Publié le 22 Septembre 2009




La Délégation Générale des Hauts-de-Seine vous rappelle que notre congrès départemental se déroulera le samedi 17 octobre 2009 à Sèvres : 


 - A partir de 8h : accueil des participants au SEL (Sèvres Espace Loisirs) : 47, Grande rue - 92310 - Sèvres - Téléphone : 01 41 14 32 32.

 - 9h : séance de travail dans la salle de spectacle du SEL.

 - 11h : remise de médailles.

 - 11h15 : formation du cortège vers l'avenue de la Division Leclerc puis dépôts de gerbes ; départ en car vers le cimetière ; cérémonie ; lâché de colombes.

 - 12h45 : vin d'honneur puis déjeuner au SEL.



Pour vous rendre au SEL : métro ligne 9 avec arrêt Pont de Sèvres puis le bus 171 arrêt mairie de Sèvres ; train : gare Montparnasse arrêt Sèvres Rive gauche ; Tramway : T2 arrêt Musée de Sèvres.

La Délégation Générale se tient à votre disposition pour toute question.

Nous comptons sur votre présence.

André LABOUR, Délégué général.

Lire la suite

Publié le 19 Septembre 2009


 

Le carré militaire.

   

La ville de Saint-Cloud tient son nom de Clodoald, petit-fils de Clovis, qui vient se réfugier en cette ville (à l’époque village) pour échapper à la perfidie et la cruauté de ses oncles. Plutôt que de s’enfermer dans les querelles de pouvoir, le jeune homme préfère revêtir l’habit monacal. Il devient évêque et fait bâtir un monastère.

 

La ville de Saint-Cloud est aussi connue pour son château et son parc, construits sous Louis XIV, par le frère de celui-ci, appelé « Monsieur ». Château qui sera la résidence du Premier consul, Napoléon Bonaparte, et qui terminera incendié lors de la Guerre franco-prussienne, par un obus français tiré depuis le Mont Valérien.

 

Le cimetière de Saint-Cloud, dont l’adresse est place du Souvenir Français, comporte un carré militaire principal, au sein duquel sont regroupées des tombes françaises, britanniques et belges. En tout, quelques 210 hommes morts pour la France (dont 76 à l’intérieur du carré militaire).

 

Parmi les monuments du cimetière, il convient de citer :

 

  • – Le monument aux morts de 1870-1871 (« Oublier ! … Jamais !! »).
  • – Le monument aux morts de 1914-1918.
  • – le monument aux morts des Rapatriés, portant l’inscription suivante : « A nos morts civils et militaires, restés malgré nous dans les cimetières d’Outre-mer ».
  • – Un monument dédié à la mémoire de ceux tombés en Indochine et en Algérie.
  • – Une stèle : « Aux héros, aux martyrs morts pour la France, sans sépulture connue ».
  • – Une stèle à la mémoire des déportés juifs de Saint-Cloud.

 

Enfin, deux Compagnons de la Libération sont enterrés à Saint-Cloud :

 

  • - Jean des Moutis : officier de marine, il rallie l’Angleterre le 17 juin 1940, emmenant avec lui tout le commissariat de la marine de Cherbourg. De tous les combats pendant la Seconde Guerre mondiale puis en Indochine, effectuant une carrière exemplaire au sein de son arme, il décède à Fontainebleau en 1965.

 

  • - Gilbert Grandval : Alsacien (son nom de naissance est Hirsch-Ollendorff), haut responsable chez les FFI (Région C – Alsace / Lorraine), il prend une part importante dans la libération de cette zone en 1944. Il fait par la suite une carrière de haut fonctionnaire et est nommé Ambassadeur de France de 1952 à 1955. Après cette date, il quitte la fonction publique pour entamer une reconversion dans la Marine marchande, et devient président de la Compagnie des Messageries maritimes. Il meurt à Paris en 1981.
  • 

 

 

La bataille de Buzenval.

 

L’une des particularités de ce cimetière est de contenir trois tombes individuelles d’officiers prussiens, entretenues par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge (équivalent du Souvenir Français en Allemagne) :

 

  • – Gottfried Ernst Borsche, lieutenant au 47ème régiment d’Infanterie.
  • – Theodor Langen, lieutenant au 58ème.
  • – Robert Reitzenstein, sous-lieutenant dans l’artillerie (« Batterie de Saint-Cloud »).

 

Ils sont morts le 19 janvier 1871.

