Publié le 26 Février 2011

 

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  « On sera rentré aux vendanges ».

Le 1er août 1914, la France décrète la mobilisation générale. Voilà deux mois que l’Europe connait sa plus grave crise depuis la Guerre franco-prussienne de 1870-1871. A l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier de la couronne impériale d’Autriche-Hongrie, à Sarajevo, et le refus signifié à l’Autriche par la Serbie de mener une enquête sur le territoire de cette dernière, s’ajoutent des antagonismes de plus de vingt ans entre les nations européennes sur des questions coloniales, des impérialismes et des nationalismes exacerbés. « Il est temps d’en finir » pourrait-on résumer.

De fait, la France rêve de revanche face au IIème Reich et de reprendre l’Alsace-Lorraine. L’Allemagne ne peut se résoudre à laisser la France et l’Angleterre se tailler « la part du lion » dans les colonies d’Afrique. L’Autriche-Hongrie cherche à étendre son influence vers les pays des Balkans, qui eux viennent à peine de prendre leur indépendance vis-à-vis d’un Empire ottoman qui agonise depuis des dizaines d’années. L’Italie a des visées sur sa frontière est avec l’Autriche, et la Russie songe à se créer un accès à la mer Méditerranée.

Deux alliances se font face : d’un côté, la Triple-Entente avec la France, le Royaume-Uni et la Russie ; de l’autre, la Triple-Alliance entre l’Italie, l’Empire germanique et l’Empire Austro-hongrois. Dans chaque camp, la défense militaire mutuelle est érigée en exergue dans les traités d’amitié.

L’Allemagne imagine l’envahissement de la France en passant par la Belgique. Le chemin est plus long, mais il a l’avantage d’éviter les massifs de l’est de la France. C’est le Plan Schlieffen, qui prévoit de battre notre pays en quelques semaines (la leçon sera-t-elle retenue en 1940 ?). Ce plan tient son nom du comte Alfred von Schlieffen, mort en 1913. Cet officier de l’Etat-major prussien, travaille à la manœuvre depuis 1894. Son idée est assez simple : prise entre la Russie et la France, deux pays de la Triple-Entente, l’Allemagne doit écraser au plus vite la France pour pouvoir ensuite détourner ses armées vers l’est et faire face à la puissante Russie. Et dans un pays aussi grand que l’Empire allemand, le temps de transport, d’acheminement des troupes, de l’ouest vers l’est est une donnée hautement stratégique. De plus, prises à l’ouest dans les Flandres, les forces anglo-françaises n’auront d’autres choix que d’affaiblir les garnisons des Vosges et de l’Alsace. Dans un second temps, une offensive sur ce secteur permettra de faire replier les Français jusqu’en Suisse !

Pour sa part, la France décide, dans le Plan XVII, de respecter la neutralité belge et d’attaquer son voisin en passant par la Lorraine. « Tout ceci n’est qu’une formalité. Aux vendanges nous serons rentrés » entend-on dans les trains qui transportent les régiments de toute la France vers les frontières de l’est.

La bataille des Frontières.

Chacun des belligérants applique son plan. A la différence, que les Français sont surpris par l’attaque allemande sur la Belgique, quand les Allemands résistent bien sur leurs frontières face à nos offensives en Lorraine et en Alsace. Bientôt, les armées alliées (françaises, belges et le contingent du Commonwealth installé en France) sont défaites sur toute la ligne de front. A Charleroi, dans les Flandres, deux-cent-cinquante-mille soldats français sont mis hors de combat en quelques jours ! Il s’agit maintenant pour les Alliés de retraiter vers le sud, sur la Marne, de reprendre des forces, si possible, pour pouvoir envisager de contre-attaquer. Le général en chef de l’Armée française, Joseph Joffre, l’explique aux ministres de la Guerre, qui se succèdent en ce mois d’août 1914 : Adolphe Messimy puis Alexandre Millerand.

Avec des taxis parisiens en guise de véhicules.

Le plan Schlieffen prévoyait d’envelopper Paris par l’ouest mais le général allemand Von Klück infléchit son offensive par l’est, pensant encercler les cinq armées étalées des Vosges à la Marne. Il ne fait pas attention aux Ière et IIème armées françaises (général Dubail et général Curières de Castelnau) qui sont restées stationnées en Lorraine et qui vont être le pivot de la contre-offensive française. Concentrée le long de la Marne, notre VIeme armée commandée par le général Maunoury, et créée par Joffre pour l’occasion, engage les Allemands le 5 septembre 1914, et soutient les combats jusqu’au 9, grâce, entre autres, à l’envoi d’urgence de dix-mille hommes de la garnison de Paris (commandée par le général Gallieni), dont une partie sera transportée par les célèbres taxis parisiens que l’on appellera « Les Taxis de la Marne ».

