Publié le 5 Avril 2010

  Maurice Challe

 

  

Le sous-lieutenant Maurice Challe.

 

"Ne pas subir" (devise de Jean de Lattre de Tassigny).

 

1940 : en quelques semaines, la défaite de l’Armée française est consommée. Les troupes allemandes entrent à Paris, déclarée ville libre, le 14 juin. Le 17 juin, le maréchal Pétain, à qui le parlement vient de donner les pleins pouvoirs, prononce les mots suivants : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat ». Des Français ne renoncent pas. Suivant l’appel du général de Gaulle, ils le rejoignent à Londres ou entrent en résistance soit sur le territoire national soit au cœur des colonies de l’Empire français.

 

Au mois de juillet 1940, le général créé les Forces Aériennes Libres. Un peu moins d’une année plus tard, en juin 1941, l’Allemagne envahit l’URSS. C’est l’Opération Barbarossa. De Gaulle y voit un espoir pour la France : aider les Soviétiques à combattre les Allemands, c’est aussi une manière de contrer quelque peu l’influence anglaise dans le cadre du rapprochement des Alliés.

 

Au même moment, en Syrie, les troupes fidèles à la France Libre battent les troupes françaises restées à la botte du régime du maréchal Pétain. De Gaulle se rend à Damas et commence un rapprochement avec des représentants russes, dont l’ambassadeur à Londres. Ensuite, il confie une mission au général Petit. Les deux hommes se connaissent bien : ils étaient à Saint-Cyr ensemble. Petit se rend donc à Moscou et règle avec les Russes les modalités d’interventions d’une force armée. Le moyen le plus simple est l’organisation d’une escadrille. Mais pour se rendre en URSS, il faut passer par l’Iran, et rien n’est moins simple.

 

Du fait de l’opération Barbarossa, les relations diplomatiques sont rompues entre l’Etat français de Vichy et l’URSS. Le personnel de l’ambassade de France en ce pays est rappelé ; le lieutenant-colonel Luguet, attaché d’ambassade pour l’Armée de l’Air française, confirme la bonne volonté des soviétiques de recevoir un appui de pilotes français. Après les escadrilles « Alsace » et « Ile-de-France », une troisième unité est créée sous le nom de « Normandie ». Les négociations avec le haut commandement stalinien s’avèrent délicates : que faire de quelques dizaines de pilotes français dans l’Armée Rouge ? Ou les placer ? Finalement, à la fin de l’année 1942, l’escadrille est formée à Rayack au Liban, grâce à 60 militaires français (dont 14 pilotes de chasse) et rejoint la base d’Ivanovo, à 250 km au nord de Moscou. L’instruction peut commencer.

 

Le 19 mars 1943, le général Petit, chef de la Mission militaire française à Moscou, à la suite d’une inspection de l’escadrille en compagnie du colonel Levandovitch, du commandement supérieur des Forces aériennes de l’Armée Rouge, proclame : « Par ses qualités militaires et morales, cette unité est prête pour partir sur le front ».

 

L’escadrille Normandie, qui ajouté à son nom, « Niémen » peut commencer sa guerre. Le froid, les avions « Yak », la bureaucratie, les suspicions et interrogations : tout a été surmonté…

 

 

Des pilotes.

 

Voici ci-dessous quelques notices biographiques de pilotes de Normandie-Niémen (dont vous retrouverez la plupart des photographies dans l’album « Normandie-Niémen ») :

 

