Publié le 22 Mai 2020

Paris, 1832 – Epidémie de choléra – Grande médaille de reconnaissance.

Paris, 1832 – Epidémie de choléra – Grande médaille de reconnaissance.

Le 13 mai 2020, en début de la phase de déconfinement liée au ralentissement de la propagation de la (1) Covid 19, le Gouvernement français a indiqué à l’issue du Conseil des ministres qu’une médaille de l’engagement face aux épidémies « afin de récompenser les personnes qui se sont dévouées pendant la crise du Covid-19 » serait prochainement créée.

La Nation veut ainsi dire sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui furent en première ligne dans la lutte contre cette pandémie nouvelle. Il sera fait appel aux deux ordres nationaux que sont la Légion d’honneur et l’ordre national du Mérite en s’appuyant sur l’article très dérogatoire de l’attribution à titre exceptionnel. Donc limité en nombre de récipiendaires.

Pour cette raison et afin de ne pas créer stricto sensu et dans sa totalité une nouvelle médaille, il devrait être fait appel à celle de 1885, parue au Journal Officiel du 9 avril 1885, p.1865. En effet, la médaille d’honneur de la santé et des affaires sociales créée en 2012 par un décret du 2 février n’a pas retenu l’attention en raison sans doute de la suspension de son attribution. Mais sans doute aussi du fait qu’elle relève du ministre de la solidarité et des affaires sociales, alors que la médaille promise sera très probablement à la main du Premier ministre, pouvant ainsi couvrir l’ensemble des domaines ministériels. Trois échelons, bronze, argent et or devraient permettre de distinguer le niveau d’engagement ou les mérites acquis dans cette lutte contre la « Covid 19 » qui apparaîtra sur une probable agrafe portée sur le ruban de la médaille.

Comme les agrafes ornant les médailles liées aux opérations militaires, elle permettrait de révéler le « j’ai vécu » ou « j’ai subi » au contact rapproché de cette pandémie. Elle deviendrait alors une médaille commémorative quel que soit le degré d’implication. Mais elle peut aussi être une médaille d’honneur pour des mérites spécifiques. Enfin, elle pourrait être attribuée à titre individuel et/ou collectif à un service, une entreprise, un hôpital. L’agrafe si elle est effectivement adoptée offrira la possibilité d’être changée en cas de nouvelle épidémie majeure sans avoir à créer une autre médaille. Enfin, toute attribution à titre posthume nécessitera de bien identifier qui est décédé de la Covid à titre principal ou secondaire.

Faisant suite à plusieurs épidémies de choléra qui emportaient malades et soignants privés de médications adaptées - on relève notamment celles de 1817, 1832 (2) 1849, 1854, 1866 et 1884 – cette médaille de 1885 est sans doute la première à pouvoir être arborée sur la poitrine, de façon visible, pendante selon un terme désormais couramment admis. 

Médaille d’honneur des épidémies, en bronze de 27 mm de diamètre, portant à l’avers l’effigie de la république ailée de Hubert Ponscarme, lui-même touché par la maladie en 1849.

Devenu médailleur après un service dans la garde mobile, l’un des plus importants de la IIIème République, il s’applique à donner à sa médaille les traits d’une puissante Marianne joufflue, au cou épais, au profile de déesse grecque et à la chevelure libre, flottante, ailée. Quatre échelons sont retenus : bronze, argent, vermeil, or. Le ruban aux trois couleurs, à bandes verticales, porte une rosette pour la classe or.

Au revers apparaissent des attributs et symboles de la médecine : le serpent qui entoure traditionnellement le bâton tenu par Esculape, le dieu de la médecine, la coupe et son breuvage, promesse d’immortalité, la palme de la victoire et de la régénérescence. En outre figure le nom du ministère et un cartouche permettant d’écrire le nom du bénéficiaire. Un total de 1161 médailles a été attribué par le ministère du commerce en deux ans dont 10 en or, 27 en vermeil, 643 en argent, 662 en bronze (3). En effet, le service de l’hygiène dépendait de ce ministère. Plus tard, dans les années 30, le modèle Alexandre Morlon supplantera la médaille d’honneur des épidémies de Ponscarme au profit de la médaille d’honneur de la Santé publique. Marianne est alors coiffée du bonnet phrygien et de couronnes de feuilles de chêne et de laurier. Il faudrait également citer le sculpteur et médailleur Charles Gustave de Marey et sa république qui orne cette médaille pour la Marine.

