Publié le 23 Mai 2011

Escadrille Lafayette

 

La traditionnelle commémoration du Memorial Day, au monument de l’Escadrille Lafayette (5, boulevard Raymond Poincaré à Marnes-la-Coquette) se déroulera le :  

 

  • Samedi 28 mai 2011 :

 

  • Début de la cérémonie à 11h00 précises.
  • Rendez-vous des porte-drapeaux à 10h30 (côté droit de l’allée, face au mémorial).

 

 

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Publié le 15 Mai 2011

 

Algerie 62 - depart des français

 

 

Exode de Français d'Algérie en 1962 (copyright www.histoire-en-questions.fr).

 

Au sein du carré militaire de Meudon, la tombe « Famille Cassis » évoque entre autres la disparition de Maurice Cassis, à Oran le 5 juillet 1962, soit trois mois et demi après les Accords d’Evian du 19 mars 1962, qui mettent fin à la guerre d’Algérie. Comment en est-on arrivé là ?

 

De la révolte de Sétif aux guerres civiles.

 

A la suite du 8 mai 1945, date de la capitulation de l’Allemagne nazie, plusieurs émeutes éclatent parmi la population algérienne musulmane. A Sétif et dans le Constantinois, près d’une centaine d’Européens sont assassinés. Les causes sont complexes et multiples : revendications cultuelles, culturelles, reconnaissance d’une égalité de traitement entre la population musulmane algérienne et la population d’origine européenne. Un formidable vent de liberté vient de souffler sur le monde entier : les peuples n’ont entendu que cela dans les mois qui précèdent le printemps 1945. « Retrouver la liberté ». Le contexte de l’époque tient également en deux termes : anti-impérialisme et anti-colonialisme. « Quand un peuple veut sa liberté, rien ne peut l’arrêter » a écrit le général Bigeard dans ses mémoires posthumes (« Ma vie pour la France », Ed. du Rocher).

 

Les émeutes algériennes sont très durement réprimées par l’Armée française. Le général Duval, qui commande les unités de notre pays indique: « Je vous ai donné la paix pour dix ans, si la France ne fait rien, tout recommencera en pire de façon irrémédiable ». Et c’est la période où notre nation perd l’Indochine, vaincue par une armée faite, au départ, de paysans équipés d’armes d’un autre âge : la puissance colonisatrice n’est pas invincible. C’est l’une des raisons qui poussent, en novembre 1954, des hommes du FLN (Front de libération nationale) à œuvrer au même moment un peu partout en Algérie des attaques contre des représentations françaises : postes de gendarmerie, bâtiments publics, entrepôts… De nombreux Français sont pris pour cibles. Dans les Aurès, un couple d’instituteurs, les Monnerot, est abattu.

 

En métropole, la réaction ne se fait pas attendre. A la tribune de l’Assemblée nationale, Pierre Mendès-France, président du Conseil déclare : « A la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse ». Des militaires supplémentaires arrivent de nombreuses casernes. Il s’agit de mater ce que l’on appelle les « événements ». On ne peut alors parler de guerre. D’abord, l’Algérie est alors un pays français, composé trois départements (l’Oranais, l’Algérois, le Constantinois) et de territoires du Sahara. Et on ne peut, selon les traités internationaux de l’époque ne faire une guerre que contre un pays souverain. De plus, en 1954, ce n’est qu’un début d’hostilités. Quelques mois plus tard, le FLN, qui s’est renforcé, créé l’ALN (Armée de libération nationale) et organise toute une série de massacres dans le Constantinois… auxquels répondent les Français par autant de ripostes. Pour rassurer les habitants de souche européenne, le gouvernement fait appel aux militaires du contingent. Des supplétifs « indigènes » – selon la terminologie de l’époque – comme les harkis et les moghaznis viennent compléter les unités françaises. La situation s’envenime… Bientôt, le conflit se transforme en une guerre civile au sein des deux communautés : aux prix de nombreuses exécutions et éliminations, le FLN prend le dessus sur le Mouvement national algérien (MNA) ; en métropole comme en Algérie, des Français se tirent dessus : le Parti communiste français appelle à l’arrêt des combats et favorise l’action des pacifistes. Certains vont plus loin et deviennent des « porteurs de valises » (armes, argent) pour le FLN. De l’autre côté de l’échiquier politique, un groupuscule passe aux armes et créé l’OAS en 1961 (Organisation de l’armée secrète) dont les victimes sont tout aussi bien algériennes que des Français qui soutiennent la demande d’indépendance de l’Algérie.

 

« Une victoire française sur le terrain ».

 

Pourtant en 1959, grâce au plan du général Challe, la victoire est proche. L’idée maîtresse consistant à traiter de manière successive des surfaces importantes avec des moyens considérables, dans le but de réduire à néant les bandes de fellaghas. Le plan comporte de nombreuses opérations : les zones refuges d’Oranie, la couronne d’Alger, le passage du Hodna, le Grande et la Petite Kabylie, le nord Constantinois. Enfin, de septembre 1960 à avril 1961, se déroule l’importante tâche dans les Aurès. Et à toutes ces opérations s’ajoutent des missions dans l’Atlas saharien. En encerclant les zones, en bloquant toutes les issues possibles, l’Armée française provoque des dégâts majeurs – jusqu’à 50 % dans l’Oranie – au sein de l’ALN.

 

Comme l’indique le général Glavany dans une interview accordée au Souvenir Français : « Nous n’avions plus alors en face de nous de grande « katibas » organisées et pouvions, à juste titre, considérer que nous étions vainqueurs sur le terrain. Mais le terrorisme urbain persistait et, sur le terrain même, des petites bandes fluides nous condamnaient à attaquer, à attaquer sans cesse et à tuer. Totalement intégré à cette division parachutiste dont j’étais solidaire, je restais néanmoins un aviateur et gardais ma liberté d’esprit et de jugement. Si je n’étais pas lassé des combats – car l’allégresse des combats, cela existe – je voyais avec consternation ce beau pays peu à peu crucifié tandis que l’amertume des officiers montait tout autour de moi devant une politique qu’ils ne comprenaient point. »

 

De fait, en avril 1961, quatre généraux (Challe, Jouhaud, Salan et Zeller) fomentent un putsch et s’emparent du pouvoir à Alger dans le but de préserver l’Algérie à la France, donc d’aller contre la politique voulue par le général de Gaulle, alors président de la République. Plusieurs régiments de la Légion et de parachutistes suivent, mais l’aventure ne dure que quelques jours… Moins d’un an plus tard, le 19 mars 1962, les accords d’Evian sont conclus : ils donnent naissance à la République algérienne démocratique et populaire, dont l’avènement doit être proclamé le 5 juillet 1962.

 

Commencent alors l’exode massif des Pieds-Noirs (familles françaises installées, parfois depuis 1830, en Algérie), les massacres d’Européens et encore plus des musulmans qui ont aidé les Français, tels les Harkis.

 

 

Oran – 5 juillet 1962.

 

Le 1er juillet 1962, la population algérienne, par référendum, vote à une écrasante majorité l’indépendance de son pays. La France reconnait l’Algérie comme Etat indépendant deux jours plus tard. Et la déclaration d’investiture du GPRA (Gouvernement provisoire de la république algérienne) est officielle le 5 juillet.

