temoignages-portraits - 1939-1945

Publié le 18 Juillet 2022

A André Balcou, de Marnes-la-Coquette.

André Balcou nait à Paris le 11 mars 1920. A l’âge de 18 ans, il s’engage dans l’aviation à Versailles et signe un contrat de trois ans. D’abord affecté à Istres, au Bataillon de l’Air, il est transféré à Châteauroux le 28 août 1939.

Le 18 septembre 1939, il est affecté à l’École Auxiliaire de Pilotage de Nîmes. Une année plus tard, il est envoyé à la Base Aérienne de Salon-de-Provence. Le 15 avril 1941, il est affecté à l’Escadrille de Chasse 565 ; celle-ci a pour caractéristique d’avoir été créée quelques mois plus tôt (7 janvier 1941) sur l’île de Madagascar et a pour base la ville de Diego-Suarez (nord de l’île).

L’unité est équipée de Morane Saulnier 406. Mais elle n’existera que peu de temps, car début mai 1942, les Anglais débarquent à Madagascar et s’en emparent, le gouverneur français étant resté fidèle au régime de Vichy. Les combats vont durer quelques mois et bientôt un nouveau gouverneur général – Paul Legentilhomme – sera placé au nom de la France Libre.

André Balcou profite de ce débarquement pour signer un contrat avec les Forces Aériennes de la France Libre (FAFL) le 15 novembre 1941. Il rejoint l’Angleterre et reçoit le grade d’adjudant. Le 1er mai 1943, il se porte volontaire pour le Groupe de Combat 3 Normandie opérant sur le front soviétique. Comme tous les pilotes sous-officiers, il est nommé aspirant avant de rejoindre sa nouvelle unité. Il fait partie du contingent de renfort destiné à combler les sévères pertes de l'unité. Le 20 juillet 1943, sous les ordres du commandant Pierre Pouyade, il rejoint enfin le GC3 Normandie, sur la base de Kathionki.

Le 19 septembre 1943, il abat un Ju87 Stuka. Le lendemain, il est tué lors d'un engagement contre un FW190. Il s'abat près du village de Kniaje-Sélo, près d'Ilena. Les Russes l'enterrent alors près du village. En 1953, avec dix autres dépouilles de pilotes français tombés en Russie, sa dépouille sera ramenée en France et inhumée à Béziers.

Son nom est inscrit sur les monuments suivants :

  • Le Mémorial de l’escadrille Normandie-Niemen des Andelys (Eure).
  • Les plaques commémoratives de la mairie de Béziers (Hérault).
  • Le monument aux Morts et la plaque de la mairie de Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine).
  • La stèle commémorative du régiment de chasse Normandie-Niemen du Bourget (Seine-Saint-Denis) et celle de Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne).
  • La plaque commémorative Normandie-Niémen de Moscou et celle de Polotniany Zavod (Russie).

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site « Memorial GenWeb », fiche individuelle d’André Balcou, relevés de Jean-Claude Vachet, François Passarella, Philippe Frilley, Liliane Haffreingue, Jean-Claude Jorand, Claude Richard, Patrick Malevergne et Thierry Prunier.
  • Site « Mémoire des Hommes », du Ministère des Armées.

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Publié le 15 Mars 2022

A la mémoire de Marie-Emile (Mary) Besseyre, de Vanves.

Marie-Emile (on écrit aussi Mary) Besseyre nait le 7 octobre 1907 à Auxon dans l’Aube. Fils d’un vigneron et d’une manouvrière, il devient peintre en bâtiment puis s’engage en 1936 aux côtés des Républicains espagnols, au sein de la 13e brigade internationale. Il revient en France en août 1937. Secrétaire de section communiste à Vanves (alors dans le département de la Seine, devenu depuis Hauts-de-Seine), Marie-Emile rejoint le parti dans la clandestinité en 1941 et devient l’un des chefs des Francs-Tireurs et Partisans Français parisiens, avec Raymond Losserand et Gaston Carré. Il est également l’un des dirigeants du parti communiste de la Région parisienne. Blessé lors de la manifestation du 14 juillet 1941, il est hospitalisé, interné à la prison de la Santé puis finalement relâché.

Le 13 mai 1942, il est de nouveau arrêté pour ses activités de résistance. Quelques jours plus tard, le réseau auquel il appartient est anéanti par la Brigade spéciale de la préfecture de police de Paris (brigade dédiée à la traque des « ennemis de l’intérieur »). La plupart des membres sont envoyés à la prison de Fresnes puis à la Santé.

Le 21 octobre 1942, le commandant Mary Besseyre, Raymond Losserand, Gaston Carré et sept autres de leurs camarades sont fusillés au Stand de Tir d’Issy-les-Moulineaux (ancien stand de tir de la police parisienne).

Marie-Emile Besseyre avait épousé en secondes noces Antoinette Tressart. Le 13 mai 1942, elle est arrêtée en même temps que son époux. Internée à Romainville puis déportée à Auschwitz, Ravensbrück et Mauthausen, elle est libérée en avril 1945 et deviendra plus tard première adjointe à la municipalité de Vanves. Municipalité qui renommera la rue de la Croix à Vanves en rue Mary Besseyre.

