Publié le 26 Mars 2014

 

Borderie Pierre

 

Dans la famille de Pierre Borderie, membre du Comité de Clamart du Souvenir Français, l’engagement n’est pas un vain mot. En 1940, après la débâcle de l’armée française, ses parents entrent en résistance. Profondément patriotes et dynamiques, ils font parties des première équipes opérationnelles contre l’envahisseur.

 

Deux années plus tard, alors que le jeune Pierre a tout juste 15 ans, son père est arrêté par la police nazie, enfermé en prison puis déporté en 1943 à Buchenwald. Année funeste : sa mère est à son tour arrêtée et déportée dans le même camp de concentration. Voilà Pierre Borderie orphelin d’une famille glorieuse, dans un pays vaincu.

 

Son oncle voit qu'il y a urgence à trouver une activité stabilisante à cet adolescent puissant et rêveur à la fois. Organisateur de parachutages dans le Périgord, il fournit à Pierre de faux papiers et lui permet de rentrer dans la Résistance, au commando Austin-Conte, bataillon Bertrand, pendant six mois de juin à novembre 1944. Là, il y fait un apprentissage pratique sur le terrain lors de sabotages sur l'axe Bordeaux-Toulouse et il se fait remarquer par son courage et son sang-froid. Blessé, alors que son groupe attaque un convoi allemand de la division mongole, Pierre Borderie est d'abord soigné clandestinement, puis séjourne à l'hôpital de Sainte-Foix-la-Grande, en Gironde, avant de rejoindre son groupe à Bordeaux. Il veut être incorporé dans l'armée régulière qui est en train de se réorganiser. Hélas, 17 ans, c'est trop jeune ! Bon pour le service dans la Résistance, mais écarté administrativement de l'armée nationale : Pierre est moralement cassé par ce refus.

 

Il va lutter pendant deux ans, en 1945 et 1946, contre le règlement scolaire très rétro d'une formation professionnelle en dessin industriel. Puis pendant deux autres années, 1947 et 1948, il est inscrit en faculté de médecine. Mais, ce qui l'attire, ce sont les blagues de carabin et les caves de Saint-Germain-des-Prés, où il fréquente les zazous, les groupes de jazz, ou des artistes comme Juliette Gréco. Finalement, le "potache farceur" est exclu de la Fac. Va-t-il gâcher le reste de sa vie ?

 

Par un réflexe salvateur, les souvenirs de ce qu'il a vécu comme combattant précoce vont balayer les amusements superficiels. Il se présente au bureau de Vincennes et il signe pour six ans dans la Légion Étrangère (pour ce faire, on lui attribue une nationalité suisse). La Légion est maintenant sa famille, il y trouvera l'encadrement nécessaire à l'épanouissement de ses qualités.

 

Dès lors, sans le savoir, il a rendez-vous avec l'Indochine.

 

Pierre Borderie, nouveau légionnaire, est dirigé d'abord sur Philippeville et Sétif en Algérie, au 1er bataillon étranger de parachutistes (1er BEP). En six mois il est breveté "para". Départ pour l’Indochine à bord du Pasteur qui l’emmène en trois semaines à Saigon. Après quelques jours passés dans la capitale de la Cochinchine, il embarque sur la Rafale et en une semaine rejoint le grand port du Tonkin : Haiphong pour intégrer le 2ème BEP.

 

L'affectation qu'il reçoit est, pour lui, une déception. Il est bien au 2e BEP., mais il est détaché à un stage d'infirmier qui a lieu à l'état-major installé à Dalat, au tiers sud de l'Annam (les cours de médecine ont tout de même servi !). Il se sent frustré de ne pas être sur le champ de bataille, soit pour combattre, soit pour soigner.

 

À sa demande, il part en opérations le plus souvent possible : Tonkin, Centre-Annam, Laos en 1949 où il est blessé, Cochinchine. Un jour où sa compagnie est obligée de reculer devant une division Viet, il ramène un blessé sur ses épaules, malgré les ordres de son commandant de compagnie et il présente sa section au complet. Cet acte de bravoure lui vaut "8 pains" (jours de prison) pour désobéissance, mais aussi un grade de caporal-chef.

 

Début 1949, chez le grand voisin chinois, les troupes communistes entrent à Pékin. Parallèlement, six mois après, l'empereur Bao Dai débarque à Saigon et y installe le gouvernement nationaliste vietnamien. C’est là l’élément le plus probant des accords signés au palais de l’Elysée entre la France et sa colonie : le Vietnam est maintenant indépendant dans le cadre de l’Union indochinoise. Au début du mois d’octobre 1949, le CEFEO (Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient) subit les attaques du Vietminh en pays thaï puis dans le nord du Tonkin. Un convoi est assailli sur la route entre Cao Bang et Lang Son : on dénombre 28 tués, 44 disparus et 37 blessés.

 

L’année suivante, ce n’est plus une attaque que le CEFEO doit subir mais une vaste offensive : elle y perd toute la zone nord du Tonkin, celle de la frontière avec la Chine. Ayant terminé son stage d’infirmier, Pierre Borderie est de tous les coups. Blessé à deux reprises, il n’en continue pas moins à œuvrer pour soigner les camarades qui tombent autour de lui.

 

Novembre 1953 : le 1er BEP, auquel il est à nouveau attaché, est envoyé sur une zone dans l’extrême ouest du Vietnam, près du Laos. Son nom restera gravé dans les mémoires : Diên Biên Phù. Les soldats commencent à fortifier le camp. L’état-major a demandé à la section à laquelle appartient Pierre de se rendre sur le piton Isabelle. Notre infirmier entend le général Gilles, commandant les paras, murmurer, en voyant la cuvette de Diên-Biên-Phu : « c'est un piège à c.... ».

 

Dans les derniers jours de Diên-Biên-Phu, Pierre est de nouveau blessé par une rafale de mitraillette, comme il le dit avec humour : « du bas du mollet droit à l’épaule droite : 6 trous ». Il tente néanmoins de continuer à soigner ses blessés. Mais au bout d’un certain temps il s’évanouit et ne se réveillera qu'à l’hôpital Dominique-Larrey de Versailles. Il a été évacué dans les derniers. Il n'en garde aucun souvenir.

 

Il finit son temps militaire en 1955 et sa vie professionnelle en 1990. « Je n’ai pas vécu la guerre boum-boum, celle des consoles où grouillent les robots de nos petits-enfants. C'est celle du sang que l'on verse et des larmes que l'on retient » ajoute-t-il.

 

Pierre Borderie est titulaire de nombreuses décorations dont la Médaille Militaire, la Croix de Guerre TOE avec 2 clous et une palme, la Croix du Combattant Volontaire, la Médaille des Blessés avec 4 étoiles.

 

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Publié le 8 Mars 2014

 

Viaduc baica et pont Bailey

 

Viaduc de Baïca en Indochine. La pile centrale ayant été détruite, lancement du pont Bailey (copyright ECPAD).

 

« Militaire de carrière, j’ai servi en Indochine en qualité de lieutenant de septembre 1951 à janvier 1954 au 71ème bataillon du génie, basé à Saigon.