 

En apprenant cette nouvelle, les populations descendent dans les rues. C’est une explosion de joie. A Oran, la population européenne est encore importante. Même sous la contrainte (« la valise ou le cercueil »), des dizaines de milliers de Français ne peuvent boucler leurs affaires en quelques semaines. Dans un article paru le 28 février 2002 dans le Nouvel Observateur, l’historien Benjamin Stora indique : « Vers 11h du matin, des milliers de manifestants venant des quartiers musulmans envahissent la ville européenne. Les premiers coups de feu éclatent et jettent une population prise de panique dans toutes les directions. (…) Dans les rues soudain vides commence une chasse aux Européens ».

 

Normalement, les accords d’Evain prévoient la protection des Européens et des Harkis. Mais à Oran, le responsable des troupes françaises, le général Katz, n’intervient pas. Bien sûr, les avis divergent : est-il au courant de ce qui se déroule à quelques mètres de lui ? Exécute-t-il strictement les ordres qui lui ont été donnés (le Journal des Opérations du secteur d’Oran indique que les troupes sont consignées dans les casernes) ? Et Alain Peyrefitte, dans « C’était de Gaulle » (Ed. Fayard), rappellent les mots du général : « La France ne doit plus avoir aucune responsabilité dans le maintien de l’ordre après l’autodétermination. Elle aura le devoir d’assister les autorités algériennes ; mais ce sera de l’assistance technique. Si les gens s’entre-massacrent, ce sera l’affaire des nouvelles autorités ».

 

Les troupes françaises finissent par sortir en début d’après-midi. Trop tardivement. Au cours de cette journée, à Oran, comme dans toute l’Algérie, des milliers d’Européens sont passés par les armes et ils sont encore plus nombreux ceux que les familles ne reverront jamais.

 

 

 

Sources :

 

·         Ville de Meudon : www.ville-meudon.fr

·         Entretiens avec le général Roland Glavany, 2008-2010.

·         Joseph Katz, L’honneur d’un général : Oran, 1962, L’Harmattan, 1993.

·         Georges-Marc Benamou, Un mensonge français : retours sur la guerre d’Algérie, Robert Laffont, 2003.

·         Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.

·         Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Fayard, 1994.

·         Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.

·         Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.

 

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Publié le 10 Mai 2011

AG La Garenne 2011-1

 

De gauche à droite : Gisèle Moulard, Yves Pérrée, Robert Duval et André Labour.

 

 

Cette assemblée s’est tenue 23bis rue du Château, le 12 mars 2011, à partir de 15 heures 15. Après la diffusion de la ‘’Marseillaise’’, le président Robert Duval a présenté les demandes d’excuses de Philippe Juvin, maire, et de plusieurs membres absents en raison de leur état de santé, ou à cause de l’éloignement. Il accueille les participants, remercie les membres de la municipalité et du conseil municipal présents, ainsi que Robert Pichard, les jeunes porte-drapeaux et leurs parents. Puis, il demande à Yves Perrée, adjoint au maire délégué aux Associations patriotiques, de présider la séance. Ensuite, il invite à respecter un moment de recueillement en souvenir des membres des associations décédés en 2010.

 

L’assistance écoute alors les différents rapports :

- compte-rendu de l’assemblée générale du 13 février 2010 par Gisèle Moulard

- rapport moral par Robert Duval. Le président rappelle la participation à de nombreuses cérémonies, remercie les porte-drapeaux, en particulier les jeunes qu’il félicite et encourage à venir participer chaque fois que cela leur est possible. Il nous rappelle le besoin de fidélisation des adhérents et sollicite de la part de chacun l’inscription d’un nouvel adhérent et enfin, il exprime ses remerciements envers la mairie pour ses aides diverses et importantes.

compte-rendu financier par Gisèle Moulard.

- rapport du commissaire aux comptes par Alain Pouilly,

 

 

Tous ces exposés sont adoptés à l’unanimité.

 

Lors de son intervention, André Labour, délégué général des Hauts-de-Seine, se réjouit d’être une nouvelle fois parmi nous. Après avoir regretté, au niveau du département, une baisse d’effectifs, il nous rappelle l’origine du Souvenir-Français et sa finalité. Il compte sur les actions publicitaires dans la presse pour associer les jeunes générations. Il exprime sa conviction dans la possibilité de nouvelles adhésions par la nécessité de promouvoir le souvenir. Il prône la reconduction de l’organisation de visites au profit des lycéens au Mémorial du Mont-Valérien suivi de la cérémonie du ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe. Après avoir rappelé la nouvelle présentation de la revue, il souhaite notre participation au congrès national à Paris les 2 et 3 avril, ainsi qu’à l’assemblée générale départementale, le 6 novembre à Rueil-Malmaison qui est la ville qui possède le comité le plus important du département.

 

Yves Perrée félicite les nouveaux adhérents, les jeunes porte-drapeaux et leurs parents. Il nous transmet les remerciements de Théo Graber, président de l’ONAC-VG 92, pour la cérémonie du souvenir de la Bataille de Verdun et ceux de Lillian Brécard, fille de Yéo-Thomas, pour la participation des associations patriotiques à la cérémonie d’action de grâce célébrée à la mémoire de son fils en l’église protestante luthérienne le 12 janvier. Puis, après avoir rappelé plusieurs décès récents parmi les membres des associations patriotiques, il indique brièvement l’organisation de la journée du 8 mai prochain.

 

Afin de reconnaître la participation des jeunes gens à nos cérémonies, leur témoigner nos remerciements et les encourager à poursuivre, André Labour et Robert Duval remettent un diplôme d’honneur du Souvenir Français pour services rendus ainsi qu’un insigne, petit modèle, de porte-drapeau, à : Anis Abdnour, Jenny et Wendy Dransart, Marie Hubert, Hugo Belogi, Amaury et Tanguy Chevillard, Anthony Pouplot et Vadim Zacaropoulos.

 

Sur proposition de Robert Duval, le président général du Souvenir-Français a décidé l’attribution de médailles d’honneur à plusieurs membres du comité garennois, en remerciements des services rendus. André Labour, délégué départemental, procède à la remise de la médaille de bronze à Marie-Thérèse Duval et d’argent à Michel Krieff.

 

Yves Perrée remercie Robert Duval, André Labour, son épouse, les élus présents et tous les participants. Il renouvelle ses félicitations aux jeunes porte-drapeaux, aux médaillés du jour et lève l’assemblée vers 16 h 15. Ensuite, nous avons partagé les verres de l’amitié dans une ambiance chaleureuse.

 

 

 

Robert DUVAL

Président du Comité du Souvenir Français de La Garenne-Colombes.

 

Pierre LUCAS.

Président du Comité d'Entente des Associations patriotiques de La Garenne-Colombes.

 

 AG La Garenne 2011-2

 

 

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Publié le 1 Mai 2011

 

Desert Storm

 

 

Plan de l’attaque « Tempête du Désert » en 1991 (copyright Wikipedia).

 

 

De la Révolution iranienne à l’invasion du Koweit.

 

En février 1979, après plusieurs mois de manifestations et de répressions sanglantes, l’ayatollah Khomeini prend le pouvoir en Iran, mettant fin au règne du Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi. Bientôt il installe une République islamique. L’année suivante, ce gouvernement appelle ouvertement les Irakiens à renverser à leur tour leur dirigeant.

