Publié le 25 Novembre 2018

Mobilisation nationale pour la Chapelle de Rancourt.

La Délégation du Souvenir Français des Hauts-de-Seine tient à relayer l’appel national de mobilisation pour la Chapelle de Rancourt.

 

Apprenant le décès de son fils lors de la bataille de la Somme, Madame Du Bos fait le vœu d’élever une chapelle sur son lieu d’inhumation. Aujourd’hui propriété du Souvenir Français, la chapelle de Rancourt-Bouchavesnes nécessite une profonde rénovation. Le 1er novembre 2018, pour le Centenaire de la fin de la Grande Guerre, le Souvenir Français lance une campagne de financement participatif pour transformer cette chapelle en un lieu d’exposition permanente.

 

Le lieutenant Jean Du Bos : un destin exemplaire.

En 1914, quand la Première Guerre mondiale éclate, Jean Du Bos rejoint son régiment d’infanterie. Commencent alors pour lui deux années de combats, marquées par de nombreuses blessures et plusieurs faits d’armes.

Un mois après le début du conflit, des éclats d’obus le blessent au bras et à la cuisse. En mai 1915, pris dans une intense fusillade, il permet le ravitaillement en cartouches et en explosifs de son régiment, qui se bat dans l’Argonne. On écrit de lui qu’il combat avec son revolver à l’avant-garde de ses hommes.  Ses supérieurs louent son sang-froid, son coup d’œil et, c’est plus rare, sa bonne humeur.

A l’hiver 1915, il remarque en avant du front des traces de travaux allemands. Parti en observateur, sans se soucier des balles tirées autour de lui, il étudie le terrain avec ses jumelles jusqu’à ce qu’un projectile le touche en pleine face. La balle traverse le nez : Jean Du Bos rejoint l’arrière. Revenu au front au printemps 1916, dans la Somme, il est tué devant Rancourt le 25 septembre 1916.

Ce village avait une importance stratégique. Occupé par l’armée allemande dès août 1914, il est au cœur de la bataille de la Somme qui commence en juillet 1916. La ligne de front est proche du village, traversé par une route qui constituait, pour les Allemands, un axe de communication indispensable à leur ravitaillement. C’est pour reprendre cette route qu’au cours d’affrontements particulièrement violents, un millier d’hommes meure aux côtés du lieutenant Jean Du Bos.

Une souscription publique pour la construction de la chapelle.

En 1917, la famille du soldat décide d’ériger une chapelle à l’endroit de sa mort en hommage à tous ses camarades tombés au champ d’honneur. Confié à l’architecte Pierre Paquet, la première pierre est posée le 25 septembre 1920 par l’évêque d’Amiens. La chapelle est inaugurée deux ans plus tard par le général Desticker, chef d’état-major du maréchal Foch, en présence de 10 000 personnes. Construite en pierre de taille, la chapelle est située devant la nécropole française, où reposent 8 566 soldats de la bataille de la Somme. Dans la mort comme au combat, Du Bos est à l’avant-garde de ses camarades. Non loin de là ont également été aménagés un petit cimetière militaire britannique, ainsi qu’un cimetière allemand qui abrite plus de 11 000 tombes. La chapelle de Rancourt est donc au cœur de toutes les nationalités qui ont pris part à la bataille de la Somme.

Pour financer le monument, une souscription publique est lancée ; les donateurs peuvent acheter un ex-voto ou un vitrail de la nef. L’opération est étendue aux Etats-Unis, d’où était originaire la mère du lieutenant. Malade, elle mourut avant l’inauguration de la chapelle.

Le tympan du portail d’entrée fait mention de la dédicace à tous les soldats français morts dans les batailles de Picardie pendant la Grande Guerre. Le porche en plein cintre évoque les voûtes des fermes de la région. Dans la nef, de nombreuses plaques de marbre portent les noms des soldats morts au champ d’honneur.

Un financement participatif pour sa transformation.

Depuis 1937, Le Souvenir Français est propriétaire par donation de cette chapelle qui accueille 12 000 visiteurs par an. Dans le cadre du Centenaire de la fin de la Grande Guerre, l’association souhaite transformer la chapelle afin d’en faire un lieu d’exposition permanente consacré à l’histoire religieuse de la Grande Guerre, la sacristie étant maintenue en lieu de recueillement religieux. L’inauguration est prévue en 2022, pour le centenaire de la création de la chapelle.

L’exposition permanente composée de panneaux, de photographies et d’objets d’époque explorera, à travers une scénographie innovante, le rôle joué par toutes les grandes religions et les religieux pendant la Grande Guerre, pour mobiliser les communautés, accompagner les soldats au front, consoler l’arrière et préparer la paix.

Doté d’un comité scientifique réunissant des universitaires spécialisés et bénéficiant du dépôt d’objets de grandes institutions nationales, l’exposition permanente sur l’histoire religieuse de la Grande Guerre achèvera de faire de la chapelle de Rancourt l’un des sites les plus importants pour l’étude et la transmission de l’histoire de la Première Guerre mondiale. Cette réalisation complétera l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO de l’ensemble du site.

Cent ans après sa construction, en partenariat avec la Société Nationale immobilière, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, Le Souvenir Français lance donc une nouvelle souscription publique sous la forme d’un financement participatif sur le site Ulule. Chaque don, sera précieux pour, dans un premier temps, rénover la toiture. Pour un euro versé, la société partenaire verse également un euro.

