Publié le 30 Mai 2021

Le STO et la Résistance.

L’appel du général de Gaulle depuis Londres, le 18 juin 1940, est l’acte de naissance de la résistance française. À l’époque, une minorité de français refuse l’armistice signé par le maréchal Pétain le 22juin 1940, l’occupation et l’orientation politique du régime de Vichy.

Il est aujourd’hui incontestable que la résistance ait été le fait de groupes clandestins comme « Combat » ou « Libération Nord » qui se sont illustrés par des actions diverses : tracts, sabotages, attentats contre l’occupant, aide à des évadés, récupération d’armes, création de journaux clandestins, envoi d’informations secrètes à Londres…

Tous les témoins et après eux les historiens sont unanimes pour définir par ces faits la résistance ; néanmoins peut-être oublient-ils d’autres actes isolés, en dehors de toute logistique, comme par exemple le refus du STO (Service du travail obligatoire créé en mars 1943 par Pierre Laval, ministre de Pétain). Ce STO qui envoie des jeunes Français en Allemagne pour y travailler en remplacement des Allemands mobilisés pour la guerre.

Ces réfractaires au STO, par patriotisme et rejet de collaboration, n’ont-ils pas été à leur niveau des résistants en s’opposant aux volontés de l’occupant ?

Je me souviens des récits de mon père, réfugié arménien après le génocide de 1915, naturalisé français et donc mobilisable, qui a été un réfractaire au STO en refusant d’aller travailler en Allemagne. Exempté de service militaire, à 21 ans, pour cause de défaite et d’occupation de la France, c’est un matin de 1942, en voyant son nom sur la liste placardée sur les portes de l’usine, qu’il décide de partir en vélo se terrer en Auvergne. Il part avec quelque argent en poche pour se nourrir et être hébergé. Il attendra plusieurs jours pour revenir rejoindre sa famille à Chaville, au risque de se faire arrêter et contrôler par la milice et les Allemands.

Petit acte isolé, mais qui demandait un certain courage, celui des plus humbles.

Comme d’autres sûrement, mon père fait partie des oubliés de la résistance.

 

 

Annie Tchakérian

Membre du Comité de Chaville

24 mai 2021

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Publié le 22 Mai 2021

Comme un air de reprise…

Alors que les jours précédents, la pluie coiffait les Hauts de Seine, ce sont des nuages avenants percés par de joyeux rayons de soleil qui ont permis au rallye citoyen 2021 de se dérouler dans des conditions météorologiques satisfaisantes.

Certes le nombre d’équipes de jeunes scolaires, quinze environ, ne réunissait qu’un peu plus de 150 personnes mais le cœur était à l’ouvrage et comme je l’indiquais dans ma dernière vidéo « interview du DG 92 par le SF » www.youtube.com/watch?v=cbn8FGu7HhI

j’ai assisté au final de cette journée citoyenne.

À l’une des équipes gagnantes, j’ai remis un petit ouvrage sur le Souvenir Français.

Ces élèves et leurs professeurs se souviendront de cette journée entièrement dédiée à la découverte de nombreux ateliers allant du secourisme et du parcours du jeune pompier à l’atelier consacré à une scène de crime et à la Garde républicaine ou encore à l’atelier d’évaluation de l’agilité et du transport brancardé.

Plus intellectuel était le rendez-vous avec le service historique de la Défense et les archives départementales des Hauts de Seine, sans oublier la visite du mémorial franco-américain de l’escadrille Lafayette sous l’arche duquel furent déposer des gerbes de fleurs avant la remise des prix bien mérités.

Cette journée encore masquée ouvre sans nul doute la voie à une reprise de nos activités dont certaines furent mises à mal ou contrariées par la Covid 19.

 

 

Claude Guy, délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine.

 

Crédits photographiques : S. Guével.

Comme un air de reprise…
Comme un air de reprise…

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Publié le 8 Mai 2021

Vidéo de Claude Guy, délégué général.

