Publié le 14 Mai 2009

Nissim de Camondo (copyright Musée des Arts Décoratifs). 

Les origines.

 Etablis à Istanbul, dans l’Empire ottoman, les Camondo, juifs sépharades, font des affaires fructueuses dans le monde de la banque. En guise de remerciements pour services rendus dans le cadre de la réunification italienne, la famille est anoblie par le roi d’Italie Victor-Emmanuel II en 1867.

 Décidant d’optimiser leurs affaires en Europe, les Camondo – Nissim et son frère Abraham-Behor – s’installent en France. Dans leur bagage, âgé de neuf ans : Moïse, qui apprend très vite et devient, comme son cousin Isaac, un financier et un collectionneur important. La famille s’installe au n° 63 de la rue de Monceau à Paris, dans un hôtel particulier. En 1891, Moïse Camondo épouse Irène Cahen d’Anvers. De cette union naissent deux enfants : Nissim, le 23 août 1892, à Boulogne-Billancourt et Béatrice, le 9 juillet 1894.

 Mais le couple formé par Moïse et Irène se sépare rapidement, en 1896. Abandonné par son épouse, Moïse met du temps à se remettre, même si ses enfants restent lui. Le divorce est prononcé en 1901. Puis à la suite des disparitions de sa mère puis de son cousin, Moïse, passionné par l’art du 18ème siècle, fait raser la demeure familiale, en 1912, pour y faire construire un hôtel particulier somptueux, dans la tradition du Petit Trianon de Versailles.

 

 

La jeunesse de Nissim de Camondo.

 Le jeune Nissim reçoit une éducation stricte et patriotique. Il poursuit ses études au lycée parisien Janson de Sailly. Il est de ces milieux de l’aristocratie et de la bourgeoisie parisienne si bien décrits par Marcel Proust. Les Rothschild, les Fould, les Pereire, sont des habitués de la rue de Monceau. En 1911, Nissim de Camondo devance l’appel et s’engage dans l’armée pour y effectuer son service militaire : il est affecté dans un régiment de hussards qui tient garnison dans la ville de Senlis. Il est libéré de ses obligations militaires en novembre 1913, et commence une carrière de banquier au service des titres de la Banque de Paris et des Pays-Bas. 

 

La guerre.

 Nissim de Camondo rejoint l’Armée française dès la déclaration de guerre, le 3 août 1914. Il est sous-lieutenant chez les Hussards. Faisant preuve d’un courage inouï, il s’illustre dès le 21 août et est cité à l’ordre de l’Armée : « Etant de patrouille de découverte avec quatre cavaliers, reçu à coups de fusil au village de Mellet, l’a contourné, mis pied à terre sous le feu pour relever un hussard tombé avec son cheval et, au retour, a abordé résolument une patrouille allemande de onze cavaliers qu’il mit en fuite… ».

 Intéressé par les propos de camarades qui lui enjoignent de poursuivre la guerre au sein des nouvelles unités de l’Armée de l’Air, qui est alors en pleine création, il devient officier observateur, et est rattaché au 21ème Régiment de Dragons (les escadrilles aériennes n’existent pas encore). Il fait encore une fois preuve d’une attitude exemplaire : « Observateur en avion de haute valeur, ayant montré en diverses circonstances de remarquables qualités de courage et de sang-froid, notamment en prenant les photographies du secteur du C.A. devant Verdun, malgré les attaques quotidiennes de plusieurs avions ennemis en groupe puissamment armés ».

 Dans son ouvrage Le Dernier des Camondo, publié aux Editions Gallimard, Pierre Assouline relate le carnet de campagne du jeune Camondo : « 23 décembre 1915 : départ pour les tranchées ; 18 janvier 1916 : visite de Charles de Noailles ; 21 janvier : journée à Malassise et Aumont ; 8 février : vais à Fosseux. Phonographe ; 17 mars : arrivée de papa et Béatrice ; 14-15 mai : Paris ; 22 mai : photos de Verdun. Prise de Douaumont ; 29 juin : premier vol comme pilote et non plus comme observateur. Deux fois dix minutes sous la pluie ; 30 juin : vol à nouveau. Enfin seul. Un quart d’heure ; 28 juillet : départ pour Paris. Arrivée 11h30. Déjeuner avec maman ; 29 juillet : retour de papa de Vichy ; 31 juillet : retour à l’escadrille ; 1er septembre : Champs ; 9 septembre : Paris. Déjeuner et dîner chez Larue avec Ninette ; 12 septembre : chasse à Aumont ».

 Une nouvelle fois, Nissim de Camondo est cité à l’ordre de l’Armée : « Officier commandant la section photographique du corps d’armée, joint à une très grande habileté professionnelle les plus hautes qualités de courage, de hardiesse et de sang-froid. A rendu des services exceptionnels en exécutant au cours de la bataille de l’Aisne, tant comme observateur que comme pilote de monoplan, des reconnaissances photographiques particulièrement dangereuses à très faible altitude sur un appareil de C.A. sans se soucier des attaques des avions ni du feu de terre de l’ennemi. Le 26 avril 1917, son appareil étant gravement endommagé par le feu de l’artillerie ennemie, n’est rentré qu’ayant terminé entièrement sa mission ».

