Publié le 8 Avril 2016

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Ernest Gimpel de Vaucresson.

Ernest Gimpel est né le 5 août 1913 à Vaucresson en Seine-et-Oise.

Mobilisé le 1er septembre 1939, il est volontaire pour servir dans les chars et est incorporé au 11e dragons en novembre 1939 à Saumur. Chef de char, il participe à la campagne des Flandres en mai 1940 et à la campagne de France (Normandie, Loire, Dunkerque). Blessé le 24 juin 1940, il est hospitalisé à Niort puis interné. Le 1er août 1940, il s'évade de l'hôpital auxiliaire de Niort et, dès l'amélioration de ses blessures, il se rend en zone sud où il prend contact, au début de l'année 1941, avec le réseau de renseignements F 2.

En octobre 1941, il est arrêté à Marseille, enfermé au Fort Saint Nicolas et accusé d'atteinte à la Sûreté de l'Etat. Il est condamné en juin 1942 à 10 ans de Travaux Forcés mais par contumace, ayant réussi, entre-temps, à s'évader à la fin du mois de décembre 1941. A nouveau arrêté à Saint-Raphaël le 5 mars 1942, il s'évade de la gendarmerie au bout de quelques heures.

En septembre 1942, il est évacué sur l'Angleterre par une opération sous-marine et s'engage dans les Forces Françaises Libres. Affecté au Bureau Central de Renseignement et d'Action (BCRA), il est volontaire pour une nouvelle mission et est parachuté le 25 novembre 1943 comme adjoint au délégué militaire de la Région P (Paris), André Boulloche. Dès lors, il prend part à l'organisation paramilitaire de la Résistance.

Connu sous le nom de Charles Beauchamp dit "Cercle", il est arrêté avec son chef, le 12 janvier 1944, par la Gestapo ; vainement torturé, il est déporté en Allemagne après deux mois de détention à Compiègne le 27 avril 1944. Passé successivement par les camps d'Auschwitz et de Buchenwald il arrive au camp de concentration de Flossenburg le 25 mai 1944.

Libéré le 24 avril 1945 par l'avancée des troupes alliées, Ernest Gimpel est rapatrié en France, et affecté à la Direction Générale des Etudes et Recherches (DGER).

Il quitte l'Armée avec le grade de commandant et retourne à la vie civile. Installé en Angleterre, il s'y marie et y dirige jusqu'à sa mort une galerie de peinture de réputation internationale.

Ernest Gimpel est décédé de maladie le 26 janvier 1973 à Crettingham Woodbridge dans le Suffolk où il a été inhumé.

  • Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Compagnon de la Libération – Décret du 7 août 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (3 citations).
  • King’s Medal for Courage (GB).

© Ordre de la Libération.

Source :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

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Publié le 3 Avril 2016

Gloire de la Patrie ! Honte du Genre humain.

 

Verdun ! Nom suprême de l’horreur.

Plus de carrés de croix que de champs de fleurs.

Combien de blessures, de souffrances et de larmes

Pour qu’après quatre années se taisent, enfin, les armes.

 

Verdun ! Ils partaient tout juste sortis de l’école,

La fleur au fusil, mais au ventre la peur

En chantant « Madelon » tous imbibés d’alcool,

Pour l’Alsace, la Lorraine ou simplement l’Honneur.

 

Verdun ! Combien y sont restés, combien sont revenus,

A jamais atrocement mutilés ou totalement perdus.

Voyant que tous « à l’arrière » vivaient très bien sans eux.

Oublieux du sacrifice et que jeunes encore ils étaient déjà vieux.

 

Ils ont tout connu, les souillures, les gaz, la boue, la sang,

Du Fort de Vaux à la Côte 304 et aux horribles tranchées.

Mais l’ennemi héréditaire, attentif et sournois, souffrait également.

Tous guettaient trois notes de clairon qui vibrèrent enfin le 11 en matinée.

 

 

 

Michèle Georgin – Membre du Souvenir Français de Rueil-Malmaison.

 

Crédit photographique : Le Figaro.

Verdun !

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Publié le 28 Mars 2016

Le voyage à Verdun - 2/2.

Verdun 15 février 16 février 2016

Mardi 16 février 2016

Le lendemain, debout à 6h30 et ….surprise ! Réveil par une sonnerie au clairon « Soldat toi, soldat lève-toi bien vite » (par deux énergumènes qui avaient dû se lever plus tôt !!). Petit déjeuner copieux.

Quelques-uns en profitent pour visiter la chapelle et les autres regagnent tranquillement le car. Pierrot et ses copains embarquent les paniers repas du midi. 1 œuf dur, 1 sandwich jambon ou jambon de dinde un bout de fromage, un fruit, une boisson ; vous comprenez pourquoi à Clamart nous avions embarqué son complément.

Et comme d’habitude on oublie, malgré des rappels, des choses. Je dois recevoir d’ici quelques jours un colis contenant un chapeau, un béret avec insigne, un appareil photo, des foulards, écharpes, etc., etc.

Le temps est froid - 4° mais superbe soleil, donc une belle journée en perspective. A 8h15 départ vers Verdun. Nous prenons une autre route que la veille, on visite la campagne meusienne. Tout est verglacé, blanc. On suit pendant un instant l’ancienne voie ferré Bar le Duc, Verdun qui a servi en 1916 à l’alimentation de la bataille. On longe des champs inondés car la Meuse a débordé et surprise on peut voir des cigognes en transit qui se restaurent avant leur retour en Alsace. Le temps clément de ces derniers jours le permet. J’ai même aperçu un vol d’oie en route vers l’est. Arrivé à Verdun à l’office de tourisme : quelques photos de famille et on retrouve Guillaume et Yvan.

Le car n°2 se dirige vers les champs de bataille. Nous passons devant le cimetière militaire du faubourg pavé ou se trouve dans le carré des 7 inconnus les corps des 7 soldats inconnus ayant servi dans les huit régions ou se sont déroulés les combats les plus meurtriers. 5095 corps y sont également inhumés.

En effet le 9 novembre 1920, huit cercueils en chêne ont été transférés à la citadelle de Verdun. Ils sont placés sur 2 colonnes de quatre dans une chapelle ardente dont la garde d’honneur est une compagnie du 132eme régiment d’infanterie. Parmi cette garde André Maginot, ministre des pensions, désigne Auguste Thin, soldat de 2eme classe âgé de 21 ans, engagé volontaire de la classe 1919 ; fils d’un combattant disparu dans la guerre, pupille de la nation. Il lui tend un bouquet d’œillets blancs et rouges qu’il devra déposer sur l’un des cercueils. Celui-ci sera transféré à Paris et inhumé sous l’arc de triomphe ou depuis le 11 novembre 1923 chaque jour à 18h une association devra l’honorer après ravivage de la Flamme. Auguste Thin a une pensée simple : « J’appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment le 132e c’est également le chiffre 6. Ma décision est prise. Ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai ». Il s’est donc arrêté devant le 6e cercueil sur lequel il a déposé son bouquet et s’est figé au garde à vous.

Les 7 autres cercueils ont donc été remis au cimetière de Verdun et chaque année une association vient les honorer le 11 novembre. Le monument aux morts est entouré de divers canons français et allemands. Ce cimetière se trouve situé en face de la caserne des 1er et 2e régiments de Chasseurs. Cette caserne est aujourd’hui désaffectée.

