Publié le 10 Juillet 2018

Retour la conférence Normandie-Niemen à Colombes le 23 juin

Le comité de Colombes a organisé une conférence, sur le célèbre Régiment de chasse Normandie-Niemen, depuis sa création jusqu’à la fin de la guerre. L’intervenant, le Docteur Alain Fages, adhérent du Souvenir Français, est aussi membre du Conseil d’Administration du Mémorial Normandie-Niemen.

 

La conférence, abondamment illustrée par la projection de vues d’époque, a d’abord présenté la situation politique et militaire en 1942, puis les circonstances qui ont permis la constitution du groupe, les conditions de vie et d’opérations, son matériel et les hommes.

 

Les pilotes et les mécaniciens, au début, étaient tous français (14 pilotes, 42 mécaniciens). Par la suite, ces derniers furent remplacés par leurs homologues soviétiques. Les conditions de combat, mais aussi de vie, furent très rudes. La plupart des pilotes venaient d’escadrilles françaises stationnées au Moyen-Orient. Les pilotes choisirent de combattre sur le Yak, avion mythique de la chasse soviétique. Un certain nombre d’entre eux avaient une forte personnalité, voire étaient des personnages, ce qui leur a permis de tenir et de participer à l’avancée de l’armée soviétique et au franchissement du Niémen. C’est à cette occasion que Staline lui a alors attribué, en juillet 1944, le titre honorifique de Niémen.

 

Sur 99 pilotes engagés au cours des trois campagnes, 42 furent tués ou portés disparus. Le Régiment est crédité de 273 victoires. De nombreux pilotes ont obtenu le titre d’As et quatre ont été fait Héros de l’Union Soviétique. Cette épopée est restée à jamais gravée dans la mémoire du peuple russe.

Les aviateurs survivants ont regagné la France en juin 1945 aux commandes de leurs Yak, offerts par Staline. Une belle page d’histoire !

 

Le nombre de personnes venues assister à cette conférence et l’intérêt qu’ils ont manifesté, incite notre comité à renouveler cette expérience.

 

 

André Deschamps – Président du Comité de Colombes.

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Publié le 26 Juin 2018

Guy Kimpyneck est à droite sur cette photographie.

Guy Kimpyneck est à droite sur cette photographie.

« Guy Kimpyneck vient de nous quitter brutalement.

Né le 18 mai 1936 dans le 10e arrondissement de Paris, en en pleine époque des grèves, des troubles sociaux, du Front Populaire, Guy Kimpyneck est de cette 3° génération du feu qui a été élevée sur fond de guerre durant toute sa jeunesse : La guerre d’Espagne, l’Anschluss de l’Autriche, la guerre de 1939-1940.

C’est au cours de cette Seconde Guerre mondiale, qu’il part en exode avec sa mère. Ensemble, ils vivent l’occupation allemande, les privations dues aux rationnements, les bombardements et enfin la Libération de 1944.

Arrivé à l’âge du service militaire Guy se retrouve confronté personnellement à la guerre comme combattant en Algérie. Grenadier-voltigeur en 1957, il est cité à l’ordre du régiment et blessé par balle en progressant sous le feu, alors qu’il attaque une position ennemie fortement tenue.

Fidèle aux harkis qui combattent avec lui, il demande son détachement pour encadrer et combattre au sein de la Harka de son bataillon en 1958. Brigadier, il est chef de groupe à la tête duquel il mène un combat difficile. Il est à nouveau cité au feu à l’ordre de la brigade.

En 1959, il est promu maréchal-des-logis et se porte volontaire pour servir six mois au-delà de la durée légale.

Vient le cessez-le-feu et le retour en métropole. Mais en dépit de tout ce qu’il a vécut, des combats auxquels il a participé, comme nombre de combattants de sa génération, il attendra vingt ans avant d’être reconnu et d’obtenir la carte du combattant.