Claude Guy, Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine, a souhaité rappeler l'importance de la commémoration de la capitulation de l'Allemagne nazie le 8 mai 1945.

Retrouvez la vidéo sur le site Facebook de la Délégation :  https://www.facebook.com/DG92.souvenirfrancais/

Liens directs :

Facebook: https://www.facebook.com/DG92.souvenirfrancais/posts/2818804525099995?notif_id=1620299373412740¬if_t=live_video_schedule_broadcaster&ref=notif

YouTube: https://youtu.be/0Yra1C04oME

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Publié le 25 Avril 2021

La statue de Napoléon à Courbevoie.

Le 16 avril 1821, l’empereur Napoléon Ier, prisonnier depuis cinq années sur l’île de Sainte-Hélène, fait écrire dans son testament : « Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé ». Il rend son dernier soupir quelques semaines plus tard, le 5 mai 1821.

Charles Emile Seurre (1798-1858) est un sculpteur français. Il a été l’élève du maître Pierre Cartellier, qui lui-même a été l’un des artistes les plus en vogue pendant l’épopée napoléonienne, devenant membre de l’Institut (Section Beaux-Arts) en 1810.

En 1833, Seurre, prix de Rome en 1824 pour son œuvre La Tunique de Joseph rapportée à Jacob, réalise une statue de Napoléon. Elle mesure quatre mètres de haut, pèse près de cinq tonnes et a été fabriquée à partir de bronze provenant de la fonte de seize canons russes et autrichiens de la campagne de 1805, et qui étaient jusqu’alors conservés à l’arsenal de Metz. La statue représente l’Empereur en colonel des chasseurs à cheval de la Garde, avec bicorne, redingote et la main traditionnellement glissée dans le gilet.

L’œuvre est placée en haut de la colonne Vendôme et est inaugurée le 28 juillet 1833 en présence de Louis-Philippe, roi des Français.

Trente années plus tard, Napoléon III, empereur et neveu de Napoléon Ier, décide de remplacer la statue de la colonne Vendôme par un napoléon impérial, drapé à l’antique. Il se souvient du testament de son oncle et fait donc déplacer l’œuvre de Seurre au rond-point de Courbevoie, sur les bords de la Seine.

Mais le malheur arrive sept années plus tard : pendant le siège de Paris, la statue est retirée de son piédestal puis immergée dans les eaux de la Seine. S’agit-il d’une manœuvre volontaire de la part des anti-bonapartistes ? Une décision du maire de Paris Etienne Arago pour éviter que les Prussiens ne s’en emparent ? S’agit-il d’un tragique accident ? Les avis des historiens divergent.

Après quatre mois passés dans la Seine, l’œuvre de Seurre est retirée et placée dans un dépôt de l’Etat. Elle y est restaurée. En 1912, le général Niox, gouverneur des Invalides et directeur du musée de l’Armée, décide de faire placer la statue à l’entrée de la cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides, au-dessus du portail de l’église des soldats.

A Courbevoie, on n’a pas oublié l’Empereur : en 1980, un monument de marbre est réalisé par Raymond Puccinelli. Il s’intitule : Mémorial du retour des cendres de Napoléon. Il rappelle qu’en 1840, lors de l’expédition de la Belle-Poule, c’est à cet endroit que le cercueil de l’Empereur fut débarqué avant son dernier voyage pour les Invalides. Non loin de l’ancien emplacement de la statue de Seurre.

Quant à celle-ci, elle est restaurée en 2015 et s’apprête à accueillir les cérémonies du bicentenaire de la mort de l’Empereur.

 

 

 

Sources :

La statue de Napoléon à Courbevoie.
La statue de Napoléon à Courbevoie.

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Publié le 18 Avril 2021

André Suchet : FFI de Villeneuve-la-Garenne mort pour la France.

