Publié le 20 Avril 2016

Parachuté chez les "Japs" !

Il y a un an disparaissait notre ami Robert, dit « Bob » Maloubier. En juin 2015, le magazine TIM (Terre Info Magazine) avait publié dans son numéro 265 une interview de Bob Maloubier, racontant son aventure indochinoise. Il était alors l’un des derniers survivants des ces parachutistes qui avaient été envoyés en Indochine pour semer la zizanie dans les troupes japonaises.

Au service de Sa Majesté.

« Quand on est partis pour être largués sur le Laos, on nous a dit au briefing : « En arrivant au sol, vous trouverez peut-être des partisans pro-français et antijaponais qui s’appellent les Viêts quelque chose », confie Bob Maloubier, figure légendaire des Services spéciaux. « En fait, il s’agissait du Vietminh, les communistes vietnamiens, et ils n’étaient pas du tout pro-français. Quand on les a rencontrés la première fois, le 8 septembre 1945, ça a été notre fête ! ».

Bob Maloubier, comme quelques dizaines de jeunes officiers issus des forces spéciales ayant participé à la libération de la France, est envoyé dans le Sud-est asiatique pour combattre les Japonais qui occupent encore d’immenses territoires, dont l’Indochine française. Agé d’à peine 22 ans, il est capitaine et titulaire d’un palmarès exceptionnel. Parachuté comme saboteur en Normandie en août 1943, il opère clandestinement jusqu’en décembre quand il est grièvement blessé par balle. Exfiltré vers l’Angleterre, il revient en France dans la nuit du 6 au 7 juin 1944 pour encadrer les maquis limousins, harcelant les Allemands qui cherchent à rejoindre le front normand.

« On m’avait offert de me joindre à la Force 136 qui recrutait des agents pour des opérations contre les Japonais », continue M. Maloubier, plus tard fondateur des nageurs de combat français et un des créateurs du 11e bataillon de choc.

La Force 136 était la branche extrême-orientale du Special Operations Executive (SOE), le service action britannique qui coiffait toutes les nationalités qui allaient entreprendre des actions dans la région.

Force 136.

« C’était gigantesque : il y avait des Birmans, des Indiens, des Malais, des Chinois, des Anglais, des Sud-Africains et des Australiens. Beaucoup venaient des forces spéciales et avaient opéré en France, en particulier du SOE et des équipes franco-anglo-américaines Jedburgh. On a été récoltés comme les enfants perdus que nous étions pour continuer la guerre en Malaisie, en Chine, en Birmanie et en Indochine », poursuit M. Maloubier.

Les Français sont regroupés dans la French Indochina Country Section, le service action français pour l’Asie. Certains sont parachutés ailleurs qu’en Indochine, tel Pierre Boulle, planteur en Malaisie, qui plus tard écrira le roman Le pont sur la rivière Kwaï, basé sur ses expériences du combat en jungle. Les agents sont entraînés au Sri Lanka. « Nous étions des centaines d’agents et on parlait toutes les langues » s’amuse M. Maloubier. Le colonel Jean Sassi, alors sous-lieutenant, raconte dans ses mémoires (« Opérations spéciales, 20 ans de guerres secrètes », Editions Nimrod) que les Français reçoivent la visite d’un compatriote haut-gradé venant d’Afrique et sans aucune expérience de l’Asie. Il leur déclare que « le Japonais est un petit homme aux jambes torses habillé en vert. Mauvais tireur, il raterait un éléphant dans un couloir ».

Les instructeurs britanniques, vétérans des campagnes de Birmanie, modèrent le jugement. « Surtout, évitez le corps-à-corps. A la baïonnette, le soldat nippon est insurpassable. Il ne s’avoue jamais vaincu et pousse le fanatisme jusqu’au sacrifice. Ne vous approchez pas d’un cadavre avant de l’avoir inspecté ; il a peut-être été piégé par ses collègues. Même méfiance vis-à-vis d’un blessé : il vous attend peut-être avec une grenade dégoupillée. Pour eux, la vie n’est rien ».

Bob Maloubier est parachuté avec une petite équipe au Laos le 15 août 1945. Il doit harceler les Japonais. Puis, quand le Japon se rend après les bombardements atomiques de son sol, il rejoint le Vietnam comme administrateur de province. « Mais on s’est fait flinguer par les Viêts avant d’arriver, alors on m’a dit, vous êtes dans une province laotienne donc c’est vous qui l’administrerez ».

Tenir le Laos.

« Et on a tenu le Laos et empêché les Viêts de s’y installer. Les Vietnamiens étaient 30 millions d’habitants et nous n’étions au départ que 60 Français et plus 2.000 partisans laotiens qui ne pouvaient pas sentir les Viêts. On faisait le coup de feu et on bougeait continuellement pour donner l’impression que nous étions beaucoup plus nombreux. Mais moi je n’avais que 120 partisans et les autres missions à peu près les mêmes effectifs » se souvient M. Maloubier. « Si on a survécu, c’est parce qu’il y avait des grands espaces et la brousse et que les Japs s’étaient tirés du Laos. Mais ils avaient quand même laissé à la frontière les forces Viêts ».

Les maquis franco-laotiens vont tenir jusqu’en avril 1946 quand ils seront relevés par des troupes régulières françaises arrivées de Saigon.

Bob Maloubier est décédé le 20 avril 2015, quelques semaines après avoir accordé cette interview. Les honneurs lui ont été rendus aux Invalides à Paris le 29 avril.

NDLR : si l’Armée française et la Direction Générale des Services Extérieurs de la France ont rendu à Bob Maloubier l’hommage qu’il méritait, il convient de signaler que Sa Majesté la reine Elisabeth II, de visite à Paris, lui a elle-même remis les insignes de l’Ordre de l’Empire britannique.

Sources :

Terre Info Magazine n°265 – Juin 2015 – Texte de Bernard EDINGER.

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Publié le 18 Avril 2016

Au cimetière d’Issy-les-Moulineaux, Thierry Gandolfo explique la Première Guerre mondiale à une classe de l’école primaire Anatole France.
Au cimetière d’Issy-les-Moulineaux, Thierry Gandolfo explique la Première Guerre mondiale à une classe de l’école primaire Anatole France.

