Publié le 21 Juin 2017

Ils font revivre la mémoire des Cadets de Rhin et Danube.

Gardiens d’un drapeau de Rhin et Danube dont le Souvenir Français est le seul dépositaire comme l’ont voulu dans leur immense sagesse les Anciens de cette grande association, les élèves de l’Institution Jeanne d’Arc de Colombes les ont honorés.

 

Avec respect et sens du devoir, ils ont su redonner vie au drapeau des Cadets de Rhin et Danube peu de temps après avoir été choisis pour en porter fièrement les trois couleurs.

 

Du Mont-Valérien, haut lieu de la mémoire combattante, à Ouistreham auprès d’un ancien du commando n°4 du commandant Kieffer, ces nouveaux et jeunes gardiens de la Mémoire ont rejoint leurs camarades déjà engagés dans cette noble mission du Souvenir Français.

 

Claude Guy

Délégué général des Hauts-de-Seine

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Publié le 18 Juin 2017

Des élèves d'Asnières et de Clichy à Utah Beach.

 

Des élèves de Clichy et d’Asnières-sur-Seine se sont rendus ce 6 juin sur les plages du débarquement pour participer aux commémorations et aux remises de gerbes aux autorités. Emmenés par leur professeur, ils ont profité de ce déplacement pour effectuer un voyage mémoriel "pour ne pas oublier les hommes qui se sont battus et ont été tués pour notre Liberté". Au premier plan, on peut constater que le drapeau du comité local de l’association dissoute « Rhin et Danube » est bien en place aux cotés de ceux des autres associations.

 

Vous pouvez retrouver la vidéo faite à l’occasion sur le site du Souvenir Français d’Asnières-Clichy : souvenir-francais-asnieres.fr.

 

 

 

 

 

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Publié le 17 Juin 2017

Journée du Souvenir par des élèves de Châtillon.

Deux classes de CM2 de l'école élémentaire Marcel Doret de Chatillon (effectif:56), se sont rendues le jeudi 8juin au Mont Valérien et ont participé, en fin d'après-midi, au Ravivage de la Flamme sous l'Arc de Triomphe.

 

Après un repas pris en commun dans le réfectoire de l'école, en présence de représentants du Souvenir Français, organisateur de la journée, (colonel Pierre Keraudren, Mesdames Valérie Colrat et Liliane Ochs), de 11h30 à 12h30, deux cars, affrétés par la commune, nous ont amenés au Mont Valérien.

 

Sous la conduite de deux guides, les élèves ont visité, avec beaucoup d'intérêt, le musée, ou une exposition relate l'histoire des fusillés, la chapelle ou ils étaient parqués avant leur exécution, et le monument commémoratif en forme de cloche ou sont inscrits les noms des fusillés (un peu plus de 1000) de 1941à 1944.

 

Les élèves se sont ensuite rendus à la clairière des fusillés ou une plaque rappelle leur sacrifice. La visite s'est terminée par le Mémorial de la France Combattante, ou sont enterrés 8 représentants des différentes composantes des forces combattantes (France Libre, Résistance intérieure, déportés, etc) morts pour la France, après avoir été tirés au sort. Les guides ont ensuite expliqué le symbolisme des hauts-reliefs qui entourent la Croix de Lorraine et celui de la Flamme de la Résistance qui ne doit jamais s'éteindre. Une photographie de l'ensemble du groupe a été prise. Elle permettra d'illustrer le compte-rendu.

 

Nous nous sommes rendus ensuite au cimetière américain de Suresnes ou les élèves ont pu assister à la descente des couleurs et se rendre compte de la minutie avec laquelle les Américains replient leur drapeau.

 

Puis nous avons rejoint l'Arc de Triomphe pour participer au Ravivage de la Flamme. Celle-ci a pris un relief particulier car c'était la journée du souvenir des morts d'Indochine. La ministre des Armées, Madame Sylvie Goulard, présidait la cérémonie. Après avoir ravivé la Flamme, elle a fait le tour pour saluer les participants.

 

Elle s'est spécialement arrêtée devant le groupe des élèves de Chatillon, auxquels elle a serré la main et dit quelques mots.

 

Après une vibrante Marseillaise, entonnée par tous les participants, élèves compris, la cérémonie a pris fin.

 

Le maire de Chatillon était représenté par monsieur David Lefèvre,adjoint aux affaires scolaires, et Monsieur Jackie Boulay, adjoint aux paysages urbains, transports, voierie. Les guides ont souligné l'intérêt porté par les élèves ce qui prouve la qualité de la préparation effectuée par les enseignants. Tous les participants ont apprécié cette journée qui restera marquée dans la mémoire des élèves.

