Publié le 28 Mars 2020

La bataille navale du Bouvet et du Meteor.

La guerre de 1870 ne fut pas que terrestre ! Prussiens et Français imaginèrent bien des scenarii : attaques sur la France par la mer du Nord d’un côté et débarquement en Allemagne de l’autre… Mais ses projets furent bien vite oubliés.

Cependant, des capitaines allemands décidèrent de défier les marins français : ainsi, en mer Baltique, le yacht Grille échangea des coups de canons avec un aviso français le 17 août 1870. Cela n’alla pas beaucoup plus loin. Au large de Brest, la corvette Augusta réussit à capturer trois navires marchands. Mais l’intervention de la frégate l’Héroïne obligea le navire allemand à se replier sur Vigo, en Espagne.

En fait, la canonnière Meteor livra le seul véritable combat naval du conflit.

Alors qu'il relâchait à Cuba, qui était colonie espagnole, la canonnière prussienne le Meteor fut découverte le 8 novembre par le navire français le Bouvet. Le capitaine de frégate Alexandre Franquet, commandant du Bouvet, lança un défi pour le lendemain à son homologue allemand, le Kapitänleutnant von Knorr, qui le releva. Le Bouvet quitta La Havane pour rejoindre les eaux internationales et attendre le Meteor qui arriva quelques heures plus tard, accompagné des bâtiments espagnols Hernán Cortés et Centinela, dont la mission était de s'assurer que le combat ne se déroulerait pas dans les eaux espagnoles, neutres.

Le Bouvet était plus rapide que son adversaire mais le Meteor compensait son manque de vitesse par une excellente manœuvrabilité. Le Bouvet avait été construit avec un surchauffeur à vapeur de chaudière placé sur le pont, sans aucune protection. Le capitaine Franquet, très conscient de la vulnérabilité de cette installation, avait fait édifier autour des protections de fortune avec des sacs de charbon et de sable et des chaînes.

Le combat commença à 14 h 30, lorsque le Bouvet ouvrit le feu à 4 000 mètres de son adversaire. Pendant les deux heures qui suivirent, les deux navires coururent sur deux lignes parallèles échangeant des bordées aux résultats insignifiants. Puis le Bouvet vira brusquement et se lança à pleine vitesse vers le Meteor afin de tenter une manœuvre d'éperonnage. Celle-ci réussit partiellement l'angle d'attaque étant mauvais, et le choc n’entraîna que la chute de la mâture du Meteor, dont le pont se couvrit de débris et de voilures mais qui eut surtout son hélice empêtrée dans les cordages. Les marins allemands essayèrent d'aborder le Bouvet mais ils ne purent mener à bien leur projet, car les deux navires ne restèrent en contact que quelques instants tandis que les Français, qui ne pouvaient faire usage de leur canon de proue trop ardu à manier, tiraient avec des fusils sur le pont adverse. Quasiment immobilisé, le Meteor était à la merci de son adversaire qui reculait pour prendre du champ et foncer à nouveau vers lui pour l'achever, lorsqu'un obus pulvérisa le surchauffeur du Bouvet. La vapeur s'échappant par le tuyau crevé, l'aviso s'immobilisa à son tour.

Hissant les voiles et bénéficiant d'un vent favorable, le Bouvet s'éloigna au plus vite du lieu du combat tandis que les marins prussiens s'affairaient frénétiquement pour libérer l'hélice du Meteor et se lancer à la poursuite du bâtiment adverse. Le Bouvet parvenant à rejoindre les eaux cubaines, les Espagnols intervinrent alors pour séparer les belligérants qui rentrèrent à La Havane.

Combat d'un autre âge où l'on se lançait des cartels, l'affrontement du Bouvet et du Meteor s'acheva sans vainqueur. Franquet fut promu capitaine de vaisseau en décembre 1870 et von Knorr reçut la Croix de Fer en 1871. Et il n’y eut plus de combats navals…

 

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Colonel Rousset, Histoire générale de la Guerre franco-allemande, Editions Taillandier, 1911.
  • René Chartrand, « La Havane, le 9 novembre 1870 : le Bouvet français contre le Météor prussien », Tradition magazine, no 236,‎
  • Etienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Paris, Editions Taillandier.

 

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Publié le 21 Mars 2020

Le destin tragique du sergent-chef Kelly.

La 82e division aéroportée US.

La 82e division aéroportée US – 82nd Airborne Division selon la terminologie américaine – est une division parachutiste des Etats-Unis d’Amérique. A l’origine division d’infanterie, elle est créée en août 1917 en Géorgie, avec des hommes provenant de tous les états des Etats-Unis, d’où son surnom « All Americans ». Elle entre en campagne en France en 1918 où elle voit disparaître 1.298 des siens au combat, et connait 6.248 blessés. Après guerre, elle est dissoute.

