Publié le 9 Décembre 2015

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Paul Jourdier de Neuilly.

Biographie.

Paul Jourdier est né le 20 octobre 1907 à Nevers dans la Nièvre. Son père, officier d'active, a été tué en 1914, tout comme un de ses frères en 1918.

Il entre à Saint-Cyr (promotion « Maroc et Syrie ») en 1925 et en sort en 1927 pour faire carrière dans la cavalerie. Il est nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1927. A sa sortie de l'Ecole d'Application de Cavalerie, il est affecté en 1928 au 12e régiment de chasseurs.

Le 1er octobre 1929, il est promu lieutenant et se porte volontaire pour le Maroc qu'il rejoint le 18 février 1930. Avec le 27e escadron d'automitrailleuses de cavalerie, et le 1er régiment étranger de cavalerie où il effectue un bref détachement en 1931, il participe jusqu'en août 1932 aux combats de pacification au sud de l'Atlas au cours desquels il est cité à l'Ordre de l'Armée.

A son retour en France, il sert successivement au 9e régiment de cuirassiers à Lyon et au 4e régiment de spahis marocains à Senlis. Il propose alors une méthode de tir des canons antichars pour laquelle il reçoit un témoignage de satisfaction ministériel.

En avril 1938, il est affecté à sa demande aux Troupes du Levant et rejoint le 8e groupe d'automitrailleuses à Damas. Il est promu capitaine le 25 mars 1939. Le 15 avril 1939, il prend le commandement du 1er escadron du 1er régiment de spahis marocains (1er RSM) qui stationne à Beyrouth. Lors de l'armistice de juin 1940, son escadron fait partie d'un groupe de reconnaissance en manœuvre dans le sud Liban.

Le 30 juin 1940, refusant l'armistice, et sans avoir connaissance de l'appel du général de Gaulle, il franchit la frontière de Palestine entraînant derrière lui les volontaires de son escadron pour rejoindre les Britanniques. L'escadron de Spahis du capitaine Jourdier, renforcé par des volontaires venus d'Egypte et du Levant, rejoint la 5e division indienne au Soudan, à la frontière de l'Erythrée, où il prend position le 9 décembre 1940. Dès le lendemain, l'escadron de spahis, rattaché à un Bataillon du 4e marhattes puis du 10e beloutches, entreprend quotidiennement des patrouilles de reconnaissance à cheval dans les lignes italiennes.

Le 2 janvier 1941, à Umbrega, Paul Jourdier engage le combat avec son escadron contre un parti italien plusieurs fois supérieur en nombre à qui il inflige de lourdes pertes. Lors de ce combat, les spahis livrent la dernière charge au sabre de la cavalerie française et apportent à la France Libre son premier succès terrestre face à l'ennemi. Le 18 janvier 1941, à Om Ager, l'escadron Jourdier combat à nouveau avec succès face à un ennemi bien supérieur en nombre en accomplissant une mission de reconnaissance décisive dans la préparation de l'offensive britannique vers Keren déclenchée le lendemain.

Paul Jourdier est promu chef d'escadrons le 25 février 1941. L'escadron de spahis, augmenté de renforts, devient le 1er groupe d'escadrons de spahis. Le 20 mai 1941 le chef d'escadrons Jourdier rejoint avec le 1er escadron de spahis, commandé par le capitaine de Villoutreys la 1e division légère française libre au camp de Qastina en Palestine. Au début de la campagne de Syrie où le 1er escadron de spahis subit de lourdes pertes, il commande l'avant garde du groupement Tcherkess du colonel Collet, puis, le 19 juin 1941, prend le commandement de ce groupement jusqu'à l'armistice de Saint Jean d'Acre.

Les spahis sont alors réorganisés en plusieurs escadrons dans un groupe de reconnaissance (GRCA) formé par Paul Jourdier. Au printemps 1942, dotés de moyens disparates, ils participent à la campagne de Libye au sein de la 8e armée britannique. Le GRCA est alors scindé en deux groupes de reconnaissance (GR) autonomes.

Cette décision, conforme aux pratiques britanniques limitant la reconnaissance à la seule recherche du renseignement, va à l'encontre des conceptions de Paul Jourdier. Pour lui, comme il l'a montré depuis les premiers engagements en Erythrée, les missions de reconnaissance ont pour but la recherche du contact avec l'ennemi et leur efficacité repose sur la capacité à concentrer des moyens puissants sous un même commandement. Aussi, durant tout l'été 1942, dans la situation dramatique créée par l'avancée ennemie jusqu'à 200 kilomètres du Nil, déploie-t-il inlassablement son énergie pour équiper les spahis en matériels modernes dont il fait renforcer l'armement, les rassembler et les organiser en un régiment de reconnaissance à deux escadrons d'automitrailleuses et un escadron d'autocanons.