André Suchet nait le 3 mai 1910 à Lanié dans le département du Rhône. Ouvrier métallurgiste aux Chantiers Franco-Belge de Villeneuve-la-Garenne, membre du syndicat CGT, il s’engage dans la Résistance au sein du 1er groupe franc du Bataillon du Charolais des Forces Françaises de l’Intérieur, en Saône-et-Loire.

En juin 1944, les résistants de ce groupe reçoivent une information : un train blindé, chargé de munitions, doit passer sur la ligne Paray-le-Monial – Lyon. Ils décident de tendre une embuscade. Mais le train-blindé attendu n’est pas le bon : ce n’est pas un convoi de munitions qui arrive mais un convoi de soldats de la Wehrmacht. L’embuscade tourne au massacre : quatre résistants sont tués en combattant, d’autres le sont en tentant de s’échapper. D’autres encore sont rattrapés par les soldats allemands. Ils sont torturés puis fusillés dans les jours qui suivent.

 

André Suchet, blessé par éclats de grenades, meurt le 16 juin 1944 des suites de ses blessures. Il était père de deux enfants.

 

Discours du général de Lattre de Tassigny, le 8 juin 1947 à Beaubery (extraits) :

« Quand l'Histoire dressera le bilan consciencieux des faits d'Armes accomplis dans toute la France par nos maquisards, elle placera ceux de la Région du Charolais parmi les premiers et parmi les meilleurs.

Pour organiser leur action, les patriotes n'y ont pas attendu d'être soulevés par le grand élan général qui secoua tout notre Pays, voici exactement trois ans, à l'annonce du débarquement allié sur les côtes de Normandie. C'est dès le lendemain de l'occupation de la Zone Sud que les meilleurs d'entre eux commencèrent à mener une action clandestine qui, en dépit des périls et des deuils, ne cessa de s'amplifier jusqu'à l'heure de la Libération et de la Victoire.

Mais il ne suffisait pas à ces maquisards de savoir leur région débarrassée du joug ennemi. La libération dont ils avaient rêvé dans la longue et meurtrière attente, ce n'était pas seulement la libération de leurs villages et de leurs bourgs. Le Charolais a chassé l'Allemand. Le Bataillon du Charolais va le poursuivre.

Il prend contact avec des éléments de la 1ère Armée Française et demande à lui être rattaché. Ses hommes, aux côtés de la 1ère Division Blindée, puis dans les rangs de la 2e Division d'Infanterie Marocaine, rivalisent d'ardeur jusqu'au jour où, donnant une nouvelle vie au 10e d'Infanterie de la 14e Division de 1940. Ils vont en Allemagne même, au-delà du Rhin et du Danube, venger leurs Anciens submergés naguère après avoir dépensé un incomparable héroïsme et inscrit dans la gloire le nom de RETHEL ».

 

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site de la ville de Villeneuve-la-Garenne.
  • Site Memorial GenWeb.
  • Informations complémentaires de M. Suchet, fils d’André Suchet.
  • Archives de Rhin et Danube.

 

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Publié le 3 Avril 2021

Les lieux de mémoire du département : le musée des Gardes Suisses de Rueil.

Dans la série des lieux de mémoire du département, il convient de noter le musée des Gardes suisses de Rueil-Malmaison.

 

Le musée.

Le musée des Gardes suisses, fermé actuellement du fait des conditions sanitaires, est situé à Rueil-Malmaison, dans l'ancienne caserne des gardes suisses, corps d'élite de l'Ancien régime chargé d'assurer la garde et la protection du roi. La caserne des Gardes suisses à Rueil-Malmaison est appelée aussi Caserne Guynemer.

Au travers d'objets et costumes ayant appartenu aux Gardes suisses, le musée retrace l'histoire de ce régiment créé par Louis XIII en 1616.