 

J’ai d’abord rempli les fonctions de chef de section, puis de commandant en second de la compagnie 71/1, placée dans les faubourgs nord de Saigon, près du pont de Binh Loi. Au cours de cette période, j’ai notamment construit 1.200 mètres de ponts à charpentes sur pieux de bois ou en fer, ponts Bailey, ponts flottants.

 

Le 22 octobre 1952, je prenais le commandement de la compagnie 71/2 à Vinh Long, en remplacement de son capitaine, assassiné par les Hoa-Hao, secte caodaïste qui l’avait attiré à un déjeuner. Au cours de mon séjour en Cochinchine, j’ai connu une vie passionnante, pleine d’expériences dont deux faits d’armes qui resteront gravés à jamais dans ma mémoire et dont voici le résumé.

 

Au printemps 1952, j’accompagne mon capitaine, dont j’étais l’adjoint, à une convocation sur le pont de Ben Luc qui vient de faire l’objet d’une destruction de la part du Vietminh. Cet ouvrage, un magnifique pont Eiffel de type routier – voie ferrée, franchit la rivière Vam Co Dong, parallèle au Mékong, à mi-distance de Saigon et de My Tho, au sud. Arrivés sur place, nous rejoignons une quarantaine de civils et de militaires, dont le général commandant le sud-vietnam et le ministre des Transports vietnamien. Les Viets ont détruit à l’explosif la première pile du pont côté rive droite, ce qui a entraîné l’effondrement de deux travées. La 2ème pile n’est pas détruite, mais les explosifs sont en place et une fumée s’échappe d’un pilier. Tout peut exploser d’un moment à l’autre, ce qui serait une véritable catastrophe. Or, personne ne bouge !

 

Je me précipite vers le général pour lui conseiller au plus vite de neutraliser la situation. M’ayant répondu qu’il ne peut envoyer personne à la mort, je lui fais savoir que je suis volontaire pour tenter de régler le problème sous réserve que quelqu’un m’accompagne.

 

Un adjudant de l’Etat-major du 71ème bataillon du génie se portant à son tour volontaire, nous nous dirigeons vers un canot de notre arme, amarré à la rive et nous prenons la direction de la pile, objet de tous les regards. Nous y voilà. Il s’agit de couper tous les cordons détonants qui relient les charges explosives et je neutralise le dispositif de mise à feu. Nous jetons les explosifs dans la rivière et nous rejoignons la rive. Entre temps, le général et ses accompagnateurs ont quitté les lieux et se sont regroupés de l’autre côté du pont dans une ferme bordant la rivière, pour discuter de la suite à donner à cette affaire. Nous les rejoignons. Je remets au général le dispositif de mise à feu, que j’ai ramené avec moi. Il me demande de le déposer sur un meuble et reprend la discussion.

 

Quelques secondes plus tard, le dispositif de mise à feu explose, ce qui laisse pantois les personnes présentes. En effet, si nous n’étions pas intervenus sur la deuxième pile, celle-ci serait maintenant détruite. Le général et le ministre vietnamien nous félicitent chaleureusement.

 

Cette action me vaudra, quelques jours plus tard, l’attribution de l’Ordre national du Vietnam et la Croix de guerre vietnamienne avec palme. Du côté français, je suis cité à l’ordre de l’armée avec attribution de la Croix de guerre avec palme.

 

L’adjudant qui m’accompagne est également décoré.

 

A la suite de ces événements, je suis désigné pour prendre le commandement des opérations de construction d’un pont flottant juste en amont du pont Eiffel. Ma compagnie 71/2, renforcée d’une section du génie de la Légion étrangère, est chargée des travaux. Le pont flottant, de type Bailey (pont préfabriqué portatif), doit reposer sur des petites péniches commandées au Canada. Dans l’attente de ces embarcations, le trafic routier est assuré par des portières, ou bacs flottants, dont je dois assurer la construction et l’utilisation.

 

Quant à la remise en état du pont Eiffel, elle est confiée à un régiment du génie, à l’époque en garnison à Versailles, et spécialiste de ce type de matériel. Les travaux durent près de six mois, durant lesquels le pont Bailey flottant remplit sa mission sans problèmes.

 

La second fait d’armes est le suivant : la 13ème demi-brigade de la Légion étrangère (DBLE) était chargée de la défense du sud du Vietnam, au nord de Saigon. Son Etat-major était cantonné à Dautieng, complexe Michelin situé sur la rivière de Saigon à quelques 70 kilomètres de cette ville, au centre d’une plantation d’hévéas dont on tire le latex, matière première du caoutchouc. La zone tenue par la DBLE comprenait la région « D » de Cuchi, située au nord-ouest de Saigon, et équipée d’un réseau de souterrains dont les Viets ne pourront jamais être délogés. Durant mon séjour à la compagnie 71/1, j’étais le sapeur toujours réclamé par la légion pour régler les problèmes de travaux du génie, notamment dans la région de Tay Ninh où j’ai réalisé au cours de mon séjour un quinzaine de ponts.

 

Début 1953, la DBLE ayant décidé d’installer un poste à une quinzaine de kilomètres au sud de Dautieng, sur la rivière de Saigon, réclame et obtient mon intervention auprès de l’Etat-major de Saigon. Toute ma compagnie, avec son matériel lourd, s’installe sur place et entreprend la construction du poste. Logé à Dautieng, je rejoins mon unité tous les matins dans un scout-car blindé, équipé d’une mitrailleuse de 12,7 mm et piloté par un de mes sous-officiers, le sergent Pierre Roussel. Nous accompagnons l’ouverture de route, chargée de détecter les mines et les embuscades.

 

Le 27 avril 1953, ayant été convoqué à l’Etat-major de la Légion, nous ne pouvons partir avec l’ouverture que nous rejoignons dès que possible. Sur le point de la retrouver, nous tombons dans une embuscade tendue par les Viets. Une roquette atteint la portière gauche du blindé, côté chauffeur. Roussel, criblé d’éclats, perd le contrôle du véhicule, en flammes, qui quitte la route pour s’enfoncer dans la jungle jusqu’à une termitière qui le bloque.

 

Bien que grièvement blessé, je m’extrais du scout-car et je me traine jusqu’à la route pour appeler à l’aide les légionnaires qui ripostent aux Viets. Les mêmes légionnaires parviennent à extraire Roussel qui, outre ses graves blessures, est brûlé sur le côté gauche. Les ennemis ayant été repoussés, nous sommes évacués à Dautieng et soignés par le médecin de la Légion. Nous sommes ensuite évacués sur Saigon par un avion sanitaire, sur deux civières accrochées sous les ailes. Au-dessus de la fameuse zone « D », l’avion est pris pour cible par des tirs provenant d’un réseau de tranchées. L’avion y échappe en prenant de l’altitude.

 

A l’aéroport de Saigon, nous sommes transportés en ambulance à l’hôpital Grall, spécialisé pour les blessés du crâne. Le sergent Roussel, atteint aussi de 27 perforations aux intestins, décède dans la nuit. Je suis, quant à moi, opéré du crâne dès le lendemain. Un gros éclat est prélevé. Une semaine plus tard, on me tirera un autre éclat du coude gauche, évitant par miracle l’amputation prévue initialement.