Nissim de Camondo est promu lieutenant. Au sein de l’escadrille MF33, stationnée près d’Embermenil dans le département de Meurthe-et-Moselle, il est un exemple pour tous. Le 5 septembre, alors qu’il revient d’une courte permission effectuée à Deauville, son avion, à bord duquel se trouve également le sous-lieutenant Desessart, est pris en chasse par un appareil allemand. Camondo réussit à abattre l’engin ennemi, mais, également touché, il ne peut éviter un atterrissage en catastrophe. Des témoins voient le biplace disparaître derrière la forêt qui sépare les lignes françaises des allemandes. Ayant appris cette nouvelle, et sans aucune indication de l’Armée française, Moïse de Camondo espère un miracle pendant plus de deux semaines. Puis, un intendant confirme ce que l’on n’osait imaginer : Nissim de Camondo est bel et bien mort au combat ; il est enterré en terre française, à Dieuze, en Moselle, près de Sarrebourg. Même si sa disparition est notifiée en Belgique, à Housse.

 Pierre Assouline : « Qui saura dire la misère d’un père à jamais privé de son fils ? Il n’est pas de plus haute solitude. C’était comme s’il avait planté un arbre, qu’il l’avait amoureusement entretenu pendant toute sa jeune vie et qu’au bout de vingt ans, sans raison apparente, la foudre le déracinait brutalement ».

 Ce destin horrible amène Moïse de Camondo à léguer toute sa fortune et ses biens à L’Union des Arts Décoratifs (Musée des Arts Décoratifs). Jusqu’à sa mort, en 1935, il achète des œuvres d’art pour compléter une donation déjà exceptionnelle.

 

1943.

 Mais la tragédie ne s’arrête pas là. Béatrice de Camondo épouse en 1920 Léon Reinach. De cette union naissent deux enfants : Fanny, en 1920, puis Bertrand en 1923. En 1943, tous sont arrêtés et envoyés au camp de Drancy. Léon et ses enfants sont déportés à Auschwitz quelques jours plus tard. En 1944, c’est au tour de Béatrice. Aucun d’eux ne reviendra. 

 

Le musée.

 Aujourd’hui, le musée Nissim de Camondo, situé au 63 de la rue de Monceau, renferme des collections inestimables de meubles, de commodes, de secrétaires à cylindre, d’œuvres (estampes, toiles, dessins…) du 18ème siècle. Il est ouvert du mercredi au dimanche de 10h00 à 17h30.

 Un peu d’éternel, ou tout au moins de durable, était entré dans la composition de cet éphémère… Marcel Proust.



 

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Publié le 3 Mai 2009


 
Hommage national du 23 novembre 2008.

 

Un lieu de pèlerinage.

 

Le Mont Valérien est une colline, d’une hauteur de 162 mètres, qui domine l’ouest de Paris, et qui se situe sur les communes de Suresnes, de Nanterre et de Rueil-Malmaison. En France, le Mont Valérien est considéré comme un des hauts lieux de la Mémoire.

 

Au départ connu comme ermitage médiéval, un calvaire y est installé au cours du 15ème siècle. Puis, le lieu devient pèlerinage et, sous Louis XIII, des chapelles, rappelant les stations du Chemin de Croix sont bâties. Elles constituent autant d’étapes pour les processions des Parisiens, qui s’y rendent en masse. En 1634, une congrégation, les Prêtres du Calvaire, s’établie sur le mont, mais, cinquante ans plus tard, compte tenu de fréquents désordres, le pèlerinage est interdit, et la congrégation est dispersée. Plus tard, les prêtres sont remplacés par des laïcs qui y prononcent des vœux temporaires. Arrive la Révolution. Comme un bon nombre d’édifices religieux, le Mont Valérien est saccagé par les révolutionnaires.

 

Après la signature du Concordat entre Bonaparte, Premier consul, et le pape Pie VII, l’ordre ecclésiastique s’y installe à nouveau (des moines trappistes). Plus tard, le même Bonaparte, devenu l’empereur Napoléon 1er, fait construire des bâtiments – qui existent toujours – et dont le but est d’être maison d’éducation pour la Légion d’honneur.

 

Sous Louis XVIII puis Charles X, le Mont Valérien reprend totalement sa vocation religieuse et la société des Missions de France s’y installe. Symbole d’un christianisme royaliste ultra, le lieu est particulièrement visé pendant les Trois Glorieuses en 1830. Le nouveau roi des Français, Louis-Philippe, décide de dissoudre la communauté chrétienne et intègre la colline dans le réseau de fortifications de la défense de Paris.

 

 

Le fort du Mont Valérien.

 

L’actuel fort du Mont Valérien est construit à partir de 1841, et s’intègre dans le réseau de seize forts qui doivent défendre la capitale ; ceux-ci sont eux-mêmes intégrés comme avant-postes dans l’enceinte fortifiée qui fait le tour de Paris (forts de Nogent, Noisy, Issy, Montrouge, Vanves, …).

 

Peu après sa construction, le fort commence par être utilisé comme prison. Des opposants à Louis-Napoléon Bonaparte, devenu l’empereur Napoléon III, y séjournent. Il s’agit de Gustave de Beaumont, Achille Chaper, Joseph-Edmond Fayolle.

