Publié le 10 Décembre 2016

Le général Alain de Boissieu et son épouse.

Le général Alain de Boissieu et son épouse.

Biographie.

 

Alain de Boissieu est né le 5 juillet 1914 à Chartres. Son père est assureur-conseil.

 

Après des études au collège Sainte-Croix du Mans et à l'école Sainte-Geneviève de Versailles, il entre à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1936. Sorti de l'ESM dans la promotion du Soldat Inconnu, le sous-lieutenant de Boissieu poursuit sa formation militaire à l'Ecole d'Application de la Cavalerie de Saumur en septembre 1938. Il obtient également trois certificats de licence à la Faculté de Paris.

 

Lors de la déclaration de guerre, le sous-lieutenant de Boissieu sert au Groupe de Reconnaissance de la 10e Division d'infanterie (15e GRDI). Chef de peloton de canons antichars, il arrête une attaque ennemie, le 11 juin 1940, au nord d'Epoye, dans la Marne, détruisant trois blindés et faisant preuve du plus grand calme et de la plus grande énergie.

 

Encerclés dans le bois de la ferme Milan par les Allemands qui viennent de prendre le village voisin d'Epoye, les canons de 25 antichars, ne pouvant tirer de nuit, doivent être sauvés de la capture. Avec l'autorisation du commandant de la position de défense, le sous-lieutenant de Boissieu décide de rassembler les 35 cavaliers de son peloton dans le layon le plus large et de charger au sabre les Allemands qui surveillent les sorties en direction de la plaine, tandis que les fantassins voisins couvriraient la charge par une diversion.

 

L'opération réussit avec quelques pertes et les servants emballés se retrouvent sur la route de Beine ; Alain de Boissieu confie alors le peloton à son sous-officier adjoint, le maréchal des logis chef Barbé, puis il revient à pied dans le bois de la ferme Milan pour prendre le commandement des fantassins qui avaient protégé la sortie de son peloton. Les fantassins rejoignent ainsi leur unité à Beine ; le sous-lieutenant de Boissieu tente avec le chef de bataillon de la Rochefordière, qui commande la position, de gagner le camp de Mourmelon et le 15e GRDI. Ils sont faits prisonniers le 12 juin dans une embuscade allemande à hauteur du mont Cornillet.

 

Deux fois cité pendant la campagne de France, c'est en Belgique, le 19 juin, au cours du transfert de son détachement de prisonniers vers l'Allemagne, qu'il prend indirectement connaissance de l'appel prononcé la veille par le général de Gaulle à la radio de Londres. Il tente de s'évader du train qui le transporte à Mayence.

 

Promu lieutenant en septembre 1940 pendant sa détention, il s'évade de l'Oflag II D en Poméranie le 28 mars 1941 avec deux camarades, le sous-lieutenant Klein et le lieutenant Branet, et gagne l'URSS où il est de nouveau interné, après avoir demandé à rejoindre le général de Gaulle en Angleterre. L'offensive allemande de juin 1941 joue en faveur des internés français, rassemblés dans un camp à Mitchourine au sud de Moscou, dont une liste est communiquée aux nouveaux alliés britanniques qui la transmettent aux Forces françaises libres. Avec 185 camarades, emmenés par le capitaine Billotte, Alain de Boissieu parvient à rejoindre, par Arkhangelsk et le Spitzberg, l'Angleterre où il signe son engagement dans les FFL, à Camberley, le 12 septembre 1941.

 

Servant à l'Etat-major particulier du général de Gaulle à Londres pour remplacer un officier blessé, il suit un entraînement de parachutiste et de commando puis prend part aux opérations de Bayonne à Pâques 1942 et au raid sur Dieppe en août 1942. En décembre 1942, le capitaine de Boissieu est envoyé en mission dans l'Océan Indien, sous les ordres du général Legentilhomme. Il participe alors aux opérations du rétablissement de l'autorité française à Madagascar et à Djibouti avec le Bataillon de marche n° 2 (BM 2) des FFL.

