Publié le 5 Novembre 2016

Assemblée générale départementale à Chaville.

Le samedi 22 octobre 2016, à l’invitation du Comité de Chaville, s’est déroulée l’assemblée générale départementale du Souvenir Français.

 

Assemblée générale, en présence de Monsieur Jean-Jacques Guillet, député-maire de Chaville, Madame Armelle Tilly, adjointe et conseillère départementale, Monsieur François-Marie Pailler, adjoint, Monsieur Bernard Chopin, vice-président national du Souvenir Français, Monsieur le colonel Claude Guy, Délégué général et Monsieur le représentant de l’ONAC des Hauts-de-Seine.

 

Assemblée générale placée sous le signe de l’émotion avec de nombreuses remises de décorations à des membres de notre association, et les adieux du colonel Joël Kaigre au Comité de Chaville. Pour des raisons familiales, et parce que c’est ainsi, notre ami « Jo » souhaite se rapprocher de sa famille installée du côté d’Arcachon. Il sera remplacé par François-Marie Pailler à la tête du Comité de Chaville.

 

Autre émotion, celle de l’assemblée toute entière quand le colonel Guy a remis les insignes de chevalier dans l’Ordre national du Mérite à André Labour, aujourd’hui Délégué général honoraire.

 

Ci-dessous, retrouvez toutes les clichés pris par Jean-Claude Thomas, président du Comité de Saint-Cloud, et photographe de cette assemblée.

 

Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
Assemblée générale départementale à Chaville.
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Publié le 2 Novembre 2016

Gérard Braillon nous a quitté.

Pilier du Souvenir Français de Clamart, Gérard Braillon nous a quitté samedi dernier, 29 octobre.

 

François-Xavier Philipp, président du Comité de Clamart, a immédiatement prévenu tous les amis du Souvenir Français et des autres associations, avec ces mots : « Notre ami Gérard nous a quitté ce matin. Nous sommes de tout cœur avec sa famille. Gérard était un grand du Souvenir Français de Clamart. Il va laisser un grand vide dans notre comité et dans nos cœurs. Ayons un immense Souvenir pour lui ».

 

Son épouse, Jacqueline, avait écrit il y a quelques années un texte sur ce site Internet, racontant les aventures pendant la guerre d’Algérie de celui qui allait devenir son époux. Gérard était alors infirmier et il devint instituteur. Un instituteur un peu particulier qui enseignait les lettres, la grammaire mais donnait aussi des cours de menuiserie pour les plus grands. Il avait même formé une chorale de pipeaux !

 

Jacqueline terminait ainsi : « Gérard a quitté l'Algérie le 20 décembre 1960. Le 5 janvier 1961, la ville de Paris le convoquait devant une nouvelle classe avec peu d'élèves : 32 seulement ! Il retrouvait sa fiancée et allait fonder une famille. Dans sa tête résonnait encore l'accent chantant des enfants qu'il avait quittés, mais qu'il n'oublierait jamais. »

 

Les obsèques de Gérard Braillon auront le vendredi 4 novembre 2016 avec une messe à la paroisse Saint-Joseph au 145 avenue Jean Jaurès à Clamart. Pour celles et ceux qui désirent apporter des fleurs, il est souhaité la couleur blanche.

 

Toute la Délégation du Souvenir Français des Hauts-de-Seine présente ses condoléances à la famille de Gérard avec une pensée particulière pour Jacqueline.

 

Frédéric Rignault

Président d’Issy-Vanves – Délégué général adjoint.

Gérard Braillon nous a quitté.

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Publié le 29 Octobre 2016

Notre quête 2016 dans le journal Le Parisien.

Extrait du site du Parisien, en date du 28 octobre 2016.

 

 

Ce week-end, ils seront partout dans les rues. Le Souvenir français lance sa quête nationale et le département n’y échappe pas.

 

Les bénévoles de cette association vont aller au-devant de la population jusqu’au 2 novembre, afin de récolter des fonds pour restaurer les tombes des anciens combattants. La mission du Souvenir français est d’entretenir la mémoire et les sépultures.

 

« Elles se trouvent dans des carrés militaires ou sont éparpillées dans les cimetières. Les années passent et, souvent faute de familles, elles se dégradent peu à peu », précise Claude Guy, délégué départemental. En 2014, le Souvenir français a fait rassembler les dépouilles de 96 poilus dont les tombes avaient été laissées à l’abandon dans un seul et unique monument, à Montrouge. Cette année, ce sont des tombes éparses à Chaville qui ont été réhabilitées. Dans les Hauts-de-Seine, le Souvenir français compte 29 comités locaux.

 

 

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Publié le 28 Octobre 2016

Centenaire de la reprise du Fort de Douaumont.

A l'invitation du ministre de la Défense et de son secrétaire d’État, une délégation du Souvenir français des Hauts de Seine était présente à la cérémonie organisée à Douaumont pour le centenaire de l'offensive lancée pour la reprise de ce fort, à 11h40, le 22 octobre 1916.