 

A la même époque, le général irakien Saddam Hussein, à la tête du parti Baas, annonce le départ d’Ahmad Hasan al-Bakr et devient le nouveau président de la République. Devant les menaces proférées par son puissant voisin perse, l’Irak décide d’attaquer l’Iran le 22 septembre 1980. Commence un conflit qui va durer près de huit ans, et va provoquer la mort de 600.000 à un million de soldats. Le tout pour des gains territoriaux minimes et sans qu’aucun des belligérants ne devienne la force politique et militaire majeure dans cette région du golfe persique.

 

Dix années plus tard, le régime irakien sort affaibli de cette guerre. Ses dettes sont considérables, et notamment à l’égard de son petit mais très riche voisin : l’Emirat du Koweït. Jeune Etat créé en 1961, avec l’appui de la puissance britannique, il est en outre accusé, de faire baisser le cours mondial du pétrole du fait de sa faramineuse production. Membre créateur l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), l’Irak défend ses positions à maintes reprises au secrétariat de l’organisation à Vienne en Autriche. Il indique par ailleurs que le Koweït n’hésite pas à pomper de l’or noir dans des champs qui sont des propriétés irakiennes. Ce que l’autre partie récuse bien entendu. Peu à peu, l’Irak commence à désigner son voisin sous le terme de « 19ème province ». Il convient d’ajouter que le Koweït a une position géographique avantageuse avec une ouverture majeure sur le golfe persique, ce qui n’est pas le cas de l’Irak qui ne peut, de fait, multiplier les pipe-lines jusqu’à la mer.

 

Le 25 juillet 1990, Saddam Hussein rencontre l’ambassadeur américain à Bagdad et fait allusion à une possible intervention militaire. Les Etats-Unis, grâce à leur ensemble satellitaire, voient bien que l’Irak a amassé des troupes nombreuses près de la frontière du Koweït. Pour autant, le diplomate ne relève pas vraiment les dires du dirigeant irakien et laisse planer le doute sur une possible « remontrance » internationale. Aussi, le 2 août, les troupes irakiennes envahissent le Koweït. En quatre heures, la petite armée de l’émirat est anéantie. La famille régnante a tout juste le temps d’échapper à ses ennemis.

 

L’Organisation des Nations Unies condamne cette invasion immédiatement et exige le départ des Irakiens. Les Etats-Unis, présidés par George Bush (élu en 1988) décident de renforcer leurs positions militaires auprès de son allié, l’Arabie Saoudite. La base de Dharan reçoit en quelques semaines plusieurs dizaines de milliers de GI’s. Par ailleurs, les Etats-Unis ne voulant pas être seuls face à l’Irak, et paraître ainsi une nouvelle fois comme le « gendarme du monde », George Bush réussit, via le Conseil de Sécurité des Nations Unies, à confédérer une alliance d’une soixantaine de pays.

 

Au cours de l’automne 1990, alors que des pays comme la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Canada, pour ne citer que les principaux contingents, mais aussi des pays arabes comme l’Egypte, la Syrie, Oman les Emirats Arabes Unis, l’Egypte et bien entendu l’Arabie Saoudite montent l’opération « Bouclier du Désert », l’ONU fait voter plusieurs résolutions visant à infléchir la politique de l’Irak. La Turquie quant à elle masse près de 100.000 soldats à sa frontière avec l’Irak afin de prévenir tout « débordement » en territoire kurde. Saddam Hussein devient un héros dans certains pays ou auprès de populations comme les Palestiniens : il n’hésite pas à parler de guerre « arabe et sainte » contre les puissances occidentales et ses alliés. Pour donner corps à sa politique, il fait prendre des centaines d’européens en otage. Ce sont principalement des ouvriers et des ingénieurs de l’industrie pétrolière se trouvant là au moment de l’invasion du Koweït. Après plusieurs semaines, il finit par les faire relâcher.

 

L’opération « Bouclier du Désert » vise à recevoir et organiser l’ensemble des matériels et des soldats des pays coalisés. Elle commence le 6 août 1990, pratiquement au lendemain de l’invasion du Koweït, pour s’achever au début de la guerre proprement dite. C’est en effet le 16 janvier 1991, après d’ultimes demandes à l’Irak de se retirer, que des centaines d’avions de la coalition bombardent les positions ennemies. L’opération « Tempête du Désert » vient de commencer. Entre cette date et le mois de février 1991, plus d’un millier d’avions bombardent les positions irakiennes. A ce moment-là, les spécialistes estiment que l’ennemi a déjà perdu 20% de ses capacités. Ce qui ne l’empêche pas d’envoyer plusieurs missiles Scud sur Israël et sur l’Arabie Saoudite, faisant quelques dizaines de victimes.

 

Le 24 février 1991, les Américains déclenchent l’offensive terrestre. En quatre jours, les coalisés sont à Koweït City, capitale de l’Emirat. La ville est en ruine, les puits de pétrole sont en feu, mais Saddam Hussein fait annoncer que l’Irak se retire du pays, et accepte les résolutions de l’ONU, « sans conditions ».

 

La France, sous la présidence de François Mitterrand, a fait déployer le dispositif de « l’Opération Daguet » : 19.000 hommes, 15 navires, 60 avions, 120 hélicoptères et plusieurs centaines de chars légers et autres blindés.

 

 

Frédéric Rignault - Délégué général adjoint.

 

 

« Ma guerre du Golfe » par Jean-Dionis Singer.

 

Jean-Dionis Singer est électricien-frigoriste ; il est aussi porte drapeau du comité du Souvenir Français de Suresnes. Ancien engagé, il a participé à la guerre du Golfe en 1991 en tant que caporal au 3ème RIMA (régiment d’infanterie de marine).

 

La prise d’Al Salam.

 

« Les compagnies du 3ème RIMA, stationnées au quartier Foch-Délestraint, quittent Vannes puis Toulon en direction de Yanbu, port de la Mer Rouge – la cité du roi Calede – en Arabie Saoudite. Notre première mission, à Rafat, consiste à établir un camp pour recevoir les futurs prisonniers de guerre. A nos côtés, les Américains font leur propre camp. Les échanges sont fréquents, et ils nous apprennent des techniques à faire et à retenir vis-à-vis des prisonniers. Notre colonel, Bernard T…, veut son régiment au complet. Alors, nous laissons le camp avec déjà un prisonnier aux hommes de la 4ème compagnie du 2ème RIMA.

 

Quelques jours avant l’offensive terrestre, le 3ème est au complet. Direction l’Irak via une route baptisée Rochambeau. Nous sommes maintenant dans le désert irakien. La progression des VAB (Véhicule de l’Avant Blindé) se fait en ligne. Le 11ème RIMA est placé derrière nous. Avec ses canons de 155, ils nous offrent un feu d’artifice qui passe au-dessus de nos têtes. Le but étant de pilonner le terrain devant notre avancée.