Pour participer au financement participatif : https://fr.ulule.com/chapelle-rancourt/

Contact : Hugo MARTIN, missions@souvenir-francais.fr 

 

 

 

Sources :

 

  • Site national du Souvenir Français : www.le-souvenir-francais.fr
  • Crédit photographique : archives de la DG 92 du Souvenir Français.

Lire la suite

Publié le 22 Novembre 2018

Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine sur tous les fronts.

En ce début de mois de commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale, notre délégation du Souvenir Français des Hauts-de-Seine et la grande majorité de ses comités ont honoré comme il convenait les soldats de ce terrible conflit et salué la victoire acquise après tant et tant de souffrances. Mais ils ont su également saisir l’occasion de faire connaître mieux encore notre grande association mémorielle, son passé, son présent et ses initiatives d’avenir.

 

Des rencontres que j’ai pu avoir au cours de ces dernières semaines, certaines furent suivies d’actions immédiates notamment à travers de nombreux articles de presse sans équivalent dans le passé.

 

D’autres conduisirent à des échanges prometteurs avec des professeurs et des élèves ou des responsables départementaux (chef de corps des sapeurs pompiers, auditoire d’une table ronde consacrée aux batailles inscrites sur le drapeau de la gendarmerie, directrice d’une médiathèque etc...).

 

Ce qui prouve que le Souvenir Français peut avoir une audience auprès de nouveaux acteurs et sensibiliser au-delà de son cercle habituel.

 

Au total, sans ignorer d’autres initiatives toutes riches en émotions et en symboles, on peut retenir l’hommage rendu à Auguste Thin au cimetière d’Asnières, l’exposition « la guerre est finie » à Châtillon avec notamment les lettres de jeunes écoliers à leurs anciens de 14/18, la remise d’un drapeau de Rhin et Danube au collège Yves du Manoir, à Vaucresson, marqué par une collaboration de 3 comités et la présence de militaires de la BSPP.

 

Mais c’était sans compter sur l’exceptionnelle rencontre des enfants des Poilus de la Grande Guerre, nés en 1919, 1920 et 1921, aujourd’hui en maison de retraite, avec les enfants des classes de Boulogne-Billancourt pour élaborer et présenter une pièce de théâtre.

 

Enfin, après l’inauguration de la tombe de regroupement à Clamart, résultat de 3 ans de travail acharné, la première géolocalisation des tombes dans le département a eu lieu à Levallois-Perret.

 

Sans nul doute, ces exemples résument le Souvenir Français dans sa profondeur : la tombe, la mémoire, la transmission, l’initiative d’avenir.

 

Les photographies ci-dessous représentent :

 

  • Claude Guy à Asnières auprès de la sépulture d’Auguste Thin.
  • Les lettres des jeunes enfants de Chatillon à leurs anciens de 14-18.
  • La remise du drapeau Rhin et Danube à trois collégiens de l’établissement Yves du Manoir de Vaucresson, avec la participation d’Alain Goussard, président du Comité.
  • Théâtre dans une maison de retraite de Boulogne.
  • La tombe de regroupement de Clamart.
  • La géolocalisation des tombes de Morts pour la France à Levallois-Perret.

 

 

 

Claude Guy

Délégué Général

 

 

Sources :

Les photographies ont été prises par des membres du Souvenir Français.

Celles pour Clamart, Levallois et une photographie de Vaucresson sont issues du journal Le Parisien, qui a largement fait écho au travail du Souvenir Français pendant ce mois de commémoration.

Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine sur tous les fronts.
Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine sur tous les fronts.
Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine sur tous les fronts.
Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine sur tous les fronts.
Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine sur tous les fronts.
Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine sur tous les fronts.
Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine sur tous les fronts.
Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine sur tous les fronts.
Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine sur tous les fronts.

Lire la suite

Publié le 15 Novembre 2018

Crédit photographique : Serge Guével.

Crédit photographique : Serge Guével.

À l’initiative d’une professeure du plus grand établissement scolaire privé de France, s’est déroulée le 12 novembre 2018 une cérémonie d’hommage aux élèves et professeurs morts dans les conflits du siècle dernier.

Auparavant, votre délégué général a remis un drapeau de Rhin et Danube à la garde de trois élèves qui le portent à tour de rôle avec fierté. Le comité d’Antony a veillé avec les organisateurs de l’Institution à la préparation de cette cérémonie qui a fait une place remarquée à l’évocation de plusieurs destins individuels, l’appel aux morts suivi d’une vibrante Marseillaise portée par les notes puissantes et émouvantes du clairon. Une assistance nombreuse et silencieuse a partagé cet hommage inédit.

 

Claude Guy

Délégué Général des Hauts-de-Seine.

Crédits photographiques : Serge Guével.
Crédits photographiques : Serge Guével.
Crédits photographiques : Serge Guével.
Crédits photographiques : Serge Guével.
Crédits photographiques : Serge Guével.
Crédits photographiques : Serge Guével.
Crédits photographiques : Serge Guével.
Crédits photographiques : Serge Guével.
Crédits photographiques : Serge Guével.
Crédits photographiques : Serge Guével.
Crédits photographiques : Serge Guével.

Crédits photographiques : Serge Guével.

Lire la suite

Publié le 13 Novembre 2018

A Châtillon, la guerre est finie. Exposition.

A Châtillon, du 2 au 22 novembre, une exposition se tient à la Folie Desmares (13, rue de la Gare) : « La guerre est finie ! »

 

À l’occasion de la commémoration du centenaire de l’armistice de la Première Guerre Mondiale signé le 11 novembre 1918, la Ville de Châtillon et le Souvenir Français proposent une exposition à la Folie Desmares.