 

Le 19 juillet 1870 éclate la Guerre franco-prussienne. Après quelques semaines de combats, les forces prussiennes arrivent sur la capitale. Le fort du Mont Valérien joue un rôle très important. Les troupes républicaines du Gouvernement de la Défense nationale font feu depuis le fort, grâce à de nombreux et puissants canons, sur le château de Saint-Cloud tenu par les ennemis. Puis, au moment de la Commune de Paris, le fort est pris par les troupes versaillaises du gouvernement Thiers.

 

 

Mémorial de la France combattante.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, le fort du Mont Valérien est utilisé pour la défense aérienne : un important projecteur y est placé pour voir de nuit les avions du IIème Reich et tenter de déclencher d’éventuelles ripostes avec l’envoi de chasseurs.

 

Mais c’est surtout au cours du conflit suivant que le Mont Valérien est tristement célèbre : la forteresse est rapidement utilisée par les soldats nazis pour être une prison. Les interrogatoires qui s’y déroulent sont d’une barbarie sans nom. Bientôt, des otages, des résistants, des Français libres y sont exécutés. Il serait vain de faire une liste exhaustive de toutes celles et ceux qui ont perdu la vie dans la petite clairière jouxtant l’édifice et aujourd’hui appelée « clairière des fusillés ». Néanmoins, il convient de citer quelques noms : Honoré d’Estienne d’Orves, Gabriel Péri, André Bloch, des membres du réseau du Musée de l’Homme, Jacques Decour, Arthur Dallidet, Missak Manouchian et les 21 résistants de son réseau, … Certains jours, les exécutions se suivent à un rythme terrible : le 15 décembre 1941, 70 otages dont 44 viennent du camp de Drancy sont fusillés ; le 11 août 1944, alors que les Alliés sont aux Portes de Paris, 93 détenus du camp de Royallieu sont exécutés.

 

Après la libération totale du territoire national, le général de Gaulle décide, en juin 1945, de consacrer ce lieu au Devoir de Mémoire. Henri Freynay, ministre des prisonniers, déportés et réfugiés du Gouvernement provisoire de la République française, y fait inhumer 15 corps de combattants de la Guerre 1939-1945, originaires de Métropole et des colonies. Il demande à ce que soient également placés les corps de Berty Albrecht et Renée Levy, grandes résistantes, massacrées par les nazis. 

 

En 1958, à nouveau au pouvoir, le général de Gaulle charge Félix Brunau de faire construire un véritable monument au pied de la forteresse : le Mémorial de la France combattante est né. L’esplanade de l’édifice fait 10.000 m2 et un mur long de 150 mètres, en granit rose des Vosges, permet d’organiser des prises d’armes et des commémorations ; au centre, est sculptée une immense croix de Lorraine. Elle marque l’entrée de la crypte où reposent les combattants, avec une particularité : le caveau n°9 est vide car il attend le corps du dernier Compagnon de la Libération.

 

Au-devant de cette croix se trouve une flamme, qui brûle en permanence, comme sous l’Arc de Triomphe de Paris : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la Résistance ne s’éteindra pas – 18 juin 1940 – Charles de Gaulle ».

 

Par la suite, des modifications et des compléments sont ajoutés : en 1962, c’est l’inauguration du « parcours des fusillés » ; en 1989, est inauguré le « bosquet de la Liberté » ; en 1997, sur proposition de Robert Badinter, un monument sur lequel figurent les noms des fusillés est approuvé par le Sénat et inauguré en 2003.

 

Quant à la forteresse du Mont Valérien, aujourd’hui, elle est le siège du 8ème Régiment de Transmissions ; du colombier militaire national et du musée colombophile militaire ; du Centre national d’études et de formations pour l’enfance inadaptée. Elle est aussi utilisée dans le cadre de la Politique européenne de sécurité et de défense pour des missions comme l’Opération Artemis (RD Congo en 2003) ou l’EUFOR (Tchad / RCA en 2007-2009).

 

Enfin, quatre lieux funéraires complètent l’ensemble des édifices, bâtiments et lieux de Mémoire du Mont Valérien : le cimetière du Mont Valérien, construit au 19ème siècle ; le cimetière américain de Suresnes, qui contient des tombes de soldats américains tombés pendant les deux guerres mondiales ; le cimetière paysager du Mont Valérien, créé par la ville de Nanterre en 1969 et le crématorium du Mont Valérien, ouvert en 1999.

 

Le Mémorial de la France combattante est ouvert tous les jours de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00 (19h00 en été) ; pour se renseigner ou organiser une visite de groupe, il convient de prendre des renseignements au 01 49 74 35 87.

 

Les moyens d’accès sont les suivants :

 

  SNCF : Ligne Paris Saint Lazare - Versailles - Arrêt gare de Suresnes

  RATP : RER A La Défense ou ligne n° 1 La Défense puis bus n° 360 (arrêt Mont Valérien ou Hôpital Foch Cluseret)

  TRAMWAY : Val de Seine T2 La Défense - Issy les Moulineaux - Station de Suresnes : Longchamp

  ROUTE : Porte Maillot - Pont de Suresnes

 

 

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Publié le 10 Avril 2009

 

 

Le samedi 5 et le dimanche 6 avril derniers, s’est tenu à Paris le congrès national du Souvenir Français.

