Publié le 19 Novembre 2009


 

Un nom.

 

 

 

 

 

Malakoff, c’est d’abord un nom. Celui bien entendu de cette commune, de plus de 30.000 habitants, chef-lieu de canton, dépendant de l’arrondissement d’Antony, dans le département des Hauts-de-Seine. Mais ce nom provient d’une puissante construction, qui défendait la ville de Sébastopol, en Crimée (presqu’île du sud de l’Ukraine, sur la rive nord de la Mer Noire), et qui fut prise d’assaut par les troupes françaises du maréchal de Mac-Mahon.

 Cet exploit militaire reçut un écho particulièrement fort en métropole. En 1868, le fait de donner ce nom à une commune est évoqué. En 1883, un décret signé par le président de la République, Jules Grévy, officialise la séparation des communes de Vanves et de Malakoff.

 La Guerre de Crimée, qui se déroula entre 1854 et 1855, opposa d’un côté les Russes, aux Turcs, avec pour alliés la Grande-Bretagne, le Piémont et la France. La Guerre de Crimée fut un épisode de la Question d’Orient qui agita l’Europe de l’Est à partir de la fin du 18ème siècle. L’Empire ottoman, reculant au profit de l’émergence de nationalismes – et de l’indépendance – de plusieurs pays, comme le Monténégro, la Serbie, la Grèce – se trouva au centre d’un jeu diplomatique particulièrement serré où les grandes puissances occidentales se firent face afin de tirer profit de la situation. Ainsi, la Roumanie obtint son indépendance à l’issue de la Guerre de Crimée.

 Cette guerre de Crimée opposa la Russie, qui avait des visées sur le détroit des Dardanelles et du Bosphore, à la Turquie et ses alliés. Et la France y envoya une armée, sur le modèle de l’Armée d’Afrique, avec pour résultats, des victoires militaires telles que Sébastopol, mais peu en matière de territoires.

 

Carrés militaires.

 Le cimetière de Malakoff comporte deux carrés militaires. Le premier est celui relatif à la Seconde Guerre mondiale, et aux guerres d’Indochine et d’Algérie où sont disposées 41 tombes, qui viennent d’être repeintes et réhabilitées. On peut par exemple nommer : Paul Besançon (1916-1944) ; Georges Lafon (1912-1943) ; Alexandre Bertet (1912-1943) ; Joseph Roumy (1913-1940) ; Serge Wibrate (1928-1944) et Maurice Wibrate (1925-1947) ; René Berger (1936-1957)…

 Le second carré militaire est dédié à la Première Guerre mondiale. Le nombre de sépultures est de 120. Quelques noms : Marcel Vannier, du 230ème R.I., tué à Challerange, en 1918 ; Jean Lefaure, tué le 28 août 1914, à l’âge de 21 ans ; Léon Callais, de la 10ème Section de C.O.A., mort pour la France le 9 septembre 1918 ; Albert Perthuis, du 4ème Zouaves, tué le 1er juin 1918 ; André Dubreucq, tué le 24 octobre 1918. Enfin, une stèle commémore la mémoire de Gustave Durassie (1887-1986), lieutenant au 95ème R.I., combattant à Fleury-sous-Douaumont en 1916, maître imprimeur à Malakoff, président national de l’association « Ceux de Verdun » de 1951 à 1974, commandeur de la Légion d’honneur.

 

Retrouvez les photographies des carrés militaires de Malakoff dans l’album intitulé : « Carrés militaires ».

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Publié le 18 Novembre 2009

 

Le carré militaire de Sceaux comporte 52 tombes individuelles de soldats morts pour la plupart pendant la Première Guerre mondiale. Certaines tombes n’ont pas de croix mais présentent une colonne cassée en deux, en son milieu, symbole de la vie brisée.

 

 

Une stèle rend hommage aux soldats allemands de la Guerre franco-prussienne : « Ici reposent 18 soldats allemands de la Guerre 1870-1871 ». Deux croix ont également été érigées à la mémoire des combattants de 1870-1871 ; sur l’une d’elles sont inscrits les mots suivants : « La 53ème Section et les habitants de Sceaux ».

 

Plusieurs tombes individuelles ou familiales renferment également des hommes victimes de leur Devoir, de tragédies : « Ici repose Jean Mascré, fusillé par les Allemands en 1942 ».