Le suivi de la médaille et son attribution sont ensuite confiés au ministère de l’Intérieur puis à celui de l’Hygiène qui deviendra le ministère de la Santé Publique, aujourd’hui ministère des Solidarités et de la Santé. Enfin la médaille d’honneur des épidémies fut aussi attribuée par le ministre de la Guerre (décret du 15 avril 1892) et sera distribuée lors de l’épidémie de grippe espagnole, le ministre de l’Intérieur (pour l’Algérie (4) - décret du 4 mai 1900), le ministre de la Marine (décret du 30 septembre 1909), le ministre des Colonies puis de la France d’outre-mer (décret du 3 juin 1927). Cependant, en 1962, la médaille d’honneur du Service de Santé des Armées remplaça les médailles dites « Guerre et Marine ».

Auparavant, des médailles existaient mais n’étaient pas portables. Elles ne relevaient donc pas de la phaléristique mais de la numismatique. Il s’agissait de médailles en bronze d’un diamètre de 3 à 8 cm probablement offerte dans un écrin. Médailles dites « de table » ou « de présentation », elles portent souvent des symboles de la ville (Marseille en 1819 ou Paris en 1832) ou l’effigie de la République après celle de l’empereur Napoléon III ou de Louis-Philippe en 1835.

La figure d’Esculape retient l’attention sur deux commandes de médailles par la ville de Paris en 1832 afin de commémorer la tragédie humaine née quelques années avant en Inde et parvenue à semer le désastre dans Paris.

Ursin Vatinelle le représente prêt à examiner un patient soutenu par la ville, tandis que Emile Rogat le figure repoussant de sa main la Mort en squelette rieur armé de la faux qui emporte un père de famille.

Dès cette époque, le sensationnel, la compassion, la reconnaissance et l’absolu besoin de commémorer et de se souvenir s’emparent des esprits avant de se graver sur un support pérenne.

Une nouvelle fois le passé éclaire le présent.

 

 

Claude GUY, DG du Souvenir Français dans les Hauts de Seine, le 21 mai 2020.

 

 

Sources :

Katia Shaal, « la médaille et les épidémies », publié dans le carnet de recherche, « au revers de la médaille », le 23 mars 2020, https://medaille.hypotheses.org/697.

Matthias Martin, « La future médaille de l’engagement face aux épidémies à l’aune du droit », revue générale du droit on line, 2020, numéro 52183, (www.revuegeneraledudroit.eu/?p=52183).

Louis Henry et Yves Blayo, « la population de la France de 1740 à 1860 », Persée, numéro spécial, 1975, p.71-122.

http://www.france-phaleristique.com/medaille_honneur_epidemies.htm

https:/www.numismatics.free.fr/FIM/les médailles des épidémies. Sous des pseudonymes Saint-Cyrien et Vétéran.

Monnaie de Paris, « Décorations officielles françaises », administration des monnaies et médailles, 1956.

https://www.beaussant-lefevre.com/lot/86925/8141953?

Daniel Laheyne, comité du SF de Chaville, recherche dans les journaux officiels d’époque, 18 mai 2020.

 

_______________________________________________

(1) Suivant la terminologie de l’Académie française

 (2) Le chiffre rapporté de morts en France est de 100 000 pour une population de 33,5 millions d’habitants ; celui des morts à Paris est de 18 500 pour une population de 650 000 habitants

 (3) Chiffres donnés par Jules Martin, les décorations françaises, Paris, 1912

 (4) Cette médaille était surmontée d’un croissant et d’une étoile

 

Un souvenir bien français à travers les médailles.
Un souvenir bien français à travers les médailles.
Un souvenir bien français à travers les médailles.
Un souvenir bien français à travers les médailles.
Un souvenir bien français à travers les médailles.
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Un souvenir bien français à travers les médailles.
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Un souvenir bien français à travers les médailles.
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Publié le 16 Mai 2020

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Edgard Tupët-Thomé de Bourg-la-Reine.

Biographie.

 

Edgard Tupët nait le 19 avril 1920 à Bourg-la-Reine (Seine).

 

Après l'obtention de son baccalauréat, il poursuit ses études à l'Ecole supérieure de Théologie de Reims. N'ayant pas la vocation, il choisit en octobre 1938, de s'engager par devancement d'appel au 8e Régiment de Zouaves à Mourmelon. Il participe comme sergent aux attaques en Lorraine dès septembre 1939 puis en Belgique en mai 1940. Il prend part à l'évacuation de Dunkerque, son unité protégeant l'embarquement du corps expéditionnaire britannique. Fait prisonnier le 4 juin à Dunkerque, il s'évade de Rexpoëde le 10 juin au cours de son transfert vers l'Allemagne.