Au centre du dispositif français, Joffre nomme le général Foch à la tête d’une nouvelle IXème armée, chargée d’éviter toute brèche dans la région des marais de Saint-Gond (ouest du département de la Marne). Du 6 au 8 septembre, les Alliés ne réussissent pas à remporter une victoire décisive. Le 7, le Corps expéditionnaire britannique force le passage du grand Morin, rivière du nord de la Seine-et-Marne, puis le lendemain, franchit le petit Morin et arrive aux bords de la Marne. Au même moment, la cavalerie française de Franchet d’Esperey traverse aussi le petit Morin, alors que Foch doit reculer sur ses positions dans les marais.

Le 9 septembre, Joffre décide d’une nouvelle contre-attaque au nord de Meaux sur l’Ourcq. Il effectue une trouée de cinquante kilomètres dans les lignes ennemies, ce qui permet à la Veme armée et au Corps expéditionnaire britannique d’attaquer les armées Allemandes exposées sur leur flanc en pleine manœuvre, les stoppant et les obligeant au repli sur la ligne Noyon-Verdun le long de l’Aisne.

Le 13 septembre, les Allemands établissent des positions défensives solidement implantées qui figeront le front. Certains diront « Ce fut une bataille gagnée mais une victoire perdue » car elle laisse les vainqueurs maîtres du terrain, mais elle ne peut infliger au vaincu ce sentiment d’infériorité sans espoir qui est la marque d’une défaite définitive. Cependant, la Marne représente la première victoire stratégique de la guerre, car, par leur succès, les Alliés rendent inéluctable pour l’Allemagne une guerre longue et couteuse sur deux fronts.

La contre-offensive de la Marne met en échec le plan Schlieffen, les lignes de défense constituées par les Allemands sur des points tactiquement favorables induisant dans un premier temps une stabilisation durable du front. Mais, dans un deuxième temps, les belligérants vont s’engager dans un épisode connu sous le nom de « course à la mer », chacun cherchant à contourner l’autre par l’ouest. Les attaques s’arrêtent sur le canal de l’Yser et devant Ypres. Ainsi, la guerre de mouvement devient guerre de position.

Sur le monument aux morts du cimetière de Villeneuve-la-Garenne, est inscrit le nom de Pierre Simon, soldat au 265eme régiment d’infanterie. Il est mort au combat à Buissoncourt, en Meurthe et Moselle le 8 septembre 1914. Il est l’un des quatre-vingt-mille tués de la bataille de la Marne.

 

Taxis Marne 

Taxis de la Marne (ECPAD).

 

Thierry Gandolfo.

 

 

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Publié le 22 Février 2011

 

A Antony, figure sur le monument aux morts principal la liste des morts sur les « Théâtres d’Opérations Extérieurs ».

 

La première Guerre mondiale prend fin le 11 novembre 1918. En France, en Allemagne, dans la majorité des pays européens, le gigantesque conflit s’arrête. Il n’en est pas de même dans certains pays, où, après la guerre entre belligérants s’ouvrent des affrontements ici pour des questions d’indépendance, là pour des questions coloniales.

 

Ainsi, les Accords Sykes-Picot sur le partage des influences françaises et anglaises au Levant se heurtent, en 1920, aux nationalismes libanais, syrien et palestinien. Au Maroc, les forces françaises doivent se battre contre des ressortissants de la région du Rif, elles-mêmes s’étant révoltées contre l’occupation espagnole. Des accrochages et des escarmouches ont lieu également en Afrique Occidentale Française et en Afrique Equatoriale Française.

 

Une décoration est créée : il s’agit de la Croix de Guerre des Théâtres d’Opérations Extérieurs. Elle est remise également pour les soldats qui participent à la guerre d’Indochine, à l’expédition de Suez, aux rebellions de Madagascar ou encore qui sont intégrés dans le corps français pendant la guerre de Corée. Elle est aussi accordée aux militaires qui partent en missions périlleuses dans les pays de l’Europe de l’Est.

 

Récemment, elle a été délivrée à des soldats et officiers ayant particulièrement œuvré dans la cadre de la guerre du Golfe, en 1991, ou pour la protection des habitants du Kosovo, en 1999.

 

Les Antoniens morts pour la France dans le cadre des T.O.E. sont :

 

  • – P. Bergerol.
  • – M. Bottiau.
  • – C. Ducreux.
  • – G. Fremion.
  • – L. Gauthier.
  • – S. Gendron.
  • – G. Greninguey.
  • – H.P. Guichard.
  • – R. Guidon.
  • – P. Metz.
  • – P. Michoux.

