Publié le 2 Août 2020

Vue aérienne de That Khê et de la région. Septembre-octobre 1950

Vue aérienne de That Khê et de la région. Septembre-octobre 1950

« Le 3e BCCP, qui avait été créé en janvier 1948 à Saint-Brieuc, sous les ordres du commandant Ayrolles, avait suivi son entraînement au camp de Vannes-Meucon, puis à l'école des troupes aéroportées de Pau, enfin au camp de jungle de Caïs-Fréjus. Embarqué sur le Pasteur en même temps que le 1er BEP, nouvellement créé, il arrive à Saigon en novembre 1948.

 

Alors que le gros du bataillon reste en Cochinchine et au Cambodge pendant quelques mois, où il participe à de nombreuses opérations de part et d'autre de la Plaine des Joncs, le GC2, aux ordres du capitaine Bigeard et renforcé bientôt d'une compagnie indochinoise parachutiste commandée par le capitaine N'Guyen Van Vy, est envoyé au Tonkin, au cœur du pays thaï, et se bat à Yen Chau, Hat Lot, Muong San, Chieng Dong, Na San, Son-La, inflige de lourdes pertes aux Viêts, mais perd plusieurs officiers, sous-officiers et paras.

 

Le GC1, en février 1949, puis le GC3 en mars 1949, rejoignent à leur tour le Tonkin, sont présents sur tous les théâtres d'opérations (Khan-Yen, Lao Kay, Lang Phat...). En août 1949 le 3e BCCP est enfin regroupé à Hanoï. Le commandant Ayrolles passe le commandement au capitaine Cazaux. Le bataillon participe en octobre à l'opération « Junon » (un débarquement amphibie sur les côtes du Nord-Annam). La compagnie du capitaine N'Guyen Van Vy est ensuite parachutée sur Phat-Diem (opération « Anthracite »).

 

En décembre 1949, c'est l'opération « Diabolo » dans le delta du Fleuve Rouge, puis en janvier 1950 les opérations « Michel » près du Canal des Bambous et « Anna » dans l'île de Tien Lang. En février 1950, le GC1 et une partie du GC3 sont largués près du poste de Pho Lu, pour tenter de sauver celui-ci. Puis ce sont les opérations de Ban Lao, Ban Phiet, Nghia Do, Bao Ngay, Coc Ly. Le 27 mai 1950 le 3e BCCP saute sur la DZ du poste de Dong Khe qui vient d'être pris par les Viêts et reprend le poste après un très brillant combat. Le 7 juin, c'est l'ouverture difficile de la RC4 de Dong Khe à That Khe, et en août et septembre, Sam Theu et Sam Neua, au Nord-Laos. Toutes ces opérations, souvent meurtrières, ont évidemment entraîné des pertes importantes, aggravées d'ailleurs par les conditions climatiques difficiles.

 

Mais le pire reste à venir : le 8 octobre 1950, en plein cœur de la bataille de la RC4, le 3e BCCP, auquel est intégrée provisoirement la compagnie de marche de la Légion Étrangère, fraîchement arrivée de Philippeville et commandée par le lieutenant Loth, est largué sur That Khe. Il est immédiatement dirigé sur les lieux des combats, au nord de That Khe, le long de la RC4 et vers la cote 703 où légionnaires, goumiers et marocains se battent au corps à corps. Le 3e BCCP a pour mission de recueillir les éléments qui essaient de rejoindre That Khe. Le 10 octobre, le commandement décide l'évacuation vers Lang Son des effectifs occupant ou ayant rejoint That Khe, parmi lesquels le 3e BCCP, déjà sérieusement « étrillé ».

 

Lorsque le 3e BCCP parvient au fleuve Son Ky Kong, derrière un Tabor marocain, le pont est détruit et il lui faut traverser le fleuve dans des embarcations du génie sous le feu ennemi. Plus au sud, sur la RC4, les mitrailleuses lourdes des Viêts, qui se sont emparé des positions françaises qui protégeaient le défilé de Deo Cat, obligent le 3e BCCP à déborder par la jungle. Mais le rapport des forces est tel que le bataillon est presque entièrement anéanti en quelques heures. Sur les 268 hommes qui avaient été parachutés à That Khe, seulement 9 Européens du 3e BCCP et 5 Autochtones de la compagnie indochinoise parachutiste parviendront à sortir de la nasse mise en place par le Viêt-minh et à rejoindre, au prix d'efforts surhumains, les lignes françaises.

 

Le capitaine Cazaux et le lieutenant Loth, celui-ci blessé, sont faits prisonniers (le capitaine Cazaux décédera en captivité).