 

Au lendemain de l'armistice, n'acceptant pas la défaite, Edgard Tupët tente vainement de quitter la France pour rejoindre les Forces françaises libres. Démobilisé en septembre 1940, il trouve un emploi à Clermont-Ferrand et entre par hasard en contact en novembre 1940 avec Roger Warin (réseau Ronald) dont il devient, avec Stanislas Mangin, un des adjoints. Il est particulièrement chargé de repérer des terrains d'atterrissage clandestins.

 

En mars 1941, Roger Warin établit une liaison directe avec l'Etat-major de la France libre à Londres par l'intermédiaire de Pierre Fourcaud, chargé de mission du général de Gaulle. Le 1er avril 1941, Edgard Tupët devient, avec quatre camarades de résistance (Mangin, Warin, Tavian et Maurice Andlauer), le premier engagé militaire secret dans les Forces françaises libres. Il exécute des missions de liaison pour le compte de Pierre Fourcaud jusqu'à l'arrestation de ce dernier en août 1941. Il participe à la préparation de son évasion, malheureusement sans réussite.

 

Envoyé par Warin en Grande-Bretagne, il quitte la France en août 1941 avec le sergent Forman et Joël Le Tac, traverse l'Espagne et, via le Portugal et Gibraltar, rejoint l'Angleterre où il fait un rapport sur les activités du groupe. Sous le pseudonyme d'Edgard Thomé, il est affecté à l'état-major particulier du général de Gaulle et suit une instruction parachutiste et l'entraînement du Bureau des Opérations aériennes (BOA). En Angleterre en novembre 1941, il retrouve Roger Warin, alias Wybot, qui est parvenu à s'évader de France et se voit chargé d'une mission en France par le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA).

 

Parachuté le 9 décembre 1941 dans la région de Châteauroux sur un terrain qu'il a choisi, il est accompagné du radio Joseph Piet. Blessé à la tête lors de l'atterrissage, il est chargé de mission, responsable des opérations aériennes et de la branche « Action » du réseau « Ali-Tir » dont Stanislas Mangin dirige la branche « Renseignements ».

 

Adjoint immédiat de Mangin, dont il organise le départ par Lysander en février 1942, Thomé travaille comme agent de 1ère classe. En avril 1942 il fait partir Gaston Tavian dans les mêmes circonstances que Mangin. En raison des blessures reçues six mois plus tôt, il doit quitter la France pour pouvoir se soigner. Le 29 mai 1942, à l'occasion du retour de Tavian par une opération Lysander, Tupët-Thomé, accompagné de Philippe Roques, s'envole pour l'Angleterre.

 

Promu lieutenant, il bénéficie d'une convalescence puis, à son retour à Londres, demande son affectation dans une unité combattante. En novembre 1942, il quitte l'Angleterre pour le Détachement d'instructeurs commando de Saint-Pierre-et-Miquelon, sous les ordres de Stanislas Mangin.

 

En février 1943, toujours avec Mangin, il est affecté au Détachement (puis Bataillon) des Antilles dont il crée et commande la 2e compagnie qu'il entraîne jusqu'en juillet 1943. En août 1943, le lieutenant Tupët-Thomé rejoint à sa demande le 4e Bataillon d'infanterie de l'air (4e BIA) à Camberley et est breveté parachutiste le mois suivant.

 

En janvier 1944, il est muté comme commandant en second de la 2e compagnie du 3e BIA, qui devient en juillet 1944, le 3e Régiment de chasseurs parachutistes (3e RCP). Avec le 3e RCP, il remplit, début août 1944, une première mission parachutée dans la région de Daoulas dans le Finistère. Avec sa seule section (12 hommes) il attaque une Kommandantur forte de 60 hommes, tue 12 Allemands, fait 40 prisonniers, repousse une attaque ennemie et libère Daoulas.

 

Il attaque ensuite la garnison allemande de Landerneau, lui inflige de lourdes pertes et libère la ville. Il rejoint alors la 6e Division blindée américaine pour laquelle il exécute plusieurs missions de reconnaissance.

 

Edgard Tupët-Thomé est parachuté une deuxième fois le 27 août 1944 dans le Jura ; il attaque et prend Clerval (Franche-Comté) qu'il défend avec 50 hommes contre 27 chars et voitures blindées ennemis. Il tue une trentaine d'Allemands et détruit un char. Il rejoint ensuite la 7e Armée américaine et, affecté à un groupe de reconnaissance divisionnaire, se distingue notamment à Arches lors du passage de la Moselle. Le 23 septembre 1944, il ramène sous des feux de mortiers un soldat américain blessé dans ses lignes.