Aujourd’hui encore, la mairie de Vanves a pour adresse le 23 rue Mary Besseyre.

 

Sources :

A la mémoire de Marie-Emile (Mary) Besseyre, de Vanves.

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Publié le 7 Janvier 2022

A La Garenne-Colombes : disparition de Claude Collas.

A La Garenne-Colombes, Pierre Lucas, président du Comité d’Entente des Associations patriotiques et président de la section ACPG-CATM, nous a informé de la disparition d’un grand ancien de la Seconde Guerre mondiale : Claude Collas, qui vient de s’éteindre à l’âge de 96 ans.

Au cours de l’été 2017, le journal communal de La Garenne-Colombes relatait un portrait saisissant de Claude Collas. Nous remercions son rédacteur, Christophe Taamourte de nous avoir permis la reproduction dudit article ci-après :

« Avis aux historiens : s’ils recherchent un récit singulier, précis et documenté de la Seconde Guerre mondiale, c’est à La Garenne-Colombes, avenue Gabriel-Péri, qu’ils doivent se rendre. Claude Collas a tout conservé : les lettres des copains, les photos d’armée, les journaux d’époque, les médailles et distinctions, et surtout, son incroyable mémoire qui lui permet de citer chaque nom, chaque régiment, chaque numéro de cellule avec une précision d’horloger.

La guerre, encore la guerre.

Grand gaillard, Claude Collas est né le 7 mars 1925 au « dernier numéro de la rue Voltaire », au 61 très exactement. Il y grandit aux côtés de ses parents et de son frère Alexandre, de 3 ans son aîné. Claude pratique la boxe et son physique lui profite : « A 15 ans, je boxais dans les mi-lourds. C’était la belle vie ».

Jusqu’à la guerre. Son papa la connait bien, lui le combattant de la guerre de 14-18, qui a perdu un de ses trois frères au front. Lorsqu’éclate le second conflit mondial, chez les Collas, la perspective de nouvelles mobilisations s’avère plutôt décourageante. Claude Collas est envoyé par son père dans le Loiret, chez des cousins : « J’ai pris position, je ne voulais pas être à leur charge. J’ai trouvé un travail auprès de mon cousin Alphonse comme homme à toutes mains et laitier ». Son frère, lui, est employé à la cristallerie de Courbevoie avant d’être appelé en Allemagne. Après un an loin de La Garenne-Colombes, Claude est de retour. Il trouve un emploi : « au 77 de la rue de Colombes » et, là encore, les souvenirs sont clairs : « Je me rappellerai toute ma vie du pointeau, mutilé au visage pendant les combats de 14-18, qui m’a dit « si la guerre dure 4 ans, t’es bon pour y aller ! ».

La grande vadrouille.

Prémonitoire. La guerre continue. « Dès que j’ai frôlé mes 18 ans, en 1943, je me suis sauvé. J’ai trouvé un travail auprès des Maîtres Maçons, à Dieppe ». Claude est ravi, ça le rapproche de l’Angleterre. Car, son objectif, c’est de partir là-bas se battre pour libérer la France. Il échoue malgré plusieurs tentatives, dont une qui l’envoie à la Kommandantur. « Je n’ai pas perdu les pédales, dès que j’ai pu, j’ai fait le mur direction Paris ». Il repasse alors par La Garenne-Colombes pour embrasser ses parents : « J’ai envoyé un ami pour qu’il s’assure qu’il n’y ait pas de danger et j’y suis allé ». Le jeune Claude part pour Bordeaux, puis Dax, puis Peyrehorade. L’Angleterre est un échec ? Ce sera donc l’Espagne. Il se planque, notamment à proximité de l’état-major allemand, à « l’hôtel La Roseraie » pendant 3 jours. Avec d’autres camarades, il tente à plusieurs reprises de franchir la frontière, enchaînant prison et évasions. Il utilise une astuce donnée par son père et enduit ses chaussures de graisse de marmotte pour tromper l’odorat des chiens. Ça finit par passer !

Le gars de la marine.

En Espagne, Claude est encore fait prisonnier. Il est transféré au camp de concentration de Miranda de Ebro où près de 3.000 personnes sont regroupées. « On leur a chanté la Marseillaise et ça ne leur a pas plu » se rappelle-t-il fièrement. C’est là qu’il tombe nez-à-nez avec Léon Ségard, son copain garennois de 9 ans son aîné, avec qui il allait au patronage : « Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas » commente-t-il, amusé. Puis vient le rapatriement par la Croix-Rouge vers Malaga. Là-bas, il s’engage dans la Marine et fait comprendre au commandant qu’il n’est « pas venu éplucher des patates et balayer le dépôt ». A bord du torpilleur Simoun, Claude Collas suit donc une formation, puis participe à des escortes de convois, en Corse, en Italie, et au débarquement en Provence le 15 août 1944. Puis ce sera Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle, Royan et, finalement, l’Angleterre.

La fille du Garenne Palace.

