Publié le 10 Juin 2010

 

Du congrès de Tours au Pacte germano-soviétique.

 

Créé au congrès de Tours en 1920, issu pour la majorité de ses adhérents de la Section Française de l’International Ouvrier, le parti communiste (qui prendra par la suite le nom de Parti communiste français – PCF) se proclame de son « grand frère » russe : bolchévique, révolutionnaire, avec pour maîtres mots la discipline et le suivi des directives émises par la majorité (centralisme démocratique). Ces éléments sont d’importance et permettent de comprendre comment le parti a pu mettre au point, pendant la Seconde Guerre mondiale, une unité militaire.

 

Partant à la conquête de la classe ouvrière, le parti est de tous les combats pour la défense du prolétariat. Il est également antimilitariste, antifasciste (1922 : l’Italie est captée par Mussolini ; 1933 : Adolf Hitler remporte les élections en Allemagne), et s’engage contre l’occupation de la Ruhr en 1923 et la guerre du Rif en 1926. Pendant la guerre d’Espagne (1936-1939), le parti envoie des hommes combattre aux côtés des Républicains contre les troupes nationalistes et fascistes du général Franco.

 

Au cours de l’été 1939, l’Union soviétique de Staline et l’Allemagne nazie d’Hitler signent un pacte de non-agression. L’une des clauses – secrète – étant le partage de la Pologne entre les deux signataires. Partage effectué après une « blitzkrieg » de trois semaines en septembre 1939.

 

De ce fait, et après moult provocations et violations du Traité de Versailles de 1919, le 3 septembre 1939, la France, bientôt suivie de l’Angleterre, ne peut que déclarer la guerre à l’Allemagne. Le 26, le Parti communiste français est dissous.

 

 

Les Francs-Tireurs Partisans.

 

Les militants communistes, toujours aussi bien organisés, vont alors œuvrer en clandestinité. En juin 1941, Hitler désagrège le pacte en envahissant l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (opération Barbarossa).

 

La direction du parti, sous l’égide de Jacques Duclos, décide de la lutte armée contre le nouvel ennemi fasciste. Des groupuscules, ou unités combattantes, sont conçus, entre autres par Eugène Hénaff, et sont rattachés à un Comité militaire national. Les combattants, d’abord regroupés en Organisations spéciales prennent, au début de 1942, le nom de Francs-Tireurs Partisans Français (FTPF) puis FTP.

 

 

Développements.

 

En octobre 1941, la direction du Comité militaire national (CMN) est confiée à Charles Tillon. Les réunions du CMN se tiennent au gré de l’évolution des consignes de sécurité et des mises à l’abri des dirigeants. Ensuite, un journal est produit : France d’abord, dont plus d’une soixantaine de numéros paraissent entre 1942 et la Libération.

 

A partir de la fin de 1942, les FTP s’ouvrent aux non-communistes. Le mouvement s’accélère au fur et à mesure de la montée de l’engagement dans la Résistance. De même, sont intégrés les militants de la MOI (Main d’œuvre Immigrée). La MOI, structurée depuis le début des années 1920, permet aux jeunes travailleurs étrangers vivant en France de participer à la Troisième Internationale communiste sans dépendre directement du PCF. Les FTP-MOI sont surtout connus pour leurs actions en Région parisienne et le charisme de leurs chefs : le Roumain Boris Holban et l’Arménien Missak Manouchian.

 

En Zone sud, les FTP se développent également. A partir de novembre 1942 – date de l’invasion de la zone par les troupes allemandes – les FTP montent un Comité Militaire de la Zone Sud (CMZ). Parmi les responsables, il convient de citer : Boris Guimpel, Mathieu Puyo, Francisque Jommard. Le CMZ est maintes fois désorganisé par les rafles du responsable de la Gestapo de Lyon : Klaus Barbie.

 

Ainsi, partout en France, les maquis – généralement composés d’une trentaine d’hommes – se multiplient, comme les actions militaires : sabotages, exécutions de responsables SS et de la Wehrmacht ou simplement de soldats ; élimination de personnels du Régime de Vichy… Mais les exécutions peuvent aussi concerner des membres des FTP qui refusent obstinément de suivre la ligne du parti.

 

 

Vers les FFI.

 

En 1943, les FTP se joignent à l’Armée Secrète. Cette unité a été conçue un an plus tôt par le rapprochement entre deux des mouvements les plus importants de la Zone sud : Combat et Libération-Sud, qui de leur côté reconnaissent la France Combattante du général de Gaulle.

 

L’acte de naissance est signé en décembre 1943 : les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) peuvent, de concert, agir pour la victoire contre le nazisme.

 

 

Robert Marchand de Fontenay-aux-Roses.

 

Robert Marchand nait à Fontenay-aux-Roses le 6 février 1915. Après ses études secondaires, il intègre l’école des Beaux Arts et est nommé professeur de dessin à Gentilly (dans l’actuel département du Val de Marne). Il effectue la Campagne de France de la Seconde Guerre mondiale dans un régiment de dragons motorisés. Après l’armistice, il est démobilisé.