 

 

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Rédigé par Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Publié dans #La Coloniale

Publié le 19 Février 2011

Le carré militaire des soldats français de la Seconde Guerre mondiale, d’Indochine et des combats d’Afrique du Nord du cimetière de Clichy-Nord présente un monument très émouvant avec un bras en bronze sortant de terre et écrasé par un rocher : allégorie de l’Homme anéanti par la folie meurtrière des grands de ce monde…

 

Sont placées là près de quatre-vingt-dix tombes individuelles de jeunes gens morts pour notre pays. On peut par exemple citer le maréchal des logis chef André Varengo, mort le 16 mai 1940 ; le caporal Ali Damis, mort le 10 juin 1958 ; le FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) Joseph Clisci mort le 7 juillet 1943 ; le caporal-chef Jean Martin, mort le 9 septembre 1956 ; le soldat Jean Montels, mort le 16 mai 1954 ; le lieutenant Jean Gohard, mort le 6 janvier 1941 ; le quartier-maître Henri Delcamp, mort le 5 juin 1940…

 

Le « roi Jean ».

 

De la guerre d’Indochine peu d’événements restent dans la mémoire collective : les négociations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, le général Leclerc discutant avec Ho-Chi-Minh, Bigeard et ses paras, la catastrophe finale de Diên-Biên-Phù. L’Indochine, c’était loin, cela ne concernait que les soldats dits « de métier » et c’était le colonialisme. Le parti communiste français savait y faire en matière de propagande. L’Indochine, c’était la « perle de l’orient », mélange d’aventures, de peurs et de fantasmes.

 

Ces dernières années, la France, du moins certains responsables politiques, a passé du temps à ne rappeler que les aspects négatifs de la présence française dans ses anciennes colonies en insistant sur les défaites humanitaires et militaires. La vérité historique est comme d’habitude beaucoup plus complexe et il convient de rappeler les éléments dans leur contexte, à la lumière d’une situation internationale toute autre que celle que nous connaissons aujourd’hui. Oui, la France a fait des belles réalisations en Indochine. Oui, elle a aussi connu des succès militaires.

 

Et dans ce carré militaire de Clichy-Nord, se trouve la sépulture de Jean-Louis Victor Chappe, caporal-chef dans un régiment de spahis marocains. Il meurt le 2 avril 1951, des suites de ses blessures, en Indochine, à l’hôpital Lanessan d’Hanoi. Avril 1951. Voilà cinq mois que le « roi Jean », selon l’expression de l’écrivain Lucien Bodard, a débarqué en Indochine. Au cours de cette année, il va accumuler les victoires contre le Vietminh.

 

 

Jean de Lattre de tassigny - 1889-1952

 

 

 

 

Jean de Lattre de Tassigny, maréchal de France.

 

 

« L’année de Lattre ».

 

Schématiquement, les périodes peuvent être ainsi résumées : jusqu’en 1949, la tactique du Vietminh – du fait de forces limitées – se condense en une série de coups de main et une guérilla « des champs ». Si les Français tiennent les villes, ce n’est pas toujours le cas dans les campagnes.

 

1949 marque un tournant, avec l’avènement de la Chine communiste de Mao, qui arme et finance puissamment ses cousins idéologiques du Vietnam. La guérilla devient une guerre faite de batailles avec des régiments de bo-doïs, eux-mêmes rassemblés dans des divisions. La victoire majeure du Vietminh est la prise de Cao-Bang et de la Route coloniale 4, en septembre 1950. Les Français y laissent plusieurs milliers d’hommes.

 

Le gouvernement français décide d’intensifier la guerre et fait nommer son meilleur général : Jean de Lattre de Tassigny. « Je ne sais qu’une chose, c’est que maintenant vous allez être commandés ! » proclame-t-il en arrivant à Hanoi, au mois de décembre 1950.

 

Le général Giap, commandant en chef de l’armée vietminh, décide de frapper fort en attaquant en plusieurs endroits la zone du delta du Fleuve Rouge, autour de Hanoi. Face à cette approche, de Lattre fait élever des centaines de blockhaus et de points d’appui qui sont autant de postes d’observation. L’avantage de la stratégie du général français consiste en une mobilisation totale du CEFEO (Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient) dans le but de « casser du Viet ». Il s’agit de redonner le moral aux troupes, déjà lasses des atermoiements politiques. Et de Lattre sait surtout qu’il n’a pas les moyens de placer des forces suffisantes partout où il en faudrait. Il sait aussi que la population de la colonie française est loin d’être totalement acquise à la cause communiste. Il doit en profiter avant qu’il ne soit trop tard.

 

Attaques sur le delta du Fleuve Rouge.

 

Donc, depuis le début de l’année 1951, le général de Lattre de Tassigny marque des points. Toutes les attaques des forces communistes sont repoussées. La reconquête des terrains perdus arrive. Elle commence par la victoire de Vinh Yen où les troupes de Giap laissent sur le terrain près de mille-trois-cent tués, plus de trois-mille blessés. Sa division 308 – la plus aguerrie, la mieux formée – subit là des pertes très sévères. Pour la première fois dans l’Histoire, les bombes au napalm sont employées massivement.

 

Mao Khé est le deuxième épisode. Il se déroule courant mars-avril 1951. Les bo-doïs sont encore défaits. Le delta reste aux mains des Français.