 

La genèse du conflit, la guerre au quotidien sur le front et à l’arrière, le courage  des soldats, les armes, le matériel militaire seront présentés au travers de  témoignages, d’objets et de photographies pour mieux comprendre ce que fut ce terrible conflit et la joie manifestée lors de la fin des hostilités.

 

Avec le Souvenir Français, les enfants de l’école Joliot-Curie ont préparé cette exposition en réalisant une lettre aux Poilus, une maquette d’avion comme celui de l’aviateur Roland Garros et un champ de bleuets. La chorale de l’école Gambetta participera à la commémoration officielle du 11 novembre.

 

Une exposition à ne pas manquer pour comprendre, se souvenir et ne pas oublier.

 

Du lundi au vendredi de 14h à 18h.

Samedi et Dimanche de 10h à 19h

Entrée libre

Lire la suite

Publié le 7 Novembre 2018

Soldats du 101e RI de Courbevoie.

Soldats du 101e RI de Courbevoie.

« Et c’est fini…

Voici la feuille blanche sur la table, et la lampe tranquille, et les livres… Aurait-on jamais cru les revoir, lorsqu’on était là-bas, si loin de sa maison perdue ?

On parlait de sa vie comme d’une chose morte, la certitude de ne plus revenir nous en séparait comme une mer sans limites, et l’espoir même semblait s’apetisser, bornant tout son désir à vivre jusqu’à la relève. Il y avait trop d’obus, trop de morts, trop de croix ; tôt ou tard notre tour devait venir.

Et pourtant c’est fini…

La vie va reprendre son cours heureux. Les souvenirs atroces qui nous tourmentent encore s’apaiseront, on oubliera, et le temps viendra peut-être où, confondant la guerre et notre jeunesse passée, nous aurons un soupir de regret en pensant à ces années-là.

Je me souviens de nos soirées bruyantes, dans le moulin sans ailes. Je leur disais : « Un jour viendra où nous nous retrouverons, où nous parlerons de nos copains, des tranchées, de nos misères et de nos rigolades… Et nous dirons avec un sourire : « c’était le bon temps ! »

Avez-vous crié, ce soir-là, mes camarades ! J’espère bien mentir, en vous parlant ainsi. Et cependant…

C’est vrai, on oubliera. Oh ! Je sais bien, c’est odieux, c’est cruel, mais pourquoi s’indigner : c’est humain… Oui, il y aura du bonheur, il y aura de la joie sans vous, car, tout pareil aux étangs transparents dont l’eau limpide dort sur un lit de bourbe, le cœur de l’homme filtre les souvenirs et ne garde que ceux des beaux jours. La douleur, les haines, les regrets éternels, tout cela est trop lourd, tout cela tombe au fond…

On oubliera. Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont. L’image du soldat disparu s’effacera lentement dans le cœur consolé de ceux qu’ils aimaient tant. Et tous les morts mourront pour la deuxième fois.

Non, votre martyre n’est pas fini, mes camarades, et le fer vous blessera encore, quand la bêche du paysan fouillera votre tombe.

Les maisons renaîtront sous leurs toits rouges, les ruines redeviendront des villes et les tranchées des champs, les soldats victorieux et las rentreront chez eux. Mais Vous ne rentrerez jamais.

C’était le bon temps.

Je songe à vos milliers de croix de bois, alignées tout le long des grandes routes poudreuses, où elles semblent guetter la relève des vivants, qui ne viendra jamais faire lever les morts. Croix de 1914, ornées de drapeaux d’enfants qui ressembliez à des escadres en fête, croix coiffées de képis, croix casquées, croix des forêts d’Argonne qu’on couronnait de feuilles vertes, croix d’Artois, dont la rigide armée suivait la nôtre, progressant avec nous de tranchée en tranchée, croix que l’Aisne grossie entraînait loin du canon, et vous, croix fraternelles de l’arrière, qui vous donniez, cachées dans le taillis, des airs verdoyants de charmille, pour rassurer ceux qui partaient. Combien sont encore debout, des croix que j’ai plantées ?

Mes morts, mes pauvres morts, c’est maintenant que vous allez souffrir, sans croix pour vous garder, sans cœur pour vous blottir. Je crois vous voir rôder, avec des gestes qui tâtonnent, et chercher dans la nuit éternelle tous ces vivants ingrats qui déjà vous oublient.

Certains soirs, comme celui-ci, quand, las d’avoir écrit, je laisse tomber ma tête dans mes deux mains, je vous sens tous présents, mes camarades. Vous vous êtes tous levés de vos tombes précaires, vous m’entourez, et dans une étrange confusion, je ne distingue plus ceux que j’ai connu là-bas de ceux que j’ai créé pour en faire les humbles héros d’un livre. Ceux-ci ont pris des souffrances des autres, comme pour les soulager, ils ont pris leur visage, leurs voix, et ils se ressemblent si bien, avec leurs douleurs mêlées, que mes souvenirs s’égarent et que parfois, je cherche dans mon cœur désolé, à reconnaitre un camarade disparu, qu’une ombre tout semblable m’a caché.

Vous étiez si jeunes, si confiants, si forts, mes camarades : oh ! Non, vous n’auriez pas dû mourir… ».

 

 

Source :

Les Croix de Bois, de Roland Dorgelès, Albin Michel, 1919.

Lire la suite

Publié le 30 Octobre 2018

Gustave Durassié, maître-imprimeur à Malakoff.