 

A noter les tombes du général Robert (1914-2006) et de l’amiral russe Tchitchagoff, qui habitait rue Houdan à Sceaux.

 

Retrouvez les photographies du carré militaire de Sceaux dans l’album intitulé : « Carrés militaires ».

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Publié le 17 Novembre 2009

Le carré militaire de Fontenay-aux-Roses.

 

Un facteur à l’honneur.

Dans le cimetière de Fontenay-aux-Roses, une sépulture, de la forme d’un obélisque, rend hommage au facteur Simon Charles Létoile : « Létoile Simon Charles, né à Châtillon le 7 mars 1833, mourut à Fontenay le 28 mars 1906, décoré de la Médaille militaire et de la Médaille de la Campagne d’Italie. En septembre 1870, étant facteur des Postes, il franchit deux fois les lignes allemandes au péril de sa vie, pour accomplir son devoir professionnel. Ses concitoyens de Fontenay et de Châtillon ont élevé ce monument avec l’aide du Souvenir Français, pour honorer son courage ».

 

 

Les carrés militaires.

Sous un chêne imposant, donnant des glands gros comme le pouce, la commune de Fontenay a fait placer une croix et une stèle : « A la mémoire des enfants de Fontenay-aux-Roses morts pour la France pendant la guerre de 1914-1918. Cette croix a été érigée, ce chêne a été planté pour honorer à jamais en ce champ du repos leur courage et leur devoir ».

 

Le carré militaire proprement dit comporte une trentaine de tombes individuelles parmi lesquelles on peut citer :

 

  • – Brigadier chef Henri Metrard, décédé le 1er mai 1954, à l’âge de 26 ans en Indochine.
  • – Guy Manceaux, sous-lieutenant parachutiste mort pour la France, à l’âge de 24 ans, le 12 juin 1957 en Algérie.
  • – Caporal légionnaire Georges William Viguier, mort pour la France en Indochine, le 12 septembre 1947, à l’âge de 21 ans. Croix de Guerre, Médaille coloniale, Médaille d’Engagé Volontaire, Médaille commémorative 39-45 Barricades. 

Une stèle commémore l’assassinat de la famille Avran (Rose, 48 ans ; Salomon, 49 ans ; Mireille et Pierre, jumeaux de 19 ans) : « Tous gazés, brûlés, réduits en cendres à Auschwitz. N’oublions jamais ! ».

 

De nombreuses tombes individuelles ou familiales renferment également des morts pour la France. Par exemple :

 

  • – Bernard Considere, FFI d’Auvergne, tué le 12 août 1944, à l’âge de 21 ans.
  • – Capitaine André Fausser, chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre, mort pour la France le 5 septembre 1917, à l’âge de 29 ans.

 

 

Enfin, une tombe regroupe les restes de soldats tombés en 1870-1871. 

 

Retrouvez les photographies du carré militaire de Fontenay-aux-Roses dans l’album intitulé : « Carrés militaires ».

 

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Publié le 16 Novembre 2009

 

Les combats de Bagneux de la guerre franco-prussienne.

 

 

Dans le cimetière de Bagneux, avant même de pénétrer dans les carrés militaires, le visiteur est arrêté par un monument imposant, dédié à la mémoire d’Anne Marie André Henri Picot, comte de Dampierre, commandant le 1er Bataillon des Gardes mobiles de l’Aube et mort à Bagneux le 13 octobre 1870.

 

Après avoir remporté dans l’est de l’Empire français les premières batailles, les forces prussiennes se dirigent vers la Champagne, qu’elles traversent rapidement et mettent en place le siège de Paris, alors entouré de remparts. Les places fortes de Toul, de Strasbourg et de Metz se rendent. Dans cette dernière ville, où il s’est laissé enfermer, le maréchal Bazaine livre, sans combats, près de 173.000 soldats, 3 maréchaux, 50 généraux, 53 drapeaux et plus de 200.000 fusils. Un anéantissement…

 