Il permet ainsi à la France Libre de disposer de son premier régiment blindé qui prend le nom de 1er régiment de marche de spahis marocain (1er RMSM). Paul Jourdier quitte le commandement de ses spahis le 23 septembre 1942, veille de la création de ce régiment, dont deux escadrons prendront part, le mois suivant, à la bataille d'El Alamein.

Il prend alors le commandement du groupe d'escadrons légers nord Syrie à Alep. De novembre 1943 à juin 1945, il est chef du cabinet militaire du Résident Général de France en Tunisie.

Ensuite, promu lieutenant-colonel le 25 juin 1945, il est attaché militaire près l'ambassade de France aux Pays-Bas jusqu'en 1947, avant de prendre le commandement du 5e régiment de chasseurs d'Afrique à Maison Carrée (Alger) en 1948 et 1949. Affecté successivement à l'Etat-major de l'Inspection des Forces Terrestres, Maritimes et Aériennes d'Afrique du Nord, au bureau de garnison d'Alger et, à partir de septembre 1955, à l'Etat-major de la subdivision militaire de Paris, il termine sa carrière active en 1961.

Il laisse à ceux qui ont servi sous ses ordres le souvenir d'un chef ferme et décidé, jamais pris de court par les événements, accordant à ses subordonnés le maximum d'initiatives et les couvrant chaque fois qu'ils en faisaient preuve.

Paul Jourdier est décédé le 2 avril 1995 à Neuilly sur Seine. Il a été inhumé au cimetière de Verneuil (Nièvre).

Décorations.

  • Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération – décret du 1er février 1941.
  • Croix de Guerre 39-45 avec palme.
  • Croix de Guerre des TOE avec palme.
  • Croix du Combattant.
  • Médaille Coloniale avec agrafes "Maroc", "Sahara", "Erythrée", "Libye".
  • Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et Maintien de l'Ordre en AFN.
  • Mention in a Despatch (GB) .
  • Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc).
  • Officier d'Orange Nassau (Pays-Bas).
  • Commandeur du Nicham Iftikhar.

© Ordre de la Libération.

Lire la suite

Publié le 22 Novembre 2015

Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !

Notre assemblée a donc eut lieu le samedi 21 novembre. A l’invitation du Comité de St-Cloud, celle-ci s’est déroulée dans la salle Le Carré, où la municipalité avait tout mis en œuvre pour que la réception soit parfaite !

Monsieur le maire Eric Berdoati a ouvert l’assemblée puis Jean-Claude Thomas a remercié l’ensemble des services municipaux qui l’ont aidé dans cette tâche difficile.

André Labour, notre Délégué général, jusqu’à cette assemblée, a fait un point sur l’année écoulée et à rappeler des éléments essentiels à la vie de notre association : la quête, la tenue des finances, les commémorations, les travaux pour l’entretien des monuments et tombes dans notre département et enfin l’obligation de faire appel aux jeunes générations pour que vive le Devoir de mémoire.

Ensuite, devant une salle recueillie et émue, il s’est tourné vers le lieutenant-colonel Claude Guy pour passer lui passer tous les pouvoirs dus au nouveau Délégué général.

Après la cérémonie au carré militaire du cimetière de Saint-Cloud, une remise de médailles a été réalisée au profit de plusieurs membres du Comité de Saint-Cloud et d’autres comités. Puis deux anciens présidents de comités locaux ont été honorés par la médaille de prestige du Souvenir Français : François Goure pour Vaucresson et François Leblanc-Barbedienne pour Saint-Cloud.

Toute la Délégation générale du Souvenir Français des Hauts-de-Seine, les présidents et adhérents de l’ensemble des comités du département, l’un des plus actifs en France de l’association, remercient Catherine et André Labour pour toutes ces années de travail acharné, de dévouement, d’écoute, de compréhension et pour leur amitié maintes fois démontrée.

Retrouvez toutes les photographies de cet événement dans l’album photos ci-dessous.

CDT (RC) Frédéric Rignault

Président du Comité d’Issy-Vanves.

Délégué général adjoint des Hauts-de-Seine.

Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !

Lire la suite

Publié le 15 Novembre 2015

Message officiel du Souvenir Français.

"Le Souvenir Français ne peut pas être en dehors de la mobilisation citoyenne. Le deuil qui frappe nos concitoyens, nous frappe aussi directement. Le cœur de tous les adhérents du Souvenir Français saigne comme ceux des familles endeuillées.

Lorsque la France est atteinte dans sa chair le Souvenir Français est atteint dans sa raison d’être.

Il appartient donc à chaque compagnon du Souvenir Français et à chaque sympathisant de communier dans l’émotion, mais aussi d’exprimer sa volonté de résister à la barbarie.

