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Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 16:33

AG La Garenne 2011-1

 

De gauche à droite : Gisèle Moulard, Yves Pérrée, Robert Duval et André Labour.

 

 

Cette assemblée s’est tenue 23bis rue du Château, le 12 mars 2011, à partir de 15 heures 15. Après la diffusion de la ‘’Marseillaise’’, le président Robert Duval a présenté les demandes d’excuses de Philippe Juvin, maire, et de plusieurs membres absents en raison de leur état de santé, ou à cause de l’éloignement. Il accueille les participants, remercie les membres de la municipalité et du conseil municipal présents, ainsi que Robert Pichard, les jeunes porte-drapeaux et leurs parents. Puis, il demande à Yves Perrée, adjoint au maire délégué aux Associations patriotiques, de présider la séance. Ensuite, il invite à respecter un moment de recueillement en souvenir des membres des associations décédés en 2010.

 

L’assistance écoute alors les différents rapports :

compte-rendu de l’assemblée générale du 13 février 2010 par Gisèle Moulard

- rapport moral par Robert Duval. Le président rappelle la participation à de nombreuses cérémonies, remercie les porte-drapeaux, en particulier les jeunes qu’il félicite et encourage à venir participer chaque fois que cela leur est possible. Il nous rappelle le besoin de fidélisation des adhérents et sollicite de la part de chacun l’inscription d’un nouvel adhérent et enfin, il exprime ses remerciements envers la mairie pour ses aides diverses et importantes.

compte-rendu financier par Gisèle Moulard.

- rapport du commissaire aux comptes par Alain Pouilly,

 

 

Tous ces exposés sont adoptés à l’unanimité.

 

Lors de son intervention, André Labour, délégué général des Hauts-de-Seine, se réjouit d’être une nouvelle fois parmi nous. Après avoir regretté, au niveau du département, une baisse d’effectifs, il nous rappelle l’origine du Souvenir-Français et sa finalité. Il compte sur les actions publicitaires dans la presse pour associer les jeunes générations. Il exprime sa conviction dans la possibilité de nouvelles adhésions par la nécessité de promouvoir le souvenir. Il prône la reconduction de l’organisation de visites au profit des lycéens au Mémorial du Mont-Valérien suivi de la cérémonie du ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe. Après avoir rappelé la nouvelle présentation de la revue, il souhaite notre participation au congrès national à Paris les 2 et 3 avril, ainsi qu’à l’assemblée générale départementale, le 6 novembre à Rueil-Malmaison qui est la ville qui possède le comité le plus important du département.

 

Yves Perrée félicite les nouveaux adhérents, les jeunes porte-drapeaux et leurs parents. Il nous transmet les remerciements de Théo Graber, président de l’ONAC-VG 92, pour la cérémonie du souvenir de la Bataille de Verdun et ceux de Lillian Brécard, fille de Yéo-Thomas, pour la participation des associations patriotiques à la cérémonie d’action de grâce célébrée à la mémoire de son fils en l’église protestante luthérienne le 12 janvier. Puis, après avoir rappelé plusieurs décès récents parmi les membres des associations patriotiques, il indique brièvement l’organisation de la journée du 8 mai prochain.

 

Afin de reconnaître la participation des jeunes gens à nos cérémonies, leur témoigner nos remerciements et les encourager à poursuivre, André Labour et Robert Duval remettent un diplôme d’honneur du Souvenir Français pour services rendus ainsi qu’un insigne, petit modèle, de porte-drapeau, à : Anis Abdnour, Jenny et Wendy Dransart, Marie Hubert, Hugo Belogi, Amaury et Tanguy Chevillard, Anthony Pouplot et Vadim Zacaropoulos.

 

Sur proposition de Robert Duval, le président général du Souvenir-Français a décidé l’attribution de médailles d’honneur à plusieurs membres du comité garennois, en remerciements des services rendus. André Labour, délégué départemental, procède à la remise de la médaille de bronze à Marie-Thérèse Duval et d’argent à Michel Krieff.

 

Yves Perrée remercie Robert Duval, André Labour, son épouse, les élus présents et tous les participants. Il renouvelle ses félicitations aux jeunes porte-drapeaux, aux médaillés du jour et lève l’assemblée vers 16 h 15. Ensuite, nous avons partagé les verres de l’amitié dans une ambiance chaleureuse.

 

 

 

Robert DUVAL

Président du Comité du Souvenir Français de La Garenne-Colombes.

 

Pierre LUCAS.

Président du Comité d'Entente des Associations patriotiques de La Garenne-Colombes.