  • - Commandant Jean Tulasne, né à Nancy en 1912 et disparu officiellement en vol le 17 juillet 1943 pendant un accrochage avec l’ennemi au nord-ouest d’Orel. A commandé l’escadrille du 22 février 1943 au 17 juillet 1943.
  • - Colonel Pierre Pouyade, né à Cerisiers dans l’Yonne et mort le 5 septembre 1979 à Bandol. Ses cendres furent immergées au large de Toulon. Il fut commandant de l’escadrille du 12 octobre 1943 au 12 décembre 1944.
  • - Jules JOIRE, né à Roubaix le 29 Août 1914 et décédé le 18 Mars 1944 lors d'une collision pendant un vol d'entrainement. Présent à l'escadrille du 12 Octobre 1943 au 18 Mars 1944.
  • - Capitaine Maurice de Seynes, né à Paris le 7 Août 1914 et tué le 15 Juillet 1944 dans un accident d'avion en refusant d'abandonner son mécanicien qui se trouvait avec lui, dans la région de Mikountani. Présent à l'escadrille du 1er Janvier 1944 au 15 Juillet 1944.
  • - Commandant. Roland de La Poype, né à Pradeaux (Puy-de-Dôme), le 28 Juillet 1920, ayant quitté l'armée peu de temps après être rentré de Russie. Le commandant a pris sa retraite en 1985. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 20 Juin 1945.
  • - Lieutenant Didier Beguin, né le 14 Décembre 1918 à Paris, tué en Hollande au cours d'une mission, par la DCA le 26 Novembre 1944. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 16 Février 1944.
  • - Lieutenant Marcel Lefèvre, né aux Andelys (Eure) le 17 Mars 1918, grièvement brûlé lors d'une mission le 28 Mai 1944, il décède de ses blessures à Moscou le 5 Juin 1944. Son corps sera rapatrié en 1953, il repose au cimetière des Andelys. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 5 Juin 1944.
  • - Commandant Joseph Risso, né le 23 Janvier 1920 à Cadolive (Bouches-du-Rhône), décédé le 24 Novembre 2005 ; n'a jamais quitté l'armée où il a fait une brillante carrière et a terminé avec le grade de général de brigade. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 1er Septembre 1945.
  • - Sous-lieutenant Albert Durand, né le16 Septembre 1918 à Grasse (Alpes-Maritimes) ; porté officiellement disparu le 1er septembre 1943 lors d'une mission en pleine attaque. Son palmarès était de 10 victoires homologuées dont 4 individuelles. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 1er Septembre 1943.
  • - Sous-lieutenant Maurice Challe, né le 18 Juin 1911 à Reims ; est tué au combat dans la région de Pillau (Prusse-Orientale) le 27 Mars 1945. Il est le dernier tué de l'escadrille. Présent du 18 Mars 1944 au 27 Mars 1945.
  • - Capitaine Charles de La Salle (de son vrai nom, Charles d'Anfreville de Jurquet de La Salle) né le 21 Août 1914 à Soulac (Gironde) décédé accidentellement le 8 Août 1969. Présent à l'escadrille du 8 Mai 1944 au 20 Juin 1945.
  • - Capitaine Marc Charras, né le 24 Mai 1916 à Saigon (Indochine) ; est tué le 30 Juillet 1949 en Indochine en combat aérien. Présent à l'escadrille du 24 Février 1944 au 20 Juin 1945.
  • - Capitaine René Challe, né le 6 Juin 1913 à Besançon (Doubs) ; grièvement blessé lors d'un combat aérien le 17 Janvier 1945, il finira la guerre à l'hôpital. Il décède le 4 Avril 2006 en Normandie, il était Colonel. Présent à l'escadrille du 18 Mars 1944 au 17 Janvier 1945.

 

 

Après la Seconde Guerre mondiale.

 

Un temps stationnée au Bourget, l’escadrille est envoyée sur Toussus-le-Noble et prend le nom de régiment de Chasse Normandie - Niémen. Pendant la guerre d’Indochine, il est basé à Saïgon. En 1953, l’unité est scindée en deux et l’une des parties prend le nom d’Escadron de chasse 2/6 Normandie – Niémen. Par la suite, la 6ème escadre est dissoute et l’escadrille passe à la 30ème escadre de chasse, d’où son nouveau nom : Escadron de chasse 2/30 Normandie – Niémen. Nouvelle dénomination en 1993 puis en 1995 : « Escadron de chasse 1/30 Normandie – Niémen ». Le 3 juillet 2009, la dissolution est définitive. Une partie des avions et des pilotes, ainsi que le drapeau, rejoignent la base de Reims.