Sous une pluie fine et pénétrante étaient alignés, outre les représentants allemands, de nombreux détachements de l'armée française et des pays d'outre-mer qui ont à l'époque contribué à faire basculer le destin de la Grande Guerre.

 

Claude Guy

Délégué général du Souvenir français pour les Hauts-de-Seine

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Publié le 24 Octobre 2016

Cérémonie du dimanche 13 novembre à Chatenay-Malabry.

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français de Châtenay-Malabry organise une cérémonie œcuménique à la mémoire des soldats morts pour la France.

 

En présence du Serge Barcellini, contrôleur général des armées et président général du Souvenir Français, de Claude Guy, Délégué général pour les Hauts-de-Seine, de Françoise-Marie Belin, présidente du Comité de Chatenay-Malabry et bien entendu de Monsieur Georges Siffredi, maire de la commune, vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine, cette cérémonie se déroulera le dimanche 13 novembre 2016, en l’église Saint-Germain l’Auxerrois de Chatenay, à 16 heures (2 rue du Lavoir).

 

La cérémonie religieuse sera célébrée par :

  • Le Père Lucas Guirgis, de l’église copte orthodoxe Sainte-Marie Saint-Marc.
  • Le Père Joseph N’Guyen, vicaire et Jean-Marie Parant, diacre de la paroisse Saint-Germain l’Auxerrois et Sainte-Thérèse d’Avila.
  • Le Père Philippe Kabongo Mbaya de l’Eglise réformée de Robinson.
  • Le Père Michel Evdokimov de l’église orthodoxe Saint-Pierre – Saint-Paul.

 

Renseignements au Souvenir Français de Chatenay-Malabry au 01 46 60 67 89.

Venez nombreux !

Françoise-Marie Belin

Présidente du Comité de Chatenay-Malabry

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Publié le 18 Octobre 2016

François Perrot n'est plus.

Alain Goussard, président du Comité de Vaucresson du Souvenir Français, nous a prévenus de la disparition de François Perrot, en fin de semaine dernière. Ce jour, mardi 19 octobre 2016, en l’église Saint-Louis des Invalides, en présence de Monsieur Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, se déroulaient les obsèques de ce grand résistant.

 

Nos pensées vont à sa famille, ses amis et ses proches, ainsi François Goure, ami de Monsieur Perrot et ancien président du Comité de Vaucresson.

 

L’engagement au service de la France.

 

François Perrot nait à Strasbourg en 1921. Passionné par l’Histoire de France, élevé dans le culte du sacrifice de ses « grands anciens », il se destine à l’Ecole militaire de Saint-Cyr. Après la défaite de l’armée française en mai – juin 1940, il se trouve avec sa famille à Orléans puis dans le Lot, où, au milieu de soldats français en déroute, il écoute le discours du maréchal Pétain puis l’appel du général de Gaulle le 18 juin.

 

Dès octobre 1940, il fonde à Gap un groupe de lycéens résistants à l’occupant. L’année suivante, il tente, en vain, de rejoindre la France Libre. En 1942, il prend la tête de la section d’un mouvement de la Résistance Intérieure Française au sein de l’Ecole Libre des Sciences Politiques.

 

En 1943, arrêté par la Gestapo, il est interné à Fresnes puis est envoyé au camp de Compiègne pour monter dans l’un des convois avec pour destination les « camps de la mort ». D’abord interné à Buchenwald (matricule 21189), il est transféré au camp de Flossenbürg en avril 1945.

 

Libéré en mai 1945, François Perrot va entamer une triple carrière : au Commissariat à l’Energie Atomique, où il est Chef de Service ; en parallèle, il travaille dans les associations du monde combattant et du Devoir de Mémoire : président de l’UNADIF 92 (Union Nationale des Associations de Déportés et Familles de Disparus), vice-président de la Fondation Nationale pour la Mémoire de la Déportation, président d’honneur du comité du Souvenir Français de Vaucresson. Enfin, au service de ses concitoyens, il est pendant de nombreuses années maire-adjoint de Vaucresson. Croix de Guerre et Médaille militaire, Officier dans l’Ordre national du Mérite, François Perrot est Grand-Officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur.

 

En 1995, il participe à l’ouvrage « Leçons de Ténèbres » (sous la direction de Jean Manson, éditions Plon). Le texte ci-dessous intitulé « Marches de la Mort » est extrait de ce livre.

 

 

« Les Marches de la mort ».

 

« Le froid printemps de 1945 fut pour beaucoup la période la plus dure de la déportation, une sorte d’apothéose funèbre, de couronnement d’épines, de Golgotha ! Même si, jusque-là, la mort nous guettait à chaque instant, nous nous étions plus ou moins installés dans la vie concentrationnaire, en accomplissant notre tâche quotidienne, en tentant de nous fondre dans la masse et de ne pas nous signaler à l’attention des SS, des kapos, des Vorarbeiter... ».

 

 

« De Buchenwald à Flossenbürg ».

 

« Cela avait commencé par Auschwitz dès le mois de janvier. Puis les évacuations se généralisèrent en avril.