Plusieurs tentatives pour déloger l’étreinte de la capitale sont alors réalisées. Il s’agit d’aller vite, avant que le reste des Prussiens n’arrive sur la capitale. D’abord, en septembre 1870, à plusieurs reprises, les troupes françaises tentent d’empêcher l’encerclement. Si Versailles se rend sans combattre, ce n’est pas le cas des communes de Clamart et de Châtillon où les Français essaient de se maintenir dans les ouvrages fortifiés. Le général Ducrot fait faire mouvement à près de 45.000 soldats, les plaçant d’un côté vers Bagneux et Montrouge, de l’autre dans le bois de Clamart et Meudon. Les Prussiens seront alors pris dans la tenaille. Mais les troupes françaises croulent devant un ennemi plus nombreux et surtout bien mieux armé (notamment en termes d’artillerie et d’une toute nouvelle arme : la mitrailleuse).

 

Le 7 octobre, Léon Gambetta sort de Paris grâce à un ballon monté et s’en va chercher des renforts. Le 13 octobre, des troupes se hasardent à attaquer l’ennemi entre Clamart et Bagneux pour reprendre le plateau de Clamart. C’est à ce moment que le comte de Dampierre trouve la mort au milieu de ses hommes.

 

 

Les carrés militaires.

 

Le cimetière de Bagneux possède deux carrés militaires :

 

  • - Le plus proche du monument du comte de Dampierre, comprend 32 tombes relatives à des morts pour la France de la Seconde Guerre mondiale, des guerres d’Indochine (mais elle n’est pas mentionnée) et d’Afrique du Nord. Ce carré comporte également une stèle de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes).
  • - Le second carré comprend une dizaine de tombes de soldats de la Première Guerre mondiale, dont un certain Frayssinous, soldat au 104ème régiment d’Infanterie.

 

Retrouvez les photographies des carrés militaires de Bagneux dans l’album intitulé : « Carrés militaires ».

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Publié le 13 Novembre 2009



Le Comité de Châtillon a le plaisir de vous informer de l'organisation de sa soirée inaugurale du nouveau bureau, à la suite de l'élection du 21 mars 2009.

Celle-ci se déroulera le samedi 12 décembre 2009, salle des Sarments, 15 rue de la Gare à Châtillon. Pour vous inscrire :

 - Président : Michel Leclercq - 6, rue de Malakoff - 92320 Châtillon - 06 80 20 05 34.

 

Agenda :

 

- 19h30 : accueil.

- 20h00 : apéritif.

- 21h00 : buffet.

- 22h00 : spectacle de danse orientale.

- 22h45 : animation dansante.

 

La participation demandée est de 20 euros par personne.

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Publié le 10 Novembre 2009

 

 

 

 

 

Le clairon sonne au loin, forçant  les fatigues.

Ses regards morts sur des visages meurtris

Se lèvent, affirmant le doute, l’incompris.

Des larmes s’écoulent rompant l’immense digue.

 

C’est un soleil et non le temps d’une boucherie

Qui, ce jour, se lève. Des ombres s’avancent,

Le long des tranchées de la désespérance.

De la terre, s’ouvrent des bouches noires de carie.

 

Le clairon balaye les frontières de mort.

Des cris et des rires venant de l’ennemi,

Se mêlent aux joies de tous nos soldats amis.

Oubliée la haine, le désespoir et les torts.

 

Des tranchées sortent des hommes vivant sous terre,

Les uniformes invisibles, ils regardent le ciel.

Le clairon sonne la fin des combats. Si fier.

Redonnant la vie, face au monde fou et cruel !

 

Les hommes titubent. L’officier devient le frère.

Les larmes écoulant le trop plein de haine,

Les rancunes, les frères morts laissés en terre.

La guerre est finie. La paix entre en scène.

 

Ils reviendront dans leurs foyers ces gueules cassées.

Ces soldats d’une guerre civile. La grande guerre !

Guerre ou l’Europe entière s’est suicidée

Apportant un siècle de lutte et de misère.

 

Le clairon sonne la fin des combats, la paix !

L'avenir porte un nom. L'espoir d'une autre vie!

Une vie qui retrouve un prix. Souvent oublié!

Ce jour à un autre goût. La guerre est finie.

 

Gérard Brazon

Souvenir Français de Puteaux.