Nous reprenons la route et passons devant l’ossuaire de Douaumont que nous apercevons de loin pour arriver devant la tranchée des baïonnettes. Mauvaise surprise car ce monument est en réparation donc fermé ; tout doit être terminé pour le 21 février. Mais Guillaume nous explique son histoire dans le car. D’abord la légende : le 11 juin 1916 57 hommes du 137e RI en majorité vendéens qui se préparaient à un assaut sont enterrés vivants par l’explosion d’un obus. En juin 1920 le secteur fut fouillé par des équipes de travailleurs émigrés indochinois et italiens, travail particulièrement pénible parmi les rats et les moustiques qui infestaient l’ancien champ de bataille. 47 corps furent mis à jour dont quatorze purent être identifiés. En fait après une offensive il était nécessaire d’enterrer au plus vite les corps y compris ceux des ennemis. La solution la plus pratique pour ceux-ci était de combler un boyau inutilisé avec leurs corps. La tombe collective était ensuite marquée par des fusils baïonnettes en l’air.

Le mystère de la tranchée des baïonnettes a provoqué des controverses extrêmement violentes avec les deux écoles totalement opposées. Mais très impressionné par ces images un banquier américain du nom de Georges T Rand fit don de 500.000 francs pour la construction du mémorial qui abrite le site.

Nous rejoignons ensuite l’ossuaire de Douaumont en longeant le ravin de la Dame dit « ravin de la mort » le plus mauvais coin du secteur. Ce ravin de tous les risques et de l’extrême danger dû a une orientation en enfilade particulièrement exposé aux tirs ennemis. De plus très profond, lors des attaques avec les obus à gaz, celui-ci stagnait au fond. Ainsi une compagnie engagée dans ce ravin n’est jamais arrivé à la sortie, tous asphyxiés. Nous arrivons enfin à l’ossuaire de Douaumont qui est une nécropole nationale située sur le territoire de la commune française de Fleury-devant-Douaumont, classé monument historique par arrêté du 2 mai 1996.

Il abrite un cloitre long de 137 mètres avec des tombeaux pour environ 130.000 soldats inconnus, allemands et Français indéfectiblement entremêles. En face de l’ossuaire se trouve un immense cimetière composé de 16.142 tombes de soldats français dont un carré pour 592 soldats musulmans de l’empire colonial. Nous commençons la visite .Les anciens demandent aux jeunes beaucoup de respect devant ces milliers de tombes très correctement entretenues.

Malheureusement je reçois un coup de «téléphone de Michel Chastan qui m’apprend l’accident d’Huguette qui a glissé sur les marches givrées près de la route de « l’abri caverne des 4 cheminées » en se fracturant la cheville droite d’où appel des pompiers, transfert à l’hôpital. Heureusement la fille d’Eliane qui faisait le circuit en voiture suit l’ambulance avec Jacqueline. Elles ont pris le bagage d’Huguette avec elles. Elle est hospitalisée à l’hôpital Saint Nicolas de Verdun ; Huguette est opérée le soir même à 20 heures. Pris en charge par Mondial Assistance elle pourra après l’accord de son médecin traitant, le médecin de Mondial Assistance et les médecins de l’hôpital de Verdun être rapatriée à Clamart puis pris en charge à Provins près de sa fille pour une rééducation de 6 semaines .Huguette très énergique malgré ce pépin a un super moral. Nous restons par la pensée avec elle en permanence.

Durant ce temps enfants et adultes pénètrent dans le cloitre. L’impression est saisissante .Les courageux peuvent monter à la tour ; un petit musée se trouve à mi-hauteur ; ensuite projection du film « Les hommes de la boue » un documentaire qui laisse le spectateur muet. Il faut quelques minutes pour se ressaisir. Comment des hommes ont-ils pu ainsi souffrir. Je comprends mieux les longs silences de mes grands pères quand on abordait le sujet de la guerre 14-18. Rapidement je rejoins les autocars pour préparer la commémoration de notre groupe. Les 7 gerbes sont arrivées, la fleuriste « aux iles fleuries » a été de parole.

Je suis rejoint par 5 anciens combattants meusiens invités par Michel .Ils sont de la Fnaca et ont amené avec eux un journaliste qui va nous sortir le 18 /2/2016 un super article dans l’Est républicain. Me nommant même responsable de la FNACA de Clamart ; désolé Michel mais je te rends immédiatement ta fonction !

La mise en place des drapeaux et des gerbes se fait. Une photo de groupe des portes drapeaux, des porteurs de gerbes, des enfants accompagnants est prise de nombreuses fois par les pèlerins.

Monsieur Maurice Michelet président du Souvenir Français de Verdun-Charny me rejoint. Il représente le général ETIENNE délégué général de la Meuse. Il m’apprend qu’il est aussi le maire de l’un de ces villages détruit en 1916. Ainsi le Souvenir Français sera présent à cette commémoration avec 2 présidents de comité. A 11h30 nous nous dirigeons en cortège vers l’intérieur de l’ossuaire. En tête les drapeaux puis les porteurs de gerbe accompagnés de deux enfants par gerbe puis en rang par deux les élèves des deux écoles et les anciens combattants qui ferment le cortège. Direction la statue de Notre Dame du Silence.

La cérémonie des dépôts de gerbe a lieu devant la vierge.

J’annonce ainsi dans l’ordre le dépôt par :

  • Les membres de la légion d’honneur : Monsieur le général Albert Moinard accompagné de Maïeule et Tristan.
  • Les médaillés militaires : Monsieur le président Lucien Vanneureux et Monsieur Michel Matiuzzo accompagnés de Alicia et Nassim.
  • La FNACA : Monsieur le président Michel Chastan et Roger Marchi accompagnés de Louise et Nathan.
  • L’union nationale des parachutistes section unp92 sud Lousteau : Monsieur Serge Potentier et Gimarat Modrego accompagnés de Farah Linna et Alexis.
  • Le Souvenir Français : Madame Jacqueline Braillon et Madame Renée Senat accompagnées de Nytia et Feddy.
  • Le Comité d’union des anciens combattants et victimes de guerre de Clamart CUACVG : Madame Christiane Philipp et Monsieur Jean Bonnefoy accompagnés d’Emlie et Jean Alexandre
  • La Municipalité de Clamart : Monsieur Patrick Sevin conseiller municipal représentant monsieur Jean-Didier Berger, maire de Clamart accompagné de Noémie et Omar.

Puis minute de silence ou en signe de respect les drapeaux s’inclinent devant les tombes. Une Marseillaise vibrante est ensuite chantée par tous les participants et les enfants des écoles. Quel bonheur de voir ces enfants la main sur le cœur chanter à plein poumon notre hymne national. Pour moi ma mission de transmission du devoir de mémoire est réussie. Sortie du cloître les porte-drapeaux s’alignent et ainsi chacun peut les saluer comme l’exige le respect des couleurs.

La cérémonie terminée tout le monde dans le car et direction Verdun.La salle Vauquois en face de la citadelle. Petit arrêt à Verdun à la boulangerie Miguet où le boulanger et la boulangère nous attendent pour la livraison des 25 baguettes en complément du panier pique-nique. Arrêt devant la citadelle. Nous demandons aux enfants et aux portes drapeaux de rejoindre rapidement la salle Vauquois en passant une passerelle métallique surplombant un bras de la Meuse. Nous laissons quelques instants aux anciens combattants qui doivent assurer le transport des paniers pique-nique et de son complément à la salle. Lourde tâche car malheureusement des travaux ont bloqué l’entrée du parking. Heureusement que la fille d’Eliane avec sa voiture peut transporter le plus gros.