 

La « bataille du Day », du 28 mai au 7 juin 1951, frappe les soldats français au plus profond d’eux-mêmes. Le Vietminh tente encore une fois de faire la différence dans le Delta. L’un des points stratégiques non loin du fleuve Day, est Ninh Binh. Le poste est tenu par un escadron du 1er chasseur, commandé par un certain Bernard de Lattre, fils unique du général en chef. Les combats font rage. Alors qu’il subit des pluies incessantes d’obus, le poste tient plusieurs jours, permettant la victoire du CEFEO. Mais c’est au prix de la mort du jeune lieutenant. On retrouve son corps, criblé d’éclats d’obus. « Jeune officier, tombé héroïquement en plein combat, donnant l’exemple des plus belles vertus militaires à l’aube d’une carrière exceptionnellement brillante, ouverte en France dans la Résistance dès l’âge de 15 ans ». En recouvrant le cercueil de son fils du drapeau tricolore, le général de Lattre ajoute : « En dépit de la promesse faite à sa mère, je n’ai pas su le protéger ».

 

En juillet 1951, à l’occasion d’un discours à Saigon, le général s’adresse aux soldats vietnamiens incorporés dans le CEFEO, avec pour idée de créer une armée vietnamienne digne de ce nom : « Si vous êtes communistes rejoignez le Vietminh : il y a là des individus qui se battent bien pour une mauvaise cause. Mais si vous êtes des patriotes, combattez pour votre patrie car cette guerre est la vôtre ».

 

Bien sûr, Giap ne l’entend pas ainsi. Le quatrième volet des batailles de l’année 1951 se déroule à Nghia Lo.

 

La bataille de Nghia Lo.

 

Pierre Dufour, dans son ouvrage Indochine (Ed. Lavauzelle) décrit la situation : « Nghia Lo est le poste clé du système défensif français en Haute Région. Il commande l’accès aux pays thaï, au Laos et aux contrées bordant le Moyen-Mékong. Situé entre le Fleuve Rouge et la Rivière Noire, dans une cuvette de dix kilomètres sur quatre, à environ deux cent cinquante mètres d’altitude, Nghia Lo est un bourg entouré de hautes montagnes atteignant parfois 1.500 mètres. L’endroit présente une topographie faite de massifs granitiques couverts d’épaisses forêts, séparés par des vallées encaissées. Les voies de communication sont limitées : la route fédérale 13, des pistes de montagne praticables seulement avec des guides et un terrain d’aviation qui permet de ravitailler la vallée perdue. La population se compose essentiellement de Thaïs et de quelques hameaux muongs ou annamites ; la montagne est le domaine des Mans et des Meos réputés hostiles au Vietminh ».

 

La garnison française de Nghia Lo est formée par les mille hommes du 1er bataillon thaï, dirigé par le commandant Girardin.

 

Le 28 septembre 1951, la région du poste Sai Luong est attaquée. Ses défenseurs se replient sur la vallée. Deux jours plus tard, les TD 141 et 209 sont signalés. Ils convergent vers la cuvette de Nghia Lo. A l’est, le TD 165 approche également. Les TD sont des Trung Doï ; ils sont composés de quatre bataillons qui peuvent contenir chacun mille hommes. Les TD appartiennent à la division de montagne 312, commandée par le colonel Le Trong Tan.

 

En l’absence du général de Lattre, occupé à demander de l’aide aux Etats-Unis après un passage en métropole, le commandement français est sous l’autorité du général Salan, qui s’y connaît en matière de troupes coloniales ! Il décide de soulager les défenseurs de la cuvette de Nghia Lo en larguant, sur les arrières de l’ennemi, le 8ème BPC (bataillon parachutiste colonial) du capitaine Gauthier et ses cinq cent soixante-treize hommes. C’est l’opération Rémy.

 

La 312 réagit en jetant toutes ses forces dans la bataille. A Nghia Lo, le commandant Girardin est tué, mais ses hommes tiennent bon. Le 4 octobre, le 2ème BEP est à son tour largué (opération Thérèse). Avec le 8ème BCP, il forme le GAP (Groupement aéroporté) nord-ouest sous les ordres du colonel de Rocquigny. Le 2ème BEP est alors composé d’une compagnie de commandement de base, sous les ordres du lieutenant Longeret, du 2ème CIPLE (compagnies indochinoise de la Légion étrangère – capitaine Hélie Denoix de Saint Marc), de la 3ème compagnie (lieutenant Lemaire) et de la 4ème compagnie (lieutenant Louis-Calixte).

 

Le 5 octobre, Rocquigny donne l’ordre au 2ème BEP de se rendre à Bac Co, à six kilomètres du point de chute du bataillon. Les hommes mettent plus de neuf heures à atteindre leur objectif. Le lendemain, le bataillon accroche les bo-doïs à plusieurs endroits. Les combats sont terribles. Face à un ennemi que rien n’arrête, les légionnaires de Lemaire et les paras de Saint Marc usent de toutes leurs armes : baïonnettes au canon, ils repoussent les Vietnamiens dans les attaques incessantes de l’après-midi et de la nuit. Le 8ème n’est pas en meilleure posture : le capitaine Gauthier est grièvement blessé et les pertes sont importantes.