 

En mars 1943, il rejoint, sur sa demande, la Force "L" du général Leclerc en Tunisie et est affecté au 3e Bureau de l'Etat-major. La Force "L" devient, en juillet 1943, au Maroc, la 2e Division blindée (2e DB). En février 1944, Alain de Boissieu est affecté au commandement de l'Escadron de Protection du général Leclerc et du PC avancé de la 2e DB avec un escadron de chars légers et d'obusiers de 75. Ses lieutenants sont Pierre de la Fouchardière, Philippe Duplay et Hervé de Lencquesaing. Il débarque en Normandie le 30 juillet 1944 et est blessé le 12 août à La Lande de Goult dans l'Orne par l'explosion d'un obus antichar de 75 alors qu'il aidait le chef du char "l'Ourcq" à sortir de sa tourelle, son tireur blessé ; tous les servants sont tués à l'exception du capitaine de Boissieu qui est éjecté dans l'herbe.

 

Il se distingue lors des combats de la forêt d'Ecouves en réduisant une résistance blindée allemande. Il fait de même à Paris, le 25 août 1944, lorsqu'il engage deux de ses pelotons contre un ennemi fortement organisé au point d'appui du Luxembourg, parvenant à l'ébranler au point de le faire capituler quelques heures plus tard. En Alsace, en décembre 1944, le capitaine de Boissieu est affecté sur sa demande au 501e Régiment de chars de combat (501e RCC) dont il commande la 3e Compagnie de chars moyens. Il est cité à nouveau, lors des opérations du 25 janvier au 2 février 1945, pendant la campagne d'Alsace, où il prépare et fait exécuter à sa compagnie de chars des opérations non appuyées par de l'infanterie, du fait de l'épaisseur de la neige, obtenant chaque fois un succès complet avec un minimum de pertes. Il participe avec le capitaine Dronne à la première attaque d'un village de nuit pour éviter les antichars qui protégeaient Marckolsheim.

 

Affecté en avril 1945 au cabinet militaire du général de Gaulle à Paris, rue Saint Dominique, il obtient cependant de rejoindre pour quelques jours la 2e DB qu'il rejoint, début mai 1945, à Berchtesgaden. Rentré en France, il est promu chef d'escadrons en juin 1945.

 

Le 2 janvier 1946 à Paris, Alain de Boissieu épouse Elisabeth de Gaulle.

 

Après avoir suivi les cours de l'Ecole d'Etat-major à Paris, il se voit refuser de servir en Indochine, s'étant occupé du retour du Prince Vinh San en Annam, et il est affecté en Afrique équatoriale (août 1947-novembre 1949) au Secrétariat de la Défense de l'ensemble AEF-Cameroun. Il retrouve ensuite le 501e RCC, en qualité de responsable des services techniques, avant d'être affecté à l'Etat-major de la Zone stratégique d'Afrique centrale (1952-1953) à Dakar.

 

Breveté de l'Ecole supérieure de Guerre en 1955, le lieutenant-colonel de Boissieu sert ensuite pendant une année à Paris, à l'Etat-major du commandant en chef de la Zone stratégique de l'Afrique centrale. Ayant demandé un commandement en Algérie, il est placé, en juin 1956, à la tête du 4e Chasseurs dans le Constantinois. Il y fait, dans des circonstances difficiles, la preuve de ses qualités militaires "aussi bien dans la pacification de son territoire que dans l'organisation et l'exécution des opérations" ; il reçoit la Croix de la Valeur Militaire avec deux citations et la cravate de Commandeur de la Légion d'Honneur.

 

Promu colonel en septembre 1958, il devient directeur du Cabinet militaire du Délégué général du Gouvernement Mr Paul Delouvrier et du général Maurice Challe, commandant en chef en Algérie. En octobre 1959 il rejoint à Paris l'Inspection générale de l'Arme blindée et de la Cavalerie comme chef d'Etat-major avant de suivre, en 1961, les cours du Centre des hautes études militaires et de l'Institut des hautes études de la Défense nationale.

 

Le colonel de Boissieu commande alors la 2e Brigade blindée à Saint-Germain-en-Laye (septembre 1962-septembre 1964) et, promu général de brigade, reçoit le commandement de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr et de l'Ecole militaire interarmes de Coëtquidan (septembre 1964- septembre 1967).