 

 AG La Garenne 2011-2

 

 

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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 13:28

 

Desert Storm

 

 

Plan de l’attaque « Tempête du Désert » en 1991 (copyright Wikipedia).

 

 

De la Révolution iranienne à l’invasion du Koweit.

 

En février 1979, après plusieurs mois de manifestations et de répressions sanglantes, l’ayatollah Khomeini prend le pouvoir en Iran, mettant fin au règne du Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi. Bientôt il installe une République islamique. L’année suivante, ce gouvernement appelle ouvertement les Irakiens à renverser à leur tour leur dirigeant.

 

A la même époque, le général irakien Saddam Hussein, à la tête du parti Baas, annonce le départ d’Ahmad Hasan al-Bakr et devient le nouveau président de la République. Devant les menaces proférées par son puissant voisin perse, l’Irak décide d’attaquer l’Iran le 22 septembre 1980. Commence un conflit qui va durer près de huit ans, et va provoquer la mort de 600.000 à un million de soldats. Le tout pour des gains territoriaux minimes et sans qu’aucun des belligérants ne devienne la force politique et militaire majeure dans cette région du golfe persique.

 

Dix années plus tard, le régime irakien sort affaibli de cette guerre. Ses dettes sont considérables, et notamment à l’égard de son petit mais très riche voisin : l’Emirat du Koweït. Jeune Etat créé en 1961, avec l’appui de la puissance britannique, il est en outre accusé, de faire baisser le cours mondial du pétrole du fait de sa faramineuse production. Membre créateur l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), l’Irak défend ses positions à maintes reprises au secrétariat de l’organisation à Vienne en Autriche. Il indique par ailleurs que le Koweït n’hésite pas à pomper de l’or noir dans des champs qui sont des propriétés irakiennes. Ce que l’autre partie récuse bien entendu. Peu à peu, l’Irak commence à désigner son voisin sous le terme de « 19ème province ». Il convient d’ajouter que le Koweït a une position géographique avantageuse avec une ouverture majeure sur le golfe persique, ce qui n’est pas le cas de l’Irak qui ne peut, de fait, multiplier les pipe-lines jusqu’à la mer.

 

Le 25 juillet 1990, Saddam Hussein rencontre l’ambassadeur américain à Bagdad et fait allusion à une possible intervention militaire. Les Etats-Unis, grâce à leur ensemble satellitaire, voient bien que l’Irak a amassé des troupes nombreuses près de la frontière du Koweït. Pour autant, le diplomate ne relève pas vraiment les dires du dirigeant irakien et laisse planer le doute sur une possible « remontrance » internationale. Aussi, le 2 août, les troupes irakiennes envahissent le Koweït. En quatre heures, la petite armée de l’émirat est anéantie. La famille régnante a tout juste le temps d’échapper à ses ennemis.

 

L’Organisation des Nations Unies condamne cette invasion immédiatement et exige le départ des Irakiens. Les Etats-Unis, présidés par George Bush (élu en 1988) décident de renforcer leurs positions militaires auprès de son allié, l’Arabie Saoudite. La base de Dharan reçoit en quelques semaines plusieurs dizaines de milliers de GI’s. Par ailleurs, les Etats-Unis ne voulant pas être seuls face à l’Irak, et paraître ainsi une nouvelle fois comme le « gendarme du monde », George Bush réussit, via le Conseil de Sécurité des Nations Unies, à confédérer une alliance d’une soixantaine de pays.

 

Au cours de l’automne 1990, alors que des pays comme la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Canada, pour ne citer que les principaux contingents, mais aussi des pays arabes comme l’Egypte, la Syrie, Oman les Emirats Arabes Unis, l’Egypte et bien entendu l’Arabie Saoudite montent l’opération « Bouclier du Désert », l’ONU fait voter plusieurs résolutions visant à infléchir la politique de l’Irak. La Turquie quant à elle masse près de 100.000 soldats à sa frontière avec l’Irak afin de prévenir tout « débordement » en territoire kurde. Saddam Hussein devient un héros dans certains pays ou auprès de populations comme les Palestiniens : il n’hésite pas à parler de guerre « arabe et sainte » contre les puissances occidentales et ses alliés. Pour donner corps à sa politique, il fait prendre des centaines d’européens en otage. Ce sont principalement des ouvriers et des ingénieurs de l’industrie pétrolière se trouvant là au moment de l’invasion du Koweït. Après plusieurs semaines, il finit par les faire relâcher.

