Publié le 29 Mai 2011

Jean-Claude Bernardet (à g.), délégué du Souvenir Français pour la Saône-et-Loire et Jean-Pierre Didrit, président du comité de Rueil.

Jean-Claude Bernardet (à g.), délégué du Souvenir Français pour la Saône-et-Loire et Jean-Pierre Didrit, président du comité de Rueil.

 

Le comité du Souvenir Français de Rueil-Malmaison a organisé pour une quarantaine d'adhérents, les 20 & 21 mai 2011, un voyage "Tourisme & Mémoire" en Bourgogne.

 

Tous les participants rueillois ont été associés à une cérémonie avec dépôt de gerbe et minute de silence au carré militaire du cimetière de Macon, en Saône-et-Loire, puis à la visite commentée par le président-fondateur du Mémorial Citoyen de 1870 à nos jours, Monsieur Jean-Claude Bernardet. Ce musée, rare en France, évoque la mémoire collective de cette partie du sud de la Bourgogne, dans un site remarquablement fourni en pièces, objets et souvenirs des derniers conflits,  et donnés dans la quasi-totalité par des habitants de la région. Il est à noter que le Mémorial est situé place du Souvenir Français.

 

Après un déjeuner convivial, les participants ont pris la direction de Génelard, pour une seconde visite : le Centre d'interprétation de la ligne de démarcation. Là-aussi, il s’agit d’un musée unique en France, sur cette ligne qui partagea notre territoire entre 1940 et 1942. La Saône-et-Loire faisait alors partie des treize départements traversés par la frontière entre la Zone Occupée et la Zone Libre. A Génelard se trouvait un poste de contrôle de la ligne tristement célèbre.

 

A lire : "Monuments de mémoire de Saône-et-Loire", écrit par Messieurs Jean Chenu et Claude Elly de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Saône-et-Loire (114 pages) avec 150 monuments photographiés. Contact téléphonique pour se procurer l’ouvrage : 03.85.93.41.71.

 

Jean-Claude Bernardet (à g.), délégué du Souvenir Français pour la Saône-et-Loire et Jean-Pierre Didrit, président du comité de Rueil.

Jean-Claude Bernardet (à g.), délégué du Souvenir Français pour la Saône-et-Loire et Jean-Pierre Didrit, président du comité de Rueil.

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Publié le 15 Mai 2011

Exode de Français d'Algérie en 1962 (copyright www.histoire-en-questions.fr).

Exode de Français d'Algérie en 1962 (copyright www.histoire-en-questions.fr).

 

Au sein du carré militaire de Meudon, la tombe « Famille Cassis » évoque entre autres la disparition de Maurice Cassis, à Oran le 5 juillet 1962, soit trois mois et demi après les Accords d’Evian du 19 mars 1962, qui mettent fin à la guerre d’Algérie. Comment en est-on arrivé là ?

 

De la révolte de Sétif aux guerres civiles.

 

A la suite du 8 mai 1945, date de la capitulation de l’Allemagne nazie, plusieurs émeutes éclatent parmi la population algérienne musulmane. A Sétif et dans le Constantinois, près d’une centaine d’Européens sont assassinés. Les causes sont complexes et multiples : revendications cultuelles, culturelles, reconnaissance d’une égalité de traitement entre la population musulmane algérienne et la population d’origine européenne. Un formidable vent de liberté vient de souffler sur le monde entier : les peuples n’ont entendu que cela dans les mois qui précèdent le printemps 1945. « Retrouver la liberté ». Le contexte de l’époque tient également en deux termes : anti-impérialisme et anti-colonialisme. « Quand un peuple veut sa liberté, rien ne peut l’arrêter » a écrit le général Bigeard dans ses mémoires posthumes (« Ma vie pour la France », Ed. du Rocher).

