Publié le 29 Avril 2011

 

Anori

 

 

Culture d’Arme, traditions, mémoire, rayonnement, promotion de l’esprit de défense et renforcement du lien Armées-Nation sont des éléments vitaux pour l’Infanterie française et c’est pourquoi l’Association Nationale des Réservistes de l’Infanterie (ANORI) leur consacre une attention toute particulière et, notamment, s’attache à la réouverture du Musée de l’Infanterie dans les meilleurs délais. Il s’agit de maintenir cette mission dans la partie supérieure de la pile des dossiers à traiter et d’assurer cette réouverture dans de bonnes conditions, propres à faire de ce Musée prestigieux un pôle d’attraction des Fantassins, de tous les soldats et de tous les citoyens et des amis de la France. Même si la préparation de cette opération d’importance ne défraye pas la chronique, les études préparatoires (hélas, non effectuées avant la fermeture du Musée de Montpellier, alors que l’anticipation et la planification sont des éléments essentiels pour une telle réalisation, comme pour toute opération militaire) sont en cours et progressent.

 

Un projet ambitieux.

 

Le ministère de la défense et les collectivités territoriales d’Alsace travaillent à la création d’un «équipement culturel de qualité à thème militaire dans un site d’exception autour d’un ambitieux projet : l’implantation des collections du Musée de l’Infanterie dans la place forte de Neuf-Brisach». Sous la présidence de M. Éric Straumann, député du Haut-Rhin, une commission scientifique et technique a élaboré un «document d’orientation scientifique et culturel du futur équipement muséographique, patrimonial et touristique de Neuf-Brisach», dans la perspective de «créer un lieu de culture, de rencontres et d’échanges entre le monde civil et le monde militaire».

 

Neuf-Brisach au cœur de l’Alsace et dans un environnement fantassin

 

La ville de Neuf-Brisach est située au cœur de l’Alsace, à 15 km de Colmar, à moins de 5km de la frontière avec l’Allemagne, à mi-chemin entre Bâle et Strasbourg. Elle est connue pour la place-forte construite par Vauban, qui a été inscrite au patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO. Elle se trouve aussi au sein d’un ensemble militaire avec la proximité du 152ème Régiment d’Infanterie à Colmar, du 35ème Régiment d’Infanterie à Belfort, du 1er Régiment de Tirailleurs à Epinal, du Régiment de Marche du Tchad à Meyenheim et de la Brigade franco-allemande à Müllheim (Allemagne) et également de hauts lieux de guerre, tels que le Vieil Armand (Hartmannswillerkopf) et le Linge. C’est dans la caserne Suzonni, dernière caserne restante de celles construites à Neuf-Brisach, que doivent être présentées les collections du Musée de l’Infanterie.

 

Un ensemble muséal très complet.

 

Dans le projet, il s’agit de faire plus qu’un musée. L’idée est d’avoir un ensemble avec la ville de Neuf-Brisach, la place forte de Vauban et le fonds patrimonial de l’Infanterie. Il comprendrait un pôle d’information sur le patrimoine des sites militaires, un centre d’interprétation de la fortification, une exposition permanente des collections et des expositions temporaires autour de la vie du Fantassin. Une revalorisation du centre historique que constitue la ville serait aussi de nature à attirer le public.

 

Il est également prévu d’établir un lien avec l’Université par la création d’un centre d’études et d’histoire du soldat, avec le fonds documentaire de l’Ecole de l’Infanterie. Pour les concepteurs du projet, il s’agit de constituer un fil conducteur du Musée avec l’Infanterie, vue comme l’expérience du soldat, avec sa vie quotidienne, la conscription, la présentation de l’Armée d’Afrique et aussi celle de la place-forte de Neuf-Brisach.

 

Attirer le public et répondre à ses attentes.

 

La muséographie proposée veut répondre aux attentes de tous les publics, à savoir « assister à des démonstrations, pouvoir toucher, faire soi-même, rechercher l’émotion, de sens et de découverte, lire moins, découvrir plus, avec différents niveaux de lecture, offrir l’opportunité d’une découverte partagée en famille ou entre amis, proposer du ludique, du divertissement ». Les locaux devraient comprendre l’accueil, avec boutique et commodités, l’espace de l’exposition permanente, l’espace des expositions temporaires, l’espace pédagogique, le centre de documentation, la salle de conférence, le point de restauration rapide, ainsi que l’entrepôt des réserves, l’atelier technique et les bureaux, soit en tout 5.700 mètres carrés dont 4.000 ouverts au public. Le coût de l’ensemble serait de l’ordre de 27 millions d’euros pour l’investissement, le futur budget de fonctionnement devant être pris en charge par le ministère de la Défense.