 

La veille du combat, nous surplombons le fort d’Al Salam. Tous les marsouins ont les yeux et les armes braqués sur la ville et son fort. La nuit va être longue… Je suis dans mon VAB, les doigts sur les papillons de ma mitrailleuse 12,7. Brusquement, un coup d’œil sur ma droite : trois soldats irakiens, sortis de nulle part ! Les voilà au bout de mon canon. Il me suffirait de tirer et rien que le bruit les ferait coucher au sol. Mais ils avancent, les bras en l’air. Ils se rendent. Je donne l’alerte et je saute de mon véhicule, FAMAS (Fusil d’Assaut de la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne) en main. Je m’approche d’eux et le leur ordonne de se mettre à terre. Ils n’offrent aucune résistance. Ils sont mouillés de la tête au pied. Je les palpe. Ils n’ont pas d’armes. Je glisse mes mains de leur poche et en sort du pain mouillé. Comme leurs camarades de combat, ils viennent de subir des journées entières de pilonnages de l’aviation alliée. Ils expliquent qu’ils se sont rendus pour ne plus subir cela. Pour rien au monde, je n’aurais à ce moment-là voulu être sous ces orages de bombes.

 

Le lendemain, c’est le Jour J. Nous entrons dans la ville. Pas une âme qui vive. La veille des hélicoptères ont largués des tracts pour dire à la population de quitter les lieux. Les maisons sont visitées une à une et les armes trouvées sont récupérées puis étalées sur la place principale. Des journalistes présents n’hésitent pas à dire qu’elles proviennent du Koweït. Sacrés médias ! La photo de ces armes fera la une des journaux…

 

Ensuite, le commandement nous demande de nous positionner à l’extérieur de la ville. Les pelles US remplacent dans nos mains les FAMAS que nous mettons en « chasseur alpin » (dans le dos). Nous organisons notre défense : trous de combat, sacs de sable, tours de garde… ».

 

Contrôler les nomades.

 

« Après la conquête d’Al Salam, la 4ème compagnie du 3ème RIMA (surnommée « les Scorpions »), se déploie dans le désert. Notre but consiste à contrôler les nomades. Ils voyagent dans des camions équipés de citernes d’eau, et au-dessus de laquelle tout le monde prend place : femmes, enfants, moutons, plus les matériels pour monter leur camp. Les contrôles se passent sans problèmes. Ils nous offrent même du pain (un pain en forme de galettes). Je me demande ce qu’ils peuvent bien penser de nous. Ils sont là, depuis des milliers d’années ; ils vivent dans leur désert et ne demande rien à personne. Et nous, nous venons les contrôler. Mais c’est la guerre. Les troupes de marine se trouvent partout dans le monde où l’on a besoin d’elles : que ce soit pour les conflits ou dans le cadre d’une coopération militaire. Soutien médical ou soutien logistique, les marsouins et les bigors sont là, le cœur sur la main.

 

Servir en Irak, j’imaginais plutôt un temps sec. Et là, je suis au milieu de tempêtes de sables et bien souvent il pleut, comme dans ma Bretagne. J’ai gardé en mémoire une aventure avec une toile de tente, de type canadienne, juste retenue par une corde. Elle volait comme un cerf-volant. Encore une nuit sous la pluie… Pour autant, tout se passait pour le mieux. Le caporal T…, de la compagnie de commandement et des services du 3ème RIMA, sonna le cessez-le-feu. La guerre était finie. Retour sur Yanbu puis départ vers Marseille. Nous embarquons sur le Danielle Casanova. Cela nous change des bateaux de la Marine nationale. Arrivée à Marseille puis direction Vannes. La population nous accueille les bras ouverts. Nous défilons dans la ville, devant la population reconnaissante.

 

Par Saint-Michel, vive les paras et au nom de Dieu, vive la coloniale !

 

Caporal Jean-Dionis Singer, du 3ème RIMA ».

 

 

 

 

 

Sources :

 

·         Texte de Jean-Dionis Singer, ancien engagé au 3ème RIMA.

·         Encyclopédie Wikipedia.

·         Encyclopédie Larousse.

·         Site sur les Opérations « Bouclier du Désert » puis « Tempête du désert » : http://guerredugolfe.free.fr/

·         Vidéos sur la Guerre du Golfe : www.ina.fr ; www.youtube.com ;

·         Témoignage du général Jacques Manet, ancien chef de corps du 6ème REG (journal Midi Libre, en date du 6 avril 2011.

 

 

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Publié le 29 Avril 2011

 

Anori

 

 

Culture d’Arme, traditions, mémoire, rayonnement, promotion de l’esprit de défense et renforcement du lien Armées-Nation sont des éléments vitaux pour l’Infanterie française et c’est pourquoi l’Association Nationale des Réservistes de l’Infanterie (ANORI) leur consacre une attention toute particulière et, notamment, s’attache à la réouverture du Musée de l’Infanterie dans les meilleurs délais. Il s’agit de maintenir cette mission dans la partie supérieure de la pile des dossiers à traiter et d’assurer cette réouverture dans de bonnes conditions, propres à faire de ce Musée prestigieux un pôle d’attraction des Fantassins, de tous les soldats et de tous les citoyens et des amis de la France. Même si la préparation de cette opération d’importance ne défraye pas la chronique, les études préparatoires (hélas, non effectuées avant la fermeture du Musée de Montpellier, alors que l’anticipation et la planification sont des éléments essentiels pour une telle réalisation, comme pour toute opération militaire) sont en cours et progressent.

 

Un projet ambitieux.

 

Le ministère de la défense et les collectivités territoriales d’Alsace travaillent à la création d’un «équipement culturel de qualité à thème militaire dans un site d’exception autour d’un ambitieux projet : l’implantation des collections du Musée de l’Infanterie dans la place forte de Neuf-Brisach». Sous la présidence de M. Éric Straumann, député du Haut-Rhin, une commission scientifique et technique a élaboré un «document d’orientation scientifique et culturel du futur équipement muséographique, patrimonial et touristique de Neuf-Brisach», dans la perspective de «créer un lieu de culture, de rencontres et d’échanges entre le monde civil et le monde militaire».

 

Neuf-Brisach au cœur de l’Alsace et dans un environnement fantassin

 

La ville de Neuf-Brisach est située au cœur de l’Alsace, à 15 km de Colmar, à moins de 5km de la frontière avec l’Allemagne, à mi-chemin entre Bâle et Strasbourg. Elle est connue pour la place-forte construite par Vauban, qui a été inscrite au patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO. Elle se trouve aussi au sein d’un ensemble militaire avec la proximité du 152ème Régiment d’Infanterie à Colmar, du 35ème Régiment d’Infanterie à Belfort, du 1er Régiment de Tirailleurs à Epinal, du Régiment de Marche du Tchad à Meyenheim et de la Brigade franco-allemande à Müllheim (Allemagne) et également de hauts lieux de guerre, tels que le Vieil Armand (Hartmannswillerkopf) et le Linge. C’est dans la caserne Suzonni, dernière caserne restante de celles construites à Neuf-Brisach, que doivent être présentées les collections du Musée de l’Infanterie.

 

Un ensemble muséal très complet.

 

Dans le projet, il s’agit de faire plus qu’un musée. L’idée est d’avoir un ensemble avec la ville de Neuf-Brisach, la place forte de Vauban et le fonds patrimonial de l’Infanterie. Il comprendrait un pôle d’information sur le patrimoine des sites militaires, un centre d’interprétation de la fortification, une exposition permanente des collections et des expositions temporaires autour de la vie du Fantassin. Une revalorisation du centre historique que constitue la ville serait aussi de nature à attirer le public.