 

Les émeutes algériennes sont très durement réprimées par l’Armée française. Le général Duval, qui commande les unités de notre pays indique: « Je vous ai donné la paix pour dix ans, si la France ne fait rien, tout recommencera en pire de façon irrémédiable ». Et c’est la période où notre nation perd l’Indochine, vaincue par une armée faite, au départ, de paysans équipés d’armes d’un autre âge : la puissance colonisatrice n’est pas invincible. C’est l’une des raisons qui poussent, en novembre 1954, des hommes du FLN (Front de libération nationale) à œuvrer au même moment un peu partout en Algérie des attaques contre des représentations françaises : postes de gendarmerie, bâtiments publics, entrepôts… De nombreux Français sont pris pour cibles. Dans les Aurès, un couple d’instituteurs, les Monnerot, est abattu.

 

En métropole, la réaction ne se fait pas attendre. A la tribune de l’Assemblée nationale, Pierre Mendès-France, président du Conseil déclare : « A la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse ». Des militaires supplémentaires arrivent de nombreuses casernes. Il s’agit de mater ce que l’on appelle les « événements ». On ne peut alors parler de guerre. D’abord, l’Algérie est alors un pays français, composé trois départements (l’Oranais, l’Algérois, le Constantinois) et de territoires du Sahara. Et on ne peut, selon les traités internationaux de l’époque ne faire une guerre que contre un pays souverain. De plus, en 1954, ce n’est qu’un début d’hostilités. Quelques mois plus tard, le FLN, qui s’est renforcé, créé l’ALN (Armée de libération nationale) et organise toute une série de massacres dans le Constantinois… auxquels répondent les Français par autant de ripostes. Pour rassurer les habitants de souche européenne, le gouvernement fait appel aux militaires du contingent. Des supplétifs « indigènes » – selon la terminologie de l’époque – comme les harkis et les moghaznis viennent compléter les unités françaises. La situation s’envenime… Bientôt, le conflit se transforme en une guerre civile au sein des deux communautés : aux prix de nombreuses exécutions et éliminations, le FLN prend le dessus sur le Mouvement national algérien (MNA) ; en métropole comme en Algérie, des Français se tirent dessus : le Parti communiste français appelle à l’arrêt des combats et favorise l’action des pacifistes. Certains vont plus loin et deviennent des « porteurs de valises » (armes, argent) pour le FLN. De l’autre côté de l’échiquier politique, un groupuscule passe aux armes et créé l’OAS en 1961 (Organisation de l’armée secrète) dont les victimes sont tout aussi bien algériennes que des Français qui soutiennent la demande d’indépendance de l’Algérie.

 

« Une victoire française sur le terrain ».

 

Pourtant en 1959, grâce au plan du général Challe, la victoire est proche. L’idée maîtresse consistant à traiter de manière successive des surfaces importantes avec des moyens considérables, dans le but de réduire à néant les bandes de fellaghas. Le plan comporte de nombreuses opérations : les zones refuges d’Oranie, la couronne d’Alger, le passage du Hodna, le Grande et la Petite Kabylie, le nord Constantinois. Enfin, de septembre 1960 à avril 1961, se déroule l’importante tâche dans les Aurès. Et à toutes ces opérations s’ajoutent des missions dans l’Atlas saharien. En encerclant les zones, en bloquant toutes les issues possibles, l’Armée française provoque des dégâts majeurs – jusqu’à 50 % dans l’Oranie – au sein de l’ALN.

 

Comme l’indique le général Glavany dans une interview accordée au Souvenir Français : « Nous n’avions plus alors en face de nous de grande « katibas » organisées et pouvions, à juste titre, considérer que nous étions vainqueurs sur le terrain. Mais le terrorisme urbain persistait et, sur le terrain même, des petites bandes fluides nous condamnaient à attaquer, à attaquer sans cesse et à tuer. Totalement intégré à cette division parachutiste dont j’étais solidaire, je restais néanmoins un aviateur et gardais ma liberté d’esprit et de jugement. Si je n’étais pas lassé des combats – car l’allégresse des combats, cela existe – je voyais avec consternation ce beau pays peu à peu crucifié tandis que l’amertume des officiers montait tout autour de moi devant une politique qu’ils ne comprenaient point. »