 

Les trois parents d'élèves, qui accompagnaient le groupe, m'ont exprimé leur satisfaction. Les guides ont donné aux enseignants un formulaire pour permettre aux élèves de participer à un concours de dessin relatant cette journée. Un compte-rendu sera effectué par les élèves, qui paraîtra dans Chatillon Information.

 

 

Colonel (ER) Pierre Keraudren

Président honoraire du Comité de Châtillon du Souvenir Français

 

 

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Publié le 29 Mai 2017

Memorial Day 2017.

Le 28 mai 2017, deux importantes cérémonies se sont déroulées dans notre département sous la bannière étoilée américaine et les plis du drapeau français.

 

La première avait lieu au mémorial de l’Escadrille Lafayette à Marnes la Coquette. Elle visait à commémorer le sacrifice des aviateurs volontaires américains venu s’instruire puis servir aux côtés de leurs camarades français au cours de la Première Guerre mondiale. Outre différents présidents de comités et plusieurs porte-drapeaux fidèles, on pouvait remarquer dans l’assistance la présence du Président général du Souvenir français, venu presque en voisin.

 

Votre délégué général a déposé une gerbe aux couleurs de notre drapeau avant de saluer avec les autorités présentes les porte-drapeaux.

 

La deuxième cérémonie se déroulait en début d’après-midi au cimetière américain de Suresnes à l’initiative de l’agence fédérale américaine « the American Battle Monument Commission » qui gère les cimetières américains où reposent plus de 124.000 soldats. Chaque tombe est ornée des drapeaux de nos deux Nations et reçoit en fin de cérémonie un petit bouquet en hommage à celui qui repose à jamais dans le sol de France.

 

Claude Guy

Délégué général

Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Memorial Day 2017.
Memorial Day 2017.
Memorial Day 2017.
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Publié le 28 Mai 2017

Septembre terrible : les frères Roquigny de Courbevoie.

Tombe triple.

Il est fréquent de voir dans les carrés militaires des tombes où sont enterrés deux frères. Trois, c’est plus rare. C’est le cas par exemple à Rueil-Malmaison avec la sépulture des frères Lambert. A Courbevoie, c’est celle des frères Roquigny qui attire l’attention. Et ce d’autant plus, qu’ils sont tous morts en septembre !

 

Trois frères.

Raoul nait le 7 mars 1880 à Maronne dans le département actuel de Seine-Maritime. De classe 1900, il porte le matricule 11102 au Corps et 982 au Recrutement du 2e bureau de la Seine. Il est sergent au 28e régiment d’infanterie. En 1914, ce régiment a ses casernements et lieux de regroupement à Evreux et Paris, aux forts de Saint-Denis, de Stains, de Montmorency et de Domont. Il fait partie de la 11e brigade d’infanterie, 6e division d’infanterie et 3e corps d’armée. Son chef de corps est alors le colonel André Allier.

 

Norbert Roquigny est né le 9 octobre 1885 à Paris dans le département de la Seine. Classe 1905, il porte le matricule 18069 au Corps et 3544 au Recrutement. Il est sergent au 276e régiment d’infanterie. Le 276e RI est un régiment de réserve du 76e RI (en casernement à Paris). Un point d’explication s’impose : les régiments de réserve étaient à deux bataillons (n°5 et 6) au début de la guerre au lieu de 3 ou 4 pour les régiments de l’active. Chacun des bataillons étaient composés de quatre compagnies. Les régiments de réserve se rattachaient aux régiments d’active, dont ils reprenaient la numérotation augmentée de 200. Ainsi, le 276e RI était le régiment de réserve du 76e RI. Il avait le même lieu de recrutement et de garnison. Au départ, le régiment de réserve était commandé par le lieutenant-colonel, commandant en second du régiment de l’active.

 

Quant à André, il est né le 13 juin 1892, à Clichy dans le département de la Seine. Classe 1912, il porte le matricule 8538 au Corps et 3976 au Recrutement. Il est soldat de 2e classe au 162e régiment d’infanterie. En 1914, le régiment est situé à Verdun. Il fait partie de la 84e brigade d’infanterie, de la 42e division d’infanterie et du 6e corps d’armée.

 

Trois morts.