Le carré militaire de Malakoff dédié à la Première Guerre mondiale comporte 120 sépultures. Parmi elles, figure celle de Gustave Durassié (1887-1986), adjudant puis lieutenant au 95e R.I., combattant à Fleury-devant-Douaumont en 1916, maître imprimeur à Malakoff, président national de l’association Ceux de Verdun de 1951 à 1974, commandeur de la Légion d’honneur.

 

« Debout les morts ».

A son arrivée au 95e, Gustave Durassié se lie d’amitié avec un autre adjudant, Jacques Péricard. L’unité a quitté Bourges et le camp d’Avord en août 1914. Partie de la 16e division d’infanterie et du 8e corps d’armée, formée de Berrichons, de Bourguignons et de Nivernais, elle est rattachée à la 1ère Armée du général Dubail.

Depuis, le 95e est de tous les fronts : en Lorraine, où il perd 500 soldats, puis dans la Woëvre en 1914 ; sur les secteurs de la forêt d’Apremont et de Bois-Brûlé l’année suivante. A cette occasion, au cœur des tranchées du saillant de Saint-Mihiel, où les hommes se battent au corps à corps pour chaque mètre de terrain, l’adjudant Jacques Péricard hurle à ses hommes épuisés, abrutis par tant de sauvagerie « Debout les morts ! ».

Publié anonymement après la guerre, la Campagne 1914-1918 du 95e régiment d’infanterie (librairie Chapelot à Paris) indique ceci : « Du 19 au 31 janvier 1916, le 95e est relevé et quitte ce secteur où, depuis quinze mois, il combat avec un courage qui ne s'est jamais démenti, et où, gradés et soldats ont prouvé surabondamment, sous des bombardements effroyables et dans des attaques meurtrières leur grand cœur, leur stoïque ténacité et leur absolu mépris de la mort. »

Puis, le 95e est dirigé sur Fleury-devant-Douaumont le 24 février 1916. Il doit relever les 51e et 72e divisions d’infanterie, laminées par le rouleau compresseur ennemi. Le 25, « les soldats du 95e ont l’impression d’être seuls, abandonnés du reste de l’Armée, holocaustes choisis pour le salut de Verdun. Vers le milieu de l'après-midi, le bombardement cesse et l'attaque se produit. Des masses, jaillies du bois d'Haudremont, submergent le malheureux 1er bataillon mais se brisent contre nos mitrailleuses et nos feux de salve, à nous. Les Allemands s'aplatissent, se terrent. Et le bombardement reprend. Il est de courte durée, cette fois. La fumée qui couvrait le fort se dissipe et, de sentir cette force si près, cela rassure nos hommes. Ils sont tous à leurs postes, attentifs à l'assaut que ce calme présage. Soudain, un cri : « Les voilà ! » ... J'ai dit que le 3e bataillon occupait les tranchées autour du village. Ces tranchées formaient un angle droit. Sur la plus grande branche, parallèle à la rue et face à la cote 347, les 9e, 10e et 11e compagnies. Sur la plus petite, face au fort, la 12e compagnie ou, plus exactement, un peloton de la 12e compagnie : la 4e section que je commande en qualité de lieutenant, la 3e section sous les ordres de l'adjudant Durassié. Avec nous, la section de mitrailleuses du 3e bataillon, sous les ordres du capitaine Delarue. Delarue et Durassié sont toujours vivants. Et vivants également une quinzaine d'hommes qui étaient avec nous ce jour-là...Perte du village de Douaumont qu'occupait le 3e bataillon du 95e RI.  La nuit vient. Il neige. Le combat continu. Le 26, le 2e bataillon en réserve dans le ravin de Thiaumont reçoit, sans bouger d’une semelle, un bombardement terrible de 9h du matin à 5h du soir. A 16h30, nouvelle attaque allemande sur la route Douaumont – Bras ; elle est repoussée après un corps à corps furieux. Des tirailleurs qui fléchissaient à notre droite, reviennent à la charge sous l’énergique intervention du capitaine Ferrère. Le régiment a subi de grosses pertes. Il a été pendant deux jours le bouclier de la France, et a écrit une des plus belles pages de son histoire.»

Le 95e est relevé. A Verdun, la très grande majorité des régiments ne reste en ligne que quelques jours ou plus rarement quelques semaines. Ces relèves maximisent la diffusion des informations et des images de « l’enfer de Verdun » au sein de toute l’armée française. Dans les semaines qui suivent, Fleury-devant-Douaumont est pris et repris seize fois. Chaque assaut donne lieu à un bombardement d’une intensité prodigieuse. A Verdun, 80 % des tués le sont du fait des bombes.

Le 95e va continuer la guerre en Argonne en 1917, puis en Champagne l’année suivante. Durassié et Péricard terminent la guerre avec le grade de lieutenant.

 

« L’Almanach du Combattant ».

Jacques Péricard et Gustave Durassié sont devenus amis. On l’a vu. Ils ne se quitteront plus.

Jacques Péricard est né le 17 décembre 1876 à Saint-Florentin, dans le département de l’Indre. Il épouse en premières noces Marguerite Leroux à Paris, puis se remarie en 1917 avec Alice Ritte, à Vierzon, et sera père de onze enfants, parmi lesquels le journaliste et homme politique Michel Péricard (député des Yvelines entre 1978 et 1999). Jacques Péricard mourra le 18 mars 1944 dans l’Allier. Il aura droit à des obsèques nationales, avec la présence du maréchal Pétain.