 

Le général de Boissieu commande ensuite pendant deux ans la 7e Division mécanisée à Mulhouse avant d'être nommé Inspecteur de l'ABC (Arme blindée - Cavalerie) et membre du Conseil supérieur de la Guerre (1969-1971). Général d'armée en

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 30 Novembre 2016

Mont Valérien – Novembre 2008 : Monsieur Roger Karoutchi, alors ministre en charge des Relations avec le Parlement, Monsieur le préfet des Hauts-de-Seine et Madame Lysiane Tellier.

Mont Valérien – Novembre 2008 : Monsieur Roger Karoutchi, alors ministre en charge des Relations avec le Parlement, Monsieur le préfet des Hauts-de-Seine et Madame Lysiane Tellier.

Pilier de l’UNC et du Souvenir Français dans les Hauts-de-Seine et plus particulièrement à Bourg-la-Reine, Lysiane Tellier – alias lieutenant Bob, de son nom de jeune fille Bourguignon – nous a quitté il y a quelques jours.

 

Officier dans l’ordre national de la Légion d’honneur, commandeur dans l’ordre national du Mérite, médaillée militaire, Croix de guerre 39-45, médaille de la Résistance, Lysiane s’était engagée encore adolescente dans la Résistance : « A 17 ans, je travaillais dans les postes sous la surveillance d'un officier allemand et chaque nuit, je remplissais mes missions pour la résistance. Ma plus grande peur était de ne pas arriver à l'heure au travail ce qui aurait déclenché une enquête chez ma mère. J'ai donc simulé un évanouissement pour avoir un certificat médical et un arrêt de travail. Le soir même j'étais dans les bois… »

 

Dans le Poitou, sa région, Lysiane Tellier assure des liaisons entre maquis. Elle s'occupe d'organiser les placements de réfractaires, les ravitaille, leur fournit des tickets alimentaires et des fausses cartes d’identité. Elle est également chargée de créer une cellule de renseignements. Elle participe aux combats et à la libération.

 

Le colonel Muller, président de l’UNC 92 l’évoquait dans un numéro de la Voix du Combattant de 2012 : « Fin 1942, Bob établit des contacts avec le créateur du maquis Lagardère qui était son professeur d’escrime puis avec le commissariat de Châtellerault qui fabriquait de faux-papiers d’identité pour les réfractaires au Service du Travail Obligatoire (STO). Il est chargé du renseignement et est agent de liaison entre les groupes de résistants. Bob effectue les franchissements de la ligne de démarcation dans la Vienne, vers Chausigny, afin de conduire les jeunes dans les forêts de l’Indre sous le prétexte fallacieux de fabriquer des charbons de bois. Il contrôle et ravitaille ces groupes en vue de former le maquis.

 

Début 1944, Bob prend contact dans l’Indre avec un officier de l’armée de l’Air recherché par la milice. Il lui fait passer la ligne de démarcation pour le faire rentrer en zone occupée où il sera caché chez les parents de Bob jusqu’au Débarquement ! Ensemble, ils rejoindront le maquis appelé Chouan. Dans ce maquis, le sous-lieutenant Bob s’investit dans l’organisation et les liaisons. Il participe aux combats de Coussay-les-Bois, Lussac-les-Châteaux et Chausigny en s’occupant des blessés. Le 25 juillet 1944, sous le feu violent de l’ennemi, il réussit à évacuer les blessés graves, en particulier le lieutenant commandant le maquis. Cela vaut au sous-lieutenant Bourguignon une citation à l’ordre de la division avec attribution de la croix de guerre 1939-1945. Il lui revient en pénible obligation de prévenir du décès de leurs proches, les familles des tués au combat.

 

Malgré la libération d’une grande partie du territoire, des poches de résistances allemandes subsistent dans plusieurs endroits. Bob part avec son groupe combattre sur le front de Saint-Nazaire jusqu’à la fin de la guerre. Il obtiendra la médaille de la Résistance française en 1946 et travaillera au 5ème bureau du ministère de la Guerre. Malheureusement, suite à la vie dans le maquis, ses poumons ont été atteints et il est opéré d’un pneumothorax et passe deux ans en sanatorium suivis d’une mise en congés maladie jusqu’en 1952 et d’une retraite anticipée avec pension militaire d’invalidité ».

