Le carré militaire de Vanves.

Publié le 15 Décembre 2009

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Vanves au début du 20ème siècle.

 

 

 

Située aux portes sud de Paris, Vanves, au début du 20ème siècle, offre la vision d’un bourg encore rural. Ça et là, des cultures maraîchères subsistent – les siècles précédents le « beurre de Vanves » est réputé sur toute les tables de la noblesse et de la bourgeoisie parisiennes – et côtoient quelques industries, dont l’une des plus importantes est la blanchisserie.

 

La population de cette commune peu étendue, qui vient de voir son territoire coupé en deux du fait de la création de Malakoff, est faite d’une petite bourgeoisie, d’artisans et d’ouvriers parisiens. Ils ont élu domicile à Vanves, quittant Paris, ville devenue chère et dont de trop nombreux immeubles sont insalubres. Peu à peu, Vanves se transforme, des avenues nouvelles, larges, sont percées. La population augmente atteignant le chiffre de plus de 10.000 habitants. La Première Guerre mondiale va opérer une saignée terrible dans la jeunesse vanvéenne : plus de 700 jeunes hommes perdent la vie entre 1914 et 1919.

 

 

 

Le carré militaire.

 

Parmi les monuments du cimetière de Vanves, il convient de citer la croix commémorant les morts pour la France de la guerre franco-prussienne : « Morts pour la Patrie ! Ici reposent les restes mortels 67 soldats morts en défendant le sol sacré de notre France ».

 

Des personnalités militaires sont également enterrées à Vanves, comme le général Bernard Saint-Hillier, Compagnon de la Libération, grand-croix de la Légion d'honneur, héros de Bir-Hakeim et de l’Algérie, mort à Paris le 28 juillet 2004.

 

Le carré militaire du cimetière de Vanves comporte plus de 175 tombes individuelles. Quelques noms :

 

- Alice Laliberte, morte pour la France le 28 novembre 1914.

- Léon Rouvel, du 367ème régiment d’infanterie, mort le 30 mars 1915.

- Joseph Denis, du 1er régiment de zouaves, mort pour la France le 26 septembre 1918.

- Adolphe Fauchille, du 21ème régiment d’infanterie, mort pour la France deux jours après l’armistice, le 13 novembre 1918.

 

 

La grippe espagnole.

 

Une ligne entière du carré militaire regroupe des morts pour la France pendant les années 1918 et 1919. Ainsi, Marcel Rebouillat, adjudant au 59ème bataillon de chasseurs à pied, mort le 18 juillet 1918 ; François Barbet, du 7ème régiment d’artillerie, mort le 27 janvier 1919 ; Pierre Campan, du 14ème régiment d’infanterie, mort le 10 mars 1919…

 

Pour certains, il s’agit de morts à la suite de blessures ; pour d’autres, ce sont des victimes de la « grippe espagnole ». En 1918, une grippe virale, due à une souche extrêmement violente (H1N1) se répand très rapidement partout dans le monde. Son surnom est dû au fait que la famille royale d’Espagne est touchée par la pandémie, et que ce pays publie régulièrement des données sur les évolutions de la maladie.

 

Les explications du bilan humain, de 30 millions à près de 100 millions de morts dans le monde selon les estimations, sont multiples : organismes fragilisés des jeunes hommes faisant ou ayant fait la guerre ; privations des populations civiles ; inexistence des médicaments (les antibiotiques viennent d’être inventés mais ils ne seront pas utilisés avant le début des années 1930), contagiosité très forte… Certains spécialistes des grandes pandémies mondiales pensent qu’à l’époque un Terrien sur deux, soit environ près de 500 millions de personnes, est touché par la « grippe espagnole »…

 

Retrouvez les photographies du carré militaire de Vanves dans l’album intitulé : « Carrés militaires ».