 

Après une convalescence à Dalat, je retourne à Vinh Long afin de reprendre le commandement de la Cie 71/1 qui vient de rentrer après avoir achevé la construction du poste dont elle était chargée. Ces incidents me vaudront une nouvelle citation à l’ordre de l’armée et une Croix de guerre avec palme. En 1954, après mon retour en métropole, je serai décoré de la Légion d’Honneur.

 

Quant au sergent Roussel, il a été inhumé à Saigon. Une quarantaine d’années plus tard, le ministre des Anciens combattants fera ramener en France, les dépouilles de 25.000 soldats français de tous grades et de toutes origines, dont celle de Roussel. Les containers renfermant les restes mortels seront regroupés au cimetière de Fréjus.

 

J’ai pu m’y rendre et me recueillir sur la tombe de mon sous-officier ».

 

Colonel Jules Wanschoor.

 

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Publié le 1 Mars 2014

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La Délégation générale des Hauts-de-Seine a appris le décès au cours du mois de février 2014 de Monsieur René Nicolazo, qui était depuis des années le président du Comité de Montrouge.

Cette disparition est d'autant plus triste que le carré militaire de Montrouge est en travaux avec la construction d'une tombe de groupe pour recueillir les restes des soldats morts pendant la Première Guerre mondiale, et qui étaient enterrés dans ce carré militaire, tombé en ruines il y a quelques temps déjà. Cette tombe de groupe devant être inaugurée pour la commémoration du centenaire du déclenchement du premier conflit mondial.

 

Toute la Délégation générale des Hauts-de-Seine est attristée et présente ses plus sincères condoléances à Madame Nicolazo, son épouse, ainsi sa famille.

 

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Publié le 9 Février 2014

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« J'ai débarqué à Saigon en janvier 1946 avec un enthousiasme de sous-lieutenant de 21 ans, poussé par l'aventure et la reconquête de la plus belle de nos colonies. J'avais été affecté à la veille de mon embarquement sur le Pasteur à un régiment recréé curieusement vu son nom pour un emploi outre-mer, le 5ème Cuirassiers, mais de riche tradition, le Royal Pologne et sa fourragère.

 

L'Indochine jusqu'en 1940 était le fleuron de notre empire colonial : tenue par 40.000 militaires et civils, des pionniers qui en avaient fait la Perle de l'Extrême Orient. En 46, cependant, elle relevait d'une terrible épreuve : coupée de la France depuis 1940, elle avait connu l'occupation puis le coup de force japonais du 9 mars 1945, la capitulation du Japon le 15 août suivant et, dans la foulée la constitution par Ho Chi Minh d'un gouvernement vietnamien, l'occupation d'une division nationaliste chinoise au nord du 17ème parallèle tandis que les Britanniques débarquaient au Sud !

 

C'est dans cet état que le général Leclerc avait trouvé le pays en arrivant en octobre, trois mois avant les premiers éléments du corps expéditionnaire dont nous faisions partie.

 

Les Européens, graves et épuisés par toutes leurs épreuves, hantés par des massacres dont ils avaient été victimes, n'envisageaient que le rétablissement de leur statut alors que nous avions formé des élites indochinoises qui n'étaient pas reconnues : peu d'entre eux imaginaient que le monde avait changé …

 

Et  les Indochinois ? Les souverains du Laos et du Cambodge auprès desquels nous exercions notre protectorat avaient absorbé tant bien que mal toutes leurs vicissitudes, mais la situation était bien plus grave pour ce qui est devenu le Viet Nam et requérait pour Leclerc toute sa priorité. La constitution d'une République Populaire du Viet Nam avait été proclamée à Hanoï, regroupant les protectorats du Tonkin et de l'Annam, avec la colonie de Cochinchine. En liaison avec Jean Sainteny, haut commissaire au Tonkin, Leclerc négocia avec Ho Chi Minh en mars 1946 un "modus vivendi" et l'organisation à venir d'une conférence à Fontainebleau … C'est ainsi que fut instaurée provisoirement, mais plus ou moins appliquée, une trêve avec le Viet Minh permettant au corps expéditionnaire de débarquer au Tonkin.

 

Les Britanniques nous aidèrent : nos diplomates avaient obtenu la disposition du matériel d'une division gurkah si bien qu'en deux mois le 5ème cuir était équipé de blindés légers et j'étais à la tête d'un peloton de 4 sous-officiers 25 engagés volontaires, 4 scout cars et 2 automitrailleuses : le rêve pour un jeune officier ! …

 

Dès le 6 mars le régiment pouvait former une colonne dénommée alfa dont je faisais partie et quittait la Cochinchine pour la reconquête du Laos.

 

Les Chinois au Laos grappillaient tout ce qui leur tombait sous la main et leur général ne voulait pas nous laisser la place avant la récolte du pavot … C'est avec eux, à Thakek, que nous avons ferraillé pour la première fois pour montrer notre détermination et fait la jonction avec un commando français formé à Ceylan et parachuté pour encadrer un maquis laotien.

 

Après des pourparlers avec les Chinois et la signature du "modus vivendi" avec les Vietnamiens, notre colonne se fraya un chemin à travers la cordillère annamite, entravée par des coupures et quelques embuscades de "viets", et déboula au centre Annam dans la plaine côtière de Hué. La population européenne de la région y avait été regroupée à la suite du coup de force japonais un an auparavant : on peut imaginer son accueil délirant à notre colonne, contrastant avec celui de la population annamite déjà prise en mains par la propagande du Vietminh …

 

Avec la libération de Hué, l'ordre était rétabli tant bien que mal en Annam, et la colonne alfa dissoute. Mon escadron franchit alors à nouveau la cordillère maintenant dégagée pour retrouver le calme du Laos.

 

J'étais stationné à Savannaketh et mon peloton rayonnait sur les pistes de la région, si pittoresque  avec ses salas, maisons sur pilotis, et sa population pacifique et accueillante, nous invitant aux bassis, leurs fêtes coutumières au cours desquelles nous aspirions avec des bambous l'alcool fermenté des jarres : nous vivions la paix.

 

Au mois de juin, nous retrouvions la Cochinchine. C'est là que nous apprîmes en septembre l'échec de la conférence de Fontainebleau et les attentats du 19 décembre à Hanoï : le Vietminh déclenchait l'insurrection générale, c'était désormais la guerre.

 

Le PC du régiment était cantonné à Thu Dau Mot et mon escadron à proximité, Saigon étant à 25 kilomètres. La zone d'insécurité s'étendait déjà à ses portes mais la vie y avait pris un rythme trépidant avec une population grouillante et trafiquante voisinant avec Cholon la chinoise, ses tripots et son dancing du Grand Monde.

 

Mon peloton était requis pour la sécurité de convois les plus divers avec une hantise de l'embuscade qui tendait à s'émousser avec la routine, il fallait y veiller … Mes missions me conduisirent dans le delta du Mékong, la plaine des joncs, les plantations d'hévéas et jusqu'au Cambodge à Angkor visité alors en automitrailleuse !