 

 

 

Dans le salon d’honneur du Cercle militaire de Paris, le congrès a débuté par un discours de Monsieur SUCHOD, directeur de cabinet de Monsieur Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants. Puis le général DELBAUFFE, notre président national, a demandé une minute de silence pour les délégués généraux et présidents de comités disparus au cours de l’année écoulée. Dans les Hauts-de-Seine, nous avons une pensée particulière pour notre ami, Michel MARTIN, qui fut président du Comité du Plessis-Robinson.

 

Le colonel OROFINO, trésorier national, a présenté le rapport financier en parlant plus particulièrement des assurances, des virements, bilans et reçus fiscaux. Ensuite, notre secrétaire général a présenté le rapport moral en insistant sur le rôle du Délégué général, lien indispensable entre le siège et les comités. Puis ont été énoncées plusieurs initiatives : création d’un timbre à l’effigie du Souvenir, tee-shirt, poncho pour protéger les quêteurs de la pluie…

 

Parmi les travaux réalisés cette année, il convient de citer :

 

  • - Aisne : monument des Crapouillots à Laffaux.
  • - Ardennes : rénovation de tombes à Sedan.
  • - Eure : rénovation de tombes à Gisors.
  • - Gers : création du carré militaire de Saint-Avit.
  • - Loir et Cher : création d’un mémorial Indochine et AFN.
  • - Haute-Loire : rénovation du carré militaire du Puy-en-Velay.
  • - Meurthe et Moselle : regroupement de tombes à Domjevin.
  • - Meuse : restauration du carré des sept inconnus à Verdun et rénovation de la tombe du sous-lieutenant Thomme à Verdun.
  • - Haute-Savoie : création de l’ossuaire d’Argonay.
  • - Bas-Rhin : aide à la réhabilitation de la nécropole de Wissembourg.
  • -Haute-Vienne : transfert d’un corps de secouriste de la tragédie d’Oradour-sur-Glane au columbarium.
  • - Vosges : réfection de tombes à Ban.

 

Ensuite, quelques mots ont été dits sur les actions formidables des comités du Souvenir Français à l’étranger et notamment celui de Chine qui a réalisé un travail exemplaire. « Sans vous rien ne serait possible » a été le mot de la fin.

 

Par la suite, un défilé s’est déroulé sur les Champs-Elysées avec le ravivage de la flamme, en présence de nombreuses délégations de notre association, du général DELBAUFFE, du général DARY, gouverneur militaire de Paris et du général COMBETTE, président du Comité de la Flamme.

 

Enfin, le dimanche matin a été consacré à une messe solennelle en l’église Notre Dame des Victoires.

 

Retrouvez toutes les photographies de notre congrès national dans l’album intitulé : « 2009-04-05, Congrès national ».

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Publié le 6 Avril 2009



Un nouveau bureau a été constitué pour le Comité de Châtillon. Il regroupe :

- Monsieur Michel LECLERCQ - Président.

- Madame Aliette COUTELLE - Vice-Présidente.

- Monsieur Patrick RAEMO - Secrétaire.

- Monsieur Jean-Pierre PERES - Trésorier.

- Monsieur Silvio LAFFITEAU - Porte-Drapeau.


En présence de Monsieur Jean-Pierre SCHOESTECK, Député-maire et de Monsieur André LABOUR, Délégué Général pour les Hauts-de-Seine, la prochaine assemblée générale du nouveau comité de Châtillon se déroulera : le samedi 13 juin à 10h, salle Gabriel Péri à Châtillon.

A cette occasion, le rapport moral, les rapports d'activités et financiers seront présentés. Une remise de médailles sera également organisée et, bien entendu, la municipalité de Châtillon aura le plaisir et l'honneur d'offrir le verre de l'amitié.

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Publié le 28 Mars 2009


 

 

Comme vous l’avez très certainement relevé dans le dernier numéro de la revue (n°473), le congrès national de notre association se tiendra les 4 et 5 avril prochains.

 

Je vous invite à venir nombreux le samedi 4 avril à 15h00, pour assister à l’assemblée générale dans le salon d’honneur du Cercle National des Armées (8, place Saint-Augustin, Paris 8ème), puis à 18h30 au ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe (formation à 17h45, angle des Champs-Elysées, rue Balzac).

 

Dimanche 5 avril à 11h00, messe solennelle en la basilique Notre-Dame des Victoires (6, rue Notre-Dame des Victoires, Paris 2ème, métro Bourse). Pour ces deux rendez-vous, il est également souhaitable que le drapeau de votre comité soit présent.

Bien à vous.

André LABOUR
Délégué Général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine.

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Publié le 21 Mars 2009

La Libération de la Corse, par le général Roland Glavany.

Le 1er Bataillon de Choc et la libération de la Corse

 « Nos amis les anciens combattants corses ayant pris justement ombrage de voir partout oublier que leur île avait été le premier département français libéré, décidèrent que le 65ème anniversaire de cette libération prendrait un éclat particulier.