Reconstituée en 1942 en Louisiane, son premier nouveau chef est le général Bradley, qui se rendra célèbre tout au long de la Seconde Guerre mondiale. En octobre 1942, elle s’installe à Fort Bragg en Caroline du Nord ; elle se voit attribuer successivement le 504e régiment d’infanterie parachutiste puis le 505e para, de même que le 325e régiment d’infanterie. Elle devient donc unité parachutiste.

Projetée en Europe, la 82e Airborne débarque en 1943 en Afrique du Nord. Pour peu de temps, car elle prend part ensuite à la libération de la Sicile puis à la campagne d’Italie, avant d’être dirigée vers l’Angleterre où elle doit être fer de lance dans l’Opération Overlord.

Le soir du 5 juin 1944, les éclaireurs (pathfinders) de la 82e, équipés de balises radio et de moyens de communication, sont les premiers soldats alliés à décoller de la base de RAF (Royal Air Force) North Witham. Avec la 101e, elles vont à elles deux s’emparer de plusieurs places stratégiques dans le cadre du Débarquement. Ainsi, un détachement de la 82e enlève la petite ville de Sainte-Mère-Eglise.

Puis direction les terres normandes et la région parisienne…

 

Au pont de Saint-Cloud.

 

Sur son site internet, Gilles Primout a raconté l’histoire de Lawrence (Larry) R. Kelly : « Né en 1902 en Pennsylvanie le jeune Larry ne s'entend guère avec son beau-père de nationalité allemande, c'est pourquoi en trichant sur son âge il s'engage pour la durée de la Grande Guerre 1914-1918 dans le Corps expéditionnaire américain en Europe. Huit mois de campagnes lui vaudront deux blessures. De retour à la vie civile il se fait embaucher comme ouvrier dans un chantier naval. La Seconde Guerre Mondiale est déclarée, le sergent Kelly se porte de nouveau volontaire. Il sautera avec la 82° Division Aéroportée le 6 juin 1944 en Normandie. Blessé il sera versé dans un régiment d'artillerie où il s'occupe du mess. A 11h00 du matin, le 25 août 1944 il dévale au volant de sa jeep la rue Dailly de Saint-Cloud en direction de Paris. »

Là, un jeune résistant, du nom de David, sapeur-pompier de métier, selon Gilles Primout, est chargé de surveiller le pont de Saint-Cloud. La jeep arrive en trombe. Pris de peur, ou de panique – saura-t-on un jour ? – il tire. Le sergent Kelly est touché au bassin. Transporté dans la pharmacie la plus proche il y est soigné par des équipiers de la Croix Rouge. Rapatrié aux Etats-Unis il ne se remettra jamais de sa blessure et décèdera en 1946. Marcelle Thomas, la pharmacienne ne l'oubliera pas; elle échangera avec lui de nombreuses lettres et, à sa mort, fera apposer une plaque commémorative sur le lieu de la méprise.

Chaque année, une cérémonie du " Kelly Memorial " a eu lieu aux Invalides. Une couronne de bleuets est généralement remise au commandeur de l'American Legion par une association française.

 

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site de la ville de Saint-Cloud.
  • Page internet : http://www.liberation-de-paris.gilles-primout.fr/
  • Site Memorial GenWeb.
  • Livre du Conseil général des Hauts-de-Seine sur la Libération du département.
  • Journal Le Monde.
Le destin tragique du sergent-chef Kelly.
Le destin tragique du sergent-chef Kelly.

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Publié le 7 Mars 2020

A Puteaux, le 20e RAC d’Henri Erhard.

Henri Alphonse Erhard au 20e RAC.

 

Henri Erhard nait à Puteaux le 19 avril 1894. Appelé à faire la guerre en 1914, il est versé en tant que canonnier servant au 20e RAC (régiment d’artillerie de campagne).

 

Le 20e RAC a son casernement à Poitiers (département de la Vienne). Il est partie de la 9e brigade d’artillerie, qui est l’artillerie de la 17e division d’infanterie, elle-même composée des 68e régiment d’infanterie (casernement à Le Blanc dans l’Indre), 90e (Châteauroux dans l’Indre), 114e (Saint-Maixent dans les Deux-Sèvres) et 125e (Poitiers et Thouars dans les Deux-Sèvres).

