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Rendez-vous sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr et retrouvez vos aieux Morts pour la France. Sur ce site, sont répertoriés tous les soldats morts aux cours des conflits 1914-1918, 1939-1945, Indochine et Algérie.

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  • Colonel Charton - Cao Bang

La Coloniale

Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 22:46

 

Lyautey - Rif

 

 

 

Le général Hubert Lyautey en inspection dans la région du Rif (1914).

 

 

 

Au cœur du carré militaire de 1914-1918 de Colombes, se trouvent les sépultures des frères Beaujon : Gilbert mort le 28 décembre 1926 dans l’oued Marouba, et Raymond, tué le 19 août 1929 à Tlemcen en Algérie. Des photographies présentes sur les pierres tombales montrent les jeunes soldats coiffés de la chéchia, chapeau traditionnel au Maghreb et des troupes (zouaves, spahis et tirailleurs) de l’Armée d’Afrique.

 

Au milieu du 19ème siècle, le sultan du Maroc Moulay Hassan cherche à neutraliser les influences colonialistes des puissances européennes en pratiquant un jeu diplomatique assez subtil. Mais il finit par se heurter à la volonté expansionniste de l’Espagne au nord et à celle de la France qui étudie les moyens d’une consolidation de son pouvoir sur les provinces algériennes frontalières du sultanat. Les conférences de Madrid en 1880 puis d’Algésiras en 1906 rappellent et structurent ce cadre d’influence européenne sur le Maroc, avec le soutien de l’Angleterre et en dépit des tentatives de coups de force de l’Allemagne : l’Espagne se voit attribuer les territoires du sud (Sahara espagnol) et du nord (toute la bande côtière baignant la Méditerranée et les montagnes du Rif), quand la France est dotée du centre du pays. La ville de Tanger, au nord, est déclarée « zone internationale ». Le protectorat de notre pays sur le sultanat peut commencer. Il est confié à un général bâtisseur et organisateur : Hubert Lyautey.

 

Peu à peu, réalisant un mélange ingénieux de soumission militaire de tribus récalcitrantes et de modernisation du pays, la France s’impose au Maroc. Le Résident général au Maroc œuvre en étroite collaboration – mais généralement en imposant son point de vue – avec le sultan et son makhzen (son adjoint ou suppléant). Des villes sont transformées, des routes construites, des quartiers édifiés, une administration mise en place. La capitale du sultanat est déplacée de Fès à Rabat, et sous la direction de l’architecte Henri Prost, Casablanca devient une cité de premier plan.

 

Mais en 1921, au nord du pays, des tribus berbères se soulèvent face aux troupes espagnoles. Le général Manuel Fernandez Silvestre se place à la tête d’une armée forte de soixante-mille hommes avec un seul objectif : mater en quelques semaines ces tribus qui défient la puissante Espagne. C’est le contraire qui se produit : à la bataille d’Anoual, le 20 juillet 1921, le chef militaire rifain Abd el-Krim est vainqueur. Les Espagnols laissent quatorze-mille hommes sur le champ de bataille, dont le général Silvestre.

 

Le 1er février 1922, Abd el-Krim proclame la République confédérée des tribus du Rif, mais il reste très prudent et se soumet au sultan du Maroc Moulay Youssef. La France n’intervient pas, considérant qu’il s’agit d’affaires intérieures au protectorat espagnol. Peu à peu, les troupes berbères repoussent les Espagnols, ne leur laissant qu’une mince bande côtière et quatre villes : Asilah, Ceuta, Mellila et Larache. Mais deux ans plus tard, les tribus du Rif, en dépit des lettres et promesses d’allégeance au pouvoir central, marchent sur Fès. Craignant un embrasement de toute la région, l’Armée française intervient et écrase les troupes rebelles.

 

Le général Lyautey indique au gouvernement de la République française : « En présence des éventualités créées par la soudaineté et la violence de l’irruption des rifains, il est impossible de rester dans cette situation, sous peine, je le dis nettement, de risquer de perdre le Maroc ». Le chef militaire français obtient l’accord de Paris et renouvelle les victoires. Pour autant, jugé comme trop prudent, Lyautey est remplacé par le prestigieux maréchal Pétain. A la tête de deux-cent-cinquante mille hommes, fort de divisions aériennes et de capacités de bombardement, le « vainqueur de Verdun » vient à bout des troupes d’Abd el-Krim en quelques mois. Le leader des Rifains est envoyé en exil sur l’île de la Réunion, d’où il s’évade en 1946 pour se réfugier en Egypte, alors principal foyer du nationalisme arabe.

 

Au total, la guerre du Rif a coûté la vie à plus de dix-neuf-mille soldats espagnols, presqu’autant de Berbères et environ douze-mille Français.

 

Thierry Gandolfo.

 

 

Par Souvenir Français des Hauts-de-Seine - Publié dans : La Coloniale
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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 22:34

Croix TOE

 

A Antony, figure sur le monument aux morts principal la liste des morts sur les « Théâtres d’Opérations Extérieurs ».

 

La première Guerre mondiale prend fin le 11 novembre 1918. En France, en Allemagne, dans la majorité des pays européens, le gigantesque conflit s’arrête. Il n’en est pas de même dans certains pays, où, après la guerre entre belligérants s’ouvrent des affrontements ici pour des questions d’indépendance, là pour des questions coloniales.

 

Ainsi, les Accords Sykes-Picot sur le partage des influences françaises et anglaises au Levant se heurtent, en 1920, aux nationalismes libanais, syrien et palestinien. Au Maroc, les forces françaises doivent se battre contre des ressortissants de la région du Rif, elles-mêmes s’étant révoltées contre l’occupation espagnole. Des accrochages et des escarmouches ont lieu également en Afrique Occidentale Française et en Afrique Equatoriale Française.