 

Parmi les décorations de l’escadrille, il convient de nommer :

 

  • - Pour la France : légion d’Honneur, ordre de la Libération, médaille militaire, croix de Guerre avec six palmes.
  • - Pour l’Union soviétique : Héros de l’Union soviétique Etoile d’Or, ordre de Lénine, ordre du Drapeau rouge, ordre d’Alexandre Nevski, ordre de la Guerre pour la Patrie, ordre de l’Etoile rouge, médaille de la Victoire, médaille de la prise de la forteresse de Königsberg.

 

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Publié le 24 Mars 2010

Fils de mineur, né à Denain, Monsieur Léon Gary, aujourd’hui disparu, avait en lui le mélange de rudesse de caractère et de chaleur humaine des Ch’tis. « Les gens du Nord ont dans leur cœur le soleil qu’ils n’ont pas au dehors ; ils ouvrent leurs portes à ceux qui ont souffert » a écrit le chanteur Enrico Macias.

 

 

 

 

Apprenti tourneur-ajusteur à l’âge de 14 ans, Léon Gary vient à Paris pour y trouver du travail. Il œuvre dans différentes usines. Mais sa vie bascule six années plus tard, en janvier 1944. Après quatre années d’occupation allemande, la capitale, comme l’ensemble du territoire, voit la Résistance s’organiser. Ainsi, le 1er janvier sont créées les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) ; le 5 janvier, les Mouvements Unis de la Résistance se transforment en un Mouvement de Libération Nationale (MLN) grâce à l’intégration des groupements de la Résistance de la Zone Nord (qui fut la Zone Occupée).

 

Le 6 janvier 1944, Philippe Henriot est nommé secrétaire d’Etat à l’information et à la propagande. C’est un Collaborateur notoire. Il est membre de la Milice et harangue les Français à soutenir les troupes nazies dans des tribunes qu’il publie dans Je suis Partout.

 

Des rafles sont organisées. Léon Gary tombe dans l’une d’elles ce même 6 janvier. Il est emmené en Allemagne, à Berlin, et croupit dans la prison centrale de Tegel. Au cours d’un bombardement allié, Léon Gary est grièvement blessé. Il est alors transféré dans la prison de Moabit, du nom de ce quartier de la capitale du IIIème Reich. Libéré par les Russes le 2 mai 1945, il est par la suite rapatrié en France par les soldats américains. Il est enfin de retour chez lui à la fin du mois de mai 1945.

 

Il reprend ses activités. Employé d’abord chez SKF, Léon Gary entre ensuite à l’arsenal de Rueil en 1951 et y travaille jusqu’à sa fermeture pour rejoindre le service Industriel de l’Armement. Il termine sa carrière au ministère de la Défense nationale, après 32 ans de services, en tant qu’ouvrier hautement qualifié. A l’âge de 60 ans, il prend sa retraite.

 

Entre temps, il a rencontré Jeannette, qui devient son épouse.

 

En février 1986, Léon Gary est appelé à succéder à André Mansat, fondateur du Comité du Souvenir Français de Puteaux. Le nouveau président se met à la tâche sans attendre. Il aide les familles à retrouver les traces et les sépultures des aïeux morts au combat. Il oriente, il informe. Il réorganise et restructure les carrés militaires du cimetière nouveau de Puteaux. Ainsi, aujourd’hui le cimetière compte deux carrés :

 

- le premier concerne les morts pour la France de la guerre de 1914-1918. Il regroupe 85 tombes individuelles, dont certaines sont postérieures à la fin du conflit. Ainsi, Marcel Robert est mort le 16 mars 1926, au cours des combats contre la révolte des syriens pendant le mandat français sur le pays.

 

- le second concerne la guerre de 1939-1945 et rassemble 34 tombes, dont 11 pour des fusillés pendant l’Occupation allemande (Mont Valérien). Des Putéoliens morts pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie sont également enterrés dans ce carré.