Après la guerre donc, Gustave Durassié reprend son métier d’imprimeur et Jacques Péricard devient un journaliste et un écrivain connu et reconnu du monde combattant. Le premier va alors imprimer ce qu’écrira le second.

Péricard est prolixe en idées et suggestions pour animer le Devoir de Mémoire : en 1921, il propose que la Flamme sous l’Arc de triomphe soit ravivée chaque soir ; l’année suivante il sort l’Almanach du Combattant qui devient une publication maîtresse du monde du combattant. Cette revue existera entre 1922 et 1993 et publiera des milliers d’articles sur des batailles de la Première Guerre mondiale, des récits, des carnets de bord, des biographies de combattants, mais aussi des contes, des poésies et des pièces de théâtre

Mais Péricard et Durassié ne vont pas en rester là.

Les deux hommes travaillent sur Verdun : la bataille doit rester dans la mémoire collective française. Des entreprises de tourisme, comme Michelin, s’en emparent et créent des guides. De même, les cars Citroën déversent chaque mois des centaines de visiteurs sur le site. Quant à l’ossuaire de Douaumont, conçu au lendemain de l’armistice de 1918 à l’initiative de Monseigneur Charles Ginisty, évêque de Verdun, il est inauguré le 7 août 1932 par le Président de la République, Albert Lebrun.

De leur côté, Durassié et Péricard lancent l’idée d’un volume souvenir qui serait construit à partir de témoignages de poilus de Verdun. Leur appel rencontre un large écho, et ils reçoivent plus de 5.000 réponses. Le gros volume illustré qu’ils en tirent est un succès. Cette affaire contribue à conférer à Verdun une valeur symbolique éminente.

Une association est aussi créée. Il s’agit de Ceux de Verdun.

 

« Ceux de Verdun ».

L’association  Ceux de Verdun est donc créée en 1923 par Gustave Durassié et Fernand Ducom, lui aussi ancien combattant. L’idée étant de regrouper tous les soldats qui s’étaient battus sur les terres sacrées de Meuse. Le premier président de l’association est Jacques Péricard.

En 1938, à Paris, les Anciens de Verdun officialisent cette association par la création de la Fédération Nationale de Ceux de Verdun. Cet organisme central fédère les amicales siégeant dans chaque région de France. L’ensemble étant régi par la loi de 1901. Il en existe toujours et certaines ont des sites Internet très actifs comme celle de Lyon, d’Orléans ou encore de Nice (…).

Trimestriellement paraît le journal de la fédération intitulé « le Combattant de Verdun », dans lequel les articles des écrivains, des historiens, des carnets d’anciens et des récits de descendants, portent témoignage de cette Bataille. La page « Vie des amicales » relate l’activité des différentes représentations régionales, comme les commémorations locales, les voyages sur les terres de Meuse, les assemblées générales, etc…

En 1951, Gustave Durassié, alors âgé de 64 ans, prend les rênes de Ceux de Verdun et devient président national. Il laissera sa place 23 ans plus tard et décèdera en 1986. Auparavant, il aura été un membre actif du conseil d’administration de l’association Le Souvenir Français.

 

A l’occasion du centenaire de l’Armistice de 1918, le Souvenir Français a décidé d’honorer 100 soldats de la Première Guerre mondiale. Gustave Durassié est l’un d’eux.

 

 

 

Sources :

 

  • Joffre, Arthur Conte, Ed. Olivier Orban.
  • Les Poilus, Pierre Miquel, Ed. Terre Humaine Plon.
  • Pétain, Marc Ferro, Fayard.
  • 1918 : la victoire, Pierre Miquel, Tallandier.
  • 1916, l’année de Verdun, Service historique des armées, Ed. Lavauzelle.
  • Site « Wikipedia ».
  • Campagne 1914-1918 du 95ème régiment d’infanterie, librairie Chapelot.
  • Journal de Marche et des Opérations du 95ème régiment d’infanterie.
  • Centre de Recherche Internationale et de Débats sur la Guerre 1914-1918 ; travaux de Stéphan Agosto et Jean-Claude Poncet.
  • Site Internet sur Verdun : www.verdun-meuse.fr

 

Gustave Durassié, maître-imprimeur à Malakoff.

Lire la suite

Publié le 11 Octobre 2018

Les SOE commémorés à Suresnes.

A l’initiative de Monsieur Christian Dupuy, vice-président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, maire de Suresnes et de Monsieur Lionel Southgate, Président de la Fédération Nationale Libre Résistance, une cérémonie s’est déroulée au Mont Valérien le samedi 29 septembre dernier pour commémorer le rôle du Special Operations Executive (SOE) dans la résistance en France.

Le SOE était un service secret britannique qui opéra pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut créé en juillet 1940 par Winston Churchill et dissous le 30 juin 1946. Le SOE avait pour mission de soutenir les divers mouvements de résistance des pays d’Europe occupés par l’Allemagne ainsi que, progressivement, de tous les pays en guerre, y compris en Extrême-Orient (grâce à la « Force 136 »).

Son organisation était la suivante :

  • Le quartier général, établit en Angleterre, à Londres sur Baker Street, et dirigé par Franck Nelson jusqu’en 1942, puis par Charles Hambro et enfin Colin Gubbins.
  • Les antennes, créées dans les capitales neutres ou Alliées (comme Lisbonne ou Madrid).
  • Les sections (F pour France par exemple, qui sera la section la plus importante avec 95 réseaux), chargées de l’action dans les pays étrangers.
  • Les stations, situées en territoire britannique, qui se répartissent en stations expérimentales et en écoles d’entraînement spécial.