André est le premier des frères Roquigny à donner sa vie pour la France. Il meurt lors de la bataille de la Marne, le 7 septembre 1914. Son régiment fait partie du dispositif français au centre du front. La 9e armée du général Foch et la 4e armée du général de Langle de Cary ont toutes les deux la mission de résister à outrance aux assauts de l’ennemi et d’empêcher que le centre du dispositif ne soit rompu. Dès le 6 septembre, Foch attaque. Le général Grossetti entraîne sa 42e division contre Soizy et Villeneuve que défend tout le Xe Corps prussien. Devant un ennemi deux fois supérieur en nombre, les 94e, 151e et 162e RI, les 8e, 16e et 19e bataillons de chasseurs, appuyés par le 61e régiment d’artillerie de campagne, font merveille. Les villages sont pris et perdus plusieurs fois, la nuit seule arrête la tuerie sur ce plateau qu’illumine l’incendie. Le 7 septembre, les instructions de Foch sont les mêmes avec une offensive à gauche, en liaison avec la 5e armée, et une action défensive acharnée sur le reste du front. Mais sous les rafales de l’artillerie lourde, la 42e division, la 52e division et la division marocaine ne maintiennent qu’avec peine leurs positions contre les furieux assauts de masses sans cesse renouvelés. Foch tient bon. Avec son bon sens, il a compris que ces attaques désespérées cachent une démonstration : « Puisqu’ils veulent nous enfoncer avec cette fureur, disait-il en mâchonnant un cigare, c’est que, positivement, leurs affaires marchent mal ailleurs ». Au cours de cette bataille, le 162e RI perd plus de 900 hommes… dont André Roquigny.

 

Moins d’une semaine plus tard, c’est au tour de Raoul de tomber face à l’ennemi. Toujours au cours de la bataille de la Marne. Il est porté disparu au combat le dernier jour de la bataille, le 13 septembre. Le coup d’arrêt de la Marne marque l’échec de la manœuvre allemande à travers la Belgique et le nord de la France (surnommée « Plan Schlieffen »). Mais, selon le mot du général Chambe, alors jeune officier de cavalerie, « ce fut une bataille gagnée mais une victoire perdue ». En effet, si les armées franco-britanniques mirent alors un terme à l’avancée irrésistible des armées allemandes commandées par Von Moltke, elles ne purent ou ne surent exploiter cet avantage en repoussant ces armées hors du territoire français. D’une part, les troupes françaises sont trop épuisées et affaiblies pour se lancer dans une poursuite. D’autre part, l’Etat-major allemand avait redéployé une partie de ses forces, envoyant en Lorraine plusieurs corps d’armée en renfort sur leur aile droite. Cette aile s’arrête le 13 septembre, s’installant sur les rives de l’Aisne : les attaques françaises et britanniques n’arrivent pas à les repousser lors de la bataille de l’Aisne et cette partie du front se stabilise en s’enterrant dans des tranchées. Les belligérants recherchent alors la décision par une série de tentatives mutuelles d’enveloppement vers l’ouest, puis vers le nord, qui les mènent jusqu’aux rives de la mer du Nord, lors des combats appelés la « course à la mer » (de septembre à novembre 1914).

 

Dans la famille Roquigny, l’anniversaire de la mort de deux fils est à peine commémoré que le troisième meurt à son tour pour la France. Il s’agit du sergent Norbert Roquigny. Une vaste offensive française a été décidée en septembre 1915. Elle se déroule en Artois. Elle nécessite le déplacement de onze divisions et de trois corps d’armée. Tous les soldats sont déplacés par voie ferrée, ce qui implique la mise en marche de 592 trains. Les troupes sont prélevées dans les régions de Villers-Cotterêts, Jonchery, Charmes, Eparnay et Verdun. Elles débarquent autour d’Amiens, de Doullens et de Saint-Pol. Le 25 septembre à midi, la 10e armée française attaque en direction de Vimy, la 1ère armée anglaise en direction de Loos. Les deux armées doivent déborder Lens, grand centre minier, par le nord et par le sud. Le soir même, la gauche du 33e Corps d’armée a pris le château de Carleul et le cimetière de Souchez et le 21e Corps d’armée a atteint la route Souchez-Angres. Le 27, les Allemands évacuent Souchez. Puis les Français s’emparent des hauteurs de la crête de Vimy.

 

Mais début octobre, les contre-attaques allemandes entraînent de lourdes pertes dans les rangs français et britanniques. L’Armée française y perd près de 48.000 hommes !