 Et c’est ainsi qu’ancien sous-lieutenant du 1er Bataillon de Choc, qui fut aux premières loges dans ces affaires, je fus associé aux cérémonies de Ghisonaccia et de Patrimonio où je reçus un accueil inoubliable les 23 et 24 septembre 2008.

 En deux allocutions, j’essayai de rappeler le contexte historique des printemps – été 1943. En mai 1943, la campagne de Tunisie était terminée : il n’y avait plus un Allemand en Afrique, et l’Armée d’Afrique réarmée par nos alliés américains reprenait sa place au combat. Le général de Gaulle, chef incontesté de la France Libre, quittait Londres pour s’établir à Alger où il laissa un temps au général Giraud la conduite des affaires militaires. Les Alliés, en juillet 1943, Patton à l’ouest et Montgomery à l’est, débarquèrent en Sicile, qui fut conquise en un mois. Lorsque Montgomery fit franchir à ses troupes le détroit de Messine pour prendre pied en Calabre, nos ennemis italiens commencèrent à se poser quelques questions et demandèrent l’armistice. Or, ils occupaient la Corse. Une résistance ardente et armée s’était organisée dans l’île. Ses chefs proclamèrent alors l’insurrection générale. L’affaire n’était pas simple car si les Italiens s’étaient auto-neutralisés, il y avait dans le sud-est de l’île des unités allemandes dont la menace n’était pas vaine.

 Un des chefs militaires de la Résistance, le commandant Colonna d’Istria, put faire appel au général Giraud pour demander son appui. Celui-ci se tourna forcément vers le commandement allié en Méditerranée, lequel, en pleine organisation de la libération de l’Italie, lui fit comprendre qu’il fallait qu’il se débrouillât seul. Ce qu’il fit.

 Le général Giraud avait immédiatement « sous la main » le déjà célèbre sous-marin Casabianca du glorieux commandant l’Herminier, les contre-torpilleurs Fantasque et Terrible, en fait des croiseurs, légers, très rapides, et pour l’Armée de Terre, le Bataillon de Choc, unité spéciale de volontaires, formée à Staoueli, près d’’Alger, en mai 1943 aux ordres du commandant Gambiez. Et c’est ainsi que, dans la nuit du 12 au 13 septembre 1943, pour le Casabianca, du 13 au 14 pour le Fantasque et le Terrible, débarquèrent à Ajaccio les trois compagnies à quatre sections du Choc, en but à l’enthousiasme de la population.

 Dans les dix jours suivants, arrivèrent les éléments du 1er R.T.M. (tirailleurs marocains), du 2ème G.T.M. (tabors marocains), du 4ème R.S.M. (spahis). Deux groupes de chasse français équipés de Spitfire opérèrent à partir de Campo del Oro près d’Ajaccio».

 Situation de la Corse en septembre 1943

 « Quelle était la situation de l’île en ce début de septembre 1943 ? La neutralité italienne était acquise. Les Allemands avaient été contenus dans le sud-est par les patriotes corses. En fait, la préoccupation réelle du commandement allemand était de faire passer en Italie via Bastia une division retirée de Sardaigne. Avec notre armement léger (mitraillettes, FM24-29, grenades), nous étions forcément destinés aux combats-commandos de nuit, aux attaques surprises et aux embuscades le long de la route Bonifacio – Bastia tandis que les troupes marocaines avec leur armement réglementaire pouvaient mener la dernière bataille pour Bastia. Ainsi donc, les douze sections du Choc se déployèrent en éventail du nord au sud avec l’appui inestimable des guides corses et le renfort d’une 4ème compagnie corse de volontaires, immédiatement constituée, ce qu’aucun autre département français libéré ne réussit à faire. Les quatre compagnies du Choc furent dispersées : la mienne, la 3ème, celle du capitaine Manjot, envoya ses 1ère et 2ème sections au nord dans le secteur Ile Rousse – Saint-Florent ; la 3ème section, celle que je dirigeais, dans le secteur de Vescovato, en « chasse libre » ; la 4ème, celle de l’aspirant J.P. Michelin, au sud-est, vers Conca. Nos actions furent nombreuses et il faudrait des pages et des pages pour raconter les actions conduites en 15 jours par tout notre Bataillon ».

  A Ghisonaccia

 « A Ghisonaccia, le 23 septembre, au cours de la magnifique cérémonie organisée par le maire, Monsieur Guidici, et parlant devant vingt drapeaux, les enfants des écoles, et mes camarades anciens de la 4ème compagnie, j’ai pu évoquer deux faits d’armes qui me tenaient à cœur :

  • Les deux attaques couronnées de succès conduites par le lieutenant Lamy dans le secteur de Prunelli, parce que, nommé capitaine, Léon Lamy fut « mon capitaine » et qu’il tomba au champ d’Honneur exactement un an plus tard à la chapelle de Ronchamp, à côté de mon ami Yves de Bernon.
  • Ce qu’on a appelé la Bataille de Conca, le 22 septembre, parce que Jean-Pierre Michelin, jeune aspirant évadé de France pour prendre sa place au combat, y trouva la mort à la tête de sa section. Il était le premier aspirant tombé sur la terre de France pour la Libération.