 

En août 1914, le 20e participe à la bataille de Morhange puis à celle de la Marne. Sur le site Chtimiste, l’auteur indique : « certains historiens considèrent l’épisode de Sainte-Sophie (9 septembre 1914) comme un tournant de la bataille de la Marne. Les Allemands avaient engagé leur meilleure troupe (la Garde prussienne) pour percer à tout prix sur le plateau de la ferme Sainte-Sophie. Le 20e, sans aucune protection d’infanterie, voit arriver la garde jusqu’à 800 mètres devant leurs canons. Ils tirent à tir tendu, les Allemands sont fauchés ».

 

L’année suivante, le 20e est envoyé dans les Flandres, dans la région d’Ypres. Il sert de soutien à ses régiments d’infanterie à Neuville Saint-Vaast. C’est là que le jeune Henri trouve la mort, le 16 juin 1915.

 

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la ville de Puteaux.

 

Composition d’un régiment d’artillerie de campagne.

 

En août 1914, un régiment d’artillerie de campagne (RAC) est formé de 3 Groupes de 3 batteries d’artillerie.

 

Une batterie est armée avec 4 canons de 75. La batterie montée de 75 est la batterie traditionnelle de l'artillerie de campagne. Elle est commandée par un capitaine de l'armée d'active. Sur le pied de guerre, le personnel de la batterie est réparti en 9 pelotons de pièce. Chaque pièce est commandée par un maréchal-des-logis, assisté de un ou de deux brigadiers : les quatre premières pièces attellent chacune un canon de 75 et un caisson, avec deux avant-train, la 5° pièce attelle 2 caissons et 2 avant-train, la 6° pièce attelle 3 caissons et 3 avant-train, la 7° pièce attelle 3 caissons et 3 avant-train, la 8° pièce attelle la forge et le chariot de batterie, la 9° pièce attelle le train régimentaire qui comprend le chariot-fourragère et 3 fourgons à vivres.

 

Les 5 premières pièces constituent la batterie de tir, qui est placée sous les ordres d’un lieutenant de l'armée d'active. Les 6°, 7° et 8° pièces constituent l'échelon de combat, positionné 4 à 500 mètres en arrière de la position de tir, est placé sous les ordres d’un lieutenant de réserve. La 9° pièce constitue une partie du train régimentaire. Lorsque cette 9° pièce est réunie à la batterie, elle est placée sous les ordres d’un lieutenant de réserve.

 

Les moyens d’une batterie sont donc de : 3 officiers, 171 hommes, 168 chevaux, 22 voitures (dont 19 attelées à 6 chevaux et 3 attelées à 2) pour 4 canons. Chaque canon de 75 (dont le poids est de 1140 kg) emporte dans ses coffres un total de 120 coups (72 dans le caisson, 24 dans chaque avant-train). Les 8 caissons et avant-train emportent un total de 768 coups (8*72 + 8*24), soit 192 coups supplémentaires par canon de 75. La dotation initiale de la batterie est donc de 1248 coups de 75, soit 312 par canon.

 

La batterie agit au sein du groupe de batterie, commandé par un chef d'escadron. Chaque division d'infanterie comporte 1 régiment d’artillerie de campagne (RAC) à 3 groupes d'artillerie de campagne, soit 9 batteries. Chaque corps d'armée possède sa propre artillerie composée d’un régiment d’artillerie à 4 groupes, soit 12 batteries. On l’appelle l’artillerie de corps. Un corps d'armée à deux divisions d'infanterie aligne donc 30 batteries, soit 120 canons de 75. Avec la dotation contenue dans les 360 caissons et 480 avant-trains, la capacité de tir est de 37440 coups. Toutefois, même avec cette quantité énorme de munitions immédiatement disponible, la cadence élevée du 75 (20 coups par minute) en vient rapidement à bout (16 minutes en théorie) lors d'une préparation d'artillerie.

 

 

Sources :

 

  • Les Poilus, Pierre Miquel, Ed. Terre Humaine Plon.
  • Pétain, Marc Ferro, Fayard.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Page internet : http://www.alp22400.net/expo2014/rac1914.pdf
  • Site internet Memorial GenWeb – Fiche individuelle d’Henri Erhard.
  • Site Chtimiste sur les régiments de la Première Guerre mondiale.
A Puteaux, le 20e RAC d’Henri Erhard.

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Publié le 23 Février 2020

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Pierre Louis-Dreyfus de Ville d’Avray.

Biographie.

 

Alias : Pierre Heldé

 

Issu d'une famille alsacienne qui a choisi la France en 1870, Pierre Louis-Dreyfus est né le 17 mai 1908 à Paris. Son père était armateur et négociant.

 

Après des études au lycée Condorcet, il est conjointement licencié en lettres et en droit en 1928.