 

Le 6 octobre encore, le 10ème BPCP (bataillon parachutiste de chasseurs à pied), dirigé par le commandant Weil est lui-aussi largué en renfort. Finalement, la division 312 se retire, laissant sur « le carreau » entre mille-cinq-cents et quatre-mille morts chez les bo-doïs, selon les sources.

 

Hélie de Saint Marc : « Les troupes de Giap repassèrent à l’attaque. Elles ne voulaient pas laisser sur leurs arrières un adversaire qui risquait de les gêner dans leur offensive. Durant d’interminables heures, enterrés, nous avons subi les assauts des bo-doïs qui avançaient au coude à coude, en rangs serrés. Giap n’économisait jamais les vies humaines de son camp. Il profitait du nombre. En 1946, Hô Chi Minh avait prévenu le ministre français des colonies, Marius Moutet : « Cette affaire peut se régler en trois mois ou en trente ans. Si vous nous acculez à la guerre, vous me tuerez dix hommes quand je vous en tuerai un. A ce prix, c’est encore moi qui gagne… ». Ce jour-là, le Vietminh voulait anéantir le 2ème BEP à n’importe quel prix. Le syndrome de Cao Bang hantait les esprits de part et d’autre. Nos hommes tombaient, morts ou blessés. Les cadavres vietminhs s’amoncelaient. Nous eûmes le dessus. Les bo-doïs s’éloignèrent ».

 

Le « patron » est mort.

 

L’année 1951 se termine donc sur une série de victoires, bien souvent inconnues, des soldats du Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient. L’hydre communiste, à défaut d’être vaincue, semble arrêtée. Mais 1952, marque une nouvelle rupture dans la guerre d’Indochine. Le 11 janvier, le général Raoul Salan devient commandant en chef des forces françaises en Extrême-Orient en lieu et place du général de Lattre, qui vient de mourir d’un cancer.

 

Le jour de ses funérailles, dans son village natal de Mouilleron-en-Pareds le 15 janvier 1952, le général Jean de Lattre de Tassigny est élevé à la dignité de maréchal de France. A des milliers de kilomètres de là, des rizières du sud aux collines du Haut-Tonkin, une très grande émotion envahit les soldats français et les supplétifs vietnamiens : le « patron » vient de les laisser à leur sort.

 

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Publié le 14 Février 2011

Déportés Nanterre

 

 

 

Commémoration du Souvenir Français et d’associations d’anciens combattants et patriotiques au Monument Départemental aux Déportés.

 

 

A la mémoire des Déportés.

 

Nanterre abrite pour les Hauts-de-Seine, le Monument Départemental aux Déportés.

 

Avant d’être déportées, des populations entières (étrangers, juifs, résistants, tziganes, homosexuels…) ont été raflées en France, souvent avec le concours direct des forces de police françaises, voire à leur propre initiative.

 

Notre mémoire collective est particulièrement marquée par la rafle du Vel’ d’Hiv, le 16 juillet 1942. Ce jour là plus de douze-mille personnes juives sont arrêtées (quatre-mille-cinquante-et-un enfants, cinq-mille-huit-cent-deux femmes et trois-mille-trente-et-un hommes). Cinq-mille partiront rapidement pour le camp de Drancy et sept-mille seront regroupées et surveillés durant cinq jours par des policiers français dans l’enceinte du Vélodrome d’Hiver, situé dans le 15ème arrondissement de Paris. Cette rafle représente à elle-seule, plus du quart des quarante-deux-mille juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942, dont seuls huit-cent-onze reviendront chez eux après la fin de la guerre.

 

Les rafles.

 

Mais il y eut d’autres rafles avant et après celles du Vel’ d’Hiv.

 

La première grande rafle de juifs a lieu le 14 mai 1941 à Paris. Des milliers de juifs étrangers, polonais pour la plupart, sont convoqués par la Préfecture de police de Paris, à 7h du matin, «pour examen de situation». Ceux qui se présentent, soit trois-mille-sept-cent-dix personnes, sont arrêtées et envoyées dans les camps du Loiret, à Pithiviers et à Beaune-la-Rolande.

 

La deuxième rafle se déroule du 20 au 25 août 1941, toujours à Paris. Quatre-mille-deux-cent-trente-deux hommes sont appréhendés par des policiers français, sous la direction de militaires allemands. La plupart sont des étrangers, mais il y a tout de même mille-cinq-cent Français parmi eux. Cette rafle conduit à la création du camp de Drancy, situé dans la banlieue nord de la capitale.

