Publié le 20 Janvier 2016

Disparition d'Henri Roquefort.

Le président du Comité de Clamart, François-Xavier Philipp nous apprend une bien triste nouvelle : Henri Roquefort, président d’honneur du Comité vient de nous quitter.

Pendant des années, il avait œuvré pour notre association en présidant aux destinées de ce comité. Ses obsèques auront le vendredi 22 janvier 2016 dans l’église Saint-Joseph à 10h30. L’adresse : 145, avenue Jean Jaurès 92140 Clamart.

Toutes nos pensées vont à sa famille et ses proches.

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Publié le 12 Janvier 2016

Cimetière militaire de Skopje (autrefois Uskub).
Cimetière militaire de Skopje (autrefois Uskub).

1 – La guerre en Orient.

Ouvrir un second front.

Qui se souvient que des soldats français ont fait la Première Guerre mondiale dans les Balkans, et que celle-ci a d’ailleurs duré jusqu’en 1919 ?

A la fin de l’année 1914, la situation semble inextricable. Après les offensives et les longs mouvements de conquête et de retraite de l’automne, les Alliés, comme les armées des Empires centraux, se sont enterrés dans des tranchées. Au cours de cette première année de guerre les pertes sont déjà phénoménales. L’Autriche a vu mourir plus de 500.000 de ses soldats.

Winston Churchill, alors Premier lord de l’Amirauté (ministre de la Marine britannique), défend l’idée de l’ouverture d’un second front en Europe, et du côté des Balkans. Dans un triple objectif : ravitailler l’Armée russe via la mer Noire ; contourner les Empires centraux ; occuper Constantinople, capitale d’un Empire ottoman, considéré comme le « grand malade » du continent et par ailleurs allié de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

Gallipoli.

Une expédition maritime est proposée et envoyée. Sans grand succès. La présence de mines, de côtes fortifiées (donc difficiles à bombarder) et de nombreux sous-marins allemands ne facilitant pas les manœuvres ! Une nouvelle expédition est menée. Elle est terrestre et consiste en l’envoi d’un premier contingent de 75.000 soldats anglo-français (auxquels il convient d’ajouter des unités australiennes et néo-zélandaises) sur la presqu’île de Gallipoli, à l’entrée du détroit des Dardanelles. C’est une catastrophe : les soldats sont littéralement hachés par l’artillerie ottomane, sous le commandement du général allemand Liman von Sanders. Un second débarquement se déroule quelques semaines plus tard pour renforcer un dispositif déjà à bout de forces. Il ne fait qu’ajouter des morts. Les anglo-français doivent abandonner les lieux. Leur chef, le général Gouraud, vient de quitter le front, amputé du bras droit. Les Alliés réussissent néanmoins à sauver environ 100.000 hommes et les faire débarquer à Salonique, en Grèce, pays alors neutre, quoique soupçonné de docilité vis-à-vis de l’Autriche.

Là, les soldats n’ont pas le temps de se refaire une santé. Le corps expéditionnaire devient l’Armée d’Orient et tente de faire la jonction avec les restes de l’Armée serbe qui vient de traverser la Macédoine, du nord au sud. La Serbie connait au début de la guerre quelques victoires, avec notamment la reprise de la ville de Belgrade, mais les défaites s’accumulent par la suite. De plus, la Bulgarie entre dans le conflit aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. L’expédition française pour porter secours aux troupes serbes s’avère vite être un échec et le retour vers Salonique se déroule à la fois dans des conditions climatiques détestables et sous le feu des armées des Empires centraux, qui multiplient les combats avec les unités de l’arrière-garde alliée.

Le camp de Salonique.