 

Plus tard, le maréchal Pétain écrira : « Une des causes principales de l'échec de ces offensives de septembre [Champagne et Artois] fut qu'on n'avait pu réaliser la « surprise stratégique ». Les travaux d'approche effectués pendant plusieurs semaines à l'avance avaient donné aux Allemands l'éveil et leur avaient permis de ramener des renforts de Russie et de préparer sérieusement leur 2e position. Ces offensives ne furent cependant pas inutiles en ce sens qu'elles permirent aux Russes de reprendre haleine. Elles n'empêchèrent pas néanmoins la Bulgarie de se ranger sous les drapeaux de nos adversaires le 5 octobre ».

 

 

Et à Courbevoie.

Pendant la Première guerre mondiale, la caserne Charras était le lieu de départ pour le front de nombreux soldats issus de différents régiments dont le 119e d'Infanterie et servait d'hôpital militaire. En effet, face au manque d'infrastructures sanitaires, des sociétés d'assistance de la Croix-Rouge organisèrent des hôpitaux auxiliaires dans les locaux privés, tels que la Maison des Diaconesses au 12 rue de la Montagne (aujourd'hui Foyer des Arts), une infirmerie dans les bâtiments de l'usine The New America au 134 rue de Bécon (actuelle rue Jean Baptiste Charcot) ou encore une antenne pour convalescents à l'Union belge mise en place par l'armée belge.

 

A l’issue de la Première Guerre mondiale, la municipalité n’oubliera pas cette histoire ainsi que celles de deux autres fratries. C’est ainsi qu’à Courbevoie, existent la place des Trois Frères Roquigny, la place des Trois Frères Enghels et celle des Trois Frères Lebeuf. Neuf frères d’arme que la ville n’a pas oubliée.

 

 

 

Sources :

 

  • Photographie en copyright de la DG du Souvenir Français 92.
  • Archives du SF 92.
  • Site Internet dédié à la Grande guerre et aux unités : www.chimiste.com
  • Site Internet de la ville de Courbevoie.
  • Sites Internet du Ministère de la Défense, dont www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
  • Encyclopédies Wikipédia, Britannica et Larousse.

 

 

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Publié le 6 Mai 2017

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Jean des Moutis de Saint-Cloud.

Jean des Moutis est né le 11 août 1911 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).

 

Bachelier, il est élève officier dans la Marine marchande en 1931 avant de s'engager en 1933 dans la marine de guerre. Il suit les cours de l'Ecole des EOR avant d'être affecté comme aspirant à bord du Colbert. Enseigne de vaisseau de 2e classe en 1934, il sert à la 3e Escadre sous-marine puis, enseigne de vaisseau de 1ère classe, à bord des torpilleurs Orage et Frondeur, de 1936 à 1939.

 

En décembre 1939, Jean des Moutis prend le commandement du chasseur de sous-marins n°6, qui vient d'être construit. En mai et juin 1940, il participe activement à l'évacuation de Dunkerque, du Havre puis de Cherbourg ce qui lui vaudra deux citations à l'ordre de l'Armée.

 

Le 17 juin 1940, il quitte Cherbourg, deux heures avant l'entrée des Allemands, en emmenant à son bord tout le commissariat de la marine. Le 18 juin il rallie Portsmouth et s'engage dans les Forces navales françaises libres le 3 juillet. Affecté au 1er Bataillon de fusiliers marins comme commandant en second avec le grade de lieutenant de vaisseau, il prend part à la formation et à l'entraînement de l'unité. A bord du Commandant Duboc avec un détachement du 1er BFM, il participe à l'expédition de Dakar et à la tentative de débarquement de Rufisque en septembre 1940.

 

En novembre, il sert en qualité d'officier de plage des troupes du colonel Leclerc pendant les opérations de ralliement du Gabon. Une fois les combats terminés, il se voit confier, avec le grade de lieutenant de vaisseau, le commandement de la Marine du Gabon qu'il réorganise. En juin 1941, le lieutenant de vaisseau des Moutis combat en Syrie, notamment à Djeidet-Artouz et à Mezzé avant de prendre, par intérim, la tête du 1er Bataillon de fusiliers marins après la mort du commandant Détroyat, tué devant Damas.

 

Promu capitaine de corvette pour faits de guerre, il est rappelé en Angleterre en septembre 1941 pour servir au commissariat national à la Marine et à la Marine marchande. Il prend part ensuite à la libération de Saint-Pierre-et-Miquelon où il organise les opérations navales anti-sous-marines de juin à décembre 1942. Rentré en Grande-Bretagne, il rejoint l'Etat-major des FNFL à Londres. En mai 1943, il prend le commandement de l'aviso Commandant Dominé qui effectue de nombreuses escortes de convois dans l'Océan Indien, en Mer Rouge et en Méditerranée, notamment lors des opérations du Dodécanèse Italien en novembre 1943. Jean des Moutis quitte le Commandant Dominé en juillet 1944 pour servir à Madagascar jusqu'en octobre 1945.