 

En ce qui me concerne, affecté le 9 octobre 1943 au Kommando de Berlstedt, qui dépendait du camp de Buchenwald, où j’étais arrivé le 18 septembre 1943, je fus replié avec tous mes camarades sur le camp principal le 4 avril 1945. Nous partîmes le 6 avril en direction de l’est, fuyant devant l’avance américaine. Nous étions entassés dans des wagons de marchandises découverts, du type « minéralier ». Sans manger et sans boire, serrés les uns contre les autres, sans pouvoir nous asseoir et, encore moins, nous coucher, nous roulions jour et nuit. Je me souviens de la joie vengeresse qui nous étreignit en traversant Chemnitz complètement détruite. Nous nous disions : « Nous allons mourir, mais nous ne serrons pas les seuls ! » De temps à autre, le convoi s’arrêtait en raison des bombardements et les SS s’abritaient sous les wagons.

 

Puis, nous repartions. Un jour, le convoi bifurqua pour prendre la direction du sud afin de ne pas se retrouver face à l’Armée rouge. Ce furent alors les beaux paysages de la Bohême : Komotov (Komotau en allemand), Karlovy Vary (Karlsbad), Marianské-Lazné (Marienbad) qui n’avait pas encore été illustré par Alain Resnais. Puis, dans la petite gare de Tachov (Tachau), le train s’arrêta : les SS nous dirent que nous allions continuer à pied et demandèrent que ceux qui se sentaient incapables de marcher sortent des rangs. Bien qu’ayant, comme beaucoup d’autres, les chevilles très gonflées par la station debout prolongée depuis plusieurs jours, mes amis Marcel Pernin, Auguste Vercey et moi jugeâmes prudent de rester avec le gros de la troupe qui se dirigea aussitôt ver l’ouest pour franchir les monts de Bohême (plus précisément l’Oberpfälzer Wald). Nous ne devions plus jamais revoir nos camarades qui avaient déclaré ne pouvoir marcher. Ils furent abattus et leurs restes enterrés avec d’autres victimes de la Marche de la mort. Leur fosse commune est surmontée d’une sorte de tertre et d’un modeste monument.

 

Il fallut marcher et franchir la montagne qui sépare la Bohême de la Bavière et qui culmine à environ mille mètres. Une trentaine de kilomètres fut parcourue.

 

Ce fut notre première « marche de la mort ». Parmi ces milliers d’hommes, de tous âges, de toutes nationalités, affaiblis par des mois ou des années de mauvais traitements, de sous-alimentation, de coups, d’humiliations, beaucoup ne purent supporter ces nouvelles épreuves ; ils s’arrêtaient ou tombaient sur la route et étaient immédiatement achevés d’une balle dans la tête.

 

Cela dura plusieurs jours, sans  nourriture, sans boissons... Nous couchions la nuit au bord du chemin, après avoir bu l’eau des fossés et mangé quelques herbes ou pissenlits. Beaucoup d’entre nous étaient malades (dysenterie, érysipèle...).

 

Le jour, nous traversions de rares villages. Deux souvenirs contradictoires restent gravés dans ma mémoire. Un jour, au bord de la route, mon regard a croisé ceux, apitoyés, d’un couple de civils en promenade avec un bébé. Une autre fois, à moins que ce ne soit le même jour, des enfants ont jetés des cailloux aux « criminels » qu’ils voyaient passer. Un peu partout, à chaque carrefour, se dressait un calvaire, comme un signe !

 

La nuit était tombée lorsque nous parvînmes à Flossenbürg. Mes camarades et moi nous souviendrons de cette arrivée lugubre, sinistre, apocalyptique. Les SS criaient et frappaient, les chiens aboyaient, quelques rares lumières scintillaient dans l’obscurité et notre pitoyable troupeau fut poussé dans le hall de l’usine Messerschmitt où gisaient quelques éléments d’avions. Il y avait des flaques de sang et nous crûmes tous que c’était là l’aboutissement de notre vie, une sorte d’abattoir infernal... Puis, le calme s’établit et, épuisés, nous avons sombrés dans le sommeil, écroulés sur le ciment entre des morceaux d’avions.

 

Le lendemain matin, cela devait être le 15 ou le 16 avril, nous fûmes répartis dans les baraques surpeuplées du camp. Celui-ci, conçu pour 4.000 hommes, en comptait alors 17.000, compte tenu du retour au bercail de nombreux kommandos. Il ne nous restait plus qu’à nous installer à même le sol, sous les châlits. Mais, au moins, recevions-nous notre ration de liquide chaud qui tenait lieu de soupe et un peu de pain, et, surtout, n’avions-nous plus à marcher, ni, d’ailleurs, à travailler.

 

Tous les matins, nous trouvions dans les latrines les morts de la nuit qui nous regardaient fixement.

 

Au bout de quelques jours, une canonnade fut entendue au loin. Les SS, ou leurs auxiliaires, quittèrent certains miradors après y avoir installé des drapeaux blancs. Le bruit courut que le camp allait se rendre. La joie et l’espoir firent briller nos yeux au fond des orbites creuses de nos crânes décharnés.