 

Ce jour-là, les troupes françaises – 90.000 hommes – sous le commandement du général Trochu, tentent une sortie du siège de Paris en direction de Versailles. La composition est la suivante : l’armée de gauche, dirigée par le général Vinoy, doit prendre la colline de Montretout, à Saint-Cloud ; le centre doit attaquer le plateau de Bergerie à Buzenval (actuelle commune de Rueil-Malmaison) ; la droite, doit également s’attaquer à Buzenval et ensuite prendre la direction de Vaucresson.

 

Les forces prussiennes ne sont en rien surprises et, solidement ancrées, attendent les charges des soldats français. Quelques heures après le début des combats, au prix de plusieurs centaines de morts, les hommes de Trochu doivent rebrousser chemin et à nouveau s’enfermer dans Paris.

 

A cette occasion plusieurs personnalités tombent sous les balles prussiennes : le marquis de Coriolis (engagé volontaire à l’âge de 67 ans) et le jeune et talentueux peintre Henri Regnault.

 

Retrouvez les photographies du carré militaire de Saint-Cloud, dans l’album éponyme.

 

Lire la suite

Publié le 10 Septembre 2009

 

Le carré militaire.

 

 

Commune du nord du département, de tradition agricole et maraîchère, Gennevilliers devient une cité industrielle au cours du 19ème siècle. De nombreuses entreprises s’y installent, liées notamment au secteur automobile. Le cimetière est bâtit à cette époque. La population croissant rapidement, la municipalité doit, en 1986, trouver un nouvel emplacement, au nord du village ancien, et de nombreuses sépultures sont transférées.

 

Le cimetière de Gennevilliers possède un monument principal, sur lequel sont gravés tous les noms des morts pour la France de la Première Guerre mondiale pour la commune, un carré militaire lié à la Seconde Guerre mondiale, ainsi que des stèles rappelant le sacrifice suprême de plusieurs de ses habitants à l’occasion des guerres d’Indochine (« A la mémoire de ceux qui sont morts en Indochine. Jurons d’agir pour que cesse cette guerre et pour la paix du Monde ») et d’Algérie.

 

Plusieurs Gennevillois morts pour la France reposent également dans des caveaux familiaux. Pour d’autres ont été créés des tombeaux impressionnants. C’est notamment le cas de Prosper Beurier, chasseur au 4ème Bataillon, cité à l’Ordre du Corps d’Armée, mort pour la France le 16 janvier 1915.

 

Plus rare, un monument a été érigé en mémoire de plusieurs soldats morts en mission en Métropole ou au cours des guerres coloniales. Il comporte les stèles suivantes :

 

  • – Eugène Thomas, 1er Régiment d’infanterie de marine, mort au Tonkin le 9 septembre 1885 à l’âge de 19 ans.
  • – Maxime Renaud, capitaine au 141ème de Ligne, mort à Ajaccio le 1er janvier 1883, à l’âge de 45 ans.
  • – Michel Meyer, canonnier mort à Saint-Louis le 9 octobre 1886 à l’âge de 22 ans.
  • – Georges Girard, 3ème Régiment du Génie, tué à l’explosion d’Arras le 28 août 1883 (24 ans).
  • – Georges Albert Briffault des Corrières, caporal aux Tirailleurs sénégalais, mort à Saint-Louis du Sénégal, le 22 septembre 1878, à l’âge de 22 ans.
  • – Charles Rapp, 36 ans, gendarme colonial, décédé à Saint-Pierre (Ile de la Réunion) en 1897.

 

 

Les fusillés de Châteaubriant.

 

Une stèle rappelle les noms des fusillés de la commune :

 

  • – Jean Grandel, maire et conseiller général du département de la Seine.
  • – Jean-Pierre Timbaud.
  • – Henri Aguado.
  • – Louis Calmel.
  • – Julien Masselier.
  • – Joseph Le Clainche.
  • – Henri Le Gall.
  • – Jules Larose.
  • – Georges Thoretton.
  • – François Kovac.
  • – Paul Simo.
  • – Nevach Zuckerman.

 

Plusieurs d’entre eux, à commencer par Jean Grandel (22 octobre 1941), mais aussi Jean-Pierre Timbaud (22 octobre 1941) et Georges Thoretton (15 décembre 1941), sont fusillés à Châteaubriant. Ouvert en 1941, ce camp du département de la Loire-Atlantique est réservé aux prisonniers de droit commun et aux détenus politiques, dont la plupart sont communistes (le Parti communiste français ayant été interdit à la suite du Pacte germano-soviétique).

 

 

Les fusillés du 22 octobre 1941.

 

Au cours de l’été 1941, le colonel Fabien, résistant communiste, donne le coup d’envoi d’une série d’attentats contre des officiers allemands en tuant l’aspirant Moser, à Paris, au métro Barbès-Rochechouart.