 

Revenu sur Paris, il participe à des actions de résistance, d’abord sous la forme de tracts. En mai 1941, il passe dans la lutte armée et réalise des actions spectaculaires : incendies de voitures allemandes, attaques de postes allemands. Son plus grand exploit est certainement le sabotage et l’explosion d’un train de munitions à Versailles. A Paris, rue de la Gaité, il abat plusieurs officiers nazis. Ses actions lui valent le grade de commandant au sein des FTP.

 

Dénoncé, Robert Marchant est arrêté, ainsi que son épouse, le 16 avril 1942 par la Gestapo. Alors qu’il est emmené à la préfecture de police de Paris pour être sauvagement torturé, Madame Marchand réussit, après plusieurs mois passés dans divers camps et prisons, à s‘évader. Elle participera à la Libération de Paris.

 

Trois mois d’enfermement et d’atroces sévices ne font pas plier Robert Marchand. Le 22 août 1942, il est transporté à la prison de la Santé puis au Stand de Tir (limite Paris / Issy-les-Moulineaux). Ses geôliers l’achèvent d’une balle dans la nuque.

 

Croix de Guerre 1939-1945, médaillé de la Résistance, Robert Marchand est fait chevalier de la Légion d’Honneur et compagnon de la Libération à titre posthume.

 

 

 

Sources :

 

- Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.

- André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.

- Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

- Site de « la Libération de Paris » par Gilles Primout.

- Site « Plaques commémorative » de François Tanniou.

- Le général Leclerc et sa deuxième DB, par Dominique Forget, Ed. Hemdal.

- Les enjeux de la Libération, par Christine Levisse-Touzé, Ed. Albin Michel.

- Site Internet de l’Ordre de la Libération, biographie de Robert Marchand.

- Les FTP, par Charles Tillon, Ed. Julliard.

- Les Fils de la nuit, par Albert Ouzoulias, Ed. Grasset.

 

 

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Publié le 7 Juin 2010

 

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La Délégation du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine participera au ravivage de la Flamme organisé par l'association "Mémoires du Mont Valérien", le samedi 12 juin 2010 à 18h30 sous l'Arc de Triomphe. Pour rappel, cette association est présidée par Lysiane Tellier, ancienne présidente du Souvenir Français à Bourg-la-Reine.  

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Publié le 14 Mai 2010

2009-12-19, Normandie-Niemen 027

 

 

Françoise-Marie Belin, présidente du Comité de Chatenay-Malabry du Souvenir Français attire notre attention sur les difficultés financières du Mémorial Normandie-Niemen et nous demande de diffuser l’appel du Collectif pour la Mémoire de l’escadrille.

 

Sauvons le Mémorial.

 

« Créé en 1992 à la demande des anciens du Normandie-Niemen pour entretenir le souvenir de leur épopée sur le front de l'Est entre 1942 et 1945, réalisé par une poignée d'Andelysiens vite rejoints par d'autres bénévoles, le Mémorial Normandie-Niemen implanté aux Andelys, ville natale de Marcel Lefèvre, connaît des difficultés financières. La conjoncture économique et la quasi impossibilité pour un musée privé d'obtenir désormais des subventions de fonctionnement, font peser sur le Mémorial les plus grandes craintes quant à sa survie.

 

Une amitié très forte s'est établie pour l'éternité entre les acteurs français et russes de cette épopée. Les survivants ont tous aujourd'hui ente 89 et 94 ans. En transférant au Mémorial Normandie-Niemen les photos, uniformes, documents et d’objets divers leur ayant appartenu, ils ont confié au Mémorial "Normandie-Niemen" la mission de perpétuer le devoir de mémoire.

 

Ils viennent de subir deux chocs majeurs, celui de la mise en sommeil des traditions du Régiment de Chasse Normandie-Niemen le 3 juillet 2009 à Colmar, puis celui de la dissolution de l'escadrille russe "Normandie-Niemen" le 9 novembre 2009.

 

Ne leur faisons pas subir un nouvel affront.

 

Il est impératif que Mémorial Normandie-Niemen survive. N'oublions pas ce qu'ont fait "Ceux de Normandie-Niemen". Ils n'ont pas hésité à déserter, ont été condamnés à mort par le gouvernement de Vichy, pour sauver l'honneur de notre pays. Qui ne s'en souviendrait plus ?

 

Durant près de 20 ans, des bénévoles passionnés ont donné plus de 100 000 heures de leur temps pour mettre en valeur les collections. Au travers d'expositions, conférences, meetings aériens, cérémonies patriotiques, ils exercent le devoir de mémoire qui s'impose naturellement à nous.

 

Rendez-vous au mémorial, faites venir les écoles et transmettez autour de vous cet appel. Le mémorial est situé rue Raymond Phélip 27701 Les Andelys – Il est ouvert tous les jours sauf le mardi et tous les jours pour les groupes, sur rendez-vous. Renseignements : 02 32 54 49 76 – normandie.niemen@wanadoo.frwww.normandieniemen.free.fr »

 

Le Collectif de défense de la Mémoire du Normandie-Niemen.

 

 

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Publié le 7 Mai 2010

Pierre Ichac, correspondant de guerre.