 

Hélas, peu de temps après, les gardiens reprirent leur place et les drapeaux blancs disparurent ! »

 

 

« Flossenbürg à Cham ».

 

« Le 20 avril, il fallut reprendre la route, en plusieurs colonnes, vers le sud cette fois, vers Dachau ou vers un hypothétique « réduit alpin ». Et la même horreur se renouvela : les nuits au bord du chemin, ou dans les bois, l’eau des fossés, les pissenlits, la maladie, la fatigue, l’épuisement. Il fallut parcourir 30 kilomètres par jour, sans nourriture, si ce n’est un demi-pain reçu au départ, sans boisson. Le froid pénétrait à travers nos mauvais vêtements de Fibranne, nos pieds saignaient dans nos claquettes. Des coups de feu retentissaient tout au long de la colonne, annonçant la mort de tous ceux qui n’en pouvaient plus et qui rendaient l’âme quelques jours ou quelques heures avant la libération. Il nous fallait bander toute notre énergie, faire appel à nos dernières forces physiques et morales pour marcher, marcher encore. J’ai même l’impression d’avoir parfois marché en dormant, à moins que je n’aie dormi en marchant...

 

Et toujours, ces coups de feu lancinants ! C’était vraiment « Marche ou crève » !

 

Il y a eu quatre colonnes dont le départ s’échelonna dans la journée entre 9 heures et 17 heures, en tout environ 15.000 hommes, dont 7.000 arrivés de Buchenwald.

 

Pour comprendre les conditions dans lesquelles se sont déroulés ces « marches de la mort », il faut essayer de s’imaginer ce mois d’avril 1945, qui vit s’installer progressivement le chaos en Allemagne. Les armées de terre alliées de l’Ouest et de l’Est, marchant à la rencontre les unes des autres, enserraient la Wehrmacht dans un étau inexorable ; l’aviation bombardait les colonnes ennemies en retraite, les nœuds ferroviaires, les mines, et, bien sûr, les villes dans cette guerre qu’Hitler avait voulue totale ; les populations civiles quittaient les villes, fuyant devant l’avance alliée, comme les Belges et les Français en juin 1940 ; les SS ayant reçu d’Himmler l’ordre de ne pas laisser de traces de leurs forfaits, tantôt ramenaient les kommandos vers les camps, tantôt évacuaient ceux-ci vers on ne sait quelle destination, en abattant tous ceux qui ne pouvaient plus avancer, tantôt liquidaient les déportés au lance-flammes où à la mitrailleuse. Il y avait là une gigantesque fourmilière désorganisée, se divisant en toute une série d’exodes, dans une confusion de plus en plus grande, dans une horreur sans cesse grandissante, vers un crépuscule des Dieux.

 

Le 23 avril, les survivants de Buchenwald et de Flossenbürg furent libérés par une colonne de la 11ème division blindée de l’Armée Patton sur une route de Cham, les uns à Straubing, les autres à Wetterfeld, les derniers, parmi lesquels je figurais, à Untertraubenbach. Les corps des victimes de cette « marche de la mort » ont été inhumés, en général provisoirement, dans de villages traversés, puis exhumés et regroupés soit à Neunburg, soit à Flossenbürg. Quelques-uns ont été restitués aux familles. Cet exode de la « route de Cham » a concerné plus de 14.000 déportés et a coûté la vie à près de la moitié d’entre eux, si près de la libération ! D’autres moururent d’épuisement dans les jours qui suivirent.

 

Quant aux survivants, ils furent rassemblés et hébergés dans le 120th Evacuation Hospital de Cham ; beaucoup retrouvèrent la mère patrie le 16 mai, où ils passèrent par le centre de rapatriement de l’abbaye Saint-Clément de Metz.

 

Ces deux « Marches de la mort », à une semaine d’intervalle, furent, avec l’hiver 1943-1944 passé dans la carrière de Berlstedt, les moments les plus horribles de ma déportation. Beaucoup de camarades d’autres camps subirent le même sort.

 

Je dédie ce témoignage à la mémoire de mon ami Roger Hébert, vice-président de l’A.D.I.F. des Hauts-de-Seine, décédé le 29 octobre 1994 à Meudon. Ancien maquisard du Vercors, arrêté par les Italiens, remis à la Gestapo, parti quelques jours avant moi de Compiègne pour Buchenwald, il fut affecté au kommando de Langenstein. En avril 1945, évacué sur les routes, il se retrouva en pleine bataille. Une rafale le faucha : un SS se dirigea vers lui donner le coup de grâce ; la balle traversa le cou sans le tuer... Son heure n’était pas venue ! »

 

 

Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).

Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).

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Publié le 1 Octobre 2016

Les tombes regroupées des aviateurs alliés.

Le cimetière dit du nord de Clichy-la-Garenne se trouve au 84 rue du général Roguet (du nom de ce militaire des guerres de Révolution et de l’Empire, et ayant commandé la Garde à Waterloo). C’est en 1918 que fut acquis ce terrain dans le but de remplacer l’ancien cimetière (appelé « cimetière du sud ») alors trop petit. Il fut inauguré en 1923 mais n’a jamais remplacé le cimetière du sud qui existe toujours.