 

Lysiane Tellier : « J’étais très motivée car mon père est mort à la guerre de 14-18 et n’a pu participer à la Résistance. Il est décédé des effets du gaz. Mais même s’il avait été là, j’aurais résisté avec lui. Et vous savez, quand j’ai perdu mon père, ma mère avait 25 ans et s’est retrouvée seule avec plusieurs enfants dont l’aîné qui n’avait pas quatre ans. Donc elle a dû se battre. J’ai toujours appris à me battre. Mais dans la légalité et le droit. Souvent, je raconte que des Allemands nous prenaient en otage pour qu’on parle. Ça, c’est très difficile pour tout le monde. C’est une situation où les gens essaient de profiter de vous à un moment où vous êtes défaillant. C’est ça qu’il faut expliquer aux jeunes : qu’ils gardent toujours leur dignité ».

 

Tout au long de sa vie Lysiane Tellier s’est engagée pour le Devoir de Mémoire. Récemment, elle avait monté une nouvelle association « Mémoires du Mont Valérien » dont elle avait cédé les rênes à Monsieur Alain Faber, avant de s’installer définitivement dans la Nièvre du côté de Saint-Saulge.

 

Le vendredi 2 décembre 2016, en l’église Saint-Gilles de Bourg-la-Reine, une cérémonie d’hommage à Lysiane Tellier, se tiendra à partir de 10h00. A l'issue de la cérémonie un cortège sera constitué en direction du cimetière avec une halte au monument aux morts et un discours.

 

 

 

Sources :

 

La Voix du Combattant – Numéro 1776 – Juillet et Août 2012.

Le Journal du Centre – Jenny Pierre.

Informations UNC 92 – Souvenir Français – Délégation générale 92.

 

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Publié le 27 Novembre 2016

Thierry Le Gac.

Thierry Le Gac.

Créé en 1887, le Souvenir français est reconnu d’utilité publique depuis 1906. Ce qui en fait l’une des plus anciennes associations françaises. Ses membres se donnent comme mission d’entretenir les sépultures et les monuments des personnes mortes pour la France. Chaque année, grâce à leur action, une cinquantaine de monuments sont rénovés dans tout le pays. Car la devise de l’association, qui compte également des comités en France et dans le monde est « A nous le souvenir, à eux l’immortalité ». Un autre volet de ses activités est consacré au travail de mémoire. L’association, agréée par l’Education nationale, subventionne des voyages scolaires, comme celui qui a permis à 49 élèves du collège Jean Macé de se rendre en juin dernier, sur les plages du Débarquement en Normandie et de participer à une commémoration, en présence d’un ancien fusilier marin du commando Kieffer.

 

« Cette mémoire collective à une importance pour la cohésion nationale et faire connaître l’Histoire aux jeunes » souligne Thierry Le Gac, secrétaire du Comité d’Asnières-Clichy, qui regroupe déjà une centaine d’adhérents. Le jeune professeur souhaite multiplier les nouvelles adhésions à Clichy pour étendre les activités de l’association. Et faire que les Clichois de toutes les générations participent aux commémorations aux côtés des associations d’anciens combattants.

 

A Clichy, le Souvenir français travaille en lien avec le collège Jean Macé, dans lequel Thierry Le Gac enseigne les sciences de la vie et de la Terre. L’association a même prêté un drapeau du comité de Rhin et Danube, des anciens de la Première armée du général de Lattre de Tassigny, aux collégiens, qu’ils présenteront lors des commémorations.

 

Ce qu’ils feront dès le 11 novembre, lors de leur première participation à la cérémonie célébrant la signature de l’Armistice de la Première Guerre mondiale en déposant une gerbe au nom du collège dans le cimetière Sud. Et Thierry Le Gac, après une année de travail intensif pour faire renaître le Souvenir français à Clichy, déposera également une gerbe au nom de l’association devant le monument aux morts.

 

 

Article paru dans le journal municipal Clichy Actus au début du mois de novembre 2016.

A Clichy, portes-drapeaux du collège Jean Macé.

A Clichy, portes-drapeaux du collège Jean Macé.