A cette fin, je demande expressément à chaque délégué général,

– De mobiliser les adhérents des comités en leur suggérant d’être présent avec les drapeaux à toutes les cérémonies qui seront organisées sur le territoire national ;

– De prendre la responsabilité de contacter les maires, et présidents d’associations amies, afin de leur signaler votre volonté de mobilisation.

Le Souvenir Français a mérité son nom depuis plus de 125 ans.

Il doit le mériter toujours plus fortement.

Je compte sur vous."

Le Contrôleur Général des Armées Serge BARCELLINI,

Président Général du Souvenir Français.

Lire la suite

Publié le 15 Novembre 2015

Deuil national.

Décret du 14 novembre portant déclaration de deuil national :

« Le Président de la république,

Sur le rapport du Premier ministre,

Décrète :

Article 1 : les 15 novembre, 16 novembre et 17 novembre sont déclarés jours de deuil national en hommage aux victimes des attentats commis à Paris le 13 novembre 2015.

Article : 2 : le Premier ministre est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la république française ».

Circulaire du 14 novembre 2015 relative aux jours de deuil national en hommage aux victimes des attentats commis à Paris le 13 novembre 2015.

« J'ai l'honneur de vous faire connaître que, conformément à un décret de ce jour du Président de la République, les dimanche 15 novembre, lundi 16 novembre et mardi 17 novembre 2015 seront jours de deuil national afin de rendre hommage aux victimes des attentats commis à Paris le 13 novembre 2015.

L'ensemble de nos concitoyens doit pouvoir se joindre à cet hommage. Les employeurs ont été invités à permettre à leurs salariés d'y participer.

Selon des modalités qu'il vous appartiendra de fixer, vous veillerez donc à organiser lundi 16 novembre prochain, à 12 heures, un moment de recueillement permettant aux agents des services publics relevant de votre autorité ou placés sous votre tutelle de s'associer à cet hommage.

Enfin, les drapeaux seront mis en berne sur les bâtiments et édifices publics dès aujourd'hui et jusqu'au mardi 17 novembre inclus.

Manuel Valls ».

Lire la suite

Publié le 11 Novembre 2015

Tracteur Caterpillar Holt - Vosges 1916 - Armée française.
Tracteur Caterpillar Holt - Vosges 1916 - Armée française.

Situation du front en 1915.

Dès le début de l’année 1915 et après la course à la mer, le front occidental se stabilise et les belligérants commencent à s’abriter dans des tranchées, creusées plus ou moins profondément dans le sol. Elles sont protégées par des réseaux de barbelés, à piquets de bois ou d’acier, et quelque fois électrifiées. L’espace, séparant ces tranchées ennemies, est régulièrement labouré par l’artillerie. Ceci rend le terrain très accidenté et, avec la boue, interdit le passage aux véhicules à moteur et à roues et rend la progression de l’infanterie très périlleuse car les réseaux de barbelés sont battus par des redoutables nids de mitrailleuses.

Les belligérants se mettent donc à construire de plus en plus de canons et d’obus de tous calibres ainsi que des camions pour tracter les canons et transporter les obus. Il faut faire appel à l’industrie étrangère, américaine en particulier, qui commence à vendre, à crédit, ce type de matériel. Mais le courage et l’abnégation des soldats, dans les deux camps, leur permettent de résister à des bombardements d’artillerie de plus en plus violents sans que le front ne soit jamais percé. Il faut donc trouver des armes nouvelles pour revenir à la guerre de mouvement et forcer la victoire.

Les tracteurs à chenilles précurseurs.

En 1904, le tracteur anglais Hornsby est mis au point par la société Richard Hornsby and Son sous la direction de son ingénieur en chef, David Roberts. Il est équipé d’un moteur à huile développé par Herbert Akroyd Stuart et possède un système de chenilles débrayables très efficace pour orienter le tracteur. Il est proposé à l’armée anglaise comme tracteur d’artillerie lourde. David Roberts propose également d’atteler une remorque armée d’un canon à ce tracteur car la plate forme est très encombrée. Mais l’armée rejette cette idée car le tracteur, bruyant, effraye les chevaux et l’odeur de paraffine dégagée par le moteur indispose l’équipage. Le brevet est alors cédé à l’Américain Benjamin Holt qui le développe avec ses autres brevets aux Etats-Unis sous la marque Carterpillar Holt.