 

Appelé au service militaire, il entre comme élève officier de réserve à l'Ecole de cavalerie de Saumur en octobre 1928 et en sort en mai 1929 avec le grade de sous-lieutenant. Il est ensuite affecté au 6e dragons jusqu'à sa libération en octobre 1929. Reprenant la voie paternelle, il devient armateur en tant qu'associé de la société Louis-Dreyfus et Cie dont il est l'héritier. Rappelé en août 1939 en qualité de lieutenant au 2e régiment de dragons portés, il obtient deux citations au Luxembourg et en France avant d'être démobilisé.

 

Profondément patriote, il n'admet pas la défaite. Avec un groupe d'amis et de voisins de Saint-Jean Cap Ferrat parmi lesquels Emile Laffon, Jacques Bounin et Emmanuel d’Astier, il cherche le moyen d'agir. En 1941, il entre en contact avec la Résistance et plus particulièrement avec le colonel Vautrin sous les ordres de qui il s'occupe de coordonner les groupes de résistance dans le sud de la France au sein du mouvement Front National.

 

Evadé de France par l'Espagne le 18 décembre 1942, il atterrit en Irlande via Lisbonne en hydravion avant de parvenir en Angleterre en janvier 1943. Ayant demandé à servir dans une unité combattante, il rejoint, en avril 1943, après avoir été promu capitaine, la 1ère Division française libre en Afrique où il sert en qualité d'officier de liaison auprès de la 51e Division Highland écossaise.

 

Fin juillet 1943, Pierre Louis-Dreyfus est muté pour quelques jours seulement à la 2e DB avant d'être rapatrié fin décembre 1943 en Grande-Bretagne où il demande son affectation au Groupe de bombardement « Lorraine ». Il obtient son brevet de mitrailleur et rejoint le Lorraine en juillet 1944. Il effectue, sous le pseudonyme de Pierre Heldé, jusqu'en mai 1945, 81 missions de bombardement sur le front de l'Ouest (Belgique, Hollande, Allemagne). Il totalise 185,5 heures de vol de guerre et reçoit quatre citations pour son « activité inlassable » et ses « belles qualités professionnelles, militaires et morales » à l'occasion de ces opérations. Il est ensuite affecté comme représentant de l'Armée française auprès de l'Etat-major de la 137 Wing de la Royal Air Force.

 

Rendu à la vie civile, il redevient armateur et banquier. Refondateur du groupe Louis-Dreyfus à la suite de la guerre, il est à l'origine de la croissance importante de l'armement maritime au sein du groupe LD dans les années 60. Il est PDG (1967-1975) puis vice-président de la Société Louis-Dreyfus et Cie. Il a exercé par ailleurs un certain nombre de responsabilités et d'activités annexes. Il a été notamment vice-président du Conseil d'administration de la Société d’entraide des Compagnons de la Libération, membre du Conseil supérieur de la marine marchande et vice-président du Comité central des armateurs de France.

 

Coureur automobile de haut niveau, il a participé aux 24 heures du Mans à onze reprises entre 1931 et 1955. Il a été également délégué du ministre de la Jeunesse et des Sports auprès de la Fédération des sports automobiles et membre du Conseil de l’Ordre de la Libération depuis juin 1969. Pierre Louis-Dreyfus est décédé le 15 janvier 2011 à Neuilly-sur-Seine. Il est inhumé à Ville d'Avray dans les Hauts-de-Seine.

 

Décorations.

 

  • Grand Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (6 citations).
  • Médaille de la Résistance avec rosette.
  • Commandeur du Mérite Maritime.
  • Médaille des Evadés.
  • Officier du Mérite Sportif.
  • Officier du Mérite Touristique.

 

 

© Ordre de la Libération.

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Publié le 18 Février 2020

Ils ont répondu présent…

Ils sont là debout malgré leur grand âge, l’un d’entre eux sera bientôt centenaire, pour honorer de leur présence le vernissage de l’exposition « Le Flambeau du Souvenir – les anciens combattants maliens » qui se déroulait au siège de notre association le 12 février.

Quelques visages de notre département se croisaient tandis que notre président général ou son Excellence l’ambassadeur du Mali en France et son Excellence l’ambassadeur de France au Mali, évoquaient le passé de ces combattants venus de loin aider la France dans ses malheurs.

Dans leur regard, chacun devinait l’humilité du devoir accompli, l’enthousiasme de l’engagement, la force des liens avec Le Souvenir Français, héritier de Rhin et Danube, cette glorieuse et superbe 1ère armée française riche de toutes ses composantes et particulièrement de ses tirailleurs.