 

Il est également prévu d’établir un lien avec l’Université par la création d’un centre d’études et d’histoire du soldat, avec le fonds documentaire de l’Ecole de l’Infanterie. Pour les concepteurs du projet, il s’agit de constituer un fil conducteur du Musée avec l’Infanterie, vue comme l’expérience du soldat, avec sa vie quotidienne, la conscription, la présentation de l’Armée d’Afrique et aussi celle de la place-forte de Neuf-Brisach.

 

Attirer le public et répondre à ses attentes.

 

La muséographie proposée veut répondre aux attentes de tous les publics, à savoir « assister à des démonstrations, pouvoir toucher, faire soi-même, rechercher l’émotion, de sens et de découverte, lire moins, découvrir plus, avec différents niveaux de lecture, offrir l’opportunité d’une découverte partagée en famille ou entre amis, proposer du ludique, du divertissement ». Les locaux devraient comprendre l’accueil, avec boutique et commodités, l’espace de l’exposition permanente, l’espace des expositions temporaires, l’espace pédagogique, le centre de documentation, la salle de conférence, le point de restauration rapide, ainsi que l’entrepôt des réserves, l’atelier technique et les bureaux, soit en tout 5.700 mètres carrés dont 4.000 ouverts au public. Le coût de l’ensemble serait de l’ordre de 27 millions d’euros pour l’investissement, le futur budget de fonctionnement devant être pris en charge par le ministère de la Défense.

 

Une mission pour les Fantassins : œuvrer pour le nouveau Musée de l’Infanterie.

 

Comme on le voit, il s’agit bien d’un projet ambitieux qu’il convient de saluer et, en particulier, la volonté affirmée des collectivités territoriales d’Alsace, avec la participation du ministère de la Défense. L’ANORI se réjouit de voir la réouverture du Musée de l’Infanterie (en insistant pour qu’il conserve « Infanterie » dans son nom) s’annoncer sous de bons auspices, même si les délais apparaissent être bien trop longs. Il est, en effet, nécessaire d’insister aussi pour que cette réouverture intervienne en 2014, coïncidant ainsi avec le 100ème anniversaire du début de la Grande Guerre 1914-1918, conflit marqué essentiellement par l’affrontement des infanteries, et avec l’inauguration de la rénovation du site de l’Hartmannswillerkopf, haut lieu de l’Infanterie. En tout cas, en attendant sa réouverture, il convient d’entretenir la pérennité du Musée de l’Infanterie dans les esprits et d’assurer une communication et une présence du Musée durant toute la période de préparation et de réalisation par des communiqués, des publications, des expositions temporaires et itinérantes sur toute la France, etc. Pour sa part, l’ANORI présente en ligne sur son site (http://anorinfanterie.free.fr) une visite virtuelle de l’ancien musée sous le titre « Fenêtre sur le Musée de l’Infanterie » et ne manque pas une occasion de parler du futur Musée. Les Fantassins doivent agir en faveur de leur Musée et l’ANORI sera toujours en pointe pour atteindre le but fixé, fidèle à sa devise : Pour l’Infanterie, toujours en avant !

 

Lieutenant-colonel (h) Patrice FICHET

Président de l’ANORI – Président du Comité du Souvenir Français de Colombes.

 

 

Pour recevoir cette lettre à chaque parution, abonnez-vous-y gratuitement par simple demande à anorinfanterie@free.fr.

 

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Publié le 18 Avril 2011

Siroco - Dunkerque

Le Siroco (copyright Bruno Pruvost).

 

« Irrésistiblement, il regarda la mer. Elle était là, immobile, brillante sous le soleil, avec, à l’horizon, cette légère vapeur blanche des beaux temps. Elle fascinait. On ne voyait qu’elle. Tous les yeux se tournaient vers elle ardemment. Une si petite mer ! Si petite qu’on l’avait franchie à la nage ! Et elle s’étendait là, si calme, si accueillante, sous le soleil. Cela paraissait si facile d’atteindre l’autre bord ! La pensée s’y élançait d’un bond, en une seconde. Et sur l’autre bord, un monde intact commençait. Sur l’autre bord, il y avait l’ordre, le calme, la sécurité. »

 

Ces quelques lignes sont extraites du roman Week-end à Zuydcoote (prix Goncourt 1949), dans le lequel Robert Merle décrit les pérégrinations d'un soldat français dans la poche de Dunkerque en mai 1940, après la défaite franco-britannique. Les plus cinéphiles se souviennent aussi de Jean-Paul Belmondo, interprétant le sergent Maillat, héro désabusé de cette fin de semaine à la fois cocasse et tragique, dans l’adaptation au cinéma par Henri Verneuil en 1964.

 

Robert Merle, agent de liaison  avec les forces britanniques, est à Dunkerque en mai 1940. Il ne rejoindra pas l’Angleterre : fait prisonnier par les allemands, il reste en captivité jusqu’en 1943. Dans le roman, le sergent Maillat trouve la mort le dimanche après-midi enseveli sous les décombres de la maison bombardée où il s’est réfugié avec son amie Jeanne. Jeanne, qu’il a sauvé quelques heures plus tôt de deux violeurs, soldats français comme lui.

 

Raymond Foison, soldat au 19ème Train, dont le nom apparait sur le monument aux morts de Châtillon, a lui aussi trouvé la mort dans la poche de Dunkerque, le 31 mai 1940, alors qu’il est passager sur le torpilleur le Siroco, lors de l’opération Dynamo. Déclenchée le 21 mai 1940, celle-ci a pour but d'évacuer les effectifs des armées alliées britanniques regroupées dans la poche de Dunkerque à destination de Douvres.

 

Le Siroco, une des dix-huit unités de la deuxième flottille de torpilleurs, est commandé par le Capitaine de Vaisseau de Toulouse Lautrec. Dans les semaines précédentes, le valeureux bâtiment a déjà envoyé par le fond trois sous-marins, dont deux en un jour. Il a également manqué se faire couler, alors qu’il est en mission de soutien dans les eaux hollandaises : une bombe lâchée par un Junkers 86 touche le navire mais n’explose pas.

 

Le 30 mai le Siroco quitte le port de Douvres pour rejoindre Dunkerque par la route du nord. Il doit forcer le passage pour atteindre la jetée dunkerquoise : un navire anglais en bloque l’entrée ! Selon les témoignages son but est d’empêcher l’accès du port aux bâtiments venus chercher leurs troupes !

 

En fin d’après-midi, le Siroco embarque sept-cent-cinquante soldats, dont le soldat Raymond Foison, et reprend la route Y, la plus longue, vers les côtes anglaises. Vers deux heures du matin, alors que le navire prend le tournant d’une bouée éclairée, deux torpilles lancées par un schnell-boot allemand foncent sur lui par l’avant. Le commandant de Toulouse Lautrec fait éviter de justesse les engins de mort par une déviation rapide. Malheureusement deux autres torpilles atteignent le navire français sur son arrière, arrachant les deux hélices et occasionnant une voie d’eau.

 

Alors que le commandant demande par radio de l’aide qui ne vient pas assez tôt, un avion stuka ennemi qui rôde dans les parages repère le Siroco et pique sur lui malgré le feu des mitrailleuses du bord. Le stuka lâche deux bombes. La soute à munitions explose, emportant la moitié arrière du bâtiment, et entraînant dans la mort tous ceux qui s'y trouvent. Le Siroco coule en quelques minutes, son étrave dressée vers le ciel. Quelques hommes peuvent monter dans les radeaux de sauvetage.