L'architecte Charles Axel Guillaumot construit en 1756 la caserne de Rueil, en même temps et sur le même modèle que celles de Courbevoie et de Saint-Denis. Elles étaient destinées à abriter des gardes suisses. Caserne agrandie au début du 19e siècle. Autour de l'ancienne caserne Guynemer les nouveaux bâtiments sont construits en 1950. Le musée est situé à côté de la caserne de Rueil-Malmaison (caserne Guynemer) qui est la seule des trois casernes à exister encore aujourd'hui et qui est d'ailleurs classée monument historique depuis 1974.

 

Pourquoi des Suisses ?

Au XVe siècle, la Suisse est un pays pauvre dont les hommes émigrent facilement pour devenir soldats. Courageux, robustes et instruits militairement, ces hommes sont très recherchés par les princes. Louis XI (1423-1483), à l’âge de 20 ans, dauphin de France, assistant à la bataille de St Jacques sur La Birse, est conscient des qualités militaires des soldats suisses. Aussi, est-il le premier roi de France à pratiquer l’alliance avec les cantons helvétiques et à y recruter massivement, en accord avec les autorités locales, notamment pour sa guerre contre Charles le Téméraire qu’il gagne grâce à ses nouveaux alliés.

Suite à des malentendus, François 1er doit combattre les Suisses à Marignan en 1515. Vainqueur grâce à sa très belle artillerie, il veut la réconciliation et signe avec les cantons suisses la Paix Perpétuelle en 1516, suivie du Traité d’Alliance en 1521. Cette paix est respectée par la France et la Suisse jusqu’en 1792 et l’alliance confirmée périodiquement par la signature de capitulations. Ce mot vient du latin « capitula » qui signifie chapitres, traités établissant entre les deux parties des règles bien précises. Ainsi les régiments levés en Suisse doivent-ils être commandés par des officiers suisses.

Le nombre de Suisses ayant choisi de servir les Rois de France pendant trois siècles et demi est estimé à un million de soldats dont six cent mille sont morts au combat ou des suites de leurs blessures.

Parmi les différents régiments, celui des Gardes Suisses est un régiment d’élite devenu permanent en 1616. Formé de soldats de grande taille, triés sur le volet, il a été chargé jusqu’à la fin de l’Ancien Régime d’une triple mission :

  • garde et service d’honneur auprès du Roi, à l’extérieur des châteaux royaux avec le régiment homologue des Gardes Françaises ;
  • maintien de l’ordre à Paris et en Ile de France ;
  • participation à la guerre en première ligne, comme les Gardes Françaises, pour une partie, au moins, du régiment.

Jusqu’en 1755, il n’y a pas de casernes pour ces soldats en région parisienne. Ils sont logés chez l’habitant. Il y a une compagnie à Rueil, et d'autres à Vanves, Issy, Colombes, Argenteuil, Saint Denis… L’arrivée des Gardes Suisses à Rueil s’est faite dès le début de la création du régiment et leur présence a été constante jusqu’au drame du 10 août 1792 (leur massacre aux Tuileries). Deux cents militaires vont cohabiter pendant plus d’un siècle avec la population du village de Rueil estimée à 1300 habitants vers 1700.

Puis, en 1755, selon la volonté de Louis XV, trois casernes identiques sont construites à Rueil, Courbevoie et Saint Denis. Elles reçoivent chacune, au minimum, un bataillon de gardes. A Rueil, c’est désormais presque un millier de militaires qui vont vivre en symbiose avec les Rueillois, représentant le quart, environ, de la population totale. Sur le plan économique, c’est une aubaine : tailleurs, cordonniers, couturières, cabaretiers… assurent les besoins d’une clientèle qui peut payer. D’autre part, les Suisses achètent des maisons, des terrains, des vignes. Les soldats, peu occupés à la caserne, exercent une foule de petits métiers civils qu’ils conserveront à la fin de leur carrière militaire. Il y a aussi des retombées démographiques : mariages entre Suisses et Rueilloises, naissances de futurs jeunes gardes… A la veille de la Révolution, les baptêmes, mariages et décès figurant sur les registres paroissiaux de Rueil concernent des Suisses dans la proportion de 10 à 12 %. Il n’est pas rare de trouver sur les actes de baptême de petits Rueillois un nom de parrain ou de marraine suisse.

