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  • MD 2010-015
Dimanche 16 janvier 2011 7 16 /01 /Jan /2011 09:27

 

Longboyau - neuville

 

 

La défense de la porte de Longboyau, au château de Buzenval. Peinture d’Alphonse de Neuville.

 

L’attaque du 21 octobre 1870.

 

La guerre de 1870 avait commencé par des batailles perdues et une Armée prussienne qui encercla Paris le 19 septembre.

 

Rueil est alors sur la ligne de front : le fort du Mont Valérien est tenu par des Français tandis que le parc du château de Buzenval l’est par des soldats prussiens et bavarois. Une attaque française est décidée pour le 21 octobre 1870. Elle a pour objectif les conquêtes des hameaux de la Malmaison, la Jonchère et Buzenval. Après une préparation d’artillerie de trois quart d’heure, l’assaut est donné à 14 heures. Les troupes françaises arrivent sous les pentes de la Jonchère, dans le parc de Buzenval et dans le parc de la Malmaison. Sous les ordres du commandant de Miribel, l’artillerie du capitaine Nismes se dirige vers la porte de Longboyau. Un combat y a lieu : les troupes allemandes et françaises se fusillent à bout portant à travers la grille de la porte. Un tableau du peintre Alphonse de Neuville retrace ce combat. Une copie existe à l’entrée de l’actuelle Institution Madeleine Danielou, à l’emplacement de la porte fameuse. L’attaque est un échec.

 

La sortie de Buzenval.

 

A partir du 26 décembre 1870, Paris est systématiquement bombardé. La famine et un hiver particulièrement rigoureux affaiblissent plus encore les Parisiens. Diverses sorties sont tentées. Elles sont toutes vouées à l’échec. Les assiégés commencent alors à négocier avec le chancelier Bismarck. Mais les conditions proposées sont considérées comme inacceptables.

 

Aussi, le 17 janvier 1871, une sortie est décidée. Elle doit reprendre la redoute de Montretout, à Saint-Cloud, ainsi que le château de Buzenval puis continuer au-delà de Garches pour réinvestir la Bergerie, point fortifié prussien en direction de Versailles. Le lendemain, dans la galerie des Glaces du château de Louis XIV, Bismarck proclame Guillaume II empereur d’Allemagne.

 

Le 19 janvier, la sortie de troupes françaises de Paris est lancée, avec environ quatre-vingt-dix-mille hommes et cent-cinquante canons de campagne. Trois colonnes sont prévues : à gauche – à l’est –  la colonne Vinoy qui doit prendre la redoute de Montretout et continuer sur Garches ; au centre, la colonne Carey de Bellemare, qui doit s’emparer du château de Buzenval et continuer sur la Bergerie à Garches ; à droite, la colonne Ducrot qui doit franchir le mur de Longboyau, occuper le bois de Saint-Cucufa et se retrouver ensuite les hommes de Carey de Bellemare à la Bergerie.

 

Les conditions climatiques sont désastreuses : le brouillard a rendu difficile la mise en place des troupes ; la neige empêche les soldats français d’avancer rapidement et avec leurs lourds équipements, ils s’enfoncent dans la boue. Les commandants sont imprécis : des embouteillages se créent sur les ponts au passage de la Seine.

 

De fait, seule la colonne Vinoy est en place ; la bataille s’engage de manière décousue entre 7 heures et 11 heures. Dans un premier temps, les Allemands sont surpris. Les Français avancent. Ils prennent Montretout et le château de Buzenval. Mais l’artillerie n’avançant pas dans ce terrain défavorable, la percée française ne peut être soutenue.

 

La colonne Ducrot est en retard. Les hommes arrivent comme ils peuvent à la porte de Longboyau. Ils sont hachés sur place par les défenses prussiennes, en dépit d’actes héroïques. Le colonel de Rochebrune est tué, le lieutenant-colonel de Montbrison meurt de ses blessures. Enfin, les troupes de la colonne de Carey de Bellemare prennent les premières maisons de Garches. La moitié de la distance qui les sépare de Versailles est franchie. L’espoir est là. Mais de courte durée… La ligne de défense ennemie, bien formée au cœur du hameau de la Bergerie, stoppe net les soldats français. Le génie tente de faire exploser des murs et des maisons pour se frayer un passage : peine perdue. Les explosifs sont gelés et inutilisables.

 

Les Prussiens reçoivent des renforts. Des contre-attaques sont lancées à 15h30 et à 17 heures. Les Français semblent rester maîtres du terrain. Mais une grande confusion règne entre les différents régiments des trois colonnes. Si les Allemands reprennent Montretout cela risque d’entraîner la panique dans les rangs français. Le général Trochu décide alors – ce qui lui sera reproché quelques jours plus tard et il devra démissionner de son poste – d’abandonner toutes les positions prises et de rentrer dans Paris.

 

L’armistice.

 

Le 29 janvier 1871, un armistice est signé. Le 26 février suivant, débutent les préliminaires du traité de Francfort, qui durcit les conditions initialement prévues à l’encontre de la France.

 

La bataille de Buzenval a coûté près de quatre-mille soldats français : mille-deux-cent-soixante-dix tués et deux-mille-sept-cent-quatre-vingt-dix blessés. Du côté allemand, on dénombre près de six-cents tués ou blessés. Outre la rue du 19 janvier, plusieurs rues de Buzenval portent des noms de combattant, et dont la plupart sont morts au champ d’Honneur : le commandant Nismes, le colonel de Rochebrune, le lieutenant-colonel de Montbrison, l’explorateur Gustave Lambert, le jeune peintre Henri Regnault, le marquis de Coriolis (volontaire de soixante-sept ans), le général Colonieu, le général Carey de Bellemare, le général de Miribel.

 

Un monument a été érigé à Buzenval pour commémorer cette bataille. Dans le parc du golf de Saint-Cloud une statue a été élevée à la mémoire d’Henri Regnault. Tous les ans, une cérémonie est organisée le 19 janvier, sous l’égide du Souvenir Français de Rueil-Malmaison, à l’Arc de Triomphe et au monument de Buzenval.

 

 

Jean-Pierre Didrit - Président du comité de Rueil-Malmaison.

L'équipe de "Buzenval se raconte".

 

 

Par Souvenir Français des Hauts-de-Seine - Publié dans : Guerre franco-prussienne
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