 

Malgré l’arrivée à la rescousse d’un contre-torpilleur polonais et d’un paquebot anglais, le sauvetage est rendu particulièrement difficile par les grandes quantités de mazout libérées dans la mer. Le bilan est lourd, très lourd : six-cent-quatre-vingt morts ou disparus. Seuls deux cent soixante dix survivants sont recueillis.

 

Lors de l’opération Dynamo, trois-cent-trente-huit-mille-six-cent-quatre-vingt soldats, dont cent-vingt-trois-mille Français, sont ainsi débarqués en Angleterre. Cette évacuation maritime entraîne la perte d'un tiers des trois-cent-trente-six navires engagés. Elle cesse le 4 juin 1940: les Allemands viennent d'envahir la ville de Dunkerque.

 

 

Antoine Junqua.

 

 

Sources :

 

Week-end à Zuydcoote, Robert Merle, Ed. Folio

Site « Epaves au large de Dunkerque », http://dkepaves.free.fr/

 

 

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Publié le 14 Avril 2011

"Un petit boulonnais dans la guerre".

Daniel Jouin, président du comité du Souvenir Français de Boulogne-Billancourt a recueilli le témoignage de Monsieur Jacques Dubois, maire-adjoint honoraire de la ville.

 

 

« La découverte récente d’une bombe de 500 Kg non explosée à Billancourt nous rappelle que la ville a subi plusieurs bombardements très meurtriers durant la Seconde Guerre mondiale. Présent dans la ville pendant toute la guerre j’en garde un souvenir très précis.

 

J’avais dix ans à la déclaration de guerre le 3 septembre 1939. On s’y attendait depuis la signature du pacte germano-soviétique qui laissait les mains libres à Hitler pour envahir la Pologne et poursuivre sa conquête de l’Europe. On ne parlait que de cela sur les plages des vacances et, nous, les enfants, nous comprenions très bien la menace que cela représentait. Dès la déclaration de guerre à l’Allemagne (suite à l’invasion de la Pologne) on s’attendait à ce que les centres industriels de France et d’Angleterre soient bombardés et il était prévu d’évacuer les enfants vers la campagne. Pour Boulogne-Billancourt un plan d’évacuation était organisé vers la Creuse. Mon frère et moi avons été accueillis par une tante dans sa propriété de Normandie ».

 

« N’oublie pas ton masque à gaz ».

 

« Aucune menace ne s’étant réalisée, nous avons regagné notre appartement de la rue Paul Bert et repris le chemin de l’école de la rue de Billancourt à la rentrée du 1er octobre 1939 avec notre masque à gaz.

 

 

En effet, la Grande guerre ayant inauguré l’emploi des gaz asphyxiants, tous les pays en guerre se préparaient à cette éventualité et les populations civiles des centres urbains avaient reçu des masques à gaz. Je me souviens très bien quand j’ai été chercher le mien avec ma mère et mon frère au poste de secours organisé dans le sous-sol de la mairie. Ce masque (made in Tchécoslovaquie, alors occupée par le Reich !) non seulement puait le caoutchouc mais nous donnait, comme à l’avance, une tête de mort.

 

Nous ne devions pas nous séparer de la grande boite en fer qui le contenait et que nous emmenions avec notre cartable à l’école. Nous ne réalisation pas vraiment la menace que supposait cet engin de guerre. Comment penser que des gens pouvaient imaginer de tuer par gaz des petits écoliers pacifiques ? Si les bombardements aux gaz des populations civiles n’ont pas eu lieu, les gaz ont servi à l’extermination des juifs et résistants dans les camps nazis.

 

Le premier bombardement, vécu comme écolier, est un raid de l’aviation allemande sur les usines Citroën en juin 1940. Nous étions en classe lorsque la sirène retentit. C’est sagement, en rang que nous nous sommes dirigés vers les abris qui étaient prévus pour les élèves de l’école Billancourt, dans le square Henri Barbusse sur l’emplacement actuel de la patinoire et de la piscine. Ces abris étaient de simples tranchées recouvertes de dalles de béton qui n’assuraient qu’une illusoire protection contre les bombes. Le dimanche suivant nous sommes allés en famille voir les dégâts occasionnés surtout à Paris. L’avenue de Versailles avait été particulièrement touchée et offrait un spectacle de destruction que nous avons vu à Boulogne-Billancourt lors des bombardements suivants.

 

Après le retour à une certaine tranquillité en 1941, nous, les enfants, avions repris une vie d’écolier presque normale. Le masque à gaz restait à la maison. Nous souffrions de dures restrictions et le ravitaillement nous obligeait à de queues interminables et pénibles dans le froid. Nous pensions que la guerre nous avait oubliés ».

 

Le 3 mars 1942.

 

« Ce fut donc une brutale surprise quand, le 3 mars 1942 vers 21 heures, le hurlement sinistre des sirènes placées sur la terrasse de la mairie nous fit prendre le chemin des caves et des abris. Nous étions réfugiés dans notre immeuble du 21 rue Paul Bert qui accueillait aussi, outre les locataires, des habitants du quartier.

 

Immédiatement après la sonnerie de l’alerte les premières vagues de bombardiers larguaient leurs bombes à basse altitude, par vagues successives. Dans l’abri, non éclairé, régnait une lourde angoisse. A chaque série d’explosions on rentrait la tête dans les épaules en attendant la vague suivante. Personne ne parlait on n’entendait seulement des prières et des «Je vous salue Marie » que récitaient certains. Quand la vitrine de la boutique non loin de nous s’effondra à grand bruit de verre brisé, on cru notre dernière heure venue. Après plus de deux heures le bruit des avions cessa et on pu regagner son logement mais la ville retentissait de sirènes d’ambulances et de voitures de police.

 

Le lendemain matin mon frère et moi nous nous présentâmes à l’école rue de Billancourt comme d’habitude. Mais l’accès nous était interdit par un soldat allemand casqué et armé d’une mitraillette car des bombes étaient tombées sur l’école et les élèves devaient être accueillis dans d’autres écoles. C’est ainsi que j’ai été affecté à l’école de la rue Fessart pendant plusieurs mois.

 

Nous avons parcouru la ville pour constater les dégâts. Des immeubles entiers étaient effondrés. C’était notamment le cas d’un grand immeuble de la rue de Paris dont les habitants étaient encore sous les décombres. On disait que certains avaient été noyés par l’eau des gazomètres qui avaient été détruits près du pont de Sèvres. L’hôpital Ambroise Paré était rasé. La petite église de Billancourt qui datait de l’Empire était en ruine.

 

Ce fut le premier bombardement en France occupée par les alliés. Il en eu bien d’autres par la suite ».

 

Le 4 avril 1943.

 

« Un an après, le 4 avril 1943, Boulogne-Billancourt subit un autre grand bombardement effectué, celui-là par l’aviation américaine et en plein jour par un beau dimanche après-midi. Après le bombardement du 3 mars 1942 une grande partie de la population avait quitté Boulogne-Billancourt pour se mettre à l’abri mais il restait encore de nombreuses familles sur place.