 

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Publié le 10 Novembre 2009

 

 

Commune de la plus célèbre manufacture de porcelaine au monde, Sèvres conserve en son cimetière une place dédiée à la mémoire des habitants de la ville morts pour la France. Figurent des stèles de marbre sur lesquelles sont gravés :

 

 

 

  • – Guerre 1870-1871.
  • – Guerre 1914-1918.
  • – Guerre 1939-1945.
  • – Martyrs – Déportation – Résistance.
  • – Extrême Orient.
  • – Afrique du Nord.

 

En-dessous de cette place, une crypte, construite dans les années 1920, a été récemment restaurée grâce à l’aide, entre autres, du Souvenir Français. Y sont enterrés :

 

  • – 56 morts pour la France de la Première Guerre mondiale.
  • – 20 morts pour la France de la Seconde Guerre mondiale.
  • – 1 mort pour la France des campagnes en Extrême-Orient.

 

C’est à Sèvres que s’est déroulée la journée départementale du Souvenir Français, le 17 octobre 2009.

 

Enfin, devant de nombreuses tombes individuelles et/ou familiales, le Souvenir Français de Sèvres a déposé des cocardes permettant le repérage des sépultures à fleurir par notre association. « A nous le souvenir, à eux l’immortalité » n’est-elle pas notre devise ?

 

Retrouvez les photographies du cimetière de Sèvres dans l’album intitulé : « Carrés militaires ».

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Publié le 9 Novembre 2009


L'association des Combattants Volontaires de la Résistance des Hauts-de-Seine et l'association nationale "Mémoires du Mont-Valérien" organisent une cérémonie du souvenir, le dimanche 22 novembre 2009, à 10h, au Mémorial de la France Combattante du Mont-Valérien.

Co-organisatrice de l'événement, l'association "Mémoires du Mont-Valérien" a été créée en 2009 par Madame Lysiane Tellier, ancienne présidente du Souvenir Français de Bourg-la-Reine. Cette association a pour objets :

- d'entretenir et faire respecter la Mémoire du Mont-Valérien, particulièrement à propos des événements de 1939 à 1945.
- de veiller au respect de l'Histoire de ces lieux et à leur solennité en concertation avec les Autorités publiques et privées.
- d'assurer le relais de la Mémoire entre les associations liées à cette période et les générations futures.
- d'assurer le maintien des symboles représentés par le Mémorial de la France Combattante dans son intégralité.
- de promouvoir et développer la communication et le dialogue par une relation inter-générationnelle permanente.
- d'intégrer directement collégiens et lycéens au sein de manifestations de l'association dans une prespective de participation citoyenne et responsable.

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Publié le 6 Novembre 2009

 

 

Vue aérienne de Diên Biên Phù – Fin 1954 – au centre, la rivière et la vallée de la Nam Youm. Entre les deux points, l’ancienne piste d’atterrissage.

 

 

 

A Diên Biên Phù.

 

« A Diên Biên Phù, nous avons tous fait notre travail en soldat. Je prends en exemple les légionnaires de la Compagnie de Commandement du Bataillon (CCB) du 1/13 DBLE, qui avec sa Section Pionniers fut à toutes les pointes des combats, soit comme section de choc, soit avec les M5 Extincteurs Spéciaux que les anciens connaissent très bien et qui étaient célèbres pour leur efficacité dans les préparations d’attaque ou pour enrayer les assauts ennemis.

 

La Section Mortiers de l’adjudant Adamait fut elle-aussi à la pointe des tous les combats. Pour sa part, elle agissait soit en tir d’appui et de barrage, soit en unité de combat, ce qu’elle fit à la fin après avoir détruit ses dernières pièces. Il faut également citer le travail remarquable de l’unité de transmission, avec les caporaux Guenzi et Piccinini, le sergent Ladrière et le sergent-chef Toussaint et tant d’autres encore. Quant au Service de santé avec Stermann, c’est bien simple, il était présent à chaque instant.

 

Je tiens également à préciser que les derniers à passer la Nam Youm, le 8 mai 1954 – c’est-à-dire le lendemain de la reddition du chef du GONO (Groupement Opérationnel du Nord Ouest, le général de Castries) – furent les éléments de la CCB 1/13 aux ordres du capitaine Coutant, la Section Pionniers, la transmission, plus les survivants des trois compagnies du capitaine Capeiron, du lieutenant Viard, du lieutenant Bacq et du lieutenant de Chapotin. D’autres noms m’échappent. Ils passèrent vers 15h après avoir soutenu les assauts des Bodoïs sur Eliane 2.

