Publié le 9 Septembre 2018

Alain Arthuis de La Garenne-Colombes.

Enfance.

 

Alain Arthuis nait le 24 mars 1933 dans la Sarthe. Mars 1933… Adolf Hitler est chancelier d’Allemagne depuis quelques semaines. Le NSDAP (Parti national-socialiste de travailleurs allemands) vient de remporter les élections et voilà deux jours que le camp de Dachau a ouvert ses portes pour y enfermer des Allemands réfractaires.

 

Alain Arthuis est le fils d’Yves Arthuis et de Suzanne Blais. Ils sont établis dans la Sarthe. Département qu’ils quittent bientôt pour « monter » à Paris, comme cela se fait toujours aujourd’hui. La famille s’installe à La Garenne-Colombes, dans ce qui n’est pas encore le département des Hauts-de-Seine. Tout jeune, Alain se passionne pour l’aviation. Il pratique le vol à voile et le vol à moteur à l’Aéroclub Guynemer de Bois-Colombes. Elève brillant, il suit ses étude au lycée Saint-Louis à Paris. Bientôt, il passe son Premier degré de pilote.

 

A l’armée de l’Air.

 

En septembre 1952, âgé de 19 ans, il est admis à l’Ecole de l’Air de Salon de Provence, Promotion Colonel Dartois.

 

Louis Dartois est né le 25 septembre 1904. Il entre à Saint-Cyr en septembre 1924, opte pour l’aviation à sa sortie d’école et est breveté pilote en janvier 1928. Il est successivement affecté au 32e régiment d’aviation puis à la 7e escadre aérienne de 1932 à 1939. En juin 1940, il rejoint l’Afrique du Nord, où il participe à l’entrevue de Cherchell, prélude au déparquement allié de novembre 1942. En juillet 1943, il est nommé commandant de l’Ecole de l’Air nouvellement reconstituée à Marrakech, au Maroc. A la fin de la guerre, il est chargé de remettre sur pied le service du personnel de l’armée de l’air. Il trouve la mort dans un accident aérien le 8 septembre 1946 à Nevers.

 

Quelques semaines plus tard, Alain Arthuis part pour le Canada pour se perfectionner au pilotage de l’avion à hélice T6, puis à celui de l’avion à réaction T33. Il revient en France en avril 1955. Il passe son brevet de pilote de chasse sur avion à réaction le 22 juillet 1955 et est affectée dans la foulée à l’Escadrille 3/2 Alsace de Dijon sur Ouragan puis sur Mystère IV A. Peu après, il est promu lieutenant.

 

En Algérie.

 

A son arrivée en Algérie, Alain Arthuis est affecté à l’EALA (Escadrille d’Aviation Légère d’Appui) 1/72 à Sétif sur T6. Il commande un détachement à Bougie, aujourd’hui Béjaïa en Kabylie.

 

Le 7 février 1957, les rapports de l’armée de l’air indiquent son décollage à 10h15 pour une mission de protection des troupes au sol via liaison radio en Grande Kabylie. Son avion est abattu « après 10 passes de tir sur le même axe ».

 

Le lieutenant Alain Arthuis est cité le 16 mai 1957 à l’ordre de l’armée aérienne, Mort en Service Aérien Commandé (SAC) : "Excellent officier pilote de chasse qui depuis son arrivée à l'unité n'avait cessé de faire preuve des plus belles qualités de chef et d'officier. Fanatique du vol, s'était signalé en maintes circonstances par un dynamisme exceptionnel et un courage tranquille forçant l'admiration de tous. A trouvé une mort glorieuse le 7 février 1957 à son poste de pilote alors qu'il effectuait sa 58e mission. Totalisait 700 heures 20 de vol dont 103 heures en opérations".

 

Alain Arthuis était chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de la Médaille militaire et Croix de la valeur militaire avec palme.

 

Son corps est rapatrié en France le 11 juin 2008.

 

 

 

 

Sources :

 

  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.
  • Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.
  • Site Internet : Mémorial GenWeb – www.memorialgenweb.org
  • Crédit photographique : Patrick Bouju.
  • Site Internet sur la Promotion Colonel Dartois.
  • Encyclopédie Wikipédia.

 

 

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Publié le 1 Septembre 2018

Au caporal Viguier, de Fontenay-aux-Roses.

Georges Viguier.

 

Georges Wilhelm Viguier nait le 5 septembre 1926 à Bessan dans le département de l’Hérault, arrondissement de Béziers. En ce temps-là, au cœur de la Troisième République, les gouvernements se succèdent : Aristide Briand est renversé au profit d’Edouard Herriot, qui va bientôt devoir céder sa place à Raymond Poincaré, qui rétablit l’économie et la confiance des Français. C’est aussi un temps où enfin les puissances se mettent d’accord sur les dettes de guerre, que ce soit avec l’Angleterre ou avec les Etats-Unis. Des traités d’amitié se signent. C’est notamment le cas avec la Roumanie. Et notre empire colonial semble enfin stabilisé. Pour des générations et des générations. Quelques clairvoyants, et au premier titre il convient de citer le maréchal Lyautey, mettent néanmoins en garde pour un juste partage des richesses et un équilibre politique.

 

Georges Viguier quant à lui n’a peut-être que faire de ces considérations politiques. Ses parents sont montés sur Paris. Il suit avec les bagages ! Jeune adolescent, il découvre la Région parisienne sous commandement allemand. Il n’hésite pas – à 18 ans – à faire partie de ses jeunes français qui s’engagent dans la Résistance et œuvrent pour la libération de la capitale. Il suit le mouvement pour « la durée de la guerre » selon la formule consacrée. Il reçoit la Médaille Commémorative 39-45 Agrafe « Barricades ».

 

Puis c’est l’engagement dans la Légion étrangère. Il verra du pays – c’est promis dans les affiches de propagande – et la solde sera tout à fait appréciable par rapport à ce qu’il pourrait gagner en tant qu’ouvrier.

 

Il intègre la Légion étrangère et la prestigieuse 13e demi-brigade.

 

Situation en Indochine.

 

La guerre d’Indochine a commencé en décembre 1946 après le bombardement du port d’Haiphong par la marine française. Marine qui ne faisait que répliquer aux attentats répétés du Vietminh et ses velléités d’indépendance. Ce bombardement n’arrangeant rien d’ailleurs puisque dans la foulée Hö Chi Minh – en tant que leader du Vietminh – donne l’ordre de massacrer le plus d’Européens possible, Français en particulier, et de piller les maisons. « Que celui qui a un fusil se serve de son fusil, que celui qui a un épée se serve de son épée… Que chacun combatte le colonialisme ».

 

Le Vietminh n’a pas encore le soutien de l’URSS et de la Chine (ce sera en 1949). Aussi, aguerrie dans la guerre du peuple, l’armée populaire vietnamienne se fonde sur la mobilité et la dispersion. Il s’agit là de la théorie du tigre face l’éléphant : « Le tigre est tapi dans la jungle. Il va harceler l’éléphant figé qui, peu à peu, va se vider de son sang et mourir d’épuisement », ajoute Hô Chi Minh. De fait, les soldats communistes se permettent de refuser ou d’accepter le combat. Ils ont l’initiative et les Français du corps expéditionnaire sont généralement en retard et doivent subir. Les coups de main succèdent aux attentats, qui font place aux kamikazes…

 

La 13 en Indochine.

 

Désignée pour faire partie du Corps Expéditionnaire Français en Extrême Orient (CEFEO), la 13e DBLE débarque du SS Ormonde le 6 février 1946 à Saigon, et s’installe au nord de la ville, dans le triangle Gia Dinh – Thu Duc – Hoc Man.

 

Les opérations commencent. Le 19 juin 1946 a lieu le premier combat à Mat Cat, en Cochinchine. La 13 est alors engagée des frontières du Siam jusqu’à Tourane, en passant par la plaine des Joncs. Ses bataillons sont éparpillés :

 

  • Le 1er bataillon s’installe au Cambodge, à la poursuite de Khmers qui se réfugient au Siam.
  • Le 2e bataillon installe son camp au centre Annam afin de défendre Tourane, dégager Hué et surveiller Quang Nam.
  • Le 3e bataillon doit quant à lui affronter les durs combats de Cochinchine, où les embuscades quotidiennes alternent avec des actions de force.

 

La 13e DBLE participe à de nombreuses opérations et bien souvent y laisse bon nombre de  combattants.