 

Le bataillon est dissous en novembre 1950 et les quelques rescapés sont rapatriés en France : seulement 7 officiers, 26 sous-officiers et 177 hommes de troupe, alors qu'en novembre 1948 avaient débarqué au Cap Saint-Jacques 39 officiers, 63 sous-officiers et 548 hommes de troupe ! Mais dès la fin de 1950, la relève est assurée. Un nouveau « 3 », qui s'appelle désormais le 3e BPC (Bataillon de Parachutistes Coloniaux) est recréé à Saint-Brieuc aux ordres du commandant Bonnigal. Un certain nombre d'officiers, de sous-officiers et d'hommes de troupe, survivants du 3e BCCP, demandent à servir dans le nouveau bataillon. Le 3e BCP débarquera en Indochine en février 1952, participera en 1952 et 1953 à de nombreuses opérations au Tonkin et en Centre-Annam (où il opérera dans la fameuse « Rue Sans Joie », tuant 643 Viêts et faisant 1 100 prisonniers au cours de l'opération « Caïman ») et prendra part aux durs combats du camp retranché de Na San.

 

Durant son séjour en Indochine, le 3e BPC aura perdu 71 hommes au combat. Le 31 août 1953, le 3e BPC est dissous pour former le 5e BPVN (Bataillon de Parachutistes vietnamiens) le fameux « Bawouan », qui connaîtra, comme son aîné un destin tragique, puisqu'il sera anéanti à son tour dans la cuvette de Diên Biên Phù en 1954. Il faudra attendre 1955 pour voir renaître un nouveau « 3 » : le 3e RPC (Régiment de Parachutistes Coloniaux) sera créé à Mont-de-Marsan, participera à l'expédition de Suez en 1956, à la Bataille d'Alger en 1957 et s'illustrera dans le sud-algérien à Colomb-Bechar et à Timimoun, sous les ordres du colonel Bigeard, puis du colonel Trinquier. Devenu le 3e RPIMa (Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine) il est installé à Carcassonne depuis 1962, interviendra encore au Liban, en Centre-Afrique, au Tchad, en Nouvelle Calédonie, au Zaïre, au Rwanda, et depuis dans pratiquement toutes les opérations extérieures ».

 

Jacques Fleury de Ville d’Avray.

 

Jacques Fleury nait à Ville d’Avray le 21 octobre 1927. Engagé dans l’armée, il rejoint le 3e BCCP et débarque en Indochine avec son unité. Il fait partie des tués de la RC4 d’octobre 1950. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de sa commune.

 

 

Sources :

 

  • Ce texte a été écrit par le colonel Jean Cuignache (Être et Durer-35 – juin 2000).
  • Les ajouts sur le Jacques Fleury sont le fait du SF des Hauts-de-Seine.
  • Crédits photographiques : ECPAD.
Parachutage de matériel sur Cao Bang depuis un avion Junkers Ju-52. Juillet-août 1950,

Parachutage de matériel sur Cao Bang depuis un avion Junkers Ju-52. Juillet-août 1950,

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Publié le 25 Juillet 2020

Mémorial de la Déportation des juifs des Hauts-de-Seine.

Mémorial de la Déportation des juifs des Hauts-de-Seine.

Histoire du parc de Sceaux.

Au XVe siècle, le futur parc de Sceaux est un domaine agricole de quelques hectares qui s'étend peu à peu au fil de la succession des propriétaires. C'est en 1670 que le parc entre dans l'histoire : Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des Finances du Roi-Soleil, achète le domaine pour le transformer en un lieu de prestige. Il fait restaurer, agrandir la demeure, construire le Pavillon de l'aurore et aménager un jardin. Charles Le Brun, le grand peintre et décorateur de Louis XIV, participe au projet, tandis que les sculpteurs Antoine Coysevox et François Girardon exposent leurs oeuvres dans le parc. Celui-ci est confié à André Le Nôtre, créateur des principaux jardins classiques du XVIIe siècle.

Profitant de sa position élevée, le château propose un parti paysager autour d'une double perspective, l'une dans l'axe du château, la seconde perpendiculaire, réservant la découverte d'une grande cascade qui se prolonge par le bassin de l'Octogone. Ces agencements sont agrémentés de végétaux en parterres ou taillés en rideaux et de nombreux jeux d'eau. 

A la mort de Colbert, son fils, le marquis de Seignelay, acquiert de nombreux terrains et le domaine atteint alors 220 hectares. André Le Nôtre intervient à nouveau et redessine le jardin en créant le Grand Canal. L'architecte Jules Hardouin-Mansart édifie l'Orangerie, dont on peut encore admirer aujourd'hui la plus grande partie du bâtiment.

Le duc et la duchesse du Maine héritent de la magie de ces lieux et y organisent des divertissements dont les "Nuits de Sceaux", demeurées célèbres.

Au XVIIIe siècle, la Révolution entraîne la destruction presque totale du site et son rachat par un riche exploitant agricole, Hyppolite Lecomte. Le duc de Trévise, qui épouse la fille Lecomte en 1828, entreprend la restauration du Domaine. Il fait reconstruire un château de style néo-Louis XIII et retracer les grandes lignes du jardin.