 

Le 20 octobre suivant, Karl Hotz, responsable des troupes d’occupation de la région nantaise est abattu par Gilbert Brustein, membre de la branche armée de la résistance communiste. Le commandant militaire de la Wehrmacht en France, Otto von Stülpnagel commence par demander au Gouvernement de Vichy de réagir et d’organiser la répression. Mais Adolf Hitler lui-même trouve que son représentant est beaucoup trop clément et exige que les Allemands exécutent immédiatement une liste de 200 otages remise par les autorités françaises. Stülpnagel ramène la liste à cent personnes : 50 tout de suite et 50 si les coupables n’ont pas été arrêtés en date du 23 octobre. C’est ainsi que 48 hommes sont fusillés à Paris, Nantes, et Châteaubriant (il y aura une amnistie pour les autres).

 

Otto von Stülpnagel fait parvenir aux autorités françaises les éléments constitutifs de la liste selon un code précis, avec par ordre d’importance :

 

  • – anciens élus d’organisations communistes.
  • – personnes qui se sont adonnées à l’idéologie communiste.
  • – personnes qui ont montré de l’agressivité et de la dangerosité vis-à-vis de troupes de la Wehrmacht.
  • – distributeurs de tracts.
  • – auteurs d’actes de terreur ou de sabotages.

 

L’administration de Vichy remet une liste aux Allemands, au sein de laquelle les militants, élus ou sympathisants communistes sont bien entendu les plus nombreux. C’est ainsi que vont mourir sous les balles ennemies :

 

  • – Jean Grandel, maire et conseiller général.
  • – Charles Michels, député communiste du 15ème arrondissement.
  • – Jean-Pierre Timbaud, secrétaire de la fédération des métaux CGT de la Région parisienne.
  • – Pierre Guéguin, maire de Concarneau.
  • – Les militants communistes : René Carrel, Joseph Gil, Robert Grassineau…
  • – Les Résistants : Paul Birien, Auguste Blouin, Alexandre Fourny, Léon Jost…
  • – Guy Môquet, militant communiste de 17 ans, sur lequel sera retrouvée la lettre suivante :

 

« Ma petite maman chérie, Mon tout petit frère adoré, Mon petit papa aimé, Je vais mourir ! [...]

Certes j'aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon cœur c'est que ma mort serve à quelque chose. [...] ma vie a été courte, je n'ai aucun regret si ce n'est de vous quitter tous. [...) en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage ! [...]

 

Guy »

 

Retrouvez les clichés du cimetière de Gennevilliers dans l’album de photographies intitulé « Carrés militaires ».

 

Lire la suite

Publié le 3 Septembre 2009

Le 3 septembre 1939, à 15h, la France se déclare en guerre contre l’Allemagne. Trois heures plus tôt, la Grande-Bretagne, dans le cadre de son alliance avec notre pays, a fait de même. Deux jours auparavant, sans déclaration de guerre, et après tant et tant de provocations et de coups de force, les chars de l’Allemagne nazie sont entrés en Pologne. Ainsi commence le Second conflit mondial qui s’achèvera cinq ans plus tard, par l’armistice du 8 mai 1945 et la capitulation japonaise quatre mois plus tard. Entre temps, 50 millions de personnes auront perdu la vie et l’inimaginable se sera produit : la shoah.

 

Retrouvez les personnages et les lieux de la Seconde Guerre mondiale dans l’album éponyme.

 

Lire la suite

Publié le 30 Août 2009


 

 

Trois frères.

 

 

 

Une plaque attire l’attention dans le carré militaire de Rueil-Malmaison. Elle mentionne : « Lucien Lambert, Charles Lambert, Louis Lambert ». En-dessous de celle-ci figure une tombe triple, ce qui n’est pas banal.

 

Charles Lambert est l’aîné. Il nait à Paris, dans le 6ème arrondissement, le 7 mai 1888. Son frère Lucien le suit de quatorze mois : il nait au même endroit le 19 août 1889. Louis est le plus jeune : il nait le 23 novembre 1891. Il se peut que la famille ait déménagé entre temps, car a contrario de ses frères, le petit Louis voit le jour dans le 2ème arrondissement de Paris.

 

Charles a intégré le 23ème régiment d’Artillerie de Campagne (RAC). A l’époque, un RAC est composé de trois, voire quatre, groupes. Chaque groupe est lui-même formé trois batteries de canons (quatre canons) et est commandé par un capitaine. Le 23ème RAC a son casernement à Toulouse en 1914 et dispose de neuf batteries de canons de 75.