Arrivées dans la salle les deux classes rejoignent deux longues tables, voient avec surprise les porte-drapeaux s’aligner derrière eux et 5 adultes leur faire face. C’est la grande surprise.

D’abord je les remercie d’avoir participé à ce pèlerinage, aussi pour leur gentillesse, leur enthousiasme, leur politesse, leur soif de savoir. Je les invite à réfléchir car j’aimerai que dans 30 ou 40 ans on puisse trouver parmi eux de nouveaux ou nouvelles présidents du Souvenir Français. Pius Albert, Michel, Claude avec son béret de chasseur alpin, Jacqueline et Christiane vont à tour de rôle appeler un enfant pour leur remettre nominativement le diplôme de « Jeune Poilu 2016 ».

Mais très vite, devant les acclamations et les applaudissements le mouvement s’accélère car des regards anxieux me regardent pour savoir si je n’ai oublié personne. Mais bien entendu tous les élèves sont élevés à la dignité de poilus. Enfin je termine en appelant Madame Loriquet Anne Emmanuelle et Monsieur Haffner Tristan professeur des écoles, responsables des deux classes à la dignité de classe de jeunes poilu. Par précaution les enseignants ramassent les diplômes pour les redonner en classe. Avant de partir les enfants posent des questions en particulier à Joseph le porte-drapeau de la fédération des anciens combattants à l’étranger. Il leur récite même un poème « l’art d’être grand père » mais très ému il ne peut continuer et c’est Madame Lancelin qui doit prendre la relève.

A 14h30 après avoir parfaitement rangé la salle les cars reprennent la route pour Paris. Voie sacré puis A4 .Le temps est toujours magnifique. Une petite pose confort à Tardenois. La route est très correcte. Nous atteignons à 18h le périphérique ; Porte de Choisy et alors le gros bouchon. Au pas jusqu’à la Porte de Gentilly « cela devrait venir d’un match au Parc des Princes !». Nous sortons du périphérique ou de nouveau un gros bouchon nous bloque jusqu’à la N20. Nous atteindrons Clamart Ile de France à plus de 20 heures où enfin les enfants après avoir récupéré leurs bagages retrouvent leurs parents.

Mission accomplie.

Jeannot nous ramène Place Hunebelled’ou nous regagnons notre domicile épuisés mais heureux de ces deux jours qui ont réuni jeunes et séniors pour une belle aventure. Dans les jours qui suivent je reçois de très beaux messagesdes deux écoles qui me font très chaud au cœur.

Le voyage à Verdun - 2/2.
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Publié le 28 Mars 2016

Le voyage à Verdun - 1/2.

Les 15 et 16 février derniers, emmenées par les associations patriotiques et d’anciens combattants de Clamart, deux classes de CM2 (Léopold Sedar Senghor de Clamart et Sainte-Clothilde d’Issy-les-Moulineaux) ont visité les champs de bataille de Verdun et l’ossuaire de Douaumont.

Voici le compte-rendu de l’organisation :

Verdun 15 février 16 février 2016

Lundi 15 février 2016

5 heures, lever. Un regard sur la météo : aujourd’hui pluvieux, demain Froid. Bouf !!!! Comme tout est prêt depuis la veille, il nous reste à charger les compléments du panier piquenique et les documents. 6 h ; Calmement départ vers la Place Hunebelle ; au passage nous prenons Claude et Colette et à 6h15 nous arrivons pour le départ du pèlerinage.

L’autocar N°1, Sainte Clothilde est là ; et il y a déjà du monde. Michel et Roger qui eux se sont levés à 4h30 car ils ont en charge le petit déjeuner avec des croissants chauds et l’autre partie du complément panier piquenique. Tout cela rejoint les soutes de l’autocar. Il faut remercier Roger qui bien que ne participant pas au pèlerinage mais qui a tenu étant responsable du complément piquenique a tenu à s’assurer que tout se passait bien : « chapeau » ! Un bonjour à José, le chauffeur qui peut démarrer son trajet à 6h20.Bas Clamart puis Sainte Clothilde à Issy-les-Moulineaux.

Le car de la Mairie n°2 Léopold Sédar Senghor avec son chauffeur, Jeannot, arrive à 6h25.On embarque ; pointage, et direction le haut Clamart ou après un arrêt au carrefour du 18 mai puis cimetière intercommunal pour embarquer les derniers adultes, direction Ile de France où les élèves et les parents de l’école Léopold Sédar Senghor, arrivent bien disciplinés en rang. Embarquement des enfants, après recommandations des parents et à 7 heures pile, départ pour l’A4, direction Verdun. Le temps est bouché mais la route est très coulante.

Après une heure 30 de route ; arrivée à l’aire de Tardenois. Une légère pluie avec des flocons de neige mais les cars créent un petit espace nous protégeant du vent. Le petit déjeuner est prêt. Bravo Michel ; des croissants chauds et bien bons, du café au lait ; c’est Byzance .Tout le monde se régale.

A 9h départ ; tout le monde est prêt, les moteurs chauffent, mais dans les 2 cars –signal d’alerte ! Oui nous avons prévu un exercice d’évacuation de car .En effet les derniers événements nous rendent très prudents .Et durant le trajet, avant l’arrêt petit déjeuner nous avions expliqué les gestes à faire en cas d’incidents. 4 hommes prévenus à l’avance se mettent en position à la sortie et hop, tout le monde dehors. Comme chacun joue très bien le jeu en quelques minutes chacun se retrouve à son point d’accueil.

J’ai chronométré l’exercice : 3 minutes pour le car n°1. 4 minutes pour le car n°2.C’est bien meilleur que la sortie que j’avais chronométré il y a quinze jours lors d’une sortie du 3eme âge qui avait duré 16 minutes, mais le but n’était pas la compétition mais la sécurité et puis personne n’était prévenu.

Chacun retrouve son car direction Verdun ou nous arrivons à 11h15.

Direction la cafétéria Cora où nous sommes attendus à 11h30 pour le déjeuner. Après quelques minutes de patience, la queue s’organise pour passer au stand d’alimentation et à 11h30 Senghor en tête chacun prend son plateau .L’ambiance est très détendue et on sent les enfants de Senghor très habitués au système Cafétéria. Pour Sainte Clothilde c’est plus long car les enfants, très poliment remercient à chaque plat .C’est très sympathique. Tout le monde est enfin installé. Le repas est chaleureux et on en profite pour prendre les premières photos.

A la fin du repas pour calmer les ardeurs les professeurs organisent une petite récréation dans un coin protégé du parking Cora. A 13h15 nous rejoignons les cars .Un petit appel de sécurité. Nous n’oublions personne et direction l’office de tourisme de Verdun qui se révèle très proche.