 

Pendant le séjour de Georges Viguier, plusieurs histoires arrivent et se racontent de bivouac en bivouac :

 

  1. Le 29 septembre 1946, l’interprète vietnamien du poste de Trunq Chan mélange du datura (hautement toxique) aux aliments : 47 légionnaires sont dans le coma, mais huit autres ont heureusement préféré prendre une douche avant le repas. Voyant l’état de leurs camarades, ils demandent des secours et préviennent ainsi l’attaque.
  2. Un an plus tard, le 19 août 1947, encore une séance d’empoisonnement collectif au poste de Ben Muong. Forts de l’expérience précédente, les ennemis coupent les fils du téléphone et mettent le datura dans le café. Mais un sergent et quatre légionnaires n’ont pas eu le temps d’en boire lorsque l’attaque se déclenche. L’un d’eux traverse inaperçu les lignes ennemies tandis que les autres tiennent tête aux 150 assaillants, pas trop mordants, il est vrai, car ils sont convaincus qu’ils n’ont qu’à attendre pour vaincre sans pertes. Quelques heures plus tard les renforts arrivent et les attaquants deviennent assiégés.
  3. Le 24 avril 1947, la sentinelle du poste « Franchini » voit arriver un groupe de soldats français poussant devant eux un prisonnier ligoté. La sentinelle les laisse pénétrer dans le poste, mais à l’intérieur, sur un signe du soi-disant prisonnier, ils ouvrent le feu, tuant les sept légionnaires et quatre partisans de la garnison.

 

Mais le caporal Georges Viguier n’en verra pas beaucoup plus. Comme bon nombre de ses camarades, il souffre de maladies. Dans un long article sur la guerre d’Indochine, François Goetz (*) indique : « En zone tropicale la dysenterie amibienne, le paludisme, le typhus sont omniprésents. Les conditions du combat ne favorisaient pas l’application des mesures d’hygiène préventives. Dans les rizières et dans la brousse pullulent les parasites, les marches de nuit vous offrent aux piqûres des moustiques. Les premières années de guerre, les moyens médicaux furent insuffisants. Dans quelques bataillons, le médecin-chef distribuait la liste des médicaments de base, en incitant les cadres à se les faire envoyer par leur famille. »

 

Le caporal légionnaire Georges Wilhelm Viguier meurt à l’hôpital militaire de Tourane le 12 septembre 1947. Son corps est rapatrié auprès de sa famille à Fontenay-aux-Roses.

 

 

 

Sources :

 

  • Patrice Gélinet, émission de France Inter 2000 ans d’Histoire : Indochine 1945-1954, histoire d’une guerre oubliée.
  • Général Bigeard, Ma vie pour la France, Ed. du Rocher, 2010.
  • Lieutenant-colonel Jean-Vincent Berte, Indochine : les supplétifs militaires et les maquis autochtones, Collège Interarmées de Défense.
  • Georges Fleury, La guerre en Indochine, Tempus, Perrin, 2003 et Nous, les combattants d’Indochine, Bourin Editeur, 2011.
  • Michel Bodin, Dictionnaire de la guerre d’Indochine, 1945-1954, Economica, 2004.
  • Site de l’association des Anciens combattants et des Amis de l’Indochine : www.anai-asso.org.

 

 

(*) François GOETZ (1927-2008), président de la Fédération Nationale des Combattants Volontaires (1999-2002) était colonel honoraire, commandeur de la Légion d’honneur, titulaire de la médaille militaire, commandeur de l’O.N.M., 11 fois cité, commandeur des ordres nationaux du Sénégal et du Togo, Officier de l’ordre national du Gabon.

 

 

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Publié le 18 Août 2018

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Pierre Dureau de Neuilly.

Biographie.

 

Pierre Dureau est né le 23 août 1915 à Neuilly-sur-Seine. Son père, publiciste, est mort pour la France.

 

Il prépare une licence de droit et obtient le diplôme de l'Ecole des Sciences politiques. Après avoir suivi les cours du peloton EOR à Saint-Cyr d'octobre 1938 à avril 1939, il effectue son service militaire en 1938 dans les chasseurs alpins. Dès la déclaration de guerre, il sert sur le front des Alpes au 6e Bataillon de chasseurs alpins (6e BCA) en qualité de sous-lieutenant, chef de section à la 1ère compagnie placée sous les ordres du capitaine Lalande.

 

Pierre Dureau participe à la campagne de Norvège où il se distingue à deux reprises, notamment le 13 mai 1940, à l'attaque de Roasme, où il fait preuve d'une hardiesse remarquable, progressant sans arrêt en tête de section sous le feu de l'ennemi et permettant, par ses manœuvres successives, l'avance de tout son bataillon.

 

Revenu en France, il quitte Brest avec le corps expéditionnaire, le 18 juin 1940, avec l'intention de s'engager dans l'Armée anglaise. Il s'engage finalement dans les Forces françaises libres le 1er juillet 1940 à Londres. Il devient instructeur au 1er Bataillon de Chasseurs de la France libre à Camberley et est promu lieutenant en février 1941.

 

Affecté à l'Etat-major du général de Gaulle à Londres de mars à août 1941, il obtient d'être envoyé au Moyen-Orient où il sert comme lieutenant au Bataillon de Marche n° 7 (BM 7) en Syrie et au Liban jusqu'en septembre 1942. Il est ensuite aide de camp du général de Larminat jusqu'en janvier 1943 date à laquelle il est affecté comme commandant d'unité à la 13e demi-brigade de la Légion étrangère (13e DBLE). Il participe aux campagnes de Tunisie et d'Italie comme chef du groupement des mortiers du 1er Bataillon de Légion étrangère (1er BLE).

 

En août 1944, il débarque en Provence avec le 3e BLE et se distingue pendant la campagne de France. Le 10 septembre 1944, à Autun, il arrête à bout portant l'assaut d'une très forte colonne ennemie, ainsi que tous les essais de débordement. Il est le principal artisan d'un succès qui coûte à l'ennemi plus de 400 tués et 2 500 prisonniers. En Alsace, le 26 janvier 1945, lors de la bataille d'Elsenheim, il fait sauter par une habile manœuvre une résistance puissamment retranchée. Le lendemain, Pierre Dureau réalise personnellement la liaison avec les éléments blindés opérant plus à l'est, puis tient le très important carrefour 177. Le 30 janvier, il prend part à l'attaque des dernières résistances ennemies et s'empare de son objectif dans un minimum de temps.

 

Il se distingue encore sur le front des Alpes, le 14 avril 1945 en entraînant sa compagnie vers le plateau de la Réole, et le 17 avril à Colla Bassa. Il termine la guerre avec le grade de capitaine et entre ensuite dans le secteur privé, principalement l'industrie du bois et la construction. Il devient chef de service commercial puis directeur commercial et enfin directeur général.

 

Pierre Dureau est décédé le 22 avril 2006 à La Cadière d'Azur dans le Var où il est inhumé.

 

 

Décorations.

 

  • Commandeur de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945.
  • Croix de Guerre 1939-45 (4 citations).
  • Médaille de la Résistance.
  • Médaille Coloniale avec agrafes "Libye", "Tunisie".
  • Médaille des Services Volontaires dans la France Libre.
  • Croix de Guerre Norvégienne.
  • Croix de Guerre (Belgique).
  • Officier de l'Ordre de Léopold (Belgique).
  • Croix de la Vaillance (Pologne).
  • Officier de l'Ordre de Saint-Olaf (Norvège).
  • Chevalier du Ouissam Alaouite (Maroc).
  • Chevalier du Nicham Iftikar (Tunisie).

 

 

Sources :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

© Ordre de la Libération.

 

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Publié le 15 Août 2018

Gardes nationaux dans les tranchées par Alphonse de Neuville.

Gardes nationaux dans les tranchées par Alphonse de Neuville.

La Garde nationale voit le jour au début de la Révolution française. Elle est constituée de miliciens (citoyens) dans chaque ville, à Paris comme en province. Son existence va durer jusqu’en 1871, aux lendemains de la Commune de Paris.

 

Création.

Avant la Révolution française, des Gardes bourgeoises sont chargées de défendre les biens et les personnes. Le 14 juillet 1789 voit la création d’une première Garde nationale. Les raisons en sont simples : la Municipalité et les Gardes Françaises (issues des Gardes bourgeoises) sont débordées par les troubles qui suivent l’annonce du renvoi de Necker, alors Ministre d’Etat de Louis XVI, après avoir été son directeur général des Finances. Les pillages se multiplient et les exactions sont nombreuses. De plus, des régiments royaux mais formés de mercenaires suisses et allemands, massés autour de Paris, font craindre un carnage. Aussi, la Municipalité de Paris décide d’établir cette Garde nationale. Elle compte d’abord 12.000 hommes et bientôt ce chiffre est porté à 48.000. Les volontaires sont issus de toutes les couches de la société. A défaut d’uniforme, les gardes portent la cocarde verte, couleur associée à la livrée de Necker. Puis, la couleur changera. Ce seront le bleu et le rouge de la ville de Paris. Le premier chef de cette Garde nationale est le marquis de La Fayette. Quelques jours plus tard, des Gardes nationales sont créées dans toutes les grandes communes du pays.