La parenthèse guerrière terminée, Claude Collas retrouve sa ville natale : « Je n’ai jamais revu ma mère qui est décédée le jour de la Libération de Paris ». Il apprend le métier de tourneur dans une usine d’emboutissage « rue Gabriel Péri, à Colombes » puis devient rectifieur pour moteurs, mécanicien sur des moteurs de camions et, recommandé par Mme Ségard (la maman de son ami Léon), il intègre l’hôpital de Neuilly comme chauffagiste. Il suit une formation qui lui permet de devenir contremaître principal et finit sa carrière à ce poste. Entre temps, il a rencontré Renée, qui travaillait comme placeuse au cinéma Le Garenne Palace. Ensemble, ils ont vécu de nombreuses années de bonheur au « 11 bis, avenue Joffre puis rue Gabriel-Péri » dans la maison que Claude occupe toujours. Ils ont beaucoup voyagé, en Belgique (« en moto side-car »), en Allemagne, en Autriche, en Italie, où Claude pratiquait l’escalade. La belle vie.

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Publié le 12 Décembre 2021

A Georges Heller, d'Antony.

Georges Heller nait à Paris le 9 décembre 1884. Il est le fils d’Adam Heller et d’Adèle Policard. Architecte, il épouse Marie-Louise Girard le 13 juillet 1910 à Jouy-en-Josas, dans les Yvelines. De cette union, naîtront quatre enfants.

Héros de la Première Guerre mondiale, il reçoit la Croix de guerre avec cinq citations. Plus tard, membre du parti communistre, il est élu conseiller municipal d’Antony. Il habite alors le 21 de la rue du Vert Buisson à Antony. Le 11 juin 1940, Georges Heller a la douleur de perdre l’un de ses enfants au cours de la bataille de France contre l’ennemi nazi.

Georges Heller est engagé contre l’envahisseur. Il se rapproche du Front national, aussi appelé Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France, qui est un mouvement de la Résistance intérieure française créé par le Parti communiste français (PCF) par un appel publié le 15 mai 1941 dans le quotidien de ce parti, L'Humanité en vue d'un vaste rassemblement patriotique ouvert aux non-communistes pour rallier les différentes composantes de la société française (ce mouvement sera plus tard mis en sommeil par le parti). Georges Heller est nommé adjudant au sein de ce mouvement. Le 27 juin 1941, il est arrêté à son domicile par la police française. Les fonctionnaires de l’Etat français trouvent chez lui du matériel d’impression. Amené à l’hôtel Matignon pour y être interrogé, il est ensuite livré aux Allemands.

Georges Heller est interné au Frontstalag 122 de Royallieu près de Compiègne dans l’Oise. Le 24 janvier 1943, il est déporté à destination d’Oranienburg, dans le Brandebourg (non loin de Berlin). Là, il est affecté au Block 7 et est condamné à travailler pour l’usine d’aviation Heinkel. Il est par la suite transféré le 1er septembre 1944 à Sachsenhausen, près de Francfort. C’est là qu’il meurt le 28 décembre 1944. Il avait 60 ans.

Le Service Historique de la Défense a enregistré son dossier sous la référence GR 16 P 288929. La mention « Mort pour la France » lui est accordée le 23 octobre 1947. Le 13 décembre 1948, il est reconnu officiellement comme membre de la Résistance Intérieure Française à compter du 1er mai 1941. En 1954, il se voit également attribuer le mention de « déporté politique ».

Plus tard, la municipalité décide de baptiser un parc de la ville du nom de Georges Heller. Aujourd’hui, le site de la ville d’Antony le décrit ainsi : « Magnifique espace de détente proche du centre-ville, le parc Heller est le poumon vert d’Antony. Promeneurs, coureurs, enfants, cyclistes, flâneurs peuvent profiter toute l’année de ses 9 ha, qui en font le plus grand parc géré par les services municipaux ».

 

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site « Memorial GenWeb », fiche individuelle de Georges Heller, relevé de Bernard Tisserand.
  • Site « Mémoire des Hommes », du Ministère des Armées.

 

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Publié le 17 Octobre 2021

Hommage national à Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération.

Le Président de la République Emmanuel Macron a présidé l’hommage national rendu à Hubert Germain, chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération et dernier Compagnon de la Libération, dans la Cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides.

Combattant de la première heure au sein des Forces Françaises Libres dès 1940, Hubert Germain s’est attaché jusqu’à la fin à promouvoir et perpétuer les valeurs de la Résistance et de la Libération, en veillant à ce que l’Ordre, dont il était la dernière incarnation, devienne une boussole de citoyenneté, notamment auprès des plus jeunes.

Dans la continuité de cet hommage, la cérémonie d’inhumation d’Hubert Germain sera présidée par le Président de la République, le 11 novembre 2021, à l’Arc de Triomphe et au Mont-Valérien.