Jean-Baptiste Eugène Estienne est un brillant officier. Polytechnicien, passionné de mathématiques et de technologies, il choisit l’arme de l’artillerie à sa sortie de l’école et est affecté au 25e RA (régiment d’artillerie) à Vannes. Il étudie la balistique et se fait l’avocat du tir indirect de l’artillerie. Promu capitaine en 1891, il commence à développer, à l’atelier de Bourges, des instruments télémétriques qui permettront de mettre ses théories en pratique. Chef d’escadron au 19e RA en 1902, il met au point divers instruments de précision. En 1907, il nommé directeur de l’école d’artillerie de Grenoble. Quand la Première Guerre mondiale éclate, Estienne est désigné comme chef de corps du 22e RA basé à Belfort, qui fait partie de la division du général Pétain. A la bataille de Charleroi, l’artillerie, qu’il dirige de main de maître et qui emploie un réglage par l’aviation, impressionne les troupes allemandes. Cependant, ainsi qu’on l’a vu, cela n’empêche pas l’infanterie de se faire décimer par le tir des mitrailleuses. Estienne dit alors : « Messieurs, la victoire appartiendra dans cette guerre à celui des deux belligérants qui parviendra le premier à placer un canon de 75 sur une voiture capable de se mouvoir en tout terrain ».

En visite dans le secteur anglais du front en 1915, le colonel Estienne voit fonctionner le tracteur américain Holt 75, comme tracteur d’artillerie et conclut qu’on peut le transformer en engin offensif à chenilles, après l’avoir armé et blindé. Il propose cette transformation à Louis Renault, sans le convaincre, puis à Eugène Brillié de la société Schneider et Cie et cette fois avec succès.

Sources :

  • Ce texte a été écrit dans sa version originale par Monsieur Jean-Pierre Fouché. Il a été repris pour partie.
  • Ce texte a été l’un des supports d’une exposition présentée dans plusieurs villes en partenariat avec le Souvenir Français.
  • Henri Ortholan, La guerre des chars : 1916-1918, Bernard Giovanangelis Editeur 2007.
  • Arlette Estienne-Mondet, Le général J.B. Estienne – père des chars : des chenilles et des ailes, L’Harmattan, 2010.
  • Alain Gougaud, L’aube de la gloire, les automitrailleuses et les chars français pendant la Grande guerre, Ocebur, 1987.
  • LCL Malmassari, Les Chars de la Grande guerre, 14-18 Editions, 2009.
  • Sites Internet : Chars français sur le net, hébergé chez OVH ; sites Internet du ministère de la Défense et du Service Historique de la Défense.
  • Encyclopédies Wikipédia, Larousse.

Lire la suite

Publié le 11 Novembre 2015

Char Schneider CA1.
Char Schneider CA1.

Le char Schneider.

Le 21 février 1916, la société Schneider présente à Vincennes son modèle de char, le char Estienne-Brillié, qui n’est autre qu’un tracteur américain Holt 45CV, non modifié, simplement équipé d’un patin à l’avant pour faciliter la pénétration des réseaux de barbelés. Devant le sous-secrétaire d’Etat aux inventions, Jules Louis Breton, et une délégation militaire, une démonstration est réalisée : les barbelés sont bel et bien écrasés.

Puis les essais d’un tracteur Baby Holt court commencent en avril 1916. Le bois de Meudon et Chaville est propice, offrant de nombreuses pentes qui peuvent simuler des trous d’obus. Il s’agit toujours d’un tracteur et le chauffeur, assis à l’arrière sur un siège peu confortable, doit montrer de véritables capacités d’acrobate pour se maintenir en position.

Le développement d’un premier prototype, le tracteur A, va se faire avec la société Saint-Chamond. Mais, après l’apparition de divergences, chaque société va développer son propre engin : le CA 1 pour Schneider et le char Saint-Chamond pour Saint-Chamond.

Les premiers chars Schneider sont livrés en septembre 1916. Construit pour un équipage d’un conducteur et de cinq servants, le tank est équipé d’un canon de 75 mm BS (Blockhaus Schneider) court monté à l’avant-droit et de deux mitrailleuses Hotchkiss latérales, protégées par des boucliers hémisphériques. La forme d’étrave munie d’un rail d’acier à l’avant du char Schneider permet de cisailler puis d’écraser les réseaux de barbelés et facilite aussi dans une certaine mesure les franchissements de tranchées.

82 Schneider combattent pour la première fois le 16 avril 1917 à Berry-au-Bac sur le Chemin des Dames. Ce premier engagement se solde par plus de la moitié des chars engagés détruits par l’artillerie adverse. Le char Schneider montre un volume interne habitable très étroit pour un équipage de 6 hommes et ses capacités de ventilation ainsi que le mauvais champ de vision qu’il offre à l’équipe le rendent pénible à utiliser. De plus, son blindage latéral initial trop faible (vulnérable aux balles à noyau d’acier allemandes) et son réservoir d’essence initialement placé à l’avant du char le rendent très vulnérable. Dans les versions suivantes, le réservoir d’essence est déplacé à l’arrière et sa caisse dotée d’un sur-blindage supplémentaire de 5,5 mm.

Au niveau mécanique, le moteur Schneider, les boîtes de transmission et les chenilles sont relativement fiables, expliquant la présence de chars Schneider après la Première Guerre mondiale. Ils sont notamment utilisés par l’armée espagnole pendant la Guerre du Rif.