 Dévoilant la belle plaque commémorative qui porte les noms de sept de nos camarades tombés dans la région de Ghisonaccia, j’y trouvai les patronymes de Lorenzi de la compagnie Corse et de Le Coz de la 3ème compagnie. Un Corse à côté d’un Breton. Au cours de la réception qui suivit, j’ai pu, au nom de tous les anciens, adresser mes remerciements les plus chaleureux à Monsieur Guidicci ».

  A Patrimonio

 « Le lendemain, à Patrimonio, près de Saint-Florent, j’étais reçu par Monsieur Maestracci, maire de la localité, qui avait tenu à honorer la mémoire de l’adjudant-chef Richard de Préaudet, de notre Bataillon, qui était tombé en ces lieux le 24 septembre 1943.

 Reprenant les termes de ma précédente allocution, j’ajoutai quelques mots sur la formation de notre Bataillon de Choc. La plupart des officiers, de réserve ou d’active, étaient des évadés de France, avec quelques personnalités exceptionnelles. Les soldats (ou chasseurs) venaient des appelés d’Afrique du Nord, des chantiers de jeunesse. Mais l’épine dorsale ne pouvait être formée que de sous-officiers anciens de l’Armée d’Afrique. Les noms de nos adjudants-chefs me sont encore en mémoire : Saunier, Blanchard, Huet, Préaudet, et Crespin. L’adjudant-chef Marceau Crespin qu’on avait jugé opportun d’adjoindre au sous-lieutenant de 21 ans que j’étais alors, et qui est resté un de mes meilleurs amis. Quant à Richard de Préaudet, il venait du 1er Régiment Etranger de cavalerie et était devenu l’appui indispensable du chef de la 2ème section de la 3ème compagnie du Choc, celle-là même qu’on avait envoyée vers le nord et qui arrivait vers l’est et Saint-Florent, venant de Casta.

 Dans la nuit du 23 au 24 septembre 1943, le capitaine Manjot décida l’attaque par trois équipes d’un poste allemand situé au carrefour de Patrimonio. Préaudet commandait une des trois équipes en pointe de l’attaque mais se trouva en face d’un ennemi alerté et sous le feu de deux mitrailleuses. Il ne pouvait que faire décrocher sa troupe et restant le dernier, fut mortellement blessé. Les Allemands enfouirent son corps.

 Ainsi tombèrent, presqu’en même temps, au sud et au nord de l’île, l’aspirant Michelin et l’adjudant-chef de Préaudet, premiers morts du Bataillon, premiers tombés pour la libération de la France. La cérémonie même de Patrimonio, le 24 septembre 2008, fut particulièrement émouvante sur cette plateforme en demi-cercle qui dominait le bourg, parce que le dévoilement de la plaque commémorative s’accompagna de chants religieux, d’une chorale de haute qualité, parce qu’un détachement du 2ème Régiment Etranger de parachutistes rendait les honneurs, parce que les trois enfants de Richard de Préaudet qui n’avaient pas ou si peu connu leur père étaient là, qui ne cachaient pas leur émotion en serrant les mains de tous les légionnaires. Là aussi, j’ai pu dire à Monsieur Maestracci combien nous lui étions reconnaissants de garder dans la pierre un tel souvenir.

 Le 4 octobre 1943, les combats cessèrent. Nous défilâmes à Ajaccio devant le général Giraud. Je serrai à Sartène la main du général de Gaulle. Tout ceci se passait il y a 65 ans. Mais c’était le début d’une longue route qui allait mener le Bataillon de Choc à l’Ile d’Elbe, sous les ordres de Gambiez ; au débarquement de Provence à Toulon sous les ordres d’Heriard-Debreuil ; à Belfort, Colmar, l’Allemagne, l’Autriche, sous les ordres de Lefort ; au début de l’Indochine sous les ordres de Clauzon.

 Sur cette route-là, 300 des nôtres sont tombés. POUR LA FRANCE ».

 

Général Roland Glavany. Grand Croix de la Légion d’honneur.

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Publié le 14 Mars 2009

 


En présence de plusieurs personnalités et d'élus locaux, dont bien entendu le maire de Meudon, l'assemblée générale du Comité de Meudon s'est déroulée le dimanche 8 mars 2009. Sous la présidence de Jean-Marie DUHAUT, par ailleurs Délégué Général adjoint du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine, les rapports moraux et financiers ont été prononcés ainsi qu'un récapitulatif de l'ensemble des activités pour l'exercice 2008-2009. Le Comité de Meudon est l'un des premiers en termes du nombre d'adhérents pour notre département.
 

 De gauche à droite : Isabelle DEBRE, sénatrice des Hauts-de-Seine, Jean-Marie DUHAUT (de dos), André LABOUR, Délégué Général pour les Hauts-de-Seine.

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Publié le 1 Mars 2009

 

Le vieux cimetière de Rueil-Malmaison (il en existe deux dans cette commune) recèle de nombreux monuments, stèles et tombes, relatifs au Souvenir et aux Morts pour la France.

 

 

Stèles

 

Trois stèles ont été placées à l’entrée du cimetière à droite. Il s’agit de :

 

  • - Aux combattants d’Indochine et d’Afrique du Nord morts pour la France.
  • - A la mémoire des combattants de la 1ère Armée et de leur chef le général de Lattre de Tassigny. Des côtes de Provence à Saint-Anton (Autriche – 15/08/1944 à 08/05/1944).
  • - 2ème D.B. – A la mémoire des Combattants de la Division Leclerc et de leur chef le général Leclerc – Koufra – Alençon – Paris – Berchtesgaden – 1943-1945. 