 

Discours d’Emmanuel Macron, Président de la République :

« Monsieur le Premier ministre, 

Monsieur le président du Sénat, 

Mesdames et Messieurs les ministres, 

Madame et Messieurs les Premiers ministres, 

Madame l'Ambassadrice, 

Mesdames et Messieurs les parlementaires, 

Monsieur le Grand Chancelier de la Légion d'Honneur, 

Monsieur le Délégué National, 

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de l'Ordre de la Libération, 

Monsieur le Chef d'Etat-major des armées, 

Officiers, Sous-officiers, Officiers mariniers, Soldats, Quartiers maîtres et Matelots, Aviateurs, 

Mesdames et Messieurs en vos degrés et qualités, 

Mesdames et Messieurs,

La vie d'Hubert Germain est une anthologie d'engagements et de courage. Avec les 1 037 Compagnons de la Libération, qui voilà 80 ans, ont relevé la France de l'abîme, il forma un ordre fraternel, une phalange de l'idéal. A l'aube comme au crépuscule, il fut le dernier à rendre les armes. Résistant de la première heure et ultime héros de ce cercle de combattant désormais disparu. Déraciné par les pérégrinations d'un père général en Syrie et en Indochine, Hubert Germain n’aimait rien tant que de retrouver ses terres de la Drôme et passa sa jeunesse à chercher la France partout, dans les livres, dans ses rêves. Adolescent, ses frasques inquiétaient sa famille. Il était indiscipliné en tout, d'une insoumission farouche, qui ne se connaissait qu'une fidélité, la patrie. Tout commence au printemps 1940, alors que Pétain vient de signer l'armistice, il passe le concours de l'Ecole navale et tandis qu'il compose sur la table d'examen, une révélation : réussir le conduirait à servir une armée aux ordres de l'Allemagne nazie. Alors, le voilà qui se lève, refuse d'achever son travail et déclare : « je pars faire la guerre ». La fougue d'Hubert Germain, heureusement, en rencontre d'autres. Car s’il quitte ses amis, sa famille, il trouve en Angleterre d'autres amis, une autre famille qui ont répondu comme lui à l'appel du général de Gaulle. A Londres, ils sont quelques centaines, une guilde de l'honneur prête à tout pour une cause qui les dépasse. 

La France libre. Paysans, artisans, instituteurs, soldats. Ils deviennent camarades pour la vie. Ils sont aujourd'hui compagnons d'éternité. À l'été londonien succèdent pour Hubert Germain les printemps levantins. Lui qui brûle de se battre est d'abord envoyé sur le front de Syrie. Et à l'été 1942, c'est en Libye qu'il se couvre de gloire. De Gaulle demande à ses soldats de ralentir l'avancée des troupes de Rommel vers l'Egypte en tenant le verrou de Bir-Hakeim. “Toute la France vous regarde, vous êtes son orgueil”, leur dit-il. La chaleur est harassante. Le vent charrie le sable. Hubert Germain et ses compagnons de la 13e demi-brigade de Légion étrangère érigent malgré tout sur la route de l'ennemi un barrage impénétrable. 1 contre 10, peu importe. Durant 16 jours, ils résistent à tous les assauts du ciel et de la terre lancés contre eux. Miracle de la volonté, prodige du patriotisme. Soirée féerique car dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, le bouclier impénétrable se mue en une colonne d'irréductibles qui finit par briser l'encerclement ennemi. 

Et c'est Hubert Germain, enflammé de courage, qui prend la tête des troupes en cette nuit d'apocalypse. Il est alors pour eux une torche dans l'obscurité. Sa détermination est plus incandescente que les fusées qui zèbrent le ciel au milieu des lignes allemandes. L'épopée de la France libre ne s'arrête pas là et le mène ensuite au pied des pyramides d'Égypte, en Tunisie, en Italie. Il voit mourir sous ses yeux tant de frères d'armes qui ne quittèrent jamais son esprit, et les blessés à l'approche de Monte Cassino, mais continue malgré tout, toujours, pour se voir accroché tout près du cœur des mains mêmes du général De Gaulle la croix qui le fait Compagnon dans l'Ordre de la Libération, l'honneur et la mission d'une vie. Hubert Germain sait qu'il doit s'en montrer digne à jamais. Enfin vient le jour, sonne l'heure de retrouver son pays. Le 15 août 1944, Hubert Germain débarque sur les plages de Provence. Ce jour-là, son premier geste est de s'agenouiller pour prendre un peu de la terre de France dans ses mains, la sentir, la toucher. Retrouvailles charnelles après quatre ans de combat et d'exil. Il se relève encore et sa patrie avec lui, remonte le Rhône, rejoint le Rhin, libère l'Alsace, gagne Berlin avant enfin de revenir. Quelques années à peine après avoir quitté les théâtres militaires Hubert Germain entrera dans l'arène politique en devenant maire de Saint-Girons, petit bourg de l'Essonne qui ourle les rives de l'Orne. Fidèle de De Gaulle et proche de Messmer, il porte leurs idées, les siennes, jusqu'à l'Assemblée nationale, d'abord dans les rangs du gouvernement, ensuite ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones, puis ministre chargé des Relations avec le Parlement sous la présidence de Georges Pompidou. 

Avec ses frères d'armes, il avait défendu la liberté. Avec ses frères d’âmes, toutes celles et ceux qui se reconnaissent comme tels, il allait désormais rebâtir la fraternité. Quête inlassable d'une vie de résistance et d'espérance.