 

Parachuté une troisième fois en Hollande le 7 avril 1945, il effectue avec sa section forte de 15 hommes de nombreuses attaques sur les voies de communication infligeant à l'ennemi de sérieuses pertes en hommes et matériel.

 

En 1945, il démissionne de l'Armée et, après avoir été admis à l'Ecole coloniale d'administration, il est nommé administrateur des Colonies en janvier 1946 en Tunisie. Il devient ensuite Président Directeur Général de la Coopérative viticole de Takelsa en Tunisie.

 

En 1950, il quitte la Tunisie pour le Canada où il gère sa propriété (élevage, agriculture). De retour en France en 1955, il reprend des études, devient Ingénieur en Organisation scientifique du Travail et trouve un poste au bureau d'Etudes techniques chez Singer puis dans un laboratoire pharmaceutique à Neuilly.

 

De 1961 à 1965, Edgard Tupët-Thomé est Ingénieur chez Panhard puis chef des agences dans une société de Tourisme.

 

Distinctions.

 

  • Grand Croix de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (6 citations).
  • Médaille commémorative des Services volontaires dans la France libre.
  • Military Cross (GB).
  • King's Medal for Courage in the Cause of Freedom (GB).
  • Chevalier de l'Ordre d'Orange Nassau (Pays-Bas).
  • Croix de Guerre (Pays-Bas).

 

Depuis le 7 janvier 2019, date de la mort de Guy Charmot, quatre compagnons demeurent en vie :

 

  • Pierre Simonet.
  • Hubert Germain.
  • Daniel Cordier.
  • Edgard Tupët-Thomé.

 

 

 

© Ordre de la Libération.

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Publié le 7 Mai 2020

Il y a 66 ans Diên Biên Phu.

Il y a 66 ans le 7 mai 1954 à 17h30, la chute du camp retranché de Diên Biên Phu signa l’arrêt des combats par un « cessez le feu » et la fin de la guerre d'Indochine.

 

Souvenons-nous de tous ces soldats légionnaires des BEP, des para-colos des BPC, des chasseurs-parachutistes, des parachutistes vietnamiens du BPVN. Souvenons-nous des marsouins et bigors, des médecins, infirmiers et infirmières, des convoyeurs, des artilleurs, des tirailleurs, des supplétifs, des aviateurs et des gendarmes. Souvenons-nous de ce corps expéditionnaire français en Extrême-Orient qui a combattu dans le camp retranché.

 

Souvenons-nous de tous ces morts au combat, des vies abandonnées à travers jungles et montagnes dans la « marche à la mort » et des 11.721 prisonniers dont seulement 3.290 reviendront sur la terre de France. 

 

Souvenons-nous que ce jour-là : Isabelle, Eliane, Béatrice, Claudine, Gabrielle, Anne-Marie, Huguette, Liliane et Françoise se sont enfermées à jamais dans le chagrin éternel, leur visage recouvert du linceul de sang de leurs enfants.

 

Enfin, n’oublions pas la journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » en Indochine qui a lieu le 8 juin de chaque année.

 

 

Claude Guy

Délégué général

 

NB : le crédit photographique est à mettre au compte d’un ami et adhérent du Souvenir Français. Il s’agit du monument commémoratif sur la colline Eliane.

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Publié le 3 Mai 2020

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Robert Weill de Suresnes

Robert Weill est né le 25 avril 1916 à Suresnes. Son père était capitaine du Génie.

 

Il prépare le concours de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr où il est reçu second en 1936.

 

Sous-lieutenant en septembre 1938 à sa sortie de l'école, il est affecté à la 11e Compagnie du 14e Régiment de Tirailleurs Algériens (14e RTA).

 

Volontaire pour l'aviation, il est affecté comme élève-pilote à l'Ecole de Versailles-Villacoublay en juillet 1939. En janvier 1940, le sous-lieutenant Weill est envoyé en stage de perfectionnement à l'Ecole de pilotage de Meknès au Maroc.

 

Alors qu'il doit rejoindre le centre d'instruction aérien de Clermont-Ferrand, il décide avec huit de ses camarades, devant le ralliement du Maroc au maréchal Pétain, de refuser l'armistice et de rejoindre Gibraltar pour s'engager dans les Forces Françaises Libres.