 

Après avoir tiré le dernier obus, la Section Mortiers détruisit l’unique pièce et prit part au combat comme unité fantassin. Le sergent Ladrière et le sergent-chef Toussaint en firent de même après la destruction des matériels de transmission. Les caporaux Guenzi et Piccinini assurèrent la liaison radio jusqu’au dernier moment avant la destruction de leur matériel.

 

C’était la fin. Les Viet arrivaient de partout. Nous étions encerclés, prêt au sacrifice suprême. Piccinini et Guenzi brûlèrent le fanion de la compagnie. Ordre était donné de nous rendre. L’humiliation.»

 

Pour ses actes de guerre et de bravoure, Giacomo Signoroni reçut la médaille militaire, sur le champ de bataille. La fin de l’aventure indochinoise est connue. Après le désastre militaire, et face à des dizaines de milliers de soldats ennemis, les troupes du Corps Expéditionnaire capitulent. S’ensuit une marche de près de 700 kilomètres, dans des conditions épouvantables, à travers la jungle pour rejoindre l’est du pays (Giacomo Signoroni est enfermé au Camp 73).

 

Les pertes humaines à Diên Biên Phù sont d’environ 3.000 morts au combat ou disparus, plus de 4.400 blessés. Le 8 mai 1954, les hommes du général Giap font 10.948 prisonniers. Au moment de la restitution de ces mêmes prisonniers, en septembre 1954, 7.658 hommes manquent à l’appel…

 

 

L’Algérie.

 

Au retour de l’Indochine, Giacomo Signoroni est muté dans un Régiment Etranger de Cavalerie. Entre 1954 et 1960, il combat les fellaghas à la frontière marocaine dans la région de Colomb-Béchar. Raccourci tragique de l’Histoire : c’est en ces lieux que disparut le 28 novembre 1947, le général Leclerc, qui avait été à le premier chef du Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient en 1945-46.

 

Là, Giacomo Signoroni prend part à moult opérations dans les montagnes de l’Atlas Saharien. Puis il suit son unité à Saïda, dans l’arrière-pays oranais, non loin de Sidi-Bel-Abbès, patrie d’origine de la Légion. D’ailleurs, la perte de l’Algérie sera un traumatisme pour elle, comme pour de nombreuses unités. Même si la Légion perd dix fois moins d’hommes qu’en Indochine, de nombreux militaires pensent qu’ils ont été lâchés par le pouvoir politique, quand la victoire par les armes, elle, était acquise. Contrainte de quitter le pays, la Légion étrangère brûle en partant le pavillon chinois, pris en 1884 à Tuyen Quang, et qui ne devait pas quitter Sidi-Bel-Abbès. Elle emporte les reliques du Musée du Souvenir et exhume les cercueils du général Rollet (Père de la Légion), du prince Aage du Danemark et du légionnaire Heinz Zimmermann, dernier tué d’Algérie. Elle s’installera à Aubagne, dans le département des Bouches-du-Rhône.

 

Mais Giacomo Signoroni n’est déjà plus concerné…

 

 

Après les guerres...

 

En 1958, il se marie. De cette union, naissent une fille puis un garçon. Peu avant la naissance de son premier enfant, il quitte l’armée. Il est des rôles, des aventures, qui le temps venu, l’expérience acquise, vous semblent plus petits que le plus petits des Etres.

 

Le retour en France a lieu en 1961. Giacomo Signoroni, officier de la Légion d’honneur, commence une nouvelle vie, une nouvelle carrière au sein de plusieurs entreprises de sécurité et des centres de surveillance.
 

Rancourt. Mars 2009. Chapelle du Souvenir Français.

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Publié le 5 Novembre 2009

 

 

La mission.