En 1995, Guy prend sa retraite. Tout porte à croire qu’après cette vie bien remplie, il va enfin se reposer. Force est de constater qu’il n’en est rien. Grâce à la compréhension et au soutien inconditionnel de son épouse, Marie-Claude, il s’engage à fond dans le monde associatif des anciens combattants :

  • Président du comité d’entente des Anciens combattants de Bois-Colombes, depuis 2001 ;
  • Président de la 26e section de l’Union Nationale des Combattants, sous la présidence départementale de M. Delvallée, il organise avec succès en 1997, avec Marie-Claude,  le congrès départemental de l’UNC 92 ;
  • Élu au conseil d’administration de l’Union Nationale des Combattants des Hauts-de-Seine ;
  • Vice-président de la 748° section des Médaillés militaires ;
  • Membre du bureau de la Société des Membres de la Légion d’honneur Boucle Nord des Hauts-de-Seine, ancien président du Comité de Bois-Colombes.
  • Co-fondateur avec la regrettée présidente Mme Lysiane Tellier de l’association des Mémoires du Mont Valérien ;

D’ailleurs, le 18 novembre 2007, à l’occasion d’une cérémonie au Mont Valérien, Lysiane Tellier avait tenu à remercier Guy pour son action : « Je n’oublie pas mon ami Guy Kimpyneck, cela fait plus de 10 ans que nous nous connaissons et j’ai toujours autant de plaisir à travailler avec lui ».

Dès ses débuts au sein du Comité d'Entente, Guy a toujours été présent auprès du Souvenir Français et a toujours apporté son soutien à notre association.

C’était lui qui était responsable de ses frères d’armes Porte Drapeaux qu’il encadrait lors des prises d’armes du 8e régiment de transmissions à l’occasion de la Saint Gabriel, comme à toutes les cérémonies au Mémorial du Mont Valérien.

Il avait continué jusqu’à ce 24 mai 2018 où il brutalement il nous a quitté, alors qu’il se préparait à rejoindre la cérémonie de clôture du Rallye Citoyen. Sa vigueur, sa force, son dynamisme ne laissaient pas présager son départ brutal. Il avait 82 ans.

Le maréchal-des-Logis Guy Kimpyneck était chevalier de la Légion d’honneur, Médaillé militaire, Croix de la Valeur militaire, Croix du Combattant volontaire, Croix du Combattant, médaille des opérations en AFN, était titulaire du Titre de Reconnaissance de la Nation, de la Médaille des blessés et titulaire de nombreuses autres décorations militaires, civiles et associatives.

Le Comité de Bois-Colombes du Souvenir Français, comme ses comités frères du département et toute la Délégation des Hauts-de-Seine présentent leurs plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et tous ses amis.

Avec Mme Tellier, vous êtes invisibles, mais nous savons que vous serez toujours présents parmi nous ».

 

 

Christiane DRECQ

Présidente du Comité de Bois-Colombes.

Hommage à Guy Kimpyneck.

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Publié le 24 Juin 2018

Félicitations aux élèves "Défense et Citoyenneté" de Clichy.

Le 21 juin, Claude Guy, délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine et Xavier Mélard, président du comité local Asnières – Clichy ont remis trente cartes d’adhérents aux élèves de la 4ème "défense et citoyenneté" du collège Jean Macé, partenaire de l’association depuis 2014.

 

Sous la houlette du professeur Thierry Le Gac, avec le soutien de la principale du collège, ces élèves ont participé avec enthousiasme à de nombreuses activités, commémorations et à la quête nationale.

 

Pendant plus d'une heure, ils ont échangé avec les intervenants pour mieux connaître le Souvenir Français, faire partager leur expérience et poursuivre leur engagement. Ils souhaitent devenir des relais et des passeurs de mémoire.

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Publié le 18 Juin 2018

Samedi 23 juin,  conférence sur le Normandie-Niemen, à Colombes.

Le Comité de Colombes du Souvenir Français a le plaisir de vous annoncer une conférence sur l’Escadrille Normandie-Niemen. Cette conférence se déroulera le samedi 23 juin 2018 à 16h30, à la Maison du Combattant, au 7 rue du maréchal Joffre à Colombes. Elle sera animée par le docteur Alain Farges, du Mémorial Normandie-Niemen.

 

Venez nombreux !

 

André Deschamps

Président du Comité.

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Publié le 10 Juin 2018

Congrès départemental 2018 à Meudon.

Le congrès départemental annuel du Souvenir Français des Hauts-de-Seine s’est déroulé le samedi 9 juin 2018, dans le cadre superbe de l’étang de Chalais, à Meudon.