 

Le 30 juin, vers 15 heures, 3 Glenn-Martin décollent de Casablanca. Le sous-lieutenant Weill est à bord du Glenn Marin n° 4, avec le capitaine Le Forestier de Vendeuvre, le lieutenant Berger et le sous-lieutenant Jochaud du Plessis. A 17 heures, au moment où ils vont atterrir à Gibraltar, leur appareil est abattu par la DCA espagnole et s'abîme en mer. Les secours lancés à leur recherche ne ramèneront que des cadavres.

 

Robert Weill est inhumé le lendemain au cimetière de North Front près du terrain d'aviation à Gibraltar avec ses camarades ; ils furent tous les quatre parmi les premiers Compagnons de la Libération.

 

Il est cité à l'ordre des Forces Aériennes Françaises Libres le 13 juillet 1940 et fait Compagnon de la Libération par un décret du 13 mai 1941.

 

 

 

© Ordre de la Libération.

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Publié le 24 Avril 2020

Communiqué de Madame le secrétaire d’Etat, Geneviève Darrieussecq.

Compte-tenu de la situation exceptionnelle liée à l’état d’urgence sanitaire et aux mesures de confinement, Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, indique que les cérémonies du 8 mai 2020 se dérouleront selon les modalités suivantes :

 

  1. Une cérémonie, présidée par le Président de la République, aura lieu le matin à Paris, à l’Arc de triomphe, en présence d’un nombre restreint d’autorités civiles et militaires. Cette cérémonie nationale ne sera pas ouverte au public mais sera retransmise en direct à la télévision.
  2. Dans l’ensemble des départements ainsi que dans les territoires d’outre-mer, les Préfets et Hauts-Commissaires organiseront une cérémonie au monument aux morts de la commune chef-lieu dans un format restreint et en respectant strictement les mesures de distanciation. Cette cérémonie ne sera pas ouverte au public.
  3. Dans les communes, les maires pourront organiser, en format très restreint et en respectant strictement les mesures de distanciation, un dépôt de gerbe au monument aux morts. Cette cérémonie ne sera pas ouverte au public.
  4. Afin de manifester leur participation à cette journée nationale, le Président de la République demande aux Françaises et aux Français qui le souhaitent de pavoiser leur balcon aux couleurs nationales.

 

Sources :

  • DICoD – Ministère des Armées.
  • Cabinet du Secrétaire d’Etat, auprès de la ministre des Armées.
  • Crédit photographique : France TV.

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Publié le 7 Avril 2020

Hommage à René Roché.

Le dernier président de « Rhin et Danube », René Roché, a quitté la terre des vivants.

Ce breton d’origine surnommé Renaïck, c’est-à-dire « petit René », pour le différencier de son père René, faisait partie à l’âge de 19 ans d’un groupe de résistants avant d’intégrer, la Libération de Paris accomplie, la 1ère armée du général de Lattre de Tassigny.

Agent de liaison au sein d’un groupe de reconnaissance, il participe activement, face à la XIXe armée allemande, à la bataille de Colmar, cette désormais célèbre poche, difficile à ravitailler et prise dans les griffes d’un hiver particulièrement rigoureux.

Puis, c’est pour lui la garde du Rhin et sa traversée pour pénétrer en Allemagne jusqu’à Constance, à la frontière de l’Autriche, qu’il atteint la veille de la capitulation allemande.

La paix revenue, il entre chez Kodak-Pathé comme ouvrier. Mais rapidement l’ascenseur social le porte à la fonction de directeur des ressources humaines de la branche Kodak.

L’ancien sergent admis à la retraite devient secrétaire général de l’association « Rhin et Danube » avant de succéder comme président à une lignée de généraux.

À ce poste qu’il occupera pendant 9 ans, il réfléchit à la destinée de cette association chargée d’une lourde et riche histoire typiquement française. La 1ère armée a su unir dans ses rangs des soldats venus d’Afrique noire, du Maghreb, de tout l’Empire mais aussi des Forces françaises de l’intérieur et de nombreuses auxiliaires féminines.

Pour sauvegarder la mémoire de « Rhin et Danube », il pressent que le Souvenir Français est la seule association pérenne pouvant porter cette mémoire. C’est pourquoi, il signe un protocole avec le président général de notre association mémorielle qui confie au Souvenir Français les biens moraux et matériels de « Rhin et Danube ».

René Roché, figure emblématique d’une grande association disparue, d’une grande simplicité et humilité a cessé de servir l’intérêt général à 95 ans.

Commandeur de la Légion d’honneur et Grand-officier de l’ordre national du Mérite, René Roché est titulaire de la Croix de guerre 1939-1945.