La première guerre mondiale met fin à ce renouveau et il faut attendre 1923 pour que le département de la Seine achète le domaine et protège le patrimoine historique. Les bâtiments et sculptures sont classés Monuments historiques en 1925.

 

Le parc de Sceaux : lieu de mémoire.

 

Dans la partie ouest du parc se trouve le Mémorial de la déportation des juifs des Hauts-de-Seine. Réalisé en fonte de fer, ce mémorial appelé « le Pupitre des étoiles », est l’œuvre du sculpteur Christian Lapie. D’imposantes statues, à forme humaine à peine ébauchée, sont réparties dans une clairière de bouleaux évoquant les lieux de déportation de l’Europe de l’Est.

Au nombre de douze, de tailles différentes, elles symbolisent les douze fils de Jacob, ancêtres des douze tribus d’Israël. Sept d’entre elles sont regroupées, à l’image d’une famille, au centre de quatre pupitres sur lesquels ont été gravés les noms des 972 victimes de la Shoa originaires des Hauts-de-Seine. 

 

L'aigle d'Arménie, oeuvre du du sculpteur Rast-Klan Toros illustre le centenaire du génocide des arméniens de 1915. Cette sculpture représente un aigle au corps d'homme : « la force d'un peuple vivant », selon Wissam Nehmé, président du Club Franco-Arménien d'Antony et conseiller municipal. « Ce monument est un acte de résistance » a conclu Patrick Devedjian, alors président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine.

 

 

Sources :

 

  • Photo du mémorial juif = blog sur la parc de Sceaux – parc-de-sceaux.kazeo.com
  • Photo du mémorial arménien = domaine-de-sceaux.hauts-de-seine.net
  • Site du Conseil départemental des Hauts-de-Seine : www.hauts-de-seine.fr

 

Mémorial du génocide arménien de 1915.

Mémorial du génocide arménien de 1915.

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Publié le 13 Juillet 2020

Premier hommage à Jacques Chirac.

Ce 13 juillet, à 15 heures, au cimetière du Montparnasse, Le Souvenir-Français rendait hommage, comme il le fait depuis quelques années, à d’anciens présidents de la République. En effet, notre association mémorielle est une association profondément républicaine et toujours placée sous le haut patronage du Chef de l’Etat. Il lui paraît donc important de saluer les vingt qui ont incarné cette fonction et reposent pour l’éternité.

Mais le moment était particulier car il s’agissait d’honorer la mémoire du premier président de la Vème République enterré à Paris et du premier président de la République à avoir rendu visite en cette qualité au siège du Souvenir Français.

On pourrait ajouter qu’il fut le premier à tant faire pour les différentes mémoires qui irriguent notre histoire contemporaine.

En présence de sa fille Claude et de son gendre, Jacques Chirac a reçu l’hommage du Souvenir-Français qui, sous un soleil radieux, déposa une gerbe et les boutons fraîchement éclos du rosier de la Mémoire.

 

 

 

Claude Guy,

Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine.

Premier hommage à Jacques Chirac.
Premier hommage à Jacques Chirac.
Premier hommage à Jacques Chirac.
Premier hommage à Jacques Chirac.
Premier hommage à Jacques Chirac.
Premier hommage à Jacques Chirac.

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Publié le 4 Juillet 2020

Jacques Sicher de Vaucresson.

Au 3e RPC.

 

Jacques Sicher nait le 3 janvier 1930. A 19 ans, il s’engage dans l’armée et part pour un séjour en Indochine. Il revient en métropole et intègre l’Ecole inter-armes de Saint-Cyr, au sein de la promotion Franchet d’Esperey (1955-56). Il entre ensuite à l’Ecole de l’arme blindée cavalerie de Saumur.

Affecté au 8e RIC (régiment d’infanterie coloniale), il part pour l’Algérie où il est nommé auprès du colonel Marcel Bigeard, au sein du 3e RPC (régiment de parachutistes coloniaux).

A l’occasion d’une opération, non loin de Tébessa, Jacques Sicher est blessé mortellement le 27 février 1958. Il avait 28 ans et était père de trois enfants : Bruno, Benoît et Dominique.

Le sous-lieutenant Sicher était chevalier de la Légion d’honneur, croix de Guerre des TOE avec trois citations, croix de la Valeur militaire avec palme. Il est enterré au cimetière de Vaucresson.

Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de l’école Saint-Jean-de-Béthune (Versailles), au Mémorial départemental AFN, sur le monument aux Morts de Vaucresson et sur la plaque commémorative du cimetière, mise en place par la municipalité et le Comité local du Souvenir français.

 

Le découpage administratif en Algérie française.

En 1845, l'Algérie est découpée en trois provinces : province d'Alger, province de Constantine et province d'Oran composées chacune d'un territoire civil (organisé en département, arrondissements et communes), d'un territoire militaire (organisé en subdivisions, cercles et annexes) et de territoires mixtes. Les provinces disparaissent en 1870.