 

Après un séjour au quartier général de la marine à Paris, il commande la Marine en Nouvelle-Calédonie (1947-1949) puis participe aux campagnes d'Indochine et du Pacifique. Promu capitaine de frégate en janvier 1952, il est ensuite de nouveau commandant de la Marine en Nouvelle-Calédonie et attaché naval pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande de 1955 à 1957. Il est ensuite affecté à l'Etat-major de l'OTAN à Fontainebleau.

 

Capitaine de vaisseau en 1959, il est auditeur puis instructeur au Centre des Hautes Etudes Militaires. Le 1er novembre 1963, Jean des Moutis rallie Cherbourg pour prendre son poste de chef d'Etat-major de l'amiral La Haye, à la Préfecture maritime.

 

Jean des Moutis est décédé à Fontainebleau, le 11 janvier 1965, à l'issue d'une longue maladie. Il a été inhumé à Saint-Cloud.

 

Décorations :

  • Officier de la Légion d'Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
  • Croix de Guerre 39/45 (avec 3 palmes)
  • Croix de Guerre des TOE (1 citation)
  • Médaille de la Résistance avec rosette
  • Médaille Coloniale avec agrafe « E-O »
  • Croix de guerre (Pays-Bas)
  • Officier de l'Etoile Noire (Bénin)
  • Officier de l'Etoile d'Anjouan (Comores)

 

 

© Ordre de la Libération.

 

 

Source :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

 

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Publié le 30 Avril 2017

Le dernier Noël de Prosper Beurier.

Au 4e bataillon de Chasseurs.

La famille Beurier était une famille connue sur Asnières-sur-Seine et Gennevilliers. Elle a d’ailleurs laissé son nom à un rue d’Asnières, appelée « Villa Beurier ».

 

Prosper Beurier nait le 11 novembre 1891 à Gennevilliers. La France est alors en plein doute : le général Boulanger qui avait, il y a peu, en tant que ministre de la Guerre, soulevé les foules par son patriotisme, son exaltation et ses provocations vis-à-vis de l’Allemagne, est maintenant complètement discrédité. Le ministre de l’Intérieur, Ernest Constant, lui donne l’ordre de cesser immédiatement ses actions pour renverser la République et mettre en place un pouvoir monarchique. La sanction tombe : un mandat d’arrêt est prononcé à l’encontre du général. Le 30 septembre 1891, Boulanger passe en Belgique, se recueille sur la tombe de sa maîtresse puis se tire une balle dans la tête. Clémenceau dira de lui : « Il est mort comme il a vécut. En sous-officier… ».

 

Prosper Beurier grandit et, jeune adulte, classe 1911 avec le matricule 2310 au corps, intègre le 4e bataillon de chasseurs en 1914. Créé en 1840, le 4e BCP prend le nom de « chasseurs d’Orléans » deux ans plus tard. Pendant la Guerre franco-prussienne, il est un élément de la Première division d’infanterie. Le 4e participe à la bataille de Beaumont dans les Ardennes. C’est une déroute. Le corps d’armée du général de Failly est écrasé et laisse à découvert l’armée de Chalons, commandée par Mac-Mahon… On connait la suite et la reddition de toute l’armée.

 

En 1914, le casernement du 4e bataillon de chasseurs est situé à Saint-Nicolas-de-Port, dans le département de Meurthe-et-Moselle, non loin de Nancy. Il fait partie de la 21e brigade d’infanterie, 11e division, 20e corps d’armée. Le régiment participe à la bataille de Morhange, en Lorraine, en août 1914, puis est porté sur le front de la Somme en septembre suivant. En novembre, il est de la bataille des Flandres.

 

Dans les Flandres.

Le général allemand Erich von Lindermann, chef d’état-major général, a renforcé les 4e et 6e armées allemandes autour de la ville d’Ypres. Depuis des semaines, les belligérants se font face et progressent d’est en ouest, dans ce qui est maintenant convenu d’appeler « la Course à la mer ».

 

Ypres, dans les Flandres belges, est tenue par les Anglais. Les Allemands veulent gagner les ports de Calais et de Boulogne. Pour cela, ils prévoient une offensive majeure. Mais les Belges, alliés des franco-anglais, ont fait creuser des tranchées, là où l’eau n’arrive pas. Car Ypres est une région de polders. Et les Belges ont ouverts les vannes des digues qui la protègent. L’eau inonde donc le théâtre des opérations, parfois de plus d’un mètre. De plus, ils complètent leur système défensif en se servant du remblai d’une ligne de chemin de fer surplombant la plaine. Les Allemands, obligés d’attaquer des troupes retranchées, sont handicapés par l’inondation. En dépit des centaines de milliers d’obus qui s’abattent sur la région, les Alliés tiennent bon.