L’émotion était palpable lorsque notre président général épingla la médaille aux couleurs bleu, blanc, rouge du Souvenir Français sur la poitrine de ces valeureux.

 

Claude Guy (DG92)

Ils ont répondu présent…
Ils ont répondu présent…

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Publié le 9 Février 2020

Au capitaine Romer de Clamart.

Jacques Romer nait le 13 juin 1926 à Nouméa en Nouvelle-Calédonie. A l’âge de 21 ans, il intègre l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, Promotion Rhin et Danube (1947-1949).

 

Pour mémoire, la 1ère armée française est le nom donné aux unités militaires placées sous les ordres du général de Lattre de Tassigny et assignées à la libération du territoire français. Elle est d’abord connue sous le nom de 2e armée (26 décembre 1943) puis d’Armée B à partir du 23 janvier 1944. Ce n’est qu’en septembre 1944 qu’elle est officiellement appelée 1ère armée française. Elle a été surnommée Rhin et Danube en raison de ses victoires remportées sur le Rhin et la Danube entre le 31 mars et 26 avril 1945. Elle est la composante principale de l’Armée française de la Libération.

 

Jacques Romer intègre le 8e RPC (régiment de parachutistes coloniaux). Le 8e est créé le 1er mars 1951. Un an plus tard, il devient le 8e GPC (Groupement de Commandos Parachutistes) puis le 1er août 1953 le 8e BPC (Bataillon de Parachutistes Coloniaux). Son chef est alors le capitaine Tourret, qui s’illustrera à Dien Bien Phù, comme tous ses hommes. L’unité est dissoute le 19 mai 1954 au lendemain de la défaite en Indochine.

 

Le 4 novembre, il est recréé sous la forme de deux bataillons « Blizzard » pour l’Algérie. Un ancien parachutiste a écrit sur le sujet : « Le blizzard est un vent glacial accompagné de tempêtes de neige, précisent les dictionnaires. Vent ? Saint-Jean a écrit « le vent souffle où il veut ». Et tu entends sa voix. Mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. Eh bien, en Algérie, nous étions ainsi. A marcher, marcher. Crapahuter toute la journée. Nous étions envoyés sur une zone. Et après on marchait. Partout. Tout le temps. Les fellaghas que nous partons traquer vont l'entendre souffler, ce vent. Et nous allons les essouffler. »

 

Le « Blizzard » n°2 prend immédiatement l’appellation du 8e BPC. Du 1er mai 1956 date la création du 8e RPC qui devient le 8e RPIMa (régiment parachutiste d’infanterie de marine) le 1er décembre 1958. Ce régiment existe toujours et son casernement est à Castres, quartier Fayolle.

 

Quant à Jacques Romer, promu capitaine, il tombe pour la France le 10 janvier 1958, à l’âge de 31 ans, dans la région de Souk Ahras (département de Bône). Il était titulaire du grade de chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre des TOE avec deux palmes, Croix de la Valeur militaire avec deux palmes. Comme il habitait Clamart, son nom est inscrit sur le monument aux morts communal, ainsi qu’à Castres, au 8e RPIMa, et sur le mémorial AFN de Nanterre.

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Mémorial GenWeb : fiche individuelle – fiche du 8e RPC.
  • Gazette locale de l’Union Nationale des Parachutistes.

 

 

 

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Publié le 26 Janvier 2020

Comité de Vaucresson : disparition de François Goure.

François Goure, président du Comité du Souvenir Français pendant de nombreuses années et jusqu’en 2014, nous a quitté le lundi 20 janvier 2020, dans sa 101e année.

Ses funérailles se sont déroulées en l’église Saint Denys de Vaucresson le vendredi 24 janvier.

 

François Goure aura longuement marqué la vie patriotique de Vaucresson. Né en 1919, il intègre la prestigieuse Ecole Polytechnique en 1938, après avoir brillamment passé ses deux baccalauréats, à l'âge de 15 et 16 ans.

Mais arrive la Seconde Guerre mondiale : l’école ne cesse de fonctionner, mais est, comme toute la France, déchirée par les différents courants politiques. Les élèves de la promotion 1938 (dont François Goure) et ceux de la promotion 1939 de plus de vingt ans sont envoyées aux armées. Malgré l’insistance pour que l’école reste à Paris, elle se replie sur Villeurbanne après l’armistice du 22 juin 1940. Elle intègre les locaux de l’Ecole de santé des armées, en zone libre, et perd son statut militaire, tandis que ses locaux parisiens sont réaffectés à la Croix-Rouge française. Le général commandant est remplacé par un gouverneur, le service militaire de la promotion 1942 est remplacé par une année aux Chantiers de la jeunesse française, et malgré les revendications du gouverneur, les promotions 1942 et 1943 ne peuvent échapper au Service du Travail Obligatoire (STO).