 

Pour toutes celles et ceux qui l’ont connu, Léon Gary a laissé l’image d’un homme bon, au grand cœur, et surtout au service de tous.

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Publié le 18 Mars 2010

Départ en mission



Georges Fleury, in La guerre en Algérie (Ed. Payot) :

"J'ai écrit ce livre (...) pour que les enfants d'aujourd'hui, ceux de demain, se rendent compte que leur père ou leurs grands-pères n'ont pas été pires que d'autres, alors même qu'ils étaient confrontés à des situations extrêmes qui dépassèrent souvent ceux qui les avaient envoyés se battre dans ces djebels si beaux dont ils rêvent encore la nuit et ou des petits riens les ramènent parfois. Il suffit d'un copain retrouvé, d'une phrase en arabe cueillie au coin d'une rue, d'une odeur de merguez, d'un petit coup de vent chaud, d'un verre de vin rosé, d'une tasse de thé, du miel d'une pâtisserie, pour qu'ils entendent encore l'étrange et lancinante petite musique de là-bas. Celle de nos vingt ans...".

Retrouvez des clichés de l'Algérie et de la guerre d'Algérie dans l'album éponyme.

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Publié le 14 Mars 2010


Presentation de l'Escadrille Normandie-Niemen

 


Grâce à l'action conjugée de Françoise-Marie Belin, présidente du Comité de Chatenay-Malabry, du docteur Alain Farges, du Mémorial Normandie-Niémen, de Josette et Michel Leclercq, de Chatillon, voici un premier résultat de nos travaux sur l'Escadrille Normandie-Niémen : il s'agit d'un album de photographies. L'histoire de cette unité, prestigieuse, ainsi que le détail des missions feront l'objet de prochains articles sur ce site Internet.

A bientôt, et en attendant, retrouvez les photographies dans l'album intitulé : "006 - Normandie - Niemen".

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Publié le 5 Mars 2010

Dien Bien Phu - 1954
Parachutistes à Diên Biên Phù. 

 

 

Les parachutistes coloniaux.

 


Les bataillons de parachutistes coloniaux ont une histoire complexe et mouvementée. Le point de départ généralement admis est la rencontre entre le général de Gaulle et le capitaine Georges Bergé.

 

Georges Bergé nait en janvier 1909 dans le Gers, à Belmont. Formé à l’Ecole de l’Infanterie et des Chars de Saint-Maixent, il est par la suite détaché de l’Armée de terre dans l’Armée de l’air, au groupe d’infanterie de l’Air n°601. Mais des problèmes de santé l’obligent à renoncer à sauter en parachute et il revient à son arme d’origine en 1938.

 

Blessé lors des premières batailles de la Campagne de France en mai 1940, il est évacué vers l’arrière puis dans sa Gascogne natale. Là, écoutant le discours du général de Gaulle, il s’embarque et rejoint les Forces Françaises Libres en juin 1940. Le capitaine Bergé propose au général de compléter l’armée en formation en créant une unité de parachutistes.

 

Ainsi nait la 1ère compagnie d’infanterie de l’air. L’une de ses premières missions parachutée – nommée « Savannah » – consiste à créer un embryon de la Résistance à Bayonne. Par la suite, la compagnie se couvre de gloire à l’occasion d’opérations au Levant (1941) ; en Crète, en Lybie et en Tunisie (1942) ; en Belgique (1944). Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, l’unité est envoyée en Bretagne. Grâce à l’appui des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), ce sont près de 85.000 Allemands qui sont retenus dans la région. De fait, ils ne peuvent venir en aide à leurs camarades de Normandie. La compagnie aéroportée signe là une de ses victoires majeures. Quelques mois plus tard, la compagnie participe à la bataille des Ardennes, puis est parachutée sur la Hollande.