 

Lucien Lambert est au 76ème Régiment d’Infanterie, dont le casernement est à Paris. Le journal des marches et opérations du régiment commence ainsi : « Le 76ème Régiment d’Infanterie a reçu l’ordre de mobilisation générale le samedi 1er août à 16h30 (premier jour de mobilisation le dimanche 2 août 1914). Le régiment s’est mobilisé à Paris et à Coulommiers. L’état-major du régiment et les 1er et 2ème bataillons se sont embarqués à Paris, gare de la Villette, en deux trains partis le 6 août 1914, à 5 heures et à 13 heures. Le 3ème bataillon a quitté Coulommiers également par voie ferrée, le 6 août à 3h30. Les trois bataillons ont débarqué à Bannoncourt, où ils ont cantonné, dans la nuit du 6 au 7 août 1914. Le 76ème Régiment d’Infanterie (colonel Cottez) fait partie du Vème Corps d’Armée (général Brochin), 10ème Division d’Infanterie, 20ème Brigade d’Infanterie (général Bachelard). Il appartient à la 3ème Armée (général Ruffey) ».

 

Louis Lambert a, quant à lui, été incorporé au 156ème Régiment d’Infanterie, dont le casernement est à Toul. En 1914, son chef de corps est le colonel Quillemot.

 

 

Trois morts.

 

Louis, le plus jeune, est tué le premier, dès le 28 octobre 1914, à l’occasion des combats de Monchy-au-Bois, dans le département du Pas-de-Calais, arrondissement d’Arras. Ces combats se déroulent dans le vaste mouvement appelé « course à la mer » : il s’agit de l’ultime épisode de la guerre de mouvement de 1914, quand après avoir essayé sur Nancy, la Champagne et la Marne, les armées françaises et allemandes ont tenté de se déborder l’une et l’autre par le nord-ouest entre l’Oise et la mer du Nord. Aucune n’a réussit ; si ce n’est de se positionner dans des tranchées et de stabiliser le front. C’est dans ce même secteur qu’un an plus tard, le futur célèbre romancier allemand Ernest Jünger note qu’en dépit des interdictions formelles de part et d’autre, des échanges ont lieu entre Anglais, Allemands et Français au moment de Noël : « C’était un vrai champ de foire… ».

 

Lucien Lambert succombe un an plus tard, le 22 octobre 1915, à la Butte du Mesnil, en Argonne, dans l’ouest de la Meuse. La commune du Mesnil-les-Hurlus possède une butte, haute de 199 mètres et quadrillées de tranchées, abris, bunkers fortifiés imprenables, comme le fortin de Beauséjour. Pendant pratiquement toute la durée de la guerre, des soldats français sont morts en tenant de la reprendre aux Allemands.

 

Quant à Charles, l’aîné, il succombera des suites d’une congestion pulmonaire, attrapée l’année précédente. La guerre est finie depuis près de trois mois, quand le jeune homme décède sur son lit d’hôpital, à Rueil. C’était le 19 février 1920, et il avait 31 ans.

Trois frères. Tous morts pour la France.

Lire la suite

Publié le 20 Août 2009

 

« A nos martyrs ».

 

 

Jusqu’en 1870, les communes de Levallois-Perret et de Clichy partagent un cimetière. A partir de cette époque, la ville de Clichy se dote d’un lieu de sépulture en propre. Après 1918, celui-ci devenant trop étroit, elle en fait bâtir un second, qui prendra l’appellation « cimetière nouveau ou nord » ; de facto, le premier devenant « cimetière sud ».

 

C’est au cimetière de Clichy-Sud que se trouve le carré militaire de la Première Guerre mondiale de la commune. S’y trouve également une série de huit stèles, émouvante, rappelant le martyr de plusieurs Clichois :

 

  • - Raoul Jamin, fusillé à l’âge de 38 ans.
  • - André Brechet, décapité sur l’ordre de l’administration de Vichy, à l’âge de 41 ans.
  • - Gerson Kramnitzki, victime de la Gestapo, à l’âge de 41 ans.
  • - Louis Dir, fusillé à l’âge de 34 ans.
  • - Louis Kien, fusillé à l’âge de 42 ans.
  • - Alexandre Dallais, fusillé à l’âge de 26 ans.
  • - Marcel Fischer, fusillé à l’âge de 28 ans.
  • - Gaston Picard, fusillé à l’âge de 24 ans.

 

 

Le carré militaire.