 

De fait, en avril 1961, quatre généraux (Challe, Jouhaud, Salan et Zeller) fomentent un putsch et s’emparent du pouvoir à Alger dans le but de préserver l’Algérie à la France, donc d’aller contre la politique voulue par le général de Gaulle, alors président de la République. Plusieurs régiments de la Légion et de parachutistes suivent, mais l’aventure ne dure que quelques jours… Moins d’un an plus tard, le 19 mars 1962, les accords d’Evian sont conclus : ils donnent naissance à la République algérienne démocratique et populaire, dont l’avènement doit être proclamé le 5 juillet 1962.

 

Commencent alors l’exode massif des Pieds-Noirs (familles françaises installées, parfois depuis 1830, en Algérie), les massacres d’Européens et encore plus des musulmans qui ont aidé les Français, tels les Harkis.

 

 

Oran – 5 juillet 1962.

 

Le 1er juillet 1962, la population algérienne, par référendum, vote à une écrasante majorité l’indépendance de son pays. La France reconnait l’Algérie comme Etat indépendant deux jours plus tard. Et la déclaration d’investiture du GPRA (Gouvernement provisoire de la république algérienne) est officielle le 5 juillet.

 

En apprenant cette nouvelle, les populations descendent dans les rues. C’est une explosion de joie. A Oran, la population européenne est encore importante. Même sous la contrainte (« la valise ou le cercueil »), des dizaines de milliers de Français ne peuvent boucler leurs affaires en quelques semaines. Dans un article paru le 28 février 2002 dans le Nouvel Observateur, l’historien Benjamin Stora indique : « Vers 11h du matin, des milliers de manifestants venant des quartiers musulmans envahissent la ville européenne. Les premiers coups de feu éclatent et jettent une population prise de panique dans toutes les directions. (…) Dans les rues soudain vides commence une chasse aux Européens ».

 

Normalement, les accords d’Evain prévoient la protection des Européens et des Harkis. Mais à Oran, le responsable des troupes françaises, le général Katz, n’intervient pas. Bien sûr, les avis divergent : est-il au courant de ce qui se déroule à quelques mètres de lui ? Exécute-t-il strictement les ordres qui lui ont été donnés (le Journal des Opérations du secteur d’Oran indique que les troupes sont consignées dans les casernes) ? Et Alain Peyrefitte, dans « C’était de Gaulle » (Ed. Fayard), rappellent les mots du général : « La France ne doit plus avoir aucune responsabilité dans le maintien de l’ordre après l’autodétermination. Elle aura le devoir d’assister les autorités algériennes ; mais ce sera de l’assistance technique. Si les gens s’entre-massacrent, ce sera l’affaire des nouvelles autorités ».

 

Les troupes françaises finissent par sortir en début d’après-midi. Trop tardivement. Au cours de cette journée, à Oran, comme dans toute l’Algérie, des milliers d’Européens sont passés par les armes et ils sont encore plus nombreux ceux que les familles ne reverront jamais.

 

 

 

Sources :

 

·         Ville de Meudon : www.ville-meudon.fr

·         Entretiens avec le général Roland Glavany, 2008-2010.

·         Joseph Katz, L’honneur d’un général : Oran, 1962, L’Harmattan, 1993.

·         Georges-Marc Benamou, Un mensonge français : retours sur la guerre d’Algérie, Robert Laffont, 2003.

·         Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.

·         Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Fayard, 1994.

·         Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.

·         Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.

 

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Publié le 10 Mai 2011

Assemblée générale 2011 du comité de La Garenne-Colombes.

 

Cette assemblée s’est tenue 23bis rue du Château, le 12 mars 2011, à partir de 15 heures 15. Après la diffusion de la ‘’Marseillaise’’, le président Robert Duval a présenté les demandes d’excuses de Philippe Juvin, maire, et de plusieurs membres absents en raison de leur état de santé, ou à cause de l’éloignement. Il accueille les participants, remercie les membres de la municipalité et du conseil municipal présents, ainsi que Robert Pichard, les jeunes porte-drapeaux et leurs parents. Puis, il demande à Yves Perrée, adjoint au maire délégué aux Associations patriotiques, de présider la séance. Ensuite, il invite à respecter un moment de recueillement en souvenir des membres des associations décédés en 2010.