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Publié le 18 Novembre 2016

Arc de Triomphe. Le Soldat Inconnu est déposé dans sa dernière demeure.

Arc de Triomphe. Le Soldat Inconnu est déposé dans sa dernière demeure.

Imprimeur à Rennes.

 

Le 23 décembre 1860 naquit à Lamballe François Olivier Noël Simon, mais son prénom usuel devint vite Francis. A 14 ans, il entra à l’imprimerie Oberthur à Rennes. Il y apprit le métier d’imprimeur et la typographie.

 

Son père mourut en 1878, il allait avoir 18 ans. A vingt ans, il fut convoqué pour effectuer son service militaire, mais étant l’aîné d’une mère veuve, il passa dans la réserve de l’armée active. Il accomplit des périodes au 41e RI puis à l’armée territoriale mais il 2 octobre 1900 il fut réformé pour fracture d’une jambe.

 

Le 17 juin 1880, il épousa Marie-Jeanne Michelot avec qui il eut deux garçons : Francis et Maurice.

 

En 1893, Francis Simon fonda sa propre imprimerie. Il obtint le titre de « Successeur de M. Le Roy, grande famille d’imprimeurs ». Quatre années plus tard, l’imprimerie Francis Simon fit paraître un guide « Rennes illustré » de 400 pages de textes et de 50 gravures hors texte. Il eut un succès immédiat et reçut à l’exposition de la même année une médaille d’or pour son « Indicateur Simon ». Il devint l’un des premiers éditeurs de cartes postales illustrées. Entre 1901 et 1904, l’imprimerie tira des séries de cartes postales photographiques sur Rennes et la Bretagne.

 

Au Souvenir Français.

 

Parallèlement à cette activité professionnelle, Francis Simon est un formidable acteur de ma vie associative de Rennes. Très tôt engagé dans le Souvenir Français, il devient vice-président du comité en 1904 avant d’en prendre la présidence.

 

Il est de tous les combats mémoriels. Il impose le Souvenir Français comme l’acteur principal du souvenir des combattants tombés au front. Le 2 septembre 1914, il fonde une association patriotique, L’Escorte d’Honneur, dont il est élu président.

 

Son but était d’assister aux obsèques des soldats morts au champ d’honneur, de fleurir les tombes et de les visiter, remplaçant ainsi la famille absente ; sa devise : « Une visite, une fleur, une prière ».

 

Le 2 novembre 1914, un détachement du 40e régiment d’artillerie était venu au cimetière de l’Est pour déposer deux couronnes, l’une par les officiers, l’autre par les sous-officiers et les soldats. Durant l’année 1916, M. Simon et son personnel avait organisé des collectes pour les secours de guerre, les blessés, l’œuvre de ravitaillement gratuit, les familles.

 

Pour la Toussaint, M. Simon veillait à ce que chaque tombe soit entretenue et fleurie : bouquet tricolore, petit drapeau et pancarte « cette tombe est confiée aux soins de M. X ». Dans ce carré militaire, reposaient 1.200 tombes chrétiennes et musulmanes. Les 36 tombes de soldats allemands étaient ornées d’une croix et d’une branche de buis.

 

Depuis le début de la guerre, Francis Simon assistait à tous les enterrements des soldats morts dans les hôpitaux de Rennes. Il réconfortait les familles éprouvées. Homme de grande bonté, il était toujours prêt à aider les autres. L’imprimerie Simon édita « Le Bonjour du Soldat ». La personne qui expédiait cette carte prenait soin d’écrire son nom et son adresse, afin que le soldat n’ait plus qu’à dater et la signer pour la retourner à l’expéditeur.

 

Novembre 1916.

 

Les deux fils de Francis Simon avaient été mobilisés. Le 16 juin 1915, son fils aîné, le lieutenant Henri Simon, tomba glorieusement lors de l’attaque du Labyrinthe en Artois. Ce deuil familial renforça sa position de rendre honneur à tous les combattants.