En décembre 1848 le territoire civil de ces trois provinces devient un département français, les territoires mixtes sont supprimés et répartis entre territoires civils et territoires militaires. Le Sud Algérien est divisé en six territoires.

Le 24 décembre 1902, les six territoires du Sud-Algérien sont regroupés au sein des Territoires du Sud. Le 14 août 1905, un décret prévoit que ce territoire est administré par l'Armée et le divise en quatre Territoires : Territoire d'Aïn Sefra, Territoire de Ghardïa, Territoire de Touggourt, Territoire des Oasis, eux mêmes divisés en cercles et annexes par décret le 12 décembre 1905.

En 1955, un quatrième département est créé par découpage du département de Constantine : lé département de Bône.

En 1956, huit nouveaux départements sont créés puis trois en 1958 et deux sont supprimés en 1959 : département de Batna (ou département d'Aurès), département de Médéa (ou département de Titteri), département de Mostaganem, département d'Orléansville (ou département de Cheliff), département de Sétif, département de Tiaret, département de Tizi-Ouzou (ou département de Grande-Kabylie), département de Tlemcen, département de Saïda, département d'Aumale (1958-1959) et département de Bougie (1958-1959).

En 1957, les Territoires du Sud sont supprimés, la partie sud du Territoire est divisée en deux départements "sahariens" : département des Oasis et département de La Saoura.

En juillet 1962 l'Algérie devient indépendante.

 

 

Sources :

http://www.memorialgenweb.org

Informations de Jean-Claude Jorand, Claude Richard et Stéphane Protois.

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Publié le 18 Juin 2020

"Moi, général de Gaulle, j'appelle..."

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a, en moi, d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. »

 

Charles de Gaulle – in Mémoires de guerre.

 

18 juin 2020, 80e anniversaire de l’Appel du général de Gaulle.

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Publié le 6 Juin 2020

La Semaine Sanglante (gravure d'époque).

La Semaine Sanglante (gravure d'époque).

Les écrits des Communards et sur la Commune sont connus. Les lettres de soldats versaillais (qui soutenaient le pouvoir légitime représenté par Adolphe Thiers) le sont moins. Voici un témoignage retrouvé par la chercheuse Bénédicte Rebeyrolles. Il s’agit de la lettre d’un soldat – Hilaire Chaillaud – qui raconte sa « Semaine Sanglante » (semaine du 21 au 28 mai 1871).

 

Hilaire Chaillaud est le fils d’une famille d’agriculteurs de Villexavier (sud Charente Maritime, proche de Jonzac). C’est une famille déjà aisée d’éleveurs de bœufs gras. Au moment où il écrit cette lettre, il a 18 ans (il va vivre longtemps, il meurt en 1942 de pneumonie). On peut supposer qu’il était dans l’armée régulière vaincue, avant d’être envoyé par Thiers reprendre Paris contre la Commune. Cette lettre permet de bien étudier l’antagonisme entre paysans et ouvriers, entre Parisiens, toujours soupçonnés d’être révolutionnaires, et cette province constituée de petits propriétaires attachés à leur bien.

 

« Le 27 mai 1871.

Chers parents,

 

Je vous ai déjà écrit une lettre étant à Passy et je l’ai mise à la boîte de suite croyant qu’elle parviendrait immédiatement mais un facteur auquel j’ai demandé des renseignements m’a dit que le service ne commençait que demain, alors je m’empresse de vous transmettre celle-ci. (…).

 

Je vais vous donner quelques détails sur ce qui s’est passé à Paris ces jours derniers mais qui à notre grande joie est presque terminé.

 

Après le bombardement commencé il y a déjà quelques jours et qui avait pris un grand développement dans ces jours derniers et les travaux de siège opérés par les troupes autour de la capitale, la prise des forts d’Ivry du fort de Vanves après avoir refoulé les insurgés dans l’enceinte fortifiée on a commencé par entré dans Paris dans la nuit de Samedi à Dimanche et depuis ce jour jusqu’à présent on a vu que des incendies. Nous sommes entrés le 22 mais je vous l’assure il ne faudrait pas avoir de cœur pour ne pas jeter un cri d’indignation en voyant tout ce qui se passe.

 

Paris incendié, dévasté, pillé par ces barbares qui à mesure qu’on les fait reculer incendient et font sauter les édifices publics et les maisons particulières. C’est ainsi que plusieurs rues entières sont couvertes de débris de maisons anéanties par le feu.

 

Les Tuileries, Le Palais Royal le Palais de Justice, l’Hôtel de Ville, la Légion d’honneur, le Conseil d’État la Cour des comptes le Ministère des Finances le grenier d’abondance, le Théâtre de la porte Saint Martin, le Théâtre Lyrique l’Ambigu, La Caisse des dépôts et consignations : tous ces édifices sont maintenant réduits en cendres.