Malgré les améliorations de blindage, l’armée française maintient sa commande de 400 unités à SOMUA, mais n’en commandera pas davantage. L’armée française choisit de privilégier les nouveaux chars légers Renault FT, dont le nombre dépassera plus de 1.500 à la fin de la guerre. Les chars Schneider restent en service jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918, escortant l’infanterie et les chars FT.

Sources :

  • Ce texte a été écrit dans sa version originale par Monsieur Jean-Pierre Fouché. Il a été repris pour partie.
  • Ce texte a été l’un des supports d’une exposition présentée dans plusieurs villes en partenariat avec le Souvenir Français.
  • Henri Ortholan, La guerre des chars : 1916-1918, Bernard Giovanangelis Editeur 2007.
  • Arlette Estienne-Mondet, Le général J.B. Estienne – père des chars : des chenilles et des ailes, L’Harmattan, 2010.
  • Alain Gougaud, L’aube de la gloire, les automitrailleuses et les chars français pendant la Grande guerre, Ocebur, 1987.
  • LCL Malmassari, Les Chars de la Grande guerre, 14-18 Editions, 2009.
  • Sites Internet : Chars français sur le net, hébergé chez OVH ; sites Internet du ministère de la Défense et du Service Historique de la Défense.
  • Encyclopédies Wikipédia, Larousse.

Lire la suite

Publié le 11 Novembre 2015

Le char Saint-Chamond (dernier exemplaire existant. Présenté au musée des blindés de Saumur).
Le char Saint-Chamond (dernier exemplaire existant. Présenté au musée des blindés de Saumur).

Le Saint-Chamond.

A l’origine, les sociétés Saint-Chamond et Schneider reçoivent, chacune, une commande de l’armée française de 400 exemplaires d’un même char. Au début de 1916, alors que leur prototype commun, le tracteur A, est en cours de finition dans un atelier de l’armée, le soldat Pierre Lescure conçoit le compartiment de combat, et le lieutenant Fouché fait rallonger la suspension pour améliorer le comportement en tout terrain. Le train de chenilles est directement inspiré par les tracteurs Caterpillar Holt, déjà utilisés par l’armée pour le halage des pièces d’artillerie lourde.

Cependant, l’ingénieur en chef de Schneider, Eugène Brillié, rejette ce premier prototype. Il choisit un nouveau dessin intégrant son invention, une queue permettant de franchir les tranchées, avec une longueur de caisse bien inférieure, rendant possible la création d’un véhicule plus léger.

La société Schneider refuse de partager l’invention brevetée de Brillié avec la société Saint-Chamond qui, de son côté, ne veut pas verser de royalties à Schneider. Dès lors, les deux compagnies travaillent sur deux véhicules très différents, bien que dérivant tous deux du tracteur A initial. La société SOMUA, filiale de Schneider, usine donc le char Schneider CA1, alors que Saint-Chamond présente au ministère de la Guerre un projet de char qui se veut plus compétitif, car mieux armé (un canon de 75 mm normal et quatre mitrailleuses Hotchkiss).

Saint-Chamond utilise les relations au ministère de la Guerre d’un des deux directeurs techniques, le colonel Emile Rimailho, un des deux co-inventeurs du fameux canon de 75 mm Modèle 1897, pour faire accepter les spécifications de leur propre projet. Notamment le ministère approuve le montage d’un canon de 75 mm normal, à tube long, sur le char Saint-Chamond. Le résultat de cette validation est de rendre le char Saint-Chamond plus long et plus lourd que le char Schneider, avec un compartiment de combat allongé, dépassant largement le train chenilles, tant à l’avant qu’à l’arrière. Le premier prototype du char Saint-Chamond est présenté à l’armée et approuvé en septembre 1916. Les premières sorties d’usine datent d’avril 1917.

Description.

Issu du tracteur A, le char Saint-Chamond est un véhicule imposant, plus grand et plus lourd que son rival, le char Schneider CA1. Il dépasse en effet le char Schneider de plus de deux mètres, et il est plus lourd d’environ huit tonnes.

Cependant, malgré son handicap de masse, il est capable d’une meilleure vitesse de pointe sur terrain plat, grâce à son moteur Panhard et Levassor, sans soupapes, plus puissant, et surtout grâce à l’utilisation d’une transmission électrique « Crochat-Colardeau ». Cette dernière, utilisée avant guerre sur les automotrices de chemin de fer, rend possible une conduite relativement souple et rapide sur terrain plat.

Malheureusement ces avantages techniques ne sont valables que sur route. Une fois engagé dans la boue des terrains constellés de trous d’obus, le long nez du Saint-Chamond a tendance à se ficher dans le moindre trou. Enfin, sur les premiers chars Saint-Chamond, les chenilles résistent mal à l’usure et les patins de chenilles donnent des pressions au sol excessives.