Salonique devient alors un immense camp militaire retranché, sous la menace permanente des armées allemandes, austro-hongroises et bulgares. L’Armée grecque s’est interposée entre les deux et tente d’éviter le pire. Au sommet de l’Etat grec les dissensions entre le Premier ministre, Vénizelos, partisan de la Triple-Entente (France, Russie, Empire britannique) et le roi Constantin 1er, pro Empires centraux, sont plus vives que jamais. Et les soldats alliés enfermés ne peuvent qu’attendre les ordres. Pour combattre la dysenterie, la malaria, le paludisme, la malnutrition et le scorbut, ils collaborent à l’assèchement des marais et se mettent à cultiver la terre. Une partie du camp se transforme en un immense potager. D’où la réplique, sarcastique, de Georges Clemenceau : « les jardiniers de Salonique ».

De leurs côtés, les états-majors s’affèrent pour mettre en place des unités dignes de ce nom. Le général français Maurice Sarrail tente un équilibre : ne pas déplaire aux Grecs, qui sont toujours neutres, faire attention aux espions allemands, bulgares ; faire régner l’ordre entre les troupes françaises, serbes, anglaises, australiennes, néo-zélandaises, italiennes, sans oublier les contingents indiens et africains.

En 1916, sollicitée des deux côtés, la Roumanie entre en guerre finalement en se rapprochant des Alliés. Dans le même temps, le général Sarrail voit les Grecs dégarnir les postes qui sont sensés protéger les Alliés. Il décide de sorties : les Serbes attaquent les premiers et reprennent aux Bulgares les monts menaçant la plaine de Salonique. De leur côté, les Français entrent en Macédoine et fixent les troupes germano-bulgares. L’aide des Roumains est de courte durée : à la fin de l’année 1916, le pays est entièrement envahi par les puissances centrales. Tout au long de l’année suivante, quelques combats sporadiques opposent les deux camps.

L’offensive victorieuse de 1918.

Il faut attendre 1918 pour que l’offensive majeure se déroule. Au cours de 1917, le général Adolphe Guillaumat s’est ingénié à remonter le moral des troupes, à les entretenir et surtout à les soigner. Les épidémies sont enfin endiguées. Le général contribue aussi fortement à l’implantation d’un état-major interallié, suffisamment solide et intelligent pour ne froisser aucun des pays contributeurs, tout en permettant des décisions rapides et efficaces. De plus, les Grecs finissent par s’engager dans le conflit aux côtés des Alliés. Le camp de Salonique n’est plus retranché ! Le temps de la reconquête est arrivé.

En juin 1918, rappelé à Paris par le nouveau Président du Conseil, Georges Clemenceau, le général Guillaumat est remplacé par le général Louis Franchet d’Espérey, qui peut enfin mettre en œuvre la globalité du plan élaboré par son prédécesseur. Le 15 septembre 1918, avec l’accord des gouvernements anglais et italiens, Franchet d’Espérey lance les armées alliées à la reconquête des Balkans. A l’est, les soldats anglais et grecs attaquent en direction de la Bulgarie (vallée du Vardar). Au centre, les Français et les Serbes, progressent rapidement et s’emparent de l’ensemble de leurs objectifs. L’un des épisodes les plus fameux de cette offensive reste la dernière charge de cavalerie de l’Armée française : sous le commandement du général Jouinot-Gambetta, la brigade à cheval des chasseurs d’Afrique réussit un raid de plus de 70 km à travers les montagnes, à plus de 2.000 mètres d’altitude. Le 29 septembre, les cavaliers prennent par surprise Usküb, la capitale de la Macédoine. Le soir même, les Bulgares sont acculés à signer un armistice.

Pendant ce temps, Franchet d’Espérey continue sa marche en avant et se dirige maintenant vers Bucarest, capitale de la Roumanie. Mais l’objectif est bien l’entrée en Autriche-Hongrie. L’armistice général du 11 novembre 1918 met un terme à la reconquête des Alliés, qui se retrouvent à ce moment-là bien plus proches des Empires centraux que leurs homologues de l’ouest.

2 – Les cimetières militaires de Macédoine.

