Armée française. Le général Duval, qui commande les unités de notre pays indique: « Je vous ai donné la paix pour dix ans, si la France ne fait rien, tout recommencera en pire de façon irrémédiable ». Et c’est la période où notre nation perd l’Indochine, vaincue par une armée faite, au départ, de paysans équipés d’armes d’un autre âge : la puissance colonisatrice n’est pas invincible. C’est l’une des raisons qui poussent, en novembre 1954, des hommes du FLN (Front de libération nationale) à œuvrer au même moment un peu partout en Algérie des attaques contre des représentations françaises : postes de gendarmerie, bâtiments publics, entrepôts… De nombreux Français sont pris pour cibles. Dans les Aurès, un couple d’instituteurs, les Monnerot, est abattu.

 

En métropole, la réaction ne se fait pas attendre. A la tribune de l’Assemblée nationale, Pierre Mendès-France, président du Conseil déclare : « A la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse ». Des militaires supplémentaires arrivent de nombreuses casernes. Il s’agit de mater ce que l’on appelle les « événements ». On ne peut alors parler de guerre. D’abord, l’Algérie est alors un pays français, composé trois départements (l’Oranais, l’Algérois, le Constantinois) et de territoires du Sahara. Et on ne peut, selon les traités internationaux de l’époque ne faire une guerre que contre un pays souverain. De plus, en 1954, ce n’est qu’un début d’hostilités. Quelques mois plus tard, le FLN, qui s’est renforcé, créé l’ALN (Armée de libération nationale) et organise toute une série de massacres dans le Constantinois… auxquels répondent les Français par autant de ripostes. Pour rassurer les habitants de souche européenne, le gouvernement fait appel aux militaires du contingent. Des supplétifs « indigènes » – selon la terminologie de l’époque – comme les harkis et les moghaznis viennent compléter les unités françaises. La situation s’envenime… Bientôt, le conflit se transforme en une guerre civile au sein des deux communautés : aux prix de nombreuses exécutions et éliminations, le FLN prend le dessus sur le Mouvement national algérien (MNA) ; en métropole comme en Algérie, des Français se tirent dessus : le Parti communiste français appelle à l’arrêt des combats et favorise l’action des pacifistes. Certains vont plus loin et deviennent des « porteurs de valises » (armes, argent) pour le FLN. De l’autre côté de l’échiquier politique, un groupuscule passe aux armes et créé l’OAS en 1961 (Organisation de l’armée secrète) dont les victimes sont tout aussi bien algériennes que des Français qui soutiennent la demande d’indépendance de l’Algérie.

 

« Une victoire française sur le terrain ».

 

Pourtant en 1959, grâce au plan du général Challe, la victoire est proche. L’idée maîtresse consistant à traiter de manière successive des surfaces importantes avec des moyens considérables, dans le but de réduire à néant les bandes de fellaghas. Le plan comporte de nombreuses opérations : les zones refuges d’Oranie, la couronne d’Alger, le passage du Hodna, le Grande et la Petite Kabylie, le nord Constantinois. Enfin, de septembre 1960 à avril 1961, se déroule l’importante tâche dans les Aurès. Et à toutes ces opérations s’ajoutent des missions dans l’Atlas saharien. En encerclant les zones, en bloquant toutes les issues possibles, l’Armée française provoque des dégâts majeurs – jusqu’à 50 % dans l’Oranie – au sein de l’ALN.