Thierry Gandolfo (à droite sur la photo) est conservateur au cimetière d’Issy-les-Moulineaux. Il est aussi passionné par l’Histoire de France et est secrétaire du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir français. Régulièrement, il prend sur ses congés pour expliquer les conflits mondiaux aux écoliers, collégiens et lycéens.

Il le fait chaque année pour la classe de CM2 de l’école élémentaire Anatole France d’Issy, classe dirigée par Madame Véronique Pacitto (à gauche sur la photo). L’idée étant d’expliquer et de raconter la Première Guerre mondiale au travers de destins de soldats ou des différentes armes : quel était le rôle d’un artilleur ? Comment était équipé un cavalier ? Etre pilote dans un avion, cela signifiait quoi en 1915 ? Pourquoi des travailleurs malgaches se trouvent-ils dans le carré militaire ?

Récemment, à la fin du mois de mars, à la demande du Comité de Chatenay-Malabry et de sa présidente, Madame Françoise-Marie Belin, il est allé rendre visite au lycée Jean Jaurès. Thierry Gandolfo a cette fois axé son propos sur les troupes coloniales, en évoquant les conditions d’engagement, de la traversée depuis l’Afrique jusqu’en Europe et d’emploi dans les tranchées (problématiques des températures hivernales, des conditions de vie, de la curiosité – et du racisme – de certains camarades français ou des troupes allemandes).

Petit rappel : en 1857, le général Faidherbe, commandant les troupes françaises au Sénégal, et devant faire face à des besoins accrus en hommes, propose la création du corps des tirailleurs sénégalais. Sénégalais de nom, car les soldats proviennent aussi bien de ce pays que de Mauritanie, du Mali ou encore de Guinée. Le décret est signé par l’empereur Napoléon III le 21 juillet 1857, à Plombières-les-Bains.

Des difficultés de recrutement interviennent de suite. Il n’est pas rare que des révoltes éclatent. C’est notamment le cas chez les Bambaras du Mali. Aussi, les principaux contingents sont constitués d’esclaves rachetés à leurs maîtres, de « volontaires » et de prisonniers de guerre. Le nombre de régiments de tirailleurs sénégalais s’accroit, pour atteindre plusieurs dizaines de bataillons au moment de la Première Guerre mondiale. La majeure partie des sous-officiers et de nombreux officiers subalternes sont Africains. Il est vrai aussi que les officiers supérieurs sont tous issus de la métropole.

Au cours de la guerre de 1914-1918, près de 200.000 tirailleurs sénégalais participent au conflit, et environ 30.000 y laissent la vie.

Thierry Gandolfo évoqua le tirailleur sénégalais bien connu de l’époque « Y’a bon » qui illustrait la marque Banania (voulant dire « il y a de la banane dedans"). Pierre Lardet, le fondateur de la marque, tire profit du ce conflit en décidant d’associer sa boisson à l’effort de guerre. Il envoie sur le front quatorze wagons remplis de poudre de Banania distribuée aux poilus dans les tranchées. Une légende veut qu’un tirailleur sénégalais blessé fût rapatrié à l’arrière et employé à la fabrication de la poudre Banania dans l’usine de Courbevoie. C’est en la goûtant qu’il se serait exclamé, la gamelle et la cuillère à la main : « Y’a bon » !

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Publié le 10 Avril 2016

Une sortie exceptionnelle.

Le Comité de Châtillon du Souvenir Français a emmené des élèves de l’école Joliot Curie au Mont Valérien puis à l'Arc de Triomphe pour le Ravivage de la Flamme le vendredi 18 mars.

Voici le compte-rendu des élèves :

« Ce sera sans doute la sortie la plus exceptionnelle de toute ma scolarité… »

Je ne m’étais pas trompé en disant ces mots à la maîtresse lorsqu’elle nous a parlé de cette journée qui allait nous conduire du Mont Valérien à l’Arc de Triomphe. Ce vendredi 18 mars 2016, nous étions fiers, CM2 A et élèves de l’Ulis- école de Joliot-Curie d’accueillir le colonel (h) Pierre Keraudren, président du comité du Souvenir Français de Châtillon, le colonel (h) Dominique Combescure, vice-président du comité du Souvenir Français de Châtillon et l’ingénieur-général de l'Armement Bernard Malavieille, secrétaire-trésorier du comité de la société de la Légion d'Honneur de Montrouge-Châtillon-Bagneux qui avaient tous trois organisé chaque étape de cette journée consacrée au devoir de mémoire.

Après un déjeuner au mess du 8e RT (régiment de transmission) situé dans la forteresse du Mont Valérien, nous avons rejoint le Mémorial de la France combattante où une excellente guide nous attendait. Elle nous a expliqué ce que symbolisent la croix de Lorraine, la flamme du souvenir et les 16 sculptures représentant chacune un combat mené par la France pendant la seconde Guerre mondiale.

Nous avons ensuite pénétré dans la crypte où reposent seize dépouilles rendant hommage aux combattants de cette guerre et aux déportés des camps.

Puis, dans les pas de Gabriel Péri et d’Honoré d’Estienne d’Orves, tous deux fusillés comme otages en 1941 au Mont Valérien, nous avons emprunté le parcours du souvenir des fusillés. Avec beaucoup de respect et d’émotion, dans la chapelle, comme devant la cloche où figurent leurs noms, nous avons écouté la guide nous expliquer le sort réservé aux hommes, 1 008 au total, qui ont vécu ici leurs derniers instants. En silence, nous avons suivi le chemin qui les menait alors comme nous à la clairière où des roses rappellent encore l’emplacement des poteaux d’exécution. En repartant, la maîtresse et un élève de CM2 ont rédigé un message de paix et d’espoir dans le Livre d’or du site.

Nous avons fait halte au cimetière américain de Suresnes pour honorer la mémoire des combattants américains de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, puis nous avons tous repris le car en direction de l’Arc de Triomphe où Jean-Paul Boulet, David Lefèvre et Thierry Braconnier nous attendaient pour la cérémonie du ravivage de la flamme.