 

L’opération « Bouclier du Désert » vise à recevoir et organiser l’ensemble des matériels et des soldats des pays coalisés. Elle commence le 6 août 1990, pratiquement au lendemain de l’invasion du Koweït, pour s’achever au début de la guerre proprement dite. C’est en effet le 16 janvier 1991, après d’ultimes demandes à l’Irak de se retirer, que des centaines d’avions de la coalition bombardent les positions ennemies. L’opération « Tempête du Désert » vient de commencer. Entre cette date et le mois de février 1991, plus d’un millier d’avions bombardent les positions irakiennes. A ce moment-là, les spécialistes estiment que l’ennemi a déjà perdu 20% de ses capacités. Ce qui ne l’empêche pas d’envoyer plusieurs missiles Scud sur Israël et sur l’Arabie Saoudite, faisant quelques dizaines de victimes.

 

Le 24 février 1991, les Américains déclenchent l’offensive terrestre. En quatre jours, les coalisés sont à Koweït City, capitale de l’Emirat. La ville est en ruine, les puits de pétrole sont en feu, mais Saddam Hussein fait annoncer que l’Irak se retire du pays, et accepte les résolutions de l’ONU, « sans conditions ».

 

La France, sous la présidence de François Mitterrand, a fait déployer le dispositif de « l’Opération Daguet » : 19.000 hommes, 15 navires, 60 avions, 120 hélicoptères et plusieurs centaines de chars légers et autres blindés.

 

 

Frédéric Rignault - Délégué général adjoint.

 

 

« Ma guerre du Golfe » par Jean-Dionis Singer.

 

Jean-Dionis Singer est électricien-frigoriste ; il est aussi porte drapeau du comité du Souvenir Français de Suresnes. Ancien engagé, il a participé à la guerre du Golfe en 1991 en tant que caporal au 3ème RIMA (régiment d’infanterie de marine).

 

La prise d’Al Salam.

 

« Les compagnies du 3ème RIMA, stationnées au quartier Foch-Délestraint, quittent Vannes puis Toulon en direction de Yanbu, port de la Mer Rouge – la cité du roi Calede – en Arabie Saoudite. Notre première mission, à Rafat, consiste à établir un camp pour recevoir les futurs prisonniers de guerre. A nos côtés, les Américains font leur propre camp. Les échanges sont fréquents, et ils nous apprennent des techniques à faire et à retenir vis-à-vis des prisonniers. Notre colonel, Bernard T…, veut son régiment au complet. Alors, nous laissons le camp avec déjà un prisonnier aux hommes de la 4ème compagnie du 2ème RIMA.

 

Quelques jours avant l’offensive terrestre, le 3ème est au complet. Direction l’Irak via une route baptisée Rochambeau. Nous sommes maintenant dans le désert irakien. La progression des VAB (Véhicule de l’Avant Blindé) se fait en ligne. Le 11ème RIMA est placé derrière nous. Avec ses canons de 155, ils nous offrent un feu d’artifice qui passe au-dessus de nos têtes. Le but étant de pilonner le terrain devant notre avancée.

 

La veille du combat, nous surplombons le fort d’Al Salam. Tous les marsouins ont les yeux et les armes braqués sur la ville et son fort. La nuit va être longue… Je suis dans mon VAB, les doigts sur les papillons de ma mitrailleuse 12,7. Brusquement, un coup d’œil sur ma droite : trois soldats irakiens, sortis de nulle part ! Les voilà au bout de mon canon. Il me suffirait de tirer et rien que le bruit les ferait coucher au sol. Mais ils avancent, les bras en l’air. Ils se rendent. Je donne l’alerte et je saute de mon véhicule, FAMAS (Fusil d’Assaut de la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne) en main. Je m’approche d’eux et le leur ordonne de se mettre à terre. Ils n’offrent aucune résistance. Ils sont mouillés de la tête au pied. Je les palpe. Ils n’ont pas d’armes. Je glisse mes mains de leur poche et en sort du pain mouillé. Comme leurs camarades de combat, ils viennent de subir des journées entières de pilonnages de l’aviation alliée. Ils expliquent qu’ils se sont rendus pour ne plus subir cela. Pour rien au monde, je n’aurais à ce moment-là voulu être sous ces orages de bombes.

 

Le lendemain, c’est le Jour J. Nous entrons dans la ville. Pas une âme qui vive. La veille des hélicoptères ont largués des tracts pour dire à la population de quitter les lieux. Les maisons sont visitées une à une et les armes trouvées sont récupérées puis étalées sur la place principale. Des journalistes présents n’hésitent pas à dire qu’elles proviennent du Koweït. Sacrés médias ! La photo de ces armes fera la une des journaux…

 

Ensuite, le commandement nous demande de nous positionner à l’extérieur de la ville. Les pelles US remplacent dans nos mains les FAMAS que nous mettons en « chasseur alpin » (dans le dos). Nous organisons notre défense : trous de combat, sacs de sable, tours de garde… ».