Qu’il y ait le 8 mai prochain des cérémonies en hommage à la fabuleuse et salvatrice journée d’il y a 75 ans ou qu’il ne puisse y en avoir en raison de l’hideuse pandémie qui recouvre le monde, la pensée de chaque membre du Souvenir Français soutiendra l’ascension vers une forme d’immortalité de ce grand patriote.

 

Claude Guy (DG 92)

 

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Publié le 28 Mars 2020

La bataille navale du Bouvet et du Meteor.

La guerre de 1870 ne fut pas que terrestre ! Prussiens et Français imaginèrent bien des scenarii : attaques sur la France par la mer du Nord d’un côté et débarquement en Allemagne de l’autre… Mais ses projets furent bien vite oubliés.

Cependant, des capitaines allemands décidèrent de défier les marins français : ainsi, en mer Baltique, le yacht Grille échangea des coups de canons avec un aviso français le 17 août 1870. Cela n’alla pas beaucoup plus loin. Au large de Brest, la corvette Augusta réussit à capturer trois navires marchands. Mais l’intervention de la frégate l’Héroïne obligea le navire allemand à se replier sur Vigo, en Espagne.

En fait, la canonnière Meteor livra le seul véritable combat naval du conflit.

Alors qu'il relâchait à Cuba, qui était colonie espagnole, la canonnière prussienne le Meteor fut découverte le 8 novembre par le navire français le Bouvet. Le capitaine de frégate Alexandre Franquet, commandant du Bouvet, lança un défi pour le lendemain à son homologue allemand, le Kapitänleutnant von Knorr, qui le releva. Le Bouvet quitta La Havane pour rejoindre les eaux internationales et attendre le Meteor qui arriva quelques heures plus tard, accompagné des bâtiments espagnols Hernán Cortés et Centinela, dont la mission était de s'assurer que le combat ne se déroulerait pas dans les eaux espagnoles, neutres.

Le Bouvet était plus rapide que son adversaire mais le Meteor compensait son manque de vitesse par une excellente manœuvrabilité. Le Bouvet avait été construit avec un surchauffeur à vapeur de chaudière placé sur le pont, sans aucune protection. Le capitaine Franquet, très conscient de la vulnérabilité de cette installation, avait fait édifier autour des protections de fortune avec des sacs de charbon et de sable et des chaînes.

Le combat commença à 14 h 30, lorsque le Bouvet ouvrit le feu à 4 000 mètres de son adversaire. Pendant les deux heures qui suivirent, les deux navires coururent sur deux lignes parallèles échangeant des bordées aux résultats insignifiants. Puis le Bouvet vira brusquement et se lança à pleine vitesse vers le Meteor afin de tenter une manœuvre d'éperonnage. Celle-ci réussit partiellement l'angle d'attaque étant mauvais, et le choc n’entraîna que la chute de la mâture du Meteor, dont le pont se couvrit de débris et de voilures mais qui eut surtout son hélice empêtrée dans les cordages. Les marins allemands essayèrent d'aborder le Bouvet mais ils ne purent mener à bien leur projet, car les deux navires ne restèrent en contact que quelques instants tandis que les Français, qui ne pouvaient faire usage de leur canon de proue trop ardu à manier, tiraient avec des fusils sur le pont adverse. Quasiment immobilisé, le Meteor était à la merci de son adversaire qui reculait pour prendre du champ et foncer à nouveau vers lui pour l'achever, lorsqu'un obus pulvérisa le surchauffeur du Bouvet. La vapeur s'échappant par le tuyau crevé, l'aviso s'immobilisa à son tour.

Hissant les voiles et bénéficiant d'un vent favorable, le Bouvet s'éloigna au plus vite du lieu du combat tandis que les marins prussiens s'affairaient frénétiquement pour libérer l'hélice du Meteor et se lancer à la poursuite du bâtiment adverse. Le Bouvet parvenant à rejoindre les eaux cubaines, les Espagnols intervinrent alors pour séparer les belligérants qui rentrèrent à La Havane.

Combat d'un autre âge où l'on se lançait des cartels, l'affrontement du Bouvet et du Meteor s'acheva sans vainqueur. Franquet fut promu capitaine de vaisseau en décembre 1870 et von Knorr reçut la Croix de Fer en 1871. Et il n’y eut plus de combats navals…

 

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Colonel Rousset, Histoire générale de la Guerre franco-allemande, Editions Taillandier, 1911.
  • René Chartrand, « La Havane, le 9 novembre 1870 : le Bouvet français contre le Météor prussien », Tradition magazine, no 236,‎
  • Etienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Paris, Editions Taillandier.

 

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Publié le 21 Mars 2020

Le destin tragique du sergent-chef Kelly.