 

La troisième rafle a lieu le 12 décembre 1941, à Paris. Sept-cent-quarante-trois juifs, uniquement des hommes, sont arrêtés par des policiers allemands, avec l’aide de policiers français. La plupart des juifs sont Français, tous de milieux aisés : avocats, hommes politiques ou industriels. Ils sont internés pendant une nuit à l’Ecole militaire, puis envoyé au camp de Compiègne-Royallieu.

 

Le 26 août 1942 a lieu la grande rafle de juifs étrangers de la Zone Sud. Par un accord de collaboration policière, le gouvernement de Vichy accepte de livrer aux Allemands dix-mille juifs étrangers qui se trouvent en zone non-occupée. Il livre tout d’abord les juifs internés dans les camps français, puis ceux qui ont été incorporés dans les Groupements de travailleurs étrangers. Cela prend les trois premières semaines d’août 1942.

 

Enfin, une rafle massive est organisée, le 26 août. Toutes les régions de la Zone Sud sont concernées. Les résultats ne sont pas aussi élevés que prévus, car beaucoup de juifs sont prévenus. Ils sont transférés en train jusqu’à Drancy et de là, déportés. Au total, dix-mille-cinq-cent juifs sont transférés de zone non-occupée vers Drancy. Ces déportations depuis la Zone Sud de la France sont les seules en Europe depuis un territoire qui n’est pas occupé par les troupes allemandes !

 

Il y a par la suite de nombreuses autres rafles, mais moins massives. A partir de 1943, le gouvernement français refuse d’apporter son aide à l’arrestation de juifs. Les Allemands doivent se contenter de leurs propres forces de police, ce qui réduit largement l’efficacité des rafles. Elles se poursuivent jusqu’au mois de juillet 1944, juste avant la libération de la France. Entre le 21 et 25 juillet, deux-cent-trente-deux enfants sont arrêtés dans les maisons d’enfants de l’UGIF, par la Gestapo.

 

Un témoignage.

 

Il existe un témoignage poignant et révolté de ce que fut la survie des raflés du 16 juillet ; c’est cette lettre qu’une jeune assistante sociale affectée le 18 juillet 1942 au Vel’ D’Hiv écrivit à son père. Nous vous la livrons in extenso :

 

« Au Vel d'Hiv', 12 000 Juifs sont parqués. C'est quelque chose d'horrible, de démoniaque, quelque chose qui vous prend à la gorge et vous empêche de crier. Je vais essayer de te décrire le spectacle, mais ce que tu vois déjà, multiplie-le par mille, et tu n'auras seulement qu'une partie de la vérité. En entrant, tu as d'abord le souffle coupé par l'atmosphère empuantie, et tu te trouves dans ce grand vélodrome noir de gens entassés, les uns contre les autres, certains avec de gros ballots déjà salis, d'autres sans rien du tout. Ils ont à peu près un mètre carré d'espace chacun quand ils sont couchés, et rares sont les débrouillards qui arrivent à se déplacer de 10 mètres de long dans les étages. Les quelques WC qu'il y a au Vel'd'Hiv' (tu sais combien ils sont peu nombreux) sont bouchés ; personne pour les remettre en état. Tout le monde est obligé de faire ses déjections le long des murs. Au rez-de-chaussée sont les malades. Les bassins restent pleins à côté d'eux, car on ne sait où les vider. Quant à l'eau, depuis que je suis là-bas, je n'ai vu que deux bouches d'eau (comme sur les trottoirs), auxquelles on a adapté un tuyau de caoutchouc. Inutile de te décrire la bousculade. Résultat : les gens ne boivent pas, ne peuvent pas se laver.

 

Le ravitaillement : une demi-louche de lait par enfant de moins de neuf ans (et encore tous n'en ont pas), 2 tartines épaisses de 2 cm de gros pain pour toute la journée (et encore tous n'en ont pas) ; une demi-louche de nouilles ou de purée pour les repas (et encore tous n'arrivent pas à en avoir). Cela va encore, car les gens ont des provisions de chez eux, mais d'ici quelques jours, je ne réponds plus de rien.

 

L'état d'esprit des gens – de ces hommes, femmes et enfants, entassés là – est indescriptible ; des hurlements hystériques, des cris : « libérez-nous », des tentatives de suicide (il y a des femmes qui veulent se jeter du haut des gradins) ; ils se précipitent sur toi : « tuez-nous, mais ne nous laissez pas ici », « une piqûre pour mourir, je vous en supplie », et tant d'autres, et tant d'autres. On voit ici des tuberculeux, des infirmes, des enfants qui ont la rougeole, la varicelle. Les malades sont au rez-de-chaussée ; au milieu se trouve le centre de la Croix-Rouge. Là, pas d'eau courante, pas de gaz. Les instruments, le lait, les bouteilles pour les tout-petits (il y en a qui ont treize mois), tout est chauffé sur des réchauds à méta ou à alcool. Pour faire une piqûre, on met trois quarts d'heure. L'eau est apportée dans des laitières plus ou moins propres. On tire l'eau avec des louches. Il y a trois médecins pour 15 000 personnes et un nombre insuffisant d'infirmières. La plupart des internés sont malades (on est allé chercher même les opérés de la veille dans les hôpitaux, d'où éventrations, hémorragies, etc. J'ai vu aussi un aveugle et une femme enceinte). Le corps sanitaire ne sait où donner de la tête ; de plus, le manque d'eau nous paralyse complètement et nous fait négliger totalement l'hygiène. On craint une épidémie.