 

Contrôler les nomades.

 

« Après la conquête d’Al Salam, la 4ème compagnie du 3ème RIMA (surnommée « les Scorpions »), se déploie dans le désert. Notre but consiste à contrôler les nomades. Ils voyagent dans des camions équipés de citernes d’eau, et au-dessus de laquelle tout le monde prend place : femmes, enfants, moutons, plus les matériels pour monter leur camp. Les contrôles se passent sans problèmes. Ils nous offrent même du pain (un pain en forme de galettes). Je me demande ce qu’ils peuvent bien penser de nous. Ils sont là, depuis des milliers d’années ; ils vivent dans leur désert et ne demande rien à personne. Et nous, nous venons les contrôler. Mais c’est la guerre. Les troupes de marine se trouvent partout dans le monde où l’on a besoin d’elles : que ce soit pour les conflits ou dans le cadre d’une coopération militaire. Soutien médical ou soutien logistique, les marsouins et les bigors sont là, le cœur sur la main.

 

Servir en Irak, j’imaginais plutôt un temps sec. Et là, je suis au milieu de tempêtes de sables et bien souvent il pleut, comme dans ma Bretagne. J’ai gardé en mémoire une aventure avec une toile de tente, de type canadienne, juste retenue par une corde. Elle volait comme un cerf-volant. Encore une nuit sous la pluie… Pour autant, tout se passait pour le mieux. Le caporal T…, de la compagnie de commandement et des services du 3ème RIMA, sonna le cessez-le-feu. La guerre était finie. Retour sur Yanbu puis départ vers Marseille. Nous embarquons sur le Danielle Casanova. Cela nous change des bateaux de la Marine nationale. Arrivée à Marseille puis direction Vannes. La population nous accueille les bras ouverts. Nous défilons dans la ville, devant la population reconnaissante.

 

Par Saint-Michel, vive les paras et au nom de Dieu, vive la coloniale !

 

Caporal Jean-Dionis Singer, du 3ème RIMA ».

 

 

 

 

 

Sources :

 

·         Texte de Jean-Dionis Singer, ancien engagé au 3ème RIMA.

·         Encyclopédie Wikipedia.

·         Encyclopédie Larousse.

·         Site sur les Opérations « Bouclier du Désert » puis « Tempête du désert » : http://guerredugolfe.free.fr/

·         Vidéos sur la Guerre du Golfe : www.ina.fr ; www.youtube.com ;

·         Témoignage du général Jacques Manet, ancien chef de corps du 6ème REG (journal Midi Libre, en date du 6 avril 2011.

 

 

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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 10:55

 

Anori

 

 

Culture d’Arme, traditions, mémoire, rayonnement, promotion de l’esprit de défense et renforcement du lien Armées-Nation sont des éléments vitaux pour l’Infanterie française et c’est pourquoi l’Association Nationale des Réservistes de l’Infanterie (ANORI) leur consacre une attention toute particulière et, notamment, s’attache à la réouverture du Musée de l’Infanterie dans les meilleurs délais. Il s’agit de maintenir cette mission dans la partie supérieure de la pile des dossiers à traiter et d’assurer cette réouverture dans de bonnes conditions, propres à faire de ce Musée prestigieux un pôle d’attraction des Fantassins, de tous les soldats et de tous les citoyens et des amis de la France. Même si la préparation de cette opération d’importance ne défraye pas la chronique, les études préparatoires (hélas, non effectuées avant la fermeture du Musée de Montpellier, alors que l’anticipation et la planification sont des éléments essentiels pour une telle réalisation, comme pour toute opération militaire) sont en cours et progressent.

 

Un projet ambitieux.

 

Le ministère de la défense et les collectivités territoriales d’Alsace travaillent à la création d’un «équipement culturel de qualité à thème militaire dans un site d’exception autour d’un ambitieux projet : l’implantation des collections du Musée de l’Infanterie dans la place forte de Neuf-Brisach». Sous la présidence de M. Éric Straumann, député du Haut-Rhin, une commission scientifique et technique a élaboré un «document d’orientation scientifique et culturel du futur équipement muséographique, patrimonial et touristique de Neuf-Brisach», dans la perspective de «créer un lieu de culture, de rencontres et d’échanges entre le monde civil et le monde militaire».