 

Une mission pour les Fantassins : œuvrer pour le nouveau Musée de l’Infanterie.

 

Comme on le voit, il s’agit bien d’un projet ambitieux qu’il convient de saluer et, en particulier, la volonté affirmée des collectivités territoriales d’Alsace, avec la participation du ministère de la Défense. L’ANORI se réjouit de voir la réouverture du Musée de l’Infanterie (en insistant pour qu’il conserve « Infanterie » dans son nom) s’annoncer sous de bons auspices, même si les délais apparaissent être bien trop longs. Il est, en effet, nécessaire d’insister aussi pour que cette réouverture intervienne en 2014, coïncidant ainsi avec le 100ème anniversaire du début de la Grande Guerre 1914-1918, conflit marqué essentiellement par l’affrontement des infanteries, et avec l’inauguration de la rénovation du site de l’Hartmannswillerkopf, haut lieu de l’Infanterie. En tout cas, en attendant sa réouverture, il convient d’entretenir la pérennité du Musée de l’Infanterie dans les esprits et d’assurer une communication et une présence du Musée durant toute la période de préparation et de réalisation par des communiqués, des publications, des expositions temporaires et itinérantes sur toute la France, etc. Pour sa part, l’ANORI présente en ligne sur son site (http://anorinfanterie.free.fr) une visite virtuelle de l’ancien musée sous le titre « Fenêtre sur le Musée de l’Infanterie » et ne manque pas une occasion de parler du futur Musée. Les Fantassins doivent agir en faveur de leur Musée et l’ANORI sera toujours en pointe pour atteindre le but fixé, fidèle à sa devise : Pour l’Infanterie, toujours en avant !

 

Lieutenant-colonel (h) Patrice FICHET

Président de l’ANORI – Président du Comité du Souvenir Français de Colombes.

 

 

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Publié le 18 Avril 2011

Siroco - Dunkerque

Le Siroco (copyright Bruno Pruvost).

 

« Irrésistiblement, il regarda la mer. Elle était là, immobile, brillante sous le soleil, avec, à l’horizon, cette légère vapeur blanche des beaux temps. Elle fascinait. On ne voyait qu’elle. Tous les yeux se tournaient vers elle ardemment. Une si petite mer ! Si petite qu’on l’avait franchie à la nage ! Et elle s’étendait là, si calme, si accueillante, sous le soleil. Cela paraissait si facile d’atteindre l’autre bord ! La pensée s’y élançait d’un bond, en une seconde. Et sur l’autre bord, un monde intact commençait. Sur l’autre bord, il y avait l’ordre, le calme, la sécurité. »

 

Ces quelques lignes sont extraites du roman Week-end à Zuydcoote (prix Goncourt 1949), dans le lequel Robert Merle décrit les pérégrinations d'un soldat français dans la poche de Dunkerque en mai 1940, après la défaite franco-britannique. Les plus cinéphiles se souviennent aussi de Jean-Paul Belmondo, interprétant le sergent Maillat, héro désabusé de cette fin de semaine à la fois cocasse et tragique, dans l’adaptation au cinéma par Henri Verneuil en 1964.

 

Robert Merle, agent de liaison  avec les forces britanniques, est à Dunkerque en mai 1940. Il ne rejoindra pas l’Angleterre : fait prisonnier par les allemands, il reste en captivité jusqu’en 1943. Dans le roman, le sergent Maillat trouve la mort le dimanche après-midi enseveli sous les décombres de la maison bombardée où il s’est réfugié avec son amie Jeanne. Jeanne, qu’il a sauvé quelques heures plus tôt de deux violeurs, soldats français comme lui.

 

Raymond Foison, soldat au 19ème Train, dont le nom apparait sur le monument aux morts de Châtillon, a lui aussi trouvé la mort dans la poche de Dunkerque, le 31 mai 1940, alors qu’il est passager sur le torpilleur le Siroco, lors de l’opération Dynamo. Déclenchée le 21 mai 1940, celle-ci a pour but d'évacuer les effectifs des armées alliées britanniques regroupées dans la poche de Dunkerque à destination de Douvres.

 

Le Siroco, une des dix-huit unités de la deuxième flottille de torpilleurs, est commandé par le Capitaine de Vaisseau de Toulouse Lautrec. Dans les semaines précédentes, le valeureux bâtiment a déjà envoyé par le fond trois sous-marins, dont deux en un jour. Il a également manqué se faire couler, alors qu’il est en mission de soutien dans les eaux hollandaises : une bombe lâchée par un Junkers 86 touche le navire mais n’explose pas.