 

Sous le Premier empire.

Pendant tout le règne de Napoléon 1er la Garde nationale sert de réserve à l’armée. Elle peut être mobilisée en fonction des besoins des campagnes napoléoniennes. Ainsi, lors de la reprise de la guerre contre la Prusse, le 17 septembre 1806, l’Empereur ordonne la levée de 3.000 grenadiers et chasseurs de la Garde nationale de Bordeaux pour renforcer la défense des côtes.

 

Un décret, signé le 12 novembre 1806, signé à Berlin, réaffirme l’obligation de tous les Français, âgés de 20 à 60 ans, d’effectuer le service de la Garde nationale. Dans le même temps, son réaffirmées les exceptions suivantes : les hommes qui travaillent dans la fonction publique ; ceux qui travaillent pour l’administration centrale et les ecclésiastiques. Les autres peuvent se faire remplacer. Les compagnies de grenadiers et de chasseurs, composées si possible d’hommes de 20 à 40 ans, peuvent être appelées à effectuer un service intérieur dans les villes de plus de 5.000 habitants, ou un service militaire. Dans ce cas, elles sont assimilées aux troupes de ligne.

 

D’un empire à l’autre.

Sous la Restauration, le 15 mai 1814, le comte d’Artois est nommé colonel général des gardes nationales de France. Le général Jean-Joseph Desolles devient son major général tout en gardant le commandement de la garde parisienne.

 

Le 25 juillet 1830, Charles publie des ordonnances (liberté de la presse ; dissolution de l’assemblée nationale ; modification de la Charte ; modification du collège électoral ; nomination de conseillers d’Etat) qui provoquent la Révolution de Juillet. Le 29 du même mois, le marquis de La Fayette, alors âgé de 73 ans, est nommé de nouveau à la tête de la Garde nationale. Il rétablit celle de Paris. Deux jours plus tard, le 31, il accueille Louis-Philippe 1er à l’Hôtel de Ville de Paris. Devant les acclamations des contribuables en armes, ce dernier s’écrie, en embrassant La Fayette : « Cela vaut mieux pour moi que le sacre de Reims ! ». Cela souligne l’importance attachée à la milice bourgeoise du régime, garante de l’ordre public et de l’alliance de la Monarchie de Juillet et des propriétaires. Peu de temps après, la Garde nationale est réactivée dans toute le France pour mettre fin aux échauffourées.

 

Dix-huit ans plus tard, en février 1848, la Garde nationale reste passive face à la destitution du roi Louis-Philippe 1er. Elle obéit aux Républicains et se cantonne à maintenir l’ordre, principalement dans la capitale. En janvier 1849, un décret de Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III et pour le moment tout nouveau premier président de la Seconde république, supprime la moitié des bataillons de gardes nationaux et réorganise les autres. En fait, il se méfie de la Garde. Les gardes nationaux mobiles sont définitivement licenciés le 31 janvier 1850. Il leur est reproché leur indiscipline et d’engendrer plus de discorde que d’en résoudre. Tout au long du Second empire (1852-1871), Napoléon III cantonne la Garde dans des tâches subalternes afin de réduire son influence libérale et républicaine.

 

La Guerre franco-prussienne.

 

Lors de l’éclatement de la guerre entre la France et la Prusse, en juillet 1870, la Garde nationale est d’abord faiblement mobilisée. Le décret du 16 juillet ne concerne que les gardes nationaux habitants les régions militaires du Nord, de l’Est et de la Région parisienne. Globalement, il y a une absence de préparation. Le 10 août, est votée une loi visant à compléter les forces des gardes sédentaires et mobiles (unités qui sont appelées à se déplacer au gré des demandes / batailles). Le 18 août 1870, une autre loi permet d’incorporer 40.000 jeunes supplémentaires. Le 23, les unités sont formées en régiments provisoires et le 29, l’ensemble est placé dans l’armée active. Ainsi, la Garde nationale est utilisée comme un ultime moyen de défense.

 

Le 4 septembre 1870, après la défaite de Sedan et la capture de l’empereur, le Gouvernement de la défense nationale est mis en place. Le 6, tous les électeurs de la ville de Paris sont convoqués. Les gardes nationaux, au nombre de 590.000, sont mobilisés pour le reste de la guerre et envoyés au front. Si des unités partent pour la Normandie, la Loire ou le Nord, d’autres restent dans Paris qui va être assiégée d’un moment à l’autre.

 

Dès lors, la Garde nationale parisienne est composée de 234 bataillons. Chaque compagnie compte environ 125 hommes. Les bataillons sont formés de quatre compagnies de marche (ou de guerre) et de quatre compagnies sédentaires. Les compagnies de guerre sont composées de volontaires et des gardes les plus jeunes ayant peu ou pas d’enfants. Les gardes des compagnies sédentaires restent à leur domicile. Un point de ralliement est fixé dans chaque quartier pour les besoins de leur service. Les gardes nationaux des compagnies de marche et sédentaires sont donc très proches des populations qu’ils représentent. Des bataillons spéciaux sont recrutés dans les administrations et services publics : Poste et télégraphes, Finances, Octroi, Banque de France, Chemins de Fer, etc.

 

Mais les choses s’enveniment. Dès octobre 1870, des gardes nationaux anarchistes créent des actions antigouvernementales. Durant toute la durée du siège, la garde sédentaire n’apporte aucune aide sérieuse. Des bataillons de gardes nationaux sont soumis à la propagande révolutionnaire. Entre le 1er février et le 3 mars 1871, 2.000 délégués élaborent puis adoptent les statuts d’une Fédération Républicaine de la Garde Nationale. Le 18 mars, le Gouvernement tente de faire reprendre par l’armée les canons appartenant à la garde nationale parisienne. C’est la révolte. Les gardes nationaux participent à la Commune, qui dure du 18 mars au 25 mai 1871. Mais cela se termine dans le sang, avec une répression massive des forces gouvernementales (les Versaillais), au prix d’exécutions sommaires, d’un grand nombre de fusillés et d’un nombre plus important encore de déportés (pour partie vers la Nouvelle-Calédonie).

 

Dissolution.

Le 25 août 1871, à la suite des événements de la Commune, la dissolution des gardes nationales dans toutes les communes de France est votée. Et la loi du 27 juillet 1872 prévoit que « tout corps organisé en armes et soumis aux lois militaires, fait partie de l’armée et relève du ministère de la guerre ». La Garde nationale n’existe plus.

 

Dans les Hauts-de-Seine.

Du fait de nombreuses batailles qui se sont déroulées sur l’actuel territoire des Hauts-de-Seine, à commencer par celle de Buzenval, les monuments qui rappellent la mémoire des Gardes nationaux sont nombreux. Il en existe (liste non exhaustive) à Boulogne, à Asnières, à Nanterre, à Clichy, à Rueil, à Garches, à Saint-Cloud, à Issy, à Châtillon, à Clamart, à Fontenay-aux-Roses.

 

A Colombes, plusieurs monuments rappellent le sacrifice d’enfants de la commune. L’un d’eux commémore le souvenir d’Eugène Cahanin, soldat au 36e bataillon de la Garde nationale, chevalier de la Légion d’honneur, décédé le 10 février 1871, des suites de blessures reçues à la bataille de Buzenval, un mois plus tôt.

 

Aujourd’hui.

 

En 2016, une nouvelle Garde nationale est créée (principalement du fait des attentats islamistes de 2015). Elle est la somme des réserves opérationnelles de premier niveau des armées et formations rattachées, de la gendarmerie nationale française et de la réserve civile de la police nationale.

 

 

Sources :

 

 

  • Archives du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Dictionnaire Larousse en Six Volumes.
  • Alain Decaux et André Castelot, Histoire de la France et des Français, Larousse.
  • Charles Poisson, L'Armée et la Garde nationale. IV Tomes, Paris, 1858-1862.
  • Roger Dupuy, La Garde nationale, 1789-1872, Gallimard, 2010.
  • Serge Bianchi et Roger Dupuy (dir.), La Garde nationale entre nation et peuple en armes. Mythes et réalités. 1789-1871, Presses Universitaires de Rennes, 2006
  • Georges Carrot, La Garde nationale (1789-1871) : Une force publique ambiguë, Éditions de l'Harmattan, coll. « Sécurité et société », 2001.
  • Site internet : www.commune1871.org

 

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Publié le 14 Août 2018

Jeep du 8e RPIMa dans les rues de Bangui (RCA).