L’assistance écoute alors les différents rapports :

- compte-rendu de l’assemblée générale du 13 février 2010 par Gisèle Moulard

- rapport moral par Robert Duval. Le président rappelle la participation à de nombreuses cérémonies, remercie les porte-drapeaux, en particulier les jeunes qu’il félicite et encourage à venir participer chaque fois que cela leur est possible. Il nous rappelle le besoin de fidélisation des adhérents et sollicite de la part de chacun l’inscription d’un nouvel adhérent et enfin, il exprime ses remerciements envers la mairie pour ses aides diverses et importantes.

compte-rendu financier par Gisèle Moulard.

- rapport du commissaire aux comptes par Alain Pouilly,

 

 

Tous ces exposés sont adoptés à l’unanimité.

 

Lors de son intervention, André Labour, délégué général des Hauts-de-Seine, se réjouit d’être une nouvelle fois parmi nous. Après avoir regretté, au niveau du département, une baisse d’effectifs, il nous rappelle l’origine du Souvenir-Français et sa finalité. Il compte sur les actions publicitaires dans la presse pour associer les jeunes générations. Il exprime sa conviction dans la possibilité de nouvelles adhésions par la nécessité de promouvoir le souvenir. Il prône la reconduction de l’organisation de visites au profit des lycéens au Mémorial du Mont-Valérien suivi de la cérémonie du ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe. Après avoir rappelé la nouvelle présentation de la revue, il souhaite notre participation au congrès national à Paris les 2 et 3 avril, ainsi qu’à l’assemblée générale départementale, le 6 novembre à Rueil-Malmaison qui est la ville qui possède le comité le plus important du département.

 

Yves Perrée félicite les nouveaux adhérents, les jeunes porte-drapeaux et leurs parents. Il nous transmet les remerciements de Théo Graber, président de l’ONAC-VG 92, pour la cérémonie du souvenir de la Bataille de Verdun et ceux de Lillian Brécard, fille de Yéo-Thomas, pour la participation des associations patriotiques à la cérémonie d’action de grâce célébrée à la mémoire de son fils en l’église protestante luthérienne le 12 janvier. Puis, après avoir rappelé plusieurs décès récents parmi les membres des associations patriotiques, il indique brièvement l’organisation de la journée du 8 mai prochain.

 

Afin de reconnaître la participation des jeunes gens à nos cérémonies, leur témoigner nos remerciements et les encourager à poursuivre, André Labour et Robert Duval remettent un diplôme d’honneur du Souvenir Français pour services rendus ainsi qu’un insigne, petit modèle, de porte-drapeau, à : Anis Abdnour, Jenny et Wendy Dransart, Marie Hubert, Hugo Belogi, Amaury et Tanguy Chevillard, Anthony Pouplot et Vadim Zacaropoulos.

 

Sur proposition de Robert Duval, le président général du Souvenir-Français a décidé l’attribution de médailles d’honneur à plusieurs membres du comité garennois, en remerciements des services rendus. André Labour, délégué départemental, procède à la remise de la médaille de bronze à Marie-Thérèse Duval et d’argent à Michel Krieff.

 

Yves Perrée remercie Robert Duval, André Labour, son épouse, les élus présents et tous les participants. Il renouvelle ses félicitations aux jeunes porte-drapeaux, aux médaillés du jour et lève l’assemblée vers 16 h 15. Ensuite, nous avons partagé les verres de l’amitié dans une ambiance chaleureuse.

 

 

 

Robert DUVAL

Président du Comité du Souvenir Français de La Garenne-Colombes.

 

Pierre LUCAS.

Président du Comité d'Entente des Associations patriotiques de La Garenne-Colombes.