Tombes des FFI

 

Plus haut, se trouvent les tombes de volontaires des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) :

 

  • - Jacques Tyrel de Poix : 1914-1945
  • - Edmond Lagone : 1921-1944
  • - Eugène Toulouse : 1886-1944
  • - Robert Lestienne : 1892-1944
  • - Pierre Denis : 1927-1944
  • - Henri Vincent : 1924-1944
  • - Albert Simon : 1924-1944
  • - Paul Corgnet : 1920-1944
  • - Jules Poncin : 1894-1944
  • - Eugène Hebert : 1896-1944
  • - Gustave Beaupel : 1901-1944
  • - Jacques Marchais : 1924-1944
  • - Aristide Gallois : 1896-1944
  • - René Serre : 1926-1944
  • - Bertrand Crozatier : 1899-1944
  • - Roger Laurent : 1909-1944 

Carré militaire

 

Le carré militaire est important et compte 109 tombes de soldats et sous-officiers morts pour la France, pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale. A noter, la présence de près d’une dizaine de soldats russes enrôlés dans la Légion étrangère. Ils avaient pour noms, par exemple : Ignace Daouroff ou Michel Rouschkoff.

 

A noter également plusieurs membres d’une même famille comme les frères Lambert, tous trois tués pendant la Première Guerre mondiale.

 

 

Monument aux morts

 

Entretenu par la municipalité et le Comité local du Souvenir Français, ce monument a été élevé en hommage aux soldats morts pour la France lors de la Guerre franco-prussienne et de l’échec de la sortie de Buzenval, en janvier 1871.

 

Ce monument rassemble également plusieurs ossuaires : ceux des soldats prussiens tombés au cours des combats de 1871, ceux des anciens combattants de 1914-1918, 1939-1945, d’Indochine et d’AFN. 

 

Tombes éparses

 

Enfin, comme dans tous les cimetières, de nombreux soldats morts pour la France sont inhumés dans des caveaux familiaux ou dans des tombes particulières, en dehors du carré militaire. C’est, par exemple, le cas d’André Valois, mort le 7 juillet 1949 à Dong Khé, dans le secteur de Cao Bang, à l’âge de 27 ans ou celui de Noël Valin, général du 1er empire : soldat en 1806, il participa aux campagnes d’Italie, d’Espagne et d’Allemagne avant de prendre sa retraite sur ses terres de Rueil et d’y mourir le 20 août 1867, à l’âge de 83 ans.

 

Retrouvez les photographies du cimetière de Rueil-Malmaison dans l’album intitulé « Carrés militaires des Hauts-de-Seine ».

 

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Publié le 24 Février 2009


Claude Correia, pilier du Souvenir Français du Plessis-Robinson, est membre actif de nombreuses associations et s'occupe, entre autres, de la section locale des anciens de la 2ème D.B. du général Leclerc.
 

Ch’timi portugais

 

« Je suis un Ch’timi portugais ! Né à Denain, dans le Nord, en 1926, mes parents s’étaient installés quelques années auparavant dans la région. Je suis entré dans la Résistance à l’âge de 17 ans, et pour moi cela était parfaitement naturel. Comme une tradition familiale. En effet, et cela se sait peu, mais pendant la Première Guerre mondiale, le Portugal avait envoyé un contingent pour aider les Alliés, sur le front de l’Ouest. Une des principales raisons de cet engagement consistait à combattre partout où cela était possible, l’ennemi allemand, qui avait des visées sur les possessions africaines du Portugal. Et d’obtenir un appui des Anglais.

 

Mon père était de ce contingent. Il participa, entre autres, à la bataille de la Lys, en avril 1918. En ces lieux, la seconde Division portugaise, sous le commandement du général Gomes da Costa, forte d’environ 20.000 hommes, résista avec acharnement à quatre divisions allemandes (50.000 hommes), laissant sur le terrain près de 300 officiers et 7.000 soldats, tués, blessés ou prisonniers. Le courage des Portugais força l’admiration de l’ensemble des Alliés. Mon père s’en sortit, comme par miracle. Sinon, je ne serais pas là !

 

Bref, en septembre 1944, le lieutenant Roger nous rassembla à Valenciennes et nous fit embarquer dans trois camions : direction la capitale ! A Saint-Germain-en-Laye, nous descendîmes au Quartier Gramont, lieu d’incorporation. Nous fîmes nos adieux à Roger, qui devenait l’adjoint du commandant Lanusse, en charge des nouvelles recrues. Inspection, instruction – rapide – et piqûres puis nous voilà au front ».

 

A la 2ème D.B.

 

« J’avais intégré le 2ème bataillon de la 8ème Compagnie, aussi appelée Escadron Vaugirard. Nous étions une unité du Régiment de Marche du Tchad (R.M.T.) – unité filleule de la ville d’Issy-les-Moulineaux – lui-même composant du Groupement Tactique du général de Langlade (G.T.L.), élément de la 2ème Division Blindée (D.B.) du général Philippe Leclerc de Hauteclocque. Notre commandant d’unité allait devenir célèbre : il s’agissait de Jacques Massu !