Le char Saint-Chamond est utilisé jusqu’en septembre 1918, soit deux mois avant l’armistice de 11 novembre. Il trouve son rôle le plus efficace pendant les mois d’été 1918, après la reprise de la guerre de mouvement, en tant que canon de 75 mm sur affût à chenilles, capable d’engager directement l’artillerie de campagne adverse. Il peut donc être considéré comme un précurseur, certes très imparfait, des canons d’assaut, utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sources :

  • Ce texte a été écrit dans sa version originale par Monsieur Jean-Pierre Fouché. Il a été repris pour partie.
  • Ce texte a été l’un des supports d’une exposition présentée dans plusieurs villes en partenariat avec le Souvenir Français.
  • Henri Ortholan, La guerre des chars : 1916-1918, Bernard Giovanangelis Editeur 2007.
  • Arlette Estienne-Mondet, Le général J.B. Estienne – père des chars : des chenilles et des ailes, L’Harmattan, 2010.
  • Alain Gougaud, L’aube de la gloire, les automitrailleuses et les chars français pendant la Grande guerre, Ocebur, 1987.
  • LCL Malmassari, Les Chars de la Grande guerre, 14-18 Editions, 2009.
  • Sites Internet : Chars français sur le net, hébergé chez OVH ; sites Internet du ministère de la Défense et du Service Historique de la Défense.
  • Encyclopédies Wikipédia, Larousse.

Lire la suite

Publié le 11 Novembre 2015

Les chars d'assaut de 14-18 : 4/4 - Le char Renault.

Genèse.

Comme vu précédemment, le colonel Estienne, en visite sur le front dans le secteur anglais en 1915, assiste à une démonstration d’un tracteur américain Holt 75 CV. Il en parle à l’industriel Louis Renault, mais ce dernier n’étant pas intéressé, l’officier se tourne alors vers la société Schneider. Plus tard, en mai 1916, Monsieur Charles Edmond Serre, directeur technique des usines Renault, est présent lors d’un essai d’un Baby Holt 45 CV dans le bois de Chaville. L’essai est réalisé par l’équipe du sous-lieutenant Fouché.

Avant de créer son propre char, Louis Renault essaye à Vincennes le char du service technique automobile de l’armée et n’est vraiment pas convaincu par ce prototype de char lourd, peu maniable et à la garde au sol insuffisante. Son choix va aller vers un char léger : le Renault FT.

Le symbole de la victoire de 1918.

Ce char, prototype de tous les chars modernes dont la formule n’a quasiment pas varié (compartiment de combat avec tourelle portant l’armement principal à l’avant, moteur à l’arrière) est devenu le symbole de la victoire de 1918. Les différents modèles se différencient uniquement par la tourelle qui peut être ronde en acier coulé ou octogonale en acier riveté.

Par mesure de discrétion, le char Renault est surtout essayé dans le parc de Chalais Meudon et très peu dans les allées des bois de Meudon et Chaville. Le parc de Chalais-Meudon étant alors un des établissements du service technique automobile de l’armée à Meudon.

Le prototype du Renault FT est mis au point au mois d’octobre 1916. Face aux réticences de la part de certaines autorités techniques, le général Estienne s’adresse directement au maréchal Joffre, lui demandant d’autoriser la construction de 1.000 chars de 4 tonnes, armés d’une mitrailleuse – ou pour certains d’un petit canon de 37 mm – placée dans la tourelle, d’une hauteur limitée, protégés contre les armes individuelles, et en mesure d’atteindre une vitesse de 12 km/h.

Une des qualités de l’engin est dans son aptitude à descendre dans les creux du terrain et à en sortir, au lieu de tenter de les enjamber. Dès le 22 février 1917, une première commande de 150 chars mitrailleurs est passée, suivie bientôt par une demande du général Pétain concernant 3.350 autres exemplaires. Les essais officiels du char baptisé FT par Renault ont lieu le 9 avril 1917, avec pour résultat immédiat de porter à 1.000 le nombre d’exemplaires commandés, en sus des premiers 150. Au cours de la seconde quinzaine de juillet 1917, on essaye la tourelle portant la pièce de 37 mm dont on a décidé d’armer 650 chars d’assaut. Il faut confier la production à plusieurs sociétés, et au total 7.820 chars FT sont commandés dont 3.940 à la firme Renault.

Au moment de l’armistice, 3.177 exemplaires seulement ont été livrés (dont quelques centaines ont été détruits au combat) mais la production se poursuit, si bien qu’en 1921 il en existe 3.728 (2.100 armés de mitrailleuse, 1.246 de canon de 37 mm, 39 de canon de 75 mm, 188 radio, dépourvus d’armement et 155 autres classés « école »). Le prix unitaire de l’époque étant de 56.000 francs.

La technique.