 

Le 30 mai le Siroco quitte le port de Douvres pour rejoindre Dunkerque par la route du nord. Il doit forcer le passage pour atteindre la jetée dunkerquoise : un navire anglais en bloque l’entrée ! Selon les témoignages son but est d’empêcher l’accès du port aux bâtiments venus chercher leurs troupes !

 

En fin d’après-midi, le Siroco embarque sept-cent-cinquante soldats, dont le soldat Raymond Foison, et reprend la route Y, la plus longue, vers les côtes anglaises. Vers deux heures du matin, alors que le navire prend le tournant d’une bouée éclairée, deux torpilles lancées par un schnell-boot allemand foncent sur lui par l’avant. Le commandant de Toulouse Lautrec fait éviter de justesse les engins de mort par une déviation rapide. Malheureusement deux autres torpilles atteignent le navire français sur son arrière, arrachant les deux hélices et occasionnant une voie d’eau.

 

Alors que le commandant demande par radio de l’aide qui ne vient pas assez tôt, un avion stuka ennemi qui rôde dans les parages repère le Siroco et pique sur lui malgré le feu des mitrailleuses du bord. Le stuka lâche deux bombes. La soute à munitions explose, emportant la moitié arrière du bâtiment, et entraînant dans la mort tous ceux qui s'y trouvent. Le Siroco coule en quelques minutes, son étrave dressée vers le ciel. Quelques hommes peuvent monter dans les radeaux de sauvetage.

 

Malgré l’arrivée à la rescousse d’un contre-torpilleur polonais et d’un paquebot anglais, le sauvetage est rendu particulièrement difficile par les grandes quantités de mazout libérées dans la mer. Le bilan est lourd, très lourd : six-cent-quatre-vingt morts ou disparus. Seuls deux cent soixante dix survivants sont recueillis.

 

Lors de l’opération Dynamo, trois-cent-trente-huit-mille-six-cent-quatre-vingt soldats, dont cent-vingt-trois-mille Français, sont ainsi débarqués en Angleterre. Cette évacuation maritime entraîne la perte d'un tiers des trois-cent-trente-six navires engagés. Elle cesse le 4 juin 1940: les Allemands viennent d'envahir la ville de Dunkerque.

 

 

Antoine Junqua.

 

 

Sources :

 

Week-end à Zuydcoote, Robert Merle, Ed. Folio

Site « Epaves au large de Dunkerque », http://dkepaves.free.fr/

 

 

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Publié le 14 Avril 2011

 

Bombardements sur Boulogne-Billancourt.

 

Daniel Jouin, président du comité du Souvenir Français de Boulogne-Billancourt a recueilli le témoignage de Monsieur Jacques Dubois, maire-adjoint honoraire de la ville.

 

 

« La découverte récente d’une bombe de 500 Kg non explosée à Billancourt nous rappelle que la ville a subi plusieurs bombardements très meurtriers durant la Seconde Guerre mondiale. Présent dans la ville pendant toute la guerre j’en garde un souvenir très précis.

 

J’avais dix ans à la déclaration de guerre le 3 septembre 1939. On s’y attendait depuis la signature du pacte germano-soviétique qui laissait les mains libres à Hitler pour envahir la Pologne et poursuivre sa conquête de l’Europe. On ne parlait que de cela sur les plages des vacances et, nous, les enfants, nous comprenions très bien la menace que cela représentait. Dès la déclaration de guerre à l’Allemagne (suite à l’invasion de la Pologne) on s’attendait à ce que les centres industriels de France et d’Angleterre soient bombardés et il était prévu d’évacuer les enfants vers la campagne. Pour Boulogne-Billancourt un plan d’évacuation était organisé vers la Creuse. Mon frère et moi avons été accueillis par une tante dans sa propriété de Normandie ».

 

« N’oublie pas ton masque à gaz ».

 

« Aucune menace ne s’étant réalisée, nous avons regagné notre appartement de la rue Paul Bert et repris le chemin de l’école de la rue de Billancourt à la rentrée du 1er octobre 1939 avec notre masque à gaz.

 

 

En effet, la Grande guerre ayant inauguré l’emploi des gaz asphyxiants, tous les pays en guerre se préparaient à cette éventualité et les populations civiles des centres urbains avaient reçu des masques à gaz. Je me souviens très bien quand j’ai été chercher le mien avec ma mère et mon frère au poste de secours organisé dans le sous-sol de la mairie. Ce masque (made in Tchécoslovaquie, alors occupée par le Reich !) non seulement puait le caoutchouc mais nous donnait, comme à l’avance, une tête de mort.