Ce cimetière comprend un carré militaire de soldats français morts pendant la Seconde Guerre mondiale ainsi que les guerres d’Indochine et d’Algérie et un carré militaire britannique. Le passant qui pénètre dans ce carré militaire britannique peut s’interroger sur le pourquoi de tombes britanniques qui se touchent. Il s’agit des tombes d’aviateurs alliés morts pour la libération de la France et qui n’ont pas survécus à la chute de leur appareil ou leur propre chute : unis au combat, unis dans la mort.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville de Paris, et encore plus les usines qui se trouvaient à sa périphérie, ont été bombardé à de nombreuses reprises. Les Clichois, les habitants de Boulogne-Billancourt, de Sèvres, les Isséens, les Clamartois se souviennent – du moins pour les plus âgés d’entre eux – de ces nuits de cauchemar au cours desquelles on ne savait pas ce que l’on allait retrouver intact… Ce qui fut une réalité au-dessus de la Région parisienne le fut bien entendu également au-dessus des zones de combat partout dans l’est de la France.

Au cours de ces bombardements, des centaines d’aviateurs alliés ont vu leur appareil être abattus par la Luftwaffe – l’aviation allemande – ou par la défense anti-aérienne. Des dizaines de pilotes ont été tués, d’autres capturés, torturés et envoyés dans les camps du Reich ; d’autres encore ont pu être secourus et repartir en Angleterre, par leurs moyens ou plus souvent grâce à l’aide de la Résistance française.

Les cinq pilotes et mécaniciens dont les tombes se trouvent sur cette photographie n’ont pas eu cette chance. Il s’agissait – de gauche à droite – du sergeant JPA Gauthier (Canadien), du sergeant JH Ace (Anglais), du Flying officer J Negus (Anglais), du sergeant air gunner J Piper (Anglais) et du Flight sergeant LC Weiham (Anglais). Ils ont été abattus le 10 novembre 1944 et leurs corps ont été rapatriés sur Clichy.

Ce carré militaire comprend 226 soldats morts au combat ou au cours de missions (dont deux inconnus). Il s’agit de 41 soldats britanniques de l’Army, plus un Sud-africains et de 182 soldats de la Royal Air Force : 119 Anglais (dont les deux inconnus), 22 Australiens, 1 Néo-zélandais et 40 Canadiens.

Source :

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Publié le 10 Septembre 2016

Exemple d’une tombe de regroupement financée et entretenue par le Souvenir Français.
Exemple d’une tombe de regroupement financée et entretenue par le Souvenir Français.

Un certain nombre de tombes, dans lesquelles repose un Clamartois Mort pour la France, sont en déshérence, tant au cimetière du Bois-Tardieu qu’au cimetière intercommunal, du fait de l’absence de proches pour les entretenir et du manque de place au Carré militaire. Si, comme nous, vous pensez que nous devons à leur mémoire l’immortalité et non l’oubli, aidez-nous à réaliser ce projet : une tombe de regroupement sur un terrain octroyé par la municipalité.

Nous comptons sur vous et faisons appel à votre générosité, laquelle n’a jamais fait défaut. Nous espérons une large participation, habitants certes, mais aussi commerçants, entrepreneurs, artisans, associations, démontrant ainsi votre fidélité à la mémoire des Morts pour la France.

Vous pouvez adresser vos dons par chèque à l’ordre du Souvenir Français, à :

  • Madame la trésorière Jacqueline Jude, 55 chemin de la Vallée aux Loups 92290 CHATENAY-MALABRY.

Les dons d’un montant égal ou supérieur à 25 Euros donneront lieu à l’envoi d’un reçu fiscal.

Nous comptons sur vous !

François-Xavier PHILIPP

Président du Comité de Clamart

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Publié le 23 Août 2016

La médaille des blessés, par Claude Guy.

Certain que dans notre département plusieurs adhérents du Souvenir français sont susceptibles d'être concernés, je vous livre une information et une analyse concernant l'évolution de l'insigne des blessés de guerre vers la médaille créée par décret du Gouvernement français le 17 août 2016. Jusqu'à cette date aucune médaille officielle n'existait.

En effet, créé en 1916, l'insigne des blessés de guerre avec en son centre une étoile métallique émaillée de rouge vif (pour rappeler le sang versé) a donné lieu à de nombreuses interprétations et incompréhensions.

Cet insigne spécial devait disparaître dès la création de la médaille commémorative de la guerre 14-18 prévue pour accueillir sur son ruban une étoile métallique émaillée rouge à chaque blessure reçue par le décoré. Toutefois, les anciens combattants blessés de cette époque portèrent malgré l'apparition de la médaille commémorative l'insigne spécial des blessés sous la forme d'une médaille pendante qui fut tolérée bien qu'elle ne fut pas officielle.