 

Devenue brigade de parachutistes SAS (sur le modèle des Special Air Service anglais), elle s’illustre lors de son premier séjour en Indochine. Mais la guerre allant crescendo dans cette colonie française, le grand commandement français décide de créer en 1947, à partir de la 25ème Division Aéroportée, un groupement colonial. Il prend le nom de Demi-brigade Coloniale de Commandos Parachutistes. Son premier chef de corps est le colonel Massu.

 

 

 

Les BPC.

 

Pour faire face aux besoins en hommes, et aux relèves nécessaires, des bataillons de parachutistes coloniaux viennent compléter la Demi-brigade : le 1er, le 2, le 3, le 5, le 6, le 7 et le 8.

 

L’histoire du 1er commence en 1947 : le 1er bataillon colonial de commandos parachutistes est créé à partir de deux bataillons parachutistes SAS. Il est dissous l’année suivante, pour être recréé le 7 décembre 1949. Au mois de mars 1951, il devient le 1er BPC qui est lui-même dissous en janvier 1952 pour être à nouveau recréé un an plus tard (dissous définitivement en septembre 1955).

 

L’Opération Castor.

 

En 1953, la guerre fait rage en Indochine depuis près de huit ans. En octobre, le commandement vietminh, mené par le général Giap, décide de suspendre les attaques sur le delta du Tonkin. L’effort en hommes en trop important. Les soldats français, dans le cadre de l’opération « Mouette » ont anéanti plusieurs milliers de Bodois. Giap déplace alors ses divisions vers la Haute-région et le Laos, dans le but de prendre à revers les troupes françaises et de prolonger le soulèvement vietnamien au Laos.

 

Le général Navarre, nouveau commandant en chef du CEFEO (Corps Expéditionnaire Français en Extrême Orient) comprend la manœuvre du stratège vietnamien. Qui plus est, un traité de défense du Laos est signé avec la France. Navarre cherche par tous les moyens a empêché l’ouverture d’un nouveau front. L’idée consiste alors à prendre position dans la plaine de Diên Biên Phu, à l’extrême ouest du pays vietnamien, pour d’une part, attirer les forces de Giap, et d’autre part, leur couper la route menant au Laos. Tenter des combats victorieux dans les montagnes environnantes s’avérant illusoire. Il est donc préférable de choisir le terrain. Des raids étant ensuite lancés depuis le camp de Diên Biên Phu pour détruire des positions ennemies. C’est une tactique qui a déjà réussi (camp de Na San). Ce plan militaire s’appelle l’opération « Castor ».

 

L’Elément Divisionnaire Aéroporté du général Gilles doit sauter sur Diên Biên Phu en deux GAP (Groupement Aéroporté), le premier étant formé de deux vagues :

 

  • - GAP 1 : commandant Fourcade avec le 6ème BPC du chef de bataillon Bigeard, le 2/1er RCP du commandant Bréchignac, la 17ème compagnie parachutiste, des éléments du groupe de marche du 35ème régiment d’artillerie parachutiste du chef d’escadron Millot, pour la première vague ; pour la seconde vague : le 1er BPC du chef de bataillon Souquet, l’antenne chirurgicale parachutiste n°1 et le reliquat du groupe de marche du 35ème régiment d’artillerie d’artillerie parachutiste.
  • - GAP 2 : lieutenant-colonel Langlais avec le 1er bataillon étranger de parachutistes du chef de bataillon Guiraud, le 8ème BPC du capitaine Tourret et le 5ème bataillon de parachutistes vietnamiens du chef de bataillon Bouvery.

 

Le saut n’est pas de tout repos : Bigeard et ses hommes atterrissent au beau milieu de Bodois en pleine instruction : c’est un carnage chez les soldats du Vietminh. Le camp français s’installe. Mais rien ne va se passer comme prévu…

 

 

Janvier 1954.

 


Maurice Bertaud est natif de la commune de Rueil-Malmaison. Il y voit le jour le 29 août 1932. Il s’engage dans l’Armée et est appelé à servir en Indochine. Il intègre le 1er BPC en tant que parachutiste de 2ème classe.