 

Nous ne devions pas nous séparer de la grande boite en fer qui le contenait et que nous emmenions avec notre cartable à l’école. Nous ne réalisation pas vraiment la menace que supposait cet engin de guerre. Comment penser que des gens pouvaient imaginer de tuer par gaz des petits écoliers pacifiques ? Si les bombardements aux gaz des populations civiles n’ont pas eu lieu, les gaz ont servi à l’extermination des juifs et résistants dans les camps nazis.

 

Le premier bombardement, vécu comme écolier, est un raid de l’aviation allemande sur les usines Citroën en juin 1940. Nous étions en classe lorsque la sirène retentit. C’est sagement, en rang que nous nous sommes dirigés vers les abris qui étaient prévus pour les élèves de l’école Billancourt, dans le square Henri Barbusse sur l’emplacement actuel de la patinoire et de la piscine. Ces abris étaient de simples tranchées recouvertes de dalles de béton qui n’assuraient qu’une illusoire protection contre les bombes. Le dimanche suivant nous sommes allés en famille voir les dégâts occasionnés surtout à Paris. L’avenue de Versailles avait été particulièrement touchée et offrait un spectacle de destruction que nous avons vu à Boulogne-Billancourt lors des bombardements suivants.

 

Après le retour à une certaine tranquillité en 1941, nous, les enfants, avions repris une vie d’écolier presque normale. Le masque à gaz restait à la maison. Nous souffrions de dures restrictions et le ravitaillement nous obligeait à de queues interminables et pénibles dans le froid. Nous pensions que la guerre nous avait oubliés ».

 

Le 3 mars 1942.

 

« Ce fut donc une brutale surprise quand, le 3 mars 1942 vers 21 heures, le hurlement sinistre des sirènes placées sur la terrasse de la mairie nous fit prendre le chemin des caves et des abris. Nous étions réfugiés dans notre immeuble du 21 rue Paul Bert qui accueillait aussi, outre les locataires, des habitants du quartier.

 

Immédiatement après la sonnerie de l’alerte les premières vagues de bombardiers larguaient leurs bombes à basse altitude, par vagues successives. Dans l’abri, non éclairé, régnait une lourde angoisse. A chaque série d’explosions on rentrait la tête dans les épaules en attendant la vague suivante. Personne ne parlait on n’entendait seulement des prières et des «Je vous salue Marie » que récitaient certains. Quand la vitrine de la boutique non loin de nous s’effondra à grand bruit de verre brisé, on cru notre dernière heure venue. Après plus de deux heures le bruit des avions cessa et on pu regagner son logement mais la ville retentissait de sirènes d’ambulances et de voitures de police.

 

Le lendemain matin mon frère et moi nous nous présentâmes à l’école rue de Billancourt comme d’habitude. Mais l’accès nous était interdit par un soldat allemand casqué et armé d’une mitraillette car des bombes étaient tombées sur l’école et les élèves devaient être accueillis dans d’autres écoles. C’est ainsi que j’ai été affecté à l’école de la rue Fessart pendant plusieurs mois.

 

Nous avons parcouru la ville pour constater les dégâts. Des immeubles entiers étaient effondrés. C’était notamment le cas d’un grand immeuble de la rue de Paris dont les habitants étaient encore sous les décombres. On disait que certains avaient été noyés par l’eau des gazomètres qui avaient été détruits près du pont de Sèvres. L’hôpital Ambroise Paré était rasé. La petite église de Billancourt qui datait de l’Empire était en ruine.

 

Ce fut le premier bombardement en France occupée par les alliés. Il en eu bien d’autres par la suite ».

 

Le 4 avril 1943.

 

« Un an après, le 4 avril 1943, Boulogne-Billancourt subit un autre grand bombardement effectué, celui-là par l’aviation américaine et en plein jour par un beau dimanche après-midi. Après le bombardement du 3 mars 1942 une grande partie de la population avait quitté Boulogne-Billancourt pour se mettre à l’abri mais il restait encore de nombreuses familles sur place.

 

Le bombardement nous surpris rue de l’ancienne Mairie, devant l’église Sainte-Thérèse, où la troupe scoute se préparait pour une sortie au parc de Saint-Cloud. Il ne dura que quelques minutes comme si les équipages qui volaient à haute altitude étaient pressés d’échapper à la défense antiaérienne. Elle s’était d’ailleurs considérablement renforcée depuis le bombardement de 1942.

 

La bombe qui tomba près de l’église à quelques dizaines de mètres de moi me précipita dans la crypte. Elle éclata heureusement dans la terre meuble du jardin du curé en faisant un entonnoir énorme mais ne tuant miraculeusement personne. Toute la troupe s’était réfugiée dans la crypte sous le clocher avec les prêtres de la paroisse.