Jeep du 8e RPIMa dans les rues de Bangui (RCA).

Bokassa 1er.

 

Jean-Bedel Bokassa nait en 1921 dans un village au sud-ouest de Bangui, capitale de la République de Centrafrique. Elève chez les missionnaires présents dans le pays, il ne sera jamais prêtre et s’engage dans les Forces Françaises Libres en 1939. Il intègre par la suite l’armée française, devient sous-officier, guerroie en Indochine puis en Algérie. Titulaire de la croix de guerre et de la Légion d’honneur, il quitte l’armée avec le grade de capitaine.

 

En 1960, la République de Centrafrique devient indépendante, dans le cadre des grandes lois de décolonisation. Le président du nouvel Etat est alors David Dacko, cousin de Bokassa. A la fin de l’année 1965, le chef de la gendarmerie tente un coup d’Etat contre Dacko et envoie également des gendarmes pour tenter d’arrêter Bokassa, conseiller auprès de son cousin pour organiser l’armée. Mais ce dernier arrive à renverser la situation et prend le pouvoir le soir du 31 décembre 1965 (« coup d’Etat de la Saint-Sylvestre »). Dès le lendemain, Bokassa s’autoproclame nouveau président de la République. Les premières années se passent plutôt bien vis-à-vis de la population et du développement du pays, en dépit de réactions violentes et récurrentes contre les opposants (le général de Gaulle appelle Bokassa le « soudard »). Ses réformes vont plutôt dans le sens du travail et de la dénonciation de la corruption et de la bourgeoisie. Il ne refuse rien à la France, en particulier les mines d’uranium qui sont prospectées par le Commissariat à l’Energie Atomique.

 

Les choses s’enveniment quand Jean-Bedel Bokassa décide de se proclamer président à vie en 1972 puis maréchal deux années plus tard. Et ce n’est pas fini : le 4 décembre 1977, il se fait proclamer Empereur au cours d’une cérémonie délirante (plusieurs milliers de figurants, d’invités ; des pierres précieuses parsèment ses vêtements ; il se promène en carrosse ; fait venir les plats et pâtisseries de France par avion spécial…).

 

Le pouvoir était déjà très répressif, il devient dictatorial. Des milliers de personnes disparaissent dans les geôles du pays. Plus rien n’arrête Bokassa 1er et il annonce vouloir obtenir son indépendance militaire grâce à la bombe atomique. La France, Valéry Giscard d’Estaing est alors président de la République, décide de lâcher le régime et de renverser le maréchal devenu au mieux dictateur mégalomane et au pire complètement fou.

 

L’Opération Barracuda.

 

Dans la nuit du 20 septembre 1979, alors que Bokassa 1er se trouve en Libye dans l’optique d’un rapprochement avec le colonel Kadhafi, les Services Secrets français lancent l’Opération Caban. Un commando infiltré du Service Action accueille le Transall du 1er RPIMa commandé par le colonel Briançon-Rouge à l’aéroport de Bangui. Après avoir neutralisé l’aéroport, des renforts atterrissent et le chef des Forces spéciales contacte le colonel Bernard Degenne, basé à N’Djaména, capitale du Tchad, pour qu’il envoie ses « Barracudas », nom de code pour huit hélicoptères Puma et transports aériens Transall. La prise de Bangui peut débuter ; elle durera deux jours ! David Dacko, conseiller de Bokassa 1er, annonce la chute de son empereur et proclame la République !

 

Les éléments employés sont alors des compagnies du 8e RPIMa du 3e RPIMa, venus de Libreville au Gabon.

 

Jusqu'en novembre 1979, l’opération Barracuda vise à protéger les ressortissants français et le nouveau gouvernement et soutenir les forces armées centrafricaines (FACA) dans leurs missions de maintien de l’ordre. Elle vise ensuite à reconstruire et instruire les FACA afin qu'elles soient en mesure d'assurer la stabilité du pays. L'opération Barracuda se termine en juin 1981, remplacée par les éléments français d’assistance opérationnelle (EFAO) qui seront présents en Centrafrique jusqu’en 1998.

 

La fin de l’empereur.

 

Empereur déchu, Bokassa se réfugie à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pendant quatre ans, puis en France, dans son château d’Hardricourt dans les Yvelines. Finalement, il retourne à Bangui en 1986, est arrêté et jugé pour trahison, meurtre, cannibalisme ( !) et détournement de fonds. Sa peine – la mort – en commuée en prison à vie. Il est amnistié par André Kollingba (le nouveau président) en 1993 et meurt trois ans plus tard d’un arrêt cardiaque. Il est inhumé dans son ancien palais de Berengo et est « réhabilité dans tous ses droits » par le président François Bozizé le 1er décembre 2010, à l’occasion de la fête nationale et du cinquantenaire de la proclamation de l’indépendance de la République centrafricaine.

 

Jean-Bedel Bokassa avait 17 femmes et 36 enfants reconnus à charge.

 

Source :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Archives INA.
  • Archives chaîne de télévision Antenne 2.
  • Site www.amicale8rpima.com – Site d’une amicale du 8e régiment parachutiste d’infanterie de marine.
  • Stephen Smith et Géraldine Faes, Bokassa 1er : un empereur français, Calmann–Lévy, 2000.
  • Monsieur X & Patrick Pesnot, Les dossiers secrets de Monsieur X : Les dessous de la Françafrique, Ed Nouveau Monde et France Inter, 2008.
  • René-Jacques Lique, Bokassa Ier, la grande mystification, Chaka, 1993.
  • Général Bigeard, Ma vie pour la France, Monaco, éditions du Rocher, 2010.
Bokassa 1er.

Bokassa 1er.

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Publié le 4 Août 2018

L’école Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux, transformée en hôpital temporaire.

L’école Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux, transformée en hôpital temporaire.

Le Service de Santé et les hôpitaux.

La Première Guerre mondiale ne devait pas durer. Elle ne devait pas non plus être particulièrement meurtrière. Pour autant, l’Armée française veut prendre en compte les blessés à venir. Elle a l’expérience du Premier empire. Grâce aux actions de Percy ou de Larrey, la situation des blessés sur les champs de batailles et après se sont améliorées. Mais ce sont les désastres sanitaires des campagnes de Crimée, d’Italie puis de France en 1871, qui permettent des réformes profondes en 1882 et 1889. Elles accordent l’autonomie technique puis administrative au Service de santé dont le potentiel d’innovation et de réalisation est enfin libéré.

Donc, en 1914, personne ne suppose un tel nombre de blessés, ni envisage des blessures d’une telle gravité. Les soins doivent être apportés le plus tôt possible et au plus près des combats, car au global, entre 1914 et 1918, la France va connaître 3,4 millions de blessés et mutilés et 1,5 millions de morts et disparus. Et ce, sur 8,6 millions de soldats mobilisés au cours de ces quatre années.

Durant la Première Guerre mondiale, le service de santé militaire est organisé par armée, et, schématiquement, il se divise entre un service de l’avant et un service de l’arrière. Après les premiers mois de guerre, un service central de santé est créé avec un triple objectif : accélérer la relève des blessés et leur évacuation ; réorganisation des hospitalisations ; avancées dans les différentes spécialités médicales et chirurgicales (la chirurgie réparatrice par exemple).

Situées au niveau des divisions et des corps d’armée, les services de l’avant assurent le traitement immédiat, le relèvement et le transport des malades et des blessés. Ils comprennent principalement le service régimentaire, les groupes de brancardiers qui portent le blessé jusqu’au poste de secours, les ambulances et les sections d’hospitalisations. Au poste, le blessé est « fiché » selon la gravité avérée ou supposée de sa blessure et est évacué. Sa fiche va l’accompagner tout au long de son évacuation.

Les ambulances sont situées non loin des lignes de combat (entre 10 et 15 km). Les hôpitaux qui se trouvent dans la zone des armées sont appelés Hôpitaux d’origine d’étapes (HOE) ou encore Hôpitaux d’évacuation. Les HOE primaires ou HOE 1 se trouvent près des lignes de feu. Les hôpitaux d’évacuation de deuxième ligne sont installés entre 50 et 150 km et enfin les HO3 sont à la limite de la zone des armées et de la zone de l’intérieur à proximité d’une gare.