La conception du char léger prévoit une coque portante blindée, constituée de plaques boulonnées sur des profilés. Les patins de la chenille, d’une longueur de 340 mm, garantissent une bonne prise sur tous les terrains. L’intérieur de la caisse est divisé en deux parties distinctes : compartiment de combat et compartiment moteur. Dans le premier se trouve le pilote assis sur un siège à dossier réglable, et derrière, dans la tourelle, le tireur servant la mitrailleuse ou le canon. On accède à ce compartiment par deux trappes qui constituent le toit et la place avant. A l’origine, il n’y a pas d’autres ouvertures, mais le prototype est doté d’une écoutille à l’arrière de la tourelle, écoutille qui sera par la suite transformée en porte à deux battants. La visibilité du pilote est assurée par trois fentes de visée. Moteur, engrenages, radiateur et réservoir d’essence ne sont accessibles que de l’extérieur. On peut les vérifier en soulevant les trappes sur le toit du compartiment moteur. Le propulseur est un 4 cylindres en ligne équipé d’un carburateur Zénith alimenté en essence même si le char est fortement incliné grâce à une pompe à membrane.

L’allumage est à magnéto et la mise en marche manuelle (au moyen d’une manivelle) se fait aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur du char. Le blindage des parties vulnérables a 16 mm d’épaisseur. Pour le franchissement des tranchées, le Renault FT est pourvu d’une queue amovible sur laquelle il peut s’appuyer.

Caractéristiques techniques :

  • Constructeur : Renault (1.850), Berliet (800), SOMUA (600), Delauney-Belleville (280).
  • Période de production ; 1917 – 1920.
  • Type : char léger.
  • Equipage : deux hommes.
  • Dimensions : longueur (4,95 m), largeur (1,74m), hauteur (2,14 m).
  • Poids en ordre de combat : 6.700 kg.
  • Blindage maxi : 22 mm.
  • Equipement radio : néant.
  • Armement : une mitrailleuse Hotchkiss de 8mm ou un canon de 37 mm.
  • Rotation : 360 degrés.
  • Carburant : essence avec un réservoir de 100 litres ; consommation de 30 litres au 100 km et autonomie de 35 km.
  • Vitesse sur route : 7,5 km/h.
  • Largeur des chenilles : 0,34 cm et capacité de descente / montée de pentes de 10%
  • Obstacle vertical de 0,60 m ; passage à gué de 0,70 m ; franchissement de 1,35 m.

Engagements.

Le char Renault FT est engagé pour la première fois le 31 mai 1918 à partir de Saint-Pierre-Aigle pendant la seconde bataille de la Marne. Puis il est employé en attaques de plus en plus nombreuses et de plus en plus efficaces, en compagnie des chars Schneider et du char Saint-Chamond. Jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918, il va équiper 21 bataillons. Le char Renault est le char de combat le mieux conçu de toute la guerre, à la fois efficace, économique et adapté à la production industrielle de masse. Adopté par l’armée américaine, il est fabriqué sous licence à 950 exemplaires aux Etats-Unis à partir d’octobre 1918, sous le nom de 6 Ton Tank.

Après la guerre, il est exporté dans de nombreux pays : Finlande, Estonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Yougoslavie, Tchécoslovaquie, Suisse, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Brésil, Chine, Japon et Iran. Les chars FT sont désormais utilisés par la plupart des pays possédant une force blindée, en tant que char principal. Ainsi, ils prendront part à de nombreux conflits tels que la guerre civile russe, la guerre polono-soviétique, la guerre civile chinoise, la guerre du Rif, la guerre civile espagnole. L’Italie produira un char presque identique : le Fiat 3000. Les chars FT seront aussi utilisés au début de la Seconde Guerre mondiale, entre autres par la France et la Pologne, bien qu’ils soient devenus complètement obsolètes. Au 1er septembre 1939, il en existera encore 2.850 dans l’armée française et la Wehrmacht en récupérera 1.704 à l’armistice de 1940. L’armée d’occupation l’utilisera encore pour réprimer le soulèvement de Paris en août 1944.

Sources :

  • Ce texte a été écrit dans sa version originale par Monsieur Jean-Pierre Fouché. Il a été repris pour partie.
  • Ce texte a été l’un des supports d’une exposition présentée dans plusieurs villes en partenariat avec le Souvenir Français.
  • Henri Ortholan, La guerre des chars : 1916-1918, Bernard Giovanangelis Editeur 2007.
  • Arlette Estienne-Mondet, Le général J.B. Estienne – père des chars : des chenilles et des ailes, L’Harmattan, 2010.
  • Alain Gougaud, L’aube de la gloire, les automitrailleuses et les chars français pendant la Grande guerre, Ocebur, 1987.
  • LCL Malmassari, Les Chars de la Grande guerre, 14-18 Editions, 2009.
  • Sites Internet : Chars français sur le net, hébergé chez OVH ; sites Internet du ministère de la Défense et du Service Historique de la Défense.
  • Encyclopédies Wikipédia, Larousse.