 

Le cimetière sud comprend plusieurs monuments : le premier est dédié à la mémoire des Clichois morts pour la France en 14-18 ; la sculpture en bronze a été réalisée par les ateliers Barbedienne, forts connus pour leurs œuvres funéraires. Un autre monument est dédié à la mémoire des morts de la Commune de 1871.

 

Le carré militaire comprend 237 tombes individuelles. Ce qui peut paraître important ; pour autant, la population de la commune a toujours été très conséquente : dès 1906, celle-ci est de l’ordre de 42.000 habitants, contre 57.000 aujourd’hui. La présence toute proche de l’hôpital militaire Gouin étant une seconde explication.

 

Enfin, derrière ce carré militaire, s’en trouve un autre réservé aux tombes de morts pour la France de confession musulmane.

 

Retrouvez les clichés du cimetière de Clichy-sud dans l’album de photographies intitulé « Carrés militaires ».

 

Lire la suite

Publié le 19 Août 2009

 

Séparée de la commune de Colombes au début du 20ème siècle, La Garenne Colombes possède un carré militaire de dimension modeste (comprenant quelques dizaines de tombes individuelles de morts pour la France de la Seconde Guerre mondiale et de victimes civiles), et un monument dédié aux victimes des dernières guerres. Il porte l’inscription : « Aux morts pour la patrie ; aux victimes du devoir ».

 

 

A noter une plaque commémorative pour les Français d’Outre-mer morts pour la France, ainsi qu’un monument peu commun : il s’agit de celui dédié à toutes les Suédois morts en France.

 

Retrouvez les clichés du cimetière de La Garenne Colombes dans l’album de photographies intitulé « Carrés militaires ».

 

 

 

 

Lire la suite

Publié le 17 Août 2009

 

Le carré militaire.

 

 

Les origines de la ville de Neuilly-sur-Seine remontent avant le Moyen-âge quand il ne s’agissait que d’un petit port, relié à la terre ferme par un bac, installé par les moines de l’abbaye de Saint-Denis. La ville va connaître de nombreuses péripéties, la plus récente étant sa destruction par les canons versaillais en 1871 : toutes les maisons – plus de 500 – où s’étaient réfugiés les fédérés furent anéanties.

 

Il y a deux cimetière à Neuilly : le premier, dit « Ancien » est rue Victor Noir  (bâtit en 1813) ; le second, dit « Nouveau » est placé rue de Vimy à Nanterre, juste à côté du boulevard circulaire de la Défense. C’est dans ce dernier que se trouve le carré militaire, qui comprend des tombes individuelles de soldats de la Première Guerre mondiale, Français et Anglais, ainsi que des morts pour la France de la Seconde Guerre mondiale et des déportés / résistants. Un emplacement particulier a été réservé pour les victimes civiles. A noter : une tombe unique a été réalisée pour les frères Brisset : Robert Jean et André Adolphe, du 176ème régiment d’Infanterie, morts pour la France tous les deux le 22 août 1916.

 

 

Autres sépultures.

 

D’autres soldats morts pour la France sont placés dans des sépultures individuelles et/ou familiales ; c’est le cas du capitaine Henry Laure ou du lieutenant Pierre de Vincelles, chevalier de la Légion d’honneur, mort au champ d’honneur le 12 novembre 1953, à Hanoi.

 

Xavier Niessen.

 

En 1872, un professeur alsacien, Xavier Niessen a la volonté de manifester le refus du nouvel ordre prussien et de prouver l’attachement indéfectible des Alsaciens et des Lorrains à la Patrie française et de maintenir le souvenir des provinces perdues dans tous les départements français. Il croit, avec quelques amis, que le culte des morts pour la France et l’entretien de leurs tombes peuvent et doivent constituer le trait d’union capable de conserver dans les esprits le sentiment d’unité nationale.

 

En 1887, à Neuilly-sur-Seine, Xavier Niessen créé le Souvenir Français. Sa pensée va d’abord aux 100.000 soldats de la République qui sont morts dans la Guerre franco-prussienne. En dépit de la défaite de l’empereur Napoléon III, il s’agit de ne jamais oublier ceux qui se sont sacrifiés pour que la France reste « une et indivisible ».

 

Le développement de l’association est très rapide : moins de vingt ans après sa création, le Souvenir Français est présent dans 81 départements. En 1906, elle est « reconnue d’utilité publique ». L’année suivante, un premier comité local se créé en Moselle occupée, dans le petit village de Vallières. Dans un élan identique à celui des autres provinces, l’association se développe en Alsace-Lorraine. L’empressement des populations à se remémorer leur patrie d’origine est tel, que de nombreux comités sont organisés, des monuments à la mémoire des soldats français sont érigés. Devant cet engouement, les Autorités prussiennes finissent par interdire le Souvenir Français, en 1913.