 

En janvier 1946, l'escadron était affecté dans le Sud Annam, au secteur de Phan Rang tenu par le 2ème Régiment Etranger d'Infanterie : Malgré l'agrément des permissions à Saigon, j'étais heureux de quitter l'ambiance trouble de la Cochinchine pour garder en mains mon peloton et partager avec la Légion une vie plus opérationnelle, d'autant plus que j’étais détaché auprès du 2éme bataillon à Ninh Hoa, loin de mon escadron. Ma vie était celle du bataillon : je prenais mes repas à la popote des officiers avec lesquels se nouera au fil des jours une camaraderie à toute épreuve.

 

Nous menions une vie de poste, identique dans les quatre postes échelonnés sur une soixantaine de kilomètres de la côte d'Annam dans les principaux villages ou les points stratégiques. C’était là la tradition de bâtisseurs des légionnaires. Le secteur était apparemment calme mais le Vietminh réfugié sur les contreforts de la cordillère y entretenait une menace latente et féroce sur la population : c'est contre ces refuges que nous menions des incursions. Nos petits blindés agissaient dans ces opérations en appui de la Légion, aussi près que le permettait le terrain et la virtuosité de nos pilotes : le matériel était alors mis à rude épreuve, avec des franchissements d'obstacles ou de coupures et des embourbements.

 

Souvent, c'est à pied que nous intervenions, en particulier pour dresser des petites embuscades de nuit sur les accès de Ninh Hoa, dans de longues attentes sans succès, en proie aux moustiques … un soir cependant avec quatre de mes hommes, nous capturâmes un contrevenant au couvre-feu … C'était le responsable Vietminh local effectuant une liaison avec une liasse de papiers compromettants.

 

Nous fûmes relevés fin mai 1946 par un escadron de spahis et je quittai provisoirement le secteur pour un regroupement de l'escadron sur les Hauts Plateaux à Dalat. Nous profitâmes du calme de cette belle station d'été pour un repos de nos équipages et la révision de nos matériels bien éprouvés.

 

La pause fut brève mais je restais en pays Moï, chez les montagnards qui résistaient à la pression marxiste du Vietminh. Le secteur de Ban Me Thuot était tenu par des coloniaux auprès desquels je fournissais l'appui de mes blindés légers dans les postes de M'rok et Cheo Reo en pleine jungle, tenus par la troupe locale et l'Infanterie de Marine et ravitaillés par parachute. Ces postes étaient sommaires, construits en bambous et couverts de feuilles de latanier. L'un d'eux brûlera en quelques minutes, le temps d'évacuer les véhicules, mais non les paquetages … Il fallut une corvée d'une centaine de coolies pour le reconstruire.

 

Dans ce pays splendide, situé encore dans les "blancs" des cartes de l'Indochine, la population était restée très primitive, armée d'arbalètes et de flèches pour la chasse ; les pistes étaient rares et peu praticables aux véhicules si bien que c'est souvent à pied que nous opérions avec les coloniaux, pour "aérer" les postes. Il nous est arrivé ainsi à déloger quelques Bodoï qui avaient poussé des avant-postes depuis l’Annam.

 

Au mois d’octobre, je retrouvais la Légion et mon bataillon : la situation du secteur de Phan Rang ne s'était pas améliorée, le cantonnement du peloton avait même été harcelé un soir et un autre jour, sur la route du littoral, mon tireur au F.M. fut blessé à mes côtés dans une embuscade : ces actions démontraient bien que le Vietminh tenait toujours la population sous sa contrainte.

 

Début 48, je fus relevé par un camarade venu de France : c'était mon tour de céder mon commandement tandis que le rapatriement de mes hommes commençait à s'échelonner. Deux années s'étaient écoulées et c'est avec émotion que je quittais le peloton qui m'avait donné tant de satisfactions par sa cohésion et son entrain exemplaire en toutes dures circonstances.

 

Quittant mon escadron, je fus affecté au PC du régiment à Thu Dau Mot, en disponibilité de commandement pour des missions d'escorte de convois fluviaux dans le delta du Mékong. Malgré son pittoresque, j'appréciais moins le job : il s'agissait  d'acheminer des convois de grosses jonques de riz des lieux de production vers les marchés de Mytho ou Vinh Long. Le commerce était chinois et la troupe cambodgienne, armée sur mon bateau de commandement de 3 mitrailleuses … il nous arrivait d'essuyer quelques rafales des rives de l'arroyo, dues probablement à un manque de coordination entre le Vietminh et les chinois, mais les convois passaient !

 

En quittant Saïgon par avion en juillet 1949, j'étais marqué par beaucoup d'aventures et de souvenirs, mais je ressentais en même temps l'amertume de voir déjà saccagée cette Perle de l'Extrême Orient.

 

Je n'y suis jamais retourné, appelé à servir sous d'autres cieux, mais j'ai toujours suivi passionnément son évolution au cœur de la tourmente : j'y avais connu la guérilla, les affrontements avec le Vietminh y ont dégénéré en une guerre sans merci.

 

De 1946 à 1954, 17 gouvernements se sont succédés à Paris dans l'incapacité de définir une conduite… Les effectifs du corps expéditionnaire furent été multipliés par quatre pour terminer par une défaite militaire. Les accords de Fontainebleau de 46 auraient-ils tenu ? Le Vietnam comme le Cambodge et le Laos ont bien accédé à l'indépendance totale en 1950 mais le conflit indochinois s'était internationalisé et le parti vietminh radicalisé : en 1975 sa chape de plomb s'étendait sur tout le Viet Nam. »

  

Général Paul Renaud.

 

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Publié le 2 Février 2014

Plongee-St-Victor

 

Est-ce le ciel assombri par de sombres nuages menaçants ?

C’était le 5 décembre 2013, température fraîche, de la neige visible sur des sommets, je faisais route vers « Le Bourget-du-Lac » (73) pour rejoindre une équipe de Légionnaires-plongeurs du 1er REG. Je me suis alors souvenu de la légende de Sainte-Barbe, vers l’an 230. Barbe la fille d’un riche seigneur fut enfermée dans une tour tandis que son père partait en expédition. A son retour son père découvrit que sa fille s’était convertie au christianisme et tenta en vain de lui faire renoncer à sa foi. Jugée, torturée, condamnée à mort, Barbe eut la tête tranchée par son père qui avait tenu à être le bourreau pour accomplir cette immonde besogne. Mal lui en a pris car il fut frappé immédiatement par la foudre qui réduisit son corps en cendres et précipita son âme en enfer. Sainte-Barbe s’était révélée puissance de feu et devint la patronne de tous ceux qui présents et à venir manieraient la poudre ou les explosifs…

Sainte-Barbe patronne de l’arme du Génie fêtée comme il se doit à la Légion étrangère en associant l’image du légionnaire combattant et celle du légionnaire sapeur. Grandeur des soldats et bâtisseurs un état d’esprit résumé par l’exécution d’un ordre célèbre au Maroc à la fin du XIXème siècle pour creuser un tunnel : « La montagne barrait la route. L’ordre fut donné de passer. La légion l’exécute ! ». Au Bourget-du-Lac en ce mois de décembre pas de tunnel à creuser mais un site naturel propice à des entraînements pour des « Plongeurs de Combat du Génie » (PCG) pour des Légionnaires-plongeurs du 1er REG.