 

Informations pratiques.

Les visites se font sur rendez-vous pour les particuliers et les groupes à partir de 10 personnes. L’adresse du musée au 5 place du général Leclerc 92500 Rueil-Malmaison.

 

 

Sources :

 

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Publié le 13 Mars 2021

Marie Sautet et "ses enfants".

Marie Sautet et "ses enfants".

Lors de la journée internationale des droits de la femme, le Souvenir-Français a souhaité mettre à l’honneur en son siège parisien l’exceptionnelle Marie Sautet, marraine des Poilus, qui consacra son temps, son énergie de petit bout de femme et ses économies à venir en aide aux soldats partis au front. L’exposition qui lui est consacrée a été inaugurée le 8 mars par la ministre déléguée à l’insertion.

Dès 1870, lors du siège de Metz par les combattants prussiens, la jeune Marie, qui n’a que 11 ans, visite avec sa mère les blessés et ressent déjà la solitude et les souffrances des soldats pris dans la tourmente de la guerre.

En 1882, elle épouse un messin puis vient avec lui à Paris ouvrir une maroquinerie dans le quartier du Temple. Au début de la Grande Guerre, le couple décide « d’adopter » des régiments dont les bataillons de chasseurs à pied. Les deux, unis dans le même sens du devoir, consacrent temps et argent à cette noble cause.

Marie court les magasins à la recherche de denrées, de linge, de tabac et le soir venue elle fait des paquets, répond à des courriers, en écrit de nombreux.

Sans hésiter, elle part en direction du front apporter certains de ces colis. Au total, plus de 250 000 colis seront confectionnés. Elle est souvent surnommée "Marraine de France" ou "Maréchal des Marraines" par les soldats.

La guerre finie, elle continue son œuvre en direction des démunis, des veuves et des orphelins de guerre mais c’est la misère qui attend le couple. Monsieur meurt en 1936 et Marie Sautet décède à la maison de retraite des Petits-Ménages à Issy les Moulineaux en 1937. Dans sa petite chambre, 125.000 lettres de ceux qu’elle appelait « ses enfants » furent découvertes.

Dix ans plus tôt, elle avait été faite chevalier de la Légion d’honneur par le Gouverneur militaire de Paris.

La France reconnaissante lui offrit des obsèques nationales avant de conduire sa dépouille au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Plus simplement, la ville de Puteaux, accompagnée de notre comité sur place a rendu hommage à sept jeunes femmes de la ville décédées dans le tragique accident de la cartoucherie du Mont-Valérien en 1882.

C’est pour moi l’occasion de dire Merci à toutes ses femmes qui servent avec dévouement dans nos rangs.

 

 

Claude Guy,

Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine

Marie Sautet.

Marie Sautet.

8 mars 2021 : hommage aux mortes de Puteaux lors de la tragédie de la cartoucherie du Mont-Valérien en 1882.

8 mars 2021 : hommage aux mortes de Puteaux lors de la tragédie de la cartoucherie du Mont-Valérien en 1882.

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Publié le 10 Mars 2021

Les marsouins du 3e RIMa fouillent le village d’Al Salman. Derrière eux, un portrait de Saddam Hussein.

Les marsouins du 3e RIMa fouillent le village d’Al Salman. Derrière eux, un portrait de Saddam Hussein.

Août 1990 : l’invasion du Koweït par l’Irak.