 

Le bombardement nous surpris rue de l’ancienne Mairie, devant l’église Sainte-Thérèse, où la troupe scoute se préparait pour une sortie au parc de Saint-Cloud. Il ne dura que quelques minutes comme si les équipages qui volaient à haute altitude étaient pressés d’échapper à la défense antiaérienne. Elle s’était d’ailleurs considérablement renforcée depuis le bombardement de 1942.

 

La bombe qui tomba près de l’église à quelques dizaines de mètres de moi me précipita dans la crypte. Elle éclata heureusement dans la terre meuble du jardin du curé en faisant un entonnoir énorme mais ne tuant miraculeusement personne. Toute la troupe s’était réfugiée dans la crypte sous le clocher avec les prêtres de la paroisse.

 

Hélas ce bombardement coûta la vie à notre mère qui périt dans le hall d’un immeuble du boulevard Jean- Jaurès où elle avait cherché refuge et où périrent plusieurs personnes. Notre père, quant à lui, échappa miraculeusement à la mort. Les dommages furent considérables en pertes humaines et beaucoup de Boulonnais quittèrent définitivement la ville. Il y eut encore plusieurs bombardements en septembre 1943 puis ils cessèrent. Les alliés préférant, dans la perspective du débarquement, choisir des cibles ferroviaires.

 

Entretemps j’avais intégré le lycée Jean-Baptiste Say à Auteuil où les cours étaient fréquemment interrompus par les alertes aériennes qui nous contraignaient à gagner les abris situés dans les caves des grands immeubles du quartier et ce, parfois plusieurs fois par jour. Puis les cours s’espacèrent jusqu’au printemps 1944 où on commençait à voir circuler des pistolets et autres révolvers de cartables en cartables à la barbe des miliciens cantonnés rue d’Auteuil.

 

Un détachement de la Division Leclerc entré dans Boulogne par le pont de Sèvres nettoya la ville des éléments de SS qui s’étaient retranchés dans les ruines de l’hôpital.

 

Les Boulonnais étaient libérés.

 

Plusieurs des aînés des scouts routiers de Billancourt, et habitant notamment dans la cité du Point du Jour (aujourd’hui Pierre Grenier), s’engagèrent immédiatement dans la 2ème DB qu’ils accompagnèrent au Bourget où de durs combats se déroulèrent après la libération de Paris. Malgré leur inexpérience, ils furent de vaillants combattants, certains obtenant même la Croix de guerre au feu.

 

Je veux rendre hommage à ces camarades scouts dont on a oublié le courage ».

 

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Publié le 13 Avril 2011

Congrès national du Souvenir Français à Paris.

 

Le samedi 2 et le dimanche 3 avril 2011, s’est tenu au Cercle militaire de la place Saint-Augustin à Paris, le congrès national du Souvenir Français.

 

Devant une assemblée forte de la très grande majorité des délégués généraux et d’un très grand nombre de présidents de comités, le congrès a débuté par une réunion du conseil d’administration et des délégués généraux de notre association. Le samedi après-midi l’assemblée générale s’est déroulée, avec en premier lieu, le rappel de nos représentants disparus au cours de l’année écoulée. Puis, des indications sur le rôle du délégué général, sur la quête, les assurances, le passage de textes dans la revue ont été mentionnées.

 Bien entendu les rapports financiers et moraux ont été présentés.

 Avec la nomination de Monsieur Jean-François Bureau, ancien directeur de la Délégation à l’Information et à la Communication de la Défense, le Souvenir Français a pour objectif de développer les actions de communication.

 

Pour les projets en cours, il convient de citer, entre autres :

 

  • - le carré de Montrouge : il comprend 150 tombes de 14-18 en très mauvais état. Il va être rénové. Cette rénovation sera concrétisée en liaison avec la municipalité. L’inauguration se ferait en août 2014.
  • - Monument des OPEX : un monument, situé à côté de Verdun, a été réalisé à la mémoire des Français tombés dans les Balkans. Il est susceptible d’être dévolu au Souvenir Français par l’association propriétaire « Les Veilleurs de la Paix ». Cependant, son implantation géographique ne possède pas un sens symbolique porteur. Aussi a-t-il été envisagé de le déplacer et d’en faire un monument national à la mémoire des morts de toutes les Opérations Extérieures.
  • - Cimetière de Blercourt : dans la Meuse, il s’agit de 66 tombes en déshérence qui avaient été restituées aux familles. Inauguration prévue le 25 juin 2011.

 Par la suite, après un défilé des membres du congrès derrière plus d’une centaine de drapeaux, le général Cuche, président du Comité de la Flamme, et le contrôleur général Delbauffe, président-général de notre association, ont ravivé la Flamme du Soldat inconnu. Enfin, le dimanche matin, à 11 heures précisément, s’est déroulée la messe solennelle en l’église du Val de Grâce à Paris.

 

Retrouvez toutes les photographies du congrès national, dans l’album intitulé « 2011-04-03, congrès national » ; vous y verrez, entre autres, les délégations des comités des Hauts-de-Seine. Bonne visite !

 

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Publié le 11 Avril 2011

 

 

 

Chaville Drapeau

 

 

 

 

Le président du Comité de Chaville, le colonel Joël Kaigre :

"Monsieur le délégué général,

Mesdames et Messieurs les élus,

Chers amis,

Je tiens à vous remercier toutes et tous pour votre participation à cette émouvante cérémonie.

Je vous transmet une photo qui vous rappellera ce moment important dans les magnifiques locaux de notre ville.

Je remercie vivement le président Dova et Jean-Jacques Guillet, député maire de Chaville, qui ont bien voulu parrainer cette cérémonie et André Labour, délégué départemental du Souvenir Français des Hauts de Seine, qui nous a offert ce magnifique drapeau".

 

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Publié le 9 Avril 2011

"Au bataillon Zatopek" !

 

A Vaucresson, le comité du Souvenir Français, présidé par François Goure, en collaboration avec la municipalité, a répertorié l’intégralité des sépultures privées ayant un Mort pour la France et a mis au point une plaque à l’entrée du cimetière permettant de les repérer.

 

Le dernier nom figurant sur cette plaque est celui d’Albert Zareski, né à Paris le 23 février 1930 et mort en Indochine le 21 janvier 1950, à Pho Tarch dans le centre de l’Annam, non loin de Hué. Albert Zareski était un parachutiste du 6ème BCCP (bataillon colonial de commandos parachutistes).

 

Les parachutistes coloniaux.

 

Les bataillons de parachutistes coloniaux (BPC et BCCP) ont une histoire complexe et mouvementée. Le point de départ généralement admis est la rencontre entre le général de Gaulle et le capitaine Georges Bergé.

 

Georges Bergé nait en janvier 1909 dans le Gers, à Belmont. Formé à l’Ecole de l’Infanterie et des Chars de Saint-Maixent, il est par la suite détaché de l’armée de terre dans l’armée de l’air, au groupe d’infanterie de l’Air n°601. Mais des problèmes de santé l’obligent à renoncer à sauter en parachute et il revient à son arme d’origine en 1938. Blessé lors des premières batailles de la Campagne de France en mai 1940, il est évacué vers l’arrière puis dans sa Gascogne natale. Là, écoutant le discours du général de Gaulle, il s’embarque et rejoint les Forces Françaises Libres en juin 1940. Le capitaine Bergé propose au général de compléter l’armée en formation en créant une unité de parachutistes.