En cette veille du 65ème anniversaire de la capitulation allemande, le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac, ancien commandant de la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et de la Base Aérienne 117 de Balard, revient sur un ouvrage publié en 1954 par son oncle, Pierre Ichac.

 

 

Souvenirs de l’Armée d’Afrique.

 

« Il y avait dans l'armée des Grecs un Athénien qui n'était ni général, ni officier, ni même militaire ». C'est par cette citation tirée de l'Anabase de Xénophon, écrite en 400 avant Jésus-Christ et racontant la fameuse « Retraite des Dix Mille », que Pierre Ichac (1) ouvrait, en 1954, ses carnets de souvenirs sous le titre : « Nous marchions vers la France »(2).

 

Mais contrairement à son illustre prédécesseur ce n'était pas une retraite, mais bien une offensive victorieuse qu'il avait accompagnée, des confins de Tunisie aux côtes de Provence et jusqu'aux Vosges, en passant par la Corse et l'Italie, aux côtés des Tabors marocains et des tirailleurs de la 3ème Division d'Infanterie Algérienne, avec comme seul armement son appareil photo et sa machine à écrire. Car, réformé compte tenu des séquelles d'un accident dans sa jeunesse, c'est comme correspondant de guerre qu'il était là. Et c'est à ce titre qu'il terminera la guerre, lui le civil qui n'aimait pas les décorations, avec la croix de guerre avec Etoile d'argent !

 

A lire ces souvenirs on se rend vite compte que c'est un journaliste qui parle, pour les lecteurs de « Vaincre » ou des dépêches de l'Agence France-Presse. Quand il commente un combat, il sait aussi bien décrire le matériel engagé que les réactions des hommes et les enseignements tactiques. Ecoutons-le évoquer la contre-offensive allemande du 18 janvier 1943, sur les Dorsales tunisiennes : «  Pour la première fois sur un champ de bataille d'Occident, voire sur aucun champ de bataille, les chars les plus puissants du monde, les Mark VI Tigre, que Stalingrad même semble ne pas avoir connus, viennent d'apparaître. ...le carrefour d'Oum el-Abouab, son arc romain qui se dresse, solitaire… C'est à son débouché oriental que… le 7ème Marocain a vu se ruer, transfigurés par le clair de lune, les premiers Tigre  de la 21ème Panzer. Les tirailleurs n'y résistent pas... Le 1er Bataillon est dispersé. Le deuxième... perd près de quatre cents hommes, en se désenclavant... ».

 

Mais la leçon a servi: « C'est l'expérience douloureusement acquise... qui joue désormais le rôle principal. Leur espoir d'endommager les chars n'est pas plus grand, mais ils manœuvrent mieux. Ils savent qu'ils ont un efficace moyen de défense: c'est la montagne, le djebel... Très vite, ils se révéleront des virtuoses de la montagne. Bientôt, on ne concevra plus les Français sans le djebel, ni le djebel sans les Français ».

 

Et de fait d'abord en Corse fin 1943 - « La Corse – commençaient à dire les anciens du Maroc – c'est le Riff, en quatre fois plus haut! » – puis en Italie, des Abruzzes au massif du Maio, qui bloque l'accès au Garigliano, en passant par le terrible Mont Cassino, c'est par les sentiers, par les cols, par les crêtes que tirailleurs et goumiers, avec leur armement, leur matériel, sur leurs mulets ou à dos d'hommes, avanceront, combattront et repousseront les troupes allemandes au delà de la ligne « Gustav », permettant aux alliés d'entrer dans Rome le 4 juin 1944 et prenant Sienne le 3 juillet (se reporter à la photographie illustrant ces propos). Puis, après le débarquement de Provence du 15 août et la progression à travers le massif des Maures, c'est encore « par les hauts » que les unités de la 3ème D.I.A. contourneront les barrages sur les routes, les forts enterrés et les casemates sur les pentes, avant de libérer Marseille.

 

Et Pierre Ichac était là, au PC du général de Monsabert, dit « Monsabre », le général à la Baraka, ou dans sa jeep, ou à pied, ou au-dessus, en place arrière du Piper d'observation, ou aux côtés du général de Lattre, sur l'ex-paquebot polonais Bathory s'approchant du golfe de Saint-Tropez, pour pouvoir rédiger le soir, à chaud, dans un bivouac de fortune, ses « papiers », partageant la vie de ces combattants, et tous leurs risques, comme il le rapporte avec humour lors de ce dialogue en Italie avec son chauffeur :

 

- Ils t'ont bien reçu au parc auto, les Tunisiens? Tu n'as pas eu d'ennuis, pas d'obus dans le ravin? Ça s'est bien passé?

- Très bien, Monsieur Ichac... les camarades m'ont offert le café... Mais sur la montagne, qu'est-ce qu'il est tombé!... Oh! Et puis aussi, y a eu un moment où c'était marrant, Monsieur Ichac. Je ne sais pas si vous l'avez vu? Les obus tombaient tout en haut, et y avait quatre types qui étaient pris dessous et qui couraient...