 

Hélas ce bombardement coûta la vie à notre mère qui périt dans le hall d’un immeuble du boulevard Jean- Jaurès où elle avait cherché refuge et où périrent plusieurs personnes. Notre père, quant à lui, échappa miraculeusement à la mort. Les dommages furent considérables en pertes humaines et beaucoup de Boulonnais quittèrent définitivement la ville. Il y eut encore plusieurs bombardements en septembre 1943 puis ils cessèrent. Les alliés préférant, dans la perspective du débarquement, choisir des cibles ferroviaires.

 

Entretemps j’avais intégré le lycée Jean-Baptiste Say à Auteuil où les cours étaient fréquemment interrompus par les alertes aériennes qui nous contraignaient à gagner les abris situés dans les caves des grands immeubles du quartier et ce, parfois plusieurs fois par jour. Puis les cours s’espacèrent jusqu’au printemps 1944 où on commençait à voir circuler des pistolets et autres révolvers de cartables en cartables à la barbe des miliciens cantonnés rue d’Auteuil.

 

Un détachement de la Division Leclerc entré dans Boulogne par le pont de Sèvres nettoya la ville des éléments de SS qui s’étaient retranchés dans les ruines de l’hôpital.

 

Les Boulonnais étaient libérés.

 

Plusieurs des aînés des scouts routiers de Billancourt, et habitant notamment dans la cité du Point du Jour (aujourd’hui Pierre Grenier), s’engagèrent immédiatement dans la 2ème DB qu’ils accompagnèrent au Bourget où de durs combats se déroulèrent après la libération de Paris. Malgré leur inexpérience, ils furent de vaillants combattants, certains obtenant même la Croix de guerre au feu.

 

Je veux rendre hommage à ces camarades scouts dont on a oublié le courage ».

 

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Publié le 13 Avril 2011

 

Le samedi 2 et le dimanche 3 avril 2011, s’est tenu au Cercle militaire de la place Saint-Augustin à Paris, le congrès national du Souvenir Français.

 

Devant une assemblée forte de la très grande majorité des délégués généraux et d’un très grand nombre de présidents de comités, le congrès a débuté par une réunion du conseil d’administration et des délégués généraux de notre association. Le samedi après-midi l’assemblée générale s’est déroulée, avec en premier lieu, le rappel de nos représentants disparus au cours de l’année écoulée. Puis, des indications sur le rôle du délégué général, sur la quête, les assurances, le passage de textes dans la revue ont été mentionnées.

 

Bien entendu les rapports financiers et moraux ont été présentés.

 

Avec la nomination de Monsieur Jean-François Bureau, ancien directeur de la Délégation à l’Information et à la Communication de la Défense, le Souvenir Français a pour objectif de développer les actions de communication.

 

Pour les projets en cours, il convient de citer, entre autres :

 

  • - le carré de Montrouge : il comprend 150 tombes de 14-18 en très mauvais état. Il va être rénové. Cette rénovation sera concrétisée en liaison avec la municipalité. L’inauguration se ferait en août 2014.
  • - Monument des OPEX : un monument, situé à côté de Verdun, a été réalisé à la mémoire des Français tombés dans les Balkans. Il est susceptible d’être dévolu au Souvenir Français par l’association propriétaire « Les Veilleurs de la Paix ». Cependant, son implantation géographique ne possède pas un sens symbolique porteur. Aussi a-t-il été envisagé de le déplacer et d’en faire un monument national à la mémoire des morts de toutes les Opérations Extérieures.
  • - Cimetière de Blercourt : dans la Meuse, il s’agit de 66 tombes en déshérence qui avaient été restituées aux familles. Inauguration prévue le 25 juin 2011.

 

Par la suite, après un défilé des membres du congrès derrière plus d’une centaine de drapeaux, le général Cuche, président du Comité de la Flamme, et le contrôleur général Delbauffe, président-général de notre association, ont ravivé la Flamme du Soldat inconnu. Enfin, le dimanche matin, à 11 heures précisément, s’est déroulée la messe solennelle en l’église du Val de Grâce à Paris.

 

Retrouvez toutes les photographies du congrès national, dans l’album intitulé « 2011-04-03, congrès national » ; vous y verrez, entre autres, les délégations des comités des Hauts-de-Seine. Bonne visite !

 

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Publié le 11 Avril 2011

 

 

 

Chaville Drapeau

 

 

 

 

Le président du Comité de Chaville, le colonel Joël Kaigre :

"Monsieur le délégué général,

Mesdames et Messieurs les élus,

Chers amis,

Je tiens à vous remercier toutes et tous pour votre participation à cette émouvante cérémonie.