Ces dernières années, Hubert Germain était devenu le gardien du flambeau qu'avait allumé le général De Gaulle. Ultime reconnaissance de ses frères d'armes, il avait été fait caporal-chef d'honneur de la Légion étrangère il y a quelques semaines. Dernier chancelier d'honneur de l'Ordre de la Libération, il en a attisé les braises ardentes jusqu'à son dernier souffle. Elles ne s'éteindront pas avec lui. Hubert Germain reposera dans la crypte du mont Valérien, scellant ainsi l'histoire des 1038 compagnons. Nous avions des convictions philosophiques, politiques et religieuses différentes, voire opposées, mais nous avons su nous rassembler pour la cause sacrée de la liberté de notre patrie. Tels étaient ses mots. Alors oui, l'ordre de la Libération lui survivra, indépendant et fidèle à son histoire. J'en fais ici le serment. 

Mon lieutenant, ces derniers mois, vous avez livré votre ultime combat, votre courage et votre dignité face à la mort furent une leçon pour nombre d'entre nous. L'humilité et les doutes vous ont accompagnés et vous êtes devenus chaque jour un peu plus l'incarnation même de tous vos compagnons, vibrants de cette flamme première, celle de l'amour de la France et du service de la patrie. Alors, en ce jour, le silence millénaire de l'esprit de résistance et de l'acharnement français vous accompagne. C'est cette cohorte chevaleresque qui vient du fond des âges, de Reims, d'Arcole et du Chemin des Dames, de la Garde impériale à Koufra, d'Orléans à Bir-Hakeim, qui se tient à vos côtés et nous rappelle cette irrésistible résolution de la France : « Ne rien céder de la liberté, de la patrie et de son âme ». Vous les rejoignez, mon lieutenant, et notre tâche sera de poursuivre avec la même ardeur ce combat. Nous le ferons. 

Vive la République, vive la France ! »

 

Sources :

Crédits photographiques : journal Le Monde et site internet de France Inter.

Texte : site du palais de l’Elysée.

Hommage national à Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération.

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Publié le 19 Septembre 2021

Au capitaine Jobert de Ville d'Avray.

Bernard Jobert nait le 3 mai 1904 à Orléans dans le Loiret. Il est le fils du général de brigade André Jobert (1872-1962) et de Mme Camille Huet (1875-1959). Le 7 mai 1928, à Paris, il épouse Monique Michel-Dansac, et ils auront trois enfants.

Membre de l’Etat-major du général commandant en chef sur le front du Nord-Est, Saint-Cyrien de la Promotion « Metz et Strasbourg », ancien de l’Ecole de l’Air, le capitaine Jobert a fait une carrière coloniale brillante pour laquelle il a reçu la croix de guerre des T.O.E., la médaille coloniale. Il est aussi officier du Ouissam Alaouite, croix de guerre 39/40 et a reçu la Légion d’honneur.

Il meurt le 23 mai 1940, en survolant les lignes ennemies, sur la commune de Baincthun dans le Pas de Calais. Il est cité : "A assuré depuis le 10 mai, des missions de liaison dans des conditions particulièrement difficiles. Bien qu'appelé à une autre affectation, a tenu le 23 mai à assumer lui-même la liaison par avion avec le Groupe des Armées du Nord, isolé du reste des Forces Françaises et auquel des instructions importantes étaient à transmettre. A disparu au cours de son survol des lignes ennemies."

Il est inhumé dans le caveau familial au cimetière du Père Lachaise, à Paris. Son nom est inscrit sur le monument aux Morts de Ville d’Avray, situé place de l’Eglise.

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site Memorial GenWeb, fiche individuelle du capitaine Jobert.
  • Relevé de Thierry Adam.

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Publié le 30 Mai 2021

Le STO et la Résistance.

L’appel du général de Gaulle depuis Londres, le 18 juin 1940, est l’acte de naissance de la résistance française. À l’époque, une minorité de français refuse l’armistice signé par le maréchal Pétain le 22juin 1940, l’occupation et l’orientation politique du régime de Vichy.

Il est aujourd’hui incontestable que la résistance ait été le fait de groupes clandestins comme « Combat » ou « Libération Nord » qui se sont illustrés par des actions diverses : tracts, sabotages, attentats contre l’occupant, aide à des évadés, récupération d’armes, création de journaux clandestins, envoi d’informations secrètes à Londres…

Tous les témoins et après eux les historiens sont unanimes pour définir par ces faits la résistance ; néanmoins peut-être oublient-ils d’autres actes isolés, en dehors de toute logistique, comme par exemple le refus du STO (Service du travail obligatoire créé en mars 1943 par Pierre Laval, ministre de Pétain). Ce STO qui envoie des jeunes Français en Allemagne pour y travailler en remplacement des Allemands mobilisés pour la guerre.

Ces réfractaires au STO, par patriotisme et rejet de collaboration, n’ont-ils pas été à leur niveau des résistants en s’opposant aux volontés de l’occupant ?