- Bougre d'idiot, criai-je, c'était moi! »

 

 

Un dernier mot. On a beaucoup évoqué, à l'occasion de la sortie en salle du film « Indigènes », l'oubli dans lequel serait tombé le souvenir des sacrifices des troupes venues d'Afrique du Nord. Pierre Ichac lui-même l'envisageait quand il écrivait, après la libération de Marseille sur laquelle se termine ce livre : « La première phase de la guerre – celle qui appartient en propre à l'Armée d'Afrique – sera finie... et oubliée des Français avant d'avoir été connue d'eux ».

 

Mais lui du moins avait, avec la publication de ses carnets, fait tout son possible pour que ce souvenir demeure, mettant en pratique notre belle devise qu'il aurait pu reprendre à son compte: « A nous le souvenir, à eux l'immortalité ».

 

 

GBA (2S) JC Ichac

 

 

 

 

NOTES

 

(1) Pierre Ichac (1901 – 1978), journaliste, cinéaste, photographe, ethnographe et homme de radio, était le frère aîné de Marcel Ichac (voir sur  le site du comité d'Issy les Moulineaux l'article du 10 juin 2009, « Deux films de Marcel Ichac »). Les membres de notre Délégation se souviendront que les deux frères passèrent, avant la Première Guerre mondiale, leur enfance à Rueil-Malmaison.

 

(2) Amiot Dumont, 1954.

 

LEGENDE DE LA PHOTO:

 

« Pierre Ichac, quarante-deux ans, le plus populaire des correspondants de guerre français. Ici, tapant son « papier » sur le vif, dans sa jeep fleurie par de jeunes Siennoises après la délivrance de leur ville ».

(Jacques Robichon: « Le corps expéditionnaire français en Italie 1943/1944 ». Presses de la Cité 1981 - Photo Jacques Belin)

 

Marchions vers la France

 

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Publié le 2 Mai 2010

 

Monument-Escadrille-Lafayette.jpg

 

Cher(e) Président(e),

Cher(e) ami(e),

 

Comme chaque année à pareille époque, je vous invite à participer à la célébration du « Memorial Day », le samedi 29 mai prochain au Mémorial de l’Escadrille Lafayette (5 boulevard Raymond Poincaré à Marnes-la-Coquette) :

 

  • - Début de la cérémonie à 11 heures précises.
  • - Rendez-vous des porte-drapeaux à 10h30 (côté droit de l’allée, face au mémorial).

 

Pour ceux qui seraient intéressés par les autres cérémonies du « Memorial Day », voici le détail :

 

  • - Dimanche 30 mai :
    • - The American Church : 65 quai d’Orsay 75007 Paris à 11h.
    • - U.S. Military Cemetery : 190 boulevard Washington 92150 Suresnes à 14h30.
    • - Arc de Triomphe (Flamme) : rendez-vous en haut des Champs Elysées à la sortie du métro à 17h45.

 

Vous ne manquerez pas de signaler ces dates et horaires de ces célébrations à vos adhérents, qui j’espère comme les années précédentes, seront nombreux notamment le samedi au Mémorial Lafayette.

 

La présence du drapeau de votre comité est vivement souhaitée.

 

Dans cet espoir, veuillez accepter Cher(e) Président(e), Cher(e) ami(e), mes très cordiales salutations. 

  

Votre Délégué général,

André LABOUR

 

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Publié le 19 Avril 2010

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1918 : les troupes françaises entrent dans Monastir (auj. Bitola en Macédoine)

 

1 - La guerre en Orient.

 

Ouvrir un second front.

Qui se souvient que des soldats français ont fait la Première Guerre mondiale dans les Balkans, et que celle-ci a d’ailleurs duré jusqu’en 1919 ?

 

A la fin de l’année 1914, la situation semble inextricable. Après les offensives et les longs mouvements de conquête et de retraite de l’automne, les Alliés, comme les armées des Empires centraux, se sont enterrés dans des tranchées. Au cours de cette première année de guerre les pertes sont déjà phénoménales. La France a vu mourir plus de 500.000 de ses soldats.

 

Winston Churchill, alors Premier lord de l’Amirauté (ministre de la Marine britannique), défend l’idée de l’ouverture d’un second front en Europe, et du côté des Balkans. Dans un triple objectif : ravitailler l’Armée russe via la mer Noire ; contourner les Empires centraux ; occuper Constantinople, capitale d’un Empire ottoman, considéré comme le « grand malade » du continent et par ailleurs allié de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

 

Gallipoli.

 

Une expédition maritime est proposée et envoyée. Sans grand succès. La présence de mines, de côtes fortifiées (donc difficiles à bombarder) et de nombreux sous-marins allemands ne facilitant pas les manœuvres ! Une nouvelle expédition est menée. Elle est terrestre et consiste en l’envoi d’un premier contingent de 75.000 soldats anglo-français (auxquels il convient d’ajouter des unités australiennes et néo-zélandaises) sur la presqu’île de Gallipoli, à l’entrée du détroit des Dardanelles. C’est une catastrophe : les soldats sont littéralement hachés par l’artillerie ottomane, sous le commandement du général allemand Liman von Sanders. Un second débarquement se déroule quelques semaines plus tard pour renforcer un dispositif déjà à bout de forces. Il ne fait qu’ajouter des morts. Les anglo-français doivent abandonner les lieux. Leur chef, le général Gouraud, vient de quitter le front, amputé du bras droit. Les Alliés réussissent néanmoins à sauver environ 100.000 hommes et les faire débarquer à Salonique, en Grèce, pays alors neutre, quoique soupçonné de docilité vis-à-vis de l’Allemagne.