 

En décembre 1914, c’est au tour des Français et des Anglais d’attaquer les troupes du Reich. Mais ces derniers ont appliqué la méthode utilisée par leurs ennemis : ils se sont placés dans des tranchées imprenables. C’est l’hécatombe du côté franco-anglais…

 

Arrive Noël…

 

La trêve de Noël.

Les soldats du front occidental sont épuisés et choqués par l’étendue des pertes qu’ils viennent de subir depuis le mois d’août. L’ambiance est morose dans les tranchées et les cantonnements de l’arrière. Mais au petit matin du 25 décembre, les Britanniques qui tiennent les tranchées autour d’Ypres entendent des chants de Noël provenant des positions ennemies. Lentement, des groupes de soldats allemands sortent de leurs tranchées et avancent jusqu’au milieu du « no man’s land ». Ils appellent les Britanniques à venir les rejoindre. Les deux camps se rencontrent au milieu d’un paysage dévasté par les obus, échangent des cadeaux et discutent. Ils vont même jusqu’à jouer un match de football.

 

La première bataille d’Ypres est un succès pour les Alliés, mais son coût est terrible. Les deux camps s’affairent maintenant à consolider leurs positions en aménageant un système de tranchées qui bientôt, courront de la mer du Nord à la frontière suisse. La Première Guerre mondiale ne dure que depuis six mois et les Alliées ont déjà perdu plus d’un million d’hommes. Parmi eux, Prosper Beurier dont le corps repose à jamais dans cette terre inondée des Flandres. Son tombeau se trouve au fond du cimetière de Gennevilliers.

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Britannica.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Pierre Miquel, Les Poilus, Terre Humaine Plon, 2000.
  • Bernard Destremau, Weygand, Perrin, 1989.
  • Site de la ville d’Asnières-sur-Seine : www.asnieres-sur-seine.fr
  • Site Internet du Ministère de la Défense : www.memoiredeshommes.sga.gouv.fr
  • Site Internet : www.chtimiste.com
  • Photographie prise au cimetière de Gennevilliers – Copyright : Délégation des Hauts-de-Seine du Souvenir Français.

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Publié le 15 Avril 2017

Bivouac de soldats français après la seconde bataille du Bourget (Alphonse de Neuville).

Bivouac de soldats français après la seconde bataille du Bourget (Alphonse de Neuville).

La première bataille du Bourget.

 

En 1870, le village du Bourget est juste un alignement de maisonnées s’étendant de part et d’autre de la route de Flandres (actuelle Nationale 2), sur une pente assez rapide, à un peu plus de cinq kilomètres des fortifications de Paris et à moins de trois kilomètres du fort d’Aubervilliers, place militaire majeure. C’est d’ailleurs au pied de ce fort que passe également la route des Flandres. Le village du Bourget est traversé par une petite rivière, appelée la Molette.

 

Après la capitulation de l’armée française et la capture de Napoléon III à Sedan, début septembre 1870, les Prussiens s’approchent à grands pas de Paris, but de leur campagne. Ils arrivent dans les environs du Bourget à la fin de ce même mois et n’y laissent que peu de soldats.

 

Le 28 octobre 1870, le général de Bellemare, commandant à Saint-Denis, envoie, sans l’autorisation du général Trochu, commandant la place de Paris, le commandant Roland avec 300 francs-tireurs. Le peu de soldats allemands se trouvant sur place est chassé sans ménagement. Aussitôt le général de Bellemare demande des renforts mais qui celle-ci est rejetée par Trochu.

 

Deux jours plus tard, les Allemands contre-attaquent avec un déluge d’artillerie. Les fantassins prussiens avancent de trois côtés du Bourget : Drancy, Dugny et Blanc-Mesnil. Cernés au nord, à l’est et au sud-est, les soldats français, pris de panique, fuient vers La Courneuve et Aubervilliers. Mais leur retraite est coupée au niveau de la commune de La Courneuve. Seuls les commandants Brasseur et Baroche demeurent avec leurs troupes au Bourget. Ils défendent comme ils peuvent chaque rue et se battent même à l’intérieur de l’église Saint-Nicolas. A 13h, tout est terminé : les Allemands ont récupéré la place et les Français, ceux qui n’ont pas été tués ou blessés, se sont enfuis dans un désordre sans nom.

