Ils sont morts pour la France, à Colombes, en aout 1944.

Publié le 12 Janvier 2018

Ils sont morts pour la France, à Colombes, en aout 1944.

Un peu partout en Région parisienne des habitants et des Résistants sont tombés sous les balles ennemies au moment de la libération en 1944. Leur souvenir est évoqué chaque année au mois d’août et est, généralement, rappelé par des plaques apposées ici et là. Voici l’exemple de Colombes, raconté par Mme Chantal Barthélémy-Riuz :

 

« Le 20 août 1944, Gaston Goethals mourrait sous les balles allemandes. Il se trouvait avec un petit groupe rue Saint-Hilaire, près de l’ancien cinéma « Colombes Palace », situé à l’entrée de la rue Saint-Denis. Les Allemands tirèrent d’abord au canon sur la mairie, détruisant la verrière et endommageant l’escalier d’honneur. Peut être leur but était-il de délivrer certains des leurs qui avaient été enfermés par les Résistants du groupe Combat dans la mairie avant d’être transférés à Nanterre ; peut-être voulaient-ils, symboliquement, venger leurs camarades. Mais après la mairie, et se dirigeant vers le centre-ville, les soldats continuèrent de décharger leur colère sur tous ceux qui se hasardaient dans les rues. Ils aperçurent un groupe, ordonnèrent sa dispersion. Gaston Goethals n’obtempéra pas aux ordres. Ils l’abattirent.

 

On sait peu de choses sur Jean Geny, qui tomba le 21 août lors d’un mitraillage au carrefour des Quatre Routes, au Petit Colombes, dans un environnement où de nombreuses barricades avaient été dressées par les FTP (Francs-Tireurs Partisans). Depuis deux jours, le boulevard du havre, aujourd’hui boulevard Charles de Gaulle, constituait le principal axe de déplacement des armées allemandes en déroute. Pour ralentir les mouvements de l’ennemi, les résistants avaient semé des « crève-pneus », sur la chaussée. Ces clous à deux pointes, fabriqués spécialement, avaient la particularité de se présenter en toutes circonstances une pointe orientée vers le hait. Ils étaient si efficaces d’ailleurs que les Allemands avaient pris l’habitude de balayer la chaussée devant leurs convois. Pour échapper aux embuscades, ils tirèrent, faisant de nombreux blessés parmi les Résistants et un tué, Jean Geny.

 

D’Augustin Rilova, tué le 25 août, on est seulement assuré qu’il était chaudronnier et vivait rue des Champs Félix. Il était membre des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur). Il était sans doute, soit un Résistant isolé, soit un jeune qui venait de se rallier au mouvement de la libération. Il trouva la mort au Pont de Charlebourg, fauché par une rafale de mitraillette au passage des Allemands en retraite. Ceux-ci jetèrent son corps sur les voies de chemin de fer. Compte-tenu de son jeune âge, 18 ans, cette mort toucha beaucoup les Colombiens.

 

René Lege, jeune combattant volontaire de la Résistance, fut tué, à 23 ans, lors d’un combat contre les troupes allemandes, près du Pont-aqueduc, dit Pont de l’Usine des Eaux. Secrétaire des Jeunesses communistes de Colombes, il s’était engagé dès 1940 chez les FTP. Tourneur à l’usine « Société Mécanique de Précision », il participa à l’impression et la diffusion de publications clandestines. Il s’était en particulier mobilisé contre le STO. Un temps en Normandie, il revint en Région parisienne pour faire sauter la permanence de la Légion des Volontaires Français à la Garenne. Le 25 août 1944, René s’était placé en embuscade avec quelques hommes au Pont d’Argenteuil. Mais les nazis étaient très supérieurs en nombre et prirent rapidement le dessus sur les Résistants. Le lieutenant FTP ordonna la retraite. Repéré par l’ennemi, René Lege fut abattu.

 

Enfin, le jour de la libération de Colombes vit la mort d’André Sarre, gardien de la paix et membre des FFI. Né en 1914, André Sarre travaillait au commissariat de police de Colombes. Depuis le 21 août 1944, les administrations, dont le commissariat, étaient fermées. Ce 25 août, seuls circulaient les Allemands qui fuyaient la capitale. Avenue de Gennevilliers, trois jeunes hommes en civil sortant d’une traction s’opposèrent à deux Allemands en moto. Les Français étaient armés de révolvers, quand les Allemands de mitraillettes. Après quelques tirs, un des trois Français fut grièvement blessé ; c’était André Sarre, qui fut transporté à la clinique de la rue de la Gare, devenue depuis le siège du commissariat de police. André Sarre ne survécut pas à ses blessures."

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Archives photographiques de la Délégation générale du SF 92.
  • Site Internet du comité de Colombes du Modem.
  • Site Internet de Chantal Barthélémy-Riuz, conseillère municipale à Colombes.

Rédigé par Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Publié dans #Témoignages-Portraits - 1939-1945

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