Il y a également des hôpitaux permanents et des hôpitaux temporaires :

  • Les hôpitaux permanents sont les hôpitaux militaires ; ils peuvent également être mixtes ou civils. Pour les mixtes, ce sont des hôpitaux civils des villes dont l’effectif de la garnison est supérieur à 300 hommes et ils sont tenus d’ouvrir des salles ou des pavillons spéciaux pour les malades militaire de la garnison. Dans les hôpitaux civils, les malades militaires peuvent s’y trouver quand ces mêmes villes sont sans garnison ou dont l’effectif militaire n’atteint pas 300 hommes.
  • Les hôpitaux temporaires peuvent être complémentaires (ils sont alors constitués exceptionnellement lors des guerres sur tous les théâtres d’opérations) ; auxiliaires (ils sont ouverts par les sociétés d’assistance de la Croix Rouge française comme la Société de Secours aux Blessés Militaires, l’Union des Femmes de France ou encore l’Association des Dames Françaises). Enfin, ils peuvent aussi être bénévoles : ce sont des hôpitaux – ou parfois même des établissements de « rétablissements » des blessés – dus aux initiatives privées, s’administrant eux-mêmes et recevant du service de santé un prix de journée forfaitaire (de nombreux châteaux –Vaux-le-Vicomte ou Chenonceau par exemple -  ou des espaces publics ont été dans ce cas).

 

Georges de Blanquet de Puteaux.

 

Georges de Blanquet de Rouville nait le 14 décembre 1889 à Puteaux, dans le département de la Seine. De la classe 1909, il porte le matricule 12.487 au Corps et 617 au recrutement du Bureau de Sens dans l’Yonne. Sous-lieutenant au 150e régiment d’infanterie, il est évacué pour maladie au printemps de l’année 1915, alors que sa division se bat en Argonne. Il meurt, le 9 juin 1917, au château de Palteau situé sur la commune d’Armeau, dans le département de l’Yonne.

Ce château est resté célèbre dans l’Histoire de France pour avoir abrité l’homme au masque de fer, certainement le prisonnier le plus connu encore de nos jours. Le séjour fut bref car il ne s’agissait alors que d’un transfert entre la Bastille et la forteresse de Sainte-Marguerite, dans le sud de la France. Le château est à ce moment-là la propriété de Bénigne de Saint-Mars, mousquetaire de la garde, et gouverneur de la Bastille.

Pendant la Première Guerre mondiale, le château de Palteau est un hôpital temporaire bénévole.

 

Quelques hôpitaux des Hauts-de-Seine.

 

A Paris, tous les hôpitaux sont concernés bien entendu. Mais de nombreuses écoles et lycées sont réquisitionnés. Et c’est le cas également d’édifices comme le Grand Palais ou le Panthéon, les magasins du Louvre ou des espaces dans ceux du Bon Marché. Il en est de même pour les villes autour de Paris, comme en Province.

Dans les Hauts-de-Seine, on peut citer (liste exhaustive ?) :

 

  • Neuilly-sur-Seine : le restaurant Gillet ; l’Hôpital américain ; l’Hôpital du Pavillon Royal ; l’Hôpital espagnol ; l’Ecole pratique pour les militaires aveugles de guerre ; la portion centrale du Château de Madrid ; les Sœurs Saint-Thomas de Villeneuve ; la Maison de Santé du Docteur Hartmann ; l’Hôpital Hahnemann ; Hôtel de la Reine Elisabeth, villa Borghèse ; la villa de M. Pinguet ; un hôtel particulier boulevard Victor Hugo ; la Maison de santé Bonde ; l’école de fille de l’avenue du Roule ; la Maison de santé boulevard Bineau ; un hôtel particulier rue du Centre…
  • Issy-les-Moulineaux : l’école Saint-Nicolas ; l’hospice des Petits Ménages ; le couvent des Sœurs de Saint-Thomas ; le Grand Séminaire ; la Villa Moriss rue Lasserre.
  • Rueil-Malmaison : l’Hôpital Tuck ; le Sanatorium de La Malmaison ; la fondation Cognacq ; la Villa Haby-Sommer ; la Villa Ahlstrom ; la Propriété Dufaure ; une propriété rue de la Jonchère ; la caserne.
  • Vanves : le lycée Michelet ; les Sœurs franciscaines.
  • Levallois-Perret : l’Hôpital anglais ; l’Hôtel Reynaud ; la Fondation Isaac Pereire.
  • Puteaux : le dispensaire Marie-Hélène ; le couvent des Sœurs de l’Assomption.
  • Saint-Cloud : l’Hôpital canadien, situé non loin du champ de courses ; l’hospice ; l’Etablissement physio-thérapeutique ; l’Ecole nouvelle d’instituteur ; le château de Béarn.
  • La Garenne-Colombes : l’Atelier pratique des aveugles de guerre ; l’Institution libre.
  • Clichy : l’hôpital chirurgical ; la propriété Maès.
  • Meudon : la Maison Saint-Philippe ; la Maison des Missions.
  • Clamart : l’hospice ; l’Hôpital du Perpétuel Secours ; le groupe scolaire Jules Ferry.
  • Chatenay-Malabry : la propriété de Mademoiselle Gosselin.
  • Ville d’Avray : le monastère Alphen ; le château de Ville d’Avray.
  • Sèvres : la Maison Les Peupliers ; la Maison de santé de la rue Brancas ; l’hospice.
  • Chaville : L’Hermitage.
  • Fontenay-aux-Roses : l’Ecole normale d’institutrice ; l’hospice civil.
  • Colombes : le Pavillon neuf.
  • Courbevoie : l’Union belge ; la Maison de santé ; la Maison de retraite ; l’orphelinat des Arts.
  • Malakoff : l’Institution Notre-Dame de France.
  • Chatillon : les Sœurs de Sainte-Anne.
  • Asnières-sur-Seine : les Etablissements Tricotel ; l’Ecole Sainte-Geneviève ; l’hôpital Montesquieu.
  • Nanterre : l’école maternelle du boulevard du midi.
  • Sceaux : le lycée Lakanal.
  • Bois Colombes : la clinique chirurgicale de la Côte Saint-Thibaut.
  • Boulogne : l’Institut Saint-Joseph.
  • Suresnes : une villa, rue du Mont Valérien.
  • Vaucresson : la Villa Croix-Blanche.
  • Montrouge : le pensionnat de jeunes filles rue Marcellin Berthelot.
  • Antony : les Dames de Saint-Raphaël.
  • Gennevilliers : l’école de garçons de la rue de Paris.
  • Bagneux : la maison Saint-Michel.

 

 

 

 

Sources

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Site « Historix » sur l’histoire de la radiologie aux Hôpitaux de paris pendant la Première Guerre mondiale.
  • Site geneawiki.
  • Service de santé des armées sur le site du ministère des Armées : www.defense.gouv.fr.
  • Pierre Pluchon, Histoire des Médecins et pharmaciens de Marine et des Colonies, 1985.
  • Médecine et Armées, revue du Service de santé des armées : Tricentenaire du Service de santé des armées, décembre 2008.
  • Éric Deroo, La médecine militaire : Le service de santé des armées, ECPAD, 2008.
  • Site sur les hôpitaux militaires pendant la Première Guerre mondiale, sur la plateforme www.overblog.com
  • Travaux de Sandrine Heiser, chef de projet aux Archives nationales.
  • Site Historim – Site sur l’histoire d’Issy-les-Moulineaux

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Publié le 31 Juillet 2018

Les magasins de ravitaillement de la Compagnie des Indes à Pondichéry

Les magasins de ravitaillement de la Compagnie des Indes à Pondichéry

Nous sommes pendant la Guerre de Sept Ans (1756-1763). Sur terre comme sur mer, Anglais et Français se font la guerre. La bataille de Pondichéry est la troisième bataille navale qui les oppose. Elle se déroule le 10 septembre 1759.

 

Situation en Inde.