 

 

 

L'assaut contre le camp retranché de Diên Biên Phù est déclenché le 13 mars 1954, contre le point d’appui (PA) Béatrice, alors sous le commandement du commandant Pégo. C’est une pluie d’obus qui s’abat sur le PA, et ce à l’étonnement général. Le colonel d’artillerie Piroth avait juré qu’aucun obus ne serait tiré sur le camp. Prenant acte de son erreur, il se suicide quelques jours plus tard à l’aide d’une grenade. En fait, les troupes du Vietminh ont mobilisé des dizaines de milliers d’hommes pour creuser des galeries un peu partout à l’intérieur des collines qui entourent le camp retranché. Elles y ont placé des canons, qu’elles peuvent aussitôt le coup parti rentrer dans leur cachette. Le commandement français devient fou ne sachant d’où viennent les coups.

 

Quant au PA Béatrice, comme les autres PA d’ailleurs, ses constructions n’ont absolument pas été faites en prévision de bombardements. En quelques heures, les voilà pulvérisées…

 

Giacomo Signoroni : « En qualité de Chef de la Section Pionniers, je fus convoqué par le lieutenant Bacq, commandant la C.C.B. (Compagnie de Commandement du Bataillon) du 1/13 DBLE (1er bataillon de la 13ème demi-brigade), le 14 mars 1954 vers 8 heures. Etaient présents : le chef de bataillon Brinon, commandant le 1/13 DBLE, le lieutenant de Chapotin, officier de transmission du 1/13 DBLE et le capitaine Stermann, médecin-chef du 1/13 DBLE.

 

Une trêve venait d’être signée jusqu’à midi. Le lieutenant Bacq me donna des explications sur ma mission :

 

  • - Rassembler au complet sans armes.
  • - Tenue de combat, casque lourd, toile de tente, couverture, bidon plein d’eau, le maximum de brancards, pelles de campagne.
  • - Pas d’insigne de l’unité et du grade.

 

Mais les officiers revinrent sur ce dernier point devant ma ferme attitude à vouloir conserver les insignes de grade.

 

Ma mission consistait en les éléments suivants :

 

  • - Me rendre sur le PA Béatrice – le camp retranché de Diên Biên Phù était entouré de PA aux noms de Gabrielle, Anne-Marie, Huguette, Dominique, Eliane, Claudine, Béatrice, Françoise et Isabelle – perdu la nuit du 13 au 14 mars 1954, après de durs combats.
  • - Récupérer les blessés, les morts, reconnaître les corps et en particulier ceux des officiers.
  • - Me rendre compte de la situation sur le PA Béatrice.

 

Deux Dodge 6x6 furent mis à ma disposition, plus une jeep pour l’équipe médicale, dirigée par le capitaine Stermann, assisté du caporal infirmier Sgarbazzini et deux infirmiers de son équipe médicale.

 

L’organigramme de ma section était ainsi composé :

 

  • - Moi-même, adjudant Signorini.
  • - Sergent Trumper (qui fut tué le 17 mars 1954).
  • - Caporal-chef Miguel Leiva.
  • - Caporal Joss Mirko.
  • - Les légionnaires : Gutierez, Pregati, Clément, Redina, Bosio, Blanc, Andreis, Nitch, Radwaski, et d’autres encore dont les noms m’échappent plus de cinquante ans après les faits. »

 

 

En direction du PA Béatrice.

 

« A 9h, à bord de nos véhicules, nous démarrâmes en direction de l’antenne chirurgicale où nous retrouvâmes l’équipe médicale du capitaine Le Damany, médecin-chef de la 13 DBLE, ainsi que le Père Trinquant, aumônier de la demi-brigade. En tête du convoi se trouvaient les quatre véhicules de l’équipe médicale, battant pavillon de la Croix Rouge : la jeep du capitaine Le Damany, une ambulance, la jeep du capitaine Stermann et le véhicule du Père Trinquant. Suivaient mes deux Dodge plus un camion GMC pour les légionnaires.

 

Le convoi prit la direction du PA Béatrice. Un kilomètre avant l’arrivée sur le PA, je remarquai deux emplacements de mines antichars, de chaque côté de la route, ainsi que plusieurs autres pour des armes automatiques, et en particulier des SKZ, placés à mi-hauteur sur les pentes qui surplombaient le chemin. De même, je vis des recoins de combats, destinés certainement à une compagnie pour une embuscade. Tous ces dispositifs ne pouvaient être là que pour nous empêcher de dégager Béatrice.