 

Francis Simon eut l’idée de l’hommage de la Nation à un Soldat Inconnu qui représenterait l’armée française tout entière. Le dimanche 26 novembre 1916, devant le monument du Souvenir Français, au cimetière de l’Est, Francis Simon déclara dans son discours : « Pourquoi la France n’ouvrirait-elle pas les portes du Panthéon à l’un de ces combattants ignorés mort bravement pour la Patrie avec deux seulement pour l’inscription sur la tombe : un soldat et deux dates : 1914-1917 ? Cette inhumation serait comme un symbole… Et ils seront ainsi, nos morts, entourés d’une atmosphère de gloire qu’entretiendra l’âme éternelle et reconnaissante de la France. A nous encore le souvenir de ceux qui tombèrent en Orient, des morts de nos alliés héroïques, qui, comme les nôtres, combattirent pour la Justice, le Droit et l’Humanité ».

 

Un simple discours pour une grande idée, qui, d’abord en France, s’imposa dans le monde entier. La tombe du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe est le résultat de cette formidable intuition.

 

La suite est connue de toutes et tous. Le 19 novembre 1918, le député d’Eure-et-Loir Maurice Maunoury fit une proposition de loi dans ce sens. La Chambre des députés adopte finalement le 12 septembre 1919 la proposition d’inhumer un « déshérité de la mort ».

 

Le Soldat Inconnu.

 

C’est André Maginot, ministre des Pensions et lui-même mutilé de guerre, qui présida la cérémonie de choix du soldat à inhumer : elle se déroula dans le lieu mythique de la Grande guerre : la citadelle de Verdun. Huit corps de soldats ayant servi sous l’uniforme français mais qui n’avaient pu être identifiés furent exhumés dans les huit régions où s’étaient déroulés les combats les plus meurtriers : en Flandre, en Artois, dans la Somme, en Ile de France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine. Le 9 novembre 1920, Auguste Thin, soldat au 132e RI (et enterré à Asnières-sur-Seine) fut désigné pour choisir le Soldat Inconnu : « Il me vint une idée simple. J’appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c’est également le chiffre 6 que je retiens. Ma décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai ».

 

Le 10 novembre 1920, le cercueil quitte Verdun et est transporté à Paris. Il est placé en terre sous l’Arc de Triomphe le 28 janvier 1921, en présence des maréchaux Foch, Joffre et Pétain. Par la suite, le sculpteur Grégoire Calvet émis l’idée de faire brûler une flamme en permanence, et Jacques Péricard, ancien combattant, proposa en octobre 1923 de faire ranimer celle-ci chaque jour à 18h30 par des anciens combattants.

 

La flamme sacrée sous l’Arc de Triomphe fut ainsi allumée pour la première fois le 11 novembre 1923 à 18h, par André Maginot, ministre de la Guerre.

 

A Rennes.

 

Quant à Francis Simon, il continua à œuvrer pour le Devoir de Mémoire. Le 18 juillet 1921, il était nommé chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur, avec cette citation : « Simon François Olivier, président du Souvenir Français de Rennes, s’occupe avec beaucoup de dévouement des familles de nos soldats morts. Assure avec autant de piété que de zèle l’entretien des sépultures militaires ».

 

Tout au long des années 1920 puis 1930, Francis Simon poursuivit son action. Le 23 février 1937, Madame Francis Simon décédait. La même année, le 10 novembre 1937, mourut Francis Simon à 77 ans. Il avait abandonné peu à peu ses nombreuses activités pour raison de santé. Il était l’une des personnalités les plus connues de Rennes et les habitants gardèrent longtemps le souvenir de cet homme exceptionnel. Il fut inhumé auprès de son épouse au cimetière du Nord à Rennes.

 

Son fils Maurice lui succéda à l’imprimerie. Dès février 1940, il suivit les traces de son père et prit la présidence du Souvenir Français et de l’Escorte d’Honneur. Il mourut le 1er juin 1959 à Rennes.

 

Et à son tour, son fils Aymeric assurera la présidence du Souvenir Français pendant près de 40 ans, puis sera nommé délégué général de l’Ille-et-Vilaine. Il s’éteindra à 84 ans, le 19 février 2006.

 

La quête annuelle du Souvenir Français de 2016 – du 28 octobre au 1er novembre – fut placée sous le patronage de Francis Simon.