Suivant un protocole très précis qui nous a été expliqué sur place, nous nous sommes rassemblés en cortège, derrière les porte-drapeaux, madame la directrice ainsi que les représentants de la municipalité pour rejoindre solennellement la dalle sacrée.

Là, par groupes de quatre ou six, nous avons déposé une rose avant de nous incliner face à la flamme au soldat inconnu. Deux d’entre nous, accompagnés du colonel Keraudren et de M. Lefèvre, ont eu l’honneur de raviver la flamme à l’aide du glaive. Une minute de silence a été observée à l’appel « aux morts » et d’une seule voix, nous avons entonné la Marseillaise. Pour clore ce moment unique, quelques privilégiés ont pu signer le Livre d’or.

Oui, ce fut bien, pour mes camarades et moi, une journée mémorable.

Ecole Joliot-Curie

Classes de CM2 A de Mme Gallmann

Classe Ulis-école de Mme Bortuzzo

Une sortie exceptionnelle.
Une sortie exceptionnelle.
Une sortie exceptionnelle.
Une sortie exceptionnelle.
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Publié le 10 Avril 2016

Inauguration à Clichy.

Mardi 29 mars a eu lieu une inauguration de l’inscription de la devise Républicaine sur le fronton du collège Jean Macé de Clichy (notre collège partenaire) en présence de très nombreuses personnalités.

A la fin de la cérémonie officielle, le colonel Guy, Délégué Général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine, accompagné du colonel Mélard, Président du comité Asnières-Clichy du Souvenir Français, ont remis au Principal du collège un chèque de 2.500 euros de subventions au nom de comité local Asnières-Clichy, du comité départemental des Hauts-de-Seine et du siège national du Souvenir Français afin d’aider les élèves à participer à un voyage mémoriel en Normandie qui se déroulera en juin prochain.

Après l’accueil des autorités, réalisé par Christian Comes – Principal du Collège Jean Macé – dont nous remercions l’investissement au côté de ses professeurs dans le cadre du travail de mémoire, la première séquence s’est déroulée : une présentation de l’atelier citoyenneté et mémoire par M. Le Gac puis présentation de l’exposition réalisée par les élèves de 4e avec M. Poirier et Mme Rohmer. Echanges entre les élèves de 4e E, le ministre et les élus.

La deuxième séquence: la cérémonie d’inauguration de la devise républicaine dans le cadre de l’atelier Citoyenneté, mémoire et Rites Républicains animé par Thierry Le Gac – Relais Défense de l’établissement. Les élèves ont chanté la Marseillaise, la chorale a été dirigée par Syrine Ben Moussa – professeur de musique du collège.

Un grand merci à M. Jean-Marc Todeschini, ministre des Anciens Combattants et de la Mémoire , M. Yann Jounot, préfet des Hauts-de-Seine, M. Patrick Devedjian, président du Conseil départemental, député et ancien ministre, Mme Isabelle Debré Vice-présidente du Sénat et conseillère départementale, M. Patrick Balkany député et maire de Levallois, Rémi Muzeau, maire de Clichy et conseiller départemental, Mme Alice Le Moal, adjointe au maire de Clichy et conseillère départementale, M. Benamar Benzemra, conseiller défense, mémoire et citoyenneté D.S.D.E.N 92, ainsi que les anciens combattants d’Asnières et de Clichy, les nombreux porte-drapeaux, le colonel Guy, et le colonel Mélard, qui ont remis, après la fin de la cérémonie, une subvention au collège.

Thierry Le Gac

Secrétaire du comité d'Asnières-Clichy du Souvenir Français.

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Publié le 8 Avril 2016

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Ernest Gimpel de Vaucresson.

Ernest Gimpel est né le 5 août 1913 à Vaucresson en Seine-et-Oise.

Mobilisé le 1er septembre 1939, il est volontaire pour servir dans les chars et est incorporé au 11e dragons en novembre 1939 à Saumur. Chef de char, il participe à la campagne des Flandres en mai 1940 et à la campagne de France (Normandie, Loire, Dunkerque). Blessé le 24 juin 1940, il est hospitalisé à Niort puis interné. Le 1er août 1940, il s'évade de l'hôpital auxiliaire de Niort et, dès l'amélioration de ses blessures, il se rend en zone sud où il prend contact, au début de l'année 1941, avec le réseau de renseignements F 2.

En octobre 1941, il est arrêté à Marseille, enfermé au Fort Saint Nicolas et accusé d'atteinte à la Sûreté de l'Etat. Il est condamné en juin 1942 à 10 ans de Travaux Forcés mais par contumace, ayant réussi, entre-temps, à s'évader à la fin du mois de décembre 1941. A nouveau arrêté à Saint-Raphaël le 5 mars 1942, il s'évade de la gendarmerie au bout de quelques heures.

En septembre 1942, il est évacué sur l'Angleterre par une opération sous-marine et s'engage dans les Forces Françaises Libres. Affecté au Bureau Central de Renseignement et d'Action (BCRA), il est volontaire pour une nouvelle mission et est parachuté le 25 novembre 1943 comme adjoint au délégué militaire de la Région P (Paris), André Boulloche. Dès lors, il prend part à l'organisation paramilitaire de la Résistance.

Connu sous le nom de Charles Beauchamp dit "Cercle", il est arrêté avec son chef, le 12 janvier 1944, par la Gestapo ; vainement torturé, il est déporté en Allemagne après deux mois de détention à Compiègne le 27 avril 1944. Passé successivement par les camps d'Auschwitz et de Buchenwald il arrive au camp de concentration de Flossenburg le 25 mai 1944.

Libéré le 24 avril 1945 par l'avancée des troupes alliées, Ernest Gimpel est rapatrié en France, et affecté à la Direction Générale des Etudes et Recherches (DGER).

Il quitte l'Armée avec le grade de commandant et retourne à la vie civile. Installé en Angleterre, il s'y marie et y dirige jusqu'à sa mort une galerie de peinture de réputation internationale.

Ernest Gimpel est décédé de maladie le 26 janvier 1973 à Crettingham Woodbridge dans le Suffolk où il a été inhumé.

  • Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Compagnon de la Libération – Décret du 7 août 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (3 citations).
  • King’s Medal for Courage (GB).

© Ordre de la Libération.

Source :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

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Publié le 3 Avril 2016

Gloire de la Patrie ! Honte du Genre humain.

 

Verdun ! Nom suprême de l’horreur.

Plus de carrés de croix que de champs de fleurs.

Combien de blessures, de souffrances et de larmes

Pour qu’après quatre années se taisent, enfin, les armes.

 

Verdun ! Ils partaient tout juste sortis de l’école,

La fleur au fusil, mais au ventre la peur

En chantant « Madelon » tous imbibés d’alcool,

Pour l’Alsace, la Lorraine ou simplement l’Honneur.

 

Verdun ! Combien y sont restés, combien sont revenus,

A jamais atrocement mutilés ou totalement perdus.

Voyant que tous « à l’arrière » vivaient très bien sans eux.

Oublieux du sacrifice et que jeunes encore ils étaient déjà vieux.

 

Ils ont tout connu, les souillures, les gaz, la boue, la sang,

Du Fort de Vaux à la Côte 304 et aux horribles tranchées.

Mais l’ennemi héréditaire, attentif et sournois, souffrait également.

Tous guettaient trois notes de clairon qui vibrèrent enfin le 11 en matinée.

 

 

 

Michèle Georgin – Membre du Souvenir Français de Rueil-Malmaison.

 

Crédit photographique : Le Figaro.

Verdun !

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Publié le 28 Mars 2016

Le voyage à Verdun - 2/2.

Verdun 15 février 16 février 2016

Mardi 16 février 2016

Le lendemain, debout à 6h30 et ….surprise ! Réveil par une sonnerie au clairon « Soldat toi, soldat lève-toi bien vite » (par deux énergumènes qui avaient dû se lever plus tôt !!). Petit déjeuner copieux.

Quelques-uns en profitent pour visiter la chapelle et les autres regagnent tranquillement le car. Pierrot et ses copains embarquent les paniers repas du midi. 1 œuf dur, 1 sandwich jambon ou jambon de dinde un bout de fromage, un fruit, une boisson ; vous comprenez pourquoi à Clamart nous avions embarqué son complément.

Et comme d’habitude on oublie, malgré des rappels, des choses. Je dois recevoir d’ici quelques jours un colis contenant un chapeau, un béret avec insigne, un appareil photo, des foulards, écharpes, etc., etc.

Le temps est froid - 4° mais superbe soleil, donc une belle journée en perspective. A 8h15 départ vers Verdun. Nous prenons une autre route que la veille, on visite la campagne meusienne. Tout est verglacé, blanc. On suit pendant un instant l’ancienne voie ferré Bar le Duc, Verdun qui a servi en 1916 à l’alimentation de la bataille. On longe des champs inondés car la Meuse a débordé et surprise on peut voir des cigognes en transit qui se restaurent avant leur retour en Alsace. Le temps clément de ces derniers jours le permet. J’ai même aperçu un vol d’oie en route vers l’est. Arrivé à Verdun à l’office de tourisme : quelques photos de famille et on retrouve Guillaume et Yvan.

Le car n°2 se dirige vers les champs de bataille. Nous passons devant le cimetière militaire du faubourg pavé ou se trouve dans le carré des 7 inconnus les corps des 7 soldats inconnus ayant servi dans les huit régions ou se sont déroulés les combats les plus meurtriers. 5095 corps y sont également inhumés.

En effet le 9 novembre 1920, huit cercueils en chêne ont été transférés à la citadelle de Verdun. Ils sont placés sur 2 colonnes de quatre dans une chapelle ardente dont la garde d’honneur est une compagnie du 132eme régiment d’infanterie. Parmi cette garde André Maginot, ministre des pensions, désigne Auguste Thin, soldat de 2eme classe âgé de 21 ans, engagé volontaire de la classe 1919 ; fils d’un combattant disparu dans la guerre, pupille de la nation. Il lui tend un bouquet d’œillets blancs et rouges qu’il devra déposer sur l’un des cercueils. Celui-ci sera transféré à Paris et inhumé sous l’arc de triomphe ou depuis le 11 novembre 1923 chaque jour à 18h une association devra l’honorer après ravivage de la Flamme. Auguste Thin a une pensée simple : « J’appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment le 132e c’est également le chiffre 6. Ma décision est prise. Ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai ». Il s’est donc arrêté devant le 6e cercueil sur lequel il a déposé son bouquet et s’est figé au garde à vous.

Les 7 autres cercueils ont donc été remis au cimetière de Verdun et chaque année une association vient les honorer le 11 novembre. Le monument aux morts est entouré de divers canons français et allemands. Ce cimetière se trouve situé en face de la caserne des 1er et 2e régiments de Chasseurs. Cette caserne est aujourd’hui désaffectée.

Nous reprenons la route et passons devant l’ossuaire de Douaumont que nous apercevons de loin pour arriver devant la tranchée des baïonnettes. Mauvaise surprise car ce monument est en réparation donc fermé ; tout doit être terminé pour le 21 février. Mais Guillaume nous explique son histoire dans le car. D’abord la légende : le 11 juin 1916 57 hommes du 137e RI en majorité vendéens qui se préparaient à un assaut sont enterrés vivants par l’explosion d’un obus. En juin 1920 le secteur fut fouillé par des équipes de travailleurs émigrés indochinois et italiens, travail particulièrement pénible parmi les rats et les moustiques qui infestaient l’ancien champ de bataille. 47 corps furent mis à jour dont quatorze purent être identifiés. En fait après une offensive il était nécessaire d’enterrer au plus vite les corps y compris ceux des ennemis. La solution la plus pratique pour ceux-ci était de combler un boyau inutilisé avec leurs corps. La tombe collective était ensuite marquée par des fusils baïonnettes en l’air.

Le mystère de la tranchée des baïonnettes a provoqué des controverses extrêmement violentes avec les deux écoles totalement opposées. Mais très impressionné par ces images un banquier américain du nom de Georges T Rand fit don de 500.000 francs pour la construction du mémorial qui abrite le site.