 

Pas un seul Allemand ! Ils ont raison. Ils se feraient écharper. Quels lâches de faire faire leur sale besogne par des Français ! Ce sont des gardes mobiles et des jeunes des « chantiers de jeunesse » qui font le service d'ordre. Inutile de te dire ce qu'ils pensent. Nous - assistantes sociales et infirmières – avons reçu comme consigne de nos monitrices : « Surtout ne racontez rien de ce qui se passe ici au dehors ! ». C'est ignoble. On voudrait faire silence autour de ce crime épouvantable !

 

Mais non, nous ne le permettrons pas. Il faut qu'on sache. Il faut que tout le monde soit au courant de ce qui se passe ici. »

 

 

 

Antoine Junqua.

Membre du Souvenir Français.

 

 

 

Sources :

 

André Kaspi, Les Juifs pendant l’Occupation, Seuil, 1997

Léon Chertok, Isabelle Stengers, Mémoires : les résistances d’un psy, Odile Jacob

Lettres et Histoire, Académie de Rouen, http://lettres-histoire.ac-rouen.fr/spip/

 

 

 

 

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Publié le 3 Février 2011

 Reynier

 

 

Le sergent Edouard Reynier.

 

 

Une frontière naturelle.

 

L’Argonne est une région vallonnée, boisée, dont les collines atteignent une hauteur d’environ trois-cents mètres. Difficile d’accès, l’Argonne est située à cheval sur les départements de la Marne (haute vallée de l’Aisne) à l’ouest, la Meuse (vallée de l’Aire) à l’est et les Ardennes au nord.

 

L’Argonne peut être considérée comme une frontière naturelle entre le Bassin parisien et le Barrois. Celle-ci a d’ailleurs plutôt bien fonctionné au cours des siècles, arrêtant, du moins retardant, la progression des tribus puis des troupes ennemies. En 1791, sur les hauteurs de Valmy, les régiments Kellerman et Dumouriez de la toute jeune République française remportent une victoire retentissante sur les Prussiens, déjà, et sur l’Armée des émigrés.

 

Au cours du premier conflit mondial, l’Argonne joue une nouvelle fois son rôle d’obstacle. Les Français et ses alliés s’en servent comme l’un des points de la contre-attaque contre les Allemands à la fin de l’année 1914, mais pour peu de succès. C’est à l’issue de cette offensive que le Grand Quartier Général admet qu’une victoire rapide est illusoire. Les hommes de Guillaume II se sont puissamment fortifiés et barricadés dans leurs tranchées.

 

En septembre 1915, les armées françaises sous la direction du général de Castelnau repartent à l’attaque des lignes du IIème Reich. En dépit d’un déluge de bombes sur les positions ennemies, les régiments sont cassés les uns après les autres, hachés par les batteries d’en face. En quelques jours, les Alliés perdent près de cent-quarante-mille hommes.

 

Trois années plus tard, à l’automne 1918, une nouvelle offensive est décidée. Sous le commandement de Ferdinand Foch, nommé maréchal et responsable de la globalité des forces alliées, les Américains du général Peshing, appuyés par la IVème Armée du général Henri Gouraud, lancent l’attaque. Rapidement les Alliés gagnent du terrain : en peu de jours, ils progressent de quinze kilomètres. Au début du mois de novembre 1918, les lignes allemandes s’effondrent. Sedan redevient une ville française le 6 novembre. Au prix de vingt-six-mille tués, les hommes de l’United States Army participent glorieusement à la victoire finale contre l’armée de Guillaume II.

 

 

Edouard Reynier.

 

Le limousin Edouard Reynier voit le jour le 10 octobre 1890 à Brive, en Corrèze. Au commencement de la Première Guerre mondiale, il est affecté au 150ème régiment d’infanterie, dont la caserne se trouve à Saint-Mihiel, dans la Meuse. L’unité dépend du 6ème corps d’Armée et de la 40ème division d’infanterie. En janvier 1915, le 150ème est envoyé en Argonne pour tenir les bois de la Grurie, dans le secteur de Bagatelle (qui deviendra le surnom du régiment).

 

Pour mémoire, la Délégation générale du Souvenir Français a publié il y a quelques semaines, sur ce même site, des lettres d’Henry Lange, de Neuilly-sur-Seine, qui était lui-aussi du 150ème RI.