 

La guerre, qui en est à sa quatrième année en Europe et à sa deuxième en Inde commence à mal tourner pour les Français. Le baron Lally-Tollendal, arrivé en 1758 avec la division du lieutenant général des armées navales d’Aché est en difficulté. Le chef français, après quelques succès dans le Dekkan (prise des cités de Gondelour et du Surate dans le sud de l’Inde) a échoué lourdement en essayant de prendre la grande cité de Madras en novembre 1758. Le port anglais a résisté au siège grâce à la défense énergique du général Laurence, et surtout à cause de l’absence de soutien naval à l’offensive française. La division navale de d’Aché, après les deux combats difficiles où les forces de l’officier de marine britannique Pocock ont été tenues en échec, a dû en effet quitter les eaux indiennes à l’arrivée de la mousson d’hiver. La côte étant impraticable pendant cette période, les vaisseaux français sont allés se mettre à l’abri sur leur base habituelle de l’Isle de France (île Maurice), à deux mois de navigation de Pondichéry. Les Anglais, mieux installés en Inde, disposent sur la côte occidentale du port de Bombay où leurs vaisseaux peuvent hiverner en sécurité en restant proche du théâtre d’opération. Les résultats ne se sont pas fait attendre : dès février 1759, à la fin de la mousson, l’escadre de Pocock est reparue devant Madras pour la ravitailler.

 

Les deux adversaires attendent des renforts pour reprendre la campagne qui s’annonce peut-être décisive pour la suite de l’année 1759. Côté anglais, on joue avec un coup d’avance, puisque Pocock, sorti de l’hivernage de Bombay en avril, est de facto en position d’assurer le blocus de Pondichéry où s’est replié le gros des forces françaises. Côté français, la situation est beaucoup plus délicate, car la Marine royale est sur la défensive dans l’Atlantique où sont engagés l’essentiel de ses moyens. Elle a maintenant bien du mal à assurer les liaisons avec les Antilles alors que celles avec le Canada sont presque rompues depuis la chute de Louisbourg (située en Nouvelle-Ecosse au Canada) et que tous les postes sur la côte d’Afrique sont tombés (entre autres Saint-Louis et Gorée au Sénégal).

 

À l’Isle de France on s’ingénue pour rassembler des troupes et renforcer la division navale de d’Aché. Cette dernière est maintenant formée de quatre vaisseaux de guerre grâce à l’arrivée de trois vaisseaux de 64 canons commandés par Froger de l’Eguille, qui s’additionnent à sept vaisseaux armés de la Compagnie des Indes. Celle-ci — comme le veut d’ailleurs sa mission — fait des efforts considérables pour armer et financer cette force.

 

Le combat.

 

Pocock, parfaitement au courant de l’arrivée de la force française guette celle-ci entre Pondichéry et Negapatam. Cette dernière appartient aux Néerlandais depuis quelques années. Pocock dispose maintenant d’une véritable escadre. Sa division, composée de 9 vaisseaux en 1758, est maintenant passée à 11 unités, dont neuf de guerre.

 

Pocock, qui n’a pas reçu l’autorisation du gouverneur néerlandais de faire de l’eau à Negapatam cherche à se ravitailler sur l’île de Ceylan, à Trinquemalay. Le 2 septembre au matin, la frégate Revenge repère les voiles françaises au large des côtes de l’île. Pocock lance la poursuite, mais les vents et les courants ne sont pas favorables au chef anglais qui ne peut entrer au contact des Français que le 10 septembre. On est maintenant au large de Porto Novo, pas très loin au sud de Pondichéry. Les deux amiraux forment la traditionnelle ligne de bataille. D’Aché, déterminé à passer coûte que coûte malgré l’infériorité de ses forces, ne s’esquive pas. La bataille s’engage vers 16h00. Les deux lignes se canonnent violemment. Les Français concentrent leur tir sur les mâtures pour tenter de neutraliser les vaisseaux adverses, mais le feu anglais cause des dégâts importants. Au bout de deux heures de combat, la ligne française commence à se disloquer, plusieurs vaisseaux sortant de la ligne pour tenter de réparer leurs avaries, dont le navire amiral, le Zodiaque, à la suite d'une confusion dans le commandement. À son bord, l’officier en second est tué à son poste alors qu’il est à la manœuvre. L’officier qui le remplace donne l’ordre de sortir de la ligne, puis c’est d’Aché qui est grièvement blessé à la cuisse par une décharge de mitraille alors qu’il veut faire annuler l’ordre.

 

Il est 18h00. À la vue du navire amiral qui décroche, les autres vaisseaux suivent l’exemple et toute la division française fait retraite. Côté anglais, on est cependant bien en peine de poursuivre car les mâtures sont en trop mauvais état : « Après l’engagement, aucun navire anglais ne pouvait hisser la moitié de sa voilure. Tous les vaisseaux français, excepté un à qui il manquait la voile supérieure, possédaient la totalité de leur voilure » note un historien anglais. Comme souvent après un combat en ligne de file, on clame victoire des deux côtés. Pocock reste maître du champ de bataille déserté par les Français, mais l’avantage tactique revient cependant à d’Aché qui a réussi à faire passer sa division. Pocock doit se rabattre sur Négapatam pour faire les premières réparations. On ne connait pas les pertes humaines, mais il semble qu’elles soient équivalentes des deux côtés.

 

Victoire tactique.

 

Sur le papier, c’est une victoire tactique française. Le 15 septembre 1759, Pondichéry est en vue. Les renforts y sont débarqués avec une forte somme d’argent. Pourtant elle est sans lendemain, car les troupes mises à terre ne seront pas suffisantes pour redresser la situation alors que l’état-major français est en crise. Lally-Tollendal, bon combattant mais mauvais diplomate, a rejeté les alliances avec les nababs (noms donnés aux souverains indiens), ne comprend pas les Hindous, qu'il considère comme des Sauvages, ne veut faire la guerre qu'à l'européenne et méprise les cipayes (soldats indiens à la solde des puissances européennes, dont le Royaume de France). Le chef français, dont le caractère est très difficile, s’est brouillé aussi avec ses officiers et les administrateurs de la Compagnie. Les efforts faits par d’Aché pour ravitailler Pondichéry se révèlent donc illusoires. Dès le 27 septembre, soit 12 jours après son arrivée, d’Aché lève l’ancre pour se replier sur l’Isle de France, abandonnant la place à son sort. L'arrivée de la mousson d'hiver, en octobre, n'est pas la seule explication à ce départ précipité : tout indique que d'Aché, qui témoignera après la guerre contre Lally-Tollendal, s'est brouillé à son tour avec ce dernier. Accusé de lâcheté et de trahison, Lally-Tollendal se rend en France afin d’y assurer sa défense. Peine perdue, il est décapité sur ordre du Roi le 9 mai 1766.

 

Le conflit, encore indécis en 1759, va basculer en faveur des Anglais qui reçoivent aussi des renforts importants et n’hésitent pas, eux à s’appuyer sur des troupes indiennes nombreuses. Ils font la reconquête du terrain perdu dans le Carnatic (Tamil Nadu plus une partie de l’actuel Andhra Pradesh), puis viennent mettre le siège devant Pondichéry en mars 1760 avec 4 000 hommes débarqués d’Angleterre et plus de 10 000 cipayes soutenus par 16 vaisseaux de ligne. La ville, soumise à un blocus complet, ne sera plus ravitaillée et tombera en janvier 1761 après une résistance désespérée. Elle sera ravagée de font en comble par les vainqueurs peu de temps avant que d’Aché ne rentre en France. Le Royaume de France récupérera Pondichéry et les autres comptoirs avec le traité de paix de 1763 (qui met fin à la Guerre de Sept Ans), mais en se contentant désormais d'y faire du commerce et en renonçant à toute influence politique en Inde.

 

 

 

Sources.

 

  • Encyclopédie Wikipédia, utilisée comme source principale pour la rédaction de cet article.
  • Michel Vergé-Franceschi, La Marine française au XVIIIe siècle, Sedes, novembre 1996.
  • Michel Vergé-Franceschi, Dictionnaire d'Histoire maritime, Ed. Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2002.
  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française : des origines à nos jours, Rennes, Ed. Ouest-France, 1994.
  • Patrick Villiers et Jean-Pierre Duteil, L'Europe, la mer et les colonies XVIIe-XVIIIe siècle, Hachette supérieur, coll. « Carré Histoire », 1997.
  • Guy Le Moing, Les 600 plus grandes batailles navales de l'Histoire, Marines Éditions, mai 2011

 

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Rédigé par Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Publié dans #La Coloniale

Publié le 21 Juillet 2018

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Maurice Duclos de Neuilly-sur-Seine.

Maurice Duclos est né le 23 août 1906 à Neuilly sur Seine. Il y fait ses études au collège Sainte-Croix avant d'entrer dans l'affaire de son père.

 

En 1926, il s'engage pour deux ans dans l'artillerie coloniale et sert à Madagascar ; il est libéré du service actif comme maréchal des logis en novembre 1928. Militant d'extrême-droite, il est membre de la Cagoule et, à ce titre, il est inculpé et incarcéré de février à mai 1938.

