Les hôpitaux militaires temporaires des Hauts-de-Seine.

Publié le 4 Août 2018

L’école Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux, transformée en hôpital temporaire.

L’école Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux, transformée en hôpital temporaire.

Le Service de Santé et les hôpitaux.

La Première Guerre mondiale ne devait pas durer. Elle ne devait pas non plus être particulièrement meurtrière. Pour autant, l’Armée française veut prendre en compte les blessés à venir. Elle a l’expérience du Premier empire. Grâce aux actions de Percy ou de Larrey, la situation des blessés sur les champs de batailles et après se sont améliorées. Mais ce sont les désastres sanitaires des campagnes de Crimée, d’Italie puis de France en 1871, qui permettent des réformes profondes en 1882 et 1889. Elles accordent l’autonomie technique puis administrative au Service de santé dont le potentiel d’innovation et de réalisation est enfin libéré.

Donc, en 1914, personne ne suppose un tel nombre de blessés, ni envisage des blessures d’une telle gravité. Les soins doivent être apportés le plus tôt possible et au plus près des combats, car au global, entre 1914 et 1918, la France va connaître 3,4 millions de blessés et mutilés et 1,5 millions de morts et disparus. Et ce, sur 8,6 millions de soldats mobilisés au cours de ces quatre années.

Durant la Première Guerre mondiale, le service de santé militaire est organisé par armée, et, schématiquement, il se divise entre un service de l’avant et un service de l’arrière. Après les premiers mois de guerre, un service central de santé est créé avec un triple objectif : accélérer la relève des blessés et leur évacuation ; réorganisation des hospitalisations ; avancées dans les différentes spécialités médicales et chirurgicales (la chirurgie réparatrice par exemple).

Situées au niveau des divisions et des corps d’armée, les services de l’avant assurent le traitement immédiat, le relèvement et le transport des malades et des blessés. Ils comprennent principalement le service régimentaire, les groupes de brancardiers qui portent le blessé jusqu’au poste de secours, les ambulances et les sections d’hospitalisations. Au poste, le blessé est « fiché » selon la gravité avérée ou supposée de sa blessure et est évacué. Sa fiche va l’accompagner tout au long de son évacuation.

Les ambulances sont situées non loin des lignes de combat (entre 10 et 15 km). Les hôpitaux qui se trouvent dans la zone des armées sont appelés Hôpitaux d’origine d’étapes (HOE) ou encore Hôpitaux d’évacuation. Les HOE primaires ou HOE 1 se trouvent près des lignes de feu. Les hôpitaux d’évacuation de deuxième ligne sont installés entre 50 et 150 km et enfin les HO3 sont à la limite de la zone des armées et de la zone de l’intérieur à proximité d’une gare.

Il y a également des hôpitaux permanents et des hôpitaux temporaires :

  • Les hôpitaux permanents sont les hôpitaux militaires ; ils peuvent également être mixtes ou civils. Pour les mixtes, ce sont des hôpitaux civils des villes dont l’effectif de la garnison est supérieur à 300 hommes et ils sont tenus d’ouvrir des salles ou des pavillons spéciaux pour les malades militaire de la garnison. Dans les hôpitaux civils, les malades militaires peuvent s’y trouver quand ces mêmes villes sont sans garnison ou dont l’effectif militaire n’atteint pas 300 hommes.
  • Les hôpitaux temporaires peuvent être complémentaires (ils sont alors constitués exceptionnellement lors des guerres sur tous les théâtres d’opérations) ; auxiliaires (ils sont ouverts par les sociétés d’assistance de la Croix Rouge française comme la Société de Secours aux Blessés Militaires, l’Union des Femmes de France ou encore l’Association des Dames Françaises). Enfin, ils peuvent aussi être bénévoles : ce sont des hôpitaux – ou parfois même des établissements de « rétablissements » des blessés – dus aux initiatives privées, s’administrant eux-mêmes et recevant du service de santé un prix de journée forfaitaire (de nombreux châteaux –Vaux-le-Vicomte ou Chenonceau par exemple -  ou des espaces publics ont été dans ce cas).

 

Georges de Blanquet de Puteaux.

 

Georges de Blanquet de Rouville nait le 14 décembre 1889 à Puteaux, dans le département de la Seine. De la classe 1909, il porte le matricule 12.487 au Corps et 617 au recrutement du Bureau de Sens dans l’Yonne. Sous-lieutenant au 150e régiment d’infanterie, il est évacué pour maladie au printemps de l’année 1915, alors que sa division se bat en Argonne. Il meurt, le 9 juin 1917, au château de Palteau situé sur la commune d’Armeau, dans le département de l’Yonne.

Ce château est resté célèbre dans l’Histoire de France pour avoir abrité l’homme au masque de fer, certainement le prisonnier le plus connu encore de nos jours. Le séjour fut bref car il ne s’agissait alors que d’un transfert entre la Bastille et la forteresse de Sainte-Marguerite, dans le sud de la France. Le château est à ce moment-là la propriété de Bénigne de Saint-Mars, mousquetaire de la garde, et gouverneur de la Bastille.

