Le carré militaire de Neuilly-sur-Seine.

Publié le 17 Août 2009

 

Le carré militaire.

 

 

Les origines de la ville de Neuilly-sur-Seine remontent avant le Moyen-âge quand il ne s’agissait que d’un petit port, relié à la terre ferme par un bac, installé par les moines de l’abbaye de Saint-Denis. La ville va connaître de nombreuses péripéties, la plus récente étant sa destruction par les canons versaillais en 1871 : toutes les maisons – plus de 500 – où s’étaient réfugiés les fédérés furent anéanties.

 

Il y a deux cimetière à Neuilly : le premier, dit « Ancien » est rue Victor Noir  (bâtit en 1813) ; le second, dit « Nouveau » est placé rue de Vimy à Nanterre, juste à côté du boulevard circulaire de la Défense. C’est dans ce dernier que se trouve le carré militaire, qui comprend des tombes individuelles de soldats de la Première Guerre mondiale, Français et Anglais, ainsi que des morts pour la France de la Seconde Guerre mondiale et des déportés / résistants. Un emplacement particulier a été réservé pour les victimes civiles. A noter : une tombe unique a été réalisée pour les frères Brisset : Robert Jean et André Adolphe, du 176ème régiment d’Infanterie, morts pour la France tous les deux le 22 août 1916.

 

 

Autres sépultures.

 

D’autres soldats morts pour la France sont placés dans des sépultures individuelles et/ou familiales ; c’est le cas du capitaine Henry Laure ou du lieutenant Pierre de Vincelles, chevalier de la Légion d’honneur, mort au champ d’honneur le 12 novembre 1953, à Hanoi.

 

Xavier Niessen.

 

En 1872, un professeur alsacien, Xavier Niessen a la volonté de manifester le refus du nouvel ordre prussien et de prouver l’attachement indéfectible des Alsaciens et des Lorrains à la Patrie française et de maintenir le souvenir des provinces perdues dans tous les départements français. Il croit, avec quelques amis, que le culte des morts pour la France et l’entretien de leurs tombes peuvent et doivent constituer le trait d’union capable de conserver dans les esprits le sentiment d’unité nationale.

 

En 1887, à Neuilly-sur-Seine, Xavier Niessen créé le Souvenir Français. Sa pensée va d’abord aux 100.000 soldats de la République qui sont morts dans la Guerre franco-prussienne. En dépit de la défaite de l’empereur Napoléon III, il s’agit de ne jamais oublier ceux qui se sont sacrifiés pour que la France reste « une et indivisible ».

 

Le développement de l’association est très rapide : moins de vingt ans après sa création, le Souvenir Français est présent dans 81 départements. En 1906, elle est « reconnue d’utilité publique ». L’année suivante, un premier comité local se créé en Moselle occupée, dans le petit village de Vallières. Dans un élan identique à celui des autres provinces, l’association se développe en Alsace-Lorraine. L’empressement des populations à se remémorer leur patrie d’origine est tel, que de nombreux comités sont organisés, des monuments à la mémoire des soldats français sont érigés. Devant cet engouement, les Autorités prussiennes finissent par interdire le Souvenir Français, en 1913.

 

Peu après la Première Guerre mondiale, en 1919, Xavier Niessen décède à Neuilly-sur-Seine.

 

Retrouvez les clichés du cimetière de Neuilly-sur-Seine dans l’album de photographies intitulé « Carrés militaires ».