 

Dans son ouvrage très documenté sur la guerre d’Indochine (Ed. Perrin), Georges Fleury rappelle les conditions de l’engagement à la fin de l’année 1953 : « Alors qu’on l’attendait à Diên Biên Phu, Giap frappe au Laos. Sa division 325, étoffée par un régiment de la 304, attaque le 20 décembre 1953 dans la région de Ban Kha Hé. Elle bouscule le 27ème bataillon de tirailleurs algériens qui défendaient la place avec une batterie d’artillerie. Elle lamine une à une des positions tenues par des troupes laotiennes. »

 

Les troupes vietminh progressent rapidement. Plan judicieux que d’attaquer bien au sud pour faire diversion et forcer l’Union française à honorer son traité. Une ville importante de cette région, That Khek est abandonnée sans combattre. Des troupes françaises sont envoyées sur le camp Seno (« Sud Est – Nord Ouest » ; nom donné à ce camp, installé au carrefour des routes coloniales 13 et 9) pour contrecarrer l’offensive. Avec le soutien du 2ème BEP, le 1er BPC réoccupe la ville et repousse les régiments vietminh 66 et 101.

 

C’est au cours de ces combats que Maurice Bertaud trouve la mort à Ban Na kham, au Laos, le 8 janvier 1954. Il avait 22 ans.

 

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Publié le 11 Février 2010

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Le congrès annuel national de notre association se déroulant les 10 et 11 avril 2010 à Orléans, je vous invite à vous joindre aux cérémonies du Souvenir qui seront organisées à Paris :

 

 

 

 

  • - Le samedi 20 février 2010 : cérémonie du ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe. Le rendez-vous est fixé à 17h45, en haut des Champs-Elysées (angle de la rue Balzac).

 

  • - Le dimanche 21 février 2010 à 11h00 : grande messe du Souvenir, en la basilique Notre-Dame-des-Victoires, place des Petits Pères, Paris 2ème (Métro Bourse).

 

Vous aurez toutes et tous à cœur de vous réunir avec votre drapeau pour ces deux rendez-vous, marquant ainsi votre volonté de prouver le dynamisme de notre association et bien sûr celui de votre comité.

 

Les Hauts-de-Seine se doivent d’être présents en ces deux occasions.

 


André Labour
Délégué général

 

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Publié le 9 Février 2010

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Paul Lacroix nous a quittés au milieu de l’été 2009, discrètement, en conformité avec la modestie qui était sienne, alors qu’il aurait eu maintes raisons de se faire valoir, par sa vie professionnelle exemplaire, ses faits de guerre et ses titres : Meilleur Ouvrier de France, Médaillé de la Résistance, Officier de la Légion d’Honneur.

 

 

Mis en apprentissage à 14 ans, il fit toute sa carrière dans l’industrie du chauffage et de la ventilation. Par son travail, son souci de la perfection, son sens de la technique, il gravit tous les échelons jusqu’à la création de sa propre entreprise, installée à Vaucresson en 1974.

 

Pendant la guerre, il rejoignit en Haute-Savoie le maquis de La Clusaz qui fut pratiquement anéanti par une attaque de l’armée italienne d’occupation. Paul se retrouva à Saint-Etienne où il entra dans la clandestinité et s’engagea dans la Résistance. Arrêté par la Gestapo, torturé, il refusa de parler. Libéré en juillet 1944, au départ des troupes allemandes, il fit ce geste inouï et chevaleresque de pardonner à celui qui l’avait dénoncé.

 

Paul était profondément intégré dans la vie vaucressonnaise. Il faisait partie de plusieurs associations, tout particulièrement des Anciens combattants et du Souvenir français. Il se distinguait par sa participation active, son dévouement et son affabilité.

 

Nous garderons le souvenir d’un homme d’honneur solide dans ses convictions et fidèle en amitié.


François GOURE
Président du Souvenir Français de Vaucresson.