En attendant les guides chacun peut faire un petit tour dans le centre-ville de Verdun, admiré mais en marchant vite : la porte de la chaussé, l’hôtel de ville, la cathédrale notre Dame, le monument à la victoire et aux soldats de Verdun. Nous sommes garés juste devant le monument aux enfants de Verdun morts pour la France .Ce monument représente les différentes armes. Un fantassin, un sapeur du génie, un artilleur, un cavalier, un territorial. Sur ce monument sont inscrits 510 noms de Verdunois morts pendant la Première Guerre mondiale

Je vois arriver Guillaume qui sera le guide du car n°2 Léopold et Yvan le guide du car n°1 Ste Clothilde. Ils semblent très sympathiques et – bonheur ! – la pluie a cessé. Le temps, bien que gris et froid, semble se maintenir. 14h –Départ pour le car n°2 Senghor c’est le village détruit de Fleury et le fort de Vaux.

Pour le car n°1 Ste Clothilde c’est le contraire.

Nous arrivons sur le champ de bataille. Tout le bas-côté de la route sur une profondeur de 100 mètres est dégagé, nous voyons les bucherons s’activer. En effet pour le 21 février début des 100 ans de la bataille de Verdun il faut que tous les sites soient parfaitement visitables et on se rend compte que le terrain est complètement retourné, des trous importants pleins d’eau qui se succèdent. C’est le résultat des terribles bombardements de l’artillerie d’il y a 100 ans. La nature a dû un peu arranger les choses mais on comprend vite que cela devait être terrible. Le guide nous apprend que plus de 30 millions d’obus de tout calibre ont été tirés et qu’il en reste de nombreux non éclatés. Chaque jour la terre en rejette et des procédures très strictes doivent être respectées car tout le terrain reste dangereux. Pas question de gambader dans les sous-bois.

Nous passons devant le mémorial fermé, pas encore inauguré et après quelques kilomètres nous arrivons au village détruit de Fleury devant Douaumont. L’un des 9 villages totalement détruit pendant la bataille de Verdun. Le guide rappelle la sécurité à respecter, pas de gambade en sous-bois. Marcher sur le chemin. Le terrain est en pente descendante et tourmenté, il témoigne de l’énorme quantité d’obus reçue. Autour du chemin se succèdent les trous d’obus plein d’eau.

En descendant vers la chapelle commémorative, Notre Dame de l’Europe, construite à l’emplacement de l’ancienne église ; cette chapelle a été dédiée à l’Europe avec une statue de la vierge Marie dont le manteau est un drapeau européen, nous découvrons de petites bornes où figurent les noms : ferme, boulanger, école, épicerie, etc. Ces bornes marquent les emplacements des anciennes habitations. Le guide nous apprend que nous sommes sur la ligne de front, que le village a été pris et repris 16 fois durant ces 9 mois de bataille. Guillaume est un très bon guide, il se met au diapason des enfants et répond à toutes les questions. La chapelle reconstruite comporte sur sa façade une statue de la vierge et un grand médaillon de la croix de guerre.

Nous prenons un petit sentier vers la droite, toujours semé de bornes pour arriver sur une statue d’environ 1m50 en bois représentant un poilu. Le guide nous apprend qu’à cet endroit il y a 2 ans ont été retrouvés 26 corps dont 16 ont pu être identifiés. En effet il reste sur cet immense champ de bataille 130.000 disparus et la nature chaque année en rend quelques-uns. Le bilan de cette bataille de Verdun est de 163.000 morts français ; 143.000 morts allemands. 216.000 blessés français, 190.000 blessés allemands. Cela a vraiment dû être une époque terrible.

Puis, nous retournons au centre du village pour prendre sur la gauche où se trouve un premier monument commémoratif. C’est l’emplacement ou se trouvait la mairie. Le socle a été construit avec toutes les pierres restant du village. Et Guillaume nous apprend que Fleury a été déclaré « Mort pour la France en 1918 » : il ne restait plus d’habitants car ils avaient été évacués en en 1916 et n’ont pu rejoindre après la bataille leur village complètement détruit, la terre trop polluée par les gaz, les explosions, les déchets d’obus. Mais Fleury reste un village de France avec un Maire nommé par le préfet de la Meuse, un code postal.

Sur le côté un autre monument en l’honneur de deux lieutenants fusillés pour l’exemple. Ils ont été réhabilités en 1919. Ces deux malheureux après avoir résisté à Douaumont très proche pendant plus de 24 heures. Des 300 hommes qu’ils commandaient il n’en restait qu’une dizaine et ils avaient décidé de se replier pour d’abord manger car depuis 24 heures rien ; se rééquiper et repartir au combat. Mais le colonel de leur régiment « très obtus » respectant au pied de la lettre la consigne du maréchal Joffre relayé par le général Castelnau « ils ne passeront pas » avait considéré que leur recul étaient une désertion et sans jugement avait fait fusiller pour l’exemple ces deux lieutenants. Cela semble s’être produit plusieurs fois et pour quelques fusillés on attend encore la réhabilitation. Cela semble impensable de nos jours mais c’était l’époque où les hommes étaient beaucoup plus rudes qu’aujourd’hui.

Après 1h30 de visite nous reprenons l’autocar ; Guillaume doit répondre à de nombreuses questions ce qu’il fait avec beaucoup de détail. Tout le monde se sent très marqué par cette visite.

Puis nous arrivons au fort de Vaux.

Première impression, tout est labouré, vallonné, rempli de trou d’obus faits par les bombes et les obus. Le paysage semble gris avec juste un petit sapin à l’entrée d’une galerie et un drapeau tricolore au sommet du fort. Pour commencer la visite nous montons au sommet du fort pour constater un nombre incroyable de trous d’obus. Nous avons une vue impressionnante sur la région, comprenons la raison stratégique de ce fort et l’acharnement mis par les allemands à le conquérir. Car de ce fort on pouvait voir tous leurs mouvements. Puis direction l’entrée du fort. Nous croisons l’autre groupe qui va visiter Fleury. Sur la façade nous pouvons voir 2 plaques commémoratives, l’une concerne les colombophiles l’autre aux défenseurs du fort de Vaux.

Puis nous entrons dans le fort .Au début une grande salle avec le plan de bataille, des vitrines comprenant des casques rouillés, des balles, des douilles, des obus, des outils, des baïonnettes rouillées, bref tout ce que la terre a rejeté. Guillaume nous fait un topo succinct de la bataille et de l’histoire de ce fort. Construit de 1881 à 1884, renforcé en 1888 le fort est désarmé en 1915. C’est un ouvrage sans armement lourd.

Du 2 au 7 juin 1916 grâce à l’héroïsme du commandant Raynal qui a pris son poste le 24 mai 1916 bien que grièvement blessé en 1915 et de sa garnison (6e compagnie du 142e RI, une compagnie de mitrailleuse, un détachement du génie et d’artillerie soit un peu plus de 250 hommes auxquels se joindront pendant l’assaut un certain nombre de soldats du 101e RI et du 142e RI qui s’y réfugient ainsi que la 53e compagnie de mitrailleuse soit au total 500 hommes ; à noter 4 pigeons voyageurs et un cocker répondant au nom de « quiqui ». Il n’y a pas beaucoup de vivres mais l’approvisionnement en eau est assuré par une citerne de 5000 litres) le fort résiste à la 50e division allemande mais après de très durs combats les défenseurs doivent finalement se rendre.

Les Allemands abandonneront le fort de Vaux qui est repris sans combat par les troupes françaises dans la nuit du 2 au 3 novembre 1916.