 

Lieutenant de réserve, Maurice Duclos est mobilisé le 22 août 1939 et affecté comme lieutenant de tir à la 4e batterie du 2e groupe du 10e Régiment d'Artillerie Coloniale (10e RAC). Avec son unité, il participe, en mai-juin 1940, à l'expédition de Norvège. Détaché comme officier de liaison auprès de la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère (13e DBLE), il se distingue dans les combats de Narvik. Il est cité à l'ordre de la division et reçoit le grade de caporal honoraire de la Légion étrangère. De retour en Bretagne avec le corps expéditionnaire français le 15 juin 1940, il parvient à dégager son unité encerclée à Plénée-Jugon dans les Côtes du Nord le 17 juin et cherche un moyen de la faire évader par la mer.Le 21 juin, Maurice Duclos parvient à passer en Angleterre, via Jersey, avec quelques camarades à bord d'un bateau de pêche.

 

Il est l'un des tous premiers à s'engager dans les Forces françaises libres, le 1er juillet 1940 et est affecté au 2e Bureau de l'Etat-major personnel du général de Gaulle, sous les ordres du capitaine Adnré Dewavrin (alias "Passy") puis au Service de Renseignements, qui devient plus tard le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA). Maurice Duclos prend alors le pseudonyme de "Saint-Jacques". Il est aussi l'un des tous premiers officiers à être envoyé en mission en France, en zone occupée. Le 4 août il est déposé par vedette sur la plage de Saint-Aubin sur mer dans le Calvados. Sa mission consiste à estimer le potentiel militaire allemand dans le cadre de l'opération de débarquement en Angleterre prévue par Hitler.

 

Il gagne Paris dès la fin août et commence à recruter – en premier lieu dans sa famille et parmi ses amis – les membres du premier réseau de renseignements FFL, le réseau "Saint-Jacques", abrité clandestinement dans les locaux de la société Maurice Duclos, place Vendôme. Pendant plus de cinq mois, sans communication ni appui d'aucune sorte, Maurice Duclos parcourt les deux zones, prend des contacts à Paris, notamment à la Compagnie de distribution d'Electricité et aux Chemins de fer. Saint-Jacques jette également les bases du réseau "Paris Job" avant de participer avec Gilbert Renault, alias "Rémy", à la création du réseau CND (Confrérie Notre-Dame). Après avoir organisé la collecte de renseignements et mis sur pied son réseau dans l'Ouest, il franchit la ligne de démarcation sous le feu d'une patrouille allemande et gagne le Midi. De là, via l'Algérie, le Maroc puis le Portugal, il rejoint Londres la veille de Noël.

 

Volontaire pour une nouvelle mission secrète, Maurice Duclos, est parachuté en Dordogne, près du Bugue, dans la nuit du 13 au 14 février 1941, apportant à son réseau des moyens de liaison avec Londres. Il se brise les jambes à l'atterrissage, perd de vue son radio et, dénoncé par le médecin qui lui a apporté les premiers soins, est arrêté par la police et conduit à l'hôpital de Périgueux où il est soigné et interrogé. Libéré au bout d'un mois avec un non-lieu obtenu grâce à d'anciennes connaissances, il reprend immédiatement sa mission malgré ses blessures.

 

Début août 1941 des membres de sa famille – dont sa sœur aînée et sa nièce – sont arrêtés. Jusqu'en septembre, son réseau est progressivement démantelé à la suite des dénonciations de son radio. Jugés par un tribunal militaire allemand, les hommes seront fusillés au Mont Valérien et les femmes déportées en Allemagne. De son côté, Maurice Duclos parvient à regagner l'Angleterre par une opération aérienne le 1er mars 1942.

 

Après la création du réseau CND, Maurice Duclos prend des contacts avec le mouvement de résistance OCM (Organisation civile et militaire) et devient, à partir d'avril 1942, le chef de la section "Action, Etudes et Coordination" au sein du BCRA. Promu capitaine le 26 mai 1942 (à compter de septembre 1940), il est nommé chef d'escadron un mois plus tard. Il effectue également plusieurs autres missions en France pour y organiser le sabotage stratégique et tactique. Il met au point les missions de sabotage "Armada I", "Armada II" et la destruction des barrages de la Saône. Il organise aussi le plan Vert visant à détruire les communications ferroviaires, le plan Tortue pour retarder les divisions blindées allemandes et le plan Violet pour neutraliser les télécommunications ennemies le jour J.

 

Le 27 mai 1943, à l'Ecole des Cadets de la France libre de Ribbesford, Saint-Jacques reçoit des mains du général de Gaulle la Croix de la Libération en même temps que son chef, le colonel Passy. D'autres missions (cinq en tout) conduisent Saint-Jacques en Afrique du Nord et en France, où il débarque, une dernière fois, en août 1944 à Port-en-Bessin avec les "Special Forces" du général Montgomery. Il participe ensuite activement aux campagnes de Normandie, Belgique et Hollande. Avant d'entrer en Allemagne, le lieutenant-colonel Duclos crée et commande le commando français A. 220, chargé d'opérer dans des missions de sabotage et d'information sur les arrières de l'ennemi.

 

Il est démobilisé le 30 juillet 1945.

 

Désireux après la guerre de collaborer à l'effort de relèvement économique de son pays, il se met au service d'importantes sociétés puis se fixe en Argentine, où il ne cesse de travailler au regroupement de l'importante colonie française résidant dans ce pays. Après avoir été délégué de l'Association des Français Libres, il devient le premier président de la section naissante et le reste pendant de longues années. Il est par ailleurs Président de l'union française des Anciens Combattants d'Argentine et Président du Comité des Sociétés françaises.

 

Maurice Duclos est décédé le 23 février 1981 à Buenos Aires où il a été inhumé.

 

Décorations.

 

  • Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 25 mai 1943.
  • Croix de Guerre 39/45 (4 citations).
  • Croix du Combattant Volontaire 39/45.
  • Médaille des Services Volontaires dans la France Libre.
  • Médaille Commémorative 39/45.
  • Médaille des Services volontaires dans la France Libre.
  • Officier de l'Empire Britannique (OBE).
  • Military Cross (GB).
  • Croix de Guerre avec glaive (Norvège).

 

 

 

 

Source :

 

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

© Ordre de la Libération.

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Publié le 21 Juillet 2018

Le cimetière militaire français de Gammarth en Tunisie.

Le cimetière de Gammarth, en Tunisie, est situé à 15 km au nord-est de Tunis, aux abords de Carthage, sur une colline dominant la mer entre la Marsa et Sidi Bou Saïd.

 

Le service des Anciens Combattants et Victimes de Guerre auprès de l'Ambassade de France en Tunisie gère et entretient ces 8,5 hectares commémoratifs.

 

Cette nécropole a été créée le 5 janvier 1944 pour recueillir les sépultures des soldats de l'Armée d'Afrique tombés au cours de la campagne de Tunisie (1er décembre 1942 – 13 mai 1943). Elle a été réaménagée dans les années 1950 puis entre 1965 et 1971, lors des opérations de regroupement des corps des 2 268 soldats inhumés dans les cimetières tunisiens de Bab el-Khadra, Bizerte, Djerba, El-Assel, Gabès, Gafsa, Kairouan, Le Kef, Mahdia, Medenine, Sfax, Sidi Yahia, Sousse et Tataouine.

 

Le site de Gammarth a été réalisé selon les plans établis par M. Zehrfuss, inspecteur général des bâtiments civils et palais nationaux, et M. Acérès, architecte. Le cimetière de Gammarth abrite 4 289 corps de soldats :

 

  • 1.976 tombes individuelles de militaires morts pour la France au cours des opérations et principalement lors de la campagne de Tunisie (décembre 1942 à mai 1943) ;
  • 1.214 corps de soldats non identifiés (1914-1918 et 1942-1943) déposés dans un ossuaire ;
  • 1.099 corps de soldats décédés en garnison hors des périodes de guerre et regroupés dans un columbarium.

 

Gammarth abrite aussi la tombe du Soldat Inconnu de la campagne de Tunisie, le mémorial et la tombe collective de l'équipage du sous-marin "Morse", coulé le 17 juin 1940 au large de Sfax, ainsi que des monuments ou des plaques commémoratifs anciennement implantés dans d'autres cimetières tels les monuments aux morts de Bizerte ou de Hammamet. S'y trouve aussi le monument aux volontaires des Corps Francs d'Afrique, érigé à l'origine à Bizerte.