La Macédoine, indépendante depuis 1991 avec l’éclatement de la fédération yougoslave, a sur son sol deux cimetières militaires français principaux (il existe çà et là, dans des villages, des monuments à la mémoire de soldats français tombés en ces lieux).

Le cimetière militaire de Skopje (Uskub).

Skopje est la capitale de la République de Macédoine. 700.000 personnes y habitent, c’est-à-dire environ un tiers de la population totale de ce pays de 25.713 km². Au cœur de la vallée du Vardar, qui se jette dans la mer Egée, Skopje est située à mi-chemin entre Athènes et Belgrade.

Il y a quelques années, une mission du Sénat français s’est déplacée en République de Macédoine afin de contrôler l’état du cimetière de Skopje et de Bitola. Sur Skopje, il était ainsi remarqué : « Le cimetière est installé sur un coteau. Il est arboré et parsemé de rosiers et de buis entre les tombes. Le monument aux morts, édifié sur la hauteur, domine vers l'autre versant le fleuve Vardar qui arrose la capitale. Un obélisque, à la mémoire des inconnus morts pour la France, y est érigé sur l'un des deux ossuaires. Le petit musée, contenant des souvenirs du front d'Orient et des commémorations et visites à la nécropole, a été restauré par les militaires. Dans son ensemble la nécropole est bien entretenue ».

Chaque année, au 11 novembre, des cérémonies sont organisées par l’Ambassade de France. Le cimetière militaire de Skopje contient les restes de 960 officiers, sous-officiers et soldats de l’Armée d’Orient, ainsi que deux ossuaires, regroupant chacun environ 5.000 corps.

Le cimetière militaire de Bitola (Monastir).

Bitola est une ville du sud-ouest de la Macédoine, à environ 15 kilomètres de la frontière grecque. Peuplée de plus de 100.000 personnes, Bitola est un important centre administratif, industriel et commercial. Deuxième ville du pays derrière Skopje, Bitola est connue pour son université. Située dans la plaine de Pélagonie, Bitola est sur la route qui mène de la mer Egée au cœur de l’Europe centrale.

Le cimetière militaire français de Bitola regroupe les restes de 6.262 corps et deux ossuaires contenant 5.000 corps chacun. Un vaste monument est situé au centre du cimetière, sur lequel est inscrit : « A la gloire de l’Armée d’Orient ». Des soldats, sous-officiers et officiers des unités suivantes se trouvent parmi les sépultures : 17e division d’infanterie coloniale (DIC) avec la 33e brigade d’infanterie coloniale (BIC), et les régiments d’infanterie coloniale 54e et 56e RIC ; la 21e BIC avec le 35e et le 44e RIC.

Extrait du rapport de la mission du Sénat français : « Le déplacement au cimetière de Bitola (ex Monastir), le deuxième jour, s'est effectué en compagnie de MM. Fabrice Duda et Pierre Rannou. La nécropole est située à trois kilomètres à l'Est de la ville, à proximité des cimetières yougoslaves et anglais. Quatre employés saisonniers l'assistent pour l'entretien de cette vaste nécropole qui contient les tombes de 6.262 corps et deux ossuaires de 5.000 corps chacun.

Les militaires de la KFOR ont effectué des travaux de renforcement des fondations du monument-ossuaire. En effet, le socle en pierre s'était affaissé au fil des années et cette situation mettait en péril l'ensemble de l'édifice.

Une pièce musée est aménagée là aussi dans la maison du gardien. Enfin, si des cérémonies commémoratives se déroulent tous les 11 novembre dans les deux cimetières de Skopje et de Bitola, les cimetières militaires français et allemand de Bitola ont vu se dérouler le 26 novembre 2006 la première cérémonie commune depuis la fin de la première guerre mondiale. Le président de l'Assemblée et deux ministres de Macédoine, une représentation de l'Union européenne, les ambassadeurs d'Allemagne et de France, ainsi que les représentants militaires d'autres ambassades présents ont ainsi ouvert une voie nouvelle vers la mémoire partagée et la paix en Europe ».