En août 1988, l’Irak sort d’un conflit de huit ans l’opposant à l’Iran. Le pays est mis à mal et criblé de dettes, détenues notamment par l’Arabie Saoudite et le Koweït. Pour effacer son dû, l’Irak tente de faire pression sur les deux monarchies, sans succès. Après avoir accusé le Koweït de ne pas respecter les règles établies par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en terme de barils produits et vendus, Saddam Hussein, président irakien, revendique le Koweït comme territoire appartenant à l’Irak.

 

En août 1990, l’armée irakienne envahit son voisin du Golfe et en quelques heures, le Koweït tombe aux mains du régime de Bagdad. Face à cette attaque, le Conseil de sécurité des Nations unies réagit en exigeant le retrait immédiat et inconditionnel des forces irakiennes du Koweït. Devant les atermoiements de Saddam Hussein, le Conseil de sécurité autorise alors l’intervention des forces armées étrangères pour chasser l’occupant irakien s’il ne se retire pas de lui-même avant le 15 janvier 1991. Une coalition internationale est alors mise en place, composée d’une trentaine de pays, dont la France.

 

Intervention française : lancement de l’opération Daguet

Dans ce contexte, les armées interviennent sur ordre du Président de la République de l’époque, François Mitterrand, pour participer tout d’abord à l’embargo naval décrété contre l’Irak. Dès le mois d’août 1990, plusieurs bâtiments de la Marine nationale sont envoyés sur place dont le porte-avions Clemenceau, chargé d’acheminer une force aéromobile. Puis, après la violation de la résidence de l’ambassadeur de France à Koweït City par l’armée irakienne, l’opération Daguet est déclenchée le 15 septembre. L’objectif est initialement de protéger les pays du Golfe, en particulier l’Arabie Saoudite, d’une éventuelle invasion irakienne puis de reconquérir le Koweït. Daguet constitue la participation française à une vaste coalition internationale rassemblant environ 700.000 hommes dans la région du golfe arabo-persique. Du côté français, 16 000 militaires sont projetés dont 12 000 combattants terrestres, 66 avions sont déployés, et de nombreux bâtiments de la Marine sont mobilisés pour des missions de soutien.

 

Le 17 janvier 1991, la coalition déclenche l’opération Desert Storm. Elle débute avec une campagne aérienne d’une ampleur inégalée depuis la Deuxième Guerre mondiale qui se poursuit pendant 38 jours. S’en suit une offensive terrestre qui ne durera que quelques jours avant la reddition de l’Irak. Après 43 jours d’opérations, le 28 février 1991, le cessez-le-feu est déclaré. Dans le même temps, le régime irakien se plie aux 12 résolutions imposées par le Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

Les enseignements de l’opération Daguet.

L’opération alliée est un succès militaire du fait de l’efficacité de la campagne aérienne qui a non seulement décimé les forces irakiennes déployées sur le théâtre d’opérations mais a aussi, par des frappes stratégiques, rendu Saddam Hussein incapable de réagir à l’offensive alliée. Les forces armées américaines reconnaîtront publiquement l’efficacité des militaires français. Suite au conflit, le général Norman Schwarzkopf, commandant en chef des forces alliées, déclarera : « Peu de personnes savent qu'à la fin du premier jour de l'attaque terrestre, après avoir réalisé une percée fantastique, les forces françaises se trouvèrent le plus au nord, le plus à l'ouest. C’était elles qui avaient le plus profondément pénétré en Irak. Elles ont accompli, avec succès, les missions qui leur avaient été confiées et ce, d'une manière formidable. »

 

Par ailleurs, la prise de conscience de l’importance du rôle de l’arme aérienne dans Desert Storm conduira à une profonde réorganisation du système militaire français afin « d’inter-armiser » les états-majors de planification et de conduite mais aussi de transformer l’organisation du renseignement, des forces spéciales et de l’enseignement militaire supérieur. Un changement politique s’opère également durant cette période, puisque le gouvernement refuse d’engager des appelés.  Une décision qui appuiera la volonté de passer, quelques années plus tard, à une armée professionnelle.