A la fin de la guerre, le SOE ne comptait pas moins de 13.000 agents. Parmi les opérations les plus souvent utilisées, on peut citer :

  • Les sabotages d’installations militaires, industrielles ou ferroviaires ;
  • Les opérations destinées à inquiéter, déstabiliser ou affaiblir l’ennemi comme des attentats, des assassinats ou le déraillement de convois de troupes ;
  • Les opérations destinées à obtenir des renseignements sur les intentions de l’ennemi, les mouvements de troupes…
  • Enfin, la désinformation était également régulièrement utilisée.

 

En France, un monument, situé à Valencay dans l’Indre (l’un des premiers sites à recevoir un parachutage SOE), rappelle le sacrifice de 104 membres en France (13 femmes et 91 hommes).

 

Le Souvenir Français des Hauts-de-Seine a une pensée particulière pour son ami Robert « Bob » Maloubier, ancien des SOE, et décédé en avril 2015, dont une plaque rappelle les faits d’armes (SOE + Force 136) au sein du lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, et remercie vivement Jean de Saint-Victor de Saint-Blancard, adhérent du Comité de Rueil-Malmaison, pour son engagement permanent au service de la mémoire des SOE et en particulier de Bob Maloubier.

 

Sources :

 

  • Archives du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Internet de l’Union des gaullistes de France : www.union-gaulliste-de-france.org
  • Crédits photographiques : Jean de Saint-Victor de Saint-Blancard.
Les SOE commémorés à Suresnes.

Lire la suite

Publié le 10 Octobre 2018

Le caporal Auguste Thin déposant le bouquet de roses. A droite, le ministre André Maginot.

Le caporal Auguste Thin déposant le bouquet de roses. A droite, le ministre André Maginot.

La guerre de la famille Thin.

 

Auguste Thin nait le 12 juillet 1899 à Cherbourg. Dernière année du siècle… La France est à la fois portée vers son empire colonial (l’affaire de Fachoda vient d’avoir lieu) et la récupération de l’Alsace-Lorraine. L’esprit de revanche est dans toutes les têtes. 1899, c’est aussi la création de L’Action Française par Henri Vaugeois, le général Gallieni est gouverneur de Madagascar et l’Olympique de Marseille est portée sur les fonds baptismaux ! Emile Loubet est président de la République. Des tracts le disent « élu des juifs » car Loubet soutient Alfred Dreyfus.

 

Auguste Thin est le fils de Louis Jules Adolphe Thin, né le 21 août 1876 à Port-en-Bessin, dans le département du Calvados. La Première Guerre mondiale est déclarée en août 1914, alors que le jeune Auguste est commis épicier. Son père est rappelé sous les drapeaux. Il est sergent au 274e régiment d’infanterie. Il trouve la mort aux combats du Fort de Vaux le 23 mai 1916. Son fils s’engage à son tour. Il le fait à Lisieux le 3 janvier 1918, à l’âge de 19 ans.

 

Il est versé au 132e régiment d’infanterie. Unité plusieurs fois décorées, elle a fait preuve tout au long de la guerre de courage et d’un sacrifice inouï, faisant montre de sa devise : « Un contre huit » !

 

Au printemps 1918, l’unité se porte en Picardie pour participer à la bataille de Montdidier et sauve la situation. Il en est de même quelques semaines plus tard : le Grand Etat-major donne l’ordre à la 56e division (dont le 132e fait partie) d’attaquer Mont-d’Origny, en traversant l’Oise, et de marcher sur Guise, dans le nord du département de l’Aisne. Après la première attaque, le 132 atteint ses objectifs et conserve le terrain conquis. Contraint d’attendre les renforts, pendant 8 jours, le régiment résiste à toutes les attaques ennemies. Le 8 octobre, une attaque générale réussit enfin et aboutit à la prise de Mont-Origny. D’une charge, le 132 s’élance vers Guise. L’unité progresse tellement rapidement qu’elle rejoint les avant-postes allemands : le corps à corps s’engage, terrible. Le 3e bataillon du 132 prend la place, assurant ainsi le succès de l’attaque de Guise.

 

Quelques semaines plus tard, un nouvel ordre porte la 56e division sur l’Alsace. La marche est arrêtée par l’armistice du 11 novembre alors que les premiers hommes pénètrent dans cette région.

 

Le 27 janvier 1919, le 132e régiment d’infanterie rejoint sa garnison provisoire de Vitry-le-François, puis de Reims et de Verdun. Son comportement pendant la Grande guerre lui vaut d’avoir le privilège de faire choisir par l’un de ses soldats, dans la citadelle de Verdun, le 10 novembre 1920, le Soldat Inconnu qui repose sous l’Arc de Triomphe.

 

Le Soldat Inconnu.

 

Ce 10 novembre 1920, le soldat Auguste Thin est à la citadelle de Verdun. Devant lui huit cercueils en ligne, anonymes, venant des différents secteurs de l’ancien front militaire (Chemin des dames, Somme, Verdun…). En vérité, le front contenait neuf secteurs, mais l’un des responsables de l’enquête ne peut certifier que le dernier corps proposé est bien celui d’un Français.