Je me souviens des récits de mon père, réfugié arménien après le génocide de 1915, naturalisé français et donc mobilisable, qui a été un réfractaire au STO en refusant d’aller travailler en Allemagne. Exempté de service militaire, à 21 ans, pour cause de défaite et d’occupation de la France, c’est un matin de 1942, en voyant son nom sur la liste placardée sur les portes de l’usine, qu’il décide de partir en vélo se terrer en Auvergne. Il part avec quelque argent en poche pour se nourrir et être hébergé. Il attendra plusieurs jours pour revenir rejoindre sa famille à Chaville, au risque de se faire arrêter et contrôler par la milice et les Allemands.

Petit acte isolé, mais qui demandait un certain courage, celui des plus humbles.

Comme d’autres sûrement, mon père fait partie des oubliés de la résistance.

 

 

Annie Tchakérian

Membre du Comité de Chaville

24 mai 2021

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Publié le 18 Avril 2021

André Suchet : FFI de Villeneuve-la-Garenne mort pour la France.

André Suchet nait le 3 mai 1910 à Lanié dans le département du Rhône. Ouvrier métallurgiste aux Chantiers Franco-Belge de Villeneuve-la-Garenne, membre du syndicat CGT, il s’engage dans la Résistance au sein du 1er groupe franc du Bataillon du Charolais des Forces Françaises de l’Intérieur, en Saône-et-Loire.

En juin 1944, les résistants de ce groupe reçoivent une information : un train blindé, chargé de munitions, doit passer sur la ligne Paray-le-Monial – Lyon. Ils décident de tendre une embuscade. Mais le train-blindé attendu n’est pas le bon : ce n’est pas un convoi de munitions qui arrive mais un convoi de soldats de la Wehrmacht. L’embuscade tourne au massacre : quatre résistants sont tués en combattant, d’autres le sont en tentant de s’échapper. D’autres encore sont rattrapés par les soldats allemands. Ils sont torturés puis fusillés dans les jours qui suivent.

 

André Suchet, blessé par éclats de grenades, meurt le 16 juin 1944 des suites de ses blessures. Il était père de deux enfants.

 

Discours du général de Lattre de Tassigny, le 8 juin 1947 à Beaubery (extraits) :

« Quand l'Histoire dressera le bilan consciencieux des faits d'Armes accomplis dans toute la France par nos maquisards, elle placera ceux de la Région du Charolais parmi les premiers et parmi les meilleurs.

Pour organiser leur action, les patriotes n'y ont pas attendu d'être soulevés par le grand élan général qui secoua tout notre Pays, voici exactement trois ans, à l'annonce du débarquement allié sur les côtes de Normandie. C'est dès le lendemain de l'occupation de la Zone Sud que les meilleurs d'entre eux commencèrent à mener une action clandestine qui, en dépit des périls et des deuils, ne cessa de s'amplifier jusqu'à l'heure de la Libération et de la Victoire.

Mais il ne suffisait pas à ces maquisards de savoir leur région débarrassée du joug ennemi. La libération dont ils avaient rêvé dans la longue et meurtrière attente, ce n'était pas seulement la libération de leurs villages et de leurs bourgs. Le Charolais a chassé l'Allemand. Le Bataillon du Charolais va le poursuivre.

Il prend contact avec des éléments de la 1ère Armée Française et demande à lui être rattaché. Ses hommes, aux côtés de la 1ère Division Blindée, puis dans les rangs de la 2e Division d'Infanterie Marocaine, rivalisent d'ardeur jusqu'au jour où, donnant une nouvelle vie au 10e d'Infanterie de la 14e Division de 1940. Ils vont en Allemagne même, au-delà du Rhin et du Danube, venger leurs Anciens submergés naguère après avoir dépensé un incomparable héroïsme et inscrit dans la gloire le nom de RETHEL ».

 

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site de la ville de Villeneuve-la-Garenne.
  • Site Memorial GenWeb.
  • Informations complémentaires de M. Suchet, fils d’André Suchet.
  • Archives de Rhin et Danube.

 

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Publié le 6 Décembre 2020

A Clamart, les Américains de la Quinte Royale.

Le 100th Bomb Group.

Le 25 mai 1943, le quartier général de l’US Air Force ordonne au 100th Bomb Group, formé de plusieurs unités et de centaines d’avions, de se déplacer de sa base de Kearney au Nebraska, vers le Maine et de là de rejoindre la région du Norfolk en Angleterre.

En quelques mois, le 100e va devenir l’une des unités les plus célèbres de l’histoire de l’armée américaine. Ses missions de bombardement sont périlleuses. Il s’agit de survoler la France et d’aller vider des milliers de bombes (comme on peut le voir sur la photographie) sur des villes telles que Cologne, Kaiserslautern, Francfort et même Berlin. Les officiers qui proposent les noms des missions ne sont pas avares d’humour puisque certaines sont baptisées « Royal Tour », « Voyage au Rhin » ou « le Tour de la Ruhr », « La vallée fertile du Rhin »…

Cela n’empêche pas l’unité de faire preuve d’un courage inouï. Ainsi, le 14 octobre 1943, soit 109 jours après les premiers entraînements en Angleterre, 27 des 35 équipages d’origine avaient été perdus. Par exemple, au cours d’une mission au-dessus de Berlin en mars 1944, l’unité perd quinze bombardiers, après en avoir perdu neuf lors des semaines précédentes au-dessus de Ratisbonne.