Pas question pour François Goure de travailler pour les Allemands. Le jeune « conscrit » n’écoute que son courage, et après avoir été arrêté, il s’échappe, profitant d’un transfert des élèves. De là, il part pour Marseille, afin de se faire oublier des autorités françaises et surtout allemandes.

En 1943, François Goure se marie. De ce mariage, il aura sept enfants : un garçon et six filles ! Après la Seconde Guerre mondiale, en tant qu’ingénieur télécoms, il est envoyé au Maroc pour s’y occuper des installations téléphoniques. En 1957, après l’indépendance du royaume chérifien, il rentre sur la région parisienne pour travailler au CEA (Commissariat à l’Energie Atomique). Puis, il rejoint TDF (Télé Diffusion de France)  et ce jusqu’à sa retraite.

En 1976, il est durement éprouvé, ainsi que ses enfants, par la mort de son épouse, Claire. Il se remarie en 1978 avec Béatrice.

François Goure était très connu des vaucressonnais et des vaucressonnaises. Dès son installation dans cette ville, il adhère aux associations mémorielles et d’anciens combattants, puis prend en charge le Comité du Souvenir Français. Catholique pratiquant, il était aussi un des piliers de la paroisse de Vaucresson.

François Goure était chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur et dans l’Ordre national du mérite.

Toutes nos pensées et notre affection vont à sa famille et ses proches.

 

Alain Goussard – Président du Comité de Vaucresson du Souvenir Français.

Frédéric Rignault – Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine.

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Publié le 22 Janvier 2020

Président du comité de Meudon, Jean-Marie Duhaut s’est éteint.

Cette nouvelle nous est parvenue le dimanche 12 janvier 2020. Le comité de Meudon venait de perdre celui qui fut depuis 2002 son président et tenait à le demeurer jusqu’à l’échéance suprême.

Né en 1937 dans une famille de onze enfants en Haute-Saône, il restera profondément marqué par les années de guerre qui façonnèrent son jeune caractère et firent de lui un homme de conviction et d’engagement. Ces qualités furent d’ailleurs mises en œuvre, comme l’a très bien écrit son fils Jean-Marc, dès l’adolescence alors qu’il était apprenti à la Régie nationale des usines Renault où il réussit le certificat d’aptitude professionnelle de mouleur-noyauteur. Des fonderies aux bureaux, 45 ans durant, il servira à la Régie. Ce parcours professionnel ne sera interrompu que par son service militaire dans l’armée de l’Air, en Allemagne.

Plus avant dans sa vie, le sens du service le pousse vers les responsabilités locales qu’il assumera comme conseiller municipal de Meudon de 1971 à 1983 puis comme adjoint au maire jusqu’en 1989, chargé des Anciens combattants et des syndicats.

Enfin, sensible à la vie associative et aux besoins nombreux dans ce domaine, notamment celui de l’action mémorielle, il devient président du comité du Souvenir Français de sa ville d’adoption Meudon.

Il y a deux ans, il avait évoqué le souhait et la nécessité de transmettre la flamme du Souvenir pour la faire briller dans l’époque actuelle moins sensible à la question de la Mémoire partagée.

Dans les semaines qui viennent, il appartiendra au comité du Souvenir Français de Meudon de donner corps à ce souhait et à cette nécessité impérieuse de conforter sur place notre grande association mémorielle.

Jean-Marie Duhaut était chevalier de l’ordre national du Mérite et de la Légion d’honneur dont il était à juste titre très fier.

 

Claude Guy (DG92)

 

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Publié le 9 Janvier 2020

Joseph Colrat à Verdun.

Joseph Colrat nait le 30 mars 1894 à Buzeins dans le département de l’Aveyron, pays de volcans, des monts d’Aubrac, du château de Buzareingues. Pays de paysans, de gens de peu qui s’expatrient pour beaucoup vers la capitale pour y trouver du travail, ou plus loin, du côté de l’Amérique latine. Pays huguenot, meurtris par des siècles d’une histoire mouvementée…

 

C’est le temps où la République française a les yeux fixés sur son expansion coloniale. Elle suit attentivement les exploits de ses héros en Afrique, entre autres à Tombouctou. Bientôt un Ministère des Colonies est créé. Pendant ce temps-là, la ville de Lyon s’apprête, tout comme à Paris, à inaugurer son exposition coloniale. Et le chef du Gouvernement, Jean Casimir-Périer veut renouer le dialogue avec l’église dans un « esprit nouveau ».