 

Là, les soldats n’ont pas le temps de se refaire une santé. Le corps expéditionnaire devient l’Armée d’Orient et tente de faire la jonction avec les restes de l’Armée serbe qui vient de traverser la Macédoine, du nord au sud. La Serbie connait au début de la guerre quelques victoires, avec notamment la reprise de la ville de Belgrade, mais les défaites s’accumulent par la suite. De plus, la Bulgarie entre dans le conflit aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. L’expédition française pour porter secours aux troupes serbes s’avère vite être un échec et le retour vers Salonique se déroule à la fois dans des conditions climatiques détestables et sous le feu des armées des Empires centraux, qui multiplient les combats avec les unités de l’arrière-garde alliée.

 

Le camp de Salonique.

 

Salonique devient alors un immense camp militaire retranché, sous la menace permanente des armées allemandes, austro-hongroises et bulgares. L’Armée grecque s’est interposée entre les deux et tente d’éviter le pire. Au sommet de l’Etat grec les dissensions entre le Premier ministre, Vénizelos, partisan de la Triple-Entente (France, Russie, Empire britannique) et le roi Constantin 1er, pro Empires centraux, sont plus vives que jamais. Et les soldats alliés enfermés ne peuvent qu’attendre les ordres. Pour combattre la dysenterie, la malaria, le paludisme, la malnutrition et le scorbut, ils collaborent à l’assèchement des marais et se mettent à cultiver la terre. Une partie du camp se transforme en un immense potager. D’où la réplique, sarcastique, de Georges Clemenceau : « les jardiniers de Salonique ».

 

De leurs côtés, les états-majors s’affèrent pour mettre en place des unités dignes de ce nom. Le général français Maurice Sarrail tente un équilibre : ne pas déplaire aux Grecs, qui sont toujours neutres, faire attention aux espions allemands, bulgares ; faire régner l’ordre entre les troupes françaises, serbes, anglaises, australiennes, néo-zélandaises, italiennes, sans oublier les contingents indiens et africains.

 

En 1916, sollicitée des deux côtés, la Roumanie entre en guerre finalement en se rapprochant des Alliés. Dans le même temps, le général Sarrail voit les Grecs dégarnir les postes qui sont sensés protéger les Alliés. Il décide de sorties : les Serbes attaquent les premiers et reprennent aux Bulgares les monts menaçant la plaine de Salonique. De leur côté, les Français entrent en Macédoine et fixent les troupes germano-bulgares. L’aide des Roumains est de courte durée : à la fin de l’année 1916, le pays est entièrement envahi par les puissances centrales. Tout au long de l’année suivante, quelques combats sporadiques opposent les deux camps.

 

L’offensive victorieuse de 1918.

 

Il faut attendre 1918 pour que l’offensive majeure se déroule. Au cours de 1917, le général Adolphe Guillaumat s’est ingénié à remonter le moral des troupes, à les entretenir et surtout à les soigner. Les épidémies sont enfin endiguées. Le général contribue aussi fortement à l’implantation d’un état-major interallié, suffisamment solide et intelligent pour ne froisser aucun des pays contributeurs, tout en permettant des décisions rapides et efficaces. De plus, les Grecs finissent par s’engager dans le conflit aux côtés des Alliés. Le camp de Salonique n’est plus retranché ! Le temps de la reconquête est arrivé.

 

En juin 1918, rappelé à Paris par le nouveau Président du Conseil, Georges Clemenceau, le général Guillaumat est remplacé par le général Louis Franchet d’Espérey, qui peut enfin mettre en œuvre la globalité du plan élaboré par son prédécesseur. Le 15 septembre 1918, avec l’accord des gouvernements anglais et italiens, Franchet d’Espérey lance les armées alliées à la reconquête des Balkans. A l’est, les soldats anglais et grecs attaquent en direction de la Bulgarie (vallée du Vardar). Au centre, les Français et les Serbes, progressent rapidement et s’emparent de l’ensemble de leurs objectifs. L’un des épisodes les plus fameux de cette offensive reste la dernière charge de cavalerie de l’Armée française : sous le commandement du général Jouinot-Gambetta, la brigade à cheval des chasseurs d’Afrique réussit un raid de plus de 70 km à travers les montagnes, à plus de 2.000 mètres d’altitude. Le 29 septembre, les cavaliers prennent par surprise Usküb, la capitale de la Macédoine. Le soir même, les Bulgares sont acculés à signer un armistice.

 

Pendant ce temps, Franchet d’Espérey continue sa marche en avant et se dirige maintenant vers Bucarest, capitale de la Roumanie. Mais l’objectif est bien l’entrée en Autriche-Hongrie. L’armistice général du 11 novembre 1918 met un terme à la reconquête des Alliés, qui se retrouvent à ce moment-là bien plus proches des Empires centraux que leurs homologues de l’ouest. Mais pour l’Armée d’Orient, la guerre n’est pas encore terminée.