Sources :

- Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.

- André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.

- Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

- Pierre Miquel : Les poilus d’Orient, Fayard, 1998 ; La poudrière d’Orient, Fayard 2004 ; Le gâchis des généraux, Plon 2001 ; Les Poilus, Plon, 2000 ; Je fais la guerre, Clemenceau, Taillandier, 2002 ; Les Enfants de la Patrie, Fayard, 2002.

- Pierre Gosa : Franchet d’Espérey, Nouvelles Editions Latines, 1999.

- Jacques Ancel : Les travaux et les jours de l’Armée d’Orient, Paris, 1921.

- Site internet www.chtimiste.com sur l’historique des régiments.

- Journal de Marche du 1er Régiment de Marche d’Afrique

- Journal de Marche du Corps Expéditionnaire d’Orient

- Documents de l’ambassade de France en république de Macédoine

- Rapport de la mission du Sénat de la République française.

Cimetière militaire de Bitola (autrefois Monastir).

Cimetière militaire de Bitola (autrefois Monastir).

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Publié le 31 Décembre 2015

Voeux 2016 de la Délégation générale.

Mesdames et Messieurs les présidents de comité,

A toutes celles et ceux qui permettent au Souvenir français de poursuivre son œuvre dans notre beau département des Hauts de Seine, j'adresse mes vœux chaleureux pour l'année 2016.

Je pense bien évidemment et en premier lieu à la santé qui doit être recouvrée pour certains, consolidée pour d'autres et protégée pour le plus grand nombre.

Puisse également votre environnement familial, professionnel, associatif ou autre vous donner l'épanouissement que vous méritez.

Enfin, après les tragédies de 2015, il nous faut espérer que 2016 ouvrira les cœurs et les esprits pour plus de concorde, de fraternité et de respect comme cela est déjà le cas dans notre association qui sait regarder le passé, vivre le présent et préparer avec confiance l'avenir.

Bonne et belle année 2016.

Claude GUY (DG92)

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Publié le 21 Décembre 2015

Bonne fin d'année 2015.

La Délégation Générale des Hauts-de-Seine du Souvenir Français vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année. Après toutes ces catastrophes et tragédies qui ont marqué à jamais l’année 2015, tournons-nous vers 2016 et préparons-nous à célébrer les batailles de Verdun et de la Somme.

Bonnes fêtes à toutes et à tous.

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Publié le 10 Décembre 2015

Concert de Noël de l'ONG HAMAP.

Le colonel Joël Kaigre, président de l’ONG HAMAP et du comité du Souvenir Français de Chaville, nous fait savoir que le concert de Noël 2015 de l’association se déroulera en l’église Saint-Sulpice le vendredi 11 décembre 2015, à 20h45.

Les locations se font via les sites habituels (FNAC, billetreduc.com…) ou sur place à l’église, dès 10h le vendredi.

Nous comptons sur votre présence.

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Publié le 9 Décembre 2015

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Paul Jourdier de Neuilly.

Biographie.

Paul Jourdier est né le 20 octobre 1907 à Nevers dans la Nièvre. Son père, officier d'active, a été tué en 1914, tout comme un de ses frères en 1918.

Il entre à Saint-Cyr (promotion « Maroc et Syrie ») en 1925 et en sort en 1927 pour faire carrière dans la cavalerie. Il est nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1927. A sa sortie de l'Ecole d'Application de Cavalerie, il est affecté en 1928 au 12e régiment de chasseurs.

Le 1er octobre 1929, il est promu lieutenant et se porte volontaire pour le Maroc qu'il rejoint le 18 février 1930. Avec le 27e escadron d'automitrailleuses de cavalerie, et le 1er régiment étranger de cavalerie où il effectue un bref détachement en 1931, il participe jusqu'en août 1932 aux combats de pacification au sud de l'Atlas au cours desquels il est cité à l'Ordre de l'Armée.