Nous rejoignons ensuite l’ossuaire de Douaumont en longeant le ravin de la Dame dit « ravin de la mort » le plus mauvais coin du secteur. Ce ravin de tous les risques et de l’extrême danger dû a une orientation en enfilade particulièrement exposé aux tirs ennemis. De plus très profond, lors des attaques avec les obus à gaz, celui-ci stagnait au fond. Ainsi une compagnie engagée dans ce ravin n’est jamais arrivé à la sortie, tous asphyxiés. Nous arrivons enfin à l’ossuaire de Douaumont qui est une nécropole nationale située sur le territoire de la commune française de Fleury-devant-Douaumont, classé monument historique par arrêté du 2 mai 1996.

Il abrite un cloitre long de 137 mètres avec des tombeaux pour environ 130.000 soldats inconnus, allemands et Français indéfectiblement entremêles. En face de l’ossuaire se trouve un immense cimetière composé de 16.142 tombes de soldats français dont un carré pour 592 soldats musulmans de l’empire colonial. Nous commençons la visite .Les anciens demandent aux jeunes beaucoup de respect devant ces milliers de tombes très correctement entretenues.

Malheureusement je reçois un coup de «téléphone de Michel Chastan qui m’apprend l’accident d’Huguette qui a glissé sur les marches givrées près de la route de « l’abri caverne des 4 cheminées » en se fracturant la cheville droite d’où appel des pompiers, transfert à l’hôpital. Heureusement la fille d’Eliane qui faisait le circuit en voiture suit l’ambulance avec Jacqueline. Elles ont pris le bagage d’Huguette avec elles. Elle est hospitalisée à l’hôpital Saint Nicolas de Verdun ; Huguette est opérée le soir même à 20 heures. Pris en charge par Mondial Assistance elle pourra après l’accord de son médecin traitant, le médecin de Mondial Assistance et les médecins de l’hôpital de Verdun être rapatriée à Clamart puis pris en charge à Provins près de sa fille pour une rééducation de 6 semaines .Huguette très énergique malgré ce pépin a un super moral. Nous restons par la pensée avec elle en permanence.

Durant ce temps enfants et adultes pénètrent dans le cloitre. L’impression est saisissante .Les courageux peuvent monter à la tour ; un petit musée se trouve à mi-hauteur ; ensuite projection du film « Les hommes de la boue » un documentaire qui laisse le spectateur muet. Il faut quelques minutes pour se ressaisir. Comment des hommes ont-ils pu ainsi souffrir. Je comprends mieux les longs silences de mes grands pères quand on abordait le sujet de la guerre 14-18. Rapidement je rejoins les autocars pour préparer la commémoration de notre groupe. Les 7 gerbes sont arrivées, la fleuriste « aux iles fleuries » a été de parole.

Je suis rejoint par 5 anciens combattants meusiens invités par Michel .Ils sont de la Fnaca et ont amené avec eux un journaliste qui va nous sortir le 18 /2/2016 un super article dans l’Est républicain. Me nommant même responsable de la FNACA de Clamart ; désolé Michel mais je te rends immédiatement ta fonction !

La mise en place des drapeaux et des gerbes se fait. Une photo de groupe des portes drapeaux, des porteurs de gerbes, des enfants accompagnants est prise de nombreuses fois par les pèlerins.

Monsieur Maurice Michelet président du Souvenir Français de Verdun-Charny me rejoint. Il représente le général ETIENNE délégué général de la Meuse. Il m’apprend qu’il est aussi le maire de l’un de ces villages détruit en 1916. Ainsi le Souvenir Français sera présent à cette commémoration avec 2 présidents de comité. A 11h30 nous nous dirigeons en cortège vers l’intérieur de l’ossuaire. En tête les drapeaux puis les porteurs de gerbe accompagnés de deux enfants par gerbe puis en rang par deux les élèves des deux écoles et les anciens combattants qui ferment le cortège. Direction la statue de Notre Dame du Silence.

La cérémonie des dépôts de gerbe a lieu devant la vierge.

J’annonce ainsi dans l’ordre le dépôt par :

  • Les membres de la légion d’honneur : Monsieur le général Albert Moinard accompagné de Maïeule et Tristan.
  • Les médaillés militaires : Monsieur le président Lucien Vanneureux et Monsieur Michel Matiuzzo accompagnés de Alicia et Nassim.
  • La FNACA : Monsieur le président Michel Chastan et Roger Marchi accompagnés de Louise et Nathan.
  • L’union nationale des parachutistes section unp92 sud Lousteau : Monsieur Serge Potentier et Gimarat Modrego accompagnés de Farah Linna et Alexis.
  • Le Souvenir Français : Madame Jacqueline Braillon et Madame Renée Senat accompagnées de Nytia et Feddy.
  • Le Comité d’union des anciens combattants et victimes de guerre de Clamart CUACVG : Madame Christiane Philipp et Monsieur Jean Bonnefoy accompagnés d’Emlie et Jean Alexandre
  • La Municipalité de Clamart : Monsieur Patrick Sevin conseiller municipal représentant monsieur Jean-Didier Berger, maire de Clamart accompagné de Noémie et Omar.

Puis minute de silence ou en signe de respect les drapeaux s’inclinent devant les tombes. Une Marseillaise vibrante est ensuite chantée par tous les participants et les enfants des écoles. Quel bonheur de voir ces enfants la main sur le cœur chanter à plein poumon notre hymne national. Pour moi ma mission de transmission du devoir de mémoire est réussie. Sortie du cloître les porte-drapeaux s’alignent et ainsi chacun peut les saluer comme l’exige le respect des couleurs.

La cérémonie terminée tout le monde dans le car et direction Verdun.La salle Vauquois en face de la citadelle. Petit arrêt à Verdun à la boulangerie Miguet où le boulanger et la boulangère nous attendent pour la livraison des 25 baguettes en complément du panier pique-nique. Arrêt devant la citadelle. Nous demandons aux enfants et aux portes drapeaux de rejoindre rapidement la salle Vauquois en passant une passerelle métallique surplombant un bras de la Meuse. Nous laissons quelques instants aux anciens combattants qui doivent assurer le transport des paniers pique-nique et de son complément à la salle. Lourde tâche car malheureusement des travaux ont bloqué l’entrée du parking. Heureusement que la fille d’Eliane avec sa voiture peut transporter le plus gros.

