"Le clairon".

Publié le 10 Novembre 2009

 

 

 

 

 

Le clairon sonne au loin, forçant  les fatigues.

Ses regards morts sur des visages meurtris

Se lèvent, affirmant le doute, l’incompris.

Des larmes s’écoulent rompant l’immense digue.

 

C’est un soleil et non le temps d’une boucherie

Qui, ce jour, se lève. Des ombres s’avancent,

Le long des tranchées de la désespérance.

De la terre, s’ouvrent des bouches noires de carie.

 

Le clairon balaye les frontières de mort.

Des cris et des rires venant de l’ennemi,

Se mêlent aux joies de tous nos soldats amis.

Oubliée la haine, le désespoir et les torts.

 

Des tranchées sortent des hommes vivant sous terre,

Les uniformes invisibles, ils regardent le ciel.

Le clairon sonne la fin des combats. Si fier.

Redonnant la vie, face au monde fou et cruel !

 

Les hommes titubent. L’officier devient le frère.

Les larmes écoulant le trop plein de haine,

Les rancunes, les frères morts laissés en terre.

La guerre est finie. La paix entre en scène.

 

Ils reviendront dans leurs foyers ces gueules cassées.

Ces soldats d’une guerre civile. La grande guerre !

Guerre ou l’Europe entière s’est suicidée

Apportant un siècle de lutte et de misère.

 

Le clairon sonne la fin des combats, la paix !

L'avenir porte un nom. L'espoir d'une autre vie!

Une vie qui retrouve un prix. Souvent oublié!

Ce jour à un autre goût. La guerre est finie.

 

Gérard Brazon

Souvenir Français de Puteaux.