 

Sous la présidence de Jean-Marie Duhaut, du Comité de Meudon, assisté de Roland Pachot, trésorier et de toute l’équipe meudonnaise, et en présence de MM. Denis Larghero, maire, Georges Koch, premier adjoint délégué et Jean-Baptiste Romain, président de l’ONAC 92 représentant le préfet, le Délégué général, Claude Guy, a rappelé quelques-uns des éléments essentiels qui structureront la vie de notre association au cours des prochains mois :

 

  • Pour les reçus fiscaux, chaque comité recevra dans les prochains mois un carnet à souche. Il est rappelé que les reçus fiscaux ne sont pas obligatoires, mais à partir de 10€ à la demande de nos adhérents ou de nos généreux donateurs.
  • Pour faciliter les demandes de subventions, chaque comité devrait faire une demande d’un numéro de SIRET.
  • Il convient, mais ceci n’est qu’un rappel tant cela semble évident, que la quête du 1er novembre est un élément structurant de la vie d’un comité et d’un contact citoyen apprécié. Chaque comité pouvant ajouter, le 8 mai et le 11 novembre, la quête du Bleuet de France. Toutes les modalités de cette dernière étant à voir avec l’ONAC 92, située à Nanterre.
  • Le 26 novembre est bien, désormais, la journée commémorative du Souvenir Français, date choisie en l’honneur de Francis Simon (se reporter aux précédents articles). Journée qui se clôt par le ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe. Cette année, tous les délégués généraux et les présidents de comité y sont conviés.
  • Pour préparer l’avenir, des efforts importants de sensibilisation auprès des jeunes sont engagés
  • Enfin, les projets 2019 ont été présentés.

 

Ensuite, Claude Guy a rappelé qu’au cours de l’année passée des efforts significatifs avaient été faits par le siège du Souvenir Français pour combler un déficit d’images, notamment avec des articles parus dans les périodiques Le Point, Le Figaro (et Le Figaro Magazine), La Croix, le Parisien. De même, des reportages sur le Souvenir Français ont été diffusés sur les chaînes de télévision TF1 et France 3.

 

Après la réunion de travail, des remises de diplômes et de médailles ont eu lieu :

  • Diplôme d’honneur pour MM Goulaud et Jean-Yves Tanguy.
  • Médaille de bronze pour M. Arembol et Mme Lefranc.
  • Médaille d’argent pour MM Duvernois et Sechet, président du Comité de Neuilly-sur-Seine.

Enfin, avant le repas de l’amitié – qui fut apprécié par toutes et tous – les participants se sont rendus au cimetière de Trivaux afin d’honorer les Morts pour la France au cours d’une cérémonie municipale, départementale et patriotique.

 

La Délégation générale des Hauts-de-Seine félicite et remercie l’ensemble des membres du Comité de Meudon qui a œuvré à la réussite de cette assemblée générale.

 

Délégation générale des Hauts de Seine

Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.
Congrès départemental 2018 à Meudon.

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Publié le 2 Juin 2018

Comité d'Issy - Vanves : Giacomo Signoroni nous a quitté.

Un très grand soldat et un très grand monsieur vient de nous quitter à l’âge de 96 ans : Giacomo Signoroni.

 

Notre ami avait commencé sa carrière des armes en Italie où il était né le 23 mai 1921 dans le petit village piémontais de Castagneto Po, non loin de Turin : « Le village de Carla Bruni » aimait-il à dire. D’ailleurs en 2010, lorsque le Ministère de la Défense lui décernera un Certificat pour sa conduite pendant la Seconde Guerre mondiale, Carla Bruni, devenue Première Dame de France, lui enverra un mot de félicitations et d’amitié piémontaise !

 

Il entre donc d’abord aux services de l’armée italienne au début du deuxième conflit mondial. Face à la défaite, « et à toutes ses horreurs vues et vécues pendant cette période », il passe en France au service de l’armée française puis s’engage au bureau niçois de la Légion étrangère. Direction Sidi Bel Abbes pour son instruction.