Ensuite nous commençons la visite par un grand couloir très humide, nous marchons dans l’eau avec des stalactites au plafond. Nous nous arrêtons sur les dortoirs avec ces lits en Challis puis l’infirmerie avec ses blessés (mannequins) le bureau du commandant, le poste de radio, l’électricité semble vacillante mais il faut se rappeler qu’à l’époque c’était les bougies et la lampe à pétrole. Nous prenons un couloir qui se rétrécit de plus en plus avec des murs en redan qui rendent le cheminement difficile. C’est par ce chemin que sont arrivés les Allemands qui ont mis plusieurs jours pour arriver à terme utilisant même par endroit des lances flammes. On imagine des combats terribles.

Puis retour vers les tourelles comprenant des canons, tourelles détruites par des obus de très gros calibres « du 400 mm dit-on ». A la reddition du fort le 7 juin 1916 à 6h30 du matin après 6 jours de combats acharnés les Allemands pour honorer les Français survivants avant de les envoyer en captivité leurs ont présenté les armes. Le commandant Raynal est conduit au quartier général du Kronprinz ou on le complimente pour sa vaillante résistance .Il lui est remis un poignard de pionner allemand en signe de respect. Il faut aussi parler du pigeon « le vaillant » matricule 787-15 qui fut lâché du fort de Vaux le 4 juin 1916 à 11h30 pour apporter à Verdun le denier message du Commandant Raynal.

Celui-ci écrivait : « Nous tenons toujours mais subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses .Il y a urgence à nous dégager ; c’est mon dernier pigeon. Signé Raynal ». Ce pigeon a obtenu une citation à l’ordre de la nation. Fortement intoxiqué il est arrivé mourant au colombier.

Puis retour à l’office de tourisme pour déposer nos guides et direction Benoite Vaux. Nous reprenons la Voie sacrée pour arriver vers 17h30. L’attribution des chambres ayant été préparée à l’avance avec la direction de ce lieu d’hébergement tout va très vite et dans le quart d’heure chacun peut se relaxer. Les chambres « monastère » pour les anciens combattants. Les chambres « pèlerins » pour les filles de sainte Clothilde et les deniers inscrits anciens combattants. Les chambres « sainte Thérèse »pour les enfants de Léopold Sédar Senghor et les garçons de sainte Clothilde. Ces chambres sont plus spartiates et rappellent avec leur châlit des souvenirs de services militaires aux anciens.

Après une douche(ou pas) nous nous retrouvons à 19 heures au réfectoire de Benoite Vaux. Style cafétéria chacun prend place à table. La nourriture bonne est la bienvenue et chacun peut se raconter les aventures de la journée. A 20h Guillaume qui a préparé sur l’arrière du réfectoire une petite salle conférence nous présente la bataille de Verdun. Il est passionné et nous fait partager sa passion par de nombreuses anecdotes. Les questions fusent sans fin. Vers 21h30 à la fin de la conférence le père responsable de Benoite Vaux nous apprend que ce lieu était un hôpital de campagne ou sont passés de nombreux blessés français et allemands. Il nous parle aussi d’une fontaine miraculeuse sur le site et demain matin j’en verrai certains prendre avec leur bouteille un peu d’eau.

A 22 heures couvre-feu ; tout le monde au lit !

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Publié le 21 Mars 2016

Du neuf et du web à Asnières !

Le Comité d’Asnières-sur-Seine évolue et devient le Comité d’Asnières et Clichy. Voici le bureau :

  • Président : Mr. le colonel Xavier MELARD.
  • Vice-Président : Mr. Norbert DUVERNOY.
  • Secrétaire : Mr. Thierry LE GAC.
  • Trésorier : Mr. Marc de CONDE.

Par ailleurs, le site Internet évolue également : www.souvenir-francais-asnieres.fr

Nous vous invitons à vous y rendre afin d’y voir toutes les nouveautés : nouveau design, nouveaux articles, …

Bon surf !

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Publié le 20 Mars 2016

Parrainage du Souvenir Français par l’Académie des Sciences Morales et Politiques.

Le 19 février 2016, Monsieur le contrôleur général des armées, Serge Barcellini, Président-Général du Souvenir Français, a indiqué que Monsieur Xavier Darcos, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, venait de donner le parrainage de son Académie au Souvenir Français pour les années 2016 et 2017.

Ce parrainage fait suite à celui de la Patrouille de France, pour 2014 et 2015.

1 – Présentation.

L'Académie des Sciences morales et politiques tient à la dénomination que lui ont léguée ses grands fondateurs, même si elle a perdu aujourd'hui, pour la plupart des gens, la clarté qui était la sienne au 18e siècle. Les sciences morales et politiques recouvrent le champ de ce qu'on appelle aujourd'hui les sciences humaines. L'Académie est, à ce titre, la plus ancienne institution consacrée entièrement à ces sciences de l'homme. De même que les sciences physiques avaient commencé à expliquer la nature par des lois rationnelles, il s'agissait d'étudier l'homme d'un point de vue rationnel. Comme l'exprimait Montesquieu dans la préface de l'Esprit des lois : « J'ai d'abord examiné les hommes et j'ai cru que, dans cette infinie diversité de lois et de mœurs, ils n'étaient pas uniquement conduits par leurs fantaisies. J'ai posé les principes, et j'ai vu les cas particuliers s'y plier comme d'eux-mêmes; les histoires de toutes les nations n'en être que les suites; et chaque loi particulière liée avec une autre loi, ou dépendre d'une autre plus générale. Je n'ai point tiré mes principes de mes préjugés mais de la nature des choses. »

En cela, le projet intellectuel des "sciences morales et politiques" est l'héritier direct de celui des Lumières, reformulé par les Idéologues du début du XIXe siècle. Par la connaissance des "múurs" humaines, de leur contingence et de leur nécessité, il devenait possible de trouver les formes d'organisation politique les plus favorables au bien public et à l'épanouissement de l'individu. L'Académie a, tout au long du 19e et du 20e siècles, favorisé et accompagné le développement des sciences humaines, en intégrant peu à peu en son sein les disciplines nouvelles qui apparaissaient: géographie, sociologie, psychologie.

2 – Histoire.

Les Académies royales furent créées dans la seconde moitié du XVIIe siècle : Académie française (1635), Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1663), Académie des Sciences (1666) ainsi que les différentes Académies qui sont à l'origine de l'Académie des Beaux-arts.

Les " sciences morales et politiques " qui ne sont apparues qu'au cours du siècle suivant, dans la mouvance des Lumières, ne furent pas regroupées dans une institution spécifique reconnue par l'état royal. Seuls d'éphémères " clubs " se réunirent autour de ces études scientifiques de l'homme. Parmi eux, on peut citer le Club de l'Entresol que fréquenta Montesquieu. Ces thèmes d'études étaient cependant abordés dans le cadre des Académies de province, qui se développent à cette époque. Ainsi, l'Académie de Dijon mit à son concours, en 1750, la question suivante : " Le progrès des sciences et des lettres n'a-t-il pas contribué à corrompre ou à épurer les moeurs ? ". Jean-Jacques Rousseau en fut le lauréat.

2.1 – 1795 : Création de l’Institut de France et de la Classe des Sciences morales et politiques.