 

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Bulletin n°504 du Souvenir Français – Octobre 2016.
  • Recherches de M. Gérard Fonck.

 

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Publié le 12 Novembre 2016

Alain Raphaël.

Alain Raphaël, nous a quittés le 21 septembre 2016, à l'âge de 91 ans.

 

En janvier 1943, Il rejoint l'Afrique du Nord en s'évadant par l'Espagne. Il atteint la Tunisie et s'engage dans les Forces Françaises Libres du général De Gaulle en juillet 1943 et est affecté à la 2e Division Blindée du général Leclerc, au sein de la 4e Compagnie du 501e Régiment de Chars de Combat. Il participe à toute la campagne de France et d'Allemagne dans la même section de chars.

 

Soldat de Leclerc par excellence, Alain Raphaël a, tout au long de sa vie, beaucoup œuvré pour transmettre l'Histoire de la Division Leclerc et honorer la mémoire de ses compagnons disparus. Il était le président de l'Association nationale des Anciens du 501e R.C.C. et de la 2e DB secteur Ouest-Seine.

 

Benito Belogi, Michel Colin, William Brunet, trois porte-drapeaux de Courbevoie et trois porte-drapeaux de la 2eDB ont assisté à ses obsèques au cimetière du Père Lachaise, le 23 septembre 2016.

 

Le Comité d'Entente gardera le souvenir d'un homme discret à la personnalité attachante, et fidèle à son sens du devoir.

 

 

 

Pierre Lucas,

Président du Comité d’Entente des Association Patriotiques de La Garenne-Colombes

Extrait de la Gazette n°53 d’octobre 2016.

 

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Publié le 5 Novembre 2016

Assemblée générale départementale à Chaville.

Le samedi 22 octobre 2016, à l’invitation du Comité de Chaville, s’est déroulée l’assemblée générale départementale du Souvenir Français.

 

Assemblée générale, en présence de Monsieur Jean-Jacques Guillet, député-maire de Chaville, Madame Armelle Tilly, adjointe et conseillère départementale, Monsieur François-Marie Pailler, adjoint, Monsieur Bernard Chopin, vice-président national du Souvenir Français, Monsieur le colonel Claude Guy, Délégué général et Monsieur le représentant de l’ONAC des Hauts-de-Seine.

 

Assemblée générale placée sous le signe de l’émotion avec de nombreuses remises de décorations à des membres de notre association, et les adieux du colonel Joël Kaigre au Comité de Chaville. Pour des raisons familiales, et parce que c’est ainsi, notre ami « Jo » souhaite se rapprocher de sa famille installée du côté d’Arcachon. Il sera remplacé par François-Marie Pailler à la tête du Comité de Chaville.

 

Autre émotion, celle de l’assemblée toute entière quand le colonel Guy a remis les insignes de chevalier dans l’Ordre national du Mérite à André Labour, aujourd’hui Délégué général honoraire.

 

Ci-dessous, retrouvez toutes les clichés pris par Jean-Claude Thomas, président du Comité de Saint-Cloud, et photographe de cette assemblée.

 

Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
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Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
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Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
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Publié le 2 Novembre 2016

Gérard Braillon nous a quitté.

Pilier du Souvenir Français de Clamart, Gérard Braillon nous a quitté samedi dernier, 29 octobre.

 

François-Xavier Philipp, président du Comité de Clamart, a immédiatement prévenu tous les amis du Souvenir Français et des autres associations, avec ces mots : « Notre ami Gérard nous a quitté ce matin. Nous sommes de tout cœur avec sa famille. Gérard était un grand du Souvenir Français de Clamart. Il va laisser un grand vide dans notre comité et dans nos cœurs. Ayons un immense Souvenir pour lui ».

 

Son épouse, Jacqueline, avait écrit il y a quelques années un texte sur ce site Internet, racontant les aventures pendant la guerre d’Algérie de celui qui allait devenir son époux. Gérard était alors infirmier et il devint instituteur. Un instituteur un peu particulier qui enseignait les lettres, la grammaire mais donnait aussi des cours de menuiserie pour les plus grands. Il avait même formé une chorale de pipeaux !