 

L’histoire du 150ème, écrite par un soldat anonyme, a été retrouvée et numérisée : « 1915 : période à jamais mémorable dans l'histoire du régiment. Pendant sept mois, sous les pluies et dans les boues d'Argonne, sur un terrain que la poussée de l'ennemi empêche d'organiser convenablement, le 150ème  soutient victorieusement une lutte incessante contre des troupes puissamment outillées et entraînées à la guerre de siège. A ses nombreuses mitrailleuses et à ses obusiers du début de la campagne, l'ennemi ajoute des engins nouveaux : lance-bombes, lance-mines, pétards, grenades à fusil. Les Français n'ont ni matériels, ni canons de tranchées ; pour tenir tête à l'ennemi, le régiment ne doit compter que sur la bravoure de ses soldats, la valeur et l'abnégation de ses cadres. Une lutte effroyable se poursuit, chaque jour renaissante, assauts impétueux, corps à corps furieux, progression pied à pied, mètre par mètre, défense obstinée d'infimes lambeaux du sol de la Patrie. Attaques et contre-attaques se succèdent sans trêve ni repos et le régiment dispute avec acharnement, à l'envahisseur, un sol bouleversé que les sacrifices de chaque jour rendent chaque jour plus cher. Dans les combats de Bagatelle, nos braves, nos simples soldats de France, sans forfanterie et sans gloire apparente supportent les pires épreuves et réalisent les plus merveilleux faits d'armes. »

 

Le 1er mai 1915, le 150ème RI subit une énième attaque, « d’une violence inouïe » (Journal de Marche du régiment). Après un bombardement intense des premières lignes françaises, les Allemands attaquent en masse. Nos hommes n’ont pas prévu un tel déluge de feu. Ils ne sont équipés que de bombardes et de « pétards », et encore quelques sacs seulement. Rapidement les fantassins ennemis prennent pied dans les boyaux de la première ligne. Aux prix d’exploits isolés et d’un courage dépassant l’entendement, les « biffins » du 150, bientôt appuyés par des renforts des 272ème et 154ème, repoussent les Allemands à coups de fusils et de baïonnettes : « Le capitaine Juge, debout sur le parapet, un pistolet dans la main droite et une grenade dans la gauche, hurle : « Mes enfants, courage, tenez, tenez toujours !». Le lendemain, les officiers s’occupent à remettre de l’ordre dans les « unités forcément mélangées » et en état les fortifications françaises.

 

Les pertes sont évaluées le 3 mai : un officier tué, trois blessés et un disparu ; six sous-officiers tués, trente-quatre blessés et sept disparus ; trente-sept fantassins tués, trois-cent-soixante-et-un blessés et cent-quarante-cinq-disparus. Plusieurs compagnies du 150ème sont anéanties. Le 6 mai, alors qu’il vient de décorer le sergent-bombardier Reynier pour son action dans l’attaque du 1er, le colonel de Chéron, commandant le régiment, est tué par un éclat d’obus. Dernier à quitter le secteur pour la relève, il a laissé passer devant lui la totalité des hommes.

 

Le 150ème RI reprend position quelques jours plus tard. Les échanges de coups de feu sont quotidiens. Le 13 mai 1915, à l’occasion d’un nouvel accrochage, le sergent Edouard Reynier est tué avec deux autres hommes du 150ème RI. Il est placé dans un cimetière militaire.

 

 

Le 11 novembre 2007.

 

Quelques années plus tard, le corps du sergent Edouard Reynier est rapatrié dans un caveau familial sur la commune de Puteaux. Comme il se doit, la famille fait apposer sur la tombe la mention « Mort pour la France ». Puis, la concession vient à échéance. Le Comité de Puteaux du Souvenir Français propose alors le transfert du corps du sous-officier dans le carré militaire. Demande acceptée par la municipalité et réalisée par les services de l’état-civil et du cimetière.

 

Ainsi, au matin du 11 novembre 2007, quatre-vingt-douze ans après sa mort, le soldat retrouve ses camarades de combat pour un repos éternel au cours d’une cérémonie particulièrement émouvante, en présence de Joëlle Ceccaldi-Reynaud, députée-maire de la ville, Den Marais-Hayer, présidente du comité du Souvenir Français, le colonel Pierre de Keraudren, secrétaire général adjoint du comité national, André Labour, délégué général de l’association pour les Hauts-de-Seine.

 

 

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Devant la tombe d’Edouard Reynier, de gauche à droite au premier plan : Den Marais-Hayer, un policier, Joëlle Ceccaldi-Reynaud.

 

 

Den Marais-Hayer.

 

 

 

Sources :

 

·         Histoire du 150ème RI, Anonyme, Frémont, sans date. Retrouvé et numérisé par Jérôme Charraud.

·         Journal de marche du 150ème RI.

·         Pierre Miquel,  La Grande Guerre, Fayard, 1983.

·         Pierre Miquel, La Grande Guerre au jour le jour, Fayard, 1998.

·         Allain Bernède, Les combats oubliés d’Argonne, 14-18 Editions, 2007.

·         Encyclopédie Wikipédia.

·         Encyclopédie Larousse.

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