 

 

Service des Anciens Combattants et Victimes de Guerre

8, rue Moussa Ibn Noussair 1002 Tunis Belvédère

Tél. : (00 216) 71 799 057

Fax : (00 216)) 71 799 624

Courriel : acvg.tunisie@planet.tn

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Ministère des Armées.
  • Ministère des Affaires étrangères et européennes.
  • Site du Ministère des Armées : www.cheminsdememoire.gouv.fr
  • Crédit photographique : MINDEF/SGA/DMPA.

 

Le cimetière militaire français de Gammarth en Tunisie.
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Publié le 12 Juillet 2018

Député-maire de Neuilly-sur-Seine et mort pour la France.

A Neuilly-sur-Seine.

Edouard Nortier nait le 4 août 1859, à Paris dans le 8e arrondissement. Voilà 70 ans, jour pour jour, que la Révolution française a aboli les privilèges ! Et voilà bien un mot qu’Edouard Nortier se refusera de s’appliquer tout au long de sa vie.

Négociant, maire de Neuilly-sur-Seine, Edouard Nortier est élu, la première fois le 19 novembre 1911, député de la 5e circonscription de Saint-Denis, avec 6.722 voix sur 13.499 votants, en remplacement d’Hector Depasse, radical-socialiste, décédé. Il l’emporte sur général Alexandre Percin, radical-socialiste, et sur un jeune avocat, encore méconnu, socialiste, qui se nomme Pierre Laval, mais qui réussit à réunir 3.000 suffrages… Ce dernier, ne s’étant pas retiré, il fait basculer la circonscription du côté des Républicains progressistes avec Edouard Nortier. Ce mouvement étant l’un des principaux courants de la Fédération républicaine, grand parti de la droite républicaine, libérale et conservatrice sous la IIIe République.

Le 26 avril 1914, Edouard Nortier est réélu avec 8.609 voix contre 7.738 à André Morizet, socialiste (et futur maire de Boulogne-Billancourt). Le vainqueur se présente en champion du petit capital contre les monopoles et contre une fiscalité abusive. Ainsi, il vote contre ce qu’il appelle « l’inquisition fiscale ». Il s’intéresse également à la santé et à la salubrité publique. Partisan de la suppression des privilèges des bouilleurs de cru, il présente une proposition de loi relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique. Concernant l’école – en ces années qui suivent la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat – Edouard Nortier est partisan de la liberté de l’enseignement. Il indique : « l’école laïque n’a pas besoin d’un monopole pour se défendre ».

 

Le patriote.

Mais ce qui peut encore plus caractériser Edouard Nortier, c’est son patriotisme. Régulièrement à la Chambre des Députés, il insiste sur la nécessité d’un renforcement de l’armée française. C’est dans cet esprit, qu’il vote la loi portant à trois ans la durée du service militaire.

Et cette action va se concrétiser au cours de l’été 1914 ! Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Edouard Nortier s’engage au 73e régiment d’infanterie, dont les casernements sont situés à Béthune, Hesdin et Aire-sur-la-Lys. A ses concitoyens de Neuilly qui lui demandent de rester auprès d’eux, il répond : « Je me dois d’abord à la France, ensuite seulement à Neuilly » !

Il combat en Belgique dans le but d’empêcher les Allemands de franchir la Meuse. Puis ce sont les batailles de Charleroi et de Guises. Les Français doivent reculer… jusqu’à la Marne où le 73e RI s’illustre. Comme une bonne partie de l’armée française, à l’issue de cette victoire, l’unité se rue en direction du nord-ouest, dans ce qui sera appelé la « Course à la mer ». C’est dans les Flandres belges, à Ypres, qu’Edouard Nortier trouve la mort. Le 6 novembre 1914, il reçoit des éclats d’obus alors qu’il se bat dans le village de Boesinghe. Il est alors âgé de 55 ans et ses deux fils sont aussi sous les drapeaux…

 

Aujourd’hui, à Neuilly-sur-Seine, la rue Edouard Nortier part du boulevard du général Leclerc, le long de la Seine, pour s’arrêter à la rue de Chézy.

 

Les élus de la République morts pour la France.

Edouard Nortier n’est pas le seul député mort pour la France au cours de la Première Guerre mondiale. Certains, dans la liste ci-après, sont particulièrement connus :

 

  • Maurice Bernard : député du Doubs (Besançon), inscrit au Groupe de la Gauche radicale, il meurt dans un accident d’avion en 1916. Il avait 39 ans.
  • Raoul Briquet : âgé de 41 ans, il meurt le 25 mars 1917 à Bapaume, lors de l’effondrement de la mairie, dû à une bombe laissée par les Allemands. Il était député SFIO du Pas-de-Calais. Le député Albert Tailliandier meurt avec lui.
  • Georges Chaigne : journaliste, député de la Gironde (La Réole), membre des Républicains de gauche, il est tué le 5 avril 1915, à l’âge de 27 ans, au Bois de Mortmare, dans la Meuse.
  • Frédéric Chevillon : député de Marseille, membre du Groupe de la Gauche radicale, sous-lieutenant au 132e RI (« Un contre huit »), il meurt aux Eparges le 21 février 1915. Il avait 36 ans.
  • Emile Driant : député de Nancy, membre de l’Action libérale, lieutenant-colonel, il meurt en héros à la tête 56e bataillon de chasseurs à pied, alors que les Allemands lance la bataille de Verdun. Son sacrifice et celui de ses hommes permettent à l’armée française de se reprendre et d’éviter un effondrement alors que « Verdun » vient de commencer. Il avait 55 ans.
  • Gaston Dumesnil : député d’Angers, membre de la Fédération républicaine, capitaine au 106e RI (le régiment de Maurice Genevoix), il meurt en mission le 8 septembre 1918 à Vauxaillon dans l’Aisne. Il avait 39 ans.
  • Henry Durre : député de Valenciennes, membre du Groupe socialiste, il trouve la mort en rejoignant sa circonscription le 28 octobre 1918. Il voulait « à tout prix rejoindre mes compatriotes au premier moment de la délivrance afin de me rendre compte des besoins les plus urgents ».
  • Abel Ferry : député d’Epinal, dans les Vosges, membre du Groupe de la Gauche radicale, neveu « adoré » de Jules Ferry, il trouve la mort à l’âge de 37 ans alors qu’il est en mission de contrôle parlementaire aux armées. La délégation ayant été fauchée par un obus. C’était le 15 septembre 1918 à Jaulzy dans l’Oise.
  • Pierre Goujon : député de l’Ain, inscrit au groupe de la Gauche radicale, sous-lieutenant au 22e RI, il meurt au combat le 25 août 1914 en Lorraine. Il avait 38 ans.
  • Paul Proust : député de Chambéry, en Savoie, non inscrit, sergent au 97e RI, il meurt au combat le 24 octobre 1914, à l’âge de 32 ans, au cours de la « Course à la mer ».
  • René Reille-Soult : député de Castres, non inscrit, lieutenant au 62e régiment d’artillerie de campagne, il meurt au combat, à Grand-Séraucourt, dans le département de la Somme, le 21 juin 1917. Il avait 29 ans.
  • Josselin de Rohan-Chabot : député du Morbihan, membre du Groupe des Droites, capitaine au 4e bataillon de chasseurs à pied, il est tué au combat dans la Somme, le 13 juillet 1916, à l’âge de 37 ans.
  • Uriane Sorriaux : député de Béthune dans le Pas-de-Calais, membre du Groupe socialiste, âgé de 59 ans, il meurt en captivité le 26 juillet 1918, au camp de Vilvorde en Belgique.
  • Albert Tailliandier : député d’Arras dans le Pas-de-Calais, membre du Groupe de la Fédération républicaine, il meurt avec Raoul Briquet le 25 mars 1917. Il avait 41 ans.
  • André Thome : député de Rambouillet, âgé de 36 ans, membre de la Gauche démocratique, sous-lieutenant au 6e régiment de dragons, il meurt pendant la bataille de Verdun (fort de Marre), le 10 mars 1916.

 

Sources :

 

  • Archives de la Délégation générale des Hauts-de-Seine du Souvenir Français.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site de l’Assemblée nationale.
  • Site de la mairie de Neuilly-sur-Seine.
La chapelle de Rancourt dans la Somme et la nécropole nationale. Une plaque à la mémoire du capitaine et député Josselin de Rohan-Chabot se trouve à l'intérieur de la chapelle.

La chapelle de Rancourt dans la Somme et la nécropole nationale. Une plaque à la mémoire du capitaine et député Josselin de Rohan-Chabot se trouve à l'intérieur de la chapelle.

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