Lire la suite

Publié le 28 Octobre 2015

Cérémonie à Chatenay-Malabry.

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français de Châtenay-Malabry organise une cérémonie œcuménique à la mémoire des soldats morts pour la France.

En présence d’André Labour, Délégué général pour les Hauts-de-Seine, de Françoise-Marie Belin, présidente du Comité de Chatenay-Malabry et bien entendu de Monsieur Georges Siffredi, maire de la commune, vice-président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, cette cérémonie se déroulera le dimanche 8 novembre 2015, en l’église Protestante Unie de France – 36, rue Jean Longuet 92290 Chatenay-Malabry, à 16 heures.

La cérémonie religieuse sera célébrée par :

  • Le Père Philippe Kabongo Mbaya de l’Eglise Protestante Unie de France.
  • Le Père Lucas Guirgis, de l’église copte orthodoxe Sainte-Marie et Saint-Marc.
  • Le Père Joseph N’Guyen, vicaire et Jean-Marie Parant, diacre de la paroisse Saint-Germain l’Auxerrois et Sainte-Thérèse d’Avila.

Renseignements au Souvenir Français de Chatenay-Malabry au 01 46 60 67 89.

Venez nombreux !

Françoise-Marie Belin

Présidente du Comité de Chatenay-Malabry

Lire la suite

Publié le 28 Octobre 2015

Jean Combette : "J'avais 18 ans en 1944".

Le général Jean Combette vient de nous quitter à l’âge de 90 ans. Grand Croix de la Légion d’honneur, Président d’Honneur du Comité de la Flamme sous l’Arc-de-Triomphe, Jean Combette avait été de tous les combats depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’en Algérie, et bien entendu en passant par la Guerre d’Indochine.

Saint-Cyrien, élève de l’Ecole d’Application de l’arme blindée et cavalerie, Jean Combette avait commandé le 1er régiment de hussards parachutistes, avait été Chef d’état-major de la 4e région militaire, commandant la 3e division blindée et les forces françaises à Fribourg en Allemagne, et Chef de cabinet du secrétaire d’Etat à la Défense.

Connu pour ses engagements patriotiques, son sens du Devoir et les actions de mémoire, il intervenait régulièrement dans les établissements scolaires pour exprimer son patriotisme. Voici le texte qu’il avait écrit pour l’association « Union des Gaullistes de France » :

« J'avais dix-huit ans en 1944

Les temps étaient sombres, l'ombre du nazisme planait sur la France, la guerre était partout, le chant des partisans résonnait déjà au fond de nos cœurs, mais chaque jour apportait son lot de peines et de morts. Et pourtant, nous croyions en l'avenir, nos regards se tournaient vers des jours meilleurs. Nous croyions en la victoire et nous nous engagions pour la mériter.

Vous avez dix-huit ans en 2015

Les temps ont changé. Il vous appartient maintenant de relever les défis de votre époque et de vous associer aux forces vives de la Nation pour construire votre avenir.

Le général de Gaulle écrivait dans ses mémoires d'espoir: " La France vient du fond des âges, elle vit, les siècles l'appellent mais elle demeure elle-même au long des temps. Ainsi le temps, les siècles, l'histoire ne modifient en rien l'être ou la personne nationale qui revêt un caractère constant, qui fait dépendre de leur père les Français de chaque époque en les engageants pour leurs descendants! ".

A votre tour, soyez des acteurs de l'histoire de notre temps en étant des citoyens actifs et responsables, non pas en faisant la guerre, mais en vivant pleinement votre quotidien. Rendez hommage à vos anciens qui ont combattu pour votre liberté et à l'instar de ces jeunes athlètes des championnats d'Europe, luttez pour arriver premier et faire honneur à votre pays.

Vous avez chacun un métier, une tâche à accomplir, une mission. Le jeune résistant que j'étais, étais ce que vous êtes et croyait au destin de son pays. Il ne m'appartient pas, alors que le temps des adieux est arrivé, c'est le lot commun, de vous donner une leçon. Vivez avec le souci de vous retrouver dans la cohorte des citoyens actifs, heureux d'être ce que vous êtes et de participer au destin de notre France.

Nous vous faisons confiance et un soir, donnons-nous rendez-vous sous l'Arc de Triomphe pour rendre hommage à tous ceux qui, quel que soit leur combat ou leur origine, qui sont morts pour notre Liberté et pour signer, en communion avec toute la Nation, en ravivant cette Flamme allumée en 1923 par nos anciens de 1914-1918, un message d'espérance pour un monde de Paix et de Fraternité ».

Général de Corps d'Armée Jean COMBETTE

Copyright – Site de l’Union des Gaullistes de France.

Lire la suite