 

 

 

 

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Publié le 1 Mai 2011

Plan de l’attaque « Tempête du Désert » en 1991 (copyright Wikipedia).

Plan de l’attaque « Tempête du Désert » en 1991 (copyright Wikipedia).

 

De la Révolution iranienne à l’invasion du Koweit.

 

En février 1979, après plusieurs mois de manifestations et de répressions sanglantes, l’ayatollah Khomeini prend le pouvoir en Iran, mettant fin au règne du Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi. Bientôt il installe une République islamique. L’année suivante, ce gouvernement appelle ouvertement les Irakiens à renverser à leur tour leur dirigeant.

 

A la même époque, le général irakien Saddam Hussein, à la tête du parti Baas, annonce le départ d’Ahmad Hasan al-Bakr et devient le nouveau président de la République. Devant les menaces proférées par son puissant voisin perse, l’Irak décide d’attaquer l’Iran le 22 septembre 1980. Commence un conflit qui va durer près de huit ans, et va provoquer la mort de 600.000 à un million de soldats. Le tout pour des gains territoriaux minimes et sans qu’aucun des belligérants ne devienne la force politique et militaire majeure dans cette région du golfe persique.

 

Dix années plus tard, le régime irakien sort affaibli de cette guerre. Ses dettes sont considérables, et notamment à l’égard de son petit mais très riche voisin : l’Emirat du Koweït. Jeune Etat créé en 1961, avec l’appui de la puissance britannique, il est en outre accusé, de faire baisser le cours mondial du pétrole du fait de sa faramineuse production. Membre créateur l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), l’Irak défend ses positions à maintes reprises au secrétariat de l’organisation à Vienne en Autriche. Il indique par ailleurs que le Koweït n’hésite pas à pomper de l’or noir dans des champs qui sont des propriétés irakiennes. Ce que l’autre partie récuse bien entendu. Peu à peu, l’Irak commence à désigner son voisin sous le terme de « 19ème province ». Il convient d’ajouter que le Koweït a une position géographique avantageuse avec une ouverture majeure sur le golfe persique, ce qui n’est pas le cas de l’Irak qui ne peut, de fait, multiplier les pipe-lines jusqu’à la mer.

 

Le 25 juillet 1990, Saddam Hussein rencontre l’ambassadeur américain à Bagdad et fait allusion à une possible intervention militaire. Les Etats-Unis, grâce à leur ensemble satellitaire, voient bien que l’Irak a amassé des troupes nombreuses près de la frontière du Koweït. Pour autant, le diplomate ne relève pas vraiment les dires du dirigeant irakien et laisse planer le doute sur une possible « remontrance » internationale. Aussi, le 2 août, les troupes irakiennes envahissent le Koweït. En quatre heures, la petite armée de l’émirat est anéantie. La famille régnante a tout juste le temps d’échapper à ses ennemis.

 

L’Organisation des Nations Unies condamne cette invasion immédiatement et exige le départ des Irakiens. Les Etats-Unis, présidés par George Bush (élu en 1988) décident de renforcer leurs positions militaires auprès de son allié, l’Arabie Saoudite. La base de Dharan reçoit en quelques semaines plusieurs dizaines de milliers de GI’s. Par ailleurs, les Etats-Unis ne voulant pas être seuls face à l’Irak, et paraître ainsi une nouvelle fois comme le « gendarme du monde », George Bush réussit, via le Conseil de Sécurité des Nations Unies, à confédérer une alliance d’une soixantaine de pays.

 

Au cours de l’automne 1990, alors que des pays comme la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Canada, pour ne citer que les principaux contingents, mais aussi des pays arabes comme l’Egypte, la Syrie, Oman les Emirats Arabes Unis, l’Egypte et bien entendu l’Arabie Saoudite montent l’opération « Bouclier du Désert », l’ONU fait voter plusieurs résolutions visant à infléchir la politique de l’Irak. La Turquie quant à elle masse près de 100.000 soldats à sa frontière avec l’Irak afin de prévenir tout « débordement » en territoire kurde. Saddam Hussein devient un héros dans certains pays ou auprès de populations comme les Palestiniens : il n’hésite pas à parler de guerre « arabe et sainte » contre les puissances occidentales et ses alliés. Pour donner corps à sa politique, il fait prendre des centaines d’européens en otage. Ce sont principalement des ouvriers et des ingénieurs de l’industrie pétrolière se trouvant là au moment de l’invasion du Koweït. Après plusieurs semaines, il finit par les faire relâcher.