 

En 1948, le voilà en Indochine, au sein de la prestigieuse 13e demi-brigade de la Légion étrangère. C’est là qu’il côtoie de grands chefs comme Gabriel Brunet de Sairigné et Paul Arnaud de Foïard. Il exerce tous les métiers : pionnier, grenadier-voltigeur et même parachutiste. Au cours de ses séjours, il est blessé à trois reprises et reçoit trois citations dont l’une à l’ordre de l’armée. Il combat sur la RC4 en 1948, à Tan-My, à Xon-Lon, à Kham-Thien et est de ceux qui sont prisonniers à Dien Bien Phù en 1954. Auparavant, peu de temps avant la chute de la cuvette fameuse, il sera l’un des rares à partir en mission de récupération des morts et des blessés et à entrer en contact avec des officiers du Vietminh.

 

De retour en métropole au cours de l’été 1954 – il ne pèse plus que 49 kilos à la suite de son séjour dans les camps de la mort des communistes vietnamiens – il repart en opérations pour l’Algérie. Le voilà maintenant œuvrant pour plusieurs années de guerre au sein de différentes unités de la Légion étrangère. Sa dernière affectation étant au sein du 5e régiment étranger de cavalerie, avec le grade d’adjudant-chef.

 

Peu après, marié et futur père de famille, il quitte l’armée pour passer plusieurs années dans les sociétés de sécurité où il transmet ce qu’il a appris de son passé de légionnaire.

 

Dans quelques jours, le président honoraire du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir Français, le général de brigade aérienne Jean-Claude Ichac, prononcera un discours à l’occasion de la commémoration pour les Morts en Indochine. Nous le citons : « Pensionnaire depuis 18 mois de l'Institution nationale des Invalides, l'adjudant Giacomo Signoroni nous a quitté, il y a quelques jours, pour rejoindre ses camarades tombés à ses côtés à Dien-Bien-Phu. Lui, le guerrier, peut maintenant reposer, en paix. Nous ne l'oublierons pas ».

 

Giacomo Signoroni était titulaire du grade de commandeur dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire, de la Croix du combattant, du Mérite de la Nation, de la médaille des blessés, de la médaille du Théâtre des Opérations extérieures, des médailles commémoratives des guerres d’Indochine et d’Algérie, de la médaille du Souvenir Français…

 

Il est mort le 22 mai 2018, veille de ses 97 ans.

 

Le Comité, dont il était l’un de nos « grands anciens » présente toutes ses condoléances à Vincenza, sa veuve, sa fille Elisabeth Blot et son fils, ainsi qu’à toute sa famille et ses proches.

 

 

Frederic Rignault

Président du Comité

Délégué général adjoint du 92

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Publié le 27 Mai 2018

Encore deux belles cérémonies.

Sous un ciel légèrement voilé laissant percer un soleil ardent, se sont déroulées les deux cérémonies  franco-américaines si chères aux membres du Souvenir Français des Hauts de Seine. Le matin dans le parc de Marnes la Coquette se déroulait l’hommage aux aviateurs des deux Nations qui reposent dans la crypte du Mémorial de l’escadrille Lafayette et à tous ceux qui firent la gloire de cette unité.

De nombreuses gerbes furent déposées dont celle portée par le délégué général accompagné de deux enfants.

L’après-midi, c’est au cimetière américain de Suresnes que se déroulait la traditionnelle cérémonie du Memorial Day, en hommage aux soldats américains morts (près de 1600) au cours des deux guerres mondiales et enterrés sur cette pente du Mont-Valérien.

 

Claude Guy

Délégué général

Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Encore deux belles cérémonies.
Encore deux belles cérémonies.
Encore deux belles cérémonies.
Encore deux belles cérémonies.
Encore deux belles cérémonies.
Encore deux belles cérémonies.
Encore deux belles cérémonies.
Encore deux belles cérémonies.

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Publié le 12 Mai 2018

Quand le père et le fils résistaient...

Etienne Mège travaillait comme opérateur radio au ministère de la Marine à Toulon. Il fut muté à Paris. Son fils Georges (pseudonyme: "Pitchoum" en raison de son jeune âge) terminait une formation d'électricien.

Engagés dans les Forces françaises combattantes dans les réseaux "Alibi et Sosies" dirigés par les lieutenants-colonels Charaudeau et Pontchardier, ils étaient chargés de transmettre des messages codés à Londres sur les déplacements des troupes allemandes et le repérage des rampes de lancement des V1 et V2 en particulier. Arrêtés par la Gestapo le 30 juillet 1944 au 19 rue Louis Rolland à Montrouge où ils habitaient, ils furent déportés à Buchenwald par le dernier convoi le 15 août 1944.