 

Dès la fin des combats connue à Paris, un soulèvement populaire se produit. Il est réprimé. Le mois suivant, les Allemands fortifient le Bourget et font sauter la voie et la gare de chemin de fer qui relie le village à La Courneuve.

 

Les Français ne veulent pas en rester là…

 

La seconde bataille du Bourget.

 

Le 16 décembre 1870, un Conseil de guerre de la République française décide d’une importante offensive afin de dégager Paris. Il est prévu de progresser sur deux axes : l’un par le Bourget, le long de la route de Flandres, et l’autre par la ferme de Groslay et Aulnay par la route des Petits-Ponts à Drancy. L’opération doit se dérouler le 21 décembre.

 

Tôt au matin du 21, les Français décident de bombarder le Bourget depuis les forts d’Aubervilliers, des batteries placées à La Courneuve et sur des wagons blindés, positionnées sur la ligne de Soissons. L’offensive commence avec les fusiliers marins du capitaine de frégate Lamothe-Tenet. Les soldats s’emparent du cimetière, font une centaine de prisonniers allemands puis progressent vers l’église. Là, ils tombent sur une barricade tenue par les Prussiens. Elle est attaquée à la hache d’abordage. Quant au général Lavorgnet, sa brigade arrive par le sud-ouest et la route de Flandres. Mais elle ne peut entrer dans le village du Bourget, parfaitement fortifié. A midi, face à un ennemi qui n’a pas reculé d’un mètre, le général Trochu informe le général Ducrot de cet échec.

 

Non seulement Le Bourget n’a pas été repris, mais cette fois le village est pratiquement entièrement détruit.

 

Un mois plus tard, les Prussiens entrent dans Paris…

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Britannica.
  • Napoléon Peyrat, Journal du siège de Paris, 1870.
  • Louis-Paul Rollin, La guerre dans l’ouest, campagne de 1870-1871.
  • François Roth, La Guerre de 1870, Fayard, 1990.
  • Lieutenant-colonel Rousset, Histoire générale de la guerre franco-allemande.
  • L’image est une reproduction de l’un des nombreux tableaux réalisés par Alphonse de Neuville sur la Guerre franco-prussienne.

 

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Publié le 8 Avril 2017

Le viaduc reliant Tréboul à Douardenez.

Le viaduc reliant Tréboul à Douardenez.

C'était pendant la guerre de 1939-1945 à Tréboul, dans le Finistère, en Bretagne. Cette commune a été absorbée par Douarnenez en 1945.

 

Nous étions au printemps de 1943 dans la classe de CM1 de Monsieur Pascal Bourdon. Il faisait une très belle journée ensoleillée et les fenêtres situées au sud étaient ouvertes.

 

Soudain, des coups énergiques ébranlèrent la porte de la classe.

 

Monsieur Bourdon se dirigea vers celle-ci et l'ouvrit. Dans l’entrebâillement, les élèves purent distinguer deux hommes portant un chapeau et un manteau de cuir, comme on a pu en voir dans les films sur la Deuxième Guerre mondiale. C’était la Gestapo. On saura par la suite qu'un cordon de troupes d'occupation entourait l'école.

 

Je supposai que Monsieur Bourdon s’était vu signifier son arrestation pour menées subversives et enjoindre de les suivre. Très calmement, l’instituteur leur demanda s’il pouvait aller prendre ses socques, des chaussures à semelles de bois qu'on portait avec des chaussons de tissu. Il referma la porte, pris ses socques déposées sur l'estrade sur laquelle était installé son bureau puis, toujours aussi calme, se dirigea vers la fenêtre la plus proche en nous faisant signe de nous taire. Il enjamba la fenêtre (nous étions au premier étage) et sauta sur le toit d’un bâtiment en contrebas. Se laissant glisser jusqu'au bord, il se suspendit à la gouttière – qu'il déforma – et s’élança dans la cour.

 

Par chance pour lui, ce côté était gardé par des gendarmes français. A sa vue, le plus proche fit semblant d'aller aux toilettes, ce qui permis à Monsieur Bourdon de disparaître par le jardin du directeur. Il ne fut pas rattrapé…

 

Au bout d'un moment, l’un des gestapistes ouvrit la porte, parcourut la classe du regard, alla voir sous le bureau et vit alors la fenêtre ouverte. En se penchant il remarqua la gouttière déformée puis, sans un mot, ressortit.