 

L’opération « Bouclier du Désert » vise à recevoir et organiser l’ensemble des matériels et des soldats des pays coalisés. Elle commence le 6 août 1990, pratiquement au lendemain de l’invasion du Koweït, pour s’achever au début de la guerre proprement dite. C’est en effet le 16 janvier 1991, après d’ultimes demandes à l’Irak de se retirer, que des centaines d’avions de la coalition bombardent les positions ennemies. L’opération « Tempête du Désert » vient de commencer. Entre cette date et le mois de février 1991, plus d’un millier d’avions bombardent les positions irakiennes. A ce moment-là, les spécialistes estiment que l’ennemi a déjà perdu 20% de ses capacités. Ce qui ne l’empêche pas d’envoyer plusieurs missiles Scud sur Israël et sur l’Arabie Saoudite, faisant quelques dizaines de victimes.

 

Le 24 février 1991, les Américains déclenchent l’offensive terrestre. En quatre jours, les coalisés sont à Koweït City, capitale de l’Emirat. La ville est en ruine, les puits de pétrole sont en feu, mais Saddam Hussein fait annoncer que l’Irak se retire du pays, et accepte les résolutions de l’ONU, « sans conditions ».

 

La France, sous la présidence de François Mitterrand, a fait déployer le dispositif de « l’Opération Daguet » : 19.000 hommes, 15 navires, 60 avions, 120 hélicoptères et plusieurs centaines de chars légers et autres blindés.

 

 

Frédéric Rignault - Délégué général adjoint.

 

 

« Ma guerre du Golfe » par Jean-Dionis Singer.

 

Jean-Dionis Singer est électricien-frigoriste ; il est aussi porte drapeau du comité du Souvenir Français de Suresnes. Ancien engagé, il a participé à la guerre du Golfe en 1991 en tant que caporal au 3ème RIMA (régiment d’infanterie de marine).

 

La prise d’Al Salam.

 

« Les compagnies du 3ème RIMA, stationnées au quartier Foch-Délestraint, quittent Vannes puis Toulon en direction de Yanbu, port de la Mer Rouge – la cité du roi Calede – en Arabie Saoudite. Notre première mission, à Rafat, consiste à établir un camp pour recevoir les futurs prisonniers de guerre. A nos côtés, les Américains font leur propre camp. Les échanges sont fréquents, et ils nous apprennent des techniques à faire et à retenir vis-à-vis des prisonniers. Notre colonel, Bernard T…, veut son régiment au complet. Alors, nous laissons le camp avec déjà un prisonnier aux hommes de la 4ème compagnie du 2ème RIMA.

 

Quelques jours avant l’offensive terrestre, le 3ème est au complet. Direction l’Irak via une route baptisée Rochambeau. Nous sommes maintenant dans le désert irakien. La progression des VAB (Véhicule de l’Avant Blindé) se fait en ligne. Le 11ème RIMA est placé derrière nous. Avec ses canons de 155, ils nous offrent un feu d’artifice qui passe au-dessus de nos têtes. Le but étant de pilonner le terrain devant notre avancée.