Les Académies royales, dont l'abbé Grégoire déclara qu'elles étaient " gangrenées d'une incurable aristocratie ", furent supprimées par le décret de la Convention du 8 août 1793. Différents projets de substitution furent élaborés, par Talleyrand (1791) puis Condorcet (1792), pour aboutir à l'adoption du projet Daunou (décret de la Convention du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795) qui institua l'Institut de France, divisé en trois Classes (Sciences physiques et mathématiques, Sciences morales et politiques, Littérature et Beaux-arts). Le projet était de créer un corps unique et pluridisciplinaire, voué au progrès des sciences et de la Raison. La deuxième Classe est divisée en six sections : analyse des sensations et des idées, morale, science sociale et législation, économie politique, histoire et, enfin, géographie. Elle étudiait donc l'homme moral et sa vie en société.

2.2 – 1803 : réorganisation de l’Institut de France et suppression de la Classe des Sciences morales et politiques.

Le Premier Consul, Napoléon Bonaparte, membre de l'Institut depuis 1797, entreprit de réformer l'Institut national par l'arrêté du 3 pluviôse an XI (23 janvier 1803). Il redonnait une autonomie aux Classes au sein de l'Institut national. Le nombre des Classes passait à quatre : Sciences physiques et mathématiques, Langue et littérature françaises, Histoire et littérature anciennes, Beaux-arts. De fait, il recréait les quatre Académies royales supprimées par la Révolution. Dans cette nouvelle organisation, les " Sciences morales et politiques " ne trouvaient plus de place. Dominique Joseph Garat interpréta cette suppression de la manière suivante : " Le but des changements de l'Institut était d'en exclure les Sciences morales et politiques pour exclure plus rapidement la République de la France ". La seconde Classe aurait donc cessé d'exister avec la Liberté. Il est vrai que la seconde Classe était composée pour l'essentiel de ces Idéologues dont Bonaparte disait, après les avoir exclus du Tribunat, qu'ils étaient " des rêveurs, des phraseurs, des métaphysiciens, bons à jeter à l'eau ".

Cependant, pour flatteuse qu'elle soit pour l'Académie, cette interprétation est excessive. En effet, aucun membre de la seconde Classe ne fut exclu de l'Institut national ; ils furent répartis entre les quatre nouvelles Classes. Cette réforme tendait à reconstituer les anciennes Académies. Cette restauration fut accomplie par Louis XVIII qui les rétablit, par l'ordonnance du 31 mars 1816, dans leurs noms et leurs prérogatives anciens, tout en les maintenant au sein de l'Institut de France.

2.3 – 1832 : restauration de l’Académie des Sciences morales et politiques.

"Les Sciences morales et politiques influent directement parmi nous sur le sort de la société, elles modifient rapidement et les lois et les moeurs. On peut dire que, depuis un demi-siècle, elles ont joué un rôle dans notre histoire. C'est qu'elles ont acquis pour la première fois ce qui leur avait toujours manqué, un caractère vraiment scientifique ". C'est ainsi que François Guizot, ministre de l'Instruction publique du roi des Français Louis-Philippe Ier et grand historien, argumentait auprès du roi la nécessité de rétablir la seconde Classe.

L'Académie des Sciences morales et politiques fut restaurée par l'ordonnance du 26 octobre 1832.

Elle était divisée en cinq sections : Philosophie, Morale, Législation, Droit public et jurisprudence, économie politique et statistique, Histoire générale et philosophique. Douze académiciens subsistaient de la seconde Classe. Ils élirent leurs nouveaux confrères. De 1832 à 1870, l'Académie a joué un rôle politique important. On lui doit de nombreux rapports dont celui de Villermé sur " le travail des enfants dans les manufactures " (1842) qui aboutit au vote d'une loi destinée à le réglementer. Sous le Second Empire, l'Académie regroupa des voix importantes de l'opposition libérale. Pour tenter de la contrôler, le régime créa, en 1856, une nouvelle section appelée " Politique, administration, finances ". Ses membres ne furent pas élus mais nommés par l'état. La section fut finalement supprimée dix ans plus tard, après l'avènement de l'Empire libéral. Ses membres furent répartis entre les autres sections. Depuis cette date, l'Académie a poursuivi régulièrement ses travaux.

3 – Membres.

Philosophie : Chantal Delsol, Alain Besançon, Bernard Bourgeois, Lucien Israël, Jean Mesnard, rémi Brague, Bertrand Saint-Sernin.

Morale et Sociologie : Mireille Delmas-Marty, Jean Boechler, Jean Cluzel, Pierre Brunel, Marianne Bastid-Bruguière, Jean-François Mattei, Xavier Darcos, Haïm Korsia.

Législation, droit public et jurisprudence : Yves Gaudemet, Bruno Cotte, Jacques Boré, Prosper Weil, André Damien, Gilbert Guillaume, François Terré, Pierre Delvolvé.

Economie politique, statistique et finances : Denis Kessler, Michel Pébereau, Bertrand Collomb, Jean-Claude Casanova, Marcel Boiteux, Yvon Gattaz, Jean Tirole.

Histoire et géographie : Georges-Henri Soutou, Jean-Robert Pitte, François d’Orcival, Emmanuel Le Roy Ladurie, Philippe Levillain, Claude Dulong-Sainteny, Alain Duhamel, Jean Tulard.

Section générale : Renaud Denoix de Saint-Marc, André Vacheron, Jean-David Levitte, Christian Pocnelet, Pierre Mazeaud, Gabriel de Broglie, Jean-Claude Trichet, Thierry de Montbrial, Jacques de Larosière, cardinal Roger Etchegaray.

Sources : encyclopédies Larousse, Wikipédia ; site Internet de l’Institut de France ; site Internet de l’Académie française ; site Internet de l’Académie des sciences morale et politiques.

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Publié le 12 Mars 2016

Les campagnes d'un marsouin.

Au 3e zouaves.

Fils de menuisier, Jean Baptiste Curet, nait à la Seyne (Var) le 10 août 1863. Ajusteur de profession, il préfère s’engager pour cinq ans, à la mairie de Toulon, en octobre 1881.

Agé de 18 ans, il est incorporé au 3e régiment de zouaves de Constantine en Algérie. Cette unité d’élite, dotée d’un uniforme à l’oriental, est alors uniquement composée de Français de métropole. A l’époque, ces soldats jouissent d’une immense réputation en France et dans le monde. Ils se sont illustrés sur de nombreuses batailles comme celle de l’Alma en Crimée en 1854. Possédant une bonne instruction, Curet est promu caporal en 1882 puis sergent en 1884. La même année, il est affecté au 3e bataillon d’infanterie légère d’Afrique en garnison à Philippeville en Algérie. Les « Bat’d’Af » sont des unités particulières, composées de militaires condamnés dans le civil. La discipline y est plus rigoureuse qu’ailleurs. Ces soldats, surnommés « Joyeux » ou « Zéphir », sont redoutés dans l’armée et craints par leurs adversaires.

« Bat’d’Af ».

En septembre 1884, alors que la Chine s’oppose à l’expansion française en Extrême-Orient – guerre franco-chinoise de 1884-1885 – le bataillon de Curet participe à l’expédition de Formose (île de Taiwan aujourd’hui). Curet appartient à un renfort qui s’illustre en particulier à Keelung dans le nord-est de l’île (NDLR : un cimetière militaire français a été constitué sur place – il est toujours entretenu). Ce port est le théâtre de violents combats entre l’armée française et les troupes chinoises. Lors d’un assaut contre les retranchements chinois, Curet est atteint par un coup de feu au poignet droit le 7 mars 1885. Il semble rester à Keelung jusqu’au départ des Français en juillet 1885 après la signature d’un traité de paix en juin.