 

Le jeune caporal de 21 ans, pétrifié par l’émotion, tient dans sa main un bouquet d’œillets blancs et rouges que vient de lui donner le ministre des Pensions, André Maginot. Le ministre sait-il qu’il vient de désigner un Pupille de la Nation ? Un jeune homme dont le père a fait la même guerre, comme c’est le cas dans de nombreuses familles de France… Auguste Thin avance lentement, passant en revue ces soldats sans noms, morts pour la France. Auguste Thin se retourne, revient devant le sixième cercueil et y dépose le bouquet, désignant ainsi le soldat inconnu qui devra rejoindre son dernier tombeau, sous l’Arc de Triomphe.

 

Plus tard, le caporal explique son choix : «Il me vint une pensée simple. J’appartiens au 6ème corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c’est également le chiffre 6 que je retiens. La décision est prise, ce sera le 6ème cercueil que je rencontrerai.»

 

Dés 1916, François Simon, Président du Souvenir Français à Rennes, avait évoqué l’idée d’inhumer un soldat anonyme pour rendre hommage à tous les disparus: «Pourquoi la France n’ouvrirait-elle pas les portes du Panthéon à l’un de ses combattants ignorés, mort bravement pour la patrie ?».

 

Des combattants ignorés, la Première Guerre mondiale en voit des mille et des cents… Sur les un million-quatre-cents-mille morts des seuls rangs français, les corps de trois-cents-mille victimes officiellement déclarées décédées ne seront jamais restitués aux familles. Et il y a plus de trois-cent-cinquante-mille disparus, «pulvérisés sur le champ de bataille» comme l’écrit l’historien Jean-Yves Le Naour.

 

Même si une proposition de loi est déposée en ce sens à la fin de la guerre, soulevant une vive polémique, il faudra attendre l’automne 1920 pour que le parlement, poussé par une campagne de presse intensive en particulier de l’Action Française, décide du choix d’un soldat inconnu et de son inhumation sous l’Arc de Triomphe. Le Panthéon est également évoqué mais, comme l’écrit le journaliste du Matin Henry de Jouvenel : «Ne l’enfermez pas au Panthéon. Portez-le au sommet de l’avenue triomphale, au milieu de ces quatre arches ouvertes sur le ciel. C’est lui, l’inconnu, l’anonyme, le simple soldat, qui donne tout son sens à l’Arc de Triomphe.»

 

Dans la nuit du 10 au 11  novembre 1920, par le train, la dépouille du Soldat inconnu arrive à Paris. Après un passage au Panthéon, son cercueil emprunte la rue Soufflot, en direction de l’Arc de Triomphe, monté sur un canon de 155 dominant la foule. «Ce mort qui va passer, c’est l’enfant de tout un peuple en larmes», écrit l’envoyé spécial de l’hebdomadaire l’Illustration.

 

Le Soldat inconnu est solennellement enterré sous l’Arc de Triomphe le 28 janvier 1921.

 

Plus tard, l’Angleterre, la Roumanie, la Belgique, les Etats-Unis, l’Australie (…) désigneront également leur soldat inconnu pour l’inhumer avec éclat. En 2000, c’est le Canada qui enterre le sien. Son corps avait été exhumé dans le Pas-de-Calais, tout proche de la crête de Vimy.

 

Auguste Thin reprendra sa vie civile quelques temps plus tard. En 1982, peu de temps avant sa mort, le soldat fameux est décoré de la Légion d’honneur par le Président de la République François Mitterrand. La cérémonie se déroule à l’Arc de Triomphe.

 

A l’occasion du centenaire de l’Armistice de 1918, le Souvenir Français a décidé d’honorer 100 soldats de la Première Guerre mondiale. La cérémonie pour Auguste Thin à Asnières se déroulera le 15 octobre 2018, à 17h00, au cimetière ancien d'Asnières, division 46 - 6, rue du Ménil - 92600 Asnières.

 

Les président, les porte-drapeaux et les membres des Comités des Hauts-de-Seine sont tous conviés pour participer à cette commémoration. La Flamme sacrée arrivera vers 16h45.

 

 

 

 

Sources :

 

  • «Le Soldat inconnu, la guerre, la mort, la mémoire», de Jean-Yves Le Naour (éditions Découvertes Gallimard, 2008).
  • "Le Soldat inconnu, invention et postérité d’un symbole» (éditions Imago, 2005), Jean-François Jagielski.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Internet : www.appli-lachaise.net
  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Reprises d’éléments biographiques écrits par Antoine Junqua, membre du Souvenir Français.
Asnières-sur-Seine, Auguste Thin et le Soldat Inconnu.

Lire la suite

Publié le 5 Octobre 2018

Exposition à Percy.

Dans le cadre du centenaire de l’armistice de 1918 et à l’occasion de la première journée nationale des blessés du Service de Santé des Armées et de leurs familles, une exposition se déroulera à l’hôpital militaire de Percy. Le thème : « les hôpitaux militaires de la Grande guerre ».

 

L’inauguration de cette exposition se déroulera le jeudi 18 octobre à 18h en présence de :

 

  • Jean-Didier Berger, maire de Clamart et Président du Territoire Vallée Sud-Grand Paris ;
  • Le général Conessa, médecin-chef de l’hôpital des armées Percy.

 

Cette exposition est réalisée en partenariat avec le Souvenir Français et son comité de Clamart, présidé par François-Xavier Philipp, et prêtée par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre.

 

L’entrée se fera par la rue Raoul Batany.

 

Cette exposition se tiendra du 15 octobre au 15 novembre. Le Souvenir Français de Clamart – dont les coordonnées du président figurent dans la partie Comités de ce site internet – est à la recherche de bénévoles pour assurer une permanence de cette exposition le matin de 10h à 12h ou l’après-midi de 13h à 16h.