Composé des 349e, 350e, 351e et 418e escadrons de bombardements, le 100th groupe de bombardiers concentre ses efforts contre les aérodromes en France et les installations et industries navales en France et en Allemagne au cours de l’année 1943 et du premier semestre 1944. Puis, durant les mois d’octobre à décembre, le 100e intensifie ses actions contrat la Ligne Siegfried et les communications allemandes pendant la bataille des Ardennes.

Pour ses actions, le 100e groupe de bombardiers reçoit en 1945 la Croix de Guerre 39-45 avec palme. En décembre 1945, il s’en retourne aux Etats-Unis non sans avoir laissé une grande partie de ses matériels aux forces françaises. Le 21 décembre 1945, l’unité est dissoute.

 

La mission Royal Flush et son équipage.

Villacoublay abrite une base aérienne depuis les années 1910. Elle va être beaucoup utilisée par les pionniers de l’aviation et ensuite pendant la Première Guerre mondiale. Le 13 juin 1940, elle est occupée par les Allemands, sans un tir : les Français l’ont abandonnée deux jours plus tôt et y ont laissé intacts installations et avions !

Pendant quatre années, Villacoublay sera une base majeure de la Luftwaffe en France. Elle y installe des unités de bombardiers et des unités de chasse. Mais dès 1943, la base devient une cible privilégiée des bombardements alliés. Ainsi, le 24 août 1943, près de 1.100 bombes sont lâchées depuis des flottes de Boeing B-17 Flying Fortress. Malheureusement, les villages voisins sont également touchés et l’attaque fait 34 victimes civiles.

Le 11 août 1944, les batteries anti-aériennes allemandes réussissent à abattre un B-17 américain de l’escadron 418. Les quatre hommes à bord sont tués :

  • Stuart Allison, né en 1925 dans l’Illinois, Technical sergent (photographie avec le reflet du flash). Stuart s’est engagé dans son Etat de naissance. Il est célibataire.
  • Alf Aske (photographie déchirée), né en 1924, Second lieutenant.
  • Gordon Davis (photographie avec un impact sur le haut), âgé de 20 ans, Second lieutenant.
  • Robert Williams (il porte un calot), né en 1926, mécanicien.

Tous les quatre sont tués ce jour-là alors qu’ils effectuent la Mission Royal Flush (Quinte Royale). Ils sont enterrés à Clamart, au fond du cimetière communal du Bois Tardieu. Leurs tombes se touchent, comme pour en faire une seule. Morts ensemble, enterrés ensemble (exemple ci-dessous avec des tombes regroupées d’aviateurs anglais à Clichy).

Onze jours plus tard, les Allemands évacuent la base, et le lendemain, 23 août, le site est occupé par les hommes du général Leclerc, qui y passent la nuit, avec leur illustre officier, avant d’entrer dans Paris le 24 août 1944.

 

Sources :

 

 

A Clamart, les Américains de la Quinte Royale.
A Clamart, les Américains de la Quinte Royale.
A Clamart, les Américains de la Quinte Royale.
A Clamart, les Américains de la Quinte Royale.
A Clamart, les Américains de la Quinte Royale.
A Clamart, les Américains de la Quinte Royale.

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Publié le 16 Mai 2020

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Edgard Tupët-Thomé de Bourg-la-Reine.

Biographie.

 

Edgard Tupët nait le 19 avril 1920 à Bourg-la-Reine (Seine).

 

Après l'obtention de son baccalauréat, il poursuit ses études à l'Ecole supérieure de Théologie de Reims. N'ayant pas la vocation, il choisit en octobre 1938, de s'engager par devancement d'appel au 8e Régiment de Zouaves à Mourmelon. Il participe comme sergent aux attaques en Lorraine dès septembre 1939 puis en Belgique en mai 1940. Il prend part à l'évacuation de Dunkerque, son unité protégeant l'embarquement du corps expéditionnaire britannique. Fait prisonnier le 4 juin à Dunkerque, il s'évade de Rexpoëde le 10 juin au cours de son transfert vers l'Allemagne.

 

Au lendemain de l'armistice, n'acceptant pas la défaite, Edgard Tupët tente vainement de quitter la France pour rejoindre les Forces françaises libres. Démobilisé en septembre 1940, il trouve un emploi à Clermont-Ferrand et entre par hasard en contact en novembre 1940 avec Roger Warin (réseau Ronald) dont il devient, avec Stanislas Mangin, un des adjoints. Il est particulièrement chargé de repérer des terrains d'atterrissage clandestins.

 

En mars 1941, Roger Warin établit une liaison directe avec l'Etat-major de la France libre à Londres par l'intermédiaire de Pierre Fourcaud, chargé de mission du général de Gaulle. Le 1er avril 1941, Edgard Tupët devient, avec quatre camarades de résistance (Mangin, Warin, Tavian et Maurice Andlauer), le premier engagé militaire secret dans les Forces françaises libres. Il exécute des missions de liaison pour le compte de Pierre Fourcaud jusqu'à l'arrestation de ce dernier en août 1941. Il participe à la préparation de son évasion, malheureusement sans réussite.