A Dernau, (Rhénanie), ils travaillèrent sous la menace des SS dans des tunnels dans des conditions inhumaines. Devant l'avance des alliés, ils furent évacués au prix de la mort de centaines d'entre eux, d'abord à marche forcée vers l'Allemagne, puis remisés dans un train de marchandises que les SS devaient faire sauter.

Après une tentative d'évasion lors d'un bombardement, repris, ils furent libérés le 8 mai 1945 à Ceske Budejovice par des partisans tchèques mais Etienne, gravement blessé par une balle tirée par un SS, dans un état de dénutrition extrême, mourut le 16 mai 1945.

Georges, revenu grand invalide à la suite des privations et des sévices subis, est décédé en 2000. Les personnages des "Mège" père et fils du roman de Dominique Pontchardier "Les portes de l'enfer" (Gallimard 1950) s'inspirent largement des actes de résistance d'Etienne et de Georges.

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Site internet Louis Rolland.
  • Site « Les Français Libres ».

 

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Publié le 8 Mai 2018

Elèves de l’école commando lao.

Elèves de l’école commando lao.

Les travaux de Michel Bodin.

Michel Bodin est professeur d’histoire, docteur ès Lettres et ès Sciences humaines. Il a consacré sa thèse d’Etat aux soldats des forces terrestres d’Extrême-Orient, de 1945 à 1954. Il a publié de nombreux ouvrages comme « La France et ses soldats, Indochine 1945-1954 » ; « Soldats d’Indochine, 1945-1954 » ; « Les combattants français face à la guerre d’Indochine, 1945-1954 » ; « les Africains dans la guerre d’Indochine, 1947-1954 ». 

Michel Bodin : « Lorsqu’on évoque les troupes coloniales indochinoises, viennent à l’esprit immédiatement les images des soldats vietnamiens, des tirailleurs annamites ou tonkinois, des supplétifs catholiques..., mais pratiquement jamais celles des militaires laotiens. Certes, ils ne furent pas très nombreux, comparés aux autres combattants, mais environ 50.000 d’entre eux participèrent à la guerre d’Indochine de 1945 à 1954, au sein des Forces Terrestres d’Extrême-Orient (FTEO) sans compter les 30 à 40.000 hommes de l’armée nationale laotienne, et les maquisards du GCMA dont l’effectif reste bien difficile à évaluer.

Les habitants du pays du Million d’éléphants ne bénéficient pas d’une grande réputation auprès de leurs frères d’arme. « Les Laotiens n’étaient ni des soldats ni des militaires mais ils devenaient de terribles guerriers si on touchait à leur famille. » Ce jugement péremptoire d’un sous-officier ayant servi au Laos de 1947 à 1950, pose en fait toutes les problématiques touchant aux troupes « coloniales » (préparation, valeur, motivation, emploi...). Cet avis n’est ni original ni nouveau puisqu’un officier supérieur affirmait au XIXe siècle que les Laotiens étaient « trop pacifiques, trop indolents, trop apathiques pour faire de bons soldats ». Cependant, il faut sans doute plus incriminer les origines et la nature de la tutelle française au Laos que les habitants eux-mêmes, pour expliquer qu’on ait peu fait appel aux combattants lao jusqu’en 1941 car les exemples prouvent que toute troupe coloniale, quelle que soit son origine ethnique, se comporte vaillamment au feu si elle est bien encadrée ».

 

Les Laotiens, une force d’appoint.

De peur de lever de mauvaises recrues, les autorités françaises décidèrent de ne pas créer de bataillons de tirailleurs laotiens. Néanmoins, elles acceptèrent des Lao dans les formations de la garde indochinoise dans laquelle ils furent ennoyés parmi des Vietnamiens. Les événements de 1941 (isolement de la métropole, danger japonais et agression siamoise) décidèrent l’amiral Decoux à autoriser l’expérience d’un recrutement de chasseurs laotiens. En juin 1941, apparut ainsi la 2e compagnie du I/10e RMIC, stationnée à Dong Hene qui, du 9 mars 1945 à la capitulation japonaise, resta groupée autour de son chef. En 1942, une deuxième compagnie fut mise sur pied à Vientiane, la 25e compagnie du IV/10e RMIC qui disparut devant les assauts nippons de 1945. Ce sont ces hommes, dont certains ont retraité avec leurs cadres français vers la Chine, et les volontaires encouragés par le roi Sisavang Vong et son fils Savang Vatthana favorables au protectorat français, qui formaient en 1945 un vivier d’environ 4.000 hommes prêts à s’engager dans l’armée française.