 

Mon baptême du feu, ce fut à Sélestat, en Alsace, au moment de Noël. J’étais posté dans une maison avec quelques camarades. L’un d’eux me cria : « Mickey ! » – car s’était ainsi que l’on m’appelait – « Fais gaffe, ils sont juste dans la ferme en face ! ». Un char arriva. Nous pensions être sauvés. Mais il roula sur une mine. Sous la force de l’explosion, l’engin s’immobilisa. Et les Allemands reprirent leur canarde de plus belle. Je peux dire que ce jour-là, nous primes une sacrée dérouillée. A notre poste, au matin, nous étions onze soldats. Le soir, nous nous retrouvâmes à deux survivants. Le lendemain, nous étions relevés et notre chef de groupe nous proposa de nous replier sur un quartier de la ville, plus en arrière, à l’abri des tirs ennemis.

 

Au milieu d’une foule de soldats, de matériels, de chars, de cris, mon camarade et moi, nous entrâmes dans un estaminet. La patronne nous accueillit avec gentillesse. Nous découvrîmes des gens adorables. Alors que bon nombre d’hommes de la région étaient « Malgré Nous », c’est-à-dire sous l’uniforme allemand et sur le front de l’Est, on nous offrit le couvert et le coucher. Un beau Noël pour deux pauvres jeunes gars loin de leurs parents, sans chéries. Des enfants…

 

Ce fut une joie presque aussi intense que notre entrée dans Strasbourg, un mois plus tôt. Je n’avais pas tenu le « Serment de Koufra » cher au général Leclerc, mais j’en étais de ceux qui avaient délivré la France. Au soir de ces combats dans Sélestat, je reçus la Croix de Guerre et fus cité à l’ordre du régiment. La suite fut tout aussi terrible pour le R.M.T. ».

 

La bataille de Kilstett

 

« Le maréchal allemand Von Rundstet avait déclenché une vaste offensive sur le front des Ardennes. Les Américains et notre 2ème D.B. se précipitèrent pour colmater cette brêche. Mais, dans le même temps, il ne fallait pas dégarnir l’Alsace. Leclerc avait dit : « La division tout entière doit passer en Alsace et se faire tuer sur place, jusqu’au dernier homme, pour sauver l’honneur de la France ».

 

A Kilstett, situé  à 15 km au nord de Strasbourg, le commandant Reyniès, qui avait fait l’Afrique, et qui était encerclé avec son bataillon dans la ville, hurla à la radio : « Faites vite ! Le hallouf (cochon) est dans le douar ». Notre 8ème Compagnie du R.M.T. fut envoyée sur place pour participer au dégagement. Nous avions face à nous deux bataillons du Régiment Marbach, composés d’élèves sous-officiers, de vrais fanatiques. Une seule chose comptait pour eux : assommer la ville sous les bombes et foncer sur Strasbourg pour reprendre ce symbole. Le général de Langlade envoya immédiatement à l’assaut les sous-groupements Gribius et Massu, dont je faisais toujours partie. Les combats furent incroyables de violence. Dès les premières minutes, nos pertes furent sérieuses. Je tirais comme je pouvais, appuyant les copains du mieux possible. Nous nous battîmes maison par maison, nettoyant notamment le quartier de la Sablière.

 

Et c’est là que je fus blessé. Tout autour de moi, ce n’étaient que morts et blessés. Mon chef gisait dans une mare de sang, due à une blessure en pleine poitrine. Pour ma part, j‘étais immobilisé, une balle dans le pied. On m’évacua sur l’hôpital de Sarrebourg et je reçus, après l’étoile de Bronze, celle d’Argent sur ma Croix de Guerre. Avec mes compagnons d’armes, je fus cité à l’ordre de la Division. Le général de Lattre de Tassigny cita à l’ordre du Corps d’Armée le G.T.L. de la 2ème D.B. : « Engagé le 22 janvier 1945 aux ordres du général de Langlade, en soutien de la 3ème D.I.A., est intervenu de façon décisive dans pour briser le dernier assaut allemand en direction de Strasbourg. Après une étape de nuit rendue difficile par la haute neige et le gel, un sous-groupement sous les ordres du chef d’escadron Gribius s’est porté « résolument » à l’attaque pour dégager un bataillon de Tirailleurs encerclé depuis la veille à Kilstett, par des forces supérieures. Par la soudaineté et la violence de son intervention, a complètement surpris l’ennemi, l’a mis en déroute, lui infligeant de lourdes pertes et faisant une centaine de prisonniers ».

 

Par la suite…

 

« Par la suite, remis, je poursuivis les combats en Allemagne, puis jusqu’à Berchtesgaden, le fameux « nid d’aigle » d’Adolf Hitler. Démobilisé en 1946, je rejoignis un de mes frères à Lyon qui me fit entrer dans le secteur de la restauration où j’exerçai pendant près de trente ans. Là, je me mariai et un fils naquit. Je terminai ma carrière dans le bâtiment, en tant que spécialiste de la remise en état ».

 

En Alsace, 1944. 

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