 

Une décoration est créée : il s’agit de la Croix de Guerre des Théâtres d’Opérations Extérieurs. Elle est remise également pour les soldats qui participent à la guerre d’Indochine, à l’expédition de Suez, aux rebellions de Madagascar ou encore qui sont intégrés dans le corps français pendant la guerre de Corée. Elle est aussi accordée aux militaires qui partent en missions périlleuses dans les pays de l’Europe de l’Est.

 

Récemment, elle a été délivrée à des soldats et officiers ayant particulièrement œuvré dans la cadre de la guerre du Golfe, en 1991, ou pour la protection des habitants du Kosovo, en 1999.

 

Les Antoniens morts pour la France dans le cadre des T.O.E. sont :

 

  • – P. Bergerol.
  • – M. Bottiau.
  • – C. Ducreux.
  • – G. Fremion.
  • – L. Gauthier.
  • – S. Gendron.
  • – G. Greninguey.
  • – H.P. Guichard.
  • – R. Guidon.
  • – P. Metz.
  • – P. Michoux.

 

 

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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /Juin /2009 16:45




Un monument quelque peu particulier.

 

A Gennevilliers, le cimetière est situé dans le nord de la commune, proche de l’autoroute A86 et de la N315, axes importants de la Région parisienne.

 

Tout au fond de celui-ci, fait rarissime, un monument est dédié à la mémoire des gennevillois morts pour la France pendant les guerres de colonisation. C’est au cours de l’une d’elles que le jeune caporal Georges Albert Briffault des Corrières, certainement épris d’aventures coloniales, a trouvé la mort, le 22 septembre 1878.

 

La conquête du Sénégal.

 

Le Traité de Vienne, en 1815, met fin à l’Empire français de Napoléon 1er. Une clause passe totalement inaperçu : l’île de Gorée, au large du Sénégal, est donnée au nouveau royaume de France, avec Louis XVIII à sa tête. Elle vient compléter les possessions françaises établies autour de la ville côtière de Saint-Louis. Depuis un peu plus d’un siècle, les Français s’efforcent de conquérir le pays en prenant appui sur le fleuve Sénégal, en dépit de la résistance d’ethnies telles que les Peuls et les Toucouleurs.

 

L’activité des zones côtières et de l’île sont importantes : il s’agit d’un des grands points de départ de la traite des Noirs. L’esclavage est aboli en 1848. Quatre années plus tard, le général Faidherbe débarque au Sénégal pour y établir une présence plus affirmée. Cette action étant à placer dans le contexte global de colonisation accélérée de la seconde moitié du 19ème siècle.

 

En près de trente ans, toutes les régions du Sénégal, du delta du fleuve jusqu’à la Casamance, au sud, passent sous commandement français.

 

 

Les Tirailleurs sénégalais.

 

En 1857, le général Faidherbe, devant faire face à des besoins accrus en hommes, propose la création du corps des Tirailleurs sénégalais. Sénégalais de nom, car les soldats proviennent aussi bien de ce pays que de Mauritanie, du Mali ou encore de Guinée. Le décret est signé par l’empereur Napoléon III le 21 juillet 1857, à Plombières-les-Bains.

 

Des difficultés de recrutement interviennent de suite. Il n’est pas rare que des révoltes éclatent. C’est notamment le cas chez les Bambaras du Mali. Aussi, les principaux contingents sont constitués d’esclaves rachetés à leurs maîtres, de « volontaires » et de prisonniers de guerre. Le nombre de régiments de Tirailleurs sénégalais va aller en s’accroissant. La majeure partie des sous-officiers et de nombreux officiers sont africains. Il est vrai aussi que les officiers supérieurs sont tous issus de la Métropole.

 

Au cours de la Première Guerre mondiale, près de 200.000 Tirailleurs sénégalais vont participer au conflit, et environ 30.000 y laisseront la vie. Leurs régiments étant bien souvent placés en première ligne. Au cours du second conflit mondial, ce sont encore 40.000 hommes qui participent aux batailles. Ils sont présents sur tous les fronts. Près de 17.000 reposent à jamais sur la terre de France. Il est important de noter que les troupes du IIIème Reich ont régulièrement participé à des massacres et des exécutions sommaires de tirailleurs.

 

 

Le général Gallieni au Sénégal.

 

En 1876, le lieutenant Joseph Gallieni, futur sauveur de Paris pendant la Première Guerre mondiale, notamment avec l’envoi de taxis sur la Marne, obtient son affectation en Afrique Occidentale française chez les Tirailleurs sénégalais. Il débarque à Saint-Louis et commence des expéditions et des explorations au cœur du pays. En 1878, sous le commandement du colonel Brière de l’Isle, les troupes françaises entreprennent une campagne contre le royaume toucouleur du Kaarta, sur la rive nord du fleuve Sénégal. En quelques mois, la victoire est totale : le chef Almamy Niamody est tué et toutes ses possessions sont prises. C’est peut-être au cours de cette expédition que le jeune Georges Briffault des Corrières perd la vie.

 

Ou bien s’agit-il des suites d’une maladie qui fait des ravages à l’époque : la fièvre jaune ! Joseph Gallieni voit revenir les troupes de l’expédition. Il note dans son journal, le 5 octobre 1878 : « Les embarcations sont pleines de cadavres. On ne peut plus leur faire de cercueils et on les ensevelit dans leurs toiles de hamac ; c’est bien triste tout cela ! Il y a évidemment épidémie, bien qu’on se refuse à y croire encore ». Le 5 octobre 1878. Voilà près de quinze jours que le caporal Briffault des Corrières a rendu son âme à Dieu. Il avait 22 ans.


Défilé de Tirailleurs à Dakar au début du 20ème siècle.

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