 

Les « PCG » sont les plongeurs de l’Armée de terre française autrefois appelés « SAF » (Spécialistes de l’Aide au Franchissement) puis « PAT » (Plongeurs de l’Armée de Terre). A leur création, leur mission principale était l’aide au franchissement des véhicules blindés. Ils sont toujours formés et entraînés à la reconnaissance des berges et des zones de franchissement possibles et en se tournant vers les interventions offensives. Les « PCG » évoluent dans les milieux d’eau douce, lacs, fleuves, rivières, étangs, réseaux souterrains inondés, etc… Evoluer en milieu difficile avec de l’eau froide, turbide, du courant peu ou pas de visibilité, de jour comme la nuit, nécessite une compétence technique et une condition physique irréprochable. Le légionnaire est avant tout un combattant avant d’être un spécialiste et donc apte à remplir des missions militaires classiques comme celles qui exigent des savoirs faire reconnus dans le domaine de l’amphibie. Une mission amphibie est exigeante, délicate pour combiner les difficultés du milieu maritime, aérien et terrestre. Maîtriser l’environnement pour garantir la sécurité des forces engagées et la coordination des manœuvres parfois dans un cadre international sous commandement de la Marine Nationale pendant la phase de débarquement. Appréhender les conditions météorologiques est essentiel pour la réussite d’une action amphibie.

 

Pour percer un dispositif ennemi au meilleur endroit et au meilleur moment il faut tenir compte de multiples paramètres tactiques et terrestres en exploitant les atouts d’une force amphibie : furtivité, mobilité, endurance et puissance de feu en synergie avec les moyens terrestres à débarquer sur une côte défendue mais reconnue car contrôlée et préparée par l’action de forces avancées le renseignement est initié en amont par les FS (Forces Spéciales). Commandos marine et plongeurs démineurs, spécialistes de la guerre des mines planifient et conduisent des raids nocturnes de reconnaissance offensive pour donner au Commandant du groupe amphibie une solution de débarquement tout en préservant un effet de surprise capital pour la suite des opérations et la conquête des objectifs.

 

Commandos marine, nageurs de combat, membres des forces spéciales, spécialistes de la guerre des mines, renforts souhaitables de « PGC » de l’Armée de terre, ils participent tous lors d’opérations amphibies à des actions de forces avancées, à la lutte contre les mines pour renseigner, reconnaître des itinéraires pour atteindre des points clefs, déminer, neutraliser des défenses, réussir les missions assignées par l’Etat-Major… La plongée est un vecteur pour accomplir la mission assignée aux Légionnaires-plongeurs du 1er REG. Les PGC peuvent jouer un rôle d’interface pour collecter les renseignements au sein des Forces avancées avec une mission de transmission des renseignements au commandement des opérations pour faciliter la prise de décision stratégique au bon moment.

 

Le savoir faire dans l’ amphibie devient de plus en plus important au vu d’interventions pouvant être menées sur des côtes pour évacuer des ressortissants, débarquer en premier, participer à l’action de forces avancées à plusieurs composantes… En matière de combat en zone urbaine les capacités du génie participent à l’action des appuis pour réussir des opérations quelque soit le contexte offensif ou défensif en apportant une réponse à la question de la vitesse de mise en œuvre et de la réactivité des forces interarmes : ouverture de portes, mise en œuvre d’explosifs, déminage, ouverture de brèches d’itinéraires… Le 1er REG au sein de la 6e Brigade Légère Blindée (BLB) – Brigade à vocation amphibie – conduit par ailleurs l’expérimentation de la numérisation de l’espace de bataille pour le génie : intranet tactique, communication de manière optimale l’ensemble des systèmes d’informations entre eux…

 

Laissons les défis technologiques relevés par le 1er REG pour revenir à la plongée militaire et aux cursus « Plongeurs de Combat du Génie » de l’Armée de terre. Le CTE (Certificat Technique Elémentaire) de « Plongeur de Combat du Génie » (PGC) donne par divers modules de stage une formation permettant d’exercer un rôle de plongeur de combat en quartier comme en opération associant pratique intensive à théorie détaillée. C’est une formation obligatoire pour les officiers, sous-officiers militaires du rang pour des volontaires aptes médicalement et…parachutistes. La formation « Spécialiste des techniques subaquatiques » a pour but de former de jeunes plongeurs sortant de la formation de base à la plongée militaire en eaux intérieures (AIRBASE 40).

La formation « Réseaux suburbains » a pour but de former les plongeurs de l’armée de terre à réaliser des missions d’appui en zone urbaine et elle est ouverte aux brevetés « STS » (Spécialiste Technique Subaquatique) donnant ainsi une qualification pour évoluer en réseau suburbain.

La formation « Chef d’équipe Plongeurs de l’Armée de Terre » (PAT) a pour but de former des officiers et des sous-officiers plongeurs de l’armée de terre qualifiés TECHPAT au commandement d’une équipe de plongeurs dans le cadre des missions communes des PAT.

La formation « Directeur de plongée » a pour but de former les responsables plongeurs de l’armée de terre à la direction des activités nautiques pour la partie sécurité. Elle est ouverte aux officiers qualifiés STS ou sous-officiers BSTAT et qualifiés STS.

La formation « Reconnaissance à l’oxygène » ou module de formation de « chef de mission de plongée à l’oxygène » a pour but de donner aux officiers et sous-officiers une formation leur permettant de diriger un groupe de plongeurs à l’oxygène engagés dans une mission de type intervention offensive en totale discrétion, dans la frange des contacts. Elle est ouverte aux officiers qualifiés STS ou sous-officiers qualifiés STS.

Notons que pour les sous-officiers des spécialisations supplémentaires sont ouvertes dans d’autres cursus :

  • CT1 plongeur de combat du génie : formation des sous-officiers au commandement d’une équipe de plongeurs dans le cadre de toutes leurs missions en opération.
  • FS2 plongeur de combat du génie : formation permettant d’exercer un rôle de directeur de plongée et de chef de détachement au quartier comme en opérations.
  • Dépollution subaquatique : il s’agit d’un stage ayant pour but de donner aux plongeurs de combat du génie (PGC) une formation leur permettant d’éliminer les munitions immergées en opération.
  • OXYBASE : Pour les spécialistes militaires de travaux subaquatiques : formation aux recycleurs (appareils à circuit fermé) dans le cadre d’une infiltration subaquatique, en toute sécurité.

Les PCG utilisent le matériel en service au sein de l’armée française, ainsi que divers matériels spécifiques : kayaks, recycleurs à O2 à circuit fermé pour la discrétion dans l’approche tactique, pistolets mitrailleurs HK MP5, MINI UZI avec modérateur de son en arme d’auto défense pour les PAT, lot de rappel hélicoptère et lot d’escalade permettant des franchissements verticaux sur des ouvrages d’art ou en suburbain…

Mais avant de suivre les différents cursus il faut au préalable suivre volontairement une formation élémentaire qui se déroule à l’Ecole de Plongée de la  Marine Nationale - BCRM TOULON - à Saint-Mandrier (83).

Un candidat apte médicalement et apte à la plongée, breveté parachutiste après la réussite de tests de sélection va pouvoir suivre une formation « plongeur de bord » puis une formation de « travaux sous-marins », un stage de spécialiste de techniques subaquatiques (STS), des modules Tech PAT et Tech PCG (Techniques plongeurs de l’armée de terre - Techniques plongeurs de combat du génie). Un PCG (Plongeur de Combat du Génie) peut servir en tant que PCG dans les régiments du génie mais aussi en tant que PAT (Plongeur de l’Armée de Terre) dans les régiments des forces spéciales.