Je vous transmet une photo qui vous rappellera ce moment important dans les magnifiques locaux de notre ville.

Je remercie vivement le président Dova et Jean-Jacques Guillet, député maire de Chaville, qui ont bien voulu parrainer cette cérémonie et André Labour, délégué départemental du Souvenir Français des Hauts de Seine, qui nous a offert ce magnifique drapeau".

 

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Publié le 9 Avril 2011

Parachutistes du 6ème BPC (copyright ECPAD).

 

 

A Vaucresson, le comité du Souvenir Français, présidé par François Goure, en collaboration avec la municipalité, a répertorié l’intégralité des sépultures privées ayant un Mort pour la France et a mis au point une plaque à l’entrée du cimetière permettant de les repérer.

 

Le dernier nom figurant sur cette plaque est celui d’Albert Zareski, né à Paris le 23 février 1930 et mort en Indochine le 21 janvier 1950, à Pho Tarch dans le centre de l’Annam, non loin de Hué. Albert Zareski était un parachutiste du 6ème BCCP (bataillon colonial de commandos parachutistes).

 

Les parachutistes coloniaux.

 

Les bataillons de parachutistes coloniaux (BPC et BCCP) ont une histoire complexe et mouvementée. Le point de départ généralement admis est la rencontre entre le général de Gaulle et le capitaine Georges Bergé.

 

Georges Bergé nait en janvier 1909 dans le Gers, à Belmont. Formé à l’Ecole de l’Infanterie et des Chars de Saint-Maixent, il est par la suite détaché de l’armée de terre dans l’armée de l’air, au groupe d’infanterie de l’Air n°601. Mais des problèmes de santé l’obligent à renoncer à sauter en parachute et il revient à son arme d’origine en 1938. Blessé lors des premières batailles de la Campagne de France en mai 1940, il est évacué vers l’arrière puis dans sa Gascogne natale. Là, écoutant le discours du général de Gaulle, il s’embarque et rejoint les Forces Françaises Libres en juin 1940. Le capitaine Bergé propose au général de compléter l’armée en formation en créant une unité de parachutistes.

 

Ainsi nait la 1ère compagnie d’infanterie de l’air. L’une de ses premières missions parachutée – nommée « Savannah » – consiste à créer un embryon de la Résistance à Bayonne. Par la suite, la compagnie se couvre de gloire à l’occasion d’opérations au Levant (1941) ; en Crète, en Lybie et en Tunisie (1942) ; en Belgique (1944). Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, l’unité est envoyée en Bretagne. Grâce à l’appui des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), ce sont près de quatre-vingt-cinq-mille Allemands qui sont retenus dans la région. De fait, ils ne peuvent venir en aide à leurs camarades de Normandie. La compagnie aéroportée signe là une de ses victoires majeures. Quelques mois plus tard, la compagnie participe à la bataille des Ardennes, puis est parachutée sur la Hollande.

 

Devenue brigade de parachutistes SAS (sur le modèle des Special Air Service anglais), elle s’illustre lors de son premier séjour en Indochine. Mais la guerre allant crescendo dans cette colonie française, le grand commandement français décide de créer en 1947, à partir de la 25ème division aéroportée, un groupement colonial. Il prend le nom de Demi-brigade coloniale de commandos parachutistes. Son premier chef de corps est le colonel Massu.

 

Les BPC.

 

Pour faire face aux besoins en hommes, et aux relèves nécessaires, des bataillons de parachutistes coloniaux viennent compléter la demi-brigade : le 1er, le 2, le 3, le 5, le 6, le 7 et le 8.

 

L’histoire du 6ème commence par sa création à Quimper le 16 avril 1948. Il est alors composé d’une compagnie de commandement et trois groupes de commandos et regroupe environ six-cent-cinquante hommes. Le 6ème BCCP débarque à Saigon le 28 juillet 1949, pour être envoyé dans le centre de l’Annam, région située entre le Tonkin, au nord, et la Cochinchine, au sud. Les accrochages et les embuscades sont fréquents. Comme à toutes les unités d’élite, des missions difficiles sont demandées au 6ème BCCP : raids dans la jungle, ouvertures de routes, de voies de chemin de fer ; remontées de cours d’eau. Les résultats sont là, rapides, car le Vietminh n’est pas encore cette puissante armée qu’il va devenir dans quelques mois grâce à l’aide de la toute nouvelle Chine communiste.