 

Comme l’indique le général Glavany dans une interview accordée au Souvenir Français : « Nous n’avions plus alors en face de nous de grande « katibas » organisées et pouvions, à juste titre, considérer que nous étions vainqueurs sur le terrain. Mais le terrorisme urbain persistait et, sur le terrain même, des petites bandes fluides nous condamnaient à attaquer, à attaquer sans cesse et à tuer. Totalement intégré à cette division parachutiste dont j’étais solidaire, je restais néanmoins un aviateur et gardais ma liberté d’esprit et de jugement. Si je n’étais pas lassé des combats – car l’allégresse des combats, cela existe – je voyais avec consternation ce beau pays peu à peu crucifié tandis que l’amertume des officiers montait tout autour de moi devant une politique qu’ils ne comprenaient point. »

 

De fait, en avril 1961, quatre généraux (Challe, Jouhaud, Salan et Zeller) fomentent un putsch et s’emparent du pouvoir à Alger dans le but de préserver l’Algérie à la France, donc d’aller contre la politique voulue par le général de Gaulle, alors président de la République. Plusieurs régiments de la Légion et de parachutistes suivent, mais l’aventure ne dure que quelques jours… Moins d’un an plus tard, le 19 mars 1962, les accords d’Evian sont conclus : ils donnent naissance à la République algérienne démocratique et populaire, dont l’avènement doit être proclamé le 5 juillet 1962.

 

Commencent alors l’exode massif des Pieds-Noirs (familles françaises installées, parfois depuis 1830, en Algérie), les massacres d’Européens et encore plus des musulmans qui ont aidé les Français, tels les Harkis.

 

 

Oran – 5 juillet 1962.

 

Le 1er juillet 1962, la population algérienne, par référendum, vote à une écrasante majorité l’indépendance de son pays. La France reconnait l’Algérie comme Etat indépendant deux jours plus tard. Et la déclaration d’investiture du GPRA (Gouvernement provisoire de la république algérienne) est officielle le 5 juillet.

 

En apprenant cette nouvelle, les populations descendent dans les rues. C’est une explosion de joie. A Oran, la population européenne est encore importante. Même sous la contrainte (« la valise ou le cercueil »), des dizaines de milliers de Français ne peuvent boucler leurs affaires en quelques semaines. Dans un article paru le 28 février 2002 dans le Nouvel Observateur, l’historien Benjamin Stora indique : « Vers 11h du matin, des milliers de manifestants venant des quartiers musulmans envahissent la ville européenne. Les premiers coups de feu éclatent et jettent une population prise de panique dans toutes les directions. (…) Dans les rues soudain vides commence une chasse aux Européens ».

 

Normalement, les accords d’Evain prévoient la protection des Européens et des Harkis. Mais à Oran, le responsable des troupes françaises, le général Katz, n’intervient pas. Bien sûr, les avis divergent : est-il au courant de ce qui se déroule à quelques mètres de lui ? Exécute-t-il strictement les ordres qui lui ont été donnés (le Journal des Opérations du secteur d’Oran indique que les troupes sont consignées dans les casernes) ? Et Alain Peyrefitte, dans « C’était de Gaulle » (Ed. Fayard), rappellent les mots du général : « La France ne doit plus avoir aucune responsabilité dans le maintien de l’ordre après l’autodétermination. Elle aura le devoir d’assister les autorités algériennes ; mais ce sera de l’assistance technique. Si les gens s’entre-massacrent, ce sera l’affaire des nouvelles autorités ».

 

Les troupes françaises finissent par sortir en début d’après-midi. Trop tardivement. Au cours de cette journée, à Oran, comme dans toute l’Algérie, des milliers d’Européens sont passés par les armes et ils sont encore plus nombreux ceux que les familles ne reverront jamais.

 

 

 

Sources :

 

·         Ville de Meudon : www.ville-meudon.fr

·         Entretiens avec le général Roland Glavany, 2008-2010.

·         Joseph Katz, L’honneur d’un général : Oran, 1962, L’Harmattan, 1993.

·         Georges-Marc Benamou, Un mensonge français : retours sur la guerre d’Algérie, Robert Laffont, 2003.

·         Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.

·         Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Fayard, 1994.

·         Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.

·         Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.

 

 

 

Par Souvenir Français des Hauts-de-Seine - Publié dans : Témoignages-Portraits - Algérie
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