A son retour en France, il sert successivement au 9e régiment de cuirassiers à Lyon et au 4e régiment de spahis marocains à Senlis. Il propose alors une méthode de tir des canons antichars pour laquelle il reçoit un témoignage de satisfaction ministériel.

En avril 1938, il est affecté à sa demande aux Troupes du Levant et rejoint le 8e groupe d'automitrailleuses à Damas. Il est promu capitaine le 25 mars 1939. Le 15 avril 1939, il prend le commandement du 1er escadron du 1er régiment de spahis marocains (1er RSM) qui stationne à Beyrouth. Lors de l'armistice de juin 1940, son escadron fait partie d'un groupe de reconnaissance en manœuvre dans le sud Liban.

Le 30 juin 1940, refusant l'armistice, et sans avoir connaissance de l'appel du général de Gaulle, il franchit la frontière de Palestine entraînant derrière lui les volontaires de son escadron pour rejoindre les Britanniques. L'escadron de Spahis du capitaine Jourdier, renforcé par des volontaires venus d'Egypte et du Levant, rejoint la 5e division indienne au Soudan, à la frontière de l'Erythrée, où il prend position le 9 décembre 1940. Dès le lendemain, l'escadron de spahis, rattaché à un Bataillon du 4e marhattes puis du 10e beloutches, entreprend quotidiennement des patrouilles de reconnaissance à cheval dans les lignes italiennes.

Le 2 janvier 1941, à Umbrega, Paul Jourdier engage le combat avec son escadron contre un parti italien plusieurs fois supérieur en nombre à qui il inflige de lourdes pertes. Lors de ce combat, les spahis livrent la dernière charge au sabre de la cavalerie française et apportent à la France Libre son premier succès terrestre face à l'ennemi. Le 18 janvier 1941, à Om Ager, l'escadron Jourdier combat à nouveau avec succès face à un ennemi bien supérieur en nombre en accomplissant une mission de reconnaissance décisive dans la préparation de l'offensive britannique vers Keren déclenchée le lendemain.

Paul Jourdier est promu chef d'escadrons le 25 février 1941. L'escadron de spahis, augmenté de renforts, devient le 1er groupe d'escadrons de spahis. Le 20 mai 1941 le chef d'escadrons Jourdier rejoint avec le 1er escadron de spahis, commandé par le capitaine de Villoutreys la 1e division légère française libre au camp de Qastina en Palestine. Au début de la campagne de Syrie où le 1er escadron de spahis subit de lourdes pertes, il commande l'avant garde du groupement Tcherkess du colonel Collet, puis, le 19 juin 1941, prend le commandement de ce groupement jusqu'à l'armistice de Saint Jean d'Acre.

Les spahis sont alors réorganisés en plusieurs escadrons dans un groupe de reconnaissance (GRCA) formé par Paul Jourdier. Au printemps 1942, dotés de moyens disparates, ils participent à la campagne de Libye au sein de la 8e armée britannique. Le GRCA est alors scindé en deux groupes de reconnaissance (GR) autonomes.

Cette décision, conforme aux pratiques britanniques limitant la reconnaissance à la seule recherche du renseignement, va à l'encontre des conceptions de Paul Jourdier. Pour lui, comme il l'a montré depuis les premiers engagements en Erythrée, les missions de reconnaissance ont pour but la recherche du contact avec l'ennemi et leur efficacité repose sur la capacité à concentrer des moyens puissants sous un même commandement. Aussi, durant tout l'été 1942, dans la situation dramatique créée par l'avancée ennemie jusqu'à 200 kilomètres du Nil, déploie-t-il inlassablement son énergie pour équiper les spahis en matériels modernes dont il fait renforcer l'armement, les rassembler et les organiser en un régiment de reconnaissance à deux escadrons d'automitrailleuses et un escadron d'autocanons.