Arrivées dans la salle les deux classes rejoignent deux longues tables, voient avec surprise les porte-drapeaux s’aligner derrière eux et 5 adultes leur faire face. C’est la grande surprise.

D’abord je les remercie d’avoir participé à ce pèlerinage, aussi pour leur gentillesse, leur enthousiasme, leur politesse, leur soif de savoir. Je les invite à réfléchir car j’aimerai que dans 30 ou 40 ans on puisse trouver parmi eux de nouveaux ou nouvelles présidents du Souvenir Français. Pius Albert, Michel, Claude avec son béret de chasseur alpin, Jacqueline et Christiane vont à tour de rôle appeler un enfant pour leur remettre nominativement le diplôme de « Jeune Poilu 2016 ».

Mais très vite, devant les acclamations et les applaudissements le mouvement s’accélère car des regards anxieux me regardent pour savoir si je n’ai oublié personne. Mais bien entendu tous les élèves sont élevés à la dignité de poilus. Enfin je termine en appelant Madame Loriquet Anne Emmanuelle et Monsieur Haffner Tristan professeur des écoles, responsables des deux classes à la dignité de classe de jeunes poilu. Par précaution les enseignants ramassent les diplômes pour les redonner en classe. Avant de partir les enfants posent des questions en particulier à Joseph le porte-drapeau de la fédération des anciens combattants à l’étranger. Il leur récite même un poème « l’art d’être grand père » mais très ému il ne peut continuer et c’est Madame Lancelin qui doit prendre la relève.

A 14h30 après avoir parfaitement rangé la salle les cars reprennent la route pour Paris. Voie sacré puis A4 .Le temps est toujours magnifique. Une petite pose confort à Tardenois. La route est très correcte. Nous atteignons à 18h le périphérique ; Porte de Choisy et alors le gros bouchon. Au pas jusqu’à la Porte de Gentilly « cela devrait venir d’un match au Parc des Princes !». Nous sortons du périphérique ou de nouveau un gros bouchon nous bloque jusqu’à la N20. Nous atteindrons Clamart Ile de France à plus de 20 heures où enfin les enfants après avoir récupéré leurs bagages retrouvent leurs parents.

Mission accomplie.

Jeannot nous ramène Place Hunebelled’ou nous regagnons notre domicile épuisés mais heureux de ces deux jours qui ont réuni jeunes et séniors pour une belle aventure. Dans les jours qui suivent je reçois de très beaux messagesdes deux écoles qui me font très chaud au cœur.

Le voyage à Verdun - 2/2.
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Publié le 28 Mars 2016

Le voyage à Verdun - 1/2.

Les 15 et 16 février derniers, emmenées par les associations patriotiques et d’anciens combattants de Clamart, deux classes de CM2 (Léopold Sedar Senghor de Clamart et Sainte-Clothilde d’Issy-les-Moulineaux) ont visité les champs de bataille de Verdun et l’ossuaire de Douaumont.

Voici le compte-rendu de l’organisation :

Verdun 15 février 16 février 2016

Lundi 15 février 2016

5 heures, lever. Un regard sur la météo : aujourd’hui pluvieux, demain Froid. Bouf !!!! Comme tout est prêt depuis la veille, il nous reste à charger les compléments du panier piquenique et les documents. 6 h ; Calmement départ vers la Place Hunebelle ; au passage nous prenons Claude et Colette et à 6h15 nous arrivons pour le départ du pèlerinage.

L’autocar N°1, Sainte Clothilde est là ; et il y a déjà du monde. Michel et Roger qui eux se sont levés à 4h30 car ils ont en charge le petit déjeuner avec des croissants chauds et l’autre partie du complément panier piquenique. Tout cela rejoint les soutes de l’autocar. Il faut remercier Roger qui bien que ne participant pas au pèlerinage mais qui a tenu étant responsable du complément piquenique a tenu à s’assurer que tout se passait bien : « chapeau » ! Un bonjour à José, le chauffeur qui peut démarrer son trajet à 6h20.Bas Clamart puis Sainte Clothilde à Issy-les-Moulineaux.

Le car de la Mairie n°2 Léopold Sédar Senghor avec son chauffeur, Jeannot, arrive à 6h25.On embarque ; pointage, et direction le haut Clamart ou après un arrêt au carrefour du 18 mai puis cimetière intercommunal pour embarquer les derniers adultes, direction Ile de France où les élèves et les parents de l’école Léopold Sédar Senghor, arrivent bien disciplinés en rang. Embarquement des enfants, après recommandations des parents et à 7 heures pile, départ pour l’A4, direction Verdun. Le temps est bouché mais la route est très coulante.

Après une heure 30 de route ; arrivée à l’aire de Tardenois. Une légère pluie avec des flocons de neige mais les cars créent un petit espace nous protégeant du vent. Le petit déjeuner est prêt. Bravo Michel ; des croissants chauds et bien bons, du café au lait ; c’est Byzance .Tout le monde se régale.

A 9h départ ; tout le monde est prêt, les moteurs chauffent, mais dans les 2 cars –signal d’alerte ! Oui nous avons prévu un exercice d’évacuation de car .En effet les derniers événements nous rendent très prudents .Et durant le trajet, avant l’arrêt petit déjeuner nous avions expliqué les gestes à faire en cas d’incidents. 4 hommes prévenus à l’avance se mettent en position à la sortie et hop, tout le monde dehors. Comme chacun joue très bien le jeu en quelques minutes chacun se retrouve à son point d’accueil.

J’ai chronométré l’exercice : 3 minutes pour le car n°1. 4 minutes pour le car n°2.C’est bien meilleur que la sortie que j’avais chronométré il y a quinze jours lors d’une sortie du 3eme âge qui avait duré 16 minutes, mais le but n’était pas la compétition mais la sécurité et puis personne n’était prévenu.

Chacun retrouve son car direction Verdun ou nous arrivons à 11h15.