 

Peu après la Première Guerre mondiale, en 1919, Xavier Niessen décède à Neuilly-sur-Seine.

 

Retrouvez les clichés du cimetière de Neuilly-sur-Seine dans l’album de photographies intitulé « Carrés militaires ».


 

Lire la suite

Publié le 11 Août 2009

 

Jacques Vignaud (en haut – 2ème à partir dr.) et ses camarades du 93ème R.I.

 

 

Rue Foucher Lepelletier à Issy-les-Moulineaux. Nous rencontrons Jacques Vignaud, directeur commercial à la retraite (monde de l’édition). Sous le regard apaisant de statues de Bouddha – Madame Vignaud est d’origine thaïlandaise – Jacques Vignaud entreprend le récit de son engagement de 1944.

 
« Je pense souvent à ce mot de Maurice Druon : « Ce sont cent mille jeunes pouilleux qui, en se levant spontanément, ont sauvé l’honneur de la France ». J’avais à peine 18 ans en 1944 et pour moi l’engagement était évident. Mais comment faire ? En fait, tout s’est déroulé le plus naturellement possible. Un après-midi d’août 1944, alors que nous nous baignions dans un petit village de ma Vendée natale – à Pilorge – deux des plus âgés de notre bande d’adolescents nous disent qu’ils ne rentreront pas chez eux le soir. Ils nous demandent de les suivre et de prendre le maquis. C’est l’enthousiasme général. Le temps d’écrire un mot à nos parents, et avec notre sac de plage pour tout bagage, nous quittons le village, laissant le plus jeune garçon chargé de distribuer nos mots d’adieux !

 

Nous partons pour la forêt de Mervent, en Vendée. L’attente est interminable. Tout à coup, nous voyons un camion se rapprocher. Nos aînés nous demandent la plus grande discrétion. Certains ont peur : « Et si c’était un piège ? ». Le camion est proche maintenant. Il s’arrête. Une bâche se soulève. Et apparaissent des parachutistes en uniforme, casqués et solidement armés. Nous apprenons qu’ils font parties des fameux SAS britanniques. Nous sommes conquis ! Pour nous, qui ne connaissions que les uniformes de la Wehrmacht, la SS et les Gardes Mobiles de Réserve – à la solde de Vichy – l’apparition relève du merveilleux. Notre liberté commence.

 

Nous sommes transportés dans un manoir, proche de la commune de la Chapelle aux Lys. Les parachutistes nous habillent, expliquent le retrait des troupes allemandes dans les ports de l’Atlantique, forteresses puissamment armées. Il s’agit de créer des actions de sabotage et d’embuscade afin d’harceler les regroupements des unités ennemies.

 

Mes premières missions sont assez simples. A vélo, je dois reconnaître les environs et rechercher des lieux d’approvisionnement en carburant. Les repérages faits, les réquisitions peuvent commencer.

 

Quelques jours plus tard, une section régionale des Gardes Mobiles de Réserve obtient son ralliement à notre unité de Français Libres. La situation est cocasse : ceux pour qui nous étions encore des « terroristes » peu de temps avant, viennent nous congratuler et nous féliciter de notre engagement. Les effectifs sont tels que plusieurs groupes sont formés. En récompense de m’être vanté d’avoir déjà conduit un camion, j’obtiens le volant d’un Citroën 11 CV ! Sur la route, avec les conseils d’anciens, j’achève mon « école de conduite ».

 

Notre groupe se dirige vers Marans (Charente-Maritime). Là, nous intégrons le 93ème régiment d’Infanterie – le régiment des Vendéens – et prenons position. L’une des caractéristiques de l’armée est bien la discipline. Mais pour nous, qui débordons de vitalité, pas question d’attendre. Avec un de mes camarades, nous quittons notre poste et nous dirigeons dans le no man’s land. A quelques kilomètres, les forces allemandes ont placé des unités chargées de protéger le repli vers ce qui devient la « poche » de La Rochelle. Nous marchons depuis un moment, quand nous tombons sur deux soldats de la Wehrmacht. Nous les mettons en joue. Ils n’opposent aucune résistance, lèvent les bras et hurlent qu’ils sont autrichiens, qu’ils n’ont rien à voir, avec « cet Hitler ». Nous qui pensions recevoir des félicitations à notre retour, prenons une engueulade sévère de notre commandant de poste, pour avoir pris des initiatives sans ordres précis.