 

Nous étions de tout cœur avec notre instituteur et heureux qu'il soit parvenu à fuir les Allemands. Nous avons appris par la suite qu'il avait été pris en compte par son réseau de résistance, échappant ainsi à la torture et à la mort.

 

Peu de temps après, un autre instituteur, Monsieur Castrec, qui enseignait à la classe de CM2, disparut dans la nature. Lui aussi faisait partie du même réseau. Après la Libération nous avons su que cet enseignant avait rejoint un maquis dans le Périgord pour échapper aux recherches.

 

Tous deux avaient sans doute été dénoncés.

 

Le sang-froid de Monsieur Bourdon m'a beaucoup frappé. Je m'en souviendrai toute ma vie. Cela a été pour moi un exemple, un complément à son cours qui était par ailleurs extrêmement apprécié.

 

J'ai ensuite, de 1944 à 1945, été l'élève de Monsieur Castrec qui m'a préparé à l'examen d'entrée en 6e. J’ai gardé en mémoire les noms de quelques camarades de classe: Savina, Sévéléder, Couillon, Gargadennec. Je souhaiterais, s'ils sont encore de ce monde, qu'ils puissent lire ce récit et y apporter leur contribution.

 

Quant à elle, l’école, elle a été détruite pour laisser place à l'école de voile de Douarnenez.

 

 

 

 

Colonel (ER) Pierre Keraudren

Président honoraire du Comité de Châtillon du Souvenir Français

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Publié le 1 Avril 2017

L'alternative.

C’est un parcourant l’excellent mémoire d’une adhérente du Souvenir français des Hauts de Seine (1) que j’ai découvert cette lettre d’un soldat demeuré inconnu. Au premier abord, sa réflexion peut nous conduire sur la piste du fatalisme mais, dans le même temps, elle nous entraîne vers une espérance salutaire qui garde aujourd’hui toute sa force.

 

Voici donc la lettre que ce poilu adresse à sa marraine. Parti soldat, sous-lieutenant au début de l’année 1916 (2) il écrit : « Il y a toujours dans notre vie actuelle deux alternatives : l’expérience a prouvé que, dans aucune, il ne fallait s’en faire et voici pourquoi : étant au dépôt, par exemple, il y a deux alternatives ; ou vous êtes envoyé au front ou vous partez à l’arrière ; si vous allez vers l’arrière, vous ne vous en faites pas, c’est clair ; si vous partez pour le front, il y a deux alternatives : vous vous trouvez dans la zone marmitée ou dans une zone qui ne l’est pas ; dans ce dernier cas, vous ne vous en faites pas, bien entendu ; si vous êtes dans la zone marmitée, il y a encore deux alternatives : ou vous êtes touché, ou vous ne l’êtes pas ; si vous n’avez qu’une petite émotion, pas besoin de s’en faire ; mais si vous êtes touché, il y a deux alternatives : vous êtes blessé grièvement ou légèrement ; dans ce dernier cas, vous faites votre pansement et ne vous en faites pas du tout ; dans l’autre cas, il y a encore deux alternatives : vous en mourrez ou vous n’en mourrez pas ; dans la première c’est clair, vous ne vous en faites plus ; dans la seconde, il y a deux alternatives, on vous ampute ou on ne vous ampute pas ; si vous êtes amputé, vous êtes réformé et il n’y a pas à s’en faire. Dans les deux cas, on vous mène à l’hôpital ou vous êtes bien soigné et moins que jamais y n’faut s’en faire ; mais dans le second cas, il y a deux alternatives : vous êtes envoyé au dépôt ou en convalescence ; si vous allez en convalescence, c’est la bonne vie, on n’s’en fait pas ; mais si vous êtes envoyé au dépôt, il y a encore deux alternatives : ou vous êtes envoyé sur le front ou on vous envoie à l’arrière… voir le commencement … ».

 

Un siècle plus tard, la question sur l’alternative qui se présente au Souvenir français se pose selon moi dans les mêmes conditions mais se résume en une première et impérieuse nécessité : accroître le nombre de nos adhérents pour que notre association devienne dans l’écoulement du temps la grande association mémorielle de France.

 

 

 

Claude Guy

Délégué général du Souvenir Français

Département des Hauts-de-Seine

 

 

 

 

Notes :

 

1 - Patricia Pillorger, les poilus de Rueil, mémoire pour le diplôme universitaire de généalogie et histoire des familles, université de Nîmes, juin 2011.

2 - Société historique de Rueil-Malmaison, l’Abeille de Rueil in bulletin paroissial du 1er trimestre 1916.

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