 

La veille du combat, nous surplombons le fort d’Al Salam. Tous les marsouins ont les yeux et les armes braqués sur la ville et son fort. La nuit va être longue… Je suis dans mon VAB, les doigts sur les papillons de ma mitrailleuse 12,7. Brusquement, un coup d’œil sur ma droite : trois soldats irakiens, sortis de nulle part ! Les voilà au bout de mon canon. Il me suffirait de tirer et rien que le bruit les ferait coucher au sol. Mais ils avancent, les bras en l’air. Ils se rendent. Je donne l’alerte et je saute de mon véhicule, FAMAS (Fusil d’Assaut de la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne) en main. Je m’approche d’eux et le leur ordonne de se mettre à terre. Ils n’offrent aucune résistance. Ils sont mouillés de la tête au pied. Je les palpe. Ils n’ont pas d’armes. Je glisse mes mains de leur poche et en sort du pain mouillé. Comme leurs camarades de combat, ils viennent de subir des journées entières de pilonnages de l’aviation alliée. Ils expliquent qu’ils se sont rendus pour ne plus subir cela. Pour rien au monde, je n’aurais à ce moment-là voulu être sous ces orages de bombes.

 

Le lendemain, c’est le Jour J. Nous entrons dans la ville. Pas une âme qui vive. La veille des hélicoptères ont largués des tracts pour dire à la population de quitter les lieux. Les maisons sont visitées une à une et les armes trouvées sont récupérées puis étalées sur la place principale. Des journalistes présents n’hésitent pas à dire qu’elles proviennent du Koweït. Sacrés médias ! La photo de ces armes fera la une des journaux…

 

Ensuite, le commandement nous demande de nous positionner à l’extérieur de la ville. Les pelles US remplacent dans nos mains les FAMAS que nous mettons en « chasseur alpin » (dans le dos). Nous organisons notre défense : trous de combat, sacs de sable, tours de garde… ».

 

Contrôler les nomades.

 

« Après la conquête d’Al Salam, la 4ème compagnie du 3ème RIMA (surnommée « les Scorpions »), se déploie dans le désert. Notre but consiste à contrôler les nomades. Ils voyagent dans des camions équipés de citernes d’eau, et au-dessus de laquelle tout le monde prend place : femmes, enfants, moutons, plus les matériels pour monter leur camp. Les contrôles se passent sans problèmes. Ils nous offrent même du pain (un pain en forme de galettes). Je me demande ce qu’ils peuvent bien penser de nous. Ils sont là, depuis des milliers d’années ; ils vivent dans leur désert et ne demande rien à personne. Et nous, nous venons les contrôler. Mais c’est la guerre. Les troupes de marine se trouvent partout dans le monde où l’on a besoin d’elles : que ce soit pour les conflits ou dans le cadre d’une coopération militaire. Soutien médical ou soutien logistique, les marsouins et les bigors sont là, le cœur sur la main.

 

Servir en Irak, j’imaginais plutôt un temps sec. Et là, je suis au milieu de tempêtes de sables et bien souvent il pleut, comme dans ma Bretagne. J’ai gardé en mémoire une aventure avec une toile de tente, de type canadienne, juste retenue par une corde. Elle volait comme un cerf-volant. Encore une nuit sous la pluie… Pour autant, tout se passait pour le mieux. Le caporal T…, de la compagnie de commandement et des services du 3ème RIMA, sonna le cessez-le-feu. La guerre était finie. Retour sur Yanbu puis départ vers Marseille. Nous embarquons sur le Danielle Casanova. Cela nous change des bateaux de la Marine nationale. Arrivée à Marseille puis direction Vannes. La population nous accueille les bras ouverts. Nous défilons dans la ville, devant la population reconnaissante.

 

Par Saint-Michel, vive les paras et au nom de Dieu, vive la coloniale !

 

Caporal Jean-Dionis Singer, du 3ème RIMA ».

 

 

 

 

 

Sources :

 

·         Texte de Jean-Dionis Singer, ancien engagé au 3ème RIMA.

·         Encyclopédie Wikipedia.

·         Encyclopédie Larousse.

·         Site sur les Opérations « Bouclier du Désert » puis « Tempête du désert » : http://guerredugolfe.free.fr/

·         Vidéos sur la Guerre du Golfe : www.ina.fr ; www.youtube.com ;

·         Témoignage du général Jacques Manet, ancien chef de corps du 6ème REG (journal Midi Libre, en date du 6 avril 2011.

 

 

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