Les premiers projets de constitution d’un corps expéditionnaire pour l’Indochine prévoyaient l’enrôlement progressif d’autochtones pour remplacer les troupes africaines et renforcer les effectifs. D’ailleurs une note, rédigée à Kandy en 1945, espérait un recrutement de 500 Laotiens dès la reddition japonaise. À la fin de 1945, se présentèrent aux autorités militaires du corps expéditionnaire (comme au I/10e RMIC en octobre 1945)  de nombreux volontaires, de sorte qu’en application directe des directives du général Leclerc sur les troupes autochtones, quatre bataillons de chasseurs laotiens (BCL) furent formés en octobre 19455. Les survivants de la 2e CCL et les recrues du moyen et haut Laos en formèrent l’ossature. Un quatrième bataillon vit le jour en juin 1946 au Nord-Laos, un cinquième en juillet 1946 à Vientiane et un sixième en novembre 1946 dans la région de Phong Saly. Le 1er juillet 1949 naquirent les 7e et 8e BCL.

 

Dans les BCL, unités autochtones dès leur création, les Français étaient très minoritaires. On parle officiellement de bataillons mixtes laotiens standards à effectif réglementaire de 680 hommes. Au début, ils ne devaient pas compter plus de 15 % d’Européens (tous les officiers et deux tiers des sous-officiers). Le nombre de ces derniers diminua régulièrement au fil du conflit. En 1947, on évoque un « surjaunissement spécial » pour les BCL. En mai 1953, le taux d’encadrement théorique tomba à 10,45 %. Les BCL dépendaient de l’administration des Troupes coloniales.

D’octobre 1945 à juin 1949, opérèrent des formations à forte dominante laotienne comme le 2e commando de chasseurs laotiens et les 4e, 5e, 6e commandos laotiens (ce dernier prit le nom de 6e commando franco-laotien en juillet 1947).

Au début de 1946, on entama la création d’une unité parachutiste laotienne. On ponctionna le 1er BCL et un commando laotien et on dirigea les volontaires vers les deux centres d’instruction de Vientiane et de Takhek (3e compagnie du 1er BCL) avec espoir de fournir 350 parachutistes aux FTEO. En juillet 1948, la 1ère compagnie de commandos laotiens était mise sur pied puis elle doubla son effectif en 1951 par la création d’une unité jumelle, selon les prescriptions du général de Lattre. À ces éléments, il faut ajouter les militaires intégrés aux unités du Train, du Génie, et aux divers services des FTEO selon la politique du jaunissement mise en vigueur pour les Laotiens en mai 1946.

En termes d’effectifs, que représentent les Laotiens dans les FTEO ? En juillet 1948, ils étaient 4.123 réguliers et leur nombre culmina à 7 762 hommes en avril 1952 (effectifs réalisés).

 

L’armée nationale laotienne.

Le Laos ne posséda pas vraiment d’armée nationale avant la convention militaire du 6 février 1950 qui mettait en application les accords du 19 juillet 1949. Avant, la convention du 27 août 1946 réglait toutes les questions de défense. Elle permettait aux troupes de l’Union française de stationner, de circuler et d’avoir des bases dans tout le pays. En mai 1946, on créa une garde nationale qui devint gendarmerie laotienne, forte d’environ 1.000 hommes en 1947.

Parallèlement, on mit sur pied des compagnies d’infanterie lao (CIL) en prévision de la formation d’autres unités. Le 1er bataillon d’infanterie lao (BIL) fut créé à Vientiane en juillet 1950, le 2e à Paksé en octobre. Les effectifs de l’ANL stagnèrent durant toute l’année. En avril 1950, l’ANL regroupait 1.458 hommes avec ses cadres français et on pensait pouvoir recruter 300 hommes supplémentaires avant la fin de l’année. 1.728 étaient sous les drapeaux en janvier 1951, alors qu’on en avait prévu 4.000, et une grande partie du programme initial ne fut pas réalisé. Le 22 août 1951, 19 CIL furent réunies pour constituer les 3e et 4e BIL et préparer les 5e et 6e. L’arrivée du général de Lattre permit un véritable décollage de l’ANL. Même si le pays ne connaissait pas d’opérations comparables à celles du Vietnam, la situation s’y dégrada.