 

Ainsi nait la 1ère compagnie d’infanterie de l’air. L’une de ses premières missions parachutée – nommée « Savannah » – consiste à créer un embryon de la Résistance à Bayonne. Par la suite, la compagnie se couvre de gloire à l’occasion d’opérations au Levant (1941) ; en Crète, en Lybie et en Tunisie (1942) ; en Belgique (1944). Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, l’unité est envoyée en Bretagne. Grâce à l’appui des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), ce sont près de quatre-vingt-cinq-mille Allemands qui sont retenus dans la région. De fait, ils ne peuvent venir en aide à leurs camarades de Normandie. La compagnie aéroportée signe là une de ses victoires majeures. Quelques mois plus tard, la compagnie participe à la bataille des Ardennes, puis est parachutée sur la Hollande.

 

Devenue brigade de parachutistes SAS (sur le modèle des Special Air Service anglais), elle s’illustre lors de son premier séjour en Indochine. Mais la guerre allant crescendo dans cette colonie française, le grand commandement français décide de créer en 1947, à partir de la 25ème division aéroportée, un groupement colonial. Il prend le nom de Demi-brigade coloniale de commandos parachutistes. Son premier chef de corps est le colonel Massu.

 

Les BPC.

 

Pour faire face aux besoins en hommes, et aux relèves nécessaires, des bataillons de parachutistes coloniaux viennent compléter la demi-brigade : le 1er, le 2, le 3, le 5, le 6, le 7 et le 8.

 

L’histoire du 6ème commence par sa création à Quimper le 16 avril 1948. Il est alors composé d’une compagnie de commandement et trois groupes de commandos et regroupe environ six-cent-cinquante hommes. Le 6ème BCCP débarque à Saigon le 28 juillet 1949, pour être envoyé dans le centre de l’Annam, région située entre le Tonkin, au nord, et la Cochinchine, au sud. Les accrochages et les embuscades sont fréquents. Comme à toutes les unités d’élite, des missions difficiles sont demandées au 6ème BCCP : raids dans la jungle, ouvertures de routes, de voies de chemin de fer ; remontées de cours d’eau. Les résultats sont là, rapides, car le Vietminh n’est pas encore cette puissante armée qu’il va devenir dans quelques mois grâce à l’aide de la toute nouvelle Chine communiste.

 

A la fin de l’année 1949, le bataillon est envoyé au col des Nuages, dans la cordillère annamitique. Sitôt la nouvelle année fêtée, il progresse dans l’intérieur du pays dans le cadre de l’opération Albert, puis, quinze jours plus tard soutient son premier saut opérationnel. Le 20 janvier, les groupes de commandos 1 et 2 sautent sur Binh-Anh. C’est à cette occasion qu’Albert Zareski trouve la mort.

 

En octobre de la même année, le 6ème BCCP devient le 6ème GCCP : groupement colonial de commandos parachutistes. L’unité est citée à l’ordre de l’Armée : « Brillante formation de commandos parachutistes, qui, sous les ordres du chef de bataillon Vernières, a mené sans relâche, depuis août 1949, dans tous les secteurs du Centre Vietnam, un combat rude et obstiné ». Puis, le 1er mars 1951, l’unité devient 6ème BPC. Avec une première durée d’existence assez courte puisque le bataillon est dissous au moment de son rembarquement pour la métropole en août 1951.

 

Mais c’est pour mieux renaître en juillet 1952, sous les ordres d’un tout jeune chef de bataillon qui va rapidement se faire connaître du grand public : Marcel Bigeard. « Nous passons deux mois exténuants à marcher dans les rizières, l’eau jusqu’à la taille, à vérifier chacun de nos pas pour ne pas tomber dans un piège viet, à fouiller les villages en craignant toujours les tireurs embusqués. Nous opérons des actions coups de poing dès que nous repérons une concentration ennemie. Mon bataillon se rode. Les plus jeunes s’habituent au feu, mes vieux briscards retrouvent leurs sensations. Je suis fier de mon unité » (Marcel Bigeard, dans ses mémoires posthumes Ma vie pour la France, Ed. du Rocher). Et le bataillon s’illustre partout où il passe : par exemple à Tu Lê en octobre 1952, où le 6ème saute sur les arrières des divisions vietminh 308 et 312, remplit sa mission et au prix d’une marche de huit jours à travers la jungle parvient à échapper à l’étau qui se referme sur lui. Cette performance des paras fait dire à la presse, et des militaires bien souvent jaloux, que le 6ème est le « bataillon Zatopek », du nom de ce coureur de fond tchèque, multi-recordman du monde. A Langson, en juillet 1953, l’unité reçoit sa quatrième citation à l’ordre de l’Armée.

 

En novembre 1953, le 6ème est l’une des premières unités à sauter sur Diên Biên Phù, dans le but de prendre aux bo-doïs cette ancienne base japonaise. Il récidive le 16 mars 1954 pour tenter de sauver la situation sur ce même terrain où la bataille ultime de la guerre d’Indochine fait rage. Il y gagne une nouvelle citation. Malheureusement, comme toutes les forces françaises et supplétives présentes, le 6ème BPC est anéanti par la capitulation du 7 mai 1954. Les combats cessent, mais les Français refusent de lever le drapeau blanc. Humiliation de défiler, tête baissée, devant des dizaines de milliers de bo-doïs et de prendre la direction de camp de prisonniers. Marcel Bigard (Ma vie pour la France) : « La vraie douleur, la seule chose que je ne pardonne pas aux Viets, ce sont les huit-mille morts pendant ces quatre mois de captivité. Cruauté inutile, inhumanité. Giap était un grand général, mais sa doctrine, le marxisme, était inhumaine. L’ancien capitaine vietminh m’a dit : « Nous n’avons tué aucun prisonnier ». C’est vrai, ils les ont laissé crever, alors qu’il aurait été si facile de sauver tout le monde. Une banane par jour, et on ramenait les gars vivants. Je ne pourrai jamais l’oublier ».

 

Plus tard, au Maroc, à Marrakech, le 1er août 1955, le reliquat du bataillon devient le 6ème RPC : régiment de parachutistes coloniaux avant de prendre l’appellation de 6ème RPIMA (régiment parachutiste d’infanterie de marine) en 1958 et d’être définitivement dissous en 1998 dans le cadre de la restructuration de l’Armée française.

 

 

 

 

Sources :

 

http://paradu6.free.fr/menu.html

www.cheminsdemémoire.gouv.fr

www.wikipedia.org/fr

www.larousse.fr

www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Erwan Bergot, Bataillon Bigeard, Presses de la Cité.

Paul Bonnecarrère, Par le sang versé, Fayard.

Lucien Bodard, l’Illusion, l’Aventure, Gallimard.

Michel Bodin, Dictionnaire de la guerre d’Indochine, Economica.

Pierre Montagnon, La guerre d’Indochine, Pygmalion.

Jules Roy, la bataille de Dien Bien Phu, Julliard.

Général Yves Gras, Histoire de la guerre d’Indochine, Plon.

Général Marcel Bigeard, Ma guerre d’Indochine, Hachette.

Général Marcel Bigeard, Ma vie pour la France, Ed. du Rocher.

Georges Fleury, La guerre en Indochine, Perrin.

 

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