Le principe de l'étoile portée sur le ruban de la médaille commémorative et l'exception tolérée perdurèrent bien qu'en 1952 la loi du 8 novembre voulut réglementer le port de l'insigne des blessés. Ce texte précisait que « tout militaire ayant reçu une blessure de guerre au cours d'une campagne quelconque est autorisé à porter jusqu'au moment où aura été créée une médaille commémorative de ladite campagne l'insigne des blessés » puis indiquait que « l'insigne des blessés est remplacé par une barrette portant une étoile à cinq branches émaillée de rouge vif analogue à celle qui constitue l'insigne des blessés ».

Il n'est pas certain que cette rédaction fut susceptible d'être bien comprise par d'autres que les juristes, les chanceliers bien formés ou les fonctionnaires avisés de l'administration centrale. Toujours est-il que ces dispositions ne furent pas vraiment appliquées.

Les militaires blessés en étaient donc à se poser sans cesse des questions pour des réponses souvent évasives ou mal fondées. Mais ils étaient évidemment admis à porter l'étoile émaillée de rouge vif sur la médaille commémorative quand celle-ci existait car toutes les opérations ne donnèrent pas lieu à des médailles commémoratives.

Cependant la création en 1995 de la médaille commémorative française permit de résoudre en partie cette question, les théâtres d'opérations étant désormais signalés par une simple agrafe sur cette médaille laquelle aurait bien sûr pu être ornée d'une étoile émaillée de rouge vif pour chaque blessure reçue. Tout comme, à n'en pas vraiment douter, la médaille d'outre-mer dans certains cas.

Désormais, grâce à ce décret bienvenu du 17 août dernier, après des années de tergiversations, de questionnements et d'analyses, la situation s'éclaircit avec la création d'une véritable médaille des blessés de guerre qui concerne les militaires, les déportés et internés de la Résistance, les prisonniers de guerre blessés au cours de leur détention et les titulaires de l'insigne des blessés de guerre. Chaque blessure étant matérialisée par une nouvelle étoile sur le ruban et la barrette. Il est même précisé que cette barrette peut recevoir autant d'étoiles qu'elle peut en contenir. La loi du 8 novembre 1952 est abrogée.

Enfin, la médaille peut-être portée sans qu'il soit procédé à sa remise.

Claude GUY

Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine

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Publié le 8 Août 2016

Intervention de Serge Barcellini, Président Général.

1 – 150 ans ont passé

Près de 150 ans ont passé depuis le discours d’Ernest Renan prononcé à la Sorbonne (« Qu’est-ce qu’une nation ? »). Comment ce concept mémoriel a-t-il traversé le temps ?

Pour analyser cette évolution, il nous appartient d’abord de comprendre comment se construit « la mémoire nationale ». Pour qu’une mémoire nationale s’inscrive dans notre vie quotidienne, il faut quatre composants : des deuils, des héros, des outils et des acteurs.

Prenons l’exemple de la Grande Guerre :

Le deuil est immense : près de 1 400 000 soldats Morts pour la France.

Les héros, ce sont les maréchaux, les hommes politiques qui « ont bien mérité de la patrie » mais aussi la multitude des héros secondaires (ceux qui se sont illustrés à un moment fort des combats – Vaux, Douaumont, la Marne…)

Les outils existent, ce sont les cérémonies et plus particulièrement la journée nationale du 11 novembre (imposée par les anciens combattants au gouvernement qui n’en voulait pas), mais aussi les milliers de cérémonies « territorialisées », les lieux patrimoniaux, les tombes, les nécropoles, les monuments, les stèles, les plaques commémoratives, les outils de sensibilisation (timbres, pièces de monnaies), les outils de transmission (livres, films, cours d’histoire).

Les acteurs enfin. Pour qu’une mémoire s’impose dans un pays démocratique il est nécessaire que des acteurs non étatiques la prennent en charge. Pour la Grande Guerre, ces acteurs ont été les anciens combattants. Imaginons-nous ce que furent les années 1930 où près de 6 millions d’hommes se revendiquaient comme anciens combattants ? Imaginons-nous la force d’associations dont certaines regroupaient près d’un million d’adhérents ? Ils ont été les acteurs d’une mémoire qui s’est imposée partout et qui a dessiné le paysage mémoriel de la France contemporaine. Sur les quatre composants c’est donc le quatrième, les acteurs, qui dans une nation démocratique est le plus important.

Or, l’évolution de ces acteurs dépend de la démographie. Comment dès lors évolue la mémoire en relation avec la démographie des acteurs ? En trois temps.

D’abord il y a le Temps du Souvenir. Les acteurs nombreux imposent le souvenir qu’ils souhaitent faire partager à la Nation. Ce Temps du Souvenir, c’est celui du sacré, le temps des cérémonies sobres où le silence est de rigueur, le temps du patrimoine funéraire où le recueillement s’impose, le temps du livre de témoignages où les pages qui divisent sont occultées.