 

Heureusement je crois que le Louvre a été épargné : ces forcenés avaient disposé leurs engins de destruction mais ils n’ont pas réussi et ont été porté plus loin leur dévastation. Jamais l’on avait vu chose pareille, pendant plusieurs jours du côté où le vent poussait la fumée ce n’était qu’une pluie de papiers brulés et d’autres à demi brûlés qui étaient soulevés par la fumée, une fumée tantôt noire comme du charbon tantôt blanchâtre qui diminuait par moments mais tout d’un coup reprenait avec plus de force que jamais c’était effrayant à voir.

 

Hier encore le canon grondait du côté de Montmartre mais il se serait tu que l’on aurait encore reconnu la trace des bandits aux tristes sinistres qui dévastaient l’est de paris, un grand et effrayant incendie flambait du côté de la Villette dans l’entrepôt nouveau crime à ajouter aux furieux défenseurs de la Commune. On voyait encore des gerbes de flammes s’échappant de l’Hôtel de Ville le ciel était tout empourpré de rouge c’était affreux.

 

Dans les Tuileries de temps à autre des explosions causées par des barils de poudre entassés par les fédérés éparpillant les ruines encore fumantes de cet édifice.

 

Jusqu’à des femmes qui se sont mises avec eux et qui sont encore pires qu’eux mais on ne leur fait pas plus de grâce qu’aux hommes on le mène devant un conseil et aussitôt condamnés ils sont exécutés ce n’est pas par un ou deux que l’on les fusille c’est par un cent ou deux cents. Ils ne nous font pas pitié ces canailles-là qui pendant le siège ont toujours été ivres et si ce n’avait pas été comme (mot illisible) j’aurais eu encore plus de peine que l’on a eu car avec toutes les armes qu’ils avaient des canons des mitrailleuses de tous systèmes blindées et autres des canonnières blindées aussi. Maintenant Paris sera un peu purgé. On vient de nous dire que c’était fini seulement il y a toujours quelques coups de fusil mais ce n’est rien. Nous allons rester quelques temps ici car il faut que sous vingt-quatre heures tous ceux qui ont des fusils les rendent car après ce temps-là on va faire des fouilles et ceux à qui on en trouvera seront traduits en conseil de guerre.

 

Nous sommes maintenant dans l’école militaire au bout du Champ de Mars. Je suis en bonne santé ainsi que mes camarades et je désire que vous soyez de même.

 

Votre fils qui vous embrasse.

 

Hilaire Chaillaud.

 

Bien des choses à tous mes parents et amis. Je suis content d’avoir vu ce j’ai vu mais c’est tout de même avec horreur pour ces bandits. Nous sommes maintenant du (illisible) ligne. Notre dépôt est à Valenciennes (Nord). Mon adresse est : Hilaire Chaillaud au (illisible) de ligne 2ème bataillon 6ème corps à Paris école militaire Seine. »

 

 

 

 

 

Sources :

 

https://clio-texte.clionautes.org/lettre-du-27-mai-1871-un-simple-soldat-versaillais-raconte-sa-semaine-sanglante.html

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Publié le 22 Mai 2020

Paris, 1832 – Epidémie de choléra – Grande médaille de reconnaissance.

Paris, 1832 – Epidémie de choléra – Grande médaille de reconnaissance.

Le 13 mai 2020, en début de la phase de déconfinement liée au ralentissement de la propagation de la (1) Covid 19, le Gouvernement français a indiqué à l’issue du Conseil des ministres qu’une médaille de l’engagement face aux épidémies « afin de récompenser les personnes qui se sont dévouées pendant la crise du Covid-19 » serait prochainement créée.

La Nation veut ainsi dire sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui furent en première ligne dans la lutte contre cette pandémie nouvelle. Il sera fait appel aux deux ordres nationaux que sont la Légion d’honneur et l’ordre national du Mérite en s’appuyant sur l’article très dérogatoire de l’attribution à titre exceptionnel. Donc limité en nombre de récipiendaires.

Pour cette raison et afin de ne pas créer stricto sensu et dans sa totalité une nouvelle médaille, il devrait être fait appel à celle de 1885, parue au Journal Officiel du 9 avril 1885, p.1865. En effet, la médaille d’honneur de la santé et des affaires sociales créée en 2012 par un décret du 2 février n’a pas retenu l’attention en raison sans doute de la suspension de son attribution. Mais sans doute aussi du fait qu’elle relève du ministre de la solidarité et des affaires sociales, alors que la médaille promise sera très probablement à la main du Premier ministre, pouvant ainsi couvrir l’ensemble des domaines ministériels. Trois échelons, bronze, argent et or devraient permettre de distinguer le niveau d’engagement ou les mérites acquis dans cette lutte contre la « Covid 19 » qui apparaîtra sur une probable agrafe portée sur le ruban de la médaille.