 

Merci par avance.

 

Lire la suite

Publié le 29 Septembre 2018

A Saint-Cloud, le monument aux morts des athlètes.

Le Monument aux Morts des athlètes du Stade Français.

 

Le 5 novembre 1922, dans le parc de Saint-Cloud se déroule une cérémonie particulière : on inaugure, en présence des ministres concernés, le monument aux morts des athlètes du Stade Français.

 

En effet, le club sportif – alors l’un des plus connus de France – a lourdement payé sa contribution à l’armée française : pas moins de 170 noms figurent sur ce monument.

 

Parmi eux figure Maurice Boyau.

 

 

Maurice Boyau.

 

Maurice Boyau nait le 8 mai 1888 à Mustapha, en Algérie française. Fils de Jean Boyau, entrepreneur de travaux publics landais et de Blanche Nouguier, originaire de l’Aveyron. Doué pour tous les sports, le jeune Maurice se tourne vers le rugby. Il joue d’abord sur les terres familiales, à l’US Dax de 1907 à 1909 puis au Stade Bordelais, à Versailles et enfin au Racing, pendant la Première Guerre mondiale.

 

Maurice Boyau est champion de France de rugby en 1911 avec le Stade Bordelais et il porte, entre 1912 et 1913, six fois le maillot de l’équipe de France, dont deux sélections en tant que capitaine pendant les deux derniers matchs du dernier Tournoi des Cinq nations avant la guerre.

 

Maurice Boyau est mobilisé lorsque la guerre éclate. Il rejoint son affectation de réserve : le 18e escadron de train des équipages du 144e régiment d’infanterie de Bordeaux, où il se présente le 3 août. Il passe ensuite le 10 octobre 1914 au 8e escadron de train des équipages de Dijon, où il officie comme conducteur d’automobiles, pendant une année, avant d’être détaché le 26 novembre 1915 au 1er groupe d’aviation de Longvic pour suivre une formation de pilote.

 

Il reçoit son brevet de pilote militaire le 28 novembre 1915 et est nommé brigadier le 3 février 1916. Ses connaissances techniques et ses talents de meneur d’hommes incitent les autorités militaires à l’affecter comme pilote-instructeur d’abord à l’école d’aviation de Pau puis à celle de Buc (à côté de Versailles) où il est muté le 1er août 1916.

 

Mais Maurice Boyau insiste pour rejoindre une unité de combat. Sa demande est entendue et le 12 octobre 1916, il rejoint l’Escadrille N77, connue sous le nom « Escadrille des Sportifs » en raison du grand nombre d’athlètes de haut niveau qui figure dans ses rangs. Il y passera le reste de la guerre.

 

Il ne reste pas moins sportif et participe à de nombreux matchs de rugby. Avec le Racing Club de France, son nouveau club, il remporte la Coupe de l’Espérance le 28 avril 1918. Il joue contre des Anglais, mobilisés sur le front du nord de la France, contre d’anciens internationaux néo-zélandais, mobilisés eux sur le front de la Somme. Le 12 février 1918, Maurice Boyau est capitaine de l’équipe de l’armée française qui affronte au Parc des Princes l’équipe de l’artillerie d’assaut anglaise des Tanks, formée de soldats venant de diverses nations du Royaume-Uni. Parmi les membres de cette équipe de France se trouve Géo André, qui laissera son nom au stade de l’équipe de rugby du Stade Français.

 

Mais la légende s’écrit. Maurice Boyau devient un As de l’aviation, crédité de 35 victoires aériennes homologuées, la plupart sur des ballons d’observation allemands drachens. Il reçoit la Légion d’Honneur, la Médaille militaire, la Croix de guerre. Et l’histoire s’arrête malheureusement là : il disparaît le 16 septembre 1918 au-dessus de Mars-la-Tour au cours d'un combat aérien dont la victoire est attribuée par les allemands à l'as Georg von Hantelmann. Les causes exactes de sa mort demeurent incertaines et Boyau pourrait également avoir été victime de tirs d'artillerie allemands. Ni son avion ni son corps ne sont retrouvés.

 

Maurice Boyau est cité : « Pilote d'une incomparable bravoure dont les merveilleuses qualités physiques sont mises en action par l'âme la plus belle et la volonté la plus haute. Officier magnifique, animé d'un admirable esprit de sacrifice, fournit, chaque jour avec la même simplicité souriante un nouvel exploit, qui dépasse le précédent. A excellé dans toutes les branches de l'aviation, reconnaissances, photographies en monoplaces, bombardement à faible altitude, attaques des troupes à terre, et s'est classé rapidement parmi les premiers pilotes de chasse. A remporté vingt-sept victoires, les douze dernières en moins d'un mois, en abattant seize drachens et onze avions ennemis. Médaillé militaire et chevalier de la Légion d'honneur pour faits de guerre. Onze citations. »

 

Depuis 1924, le stade de rugby de Dax porte le nom de Maurice Boyau et la municipalité a fait ériger une statue à sa mémoire à l’entrée de ce stade. Son nom est inscrit sur le monument du parc de Saint-Cloud, comme sur la stèle de la Fédération Française de Rugby à Colombes et sur le monument aux morts de Saint-Paul-les-Dax.

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Memorail GenWeb : www.memorialgenweb.org
  • Archives du journal L’Equipe.
  • Site de la ville de Dax : www.dax.fr

 

Maurice Boyau, à Colombes, en 1918.

Maurice Boyau, à Colombes, en 1918.

Lire la suite