La 82e division aéroportée US.

La 82e division aéroportée US – 82nd Airborne Division selon la terminologie américaine – est une division parachutiste des Etats-Unis d’Amérique. A l’origine division d’infanterie, elle est créée en août 1917 en Géorgie, avec des hommes provenant de tous les états des Etats-Unis, d’où son surnom « All Americans ». Elle entre en campagne en France en 1918 où elle voit disparaître 1.298 des siens au combat, et connait 6.248 blessés. Après guerre, elle est dissoute.

Reconstituée en 1942 en Louisiane, son premier nouveau chef est le général Bradley, qui se rendra célèbre tout au long de la Seconde Guerre mondiale. En octobre 1942, elle s’installe à Fort Bragg en Caroline du Nord ; elle se voit attribuer successivement le 504e régiment d’infanterie parachutiste puis le 505e para, de même que le 325e régiment d’infanterie. Elle devient donc unité parachutiste.

Projetée en Europe, la 82e Airborne débarque en 1943 en Afrique du Nord. Pour peu de temps, car elle prend part ensuite à la libération de la Sicile puis à la campagne d’Italie, avant d’être dirigée vers l’Angleterre où elle doit être fer de lance dans l’Opération Overlord.

Le soir du 5 juin 1944, les éclaireurs (pathfinders) de la 82e, équipés de balises radio et de moyens de communication, sont les premiers soldats alliés à décoller de la base de RAF (Royal Air Force) North Witham. Avec la 101e, elles vont à elles deux s’emparer de plusieurs places stratégiques dans le cadre du Débarquement. Ainsi, un détachement de la 82e enlève la petite ville de Sainte-Mère-Eglise.

Puis direction les terres normandes et la région parisienne…

 

Au pont de Saint-Cloud.

 

Sur son site internet, Gilles Primout a raconté l’histoire de Lawrence (Larry) R. Kelly : « Né en 1902 en Pennsylvanie le jeune Larry ne s'entend guère avec son beau-père de nationalité allemande, c'est pourquoi en trichant sur son âge il s'engage pour la durée de la Grande Guerre 1914-1918 dans le Corps expéditionnaire américain en Europe. Huit mois de campagnes lui vaudront deux blessures. De retour à la vie civile il se fait embaucher comme ouvrier dans un chantier naval. La Seconde Guerre Mondiale est déclarée, le sergent Kelly se porte de nouveau volontaire. Il sautera avec la 82° Division Aéroportée le 6 juin 1944 en Normandie. Blessé il sera versé dans un régiment d'artillerie où il s'occupe du mess. A 11h00 du matin, le 25 août 1944 il dévale au volant de sa jeep la rue Dailly de Saint-Cloud en direction de Paris. »

Là, un jeune résistant, du nom de David, sapeur-pompier de métier, selon Gilles Primout, est chargé de surveiller le pont de Saint-Cloud. La jeep arrive en trombe. Pris de peur, ou de panique – saura-t-on un jour ? – il tire. Le sergent Kelly est touché au bassin. Transporté dans la pharmacie la plus proche il y est soigné par des équipiers de la Croix Rouge. Rapatrié aux Etats-Unis il ne se remettra jamais de sa blessure et décèdera en 1946. Marcelle Thomas, la pharmacienne ne l'oubliera pas; elle échangera avec lui de nombreuses lettres et, à sa mort, fera apposer une plaque commémorative sur le lieu de la méprise.

Chaque année, une cérémonie du " Kelly Memorial " a eu lieu aux Invalides. Une couronne de bleuets est généralement remise au commandeur de l'American Legion par une association française.

 

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site de la ville de Saint-Cloud.
  • Page internet : http://www.liberation-de-paris.gilles-primout.fr/
  • Site Memorial GenWeb.
  • Livre du Conseil général des Hauts-de-Seine sur la Libération du département.
  • Journal Le Monde.
Le destin tragique du sergent-chef Kelly.
Le destin tragique du sergent-chef Kelly.

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Publié le 7 Mars 2020

A Puteaux, le 20e RAC d’Henri Erhard.

Henri Alphonse Erhard au 20e RAC.

 

Henri Erhard nait à Puteaux le 19 avril 1894. Appelé à faire la guerre en 1914, il est versé en tant que canonnier servant au 20e RAC (régiment d’artillerie de campagne).

 

Le 20e RAC a son casernement à Poitiers (département de la Vienne). Il est partie de la 9e brigade d’artillerie, qui est l’artillerie de la 17e division d’infanterie, elle-même composée des 68e régiment d’infanterie (casernement à Le Blanc dans l’Indre), 90e (Châteauroux dans l’Indre), 114e (Saint-Maixent dans les Deux-Sèvres) et 125e (Poitiers et Thouars dans les Deux-Sèvres).