La Chine reconnait la souveraineté française sur l’Annam et le Tonkin. La France contrôle alors l’est de la péninsule indochinoise. Ces actions valent au bataillon plusieurs citations. Depuis, en souvenir de ces combats, les inscriptions « EXTREME-ORIENT 1884-1885 » figurent sur le drapeau des chasseurs, du 1er régiment de tirailleurs ou encore du 1er régiment étranger et du 2e régiment étranger d’infanterie.

Détaché brièvement au corps expéditionnaire du Tonkin, Curet quitte l’Extrême-Orient en août 1885 pour l’Afrique du Nord. En 1886, il s’engage de nouveau et passe au 4e régiment d’infanterie de marine. Puis, d’avril 1888 à juin 1890, il participe à plusieurs expéditions au Sénégal. Ses brillants états de services sont récompensés par l’attribution de la Médaille militaire en 1890. Rengagé l’année suivante, il retourne au Tonkin en guerre et sert au 3e régiment de tirailleurs tonkinois de 1892 à 1894. Il regagne la Métropole après deux mois de voyage à bord de La Nive. Il est promu adjudant au 8e régiment d’infanterie de marine en 1895 avant d’être admis à faire valoir ses droits à la retraite en 1897, après 16 ans de service.

Réserve.

Jean Baptiste Curet poursuit une carrière dans la réserve en qualité de lieutenant dans la réserve de l’infanterie de marine. En 1907, il est fait chevalier de la Légion d’honneur, une reconnaissance couronnant la carrière de ce vieux soldat de la coloniale. A 52 ans, il est mobilisé malgré son âge le 1er août 1914.

Il part en campagne avec le 8e régiment d’infanterie coloniale et participe aux sanglants combats dans le sud de la Belgique. Dans le même temps, son fils, sergent au 112e régiment d’infanterie, est tué à Moncourt en Lorraine le 14 août 1914. Epuisé et gravement malade, Curet est évacué à la fin août. Au terme d’une longue convalescence, il commande une compagnie au camp d’instruction de Chibron à Signes dans le Var.

En octobre 1916, il est placé à la tête du dépôt serbe à Toulon et occupe ces fonctions pendant 18 mois. Ayant la limite d’âge, il est chargé de commander des travailleurs coloniaux – Kabyles et Marocains – et des prisonniers bulgares jusqu’à la fin de la guerre. Finalement, Curet est rayé des cadres le 19 octobre 1920, après avoir consacré sa vie au service de la France.

Texte du commandant Michaël Bourlet.

Crédit Photo : photographie prise sur le site Web : www.lewebpedagogique.com

Terre Info Magazine n°265 de Juin 2015.

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Rédigé par Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Publié dans #La Coloniale

Publié le 6 Mars 2016

Assemblée générale 2016 du comité garennois du Souvenir Français.

Cette assemblée s’est tenue au 23bis rue du Château, le 13 février, à partir de 15h15. Après la diffusion de la Marseillaise, le président Robert Duval a accueilli Yves Perrée, Premier-adjoint au maire, délégué aux Associations patriotiques, le lieutenant-colonel Claude Guy, nouveau Délégué général du Souvenir Français des Hauts-de-Seine, ainsi qu’André Labour, ancien Délégué général, et son épouse, les participants et en particulier Bernard Chaillet, président de la 44e section de l’UNC, Jean-Pierre Butet, syndic du Conseil municipal, Benito Belogi, André Gavé, Pierre Lucas et Bernard Jacob, nouveau président du Comité de Courbevoie.

Il demande d’excuser l’absence de Philippe Juvin, Andrée Molérès, André Deudon, Bernard Pailhé, Alain Pouilly, Guy Petit et Alain Wagner. Ensuite, il demande à Yves Perrée de présider la séance. Il invite à respecter un moment de recueillement en souvenir des membres des associations décédés en 2015 et en particulier Michel Détroit.

Yves Perrée souhaite la bienvenue à tous, en particulier à Christine Vaussoué, Any Loreaux qui vient de fêter ses 102 ans, Pierre Bessière, Charles Marty…

L’assistance écoute alors les différents rapports :

  • Compte rendu de l’assemblée générale du 11 avril 2015, par Gisèle Moulard.
  • Rapport moral par Robert Duval. Le président rappelle la participation à de nombreuses cérémonies qui sont décrites dans la « Gazette des Associations patriotiques », remercie les porte-drapeaux, les quêteurs et exprime sa reconnaissance envers la mairie pour ses aides diverses et importantes.
  • Compte rendu financier par Gisèle Moulard.
  • Rapport du commissaire aux comptes, par Claude Durand.

Tous ces exposés sont adoptés à l’unanimité.

Lors de son intervention, le lieutenant-colonel Claude Guy, nouveau Délégué général des Hauts-de-Seine, après avoir salué la présence de son prédécesseur et de son épouse, se réjouit d’être parmi nous, il s’efforce de visiter tous les comités et souhaite que le Souvenir Français soit mieux connu de nos concitoyens. Dans cet esprit, il a œuvré afin que les voyages avec les scolaires soient mieux contractualisés et que les jeunes participent aux cérémonies et aux quêtes. Il annonce qu’une exposition aura lieu sur la contre-allée des Champs Elysées, sur le thème « Un siècle pour Paris », à laquelle le Souvenir Français est associé. Puis, il indique que 2016 sera l’occasion de mettre à l’honneur le porte-drapeau lors du congrès annuel des 19, 20 et 21 mai à Paris avec en particulier le ravivage de la Flamme à l’Arc de Triomphe le 21 mai. Il envisage des actions de communication vers la presse locale et la presse nationale (rappel de l’existence de la lettre d’information diffusée sur Internet), vers les parlementaires (députés et sénateurs) ainsi que vers les entreprises. Enfin, en se basant sur l’action menée au Plessis-Belleville, il souhaite que l’on recherche quelques éléments historiques sur les Français dont les tombes sont connues du Souvenir Français et il conclut en rappelant que désormais le Souvenir Français est détenteur de la Mémoire de l’Association Rhin-et-Danube qui a été contrainte de cesser ses activités.

Yves Perrée reprend la parole, remercie et félicite le lieutenant-colonel Claude Guy pour les projets dont il vient de nous parler et fait savoir qu’à La Garenne une action vient d’être engagée pour rechercher l’histoire des Garennois Morts pour la France. Il indique, enfin, malheureusement, qu’aucun porte-drapeau garennois ne pourra être présent le 21 mai à la cérémonie prévue par le Souvenir Français puisque c’est le jour de la sortie organisée à Houlgate par la 44e section de l’UNC.

Robert Duval le remercie et reprend la parole. Sur sa proposition, le président général du Souvenir Français, le contrôleur général des Armées Serge Barcellini, a décidé l’attribution de médailles d’honneur à deux membres du comité garennois en remerciements des services rendus : Marie-Claude Rabia (médaille de bronze) et Jean Rabia (médaille de vermeil).

Yves Perrée remercie à nouveau Robert Duval et tous les participants, puis lève l’assemblée vers 16h15. Ensuite, tous les participants ont partagé les verres de l’amitié dans une ambiance chaleureuse.