Direction la cafétéria Cora où nous sommes attendus à 11h30 pour le déjeuner. Après quelques minutes de patience, la queue s’organise pour passer au stand d’alimentation et à 11h30 Senghor en tête chacun prend son plateau .L’ambiance est très détendue et on sent les enfants de Senghor très habitués au système Cafétéria. Pour Sainte Clothilde c’est plus long car les enfants, très poliment remercient à chaque plat .C’est très sympathique. Tout le monde est enfin installé. Le repas est chaleureux et on en profite pour prendre les premières photos.

A la fin du repas pour calmer les ardeurs les professeurs organisent une petite récréation dans un coin protégé du parking Cora. A 13h15 nous rejoignons les cars .Un petit appel de sécurité. Nous n’oublions personne et direction l’office de tourisme de Verdun qui se révèle très proche.

En attendant les guides chacun peut faire un petit tour dans le centre-ville de Verdun, admiré mais en marchant vite : la porte de la chaussé, l’hôtel de ville, la cathédrale notre Dame, le monument à la victoire et aux soldats de Verdun. Nous sommes garés juste devant le monument aux enfants de Verdun morts pour la France .Ce monument représente les différentes armes. Un fantassin, un sapeur du génie, un artilleur, un cavalier, un territorial. Sur ce monument sont inscrits 510 noms de Verdunois morts pendant la Première Guerre mondiale

Je vois arriver Guillaume qui sera le guide du car n°2 Léopold et Yvan le guide du car n°1 Ste Clothilde. Ils semblent très sympathiques et – bonheur ! – la pluie a cessé. Le temps, bien que gris et froid, semble se maintenir. 14h –Départ pour le car n°2 Senghor c’est le village détruit de Fleury et le fort de Vaux.

Pour le car n°1 Ste Clothilde c’est le contraire.

Nous arrivons sur le champ de bataille. Tout le bas-côté de la route sur une profondeur de 100 mètres est dégagé, nous voyons les bucherons s’activer. En effet pour le 21 février début des 100 ans de la bataille de Verdun il faut que tous les sites soient parfaitement visitables et on se rend compte que le terrain est complètement retourné, des trous importants pleins d’eau qui se succèdent. C’est le résultat des terribles bombardements de l’artillerie d’il y a 100 ans. La nature a dû un peu arranger les choses mais on comprend vite que cela devait être terrible. Le guide nous apprend que plus de 30 millions d’obus de tout calibre ont été tirés et qu’il en reste de nombreux non éclatés. Chaque jour la terre en rejette et des procédures très strictes doivent être respectées car tout le terrain reste dangereux. Pas question de gambader dans les sous-bois.

Nous passons devant le mémorial fermé, pas encore inauguré et après quelques kilomètres nous arrivons au village détruit de Fleury devant Douaumont. L’un des 9 villages totalement détruit pendant la bataille de Verdun. Le guide rappelle la sécurité à respecter, pas de gambade en sous-bois. Marcher sur le chemin. Le terrain est en pente descendante et tourmenté, il témoigne de l’énorme quantité d’obus reçue. Autour du chemin se succèdent les trous d’obus plein d’eau.

En descendant vers la chapelle commémorative, Notre Dame de l’Europe, construite à l’emplacement de l’ancienne église ; cette chapelle a été dédiée à l’Europe avec une statue de la vierge Marie dont le manteau est un drapeau européen, nous découvrons de petites bornes où figurent les noms : ferme, boulanger, école, épicerie, etc. Ces bornes marquent les emplacements des anciennes habitations. Le guide nous apprend que nous sommes sur la ligne de front, que le village a été pris et repris 16 fois durant ces 9 mois de bataille. Guillaume est un très bon guide, il se met au diapason des enfants et répond à toutes les questions. La chapelle reconstruite comporte sur sa façade une statue de la vierge et un grand médaillon de la croix de guerre.

Nous prenons un petit sentier vers la droite, toujours semé de bornes pour arriver sur une statue d’environ 1m50 en bois représentant un poilu. Le guide nous apprend qu’à cet endroit il y a 2 ans ont été retrouvés 26 corps dont 16 ont pu être identifiés. En effet il reste sur cet immense champ de bataille 130.000 disparus et la nature chaque année en rend quelques-uns. Le bilan de cette bataille de Verdun est de 163.000 morts français ; 143.000 morts allemands. 216.000 blessés français, 190.000 blessés allemands. Cela a vraiment dû être une époque terrible.

Puis, nous retournons au centre du village pour prendre sur la gauche où se trouve un premier monument commémoratif. C’est l’emplacement ou se trouvait la mairie. Le socle a été construit avec toutes les pierres restant du village. Et Guillaume nous apprend que Fleury a été déclaré « Mort pour la France en 1918 » : il ne restait plus d’habitants car ils avaient été évacués en en 1916 et n’ont pu rejoindre après la bataille leur village complètement détruit, la terre trop polluée par les gaz, les explosions, les déchets d’obus. Mais Fleury reste un village de France avec un Maire nommé par le préfet de la Meuse, un code postal.

Sur le côté un autre monument en l’honneur de deux lieutenants fusillés pour l’exemple. Ils ont été réhabilités en 1919. Ces deux malheureux après avoir résisté à Douaumont très proche pendant plus de 24 heures. Des 300 hommes qu’ils commandaient il n’en restait qu’une dizaine et ils avaient décidé de se replier pour d’abord manger car depuis 24 heures rien ; se rééquiper et repartir au combat. Mais le colonel de leur régiment « très obtus » respectant au pied de la lettre la consigne du maréchal Joffre relayé par le général Castelnau « ils ne passeront pas » avait considéré que leur recul étaient une désertion et sans jugement avait fait fusiller pour l’exemple ces deux lieutenants. Cela semble s’être produit plusieurs fois et pour quelques fusillés on attend encore la réhabilitation. Cela semble impensable de nos jours mais c’était l’époque où les hommes étaient beaucoup plus rudes qu’aujourd’hui.

Après 1h30 de visite nous reprenons l’autocar ; Guillaume doit répondre à de nombreuses questions ce qu’il fait avec beaucoup de détail. Tout le monde se sent très marqué par cette visite.