 

Mais les temps changent rapidement. En juin 1894, le président de la République, Sadi Carnot, est assassiné par un anarchiste, Caserio, à Lyon. Puis, à l’automne, débute ce qui sera appelé plus tard l’Affaire Dreyfus !

 

Vingt ans plus tard débute la Première Guerre mondiale. Joseph Colrat est incorporé au 58e régiment d’infanterie. Classe 1914, il porte le matricule 1201 au Recrutement de Mende, en Lozère, et le numéro 6131 au Corps. Le 58e RI est alors stationné à Avignon et son dépôt est à Arles. Il fait partie de la 59E brigade d’infanterie, de la 30e division, du 15e corps d’armée. Au déclenchement de la guerre, l’unité est composée de trois bataillons.

 

Dès les premiers jours de la guerre, le 58 est appelé à servir en Lorraine. Il combat à Lagarde, dans la forêt de Bride puis à Koecking, où pas moins de 700 soldats sont mis hors de combat. Dans les jours qui suivent, à Dieuze, ce sont cette fois 1.200 hommes du régiment qui sont tués ou blessés.

 

Quelques semaines plus tard, le 58e RI participe à la Première bataille de la Marne. L’année suivante voit le régiment être à Verdun jusqu’au mois de mai, puis il est porté sur Reims jusqu’au 15 mars 1916. Là, retour sur Verdun alors que les combats font rage…

 

Depuis le 21 février 1916, Verdun est le théâtre de la plus grande, la plus sanglante, la plus démentielle bataille de la Première Guerre mondiale. Au mois de juin 1916, les Allemands sont tout près de Verdun dont ils peuvent apercevoir les spires de la cathédrale. Le général en chef allemand, Falkenhayn, croit la victoire à sa portée. Le 18 juin 1916, il fait bombarder le secteur avec des obus au phosgène. Mais 70.000 soldats allemands doivent attendre, l’arme à la bretelle, que le gaz se dissipe pour attaquer. Ce temps précieux est mis à profit par les armées françaises pour refaire les positions. Le 23 suivant, les Allemands réussissent une percée de 6 kilomètres et occupent la crête de Fleury.

 

Mais sur le front ouest, en Picardie, dans le même temps, les Anglais déclenchent une vaste offensive (la plus importante pour eux durant ce conflit). Qui plus est, de l’autre côté, plein est, les Russes avancent et les Italiens parviennent à faire reculer les Autrichiens. Le haut-commandement allemand décide de prélever du front de Verdun des unités entières, ainsi que des batteries : l’urgence n’est plus l’anéantissement de Verdun, donc de l’armée française, mais de colmater et repousser à l’ouest et à l’est. Le 11 juillet, Falkenhayn lance encore une attaque contre le Fort de Souville : après des heures et des heures de bombardement, des hommes de la Wehrmacht se hissent en haut du fort… pour être aussitôt fait prisonniers par les Français.

 

C’en est fini des attaques allemandes sur Verdun. Les Français reprennent l’initiative.

 

Extrait du Journal de Marche du 58e régiment d’infanterie : 1er août 1916. Des infiltrations ennemies se sont produites à la droite de nos tranchées. Le 58e est alerté et prend ses positions. A A6h, le 58 reçoit ses ordres : « Le 2 août à 13 h, le 61 RI attaquera le tranchée Bismarck dans le Bois Franco-Boche (ouest de la Côte du Poivre). Le 58 sera alerté à partir de 4h du matin. En exécution de cet ordre, la 3e compagnie sera portée dans la nuit à la tranchée de Lille. » Pendant toute la journée tir violent par rafales sur la Ligne intermédiaire.

 

2 août – Le 61e RI a pris la tranchée de Bismarck. Journée calme pour la Ligne intermédiaire mais tir violent sur le Bois de de Mauvé. A 22h, le colonel commandant la brigade donne l’ordre de mettre à la disposition de la 60e brigade à la tranchée de Lille, la 2e compagnie du 58 qui occupait encore la Ligne de soutien de la Ligne intermédiaire.

 

3 août – Quelques obus seulement sur le groupe Est et sur la Ligne intermédiaire.

 

4 août – Quelques obus sur la Carrière. Bombardement du ravin du Bois en T et du ravin des Trois Cornes. »

 

C’est malheureusement là que se trouvait Joseph Colrat. Ce jour-là, il est déclaré « Tué à l’ennemi ».

 

Joseph Colrat était le grand-oncle de Valérie Colrat, pilier du Comité de Châtillon du Souvenir Français. Un grand-oncle que Valérie n’a jamais connu.