 

Envoyé par Warin en Grande-Bretagne, il quitte la France en août 1941 avec le sergent Forman et Joël Le Tac, traverse l'Espagne et, via le Portugal et Gibraltar, rejoint l'Angleterre où il fait un rapport sur les activités du groupe. Sous le pseudonyme d'Edgard Thomé, il est affecté à l'état-major particulier du général de Gaulle et suit une instruction parachutiste et l'entraînement du Bureau des Opérations aériennes (BOA). En Angleterre en novembre 1941, il retrouve Roger Warin, alias Wybot, qui est parvenu à s'évader de France et se voit chargé d'une mission en France par le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA).

 

Parachuté le 9 décembre 1941 dans la région de Châteauroux sur un terrain qu'il a choisi, il est accompagné du radio Joseph Piet. Blessé à la tête lors de l'atterrissage, il est chargé de mission, responsable des opérations aériennes et de la branche « Action » du réseau « Ali-Tir » dont Stanislas Mangin dirige la branche « Renseignements ».

 

Adjoint immédiat de Mangin, dont il organise le départ par Lysander en février 1942, Thomé travaille comme agent de 1ère classe. En avril 1942 il fait partir Gaston Tavian dans les mêmes circonstances que Mangin. En raison des blessures reçues six mois plus tôt, il doit quitter la France pour pouvoir se soigner. Le 29 mai 1942, à l'occasion du retour de Tavian par une opération Lysander, Tupët-Thomé, accompagné de Philippe Roques, s'envole pour l'Angleterre.

 

Promu lieutenant, il bénéficie d'une convalescence puis, à son retour à Londres, demande son affectation dans une unité combattante. En novembre 1942, il quitte l'Angleterre pour le Détachement d'instructeurs commando de Saint-Pierre-et-Miquelon, sous les ordres de Stanislas Mangin.

 

En février 1943, toujours avec Mangin, il est affecté au Détachement (puis Bataillon) des Antilles dont il crée et commande la 2e compagnie qu'il entraîne jusqu'en juillet 1943. En août 1943, le lieutenant Tupët-Thomé rejoint à sa demande le 4e Bataillon d'infanterie de l'air (4e BIA) à Camberley et est breveté parachutiste le mois suivant.

 

En janvier 1944, il est muté comme commandant en second de la 2e compagnie du 3e BIA, qui devient en juillet 1944, le 3e Régiment de chasseurs parachutistes (3e RCP). Avec le 3e RCP, il remplit, début août 1944, une première mission parachutée dans la région de Daoulas dans le Finistère. Avec sa seule section (12 hommes) il attaque une Kommandantur forte de 60 hommes, tue 12 Allemands, fait 40 prisonniers, repousse une attaque ennemie et libère Daoulas.

 

Il attaque ensuite la garnison allemande de Landerneau, lui inflige de lourdes pertes et libère la ville. Il rejoint alors la 6e Division blindée américaine pour laquelle il exécute plusieurs missions de reconnaissance.

 

Edgard Tupët-Thomé est parachuté une deuxième fois le 27 août 1944 dans le Jura ; il attaque et prend Clerval (Franche-Comté) qu'il défend avec 50 hommes contre 27 chars et voitures blindées ennemis. Il tue une trentaine d'Allemands et détruit un char. Il rejoint ensuite la 7e Armée américaine et, affecté à un groupe de reconnaissance divisionnaire, se distingue notamment à Arches lors du passage de la Moselle. Le 23 septembre 1944, il ramène sous des feux de mortiers un soldat américain blessé dans ses lignes.

 

Parachuté une troisième fois en Hollande le 7 avril 1945, il effectue avec sa section forte de 15 hommes de nombreuses attaques sur les voies de communication infligeant à l'ennemi de sérieuses pertes en hommes et matériel.

 

En 1945, il démissionne de l'Armée et, après avoir été admis à l'Ecole coloniale d'administration, il est nommé administrateur des Colonies en janvier 1946 en Tunisie. Il devient ensuite Président Directeur Général de la Coopérative viticole de Takelsa en Tunisie.

 

En 1950, il quitte la Tunisie pour le Canada où il gère sa propriété (élevage, agriculture). De retour en France en 1955, il reprend des études, devient Ingénieur en Organisation scientifique du Travail et trouve un poste au bureau d'Etudes techniques chez Singer puis dans un laboratoire pharmaceutique à Neuilly.

 

De 1961 à 1965, Edgard Tupët-Thomé est Ingénieur chez Panhard puis chef des agences dans une société de Tourisme.

 

Distinctions.

 

  • Grand Croix de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (6 citations).
  • Médaille commémorative des Services volontaires dans la France libre.
  • Military Cross (GB).
  • King's Medal for Courage in the Cause of Freedom (GB).
  • Chevalier de l'Ordre d'Orange Nassau (Pays-Bas).
  • Croix de Guerre (Pays-Bas).

 

Depuis le 7 janvier 2019, date de la mort de Guy Charmot, quatre compagnons demeurent en vie :

 

  • Pierre Simonet.
  • Hubert Germain.
  • Daniel Cordier.
  • Edgard Tupët-Thomé.

 

 

 

© Ordre de la Libération.

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