Puis nous arrivons au fort de Vaux.

Première impression, tout est labouré, vallonné, rempli de trou d’obus faits par les bombes et les obus. Le paysage semble gris avec juste un petit sapin à l’entrée d’une galerie et un drapeau tricolore au sommet du fort. Pour commencer la visite nous montons au sommet du fort pour constater un nombre incroyable de trous d’obus. Nous avons une vue impressionnante sur la région, comprenons la raison stratégique de ce fort et l’acharnement mis par les allemands à le conquérir. Car de ce fort on pouvait voir tous leurs mouvements. Puis direction l’entrée du fort. Nous croisons l’autre groupe qui va visiter Fleury. Sur la façade nous pouvons voir 2 plaques commémoratives, l’une concerne les colombophiles l’autre aux défenseurs du fort de Vaux.

Puis nous entrons dans le fort .Au début une grande salle avec le plan de bataille, des vitrines comprenant des casques rouillés, des balles, des douilles, des obus, des outils, des baïonnettes rouillées, bref tout ce que la terre a rejeté. Guillaume nous fait un topo succinct de la bataille et de l’histoire de ce fort. Construit de 1881 à 1884, renforcé en 1888 le fort est désarmé en 1915. C’est un ouvrage sans armement lourd.

Du 2 au 7 juin 1916 grâce à l’héroïsme du commandant Raynal qui a pris son poste le 24 mai 1916 bien que grièvement blessé en 1915 et de sa garnison (6e compagnie du 142e RI, une compagnie de mitrailleuse, un détachement du génie et d’artillerie soit un peu plus de 250 hommes auxquels se joindront pendant l’assaut un certain nombre de soldats du 101e RI et du 142e RI qui s’y réfugient ainsi que la 53e compagnie de mitrailleuse soit au total 500 hommes ; à noter 4 pigeons voyageurs et un cocker répondant au nom de « quiqui ». Il n’y a pas beaucoup de vivres mais l’approvisionnement en eau est assuré par une citerne de 5000 litres) le fort résiste à la 50e division allemande mais après de très durs combats les défenseurs doivent finalement se rendre.

Les Allemands abandonneront le fort de Vaux qui est repris sans combat par les troupes françaises dans la nuit du 2 au 3 novembre 1916.

Ensuite nous commençons la visite par un grand couloir très humide, nous marchons dans l’eau avec des stalactites au plafond. Nous nous arrêtons sur les dortoirs avec ces lits en Challis puis l’infirmerie avec ses blessés (mannequins) le bureau du commandant, le poste de radio, l’électricité semble vacillante mais il faut se rappeler qu’à l’époque c’était les bougies et la lampe à pétrole. Nous prenons un couloir qui se rétrécit de plus en plus avec des murs en redan qui rendent le cheminement difficile. C’est par ce chemin que sont arrivés les Allemands qui ont mis plusieurs jours pour arriver à terme utilisant même par endroit des lances flammes. On imagine des combats terribles.

Puis retour vers les tourelles comprenant des canons, tourelles détruites par des obus de très gros calibres « du 400 mm dit-on ». A la reddition du fort le 7 juin 1916 à 6h30 du matin après 6 jours de combats acharnés les Allemands pour honorer les Français survivants avant de les envoyer en captivité leurs ont présenté les armes. Le commandant Raynal est conduit au quartier général du Kronprinz ou on le complimente pour sa vaillante résistance .Il lui est remis un poignard de pionner allemand en signe de respect. Il faut aussi parler du pigeon « le vaillant » matricule 787-15 qui fut lâché du fort de Vaux le 4 juin 1916 à 11h30 pour apporter à Verdun le denier message du Commandant Raynal.

Celui-ci écrivait : « Nous tenons toujours mais subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses .Il y a urgence à nous dégager ; c’est mon dernier pigeon. Signé Raynal ». Ce pigeon a obtenu une citation à l’ordre de la nation. Fortement intoxiqué il est arrivé mourant au colombier.

Puis retour à l’office de tourisme pour déposer nos guides et direction Benoite Vaux. Nous reprenons la Voie sacrée pour arriver vers 17h30. L’attribution des chambres ayant été préparée à l’avance avec la direction de ce lieu d’hébergement tout va très vite et dans le quart d’heure chacun peut se relaxer. Les chambres « monastère » pour les anciens combattants. Les chambres « pèlerins » pour les filles de sainte Clothilde et les deniers inscrits anciens combattants. Les chambres « sainte Thérèse »pour les enfants de Léopold Sédar Senghor et les garçons de sainte Clothilde. Ces chambres sont plus spartiates et rappellent avec leur châlit des souvenirs de services militaires aux anciens.

Après une douche(ou pas) nous nous retrouvons à 19 heures au réfectoire de Benoite Vaux. Style cafétéria chacun prend place à table. La nourriture bonne est la bienvenue et chacun peut se raconter les aventures de la journée. A 20h Guillaume qui a préparé sur l’arrière du réfectoire une petite salle conférence nous présente la bataille de Verdun. Il est passionné et nous fait partager sa passion par de nombreuses anecdotes. Les questions fusent sans fin. Vers 21h30 à la fin de la conférence le père responsable de Benoite Vaux nous apprend que ce lieu était un hôpital de campagne ou sont passés de nombreux blessés français et allemands. Il nous parle aussi d’une fontaine miraculeuse sur le site et demain matin j’en verrai certains prendre avec leur bouteille un peu d’eau.

A 22 heures couvre-feu ; tout le monde au lit !

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Publié le 21 Mars 2016

Du neuf et du web à Asnières !

Le Comité d’Asnières-sur-Seine évolue et devient le Comité d’Asnières et Clichy. Voici le bureau :

  • Président : Mr. le colonel Xavier MELARD.
  • Vice-Président : Mr. Norbert DUVERNOY.
  • Secrétaire : Mr. Thierry LE GAC.
  • Trésorier : Mr. Marc de CONDE.

Par ailleurs, le site Internet évolue également : www.souvenir-francais-asnieres.fr

Nous vous invitons à vous y rendre afin d’y voir toutes les nouveautés : nouveau design, nouveaux articles, …

Bon surf !

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