 

Neuf-Brisach au cœur de l’Alsace et dans un environnement fantassin

 

La ville de Neuf-Brisach est située au cœur de l’Alsace, à 15 km de Colmar, à moins de 5km de la frontière avec l’Allemagne, à mi-chemin entre Bâle et Strasbourg. Elle est connue pour la place-forte construite par Vauban, qui a été inscrite au patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO. Elle se trouve aussi au sein d’un ensemble militaire avec la proximité du 152ème Régiment d’Infanterie à Colmar, du 35ème Régiment d’Infanterie à Belfort, du 1er Régiment de Tirailleurs à Epinal, du Régiment de Marche du Tchad à Meyenheim et de la Brigade franco-allemande à Müllheim (Allemagne) et également de hauts lieux de guerre, tels que le Vieil Armand (Hartmannswillerkopf) et le Linge. C’est dans la caserne Suzonni, dernière caserne restante de celles construites à Neuf-Brisach, que doivent être présentées les collections du Musée de l’Infanterie.

 

Un ensemble muséal très complet.

 

Dans le projet, il s’agit de faire plus qu’un musée. L’idée est d’avoir un ensemble avec la ville de Neuf-Brisach, la place forte de Vauban et le fonds patrimonial de l’Infanterie. Il comprendrait un pôle d’information sur le patrimoine des sites militaires, un centre d’interprétation de la fortification, une exposition permanente des collections et des expositions temporaires autour de la vie du Fantassin. Une revalorisation du centre historique que constitue la ville serait aussi de nature à attirer le public.

 

Il est également prévu d’établir un lien avec l’Université par la création d’un centre d’études et d’histoire du soldat, avec le fonds documentaire de l’Ecole de l’Infanterie. Pour les concepteurs du projet, il s’agit de constituer un fil conducteur du Musée avec l’Infanterie, vue comme l’expérience du soldat, avec sa vie quotidienne, la conscription, la présentation de l’Armée d’Afrique et aussi celle de la place-forte de Neuf-Brisach.

 

Attirer le public et répondre à ses attentes.

 

La muséographie proposée veut répondre aux attentes de tous les publics, à savoir « assister à des démonstrations, pouvoir toucher, faire soi-même, rechercher l’émotion, de sens et de découverte, lire moins, découvrir plus, avec différents niveaux de lecture, offrir l’opportunité d’une découverte partagée en famille ou entre amis, proposer du ludique, du divertissement ». Les locaux devraient comprendre l’accueil, avec boutique et commodités, l’espace de l’exposition permanente, l’espace des expositions temporaires, l’espace pédagogique, le centre de documentation, la salle de conférence, le point de restauration rapide, ainsi que l’entrepôt des réserves, l’atelier technique et les bureaux, soit en tout 5.700 mètres carrés dont 4.000 ouverts au public. Le coût de l’ensemble serait de l’ordre de 27 millions d’euros pour l’investissement, le futur budget de fonctionnement devant être pris en charge par le ministère de la Défense.

 

Une mission pour les Fantassins : œuvrer pour le nouveau Musée de l’Infanterie.

 

Comme on le voit, il s’agit bien d’un projet ambitieux qu’il convient de saluer et, en particulier, la volonté affirmée des collectivités territoriales d’Alsace, avec la participation du ministère de la Défense. L’ANORI se réjouit de voir la réouverture du Musée de l’Infanterie (en insistant pour qu’il conserve « Infanterie » dans son nom) s’annoncer sous de bons auspices, même si les délais apparaissent être bien trop longs. Il est, en effet, nécessaire d’insister aussi pour que cette réouverture intervienne en 2014, coïncidant ainsi avec le 100ème anniversaire du début de la Grande Guerre 1914-1918, conflit marqué essentiellement par l’affrontement des infanteries, et avec l’inauguration de la rénovation du site de l’Hartmannswillerkopf, haut lieu de l’Infanterie. En tout cas, en attendant sa réouverture, il convient d’entretenir la pérennité du Musée de l’Infanterie dans les esprits et d’assurer une communication et une présence du Musée durant toute la période de préparation et de réalisation par des communiqués, des publications, des expositions temporaires et itinérantes sur toute la France, etc. Pour sa part, l’ANORI présente en ligne sur son site (http://anorinfanterie.free.fr) une visite virtuelle de l’ancien musée sous le titre « Fenêtre sur le Musée de l’Infanterie » et ne manque pas une occasion de parler du futur Musée. Les Fantassins doivent agir en faveur de leur Musée et l’ANORI sera toujours en pointe pour atteindre le but fixé, fidèle à sa devise : Pour l’Infanterie, toujours en avant !

 

Lieutenant-colonel (h) Patrice FICHET

Président de l’ANORI – Président du Comité du Souvenir Français de Colombes.

 

 

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Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 10:55

Siroco - Dunkerque

 

 

 

 

 

 

Le Siroco (copyright Bruno Pruvost).