Ensuite il y a le Temps du Témoignage. Les acteurs moins nombreux sont confrontés au devenir de la mémoire qu’ils ont créée. C’est le temps des rencontres avec les scolaires, celui des voyages mémoire, celui aussi des musées-mémoriaux. Le duo enseignant-ancien combattant s’impose.

Enfin, c’est le Temps de l’Histoire. Les acteurs fondateurs ont disparu. Les mémoires qu’ils ont mises en place s’étiolent. L’histoire remplace le souvenir, la recherche remplace le témoignage, le bruit remplace le silence. Tout devient possible. Le monument aux Morts cède la place au monument pour la Paix, le recueillement se transforme en « rush juvénile », la musique militaire en rap moderniste. L’historien s’impose comme l’acteur principal de ce nouveau temps. Il est partout, de toutes les actions et devient le conseiller des décideurs.

Tout cela serait simple si les ruptures entre chacun de ces trois temps étaient franches. Or tel n’est pas le cas.

Cent ans après la Grande Guerre, certains Français vivent encore dans le Temps du Souvenir. Il s’agit en particulier des associations d’anciens combattants qui portent la tradition des associations originelles, mais il s’agit aussi de tous les Français qui ont retrouvé leurs racines familiales, ces grands-pères, grands oncles ou arrières grands-pères, qui ont combattu à Verdun et qu’ils redécouvrent avec fierté. Pour ces Français-là, le Temps du Souvenir est encore proche et ils ne comprennent pas que d’autres soient déjà dans le Temps de l’Histoire.

Mais si la démographie des acteurs est l’élément central de l’évolution des politiques mémorielles, d’autres facteurs d’évolution conditionnent également la mémoire.

Citons d’abord l’économie. Entre Ernest Renan et aujourd’hui il y a le marché. Au temps d’Ernest Renan, la mémoire ne s’inscrivait pas dans l’économie marchande. Les cérémonies étaient austères, les pèlerinages économes, les nécropoles et monuments sobres. Aujourd’hui, la mémoire est entrée dans le marché. La cérémonie est scénographie, le monument est musée, le pèlerinage est tourisme de mémoire. Les budgets explosent : les entreprises de communication et de création s’imposent comme acteur du mémoriel.

Ensuite, la communication. Entre Renan et aujourd’hui il y a la médiatisation. La mémoire du temps d’Ernest Renan s’inscrivait dans les pages des journaux locaux puis dans les informations des journaux télévisés des antennes régionales. Aujourd’hui, la mémoire n’a de valeur que si elle génère la retransmission télévisée en direct et les suppléments des hebdomadaires généralement publiés largement en amont de l’événement, ce qui affaiblit d’autant la force des journées mémorielles. Le journaliste d’investigation se transforme en historien. Les pages contestées de l’histoire s’imposent à travers « ce que l’on vous a toujours caché ».

Puis, le sociétal. Au temps d’Ernest Renan, les acteurs de mémoire sont des bénévoles. Militants associatifs, ils portent le souvenir comme une passion. Les porte-drapeaux sont l’expression la plus visuelle de ce militantisme bénévole. Par tous les temps, ils se rassemblent devant les monuments aux Morts afin d’incarner la France. Aujourd’hui, même si le bénévolat demeure fort, les salariés de la mémoire ont pris une grande place. Salariés des musées, des offices du tourisme, des missions mémorielles, des centres culturels, des universités, sont devenus des acteurs des politiques mémorielles.

Enfin, vient le Temps des Victimes. La Shoah, l’esclavage, le génocide arménien ont imposé le Temps des Victimes. Ce temps est partout à l’œuvre. Et le type des commémorations qu’il engendre est bien différent du schéma originel d’Ernest Renan. Il suffit pour s’en convaincre de lire le très beau discours prononcé par Jacques Chirac à l’occasion de la réception du Comité pour la mémoire de l’esclavage, le 30 janvier 2006.

Alors qu’Ernest Renan magnifie les héros, Jacques Chirac glorifie les victimes : « Ce travail (de mémoire) nous devons l’accomplir pour honorer la mémoire de toutes les victimes de ce trafic honteux ». Face à Ernest Renan qui préconise le tri mémoriel, Jacques Chirac défend le tout mémoire : « la grandeur d’un pays c’est d’assumer toute son histoire ». Enfin, alors qu’Ernest Renan redoute les historiens, Jacques Chirac les mobilise : « Nous devons également développer la connaissance scientifique de cette tragédie ».

La hiérarchie des quatre composants est bousculée, les victimes sont supérieures aux héros, même s’ils ne sont pas oubliés comme les Justes ; les outils mémoriels se diversifient avec l’utilisation massive de l’outil judiciaire ; les journalistes et en particulier les journalistes d’investigation deviennent les acteurs principaux de cette nouvelle politique ; les historiens universitaires en deviennent les « penseurs ».

Face à cette évolution, il appartient au gouvernement de définir la politique mémorielle de la Nation française du XXI siècle. Au sein de cette politique, Le Souvenir Français tiendra toute sa place.

2 – Quelle politique pour Le Souvenir Français ?