En 1952, le général de Lattre souhaita disposer de 12.300 Laotiens grâce à un effort de recrutement et à l’aide américaine. Il voulait en outre un groupe d’artillerie et l’amorce de services. Naquirent ainsi des directions du génie, de l’intendance, du service de santé et des transmissions. De 10.849 combattants en juin 1952, l’ANL passa à 13.420 le 1er janvier 1953.

L’accord additionnel entre les gouvernements français et laotien modifia ces chiffres. En effet, la métropole prit en charge 4.026 réguliers pour accélérer la mise en condition de 7 bataillons légers. Avec le soutien américain, on put ajouter 3 compagnies de mortiers, ce qui devait faire passer le nombre des Laotiens en arme à 20.951 au 31 décembre 1953. Au 1er janvier 1954, ils étaient réellement 20.250. Au moment du cessez-le-feu, l’ANL comptait un peu plus de 21.000 hommes dont un tiers dans la garde nationale, alors qu’on avait tablé sur un effectif de 26.000.

 

L’adjudant Jacques François.

Jacques François nait à Paris, dans le 18e arrondissement, le 27 octobre 1911. Il s’engage dans les troupes coloniales. En 1946, il est envoyé en Indochine. Il intègre une unité « indigène » : le 6e bataillon de chasseurs laotiens, formé le 1er novembre 1946 dans la région de Phong-Saly au Laos.

Comme beaucoup de soldats de métropole, Jacques François tombe malade quelques mois après son arrivée en Indochine. Il meurt le 27 octobre 1947 à l’hôpital d’Hanoi, au Tonkin, « des suites de maladie contractée en service » selon l’expression consacrée par les règlements militaires. Peu après, il est officiellement déclaré Mort pour la France. Il avait 36 ans.

Habitant d’Asnières-sur-Seine, c’est dans le carré militaire de cette commune qu’il repose en paix pour l’Eternité.

 

Sources :

 

  • Témoignages du colonel Rives.
  • Site de l’Anapi.
  • Archives de l’Anapi.
  • Michel Bodin, Les Laotiens dans la guerre d’Indochine, 1945-1954.
  • Y. Gras, Histoire de la guerre d’Indochine, Paris, Plon.
  • M. Bodin, La France et ses soldats, Indochine, 1945-1954, Paris, L’Harmattan, 1996
  • M. Bodin, « Leclerc et l’utilisation des autochtones indochinois », Leclerc et l’Indochine, 1945-1947, Paris, Albin Michel, 1992, p. 386-389 et Bulletin officiel du ministère de la Guerre ;
  • Crédit photographies : archives de la Délégation générale du Souvenir Français des Hauts-de-Seine ; ECPAD.
L'adjudant François d'Asnières et les Laotiens.

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Publié le 8 Avril 2018

Soldats prussiens et soldats français s’affrontant vers Châtillon – Septembre 1870.

Soldats prussiens et soldats français s’affrontant vers Châtillon – Septembre 1870.

La première bataille de Châtillon.

 

La bataille de Sedan, le 2 septembre 1870, est une défaite cuisante pour l’armée française. Elle est mise en déroute et son Empereur, Napoléon III, est placé en captivité. Bientôt, il est escorté pour être emmené en captivité à Wilhelmshoehe, près de Kassel.

Dès le surlendemain, les Prussiens se mettent en marche vers Paris. Qu’ils atteignent le 17 septembre. Dès leur arrivée, en pleine nuit, la grande garde de la Grange-Dame-Rose, à Vélizy, est subitement attaquée par une reconnaissance d’une centaine de fantassins bavarois, appuyés par un peloton de dragons. Après une faible résistance, les zouaves se replient laissant 12 morts et 34 prisonniers entre les mains de l’ennemi, qui n’ose toutefois pousser plus loin son avancée.