 

A la fin de l’année 1949, le bataillon est envoyé au col des Nuages, dans la cordillère annamitique. Sitôt la nouvelle année fêtée, il progresse dans l’intérieur du pays dans le cadre de l’opération Albert, puis, quinze jours plus tard soutient son premier saut opérationnel. Le 20 janvier, les groupes de commandos 1 et 2 sautent sur Binh-Anh. C’est à cette occasion qu’Albert Zareski trouve la mort.

 

En octobre de la même année, le 6ème BCCP devient le 6ème GCCP : groupement colonial de commandos parachutistes. L’unité est citée à l’ordre de l’Armée : « Brillante formation de commandos parachutistes, qui, sous les ordres du chef de bataillon Vernières, a mené sans relâche, depuis août 1949, dans tous les secteurs du Centre Vietnam, un combat rude et obstiné ». Puis, le 1er mars 1951, l’unité devient 6ème BPC. Avec une première durée d’existence assez courte puisque le bataillon est dissous au moment de son rembarquement pour la métropole en août 1951.

 

Mais c’est pour mieux renaître en juillet 1952, sous les ordres d’un tout jeune chef de bataillon qui va rapidement se faire connaître du grand public : Marcel Bigeard. « Nous passons deux mois exténuants à marcher dans les rizières, l’eau jusqu’à la taille, à vérifier chacun de nos pas pour ne pas tomber dans un piège viet, à fouiller les villages en craignant toujours les tireurs embusqués. Nous opérons des actions coups de poing dès que nous repérons une concentration ennemie. Mon bataillon se rode. Les plus jeunes s’habituent au feu, mes vieux briscards retrouvent leurs sensations. Je suis fier de mon unité » (Marcel Bigeard, dans ses mémoires posthumes Ma vie pour la France, Ed. du Rocher). Et le bataillon s’illustre partout où il passe : par exemple à Tu Lê en octobre 1952, où le 6ème saute sur les arrières des divisions vietminh 308 et 312, remplit sa mission et au prix d’une marche de huit jours à travers la jungle parvient à échapper à l’étau qui se referme sur lui. Cette performance des paras fait dire à la presse, et des militaires bien souvent jaloux, que le 6ème est le « bataillon Zatopek », du nom de ce coureur de fond tchèque, multi-recordman du monde. A Langson, en juillet 1953, l’unité reçoit sa quatrième citation à l’ordre de l’Armée.

 

En novembre 1953, le 6ème est l’une des premières unités à sauter sur Diên Biên Phù, dans le but de prendre aux bo-doïs cette ancienne base japonaise. Il récidive le 16 mars 1954 pour tenter de sauver la situation sur ce même terrain où la bataille ultime de la guerre d’Indochine fait rage. Il y gagne une nouvelle citation. Malheureusement, comme toutes les forces françaises et supplétives présentes, le 6ème BPC est anéanti par la capitulation du 7 mai 1954. Les combats cessent, mais les Français refusent de lever le drapeau blanc. Humiliation de défiler, tête baissée, devant des dizaines de milliers de bo-doïs et de prendre la direction de camp de prisonniers. Marcel Bigard (Ma vie pour la France) : « La vraie douleur, la seule chose que je ne pardonne pas aux Viets, ce sont les huit-mille morts pendant ces quatre mois de captivité. Cruauté inutile, inhumanité. Giap était un grand général, mais sa doctrine, le marxisme, était inhumaine. L’ancien capitaine vietminh m’a dit : « Nous n’avons tué aucun prisonnier ». C’est vrai, ils les ont laissé crever, alors qu’il aurait été si facile de sauver tout le monde. Une banane par jour, et on ramenait les gars vivants. Je ne pourrai jamais l’oublier ».

 

Plus tard, au Maroc, à Marrakech, le 1er août 1955, le reliquat du bataillon devient le 6ème RPC : régiment de parachutistes coloniaux avant de prendre l’appellation de 6ème RPIMA (régiment parachutiste d’infanterie de marine) en 1958 et d’être définitivement dissous en 1998 dans le cadre de la restructuration de l’Armée française.

 

 

 

 

Sources :

 

http://paradu6.free.fr/menu.html

www.cheminsdemémoire.gouv.fr

www.wikipedia.org/fr

www.larousse.fr

www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Erwan Bergot, Bataillon Bigeard, Presses de la Cité.

Paul Bonnecarrère, Par le sang versé, Fayard.

Lucien Bodard, l’Illusion, l’Aventure, Gallimard.

Michel Bodin, Dictionnaire de la guerre d’Indochine, Economica.

Pierre Montagnon, La guerre d’Indochine, Pygmalion.

Jules Roy, la bataille de Dien Bien Phu, Julliard.

Général Yves Gras, Histoire de la guerre d’Indochine, Plon.