Signalons que la Division Formation Plongeurs (DFP) à l’ESAG (Ecole Supérieure et d’Application du Génie) d’Angers dispensait un stage de qualification Intervention Offensive (plongée à l’oxygène) pour développer un savoir-faire en reconnaissance de zone à différentes profondeurs et en réseaux suburbains et exfiltration en toute discrétion. Le stage en Intervention Offensive (I.O) pour enseigner la technique et la maîtrise parfaite de l’appareil 02 en circuit fermé se déroule à l’Ecole de Plongée de la Marine Nationale.

Au sein du Génie la formation militaire à la plongée « réseaux suburbains » est propice à des échanges avec d’autres armées en Europe compte tenu de la maîtrise reconnue des plongeurs de l’armée de terre formés au combat en zone urbaine. Rappelons que les plongeurs de l’armée de terre participent à de nombreuses missions. L’intervention offensive : c’est le cœur du métier et le plus dur. Après une infiltration en zone hostile à l’aide de « FROGS » (appareil de respiration à l’O2 en circuit fermé) ils doivent être en mesure, en toute discrétion, de réaliser des destructions d’infrastructures, le minage et le déminage de sites aquatiques. L’Aide au déploiement : mission typique du génie, les plongeurs effectuent toute une série de travaux subaquatiques comme la soudure, le découpage ou encore le sciage. Ils sont capables, également de dégager des obstacles par utilisation d’explosifs. L’Aide au franchissement : ils assurent la formation des équipages dans l’apprentissage du franchissement amphibie ou submersibles. Ils assurent la reconnaissance des berges ainsi que la sécurité pendant le franchissement. Faire face à des missions de type : attaque et destruction d’objectifs fluviaux et/ou terrestres, reconnaissances et renseignements dans la profondeur, actions commando par voie aquatique, assaut de réseaux souterrains en zone urbaine, débarquement de force amphibie, mobilité, intervention sur objectif, évacuation de ressortissants, assistance à la force, missions du service public, missions en protection et en défense civile lors d’opérations intérieures…

 

Depuis sa création le 1er REG a été engagé sur tous les territoires se forgeant une solide expérience opérationnelle. Le monde est complexe, surprenant et versatile et de nouvelles menaces exigent des adaptations pour des forces militaires qui s’efforcent d’aller de l’avant. Les Légionnaires sont volontaires pour servir la France avec honneur et fidélité. Chaque légionnaire est un frère d’armes, quelle que soit sa nationalité, sa race ou sa religion. En manifestant toujours à son frère d’armes la solidarité étroite qui doit unir les membres d’une même famille le légionnaire sait que la mission est sacrée qu’il lui faut l’exécuter jusqu’au bout et, s’il le faut, en opérations au péril de sa vie. Cela résume l’esprit de la Légion étrangère, institution et société militaire d’exception. En son sein se côtoient des héros et des oubliés de l’Histoire : c’est un univers modèle d’intégration. A la Légion, il est interdit d’interroger un homme sur son passé. L’engagement est à cette condition. C’est un pacte, comme celui qui lie un prêtre au pénitent. On oublie tout, pour pouvoir tout exiger. Le secret est une possibilité acceptée, une condition de la liberté avec l’effacement proposé pour une autre histoire, une autre vie au service de la France. Les « Français par le sang versé » ne vivent que pour leurs idéaux…

 

Jean de Saint-Victor de Saint-Blancard (cet article a été publié dans la revue Plongée Octopus).

 

Remerciements :

Monsieur Jean Yves Le Drian - Ministre de la Défense - Le SIRPA Terre – Monsieur le général de division Christophe de Saint-Chamas – Monsieur le commandant la Légion étrangère – Monsieur l’Officier presse de la DCILE – Relations médias-presse – Monsieur le Colonel Coulet, Chef de corps du 1er REG – Monsieur l’Officier de communication du 1er REG – Monsieur le Capitaine de Frégate Frédéric Morio, commandant l’Ecole de Plongée de la Marine Nationale - BCRM Toulon -  http://www.defense.gouv.fr/marine - Monsieur le Lieutenant-colonel Pascal Jeanmougin - Monsieur le Chef du Département Eaux Intérieures - Ecole de Plongée de la Marine Nationale Saint-Mandrier / Angers.

 

 

Tous les Légionnaires rencontrés au Bourget-du-Lac (73) les 5 & 6 décembre 2013 et à l’Ecole de Plongée de la Marine Nationale les 21 & 22 janvier 2014 sans oublier les Instructeurs du Département Eaux intérieures - Ecole de Plongée de la Marine Nationale - BCRM Toulon.

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Publié le 26 Janvier 2014

 

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Le Comité de Puteaux organise son assemblée générale, le 1er février 2014, à 9h45, dans la salle du conseil municipal.

 

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Le Comité de Châtillon organise son assemblée générale le samedi 8 février 2014 à 9h30, salle Gabriel Péri, 25 rue Gabriel Péri à Châtillon.

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Le Comité de Levallois-Perret organise son Assemblée générale le mercredi 18 février 2014, à 18 heures, au Pavillon des Fêtes de la place de Verdun à Levallois-Perret.

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Publié le 26 Décembre 2013

 

Vokaer-Le Quinio

 

 

La Délégation des Hauts-de-Seine du Souvenir Français vous présente tous ses meilleurs vœux pour la nouvelle année 2014.

Mais auparavant, notre dernière pensée  pour 2013 sera pour les deux soldats du 8e RPIMA de Castres, tués en Centrafrique, Nicolas Vokaer et Antoine Le Quinio. Que leur sacrifice ne soit pas oublié et qu’il ne soit pas vain.

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Publié le 23 Décembre 2013

 

Pierre Guillaume

 

De la Bretagne à l’Indochine.

 

Né le 11 août 1925 dans une famille de militaires – son père est général de division – Pierre Guillaume est le troisième enfant d’une fratrie de quatre: les filles Monique et Claude succèdent aux garçons Pierre et Jean-Marie.

 

Après des années d’études chez les Jésuites à Paris, il intègre le collège de Saint-Malo. Grand, mince, blond – presque roux – avec des yeux bleus, Pierre Guillaume semble destiné à un métier au grand large. Après la Seconde Guerre mondiale, il intègre l’Ecole navale dont il sortira diplômé en 1948. Dès 1945, alors qu’il est encore matelot de 3e classe sans spécialité, il embarque sur le navire le Duquesne pour la Cochinchine et sa capitale, Saigon pour un premier séjour. En décembre 1947, de retour à Brest, le jeune marin passe ses examens, qu’il réussit, et est nommé au grade d’enseigne de vaisseau. Retour en Indochine l’année suivante où il sert à bord de l’aviso Commandant de Pimodan. Il reçoit le baptême du feu au Cambodge où son navire est chargé de faire la chasse aux contrebandiers. A plusieurs reprises il n’hésite pas à mettre pied à terre pour aller débusquer ceux qu’il doit arrêter sur mer…

 

Quelques mois plus tard, il est envoyé en Chine à Shanghai pour récupérer les quelques Français restés en dépit de l’avancée des communistes de Mao Zedong. Pierre Guillaume revient très marqué de son séjour où il a vu des massacres de Chinois nationalistes. Il poursuit sa mission contre les contrebandiers et les rebelles du Vietminh au Tonkin jusqu’en 1950.