Le 19 septembre, à cinq heures du matin, le général Ducrot engage le 14e corps sur trois colonnes, protégées par un épais brouillard. Deux heures plus tard, 72 canons français ouvrent une vive canonnade vers les bois. Surpris, les Allemands commencent à céder du terrain et se retranchent dans les bois de Verrières-le-Buisson. A 7h30, l’artillerie prussienne apparaît à la lisière du bois et réplique. Les Français s’apprêtent à lancer un assaut que d’aucun annonce décisif quand tombe l’ordre de se replier !

En effet, la division Caussade qui constitue l’aile droite est en plein débandade. Le 16e régiment de marche qui était en tirailleur dans les sous-bois se trouve au contact avec les Prussiens, donnant lieu à une fusillade extrêmement vive. Arrive un bataillon de mobile de la Seine, qui commence aussi à tirailleur. Il s’ensuit un désordre certain et les Prussiens s’emparent d’une position où ils amènent aussitôt leur artillerie : celle-ci envoie une grêle d’obus et de boulets. Les conscrits, qui composent le bataillon de mobile, sont alors pris de panique et aux premiers sifflements des obus, ils se couchent par terre, pendant que l’infanterie ennemie avance toujours. A 9 heures, la première ligne française se replie sous les forts de Montrouge et de Vanves.

Toute offensive étant devenue impossible et les Allemands gagnant du terrain, il faut se résigner pour les Français à sonner la retraite. Le 2e corps bavarois se heurte toutefois jusqu’au milieu de l’après-midi à une forte résistance française. Le général Ducrot espère conserver la redoute de Châtillon. Mais il doit évacuer la position, en apprenant que non seulement la division Caussade, sur sa droite, a regagné Paris, mais que la division de Maussion, sur sa gauche a également abandonné ses positions de Bagneux et de Fontenay-aux-Roses. Alors, il se replie sur Montrouge.

Le 20 septembre, le général Trochu, craignant une attaque en force de la capitale, fait évacuer les positions extérieures de la ceinture des forts, et dynamiter les ponts de Billancourt, de Sèvres, de Saint-Cloud, d’Asnières, de Clichy et de Saint-Ouen.

 

La deuxième bataille de Châtillon.

 

Le 13 octobre suivant, le général Trochu décide d’organiser une reconnaissance offensive sur les villages de Bagneux et Châtillon, par ses troupes, alors massées dans Paris.

Pour se faire, il dispose ses troupes en trois colonnes, plus la réserve :

  • La colonne de droite est composée du 13e de marche, avec 500 gardiens de la paix. Elle doit s’emparer de Clamart.
  • La colonne du centre et commandée par le général Susbielle ; elle est composée du 14e de marche et d’un bataillon du 13e. Elle doit attaquer Châtillon par la droite.
  • La colonne de gauche, sous le commandement du colonel Eugène Antonin de Grancey, composée des mobiles de la Côte d’Or et d’un bataillon des mobiles de l’Aube, sous le commandement André Picot de Dampierre, doit entrer dans Bagneux.
  • La réserve, formée du 42e de ligne, devant rester à l’arrière, au lieu-dit « La Barraque », devant Châtillon.

Dès les premiers engagements, la colonne de droite s’empare de Clamart et s’y maintient. Au Centre, les troupes du général Susbielle ne peuvent entrer dans Châtillon, dont les rues sont couvertes de barricades, en dépit des bombardements effectués depuis les forts d’Issy et de Vanves. Quant à la colonne de gauche, elle enlève Bagneux aux Bavarois. Mais ne peut aller plus loin. Les hommes voient le comte de Dampierre mourir sous leurs yeux.

Après cinq heures de combat, le gouverneur de Paris ordonne la retraite, le but de la reconnaissance étant atteint ! Le général Blanchard fait alors exécuter ce mouvement de retraite.

Les journaux parisiens se félicitent alors de l’entreprise… qui n’empêchera nullement la signature par le gouvernement français d’une convention d’armistice, trois mois plus tard.

 

 

Sources :

  • Ville de Châtillon : www.ville-chatillon.fr
  • Ville de Clamart : www.clamart.fr
  • Henri Guillemin, Cette curieuse guerre de 1870, Gallimard, 1956.
  • Pierre Milza, L’année terrible – La guerre franco-prussienne, septembre 1870-mars 1871, Perrin, 2009.
  • Pierre Miquel, La Troisième République, Fayard, 1989 ; Le Second Empire, Plon, 1992.
  • Archives du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.

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