 

1919.

 

L’Armée Française d’Orient est à nouveau rebâtie pour se transformer en trois unités :

 

  • - L’Armée du Danube : commandée par le général Berthelot, elle est constituée des unités qui sont stationnées en Roumanie, d’abord à Bucarest puis dans le delta du Danube. Il s’agit de faire face aux nouveaux ennemis : les Russes bolchéviques qui eux sont positionnés en Moldavie (sous domination russe à l’époque).
  • - L’Armée de Hongrie, sous le commandement du général Labit, est chargée de mettre fin aux agissements des bolchéviques hongrois.
  • - Le Corps d’Occupation de Constantinople, a pour mission de faire régner l’ordre dans une partie de ce qui est bientôt l’ancien Empire ottoman.

 

Face aux « Rouges » et en appui des Russes « Blancs » (tsaristes), les troupes françaises vont stationner et se battre pendant plus de cinq mois après la fin officielle de la Première Guerre mondiale. Les ports russes sont envahis par des bateaux français et anglais : il s’agit d’étouffer économiquement le nouveau pouvoir de Lénine. Mais le retournement de la situation militaire (les Rouges amassant les victoires), les mutineries de marins français dans le port d’Odessa, et de plusieurs compagnies dans l’Armée du Danube, précipitent le retour des soldats français en métropole au printemps 1919.

 

 

2 - Pierre Achalme au 371ème RI.

 

Au 371ème RI.

 

Pierre François Achalme, 2ème classe au 371ème régiment d’infanterie, nait le 19 octobre 1895 dans le 17ème arrondissement de Paris. De la classe 1915, il porte le matricule au corps n° 5826.

 

Le 371 a pour casernement Belfort en 1914. Il fait partie de la 114ème brigade d’infanterie, de la 7ème région et du 4ème groupe de réserve. En cette première année de guerre, il participe aux opérations en Alsace puis dans les Vosges. En octobre – novembre 1915, il embarque pour Salonique.

 

Carnets d’Emile Nussbaum.

 

Emile Nussbaum, caporal au 371ème RI écrit à sa sœur :

 

  • - 3 octobre 1915 : « Chère sœur, je viens par cette lettre t’apprendre une nouvelle qui ne te fera pas trop plaisir. Notre régiment, et bien d’autres, fait partie du Corps Expéditionnaire d’Orient, nous sommes pour le moment à Meximieux pour le repos. On nous vaccine contre le choléra et on nous habille et équipe à neuf, nous allons y rester 4 ou 5 jours et de là nous sommes dirigés sur Marseille et embarquer pour la Serbie ».
  • - 12 octobre 1915 : « Le 8, nous partons pour de bon. Nous étions très bien à bord et comme je te l’ai dit c’était un Transatlantique du nom de « Princesse de Montfaléone », il a fait un temps superbe tout le temps de la traversée, le 8 et le 9 nous avions en vue les côtes de la Corse, Sardaigne et Sicile, puis d’Italie. Le 10, nous n’avons pas aperçu la terre de toute la journée. Le 11, nous avons vu des côtés dont je ne connais pas le nom et nous avions été en alerte toute la journée c’est-à-dire en pantalon et en veste sans chaussures, et de fortes ceintures de liège, nous craignons les sous-marins Austro-boches mais nous avons eu de la chance. Le 12 à minuit, nous débarquions en bon état au port de Salonique, c’est une ville assez bizarre sur le bord de la mer et en coteau, c’est très beau en regardant de la mer, mais c’est une ville sale avec des pavés très mal unis et peuplée de gens de toutes les nations, beaucoup de Français et d’Anglais. Mais les gens du pays sont très paresseux, on voit tous les hommes se faire traîner par de petits ânes, et leurs jambes trainent presque par terre. On en voit couchés au soleil des journées entières. Il y a beaucoup de commerçants de toutes sortes et à peine arrivés, nous étions assaillis par des marchands de figues, gâteaux, toutes sortes de fruits et camelotes sont réunies ici, c’est le genre de Sidi que l’on voit en France. On parle très bien le Français et on achète même des journaux imprimés en Français. La soirée du 12 fut consacrée au montage de nos tentes où nous couchons, c’est un grand camp occupé par des Français et des Anglais et des troupes de colonies. Nous avons vu les troupes Grecques qui sont dans Salonique. C’est un type très mou mais qui peut être un très bon soldat ».

 

Peu après son installation, le régiment se rend en Serbie du sud (Macédoine actuelle) en passant par la vallée de la Vardar, au cœur des montagnes du nord de la Grèce. La mission consiste à faire la liaison avec les troupes serbes qui retraitent à travers la Macédoine. C’est au cours de ces engagements, le 2 décembre 1915 – anniversaire de la bataille d’Austerlitz – que Pierre Achalme meurt de ses blessures dans la ville de Krivolac.

 

Pierre Achalme avait vingt ans. Son nom figure aujourd’hui sur le monument aux morts de la Première Guerre mondiale de la commune d’Asnières-sur-Seine.

 

 

Sources :

 

- Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.

- André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.

- Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

- Pierre Miquel : Les poilus d’Orient, Fayard, 1998 ; La poudrière d’Orient, Fayard 2004 ; Le gâchis des généraux, Plon 2001 ; Les Poilus, Plon, 2000 ; Je fais la guerre, Clemenceau, Taillandier, 2002 ; Les Enfants de la Patrie, Fayard, 2002.

- Pierre Gosa : Franchet d’Espérey, Nouvelles Editions Latines, 1999.

- Jacques Ancel : Les travaux et les jours de l’Armée d’Orient, Paris, 1921.

- Site internet www.chtimiste.com sur l’historique des régiments et les carnets du caporal Emile Nussbaum du 371ème RI.

- Journal de Marche du 371ème RI.

- Journal de Marche de la 114ème division d’infanterie

- Journal de Marche du Corps Expéditionnaire d’Orient

 

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Publié le 18 Avril 2010

Le collège Evariste Galois, de Bourg-la-Reine, où Matthieu Starynkevitch est élève de 5ème, a organisé au mois de février 2010, en collaboration avec le Souvenir Français, dont Monsieur Claude Pocholle est le président, un voyage en Artois. Voici le récit du jeune Matthieu.

 

ND de Lorette - Bombardements

Notre Dame de Lorette sous les bombardements par François Flameng.

 

« Hier, nous sommes allés voir différents lieux de la Grande guerre (1914/1918), tous en rapport avec la bataille de l'Artois qui a eu lieu en avril 1916.

 

Nous avons commencé par nous rendre à  la carrière Wellington ; les aménagements permettant au grand public d'y accéder sont très récents (mars 2009). La guide nous a expliqué que ce sont des anciennes carrières de craie du Moyen-âge récupérées et aménagées par les britanniques. Les nombreuses galeries sont reliées entres elles par des tunnels creusés par des sapeurs néo-zélandais, dès octobre 1914. Il y a des indications de l'époque sur les murs permettant de ne pas se perdre. Il y avait deux grands réseaux de carrières dans lesquels 24.000 hommes ont attendu des jours durant, avant de partir à l’assaut pour une diversion que voulait être la bataille de l'Artois pour faciliter l’assaut principal : le Chemin des Dames. Mais les combats furent des hécatombes, la moitié des britanniques provenant des carrières fut décimés. Il faisait un froid terrible au moment de la bataille et les soldats devaient enlever leurs manteaux pour courir plus vite. Les conditions étaient donc épouvantables mais les carrières étaient plus confortables que les tranchées, car mieux aménagées et à l’abri des bombardements.

 

Puis nous sommes allés pour nous recueillir au cimetière militaire français de  Notre Dame de Lorette où plus de 40 000 hommes sont enterrés : 20 000 dans des tombes identifiées, et 20 000 autres dans des fosses communes, dans la mesure où on ne pouvait pas les reconnaître. Il y a aussi une grande nécropole. Devant l’ossuaire, nous avons participé à une cérémonie du souvenir, étant venus avec nos instruments de musique et ayant entonné la Marseillaise et l’Hymne européen. Plusieurs présidents d’anciens combattants et deux porte-drapeaux nous accompagnaient. Monsieur Dominique Robillard, Maire de Ablain Saint Nazaire (62) et notre Maire, Jean-Noël Chevreau nous ont rappelé l’histoire de ce site, la bravoure des soldats qui l’ont défendu, et les raisons de ce vaste cimetière.

 

Puis nous sommes allés à Vimy, terre française donnée aux canadiens ou il y a les tranchées d'origine et, ce qui était une plaine jadis, est parsemé de cratère d'obus et de mines. Il y a aussi un mémorial immense de 4 000 tonnes de pierres, venant de Yougoslavie (souvenir de Sarajevo), construit par les Canadiens, en souvenir des combats acharnés pour prendre cette colline et pour s’y maintenir.

 

Nous remercions mille fois la Mairie, les Anciens Combattants, Madame Odile Giraud-Péguy, petite-fille de Charles Péguy, qui nous accompagnaient, et le Souvenir Français qui nous avait aidé à organiser cette sortie ».

 

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Publié le 16 Avril 2010

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Le vendredi 9, le samedi 10 et le dimanche 11 avril derniers, s’est tenu à Orléans le congrès national du Souvenir Français.

 

Un office religieux a été célébré en la synagogue d’Orléans le vendredi soir. Puis, le samedi matin, le congrès a débuté, au centre de conférences, par une réunion du conseil d’administration et des délégués généraux de notre association. Le samedi après-midi l’assemblée générale s’est déroulée, avec en premier lieu, le rappel de nos représentants disparus au cours de l’année écoulée. Puis, des directives (dont certaines devraient être prochainement modifiées) et le rôle du délégué général ont été rappelés.

 

Parmi ces informations, il convient d’indiquer la reprise par le Souvenir Français d’un certain nombre d’associations :

 

  • - l’association qui gère le monument des Sept soldats inconnus de Verdun (c’était parmi eux que le Soldat sous l’Arc de Triomphe avait été choisi).
  • - reprise de l’ensemble des archives de Rhin et Danube.
  • - conventions signées entre le Souvenir Français et l’association de la 3ème DIA, le département de la Meuse et le Comité national du Souvenir de Verdun.