 

Jacqueline terminait ainsi : « Gérard a quitté l'Algérie le 20 décembre 1960. Le 5 janvier 1961, la ville de Paris le convoquait devant une nouvelle classe avec peu d'élèves : 32 seulement ! Il retrouvait sa fiancée et allait fonder une famille. Dans sa tête résonnait encore l'accent chantant des enfants qu'il avait quittés, mais qu'il n'oublierait jamais. »

 

Les obsèques de Gérard Braillon auront le vendredi 4 novembre 2016 avec une messe à la paroisse Saint-Joseph au 145 avenue Jean Jaurès à Clamart. Pour celles et ceux qui désirent apporter des fleurs, il est souhaité la couleur blanche.

 

Toute la Délégation du Souvenir Français des Hauts-de-Seine présente ses condoléances à la famille de Gérard avec une pensée particulière pour Jacqueline.

 

Frédéric Rignault

Président d’Issy-Vanves – Délégué général adjoint.

Gérard Braillon nous a quitté.

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Publié le 29 Octobre 2016

Notre quête 2016 dans le journal Le Parisien.

Extrait du site du Parisien, en date du 28 octobre 2016.

 

 

Ce week-end, ils seront partout dans les rues. Le Souvenir français lance sa quête nationale et le département n’y échappe pas.

 

Les bénévoles de cette association vont aller au-devant de la population jusqu’au 2 novembre, afin de récolter des fonds pour restaurer les tombes des anciens combattants. La mission du Souvenir français est d’entretenir la mémoire et les sépultures.

 

« Elles se trouvent dans des carrés militaires ou sont éparpillées dans les cimetières. Les années passent et, souvent faute de familles, elles se dégradent peu à peu », précise Claude Guy, délégué départemental. En 2014, le Souvenir français a fait rassembler les dépouilles de 96 poilus dont les tombes avaient été laissées à l’abandon dans un seul et unique monument, à Montrouge. Cette année, ce sont des tombes éparses à Chaville qui ont été réhabilitées. Dans les Hauts-de-Seine, le Souvenir français compte 29 comités locaux.

 

 

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Publié le 28 Octobre 2016

Centenaire de la reprise du Fort de Douaumont.

A l'invitation du ministre de la Défense et de son secrétaire d’État, une délégation du Souvenir français des Hauts de Seine était présente à la cérémonie organisée à Douaumont pour le centenaire de l'offensive lancée pour la reprise de ce fort, à 11h40, le 22 octobre 1916.

Sous une pluie fine et pénétrante étaient alignés, outre les représentants allemands, de nombreux détachements de l'armée française et des pays d'outre-mer qui ont à l'époque contribué à faire basculer le destin de la Grande Guerre.

 

Claude Guy

Délégué général du Souvenir français pour les Hauts-de-Seine

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Publié le 24 Octobre 2016

Cérémonie du dimanche 13 novembre à Chatenay-Malabry.

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français de Châtenay-Malabry organise une cérémonie œcuménique à la mémoire des soldats morts pour la France.

 

En présence du Serge Barcellini, contrôleur général des armées et président général du Souvenir Français, de Claude Guy, Délégué général pour les Hauts-de-Seine, de Françoise-Marie Belin, présidente du Comité de Chatenay-Malabry et bien entendu de Monsieur Georges Siffredi, maire de la commune, vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine, cette cérémonie se déroulera le dimanche 13 novembre 2016, en l’église Saint-Germain l’Auxerrois de Chatenay, à 16 heures (2 rue du Lavoir).

 

La cérémonie religieuse sera célébrée par :

  • Le Père Lucas Guirgis, de l’église copte orthodoxe Sainte-Marie Saint-Marc.
  • Le Père Joseph N’Guyen, vicaire et Jean-Marie Parant, diacre de la paroisse Saint-Germain l’Auxerrois et Sainte-Thérèse d’Avila.
  • Le Père Philippe Kabongo Mbaya de l’Eglise réformée de Robinson.
  • Le Père Michel Evdokimov de l’église orthodoxe Saint-Pierre – Saint-Paul.

 

Renseignements au Souvenir Français de Chatenay-Malabry au 01 46 60 67 89.

Venez nombreux !

Françoise-Marie Belin

Présidente du Comité de Chatenay-Malabry

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