 

 

Sources :

 

  • Archives familiales de Valérie Colrat.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site internet Chtimiste sur l’historique des régiments et des batailles.
  • Site du Ministère des Armées : Mémoire des hommes – Fiche individuelle Joseph Colrat et Historique du 58e régiment d’infanterie.
  • Site du Ministère des Armées : Chemins de Mémoire.

 

Joseph Colrat à Verdun.

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Publié le 22 Décembre 2019

Très bientôt 2020.

Mesdames et Messieurs les présidents de comité et adhérents du Souvenir Français des Hauts de Seine,

 

L’année qui s’achève a permis au Souvenir Français de poursuivre ses efforts de mutation, de modernisation, d’ouverture et de sensibilisation des personnalités, des médias et des jeunes générations. Pour autant, vous le savez bien, il faut persévérer et convaincre toujours plus afin que les rangs de notre association mémorielle ne s’éclaircissent pas mais se renforcent de générations nouvelles, retraités et étudiants notamment.

C’est pourquoi, je remercie vivement celles et ceux qui se sont investis personnellement dans nos projets, dépassant le cercle traditionnel de leur action.

Dans des conditions parfois surprenantes et des environnements locaux indifférents, nous avons réussi à rendre un légitime hommage aux soldats morts en opérations extérieures au cimetière communal de Bagneux, au cimetière parisien de Bagneux et à Nanterre.

Nous avons également rendu hommage à ce soldat mort pendant la « drôle de guerre » appelée « fausse guerre » par les Anglais ou « guerre assise » par les Allemands mais qui fit tout de même plus de 1500 soldats reconnus « Morts pour la France ».

À Nanterre, où nous n’avons pas de comité, nous avons pourtant rendu hommage à la demande d’une petite association à un marin du commando Kieffer tombé à Ouistreham.

Enfin, récemment, c’est François-Xavier Niessen, fondateur du Souvenir Français, mort il y a 100 ans, que nous avons salué en dignes héritiers de son intuition et de sa réalisation majeure.

Mais à peine évoquées, à grands traits, ces actions de 2019, qu’il nous faut envisager celles à venir.

2020, en effet, constitue déjà une année mémorielle importante car elle sera marquée au long des mois par de nombreux anniversaires, autour de la personne du général de Gaulle puisqu’il s’agira du 130e anniversaire de sa naissance, du 80e  anniversaire de l’appel du 18 juin et du 50e  anniversaire de sa mort.

2020 sera également l’occasion de développer des grands thèmes comme les combattants de la Bataille de France, la Résistance dont celle des lycéens le 11 novembre 1940, ou la IIIème République du 4 septembre 1870.

2020, enfin, nous permettra de rendre hommage à des combattants lointains dans nos esprits mais proches dans nos cœurs : ceux qui tombèrent lors de la guerre de 1870-1871. Dans les 36 départements concernés par cette tragédie, des commémorations auront lieu devant des monuments élevés pour que l’on se souvienne ou près des tombes dans lesquelles dorment à jamais, soldats prussiens, allemands, français ou autres enfants de pays en conflit sur notre vieux continent.

Chacun d’entre nous peut dès lors réfléchir à ces deux périodes qui résument 150 ans de notre histoire : la première marquée par 75 ans de conflits sur notre sol avec nos voisins européens, la seconde par 75 ans de paix acceptée dans le cadre de la construction européenne. 

Une nouvelle fois nos esprits seront guidés par cet enjeu respectueux du passé, soucieux du présent et ouvert à l’avenir.

Comme aujourd’hui, je pourrai mesurer et être fier du degré d'engagement de la majorité d'entre vous malgré pour certains que je salue particulièrement des soucis majeurs de santé. 

Merci une nouvelle fois à toutes celles et ceux qui œuvrent pour que Le Souvenir Français séduise les cœurs et renforce son ancrage dans les villes de notre département. 

Grande association mémorielle qui a déjà consacré 132 années aux Morts pour la France en sauvegardant notamment leur tombe familiale victime d’abandon, le Souvenir Français est plus que jamais utile, nécessaire et indispensable à la Mémoire d’un pays comme le nôtre.

À quelques jours du terme de cette année, le temps est venu pour votre délégué général de vous souhaiter à chacune et chacun malgré les vicissitudes du moment d’agréables fêtes de Noël et de fin d'année et de vous présenter ses vœux chaleureux pour 2020.

Ensemble, continuons à donner du sens et de la force à notre devise "À nous le souvenir, à eux l'immortalité"

 

Claude GUY

Délégué général du Souvenir Français dans les Hauts de Seine

 

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