 

Par ailleurs, le conseil d’administration de notre association a parfaitement conscience de l’obligation de communication pour mieux faire connaître ses actions : un partenariat avec une société de communication devrait être prochainement signé.

 

Pour les travaux ayant été réalisés au cours de l’année écoulée, il convient de citer, entre autres :

 

  • - Allier : monument à la mémoire des combattants de 1870 à Moulins.
  • - Indre : création d’un ossuaire à Buzançais.
  • - Lot et Garonne : création d’un monument à la mémoire des Morts pour la France en Indochine à Agen.
  • - Pyrénées orientales : stèle à la mémoire des harkis à Perpignan.
  • - Seine Saint-Denis : rénovation du carré militaire des Lilas.
  • - Maroc : rénovation du monument aux morts de Rabat.
  • - Russie : inauguration d’une stèle à la mémoire de l’Escadrille Normandie – Niémen.

 

Les grèves dans les transports ayant empêché un aumônier militaire du culte musulman d’être présent au congrès, une minute de silence a été demandée par le général Gérard Delbauffe, président-général de notre association, à la mémoire de tous les combattants musulmans morts pour la France.

 

Le samedi soir, une réception à l’hôtel de ville a conclu la journée. Le dimanche matin, les participants ont suivi une messe solennelle en la cathédrale.

 

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Publié le 9 Avril 2010

2009-12-19, Normandie-Niemen 012

 

 

Chefs et commandants de l’escadrille - Stationnements.

 

Le premier groupe est constitué de cinquante-huit hommes, dont quatorze pilotes. Il est placé sous le commandement du commandant Pouligen. L’escadrille rejoint la base aérienne d’Ivanovo, à 250 km au nord-est de Moscou.

 

Par la suite les commandants de l’unité sont :

 

  • - Février à Juillet 1943 : commandant Jean Tuslane.
  • - Juillet 1943 à Décembre 1944 : commandant Pierre Pouyade.
  • - Décembre 1944 : commandant Louis Delfino.

 

Tout au long de la guerre, l’escadrille aura de nombreux stationnements : Polotniani, Atki, Toula, Alitous, Sredniki, Dopenen, Labiau… Deux noms doivent certainement se rappeler à la mémoire des « napoléoniens » : en février 1945, elle est basée à Eylau et en avril 1945 à Friedland.

 

 

Les missions et batailles de l’escadrille Normandie - Niémen.

 

Les missions et les batailles peuvent être regroupées en trois campagnes (retrouvez les détails dans l’album de photographies « Normandie-Niémen » :

 

  • - 1ère campagne de novembre 1942 à novembre 1943 : cette première campagne porte les aviateurs de leur base d’origine à Doubrovka, près de Smolensk  (frontière de la Biélorussie) en passant par Polotniani-Zavod, Mosalsk, Kozielsk, Khationki, ou encore Gorodietchnia et Sloboda.
  • - 2ème campagne de mai à décembre 1944 : les pilotes se battent depuis la Biélorussie jusqu’en Lituanie, le long du fleuve Niémen (Alitous, Antonovo, Dopenen, Gross Kalweitchen). C’est d’ailleurs à ce moment-là que Joseph Staline décide d’accoler le nom de Niémen à celui de Normandie.
  • - 3ème campagne de décembre 1944 à juin 1945 : l’escadrille Normandie – Niémen se bat en Lituanie et en Prusse Orientale. A la fin de cette année 1944, les aviateurs sont les premiers Français à porter bataille dans le territoire du IIIème Reich.

 

Au cours de ces trois campagnes, l’escadrille effectue 5.240 missions qui donnent lieu à 869 combats aériens et elle est victorieuse à 273 reprises. Au cours de ces mêmes combats, elle perd 42 pilotes.

 

 

L’intervention de Staline.

 

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pilotes français se préparent à rentrer dans leur terre natale, libérée du joug allemand. Au moment même où ils s’envolent, grâce à des appareils militaires russes, Staline les fait rappeler. Certains pensent qu’ils ont commis une bévue, voire plus, en quittant le sol soviétique. En fait, le généralissime, secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, convoque les pilotes, les remercie pour leur action et les invite, comme le veut la tradition, à rejoindre la France à bord de leurs propres avions de chasse ! Les hommes de l’escadrille Normandie – Niémen sont accueillis en héros le 20 juin 1945 à l’aéroport du Bourget.

 

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Publié le 7 Avril 2010

 

  auschwitz

 

 

Le 27 janvier 2010, jour anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auswitchz, avec 25 enfants du collège Sophie Barat de Chatenay-Malabry et des survivants de ce camp, le Souvenir Français de Chatenay-Malabry, présidé par Marie-Françoise Belin, a ravivé la Flamme sous l'Arc de Triomphe. Rappelons les mots de Raphaël Esrail, président de l'UDA (déportés d'Auschtwitz) dans le numéro de Janvier 2010 de la revue "Après Auschwitz" (Décembre 2009) : "Dans le monde complexe où nous vivons, où l'antisémitisme et le racisme n'ont pas disparu, nous nous efforçons encore et toujours, de croire en l'Homme. C'est ce même effort qui, hier, fut aussi la source de notre survie". 

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