Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Paul Jourdier de Neuilly.

Publié le 9 Décembre 2015

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Paul Jourdier de Neuilly.

Biographie.

Paul Jourdier est né le 20 octobre 1907 à Nevers dans la Nièvre. Son père, officier d'active, a été tué en 1914, tout comme un de ses frères en 1918.

Il entre à Saint-Cyr (promotion « Maroc et Syrie ») en 1925 et en sort en 1927 pour faire carrière dans la cavalerie. Il est nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1927. A sa sortie de l'Ecole d'Application de Cavalerie, il est affecté en 1928 au 12e régiment de chasseurs.

Le 1er octobre 1929, il est promu lieutenant et se porte volontaire pour le Maroc qu'il rejoint le 18 février 1930. Avec le 27e escadron d'automitrailleuses de cavalerie, et le 1er régiment étranger de cavalerie où il effectue un bref détachement en 1931, il participe jusqu'en août 1932 aux combats de pacification au sud de l'Atlas au cours desquels il est cité à l'Ordre de l'Armée.

A son retour en France, il sert successivement au 9e régiment de cuirassiers à Lyon et au 4e régiment de spahis marocains à Senlis. Il propose alors une méthode de tir des canons antichars pour laquelle il reçoit un témoignage de satisfaction ministériel.

En avril 1938, il est affecté à sa demande aux Troupes du Levant et rejoint le 8e groupe d'automitrailleuses à Damas. Il est promu capitaine le 25 mars 1939. Le 15 avril 1939, il prend le commandement du 1er escadron du 1er régiment de spahis marocains (1er RSM) qui stationne à Beyrouth. Lors de l'armistice de juin 1940, son escadron fait partie d'un groupe de reconnaissance en manœuvre dans le sud Liban.

Le 30 juin 1940, refusant l'armistice, et sans avoir connaissance de l'appel du général de Gaulle, il franchit la frontière de Palestine entraînant derrière lui les volontaires de son escadron pour rejoindre les Britanniques. L'escadron de Spahis du capitaine Jourdier, renforcé par des volontaires venus d'Egypte et du Levant, rejoint la 5e division indienne au Soudan, à la frontière de l'Erythrée, où il prend position le 9 décembre 1940. Dès le lendemain, l'escadron de spahis, rattaché à un Bataillon du 4e marhattes puis du 10e beloutches, entreprend quotidiennement des patrouilles de reconnaissance à cheval dans les lignes italiennes.

Le 2 janvier 1941, à Umbrega, Paul Jourdier engage le combat avec son escadron contre un parti italien plusieurs fois supérieur en nombre à qui il inflige de lourdes pertes. Lors de ce combat, les spahis livrent la dernière charge au sabre de la cavalerie française et apportent à la France Libre son premier succès terrestre face à l'ennemi. Le 18 janvier 1941, à Om Ager, l'escadron Jourdier combat à nouveau avec succès face à un ennemi bien supérieur en nombre en accomplissant une mission de reconnaissance décisive dans la préparation de l'offensive britannique vers Keren déclenchée le lendemain.

Paul Jourdier est promu chef d'escadrons le 25 février 1941. L'escadron de spahis, augmenté de renforts, devient le 1er groupe d'escadrons de spahis. Le 20 mai 1941 le chef d'escadrons Jourdier rejoint avec le 1er escadron de spahis, commandé par le capitaine de Villoutreys la 1e division légère française libre au camp de Qastina en Palestine. Au début de la campagne de Syrie où le 1er escadron de spahis subit de lourdes pertes, il commande l'avant garde du groupement Tcherkess du colonel Collet, puis, le 19 juin 1941, prend le commandement de ce groupement jusqu'à l'armistice de Saint Jean d'Acre.

Les spahis sont alors réorganisés en plusieurs escadrons dans un groupe de reconnaissance (GRCA) formé par Paul Jourdier. Au printemps 1942, dotés de moyens disparates, ils participent à la campagne de Libye au sein de la 8e armée britannique. Le GRCA est alors scindé en deux groupes de reconnaissance (GR) autonomes.

Cette décision, conforme aux pratiques britanniques limitant la reconnaissance à la seule recherche du renseignement, va à l'encontre des conceptions de Paul Jourdier. Pour lui, comme il l'a montré depuis les premiers engagements en Erythrée, les missions de reconnaissance ont pour but la recherche du contact avec l'ennemi et leur efficacité repose sur la capacité à concentrer des moyens puissants sous un même commandement. Aussi, durant tout l'été 1942, dans la situation dramatique créée par l'avancée ennemie jusqu'à 200 kilomètres du Nil, déploie-t-il inlassablement son énergie pour équiper les spahis en matériels modernes dont il fait renforcer l'armement, les rassembler et les organiser en un régiment de reconnaissance à deux escadrons d'automitrailleuses et un escadron d'autocanons.

Il permet ainsi à la France Libre de disposer de son premier régiment blindé qui prend le nom de 1er régiment de marche de spahis marocain (1er RMSM). Paul Jourdier quitte le commandement de ses spahis le 23 septembre 1942, veille de la création de ce régiment, dont deux escadrons prendront part, le mois suivant, à la bataille d'El Alamein.

Il prend alors le commandement du groupe d'escadrons légers nord Syrie à Alep. De novembre 1943 à juin 1945, il est chef du cabinet militaire du Résident Général de France en Tunisie.

Ensuite, promu lieutenant-colonel le 25 juin 1945, il est attaché militaire près l'ambassade de France aux Pays-Bas jusqu'en 1947, avant de prendre le commandement du 5e régiment de chasseurs d'Afrique à Maison Carrée (Alger) en 1948 et 1949. Affecté successivement à l'Etat-major de l'Inspection des Forces Terrestres, Maritimes et Aériennes d'Afrique du Nord, au bureau de garnison d'Alger et, à partir de septembre 1955, à l'Etat-major de la subdivision militaire de Paris, il termine sa carrière active en 1961.

Il laisse à ceux qui ont servi sous ses ordres le souvenir d'un chef ferme et décidé, jamais pris de court par les événements, accordant à ses subordonnés le maximum d'initiatives et les couvrant chaque fois qu'ils en faisaient preuve.

Paul Jourdier est décédé le 2 avril 1995 à Neuilly sur Seine. Il a été inhumé au cimetière de Verneuil (Nièvre).

Décorations.

  • Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération – décret du 1er février 1941.
  • Croix de Guerre 39-45 avec palme.
  • Croix de Guerre des TOE avec palme.
  • Croix du Combattant.
  • Médaille Coloniale avec agrafes "Maroc", "Sahara", "Erythrée", "Libye".
  • Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et Maintien de l'Ordre en AFN.
  • Mention in a Despatch (GB) .
  • Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc).
  • Officier d'Orange Nassau (Pays-Bas).
  • Commandeur du Nicham Iftikhar.

© Ordre de la Libération.

Rédigé par Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Publié dans #Témoignages-Portraits - 1939-1945

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