Comme les agrafes ornant les médailles liées aux opérations militaires, elle permettrait de révéler le « j’ai vécu » ou « j’ai subi » au contact rapproché de cette pandémie. Elle deviendrait alors une médaille commémorative quel que soit le degré d’implication. Mais elle peut aussi être une médaille d’honneur pour des mérites spécifiques. Enfin, elle pourrait être attribuée à titre individuel et/ou collectif à un service, une entreprise, un hôpital. L’agrafe si elle est effectivement adoptée offrira la possibilité d’être changée en cas de nouvelle épidémie majeure sans avoir à créer une autre médaille. Enfin, toute attribution à titre posthume nécessitera de bien identifier qui est décédé de la Covid à titre principal ou secondaire.

Faisant suite à plusieurs épidémies de choléra qui emportaient malades et soignants privés de médications adaptées - on relève notamment celles de 1817, 1832 (2) 1849, 1854, 1866 et 1884 – cette médaille de 1885 est sans doute la première à pouvoir être arborée sur la poitrine, de façon visible, pendante selon un terme désormais couramment admis. 

Médaille d’honneur des épidémies, en bronze de 27 mm de diamètre, portant à l’avers l’effigie de la république ailée de Hubert Ponscarme, lui-même touché par la maladie en 1849.

Devenu médailleur après un service dans la garde mobile, l’un des plus importants de la IIIème République, il s’applique à donner à sa médaille les traits d’une puissante Marianne joufflue, au cou épais, au profile de déesse grecque et à la chevelure libre, flottante, ailée. Quatre échelons sont retenus : bronze, argent, vermeil, or. Le ruban aux trois couleurs, à bandes verticales, porte une rosette pour la classe or.

Au revers apparaissent des attributs et symboles de la médecine : le serpent qui entoure traditionnellement le bâton tenu par Esculape, le dieu de la médecine, la coupe et son breuvage, promesse d’immortalité, la palme de la victoire et de la régénérescence. En outre figure le nom du ministère et un cartouche permettant d’écrire le nom du bénéficiaire. Un total de 1161 médailles a été attribué par le ministère du commerce en deux ans dont 10 en or, 27 en vermeil, 643 en argent, 662 en bronze (3). En effet, le service de l’hygiène dépendait de ce ministère. Plus tard, dans les années 30, le modèle Alexandre Morlon supplantera la médaille d’honneur des épidémies de Ponscarme au profit de la médaille d’honneur de la Santé publique. Marianne est alors coiffée du bonnet phrygien et de couronnes de feuilles de chêne et de laurier. Il faudrait également citer le sculpteur et médailleur Charles Gustave de Marey et sa république qui orne cette médaille pour la Marine.

Le suivi de la médaille et son attribution sont ensuite confiés au ministère de l’Intérieur puis à celui de l’Hygiène qui deviendra le ministère de la Santé Publique, aujourd’hui ministère des Solidarités et de la Santé. Enfin la médaille d’honneur des épidémies fut aussi attribuée par le ministre de la Guerre (décret du 15 avril 1892) et sera distribuée lors de l’épidémie de grippe espagnole, le ministre de l’Intérieur (pour l’Algérie (4) - décret du 4 mai 1900), le ministre de la Marine (décret du 30 septembre 1909), le ministre des Colonies puis de la France d’outre-mer (décret du 3 juin 1927). Cependant, en 1962, la médaille d’honneur du Service de Santé des Armées remplaça les médailles dites « Guerre et Marine ».

Auparavant, des médailles existaient mais n’étaient pas portables. Elles ne relevaient donc pas de la phaléristique mais de la numismatique. Il s’agissait de médailles en bronze d’un diamètre de 3 à 8 cm probablement offerte dans un écrin. Médailles dites « de table » ou « de présentation », elles portent souvent des symboles de la ville (Marseille en 1819 ou Paris en 1832) ou l’effigie de la République après celle de l’empereur Napoléon III ou de Louis-Philippe en 1835.

La figure d’Esculape retient l’attention sur deux commandes de médailles par la ville de Paris en 1832 afin de commémorer la tragédie humaine née quelques années avant en Inde et parvenue à semer le désastre dans Paris.

Ursin Vatinelle le représente prêt à examiner un patient soutenu par la ville, tandis que Emile Rogat le figure repoussant de sa main la Mort en squelette rieur armé de la faux qui emporte un père de famille.

Dès cette époque, le sensationnel, la compassion, la reconnaissance et l’absolu besoin de commémorer et de se souvenir s’emparent des esprits avant de se graver sur un support pérenne.

Une nouvelle fois le passé éclaire le présent.

 

 

Claude GUY, DG du Souvenir Français dans les Hauts de Seine, le 21 mai 2020.

 

 

Sources :

Katia Shaal, « la médaille et les épidémies », publié dans le carnet de recherche, « au revers de la médaille », le 23 mars 2020, https://medaille.hypotheses.org/697.

Matthias Martin, « La future médaille de l’engagement face aux épidémies à l’aune du droit », revue générale du droit on line, 2020, numéro 52183, (www.revuegeneraledudroit.eu/?p=52183).