 

Nous sommes mutés dans l’unité du lieutenant Gayard, qui dirige la 2ème compagnie du 93ème R.I. Le chef de poste, l’adjudant Denis, nous donne l’ordre aussitôt d’attaquer des éléments avancés, proches de notre campement de la ferme dite La Prée. Nous sommes quatre, et, en nous dissimulant d’arbre en arbre, nous progressons jusqu’à ce que nous parvenions en vue des ennemis. A ce moment-là, je mets mon fusil-mitrailleur en position de tir, et le pourvoyeur prépare les chargeurs pour son alimentation. Nous sommes tous les quatre allongés sur le sol, bien dissimulés dans l’herbe, aux pieds de grands arbres. Lors de la visée, j’aperçois distinctement les uniformes de la Wehrmacht autour du poste. L’adjudant donne l’ordre : « Feu » ! Je tire et je vide en rafales plusieurs chargeurs, jusqu’à ce que nous constations que le canon du fusil mitrailleur est devenu rouge ! Dès le début de notre attaque, les Allemands se sont couchés. Mais ils se ressaisissent et nous devons nous replier sous les rafales de leurs mitrailleuses.

 

Fort de ce fait d’armes, le soldat Baugé et moi-même, obtenons une permission d’une journée que nous passons dans la petite ville de Marans. Juste le temps nécessaire pour que les Allemands attaquent notre ferme… Nos camarades ont pu s’enfuir sans pertes. Alors, avec Baugé, nous nous installons dans une nouvelle ferme, assez proche, au lieu-dit Saint-Léonard. Là, grâce aux animaux d’élevage et la gentillesse des paysans, nous pouvons voir venir.

 

Le 15 janvier 1945, par un froid sibérien, les Allemands attaquent tous nos postes. Il s’agit pour eux de se procurer du ravitaillement. Nos forces se battent avec courage. Les pertes sont nombreuses. Toutes les fermes sont prises d’assaut. Avec Baugé, nous devons, une fois de plus, reculer face à un ennemi bien plus puissant que nos mitraillettes légères. Dans notre retraite, nous croisons des compagnons d’infortune. C’est à cinq, que, pour échapper aux balles ennemies, nous décidons de traverser le canal de Marans à la Rochelle, en empruntant la passerelle d’une petite retenue d’eau. Sous les tirs intenses, nous devons descendre dans le marais. Les tirs continuent. Alors, nous brisons la glace et nous nous enfonçons dans l’eau profonde. Persuadés que le froid nous emportera, les Allemands se replient. Leur approvisionnement est bien plus important que cinq pauvres jeunes gars.

 

Nous devons nous sauver. Et vite, car en plus l’un de mes camarades a reçu une balle dans le pied. Pour cela, nous faisons deux groupes : deux vont partir avec le blessé et se rendre aux ennemis ; avec Baugé, nous décidons de poursuivre notre retraite. Nous devons traverser à nouveau un canal. La glace, qui semblait épaisse, cède en plusieurs endroits. Nous voilà trempés jusqu’aux os. Il est très clair que nous ne pouvons, sans risque grave, rester des heures dans cette situation. Nous nous dirigeons vers une maison isolée. Après avoir brisé un volet, nous accédons aux chambres du premier étage et nous empruntons des serviettes et quelques vêtements. Enfin, nous allons pouvoir dormir…

 

Mais dès notre réveil, nous entendons distinctement des voix qui semblent être toutes proches. En examinant plus attentivement, nous découvrons avec horreur qu’un poste de garde composé de plusieurs soldats allemands s’est installé dans la nuit. L’un d’eux s’approche. C’est certain : il va découvrir les vêtements boueux que nous avons laissé dans la cuisine. Nous allons être pris. De fait : les soldats pénètrent dans la maison. Nous entendons leur progression. Se battre ne servirait à rien, nos armes ont été perdues pendant la traversée du canal. Alors, levant les bras bien haut, il ne nous reste plus d’à nous rendre.

 

Les Allemands nous emmènent jusqu’à Marans ; de là, nous montons dans un train blindé en direction de La Rochelle. Comme des centaines de nos compatriotes, nous voilà prisonniers dans la caserne Renaudin. Dès l’instant où je rentre dans la cellule, ma conviction est faite : me sortir d’ici au plus vite. Certains des nôtres préfèrent ne pas bouger, la victoire finale étant proche. Ils n’ont pas torts. Pour autant, pas question de se laisser faire.