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Publié le 31 Janvier 2010

Hassi Messaoud
Algérie: région d'Hassi Messaoud.

 

« Je me souviens très bien de mon premier contact avec l’Algérie. Après avoir passé deux jours, très déprimants, dans le camp de Sainte-Marthe à Marseille, nous embarquâmes pour la traversée de la Méditerranée. Et nous arrivâmes à Alger. Considérant l’importance du déploiement des forces militaires et policières au port, je peux dire que nous étions attendus !

 

Nous n’eûmes pas le temps de faire du tourisme, d’admirer Alger la blanche. Nous fûmes de suite invités à monter dans des GMC et direction Baraki. A voir les têtes de nos compatriotes, nous commençâmes à changer d’état d’esprit.

 

Le séjour dans cette petite unité de l’Armée de l’Air, proche d’Alger, consista à suivre le peloton de caporal. Dans le cadre de cette formation, nous effectuâmes quelques sorties, dans le but, entre autres, de contrôler le passage d’un oued. Il n’y eut pas d’incidents. Le plus stressant était de monter la garde, la nuit, dans des miradors, avec la mitraillette MAT, chargeur engagé. Il fallait promener un faisceau lumineux sur 180 degrés, très régulièrement, ce qui créait des ombres parfois inquiétantes et que l’on n’identifiait pas toujours. Le temps paraissait bien long au cours de ces nuits hachées.

 

Puis, pour un camarade et moi, peloton en poche, ce fut le départ pour Constantine par le train. Le départ fut très matinal. Tellement, que cette nuit-là, nous eûmes droit aux derniers soubresauts d’une nuit bleue qui vit l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète – pro-Algérie française) faire des dizaines de plastiquages. Notre chauffeur nous lâcha à la gare. Je me retrouvai, avec mon camarade, dans un train bondé de civils, pour la plupart algériens, et comme nous en partance pour Constantine. Finalement, le parcours se déroula très correctement. Les paysages défilaient devant nous. Magnifiques. Je garde encore en mémoire cette vue au loin de la ville de Tizi Ouzou.

 

Nous arrivâmes enfin à Constantine. Pas d’accueil. Aucun sous-officier à l’horizon pour venir quérir ces deux nouveaux caporaux. Nous étions complètement livrés à nous-mêmes. Je me demande encore comment nous avons pu faire pour nous rendre au fort. Et comment, l’Armée française pouvait-elle laisser deux jeunes militaires en uniforme et paquetage dans les conditions d’insécurité qui régnaient alors. Ce n’est que plus tard que j’appris la vérité : notre départ avait été précipité, improvisé par un subalterne, alors qu’il n’était pas du tout prévu qu’il se déroulât ainsi.

 

C’est là que nous eûmes à choisir notre prochaine affectation. Le fait d’arriver seuls nous avait au moins apporté cela : la possibilité d’avoir des entretiens avec les officiers et de choisir les lieux de destinations finales. Le choix de mon camarade se porta sur un camp placé sur un piton – et dont j’ai malheureusement oublié le nom. Quant à moi, j’optai pour le camp d’Hassi Messaoud.

 

Ce séjour au Sahara me laissa de nombreux souvenirs. Quelques mois plus tard, au moment du déménagement de la base de Sidi Ahmed en Tunisie, je fus libéré de mes obligations militaires. Et je rejoignis ma terre natale en quittant l’Afrique par le port de Bizerte ».

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Publié le 30 Janvier 2010

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En présence de notre Délégué général, André Labour, l'assemblée générale du Comité de Meudon se déroulera le samedi 6 février à 10h30, au complexe René Leduc, 12, rue du Père Brottier à Meudon.

Ordre du jour :

- rapport moral.
- rapport d'activités.
- rapport financier.
- élection au conseil du Comité de Meudon.

Un apéritif, offert par la municipalité, clôturera cette assemblée, qui sera suivie vers 13h d'un repas dansant.

Jean-Marie Duhaut
Président du Comité
Délégué général adjoint.

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