Robert Duval

Président du Comité du Souvenir Français de La Garenne-Colombes.

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Publié le 28 Février 2016

Gabriel Péri.

Jeunesse.

Gabriel Péri nait le 9 février 1902 à Toulon dans le Var. D’origine corse, son père est comptable à la chambre de commerce de Marseille. Elève brillant, Gabriel entre au lycée Thiers et y obtient de nombreux prix, mais rate son baccalauréat du fait d’une tuberculeuse qui l’éloigne de la scolarité pendant plusieurs mois. D’ailleurs, sa mère est morte de cette maladie alors qu’il n’a que 5 ans.

Très tôt, Gabriel Péri est politiquement engagé. En 1917, âgé seulement de 15 ans, il adhère aux Jeunesses socialistes puis, en 1920, devient le secrétaire régional des Jeunesses communistes. Il est rapidement remarqué par la direction du parti qui lui confie le poste de responsable de la Fédération nationale des Jeunesses communistes (FNJC). En 1922, fort de ce nouveau titre, il effectue son premier voyage à Moscou.

Après avoir reçu pour mission de gérer le journal de la FNJC, Avant-garde, il devient chef de la rubrique internationale au journal L’humanité. Fonction qu’il exerce jusqu’en 1939, ne manquant jamais un instant pour dénoncer les régimes fascistes en Italie et nazi en Allemagne. En 1927, il épouse Mathilde Taurinva, qui deviendra député après la guerre.

Du Comité central du PCF à la députation.

Associé dès 1922 à la direction du Parti communiste français (PCF), Gabriel Péri est élu en 1924 au Comité directeur puis au Comité central en 1929. Il est clair qu’il fait partie du cercle restreint de celles et ceux qui dirigent le parti : Marcel Cachin, Louis Sellier, Henri Raynaud, Pierre Semard, Maurice Thorez, Paul Vaillant-Couturier.

En 1928, il se présente aux élections législatives et affronte dans la 2e circonscription du Var (Toulon) le socialiste Pierre Renaudel, qui emporte largement la victoire ; de même, deux années plus tard, il est devancé à Marseille lors d’une législative partielle. En 1932, il est candidat du PCF aux législatives dans l’arrondissement de Versailles. En dépit d’un premier tour où il est en ballotage défavorable, il réussit à s’imposer au second et devient député Seine-et-Oise. Il est l’un des douze élus communistes de la nouvelle législature.

En 1936, Gabriel Péri est facilement réélu. Victor Dupouy, maire d’Argenteuil, est son suppléant. Les deux hommes ont bénéficié largement de la victoire de la gauche aux municipales de 1935 au cours desquelles le PCF a entouré Paris, à l’est comme à l’ouest d’une « ceinture rouge ».

Alors qu’il avait été membre de la Commission de l’Enseignement à la Chambre des Députés en 1932, il est élu vice-président de la Commission des Affaires étrangères en 1936. Il y déploie une grande activité et, du fait de ses talents d’orateur, il devient l’un des députés les plus écoutés. Après les accords de Munich en 1938, il déclare : « Vous avez accompli quelque chose de plus grave, vous avez tué cet élément de la force des démocraties, la confiance des peuples. Vous venez de démontrer au monde qu’il était imprudent et dangereux de l’être l’ami de la France… ».

La Seconde Guerre mondiale.

Gabriel Péri fait partie des parlementaires communistes surpris et retournés par la signature du pacte germano-soviétique de 1939. Pour autant, tout à son antifascisme il se refuse à quitter le PCF et continue à militer.

Alors qu’il est en attente de sa mobilisation, comme d’autres représentants du parti il est recherché par la police. En effet, depuis septembre 1939 et l’approbation du pacte fameux par la direction du PCF, sur ordre du président du Conseil, Edouard Daladier, le parti est interdit. Sa direction se réfugie en Belgique et Maurice Thorez fait le voyage de Moscou. Quant à Gabriel Péri, il entre en clandestinité. Il est alors jugé par contumace et condamné à cinq ans de prison.

Replié dans un appartement du 19e arrondissement de Paris, il poursuit la publication d’articles dans L’humanité, maintenant clandestine. Mais cette vie de planque et d’actions ne dure pas : le 18 mai 1941, il est arrêté. Son adresse a peut-être été donnée par des camarades communistes qui ne sont pas sur la même ligne politique que celle suivie par Péri, ou qui ont échangé des informations contre leurs propres libérations. Ainsi, le rapport des Renseignements généraux indique : « Gabriel Péri est arrêté à la porte Champerret, probablement dénoncé par un camarade. Bien qu’ayant pris ses distances avec le PC depuis le pacte germano-soviétique ». Stéphane Courtois, historien du communisme, ajoute : « Il est vrai que l’arrestation conjointe de Péri et de Jean Catelas, privait la tendance nationaliste de son porte-parole en la personne de Péri et faisait disparaître un témoin très au courant des tractations de juin 1940 entre le Parti et les Allemands en la personne de Catelas. Elle privait le Parti de deux cadres de très grande valeur. Mais ce n’aurait pas été la première fois qu’un Parti communiste aurait sacrifié pour les besoins de la dite « cause » des responsables trop brillants, trop indépendants ou trop compromis ».

Le Gouvernement de Vichy lui fait savoir qu’il est prêt à discuter avec lui. Mais au même moment, le leader historique du Parti est lui aussi arrêté par la gestapo. Il s’agit de Marcel Cachin. Il signe alors une longue déclaration où il rappelle son combat pour l’amitié franco-allemande et condamne les attentats communistes contre les occupants. Transféré à la prison du Cherche-Midi à Paris, Gabriel Péri est considéré par les Allemands comme otage, et donc de ce fait susceptible d’être fusillé en réponse à un attentat individuel qui mène le Parti communiste.

Et comme le 21 août 1941, dans le métro parisien, le militant communiste Pierre Georges (futur Colonel Fabien) assassine un militaire allemand, alors la Gestapo fait fusiller 27 détenus de la prison de Châteaubriant le 22 octobre 1941 (dont Guy Moquet) et 75 de la prison du Cherche-Midi le 15 décembre 1941. L’exécution se déroule au Mont-Valérien otages sur la commune du Suresnes. Ce jour-là, parmi les fusillés se trouve également Lucien Sampaix, directeur de L’Humanité.

Gabriel Péri : « Que mes amis sachent que je suis resté fidèle à l’idéal de ma vie ; que mes compatriotes sachent que je vais mourir pour que vive la France. Je fais une dernière fois mon examen de conscience. J’irais dans la même voie si j’avais à recommencer ma vie. Je crois toujours en cette nuit que mon cher Paul Vaillant-Couturier avait raison de dire que le communisme est la jeunesse du monde et qu’il prépare des « lendemains qui chantent ». Je vais préparer tout à l’heure des lendemains qui chantent ».

Sources :

  • Stéphane Courtois, Le PCF dans la guerre, Ramsay, 1980.
  • Annie Kriegel, Les communistes français, Le Seuil, 1968.
  • Alexandre Courban, Gabriel Péri ; un homme politique, un député, un journaliste, Paris, La Dispute, 2011.
  • Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, Paris.
  • Pauline Talens-Péri, Moi, Pauline, fille de Gabriel Péri, la bâtarde du PC, Editions de l’Ixcéa, 2005.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larrouse.

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