Il permet ainsi à la France Libre de disposer de son premier régiment blindé qui prend le nom de 1er régiment de marche de spahis marocain (1er RMSM). Paul Jourdier quitte le commandement de ses spahis le 23 septembre 1942, veille de la création de ce régiment, dont deux escadrons prendront part, le mois suivant, à la bataille d'El Alamein.

Il prend alors le commandement du groupe d'escadrons légers nord Syrie à Alep. De novembre 1943 à juin 1945, il est chef du cabinet militaire du Résident Général de France en Tunisie.

Ensuite, promu lieutenant-colonel le 25 juin 1945, il est attaché militaire près l'ambassade de France aux Pays-Bas jusqu'en 1947, avant de prendre le commandement du 5e régiment de chasseurs d'Afrique à Maison Carrée (Alger) en 1948 et 1949. Affecté successivement à l'Etat-major de l'Inspection des Forces Terrestres, Maritimes et Aériennes d'Afrique du Nord, au bureau de garnison d'Alger et, à partir de septembre 1955, à l'Etat-major de la subdivision militaire de Paris, il termine sa carrière active en 1961.

Il laisse à ceux qui ont servi sous ses ordres le souvenir d'un chef ferme et décidé, jamais pris de court par les événements, accordant à ses subordonnés le maximum d'initiatives et les couvrant chaque fois qu'ils en faisaient preuve.

Paul Jourdier est décédé le 2 avril 1995 à Neuilly sur Seine. Il a été inhumé au cimetière de Verneuil (Nièvre).

Décorations.

  • Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération – décret du 1er février 1941.
  • Croix de Guerre 39-45 avec palme.
  • Croix de Guerre des TOE avec palme.
  • Croix du Combattant.
  • Médaille Coloniale avec agrafes "Maroc", "Sahara", "Erythrée", "Libye".
  • Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et Maintien de l'Ordre en AFN.
  • Mention in a Despatch (GB) .
  • Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc).
  • Officier d'Orange Nassau (Pays-Bas).
  • Commandeur du Nicham Iftikhar.

© Ordre de la Libération.

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Publié le 22 Novembre 2015

Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !

Notre assemblée a donc eut lieu le samedi 21 novembre. A l’invitation du Comité de St-Cloud, celle-ci s’est déroulée dans la salle Le Carré, où la municipalité avait tout mis en œuvre pour que la réception soit parfaite !

Monsieur le maire Eric Berdoati a ouvert l’assemblée puis Jean-Claude Thomas a remercié l’ensemble des services municipaux qui l’ont aidé dans cette tâche difficile.

André Labour, notre Délégué général, jusqu’à cette assemblée, a fait un point sur l’année écoulée et à rappeler des éléments essentiels à la vie de notre association : la quête, la tenue des finances, les commémorations, les travaux pour l’entretien des monuments et tombes dans notre département et enfin l’obligation de faire appel aux jeunes générations pour que vive le Devoir de mémoire.

Ensuite, devant une salle recueillie et émue, il s’est tourné vers le lieutenant-colonel Claude Guy pour passer lui passer tous les pouvoirs dus au nouveau Délégué général.

Après la cérémonie au carré militaire du cimetière de Saint-Cloud, une remise de médailles a été réalisée au profit de plusieurs membres du Comité de Saint-Cloud et d’autres comités. Puis deux anciens présidents de comités locaux ont été honorés par la médaille de prestige du Souvenir Français : François Goure pour Vaucresson et François Leblanc-Barbedienne pour Saint-Cloud.

Toute la Délégation générale du Souvenir Français des Hauts-de-Seine, les présidents et adhérents de l’ensemble des comités du département, l’un des plus actifs en France de l’association, remercient Catherine et André Labour pour toutes ces années de travail acharné, de dévouement, d’écoute, de compréhension et pour leur amitié maintes fois démontrée.

Retrouvez toutes les photographies de cet événement dans l’album photos ci-dessous.