 

« Irrésistiblement, il regarda la mer. Elle était là, immobile, brillante sous le soleil, avec, à l’horizon, cette légère vapeur blanche des beaux temps. Elle fascinait. On ne voyait qu’elle. Tous les yeux se tournaient vers elle ardemment. Une si petite mer ! Si petite qu’on l’avait franchie à la nage ! Et elle s’étendait là, si calme, si accueillante, sous le soleil. Cela paraissait si facile d’atteindre l’autre bord ! La pensée s’y élançait d’un bond, en une seconde. Et sur l’autre bord, un monde intact commençait. Sur l’autre bord, il y avait l’ordre, le calme, la sécurité. »

 

Ces quelques lignes sont extraites du roman Week-end à Zuydcoote (prix Goncourt 1949), dans le lequel Robert Merle décrit les pérégrinations d'un soldat français dans la poche de Dunkerque en mai 1940, après la défaite franco-britannique. Les plus cinéphiles se souviennent aussi de Jean-Paul Belmondo, interprétant le sergent Maillat, héro désabusé de cette fin de semaine à la fois cocasse et tragique, dans l’adaptation au cinéma par Henri Verneuil en 1964.

 

Robert Merle, agent de liaison  avec les forces britanniques, est à Dunkerque en mai 1940. Il ne rejoindra pas l’Angleterre : fait prisonnier par les allemands, il reste en captivité jusqu’en 1943. Dans le roman, le sergent Maillat trouve la mort le dimanche après-midi enseveli sous les décombres de la maison bombardée où il s’est réfugié avec son amie Jeanne. Jeanne, qu’il a sauvé quelques heures plus tôt de deux violeurs, soldats français comme lui.

 

Raymond Foison, soldat au 19ème Train, dont le nom apparait sur le monument aux morts de Châtillon, a lui aussi trouvé la mort dans la poche de Dunkerque, le 31 mai 1940, alors qu’il est passager sur le torpilleur le Siroco, lors de l’opération Dynamo. Déclenchée le 21 mai 1940, celle-ci a pour but d'évacuer les effectifs des armées alliées britanniques regroupées dans la poche de Dunkerque à destination de Douvres.

 

Le Siroco, une des dix-huit unités de la deuxième flottille de torpilleurs, est commandé par le Capitaine de Vaisseau de Toulouse Lautrec. Dans les semaines précédentes, le valeureux bâtiment a déjà envoyé par le fond trois sous-marins, dont deux en un jour. Il a également manqué se faire couler, alors qu’il est en mission de soutien dans les eaux hollandaises : une bombe lâchée par un Junkers 86 touche le navire mais n’explose pas.

 

Le 30 mai le Siroco quitte le port de Douvres pour rejoindre Dunkerque par la route du nord. Il doit forcer le passage pour atteindre la jetée dunkerquoise : un navire anglais en bloque l’entrée ! Selon les témoignages son but est d’empêcher l’accès du port aux bâtiments venus chercher leurs troupes !

 

En fin d’après-midi, le Siroco embarque sept-cent-cinquante soldats, dont le soldat Raymond Foison, et reprend la route Y, la plus longue, vers les côtes anglaises. Vers deux heures du matin, alors que le navire prend le tournant d’une bouée éclairée, deux torpilles lancées par un schnell-boot allemand foncent sur lui par l’avant. Le commandant de Toulouse Lautrec fait éviter de justesse les engins de mort par une déviation rapide. Malheureusement deux autres torpilles atteignent le navire français sur son arrière, arrachant les deux hélices et occasionnant une voie d’eau.

 

Alors que le commandant demande par radio de l’aide qui ne vient pas assez tôt, un avion stuka ennemi qui rôde dans les parages repère le Siroco et pique sur lui malgré le feu des mitrailleuses du bord. Le stuka lâche deux bombes. La soute à munitions explose, emportant la moitié arrière du bâtiment, et entraînant dans la mort tous ceux qui s'y trouvent. Le Siroco coule en quelques minutes, son étrave dressée vers le ciel. Quelques hommes peuvent monter dans les radeaux de sauvetage.

 

Malgré l’arrivée à la rescousse d’un contre-torpilleur polonais et d’un paquebot anglais, le sauvetage est rendu particulièrement difficile par les grandes quantités de mazout libérées dans la mer. Le bilan est lourd, très lourd : six-cent-quatre-vingt morts ou disparus. Seuls deux cent soixante dix survivants sont recueillis.

 

Lors de l’opération Dynamo, trois-cent-trente-huit-mille-six-cent-quatre-vingt soldats, dont cent-vingt-trois-mille Français, sont ainsi débarqués en Angleterre. Cette évacuation maritime entraîne la perte d'un tiers des trois-cent-trente-six navires engagés. Elle cesse le 4 juin 1940: les Allemands viennent d'envahir la ville de Dunkerque.