Louis Henry et Yves Blayo, « la population de la France de 1740 à 1860 », Persée, numéro spécial, 1975, p.71-122.

http://www.france-phaleristique.com/medaille_honneur_epidemies.htm

https:/www.numismatics.free.fr/FIM/les médailles des épidémies. Sous des pseudonymes Saint-Cyrien et Vétéran.

Monnaie de Paris, « Décorations officielles françaises », administration des monnaies et médailles, 1956.

https://www.beaussant-lefevre.com/lot/86925/8141953?

Daniel Laheyne, comité du SF de Chaville, recherche dans les journaux officiels d’époque, 18 mai 2020.

 

_______________________________________________

(1) Suivant la terminologie de l’Académie française

 (2) Le chiffre rapporté de morts en France est de 100 000 pour une population de 33,5 millions d’habitants ; celui des morts à Paris est de 18 500 pour une population de 650 000 habitants

 (3) Chiffres donnés par Jules Martin, les décorations françaises, Paris, 1912

 (4) Cette médaille était surmontée d’un croissant et d’une étoile

 

Un souvenir bien français à travers les médailles.
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Publié le 16 Mai 2020

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Edgard Tupët-Thomé de Bourg-la-Reine.

Biographie.

 

Edgard Tupët nait le 19 avril 1920 à Bourg-la-Reine (Seine).

 

Après l'obtention de son baccalauréat, il poursuit ses études à l'Ecole supérieure de Théologie de Reims. N'ayant pas la vocation, il choisit en octobre 1938, de s'engager par devancement d'appel au 8e Régiment de Zouaves à Mourmelon. Il participe comme sergent aux attaques en Lorraine dès septembre 1939 puis en Belgique en mai 1940. Il prend part à l'évacuation de Dunkerque, son unité protégeant l'embarquement du corps expéditionnaire britannique. Fait prisonnier le 4 juin à Dunkerque, il s'évade de Rexpoëde le 10 juin au cours de son transfert vers l'Allemagne.

 

Au lendemain de l'armistice, n'acceptant pas la défaite, Edgard Tupët tente vainement de quitter la France pour rejoindre les Forces françaises libres. Démobilisé en septembre 1940, il trouve un emploi à Clermont-Ferrand et entre par hasard en contact en novembre 1940 avec Roger Warin (réseau Ronald) dont il devient, avec Stanislas Mangin, un des adjoints. Il est particulièrement chargé de repérer des terrains d'atterrissage clandestins.

 

En mars 1941, Roger Warin établit une liaison directe avec l'Etat-major de la France libre à Londres par l'intermédiaire de Pierre Fourcaud, chargé de mission du général de Gaulle. Le 1er avril 1941, Edgard Tupët devient, avec quatre camarades de résistance (Mangin, Warin, Tavian et Maurice Andlauer), le premier engagé militaire secret dans les Forces françaises libres. Il exécute des missions de liaison pour le compte de Pierre Fourcaud jusqu'à l'arrestation de ce dernier en août 1941. Il participe à la préparation de son évasion, malheureusement sans réussite.

 

Envoyé par Warin en Grande-Bretagne, il quitte la France en août 1941 avec le sergent Forman et Joël Le Tac, traverse l'Espagne et, via le Portugal et Gibraltar, rejoint l'Angleterre où il fait un rapport sur les activités du groupe. Sous le pseudonyme d'Edgard Thomé, il est affecté à l'état-major particulier du général de Gaulle et suit une instruction parachutiste et l'entraînement du Bureau des Opérations aériennes (BOA). En Angleterre en novembre 1941, il retrouve Roger Warin, alias Wybot, qui est parvenu à s'évader de France et se voit chargé d'une mission en France par le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA).

 

Parachuté le 9 décembre 1941 dans la région de Châteauroux sur un terrain qu'il a choisi, il est accompagné du radio Joseph Piet. Blessé à la tête lors de l'atterrissage, il est chargé de mission, responsable des opérations aériennes et de la branche « Action » du réseau « Ali-Tir » dont Stanislas Mangin dirige la branche « Renseignements ».

 

Adjoint immédiat de Mangin, dont il organise le départ par Lysander en février 1942, Thomé travaille comme agent de 1ère classe. En avril 1942 il fait partir Gaston Tavian dans les mêmes circonstances que Mangin. En raison des blessures reçues six mois plus tôt, il doit quitter la France pour pouvoir se soigner. Le 29 mai 1942, à l'occasion du retour de Tavian par une opération Lysander, Tupët-Thomé, accompagné de Philippe Roques, s'envole pour l'Angleterre.

 

Promu lieutenant, il bénéficie d'une convalescence puis, à son retour à Londres, demande son affectation dans une unité combattante. En novembre 1942, il quitte l'Angleterre pour le Détachement d'instructeurs commando de Saint-Pierre-et-Miquelon, sous les ordres de Stanislas Mangin.