CDT (RC) Frédéric Rignault

Président du Comité d’Issy-Vanves.

Délégué général adjoint des Hauts-de-Seine.

Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
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Assemblée départementale 2015 : merci André Labour !
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Publié le 15 Novembre 2015

Message officiel du Souvenir Français.

"Le Souvenir Français ne peut pas être en dehors de la mobilisation citoyenne. Le deuil qui frappe nos concitoyens, nous frappe aussi directement. Le cœur de tous les adhérents du Souvenir Français saigne comme ceux des familles endeuillées.

Lorsque la France est atteinte dans sa chair le Souvenir Français est atteint dans sa raison d’être.

Il appartient donc à chaque compagnon du Souvenir Français et à chaque sympathisant de communier dans l’émotion, mais aussi d’exprimer sa volonté de résister à la barbarie.

A cette fin, je demande expressément à chaque délégué général,

– De mobiliser les adhérents des comités en leur suggérant d’être présent avec les drapeaux à toutes les cérémonies qui seront organisées sur le territoire national ;

– De prendre la responsabilité de contacter les maires, et présidents d’associations amies, afin de leur signaler votre volonté de mobilisation.

Le Souvenir Français a mérité son nom depuis plus de 125 ans.

Il doit le mériter toujours plus fortement.

Je compte sur vous."

Le Contrôleur Général des Armées Serge BARCELLINI,

Président Général du Souvenir Français.

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Publié le 15 Novembre 2015

Deuil national.

Décret du 14 novembre portant déclaration de deuil national :

« Le Président de la république,

Sur le rapport du Premier ministre,

Décrète :

Article 1 : les 15 novembre, 16 novembre et 17 novembre sont déclarés jours de deuil national en hommage aux victimes des attentats commis à Paris le 13 novembre 2015.

Article : 2 : le Premier ministre est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la république française ».

Circulaire du 14 novembre 2015 relative aux jours de deuil national en hommage aux victimes des attentats commis à Paris le 13 novembre 2015.

« J'ai l'honneur de vous faire connaître que, conformément à un décret de ce jour du Président de la République, les dimanche 15 novembre, lundi 16 novembre et mardi 17 novembre 2015 seront jours de deuil national afin de rendre hommage aux victimes des attentats commis à Paris le 13 novembre 2015.

L'ensemble de nos concitoyens doit pouvoir se joindre à cet hommage. Les employeurs ont été invités à permettre à leurs salariés d'y participer.

Selon des modalités qu'il vous appartiendra de fixer, vous veillerez donc à organiser lundi 16 novembre prochain, à 12 heures, un moment de recueillement permettant aux agents des services publics relevant de votre autorité ou placés sous votre tutelle de s'associer à cet hommage.

Enfin, les drapeaux seront mis en berne sur les bâtiments et édifices publics dès aujourd'hui et jusqu'au mardi 17 novembre inclus.

Manuel Valls ».

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Publié le 11 Novembre 2015

Tracteur Caterpillar Holt - Vosges 1916 - Armée française.
Tracteur Caterpillar Holt - Vosges 1916 - Armée française.

Situation du front en 1915.

Dès le début de l’année 1915 et après la course à la mer, le front occidental se stabilise et les belligérants commencent à s’abriter dans des tranchées, creusées plus ou moins profondément dans le sol. Elles sont protégées par des réseaux de barbelés, à piquets de bois ou d’acier, et quelque fois électrifiées. L’espace, séparant ces tranchées ennemies, est régulièrement labouré par l’artillerie. Ceci rend le terrain très accidenté et, avec la boue, interdit le passage aux véhicules à moteur et à roues et rend la progression de l’infanterie très périlleuse car les réseaux de barbelés sont battus par des redoutables nids de mitrailleuses.