 

 

Antoine Junqua.

 

 

Sources :

 

Week-end à Zuydcoote, Robert Merle, Ed. Folio

Site « Epaves au large de Dunkerque », http://dkepaves.free.fr/

 

 

Par Souvenir Français des Hauts-de-Seine - Publié dans : Témoignages-Portraits - 1939-1945
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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 18:55

 

boulogne1

 

Bombardements sur Boulogne-Billancourt.

 

 

 

 

Daniel Jouin, président du comité du Souvenir Français de Boulogne-Billancourt a recueilli le témoignage de Monsieur Jacques Dubois, maire-adjoint honoraire de la ville.

 

 

« La découverte récente d’une bombe de 500 Kg non explosée à Billancourt nous rappelle que la ville a subi plusieurs bombardements très meurtriers durant la Seconde Guerre mondiale. Présent dans la ville pendant toute la guerre j’en garde un souvenir très précis.

 

J’avais dix ans à la déclaration de guerre le 3 septembre 1939. On s’y attendait depuis la signature du pacte germano-soviétique qui laissait les mains libres à Hitler pour envahir la Pologne et poursuivre sa conquête de l’Europe. On ne parlait que de cela sur les plages des vacances et, nous, les enfants, nous comprenions très bien la menace que cela représentait. Dès la déclaration de guerre à l’Allemagne (suite à l’invasion de la Pologne) on s’attendait à ce que les centres industriels de France et d’Angleterre soient bombardés et il était prévu d’évacuer les enfants vers la campagne. Pour Boulogne-Billancourt un plan d’évacuation était organisé vers la Creuse. Mon frère et moi avons été accueillis par une tante dans sa propriété de Normandie ».

 

« N’oublie pas ton masque à gaz ».

 

« Aucune menace ne s’étant réalisée, nous avons regagné notre appartement de la rue Paul Bert et repris le chemin de l’école de la rue de Billancourt à la rentrée du 1er octobre 1939 avec notre masque à gaz.

 

En effet, la Grande guerre ayant inauguré l’emploi des gaz asphyxiants, tous les pays en guerre se préparaient à cette éventualité et les populations civiles des centres urbains avaient reçu des masques à gaz. Je me souviens très bien quand j’ai été chercher le mien avec ma mère et mon frère au poste de secours organisé dans le sous-sol de la mairie. Ce masque (made in Tchécoslovaquie, alors occupée par le Reich !) non seulement puait le caoutchouc mais nous donnait, comme à l’avance, une tête de mort.

 

Nous ne devions pas nous séparer de la grande boite en fer qui le contenait et que nous emmenions avec notre cartable à l’école. Nous ne réalisation pas vraiment la menace que supposait cet engin de guerre. Comment penser que des gens pouvaient imaginer de tuer par gaz des petits écoliers pacifiques ? Si les bombardements aux gaz des populations civiles n’ont pas eu lieu, les gaz ont servi à l’extermination des juifs et résistants dans les camps nazis.

 

Le premier bombardement, vécu comme écolier, est un raid de l’aviation allemande sur les usines Citroën en juin 1940. Nous étions en classe lorsque la sirène retentit. C’est sagement, en rang que nous nous sommes dirigés vers les abris qui étaient prévus pour les élèves de l’école Billancourt, dans le square Henri Barbusse sur l’emplacement actuel de la patinoire et de la piscine. Ces abris étaient de simples tranchées recouvertes de dalles de béton qui n’assuraient qu’une illusoire protection contre les bombes. Le dimanche suivant nous sommes allés en famille voir les dégâts occasionnés surtout à Paris. L’avenue de Versailles avait été particulièrement touchée et offrait un spectacle de destruction que nous avons vu à Boulogne-Billancourt lors des bombardements suivants.

 

Après le retour à une certaine tranquillité en 1941, nous, les enfants, avions repris une vie d’écolier presque normale. Le masque à gaz restait à la maison. Nous souffrions de dures restrictions et le ravitaillement nous obligeait à de queues interminables et pénibles dans le froid. Nous pensions que la guerre nous avait oubliés ».

 

Le 3 mars 1942.

 

« Ce fut donc une brutale surprise quand, le 3 mars 1942 vers 21 heures, le hurlement sinistre des sirènes placées sur la terrasse de la mairie nous fit prendre le chemin des caves et des abris. Nous étions réfugiés dans notre immeuble du 21 rue Paul Bert qui accueillait aussi, outre les locataires, des habitants du quartier.