Pendant la Première Guerre mondiale, le château de Palteau est un hôpital temporaire bénévole.

 

Quelques hôpitaux des Hauts-de-Seine.

 

A Paris, tous les hôpitaux sont concernés bien entendu. Mais de nombreuses écoles et lycées sont réquisitionnés. Et c’est le cas également d’édifices comme le Grand Palais ou le Panthéon, les magasins du Louvre ou des espaces dans ceux du Bon Marché. Il en est de même pour les villes autour de Paris, comme en Province.

Dans les Hauts-de-Seine, on peut citer (liste exhaustive ?) :

 

  • Neuilly-sur-Seine : le restaurant Gillet ; l’Hôpital américain ; l’Hôpital du Pavillon Royal ; l’Hôpital espagnol ; l’Ecole pratique pour les militaires aveugles de guerre ; la portion centrale du Château de Madrid ; les Sœurs Saint-Thomas de Villeneuve ; la Maison de Santé du Docteur Hartmann ; l’Hôpital Hahnemann ; Hôtel de la Reine Elisabeth, villa Borghèse ; la villa de M. Pinguet ; un hôtel particulier boulevard Victor Hugo ; la Maison de santé Bonde ; l’école de fille de l’avenue du Roule ; la Maison de santé boulevard Bineau ; un hôtel particulier rue du Centre…
  • Issy-les-Moulineaux : l’école Saint-Nicolas ; l’hospice des Petits Ménages ; le couvent des Sœurs de Saint-Thomas ; le Grand Séminaire ; la Villa Moriss rue Lasserre.
  • Rueil-Malmaison : l’Hôpital Tuck ; le Sanatorium de La Malmaison ; la fondation Cognacq ; la Villa Haby-Sommer ; la Villa Ahlstrom ; la Propriété Dufaure ; une propriété rue de la Jonchère ; la caserne.
  • Vanves : le lycée Michelet ; les Sœurs franciscaines.
  • Levallois-Perret : l’Hôpital anglais ; l’Hôtel Reynaud ; la Fondation Isaac Pereire.
  • Puteaux : le dispensaire Marie-Hélène ; le couvent des Sœurs de l’Assomption.
  • Saint-Cloud : l’Hôpital canadien, situé non loin du champ de courses ; l’hospice ; l’Etablissement physio-thérapeutique ; l’Ecole nouvelle d’instituteur ; le château de Béarn.
  • La Garenne-Colombes : l’Atelier pratique des aveugles de guerre ; l’Institution libre.
  • Clichy : l’hôpital chirurgical ; la propriété Maès.
  • Meudon : la Maison Saint-Philippe ; la Maison des Missions.
  • Clamart : l’hospice ; l’Hôpital du Perpétuel Secours ; le groupe scolaire Jules Ferry.
  • Chatenay-Malabry : la propriété de Mademoiselle Gosselin.
  • Ville d’Avray : le monastère Alphen ; le château de Ville d’Avray.
  • Sèvres : la Maison Les Peupliers ; la Maison de santé de la rue Brancas ; l’hospice.
  • Chaville : L’Hermitage.
  • Fontenay-aux-Roses : l’Ecole normale d’institutrice ; l’hospice civil.
  • Colombes : le Pavillon neuf.
  • Courbevoie : l’Union belge ; la Maison de santé ; la Maison de retraite ; l’orphelinat des Arts.
  • Malakoff : l’Institution Notre-Dame de France.
  • Chatillon : les Sœurs de Sainte-Anne.
  • Asnières-sur-Seine : les Etablissements Tricotel ; l’Ecole Sainte-Geneviève ; l’hôpital Montesquieu.
  • Nanterre : l’école maternelle du boulevard du midi.
  • Sceaux : le lycée Lakanal.
  • Bois Colombes : la clinique chirurgicale de la Côte Saint-Thibaut.
  • Boulogne : l’Institut Saint-Joseph.
  • Suresnes : une villa, rue du Mont Valérien.
  • Vaucresson : la Villa Croix-Blanche.
  • Montrouge : le pensionnat de jeunes filles rue Marcellin Berthelot.
  • Antony : les Dames de Saint-Raphaël.
  • Gennevilliers : l’école de garçons de la rue de Paris.
  • Bagneux : la maison Saint-Michel.

 

 

 

 

Sources

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Site « Historix » sur l’histoire de la radiologie aux Hôpitaux de paris pendant la Première Guerre mondiale.
  • Site geneawiki.
  • Service de santé des armées sur le site du ministère des Armées : www.defense.gouv.fr.
  • Pierre Pluchon, Histoire des Médecins et pharmaciens de Marine et des Colonies, 1985.
  • Médecine et Armées, revue du Service de santé des armées : Tricentenaire du Service de santé des armées, décembre 2008.
  • Éric Deroo, La médecine militaire : Le service de santé des armées, ECPAD, 2008.
  • Site sur les hôpitaux militaires pendant la Première Guerre mondiale, sur la plateforme www.overblog.com
  • Travaux de Sandrine Heiser, chef de projet aux Archives nationales.
  • Site Historim – Site sur l’histoire d’Issy-les-Moulineaux