 

 

Source :

 

  • Archives ECPAD.
  • Site du Ministère des Armées – DICoD.

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Publié le 14 Février 2021

Le caporal-chef Albertini d’Asnières et le 8e RTM à Coc-Xa.

François Albertini nait le 22 décembre 1928 à Paris. Il s’engage dans l’armée et rejoint le 8e RTM (régiment de tirailleurs marocains).

 

Le 8e RTM a été créé à Fès en 1929. De suite, l’unité participe à l’unification du Maroc. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle est de la campagne de France. En 1941, le 8e est rapatrié à Mekhnès, après avoir été en garnison à Belfort. En 1943, il combat au sein de la 2e DIM (Division d’Infanterie Marocaine) en Italie, en Provence, puis dans les Vosges et en Alsace.

 

Le 8e RTM débarque le 7 mai 1949 à Haïphong pour relever le 5e RTM. Il est chargé d’assurer la sécurité de la RC4 de Langson à Dong-Khé. En octobre 1950, pendant le désastre de la RC4, le 8e est pratiquement anéanti à Coc-Xa. Cette bataille a été évoquée à plusieurs reprises, sur ce site, et sur le site du Souvenir Français d’Issy – Vanves, notamment dans les articles sur Jean Cornuault et par le récit du colonel Martin, sur la réfection de la chapelle de That Khé, là où des dizaines de soldats français ont été rassemblés après avoir été blessés durant la bataille terrible.

 

Le caporal-chef Albertini est de la bataille de Coc-Xa. Gravement blessé, transporté à Hanoi, il meurt le 23 octobre des suites de ses blessures à l’hôpital Lanessan. Il avait 21 ans.

 

Son nom est gravé sur le mémorial des guerres d’Indochine à Fréjus et sur le monument aux Morts d’Asnières.

 

En juin 1955, le 8e RTM rejoint la Cochinchine puis quitte définitivement le Viêt-Nam en avril 1956. C’est la dernière unité militaire française à partir de ce qui fut la « Perle de l’Orient ».

 

Sources :

  • Encyclopédies Larousse et Wikipédia.
  • Fiche individuelle sur le site Mémorial Gen Web : http://www.memorialgenweb.org/
  • Crédits photographiques : Olivier Johnsson

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Publié le 6 Février 2021

Au capitaine Mauduit de Sceaux.

Georges Mauduit nait le 15 octobre 1923 à Monchy-Lagache dans la Somme.

A l‘âge de 20 ans, il intègre l’Ecole Spéciale Inter-Armes de Saint-Cyr, promotion Veille au Drapeau.

Après un temps en métropole, Mauduit est envoyé en Algérie, en tant qu'officier du 3e bataillon du 9e RIC (régiment d'infanterie coloniale). Cette unité est un vieux régiment issu des troupes coloniales ; il s'appelait alors "régiment de marche du Tonkin". Dissous en 1946, il est récréé dix années plus tard.

Le 21 février 1958, alors qu'il dirige une patrouille de renseignement, le capitaine Mauduit est mortellement blessé au cours d’un accrochage de nuit avec un important groupe de rebelles (commune de Tizi-Ouzou, lieu Tala Athmane).

Georges Mauduit était marié à Jeanne Torielli et père de deux enfants. Il avait grandi à Sceaux où ses parents, Charles et Gisèle Mauduit habitaient.

Le capitaine Mauduit était titulaire des décorations suivantes : chevalier de la Légion d’honneur, croix de la Valeur militaire avec palme, Croix de guerre des TOE. Son nom est inscrit sur les monuments aux Morts de La Garde-Freinet, de Saint-Raphaël (où il habitait), de Nanterre (monument départemental) et de Sceaux.

 

 

Sources :

http://www.memorialgenweb.org

Informations de Marc Mathieu, François Leplus, Stéphane Protois Alfred Panis et Martine Mangeolle.

Crédit photographique : Bertrand Lemonnier.

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