 

A l’entrée du PA, la barrière était fermée. La chapelle était intacte. Par contre, le terrain tout autour était labouré par les obus et les mortiers. Notre convoi stoppa à la chapelle. Je fis mettre pied à terre et disposait les véhicules pour le retour. Ordre était donné aux chauffeurs de ne pas bouger, prêts à toute éventualité.

 

Sur Béatrice même, régnait un silence pesant. Un silence de mort et de désolation. Les abris étaient démolis, les tranchées pleines de terre, à la suite des éclatements des obus ou des grenades. C’était évident : la lutte avait dû être dure et farouche. Mais, en dépit de ces images de dévastation, j’avais un sentiment étrange : il y avait une présence vivante autour de nous. Etait-elle amie, ennemie ? Nous partageâmes cette intuition. Aussi, disposais-je mes légionnaires en plusieurs équipes, et nous commençâmes la montée sur Béatrice. Nous progressions difficilement, fouillant avec minutie les abris à la recherche de survivants.

 

Avec l’équipe du caporal-chef Leiva, je me rendis à l’abri du PC (poste de commandement) du commandant Pegot, situé au sommet du point d’appui. Le Père Trinquant me rejoignit. Le toit de l’abri était effondré ; les créneaux et l’entrée étaient bouchés par des éboulements. Il était impossible de constater si des corps se trouvaient sous les décombres. Je présumai que les restes du commandant Pegot, du capitaine Pardi étaient ensevelis, avec tous les occupants du PC. »

 

 

Face-à-face avec un officier Vietminh.

 

« Je descendis vers la rivière appelée Nam Youm (il faut la traverser en quittant le PC du général de Castries, Béatrice étant une des collines les plus éloignées). Partout régnait ce même silence de mort. A mi-chemin, un officier Vietminh, dont j’avais remarqué la présence (certainement un commissaire politique) m’interpela et me signala que sur cette piste se trouvaient trois blessés, abandonnés, surpris comme les autres par l’attaque de nuit. Mais pour quelle raison auraient-ils été laissés là, alors que, visiblement, les Bodoïs avaient emporté les morts et les blessés du Corps Expéditionnaire ? Tout à ma mission, je remontai vers le sommet du PA et, face à la chapelle, nous trouvâmes un mort, à moitié enseveli sous les décombres. Je ne découvris pas son identité.

 

Le même officier Vietminh m’interpela à nouveau et m’indiqua que tous les survivants officiers, sous-officiers et légionnaires avaient été conduits vers des camps de captivité, les blessés vers des infirmeries et des hôpitaux, et que les morts avaient été ensevelis dans les abris effondrés et dans les tranchées. A ma demande sur le sort des officiers, sa réponse fut la suivante : « Tous les prisonniers seront bien traités chez nous ». Puis, il me confia une bouteille de rhum en me disant : « Pour vos blessés ». Enfin, il me serra la main et me souhaita bonne chance.

 

Plus de cinquante ans après, je me pose encore la question : comment cet officier ennemi a pu s’adresser à moi, alors que j’étais en mission, et entouré de trois officiers, portant bien visibles leurs galons ? Peut-être s’agissait-il encore une fois de cette philosophie vietnamienne dont on parlait tant.

 

Vers 11h, un tir d’artillerie fut déclenché depuis les camps retranchés. Les obus de 155 visaient les collines entourant le camp retranché de Diên Biên Phù. Alors qu’un cessez-le-feu était en vigueur, pourquoi ce tir, sachant que des éléments français se trouvaient en ce moment même en zone Viet pour effectuer une mission humanitaire. Nous continuâmes rapidement nos recherches et nous récupérâmes les trois officiers dont avait parlé notre ennemi. Il s’agissait des lieutenants Pungier, Jego, et Carrière. Mais le temps de notre mission étant compté, nous dûmes rentrer à la base non sans avoir essuyé un nouveau tir d’artillerie à hauteur de l’antenne chirurgicale. Nous eûmes à déplorer un blessé léger.

 

Et je rendis compte de ce que j’avais vu à l’officier des renseignements et retrouvai mon unité vers midi. Plus de cinquante-cinq après, mon cher Rignault, je tiens à préciser une fois pour toutes et en particulier à ceux qui écrivent des bons livres, que les artisans de cette mission sont bien ceux cités et non d’autres. Il s’agissait bien de la 13ème DBLE et en particulier de la Section Pionniers ».

 

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