Le Souvenir Français a été créé en 1887. Je me plais à rêver que son créateur François-Xavier Niessen l’a porté sur les fonts baptismaux après avoir lu l’ouvrage d’Ernest Renan, « Qu’est-ce qu’une Nation ? », publié cette même année. Car Le Souvenir Français inscrit son action dans le schéma décrit par l’écrivain républicain. L’article premier des statuts de notre association en est la claire illustration :

« Le Souvenir Français a pour objet :

1° De conserver la mémoire de ceux et de celles qui sont Morts pour la France au cours de son histoire ou qui l’ont honorée par de belles actions, notamment en entretenant leurs tombes ainsi que les monuments élevés à leur gloire, tant en France qu’à l’étranger.

2° De transmettre le flambeau aux générations successives en leur inculquant, par le maintien du souvenir, le sens du devoir, l’amour de la patrie et le respect de ses valeurs ».

Depuis 1887, Le Souvenir Français a poursuivi sa tâche, dans la discrétion de ses adhérents. Tous bénévoles, tous passionnés de la France, tous fiers de l’histoire de leur association. En ce début de XXIe siècle alors que la mémoire nationale est contestée par certains, Le Souvenir Français affirme son enracinement et sa volonté autour de sept grands engagements.

Le premier sonne comme un défi : Redonner aux Français la fierté de leur histoire nationale. Nous savons que les jeunes d’aujourd’hui doivent comprendre ce qu’est le monde dans lequel ils vivent, mais nous savons aussi que dans ce monde, ils ne trouveront leur place que s’ils s’enracinent dans leur nation. Le Souvenir Français sépare de manière forte l’histoire et la mémoire. Nous faisons le choix d’une mémoire qui favorise le rassemblement des Français et leur donne une fierté partagée.

Etre fier de son histoire, c’est être fier de ceux qui l’ont fait, de Clovis à Jeanne d’Arc, des rois aux révolutionnaires, de Napoléon à Jules Ferry, de Clemenceau à De Gaulle, de Guy Môquet à Jean Moulin, de De Lattre à Leclerc. Redonner aux Français la fierté de leur histoire, c’est le premier engagement et le premier défi que souhaite relever Le Souvenir Français.

Le deuxième engagement est de favoriser le croisement entre trois mémoires : les mémoires familiales, les mémoires locales et la mémoire nationale. Alors que l’idée de Nation s’affaiblit, il est essentiel pour nous de refonder le socle mémoriel sur lequel repose l’histoire de chaque Français. Et pour cela, nous souhaitons donner un destin à chaque Mort pour la France. C’est l’engagement que nous avons pris en lançant la géolocalisation des tombes des Morts pour la France dans les cimetières communaux français. 400 000 combattants Morts pour la France sont aujourd’hui inhumés dans nos cimetières communaux, transférés à la suite de la Première Guerre mondiale, de la guerre d’Indochine et de la guerre d’Algérie, et aussi aujourd’hui des combats des OPEX. Ces 400 000 tombes familiales ne jouent aucun rôle dans nos politiques mémorielles. Or chacun de ceux qui y reposent porte témoignage de notre histoire. Ce sont ces destins individuels que nous souhaitons valoriser. Nos cimetières doivent s’imposer comme des lieux où s’apprend l’histoire. Le grand pari de la géolocalisation des tombes est celui du croisement des trois mémoires.

Le troisième engagement est celui du patrimoine. La France est le pays du patrimoine combattant. Mémoriaux, monuments, stèles et plaques commémoratives des guerres sont au nombre d’un million : quelques milliers de mémoriaux, plus d’une centaine de milliers de monuments, plusieurs centaines de milliers de stèles et de plaques. Chacun de ces « objets » mémoriels a été au moment de sa création un objet vivant, devant lequel des cérémonies étaient organisées. Ce patrimoine entre en déshérence. A l’image de nombreuses tombes familiales de « Mort pour la France », il peut disparaitre. Sur les façades de nos immeubles, les plaques rappelant un acte de résistance, ou la mort d’un héros disparaissent au moment des ravalements. Dans nos campagnes, les stèles perdues dans la végétation s’éloignent de nos regards. A ces disparitions s’ajoutent les vols mémoriels. Le patrimoine combattant de la France est en danger et cela d’autant plus que le développement du tourisme de mémoire met en place une hiérarchie au sein de ce patrimoine. Ce tourisme est à la mode. Pour de nombreux départements, il apporte l’espérance d’un développement économique. Le tourisme de mémoire impose cependant une hiérarchisation des sites, les sites à exploitation touristique étant sauvegardés et mis en valeur, les autres oubliés.

La sauvegarde du patrimoine combattant de la France constitue un autre défi auquel s’attelle Le Souvenir Français.

Le quatrième engagement est celui de la refondation du calendrier commémoratif français. Le calendrier commémoratif national s’est densifié. Il regroupe aujourd’hui 14 journées commémoratives nationales dont la création a été votée par le Parlement, et parmi elles 8 ont été créées depuis 1993.

 

Serge Barcellini

Contrôleur général des armées

Président Général du Souvenir Français

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