 

En février 1943, toujours avec Mangin, il est affecté au Détachement (puis Bataillon) des Antilles dont il crée et commande la 2e compagnie qu'il entraîne jusqu'en juillet 1943. En août 1943, le lieutenant Tupët-Thomé rejoint à sa demande le 4e Bataillon d'infanterie de l'air (4e BIA) à Camberley et est breveté parachutiste le mois suivant.

 

En janvier 1944, il est muté comme commandant en second de la 2e compagnie du 3e BIA, qui devient en juillet 1944, le 3e Régiment de chasseurs parachutistes (3e RCP). Avec le 3e RCP, il remplit, début août 1944, une première mission parachutée dans la région de Daoulas dans le Finistère. Avec sa seule section (12 hommes) il attaque une Kommandantur forte de 60 hommes, tue 12 Allemands, fait 40 prisonniers, repousse une attaque ennemie et libère Daoulas.

 

Il attaque ensuite la garnison allemande de Landerneau, lui inflige de lourdes pertes et libère la ville. Il rejoint alors la 6e Division blindée américaine pour laquelle il exécute plusieurs missions de reconnaissance.

 

Edgard Tupët-Thomé est parachuté une deuxième fois le 27 août 1944 dans le Jura ; il attaque et prend Clerval (Franche-Comté) qu'il défend avec 50 hommes contre 27 chars et voitures blindées ennemis. Il tue une trentaine d'Allemands et détruit un char. Il rejoint ensuite la 7e Armée américaine et, affecté à un groupe de reconnaissance divisionnaire, se distingue notamment à Arches lors du passage de la Moselle. Le 23 septembre 1944, il ramène sous des feux de mortiers un soldat américain blessé dans ses lignes.

 

Parachuté une troisième fois en Hollande le 7 avril 1945, il effectue avec sa section forte de 15 hommes de nombreuses attaques sur les voies de communication infligeant à l'ennemi de sérieuses pertes en hommes et matériel.

 

En 1945, il démissionne de l'Armée et, après avoir été admis à l'Ecole coloniale d'administration, il est nommé administrateur des Colonies en janvier 1946 en Tunisie. Il devient ensuite Président Directeur Général de la Coopérative viticole de Takelsa en Tunisie.

 

En 1950, il quitte la Tunisie pour le Canada où il gère sa propriété (élevage, agriculture). De retour en France en 1955, il reprend des études, devient Ingénieur en Organisation scientifique du Travail et trouve un poste au bureau d'Etudes techniques chez Singer puis dans un laboratoire pharmaceutique à Neuilly.

 

De 1961 à 1965, Edgard Tupët-Thomé est Ingénieur chez Panhard puis chef des agences dans une société de Tourisme.

 

Distinctions.

 

  • Grand Croix de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (6 citations).
  • Médaille commémorative des Services volontaires dans la France libre.
  • Military Cross (GB).
  • King's Medal for Courage in the Cause of Freedom (GB).
  • Chevalier de l'Ordre d'Orange Nassau (Pays-Bas).
  • Croix de Guerre (Pays-Bas).

 

Depuis le 7 janvier 2019, date de la mort de Guy Charmot, quatre compagnons demeurent en vie :

 

  • Pierre Simonet.
  • Hubert Germain.
  • Daniel Cordier.
  • Edgard Tupët-Thomé.

 

 

 

© Ordre de la Libération.

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Publié le 7 Mai 2020

Il y a 66 ans Diên Biên Phu.

Il y a 66 ans le 7 mai 1954 à 17h30, la chute du camp retranché de Diên Biên Phu signa l’arrêt des combats par un « cessez le feu » et la fin de la guerre d'Indochine.

 

Souvenons-nous de tous ces soldats légionnaires des BEP, des para-colos des BPC, des chasseurs-parachutistes, des parachutistes vietnamiens du BPVN. Souvenons-nous des marsouins et bigors, des médecins, infirmiers et infirmières, des convoyeurs, des artilleurs, des tirailleurs, des supplétifs, des aviateurs et des gendarmes. Souvenons-nous de ce corps expéditionnaire français en Extrême-Orient qui a combattu dans le camp retranché.

 

Souvenons-nous de tous ces morts au combat, des vies abandonnées à travers jungles et montagnes dans la « marche à la mort » et des 11.721 prisonniers dont seulement 3.290 reviendront sur la terre de France. 

 

Souvenons-nous que ce jour-là : Isabelle, Eliane, Béatrice, Claudine, Gabrielle, Anne-Marie, Huguette, Liliane et Françoise se sont enfermées à jamais dans le chagrin éternel, leur visage recouvert du linceul de sang de leurs enfants.

 

Enfin, n’oublions pas la journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » en Indochine qui a lieu le 8 juin de chaque année.

 

 

Claude Guy

Délégué général

 

NB : le crédit photographique est à mettre au compte d’un ami et adhérent du Souvenir Français. Il s’agit du monument commémoratif sur la colline Eliane.

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