 

Par la suite, il fait encore un séjour en Indochine entre 1953 et 1955. Après les accords de Genève (mai – juillet 1954), Pierre Guillaume, désobéissant aux ordres qui lui ont été donné, organise la sortie de milliers de catholiques du Tonkin. Il ne veut pas revivre les horribles massacres de Chine. Son bateau, la Pertuisane, devient terre d’accueil. Dans son livre On l’appelait le Crabe-Tambour, Georges Fleury indique : « Tout autour de la Pertuisane, la mer heureusement très calme est couverte de radeaux et de sampans. Des cris d’enfants se mêlant à des cantiques, un curé étreint Pierre qui, soudain saisi par une puissante vague d’émotion, se laisse embrasser. Le prête le lâche, s’agenouille, se signe, balbutie une prière et baise le pont comme s’il s’agissait de la Terre promise ». En quelques semaines, près de quinze mille catholiques seront recueillis par Pierre Guillaume et son équipage.

 

Bien des années plus tard, à l’occasion d’une interview, Pierre Guillaume indiqua : « Qui se souvient de ces curés vietnamiens qui pleuraient en embrassant le pavillon français à l'arrière de nos bateaux ? Qui se souvient de ces jonques, de ces sampans, de ces radeaux de bambou portant des familles entières qui chantaient des cantiques ? Ils voguaient à demi immergé, vers la terre promise symbolisée par le pavillon français … J'ai vu des réfugiés chanter les matines sur des bateaux, en actions de grâce. J'ai vu des femmes mettre un enfant au monde sur un radeau de bambou. Chaque paroisse avait sa bannière. C'était cela la chrétienté ! Chaque transport était un miracle ».

 

Terriblement affecté par ce qu’il considère comme un abandon de territoires et de populations, Pierre Guillaume rentre seul en France, à bord d’une jonque. Le voyage n’est pas simple. Il finit par s’échouer sur les côtes de Somalie où un temps il est retenu prisonnier.

 

En 1956, enfin il rentre en France et retrouve son épouse et ses enfants. Mais le malheur ne le quitte pas. Il apprend le décès de son frère, alors jeune lieutenant en Algérie au sein d’un commando parachutiste.

 

 

En Algérie.

 

Pierre Guillaume demande son transfert dans l’armée de terre et intègre le commando que commandait son jeune frère. Comme Jean-Marie a été le premier tué de l’unité, elle prend son nom. Pendant près d’une année, le Commando Guillaume monte des embuscades et des raids dans la région de l’Ouarsenis, réduisant fortement les forces des fellaghas. Puis, il est nommé à l’état-major et devient l’adjoint marine du général Challe. Il suit les idées de son supérieur pendant le putsch d’Alger et est arrêté. Il est condamné à quatre années de prison avec sursis. Poursuivant ses idées jusqu’au bout, Pierre Guillaume rejoint l’Algérie en 1962 et s’enrôle dans l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète). Il verse dans la clandestinité. De nouveau arrêté en mai 1962, il va effectuer quatre années de prison en métropole, à Tulle, où il côtoie ses camarades putschistes comme les généraux Salan et Jouhaud, les colonels de Sèze, La Chapelle ou encore les commandants Camelin, Robin et Hélie Denoix de Saint-Marc.

 

Après ses années de captivité, il travaille pour des sociétés d’affrètement maritime et devient conseiller à la sécurité maritime du Royaume d’Arabie Saoudite. En 1978, il affrète le bateau qui emmène le mercenaire Bob Denard aux Comores, où un coup d’Etat est déclenché peu après…

 

Défenseur du peuple karen en Birmanie, tenant des chroniques sur l’antenne de Radio Courtoisie pendant des années, emblème de la France pour les nationalistes, la vie de Pierre Guillaume devient une saga grâce à l’ouvrage de Pierre Schoendoerffer – lui-même ancien d’Indochine et ami du lieutenant de vaisseau – le Crabe-Tambour, qui sort en 1976.

 

 

La légende.

 

A la suite du livre, l’auteur réalise un film deux années plus tard, qui connait un grand succès avec plusieurs Césars à la clé. La légende est en marche…

 

Pierre Schoendeorffer : « C’était un de ces capitaines légendaires ! Donc on a fait connaissance, et l’on s’est pris de sympathie. Quand j’ai commencé à écrire mon livre, Le Crabe-tambour, je me suis dit qu’il y avait dans son histoire quelque chose qui m’intéressait. Ce n’est pas sa biographie, c’est mon histoire telle que je l’ai rêvée... J’ai dédié mon roman à mon fils cadet, Ludovic, parce qu’enfant, il avait un petit ventre rond sur lequel il tambourinait, et comme il marchait à quatre pattes et de travers, je l’appelais le crabe. D’où le Crabe-tambour ! Vous voyez, c’est quelque chose de tout à fait personnel. Ce n’est pas sa vie, ce n’est pas la mienne. C’est autre chose ».

 

Pierre Guillaume, qui vivait depuis des années sur un bateau dans le port de Saint-Malo, meurt le 3 décembre 2002. Alors, il rejoint son jeune frère Jean-Marie dans le caveau familial placé au cimetière de Rueil-Malmaison.

 

 

Sources :

 

www.wikipedia.org/fr

www.larousse.fr

Site des anciens du Commando Guillaume : www.commandoguillaume.com

Pierre Guillaume, Mon âme à Dieu, mon corps à la Patrie, mon honneur à moi, Ed. Plon, 2006

Georges Fleury, On l’appelait le Crabe-Tambour, Ed. Perrin, 2006.

Article sur Pierre Guillaume dans la Revue historique des armées.

 

 

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Publié le 20 Décembre 2013

 

Asnieres collegiens Rancourt

 

Soucieux d’œuvrer auprès de la jeunesse, à la conservation de la mémoire de ceux tombés pour la France, le comité d’Asnières du Souvenir Français a financé deux déplacements sur un lieu de mémoire.

 

Après une école d’Asnières avec la visite du Mont Valérien par 121 écoliers des classes de CM2 (se reporter à l’article du 9 novembre 2013 sur ce site), c’est une classe de 3ème du collège Jean Macé de Clichy, ville dans laquelle il n’existe pas de comité locale du Souvenir Français, qui a pu se déplacer dans la Somme, vendredi 8 novembre dernier.

 

Ce déplacement est d’autant plus important que cette année débute les commémorations pour le centenaire de l’armistice de la Grande Guerre.

 

Les élèves de 3ème ont ainsi souhaité avec leur professeur d’Histoire Samuel Poirier, accompagné de Thierry Le Gac professeur de Sciences et secrétaire du Souvenir Français d’Asnières, déposés au nom de leur établissement et du Souvenir Français, une gerbe au mémorial de Rancourt.

 

Ainsi en présence de leur porte-drapeau, les élèves ont ensuite entonné l’hymne national. Le Souvenir Français se félicite de cette initiative qui a marqué ce déplacement dans la somme.