 

La caserne Renaudin est presque entièrement désaffectée ; seul notre étage – le premier – est occupé. Nous nous apercevons qu’un véritable dédale de couloirs compose le bâtiment. L’un d’eux donne sur le mur de notre cellule. Il suffirait de percer ce mur – qui semble bien avoir été ajouté – pour sortir. Nous utilisons les toilettes pour évacuer les gravats. Tout le monde s’y met : les soixante-trois prisonniers de notre grande cellule vont tour à tour nous aider – nous sommes une dizaine bien décidés à nous faire la belle – à faire disparaître les preuves de nos travaux. Du côté allemand, l’encadrement officier et sous-officier, conscient de l’infériorité du moral de ses troupes, tente de compenser cette faiblesse par des manifestations d’autoritarisme excessives et spectaculaires, pour impressionner. Nous recevons à n’importe quel moment du jour et de la nuit des visites. Parfois, ils sont imbibés de cognac et de pineau… « J’ai donné l’ordre de tirer sur les prisonniers qui tenteront de s’évader et vous serez fusillés ! ». Mais l’espoir a changé de camp.

 

La date de l’évasion est fixée au 12 février 1945. En fin d’après-midi, alors que la nuit commence à tomber, nous passons par le trou que nous avons creusé ; nous descendons en bas de l’escalier et parvenons, sans trop de soucis, jusque dans la cour. Il nous faut maintenant la franchir et parvenir de l’autre côté, vers les fameuses toilettes. Ça ne sent pas bon, mais jamais cette odeur ne nous a paru si opportune. Le mur d’enceinte s’offre à nous. Nous devons, pour l’escalader et descendre de l’autre côté, attendre que le faisceau du projecteur et que le gardien avec son chien soient loin. Au moment opportun, nous sautons à l’extérieur. Pour autant, rien n’est encore joué. Il faut maintenant traverser la ville et nous rendre à notre point de rencontre : une maison dont un gardien nous a donné la clé, cachée dans une boule de pain. Dans une rue de La Rochelle, nous croisons une patrouille allemande. La chance est avec nous. Il ne s’agit que de « pépés » débonnaires, qui n’ont certainement pas envie de se créer des problèmes. Nous nous rendons dans la maison afin d’y passer la nuit. Au petit jour, des Résistants viennent nous chercher ; nous montons sur un bateau pour être exfiltrés vers l’île d’Aix. Puis ce sera Fouras et Rochefort.

 

C’en est terminé de notre guerre. Bientôt les Allemands se rendent en masse. Notre joie est indescriptible. Pourtant. Ombres funestes. Je pense à tous nos camarades qui n’ont pas eu notre chance, qui se sont battus et ont été tués, qui se sont fait prendre, alors que la liberté s’offrait à eux. Ainsi, je pense particulièrement Paul Couzinet, Joseph Martin et Paul Rolland, qui ont été arrêtés alors qu’ils étaient au rez-de-chaussée de la caserne et que les premières évasions venaient d’être découvertes. Ils ont été lâchement abattus par la soldatesque ennemie et c’est un crime impardonnable. Nos combats sont demeurés au second plan, inconnus. Mais cela n’est ni tout à juste ni tout à fait bon. Le Devoir de Mémoire est indispensable si l’on veut que nos jeunes disposent encore aujourd’hui du patrimoine national que nous avons contribué à reconquérir. »

Lire la suite

Publié le 6 Août 2009

Villeneuve La Garenne 008

 

 

 

Dernière commune du département des Hauts-de-Seine quant à la date de sa création, le 29 avril 1929, les quartiers des Grésillons et de Villeneuve étaient auparavant rattachés à la commune de Gennevilliers (ce qui est toujours le cas du premier d’ailleurs), Villeneuve-la-Garenne se situe à l’extrême nord-est du département, et est bordée par la rive gauche de la Seine.

 

Comme de nombreuses communes parisiennes, Villeneuve-la-Garenne a subi des bombardements importants et dramatiques pendant la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, celui du 2 août 1944 qui visait les usines de distilleries des charbons français du Nord – Pas-de-Calais.

 

Le cimetière de Villeneuve-la-Garenne possède un carré militaire de dimension modeste, comprenant vingt tombes individuelles. Un monument d’ampleur, « Villeneuve à ses morts » rappelle les noms de tous les Villéno-garennois qui sont morts pour la France, en 1914-1918, 1939-1945 et pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie.

 

Enfin, il convient de citer la tombe de trois légionnaires, sur laquelle a été apposée une plaque du comité local du Souvenir Français, « A nos légionnaires » et qui regroupe les restes de Mickael Durow (1921-1974), Daniel Brezigar (1928-1982), Anton Frankl (1923-1986).

 

Retrouvez les clichés du cimetière de Villeneuve-la-Garenne dans l’album de photographies intitulé « Carrés militaires ».

Lire la suite