 

En août 1914, le 20e participe à la bataille de Morhange puis à celle de la Marne. Sur le site Chtimiste, l’auteur indique : « certains historiens considèrent l’épisode de Sainte-Sophie (9 septembre 1914) comme un tournant de la bataille de la Marne. Les Allemands avaient engagé leur meilleure troupe (la Garde prussienne) pour percer à tout prix sur le plateau de la ferme Sainte-Sophie. Le 20e, sans aucune protection d’infanterie, voit arriver la garde jusqu’à 800 mètres devant leurs canons. Ils tirent à tir tendu, les Allemands sont fauchés ».

 

L’année suivante, le 20e est envoyé dans les Flandres, dans la région d’Ypres. Il sert de soutien à ses régiments d’infanterie à Neuville Saint-Vaast. C’est là que le jeune Henri trouve la mort, le 16 juin 1915.

 

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la ville de Puteaux.

 

Composition d’un régiment d’artillerie de campagne.

 

En août 1914, un régiment d’artillerie de campagne (RAC) est formé de 3 Groupes de 3 batteries d’artillerie.

 

Une batterie est armée avec 4 canons de 75. La batterie montée de 75 est la batterie traditionnelle de l'artillerie de campagne. Elle est commandée par un capitaine de l'armée d'active. Sur le pied de guerre, le personnel de la batterie est réparti en 9 pelotons de pièce. Chaque pièce est commandée par un maréchal-des-logis, assisté de un ou de deux brigadiers : les quatre premières pièces attellent chacune un canon de 75 et un caisson, avec deux avant-train, la 5° pièce attelle 2 caissons et 2 avant-train, la 6° pièce attelle 3 caissons et 3 avant-train, la 7° pièce attelle 3 caissons et 3 avant-train, la 8° pièce attelle la forge et le chariot de batterie, la 9° pièce attelle le train régimentaire qui comprend le chariot-fourragère et 3 fourgons à vivres.

 

Les 5 premières pièces constituent la batterie de tir, qui est placée sous les ordres d’un lieutenant de l'armée d'active. Les 6°, 7° et 8° pièces constituent l'échelon de combat, positionné 4 à 500 mètres en arrière de la position de tir, est placé sous les ordres d’un lieutenant de réserve. La 9° pièce constitue une partie du train régimentaire. Lorsque cette 9° pièce est réunie à la batterie, elle est placée sous les ordres d’un lieutenant de réserve.

 

Les moyens d’une batterie sont donc de : 3 officiers, 171 hommes, 168 chevaux, 22 voitures (dont 19 attelées à 6 chevaux et 3 attelées à 2) pour 4 canons. Chaque canon de 75 (dont le poids est de 1140 kg) emporte dans ses coffres un total de 120 coups (72 dans le caisson, 24 dans chaque avant-train). Les 8 caissons et avant-train emportent un total de 768 coups (8*72 + 8*24), soit 192 coups supplémentaires par canon de 75. La dotation initiale de la batterie est donc de 1248 coups de 75, soit 312 par canon.

 

La batterie agit au sein du groupe de batterie, commandé par un chef d'escadron. Chaque division d'infanterie comporte 1 régiment d’artillerie de campagne (RAC) à 3 groupes d'artillerie de campagne, soit 9 batteries. Chaque corps d'armée possède sa propre artillerie composée d’un régiment d’artillerie à 4 groupes, soit 12 batteries. On l’appelle l’artillerie de corps. Un corps d'armée à deux divisions d'infanterie aligne donc 30 batteries, soit 120 canons de 75. Avec la dotation contenue dans les 360 caissons et 480 avant-trains, la capacité de tir est de 37440 coups. Toutefois, même avec cette quantité énorme de munitions immédiatement disponible, la cadence élevée du 75 (20 coups par minute) en vient rapidement à bout (16 minutes en théorie) lors d'une préparation d'artillerie.

 

 

Sources :

 

  • Les Poilus, Pierre Miquel, Ed. Terre Humaine Plon.
  • Pétain, Marc Ferro, Fayard.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Page internet : http://www.alp22400.net/expo2014/rac1914.pdf
  • Site internet Memorial GenWeb – Fiche individuelle d’Henri Erhard.
  • Site Chtimiste sur les régiments de la Première Guerre mondiale.
A Puteaux, le 20e RAC d’Henri Erhard.

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