Les belligérants se mettent donc à construire de plus en plus de canons et d’obus de tous calibres ainsi que des camions pour tracter les canons et transporter les obus. Il faut faire appel à l’industrie étrangère, américaine en particulier, qui commence à vendre, à crédit, ce type de matériel. Mais le courage et l’abnégation des soldats, dans les deux camps, leur permettent de résister à des bombardements d’artillerie de plus en plus violents sans que le front ne soit jamais percé. Il faut donc trouver des armes nouvelles pour revenir à la guerre de mouvement et forcer la victoire.

Les tracteurs à chenilles précurseurs.

En 1904, le tracteur anglais Hornsby est mis au point par la société Richard Hornsby and Son sous la direction de son ingénieur en chef, David Roberts. Il est équipé d’un moteur à huile développé par Herbert Akroyd Stuart et possède un système de chenilles débrayables très efficace pour orienter le tracteur. Il est proposé à l’armée anglaise comme tracteur d’artillerie lourde. David Roberts propose également d’atteler une remorque armée d’un canon à ce tracteur car la plate forme est très encombrée. Mais l’armée rejette cette idée car le tracteur, bruyant, effraye les chevaux et l’odeur de paraffine dégagée par le moteur indispose l’équipage. Le brevet est alors cédé à l’Américain Benjamin Holt qui le développe avec ses autres brevets aux Etats-Unis sous la marque Carterpillar Holt.

Jean-Baptiste Eugène Estienne est un brillant officier. Polytechnicien, passionné de mathématiques et de technologies, il choisit l’arme de l’artillerie à sa sortie de l’école et est affecté au 25e RA (régiment d’artillerie) à Vannes. Il étudie la balistique et se fait l’avocat du tir indirect de l’artillerie. Promu capitaine en 1891, il commence à développer, à l’atelier de Bourges, des instruments télémétriques qui permettront de mettre ses théories en pratique. Chef d’escadron au 19e RA en 1902, il met au point divers instruments de précision. En 1907, il nommé directeur de l’école d’artillerie de Grenoble. Quand la Première Guerre mondiale éclate, Estienne est désigné comme chef de corps du 22e RA basé à Belfort, qui fait partie de la division du général Pétain. A la bataille de Charleroi, l’artillerie, qu’il dirige de main de maître et qui emploie un réglage par l’aviation, impressionne les troupes allemandes. Cependant, ainsi qu’on l’a vu, cela n’empêche pas l’infanterie de se faire décimer par le tir des mitrailleuses. Estienne dit alors : « Messieurs, la victoire appartiendra dans cette guerre à celui des deux belligérants qui parviendra le premier à placer un canon de 75 sur une voiture capable de se mouvoir en tout terrain ».

En visite dans le secteur anglais du front en 1915, le colonel Estienne voit fonctionner le tracteur américain Holt 75, comme tracteur d’artillerie et conclut qu’on peut le transformer en engin offensif à chenilles, après l’avoir armé et blindé. Il propose cette transformation à Louis Renault, sans le convaincre, puis à Eugène Brillié de la société Schneider et Cie et cette fois avec succès.

Sources :

  • Ce texte a été écrit dans sa version originale par Monsieur Jean-Pierre Fouché. Il a été repris pour partie.
  • Ce texte a été l’un des supports d’une exposition présentée dans plusieurs villes en partenariat avec le Souvenir Français.
  • Henri Ortholan, La guerre des chars : 1916-1918, Bernard Giovanangelis Editeur 2007.
  • Arlette Estienne-Mondet, Le général J.B. Estienne – père des chars : des chenilles et des ailes, L’Harmattan, 2010.
  • Alain Gougaud, L’aube de la gloire, les automitrailleuses et les chars français pendant la Grande guerre, Ocebur, 1987.
  • LCL Malmassari, Les Chars de la Grande guerre, 14-18 Editions, 2009.
  • Sites Internet : Chars français sur le net, hébergé chez OVH ; sites Internet du ministère de la Défense et du Service Historique de la Défense.
  • Encyclopédies Wikipédia, Larousse.

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