Général Marcel Bigeard, Ma guerre d’Indochine, Hachette.

Général Marcel Bigeard, Ma vie pour la France, Ed. du Rocher.

Georges Fleury, La guerre en Indochine, Perrin.

 

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Publié le 1 Avril 2011

Au cœur du carré militaire de 1914-1918 de Colombes, se trouvent les sépultures des frères Beaujon : Gilbert mort le 28 décembre 1926 dans l’oued Marouba, et Raymond, tué le 19 août 1929 à Tlemcen en Algérie. Des photographies présentes sur les pierres tombales montrent les jeunes soldats coiffés de la chéchia, chapeau traditionnel au Maghreb et des troupes (zouaves, spahis et tirailleurs) de l’Armée d’Afrique.

 

Au milieu du 19ème siècle, le sultan du Maroc Moulay Hassan cherche à neutraliser les influences colonialistes des puissances européennes en pratiquant un jeu diplomatique assez subtil. Mais il finit par se heurter à la volonté expansionniste de l’Espagne au nord et à celle de la France qui étudie les moyens d’une consolidation de son pouvoir sur les provinces algériennes frontalières du sultanat. Les conférences de Madrid en 1880 puis d’Algésiras en 1906 rappellent et structurent ce cadre d’influence européenne sur le Maroc, avec le soutien de l’Angleterre et en dépit des tentatives de coups de force de l’Allemagne : l’Espagne se voit attribuer les territoires du sud (Sahara espagnol) et du nord (toute la bande côtière baignant la Méditerranée et les montagnes du Rif), quand la France est dotée du centre du pays. La ville de Tanger, au nord, est déclarée « zone internationale ». Le protectorat de notre pays sur le sultanat peut commencer. Il est confié à un général bâtisseur et organisateur : Hubert Lyautey.

 

Peu à peu, réalisant un mélange ingénieux de soumission militaire de tribus récalcitrantes et de modernisation du pays, la France s’impose au Maroc. Le Résident général au Maroc œuvre en étroite collaboration – mais généralement en imposant son point de vue – avec le sultan et son makhzen (son adjoint ou suppléant). Des villes sont transformées, des routes construites, des quartiers édifiés, une administration mise en place. La capitale du sultanat est déplacée de Fès à Rabat, et sous la direction de l’architecte Henri Prost, Casablanca devient une cité de premier plan.

 

Mais en 1921, au nord du pays, des tribus berbères se soulèvent face aux troupes espagnoles. Le général Manuel Fernandez Silvestre se place à la tête d’une armée forte de soixante-mille hommes avec un seul objectif : mater en quelques semaines ces tribus qui défient la puissante Espagne. C’est le contraire qui se produit : à la bataille d’Anoual, le 20 juillet 1921, le chef militaire rifain Abd el-Krim est vainqueur. Les Espagnols laissent quatorze-mille hommes sur le champ de bataille, dont le général Silvestre.

 

Le 1er février 1922, Abd el-Krim proclame la République confédérée des tribus du Rif, mais il reste très prudent et se soumet au sultan du Maroc Moulay Youssef. La France n’intervient pas, considérant qu’il s’agit d’affaires intérieures au protectorat espagnol. Peu à peu, les troupes berbères repoussent les Espagnols, ne leur laissant qu’une mince bande côtière et quatre villes : Asilah, Ceuta, Mellila et Larache. Mais deux ans plus tard, les tribus du Rif, en dépit des lettres et promesses d’allégeance au pouvoir central, marchent sur Fès. Craignant un embrasement de toute la région, l’Armée française intervient et écrase les troupes rebelles.

 

Le général Lyautey indique au gouvernement de la République française : « En présence des éventualités créées par la soudaineté et la violence de l’irruption des rifains, il est impossible de rester dans cette situation, sous peine, je le dis nettement, de risquer de perdre le Maroc ». Le chef militaire français obtient l’accord de Paris et renouvelle les victoires. Pour autant, jugé comme trop prudent, Lyautey est remplacé par le prestigieux maréchal Pétain. A la tête de deux-cent-cinquante mille hommes, fort de divisions aériennes et de capacités de bombardement, le « vainqueur de Verdun » vient à bout des troupes d’Abd el-Krim en quelques mois. Le leader des Rifains est envoyé en exil sur l’île de la Réunion, d’où il s’évade en 1946 pour se réfugier en Egypte, alors principal foyer du nationalisme arabe.

 

Au total, la guerre du Rif a coûté la vie à plus de dix-neuf-mille soldats espagnols, presqu’autant de Berbères et environ douze-mille Français.

 

Thierry Gandolfo.

 

 

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Rédigé par Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Publié dans #La Coloniale