 

 

Thierry LE GAC

Secrétaire – comité d’Asnières du Souvenir Français

 

Retrouvez nous sur notre blog souvenir-francais-asnieres.fr ou sur notre facebook http://facebook.com/souvenir.francais.asnieres

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Publié le 1 Décembre 2013

 

ElianeJughon

Eliane Jughon.

 

 

Eliane Jughon est décédée le 9 février 2013 à l’âge de 87 ans. Dès sa jeunesse, elle avait participé à l’accueil des enfants déportés lors de leur retour en France. Engagée volontaire en Indochine en qualité d’opérateur cinéma, elle avait ensuite participé à la récupération des prisonniers libérés des camps du Vietminh. Puis, elle avait rejoint l’Algérie et servit au sein du Service Social des Armées.

 

Elle quitta l’Armée avec le grade de sergent-chef. Résidant à Colombes, elle y avait créé en septembre 1970, la première “Mini-School’’ chargée d’enseigner l’anglais aux tous petits. Ecole maintenant présente dans de nombreux départements en France et en Outre-mer, grâce à l’action de son président, Olivier Jughon, qui a pris la succession de sa mère depuis une vingtaine d’années.

 

Sylvie Jughon, fille d’Eliane, nous a fait parvenir le livre « Trente Centimes » (éditions Lettres du Monde) qu’Eliane Jughon avait publié en 1994. Voici un extrait relatif à la libération des prisonniers français des camps du Vietminh en 1954.

 

« En 1952, je m’engage dans l’Armée coloniale en tant que Personnel Féminin de l’Armée de Terre (PFAT) comme opératrice de cinéma. Ce choix correspond au fait que je n’ai pas envie de faire du secrétariat dans un bureau, que je ne veux pas plier des parachutes à longueur de temps, que la mécanographie m’est étrangère et que je ne suis ni assistante sociale, ni infirmière.

 

En 1952, je rejoins la caserne où nous jouons au petit soldat : nous faisons nos classes ; on nous apprend à nous mettre au garde à vous, à saluer, à faire nos lits au carré, à exécuter des quarts de tour, des demi-tours, à marcher au pas ; des tas de choses indispensables à la vie d’une femme. Nous avons d’affreux uniformes kakis et des calots sur la tête. Nous défilons en chantant dans les rues de Versailles, les plus petites devant, les grandes derrière. Beaucoup de succès auprès des populations locales (…).

 

Je m’envole pour l’Indochine : c’est mon baptême de l’air ; cinq escales : Nice, Beyrouth, Bagdad, Karachi, Calcutta. A chaque escale, nous changeons de tenue avec la température qui se réchauffe considérablement. Vingt-neuf heures de vol : voyage merveilleux.

 

Je rejoins le service cinéma : dans la journée, je m’occupe des matériels ; le soir, je fais des séances dans la campagne environnante ; nous rentrons à toute allure pour ne pas nous faire tirer dessus. (…) Au bout de six semaines, je pars pour Hanoi, mon affectation définitive étant le Tonkin. Hanoi, plus sévère, plus froide, mais tellement fascinante. Je loge à la villa du service social ; car le service cinéma fait partie du service social. Une belle villa blanche entourée d’un jardin ; en bas, le mess ; en haut, les chambres. Le service cinéma est à environ quinze cents mètres, près du Petit Lac. Je commence par quelques séances de cinéma dans les environs avec le « Bourgogne », nom donné à la camionnette Dodge. Puis je pars pour Haiphong avec l’équipe « Alsace » ; je fais des séances de cinéma en ville, aux environs, à la base aérienne de Catbi (…). Il pleut ; pays triste. On patauge dans la boue. Secteur de Hung-Yen entièrement vietnamien ; c’est très intéressant de discuter avec les officiers autochtones ; ils parlent bien le français, croient en l’avenir du Vietnam avec la France ; ils sont tristes de voir l’emprise communiste sur leur pays, provoquant cette guerre qui les partage (…).

 

Le 7 mai 1954, à notre grande stupeur, car même si nous savions que ça allait très mal, nous pensions que nous ne pouvions pas perdre, Dien-Bien-Phu tombe. Un de mes équipiers y est ; il y mourra sur la route, en rejoignant les camps. Le service social réquisitionne les opératrices de cinéma pour convoyer les LCM (Landing Craft Medium, bateaux de débarquement) qui doivent procéder à l’échange de prisonniers avec les Viets.

 

A Viétri, après avoir rendu aux Viets leurs prisonniers, nous attendons leur bon vouloir pour récupérer les nôtres, quelquefois plusieurs jours ; en attendant, nous vivons sur les LCM dans un confort plus que précaire. Puis, nos prisonniers arrivent par vagues ; les Viets nous les rendent dans une ambiance de kermesse : violoneux, banderoles, on s’embrasse, on chante : « Ce n’est qu’un au revoir » et nous voyons arriver de pauvres bougres maigres, exténués, dont certains sont prisonniers depuis quatre ans. J’accueille sur « mon » LCM les trois premiers officiers libérés : deux lieutenants très fatigués et un jeune capitaine en assez bon état. Cap sur Hanoi. Sur le bateau, nous ravitaillons, soignons tous ces garçons et prenons leurs messages que nous irons télégraphier à leurs familles en arrivant. Le soir de ce jour, je suis littéralement kidnappée par les autorités militaires du Tonkin : « Comment ai-je trouvé ces trois officiers ? Que m’ont-ils dit ? Ont-ils tenu des propos communistes ? Il faut aller à l’hôpital pour les faire parler… ».

 

Le jeune capitaine, qui dans la suite sera Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants (NDLR : il s’agit de Jean-Jacques Beucler), pendant trois heures expose la situation, au Camp n°1, des officiers faits prisonniers sur la RC4 en 1950. Rapidement, ils ont compris que s’ils n’entraient pas le « système » des Viets, ceux-ci les laisseraient petit à petit mourir de faim et de démoralisation. Aussi, ont-ils accepté d’être politiquement rééduqués et ont-ils laissé croire qu’ils devenaient convaincus des bienfaits du communisme (…).

 

Puis, je repars pour Viétri chercher d’autres prisonniers. Sur le quai, à Hanoi, à chaque retour, le général Cogny, commandant en chef des Forces du Tonkin, accueille les prisonniers, puis route vers l’hôpital Lanessan.

 

Le 3 septembre 1954, nous ramenons pratiquement le reste des officiers prisonniers, tant les anciens de la RC4 que ceux de Dien-Bien-Phu, dont le général de Castries ; amaigri, fatigué, digne, il tombe dans les bras du général Cogny à la descente du bateau. Je ramène aussi sur mon LCM Daniel Camus, reporter à Paris-Match et Pierre Schoendoerffer, correspondant de guerre à Dien-Bien-Phu.

 

Savent-ils tous ces hommes, que j’ai ramenés de Viétri et pour qui j’ai été l’image de la liberté retrouvée, le service qu’ils m’ont rendu en me plongeant dans une époque extraordinaire ? C’est pour cela que, depuis, j’assiste à leurs réunions amicales qui, au début, avaient lieu tous les dix ans, puis tous les cinq ans et maintenant tous les deux ans ».

 

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