 

Immédiatement après la sonnerie de l’alerte les premières vagues de bombardiers larguaient leurs bombes à basse altitude, par vagues successives. Dans l’abri, non éclairé, régnait une lourde angoisse. A chaque série d’explosions on rentrait la tête dans les épaules en attendant la vague suivante. Personne ne parlait on n’entendait seulement des prières et des «Je vous salue Marie » que récitaient certains. Quand la vitrine de la boutique non loin de nous s’effondra à grand bruit de verre brisé, on cru notre dernière heure venue. Après plus de deux heures le bruit des avions cessa et on pu regagner son logement mais la ville retentissait de sirènes d’ambulances et de voitures de police.

 

Le lendemain matin mon frère et moi nous nous présentâmes à l’école rue de Billancourt comme d’habitude. Mais l’accès nous était interdit par un soldat allemand casqué et armé d’une mitraillette car des bombes étaient tombées sur l’école et les élèves devaient être accueillis dans d’autres écoles. C’est ainsi que j’ai été affecté à l’école de la rue Fessart pendant plusieurs mois.

 

Nous avons parcouru la ville pour constater les dégâts. Des immeubles entiers étaient effondrés. C’était notamment le cas d’un grand immeuble de la rue de Paris dont les habitants étaient encore sous les décombres. On disait que certains avaient été noyés par l’eau des gazomètres qui avaient été détruits près du pont de Sèvres. L’hôpital Ambroise Paré était rasé. La petite église de Billancourt qui datait de l’Empire était en ruine.

 

Ce fut le premier bombardement en France occupée par les alliés. Il en eu bien d’autres par la suite ».

 

Le 4 avril 1943.

 

« Un an après, le 4 avril 1943, Boulogne-Billancourt subit un autre grand bombardement effectué, celui-là par l’aviation américaine et en plein jour par un beau dimanche après-midi. Après le bombardement du 3 mars 1942 une grande partie de la population avait quitté Boulogne-Billancourt pour se mettre à l’abri mais il restait encore de nombreuses familles sur place.

 

Le bombardement nous surpris rue de l’ancienne Mairie, devant l’église Sainte-Thérèse, où la troupe scoute se préparait pour une sortie au parc de Saint-Cloud. Il ne dura que quelques minutes comme si les équipages qui volaient à haute altitude étaient pressés d’échapper à la défense antiaérienne. Elle s’était d’ailleurs considérablement renforcée depuis le bombardement de 1942.

 

La bombe qui tomba près de l’église à quelques dizaines de mètres de moi me précipita dans la crypte. Elle éclata heureusement dans la terre meuble du jardin du curé en faisant un entonnoir énorme mais ne tuant miraculeusement personne. Toute la troupe s’était réfugiée dans la crypte sous le clocher avec les prêtres de la paroisse.

 

Hélas ce bombardement coûta la vie à notre mère qui périt dans le hall d’un immeuble du boulevard Jean- Jaurès où elle avait cherché refuge et où périrent plusieurs personnes. Notre père, quant à lui, échappa miraculeusement à la mort. Les dommages furent considérables en pertes humaines et beaucoup de Boulonnais quittèrent définitivement la ville. Il y eut encore plusieurs bombardements en septembre 1943 puis ils cessèrent. Les alliés préférant, dans la perspective du débarquement, choisir des cibles ferroviaires.

 

Entretemps j’avais intégré le lycée Jean-Baptiste Say à Auteuil où les cours étaient fréquemment interrompus par les alertes aériennes qui nous contraignaient à gagner les abris situés dans les caves des grands immeubles du quartier et ce, parfois plusieurs fois par jour. Puis les cours s’espacèrent jusqu’au printemps 1944 où on commençait à voir circuler des pistolets et autres révolvers de cartables en cartables à la barbe des miliciens cantonnés rue d’Auteuil.

 

Un détachement de la Division Leclerc entré dans Boulogne par le pont de Sèvres nettoya la ville des éléments de SS qui s’étaient retranchés dans les ruines de l’hôpital.

 

Les Boulonnais étaient libérés.

 

Plusieurs des aînés des scouts routiers de Billancourt, et habitant notamment dans la cité du Point du Jour (aujourd’hui Pierre Grenier), s’engagèrent immédiatement dans la 2ème DB qu’ils accompagnèrent au Bourget où de durs combats se déroulèrent après la libération de Paris. Malgré leur inexpérience, ils furent de vaillants combattants, certains obtenant même la Croix de guerre au feu.

 

Je veux rendre hommage à ces camarades scouts dont on a oublié le courage ».

 

Par Souvenir Français des Hauts-de-Seine - Publié dans : Témoignages-Portraits - 1939-1945
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