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Publié le 24 Septembre 2017

Ils sont dix vivants.

Le colonel Fred Moore, Compagnon de la Libération et chancelier d’honneur de l’ordre de la Libération, est décédé à l'âge de 97 ans. Ce titre, créé par le général de Gaulle, a été décerné pendant et juste après la Seconde Guerre mondiale.

 

Sa disparition porte à dix le nombre de Compagnons de la Libération encore en vie, sur les 1.036 qui s'étaient engagés au côté de la France libre pendant l'Occupation allemande. Mais, l'Ordre a été exceptionnellement ouvert de nouveau par le général de Gaulle, qui a attribué la croix de la Libération à Winston Churchill (1958) et au Roi d'Angleterre George VI (1960), portant ainsi le nombre définitif des personnes titulaires à 1.038.

 

Pour information, parmi les Compagnons, 270 ont été nommés à titre posthume et 50, déjà Compagnons, sont morts au combat ou en service commandé avant la fin de la guerre. Un peu plus de 700 d'entre eux ont survécu à la guerre. Presque les trois quart des Compagnons de la Libération sont issus des rangs de la France libre et un quart des rangs de la Résistance intérieure.

 

Les dix derniers Compagnons vivants sont :

  • Guy Charmot.
  • Daniel Cordier.
  • Yves de Daruvar.
  • Victor Desmet.
  • Constant Engels.
  • Hubert Germain.
  • Jacques Hébert.
  • Claude Raoul-Duval.
  • Pierre Simonet.
  • Edgar Tupët-Thomé.
Fred Moore, au premier rang (manteau).

Fred Moore, au premier rang (manteau).

Fred Moore.

Né le 8 avril 1920 à Brest, Fred Moore avait été un des tout premiers à avoir répondu à l'Appel du général de Gaulle. Dès le 19 juin 1940 il avait quitté la France depuis Brest et atteint l'Angleterre le 1er juillet 1940, où il s'était engagé dans les Forces Françaises Libres. Il avait pris part à l'expédition de Dakar en septembre 1940 puis servi au Levant au sein d'une unité de Spahis marocains. Il avait débarqué en Normandie le 2 août 1944 avec la 2e division blindée du général Leclerc. Le 25 août 1944, lors de la libération de Paris, il avait pris une part active à la prise de l'Ecole Militaire. Il avait participé jusqu'en avril 1945 aux derniers combats.

 

Ils sont dix vivants.

Djamil Jacir.

L’Association des Familles des Parachutistes SAS de la France Libre a annoncé la mort du sergent-chef Djamil Jacir. Ce parachutiste de la France Libre est décédé à l’âge de 98 ans à l’Institution nationale des Invalides à Paris où il était pensionnaire depuis février 2013.

Djamil Jacir comptait parmi les derniers survivants des parachutistes SAS à avoir participé aux opérations aéroportées en Bretagne à l’été 1944 et à celle des Pays-Bas au printemps 1945. 

Djamil Jacir était né le 29 juillet 1919 à Paris (VIIe). Il s’engage dans l’armée de l’air en août 1939. Affecté au Levant, il rallie les Français Libres en septembre 1941 à Damas. Affecté aux Forces aériennes françaises libres (FAFL), il rejoint le 1er bataillon d’infanterie de l’air (BIA). Breveté Special air service (SAS) le 26 mai 1943 en Angleterre, il est alors intégré au 4e SAS qui deviendra le 2ème régiment de chasseurs parachutistes (RCP).

Le 5 août 1944, Djamil Jacir est déposé dans la région de Locoal-Mendon (Morbihan) par planeur avec deux autres SAS (Pierre Lacaze et Lucien Neuwirth) et une jeep dans le cadre de l’opération Spenser pour libérer la région. Au total, cette opération engage dix planeurs (chacun avec une jeep et trois SAS). Djamil Jacir est blessé par des éclats de mortier le 13 août 1944 lors des combats pour la libération de Nantes. Le 4 avril 1945, Djamil Jacir est parachuté dans la région d’Amherst (Pays-Bas), une opération qui réunit plusieurs centaines de SAS français.

 

Après la guerre, Djamil Jacir reprend sa profession de diamantaire et d’expert en pierres précieuses, devenant un spécialiste reconnu. Il portait à sa boutonnière l’insigne des SAS, une paire d'ailes en diamants.

Le sergent-chef Djamil Jacir était chevalier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du Mérite. Il était titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 1939-1945 avec cinq citations, dont deux à l’ordre de l’armée, de la médaille de la Résistance et de nombreuses décorations étrangères. Très impliqué dans les organisations d’anciens combattants, il avait fondé l’Association nationale des anciens parachutistes (Anap). Il avait été pendant de longues années commissaire au comité de la Flamme sous l’Arc de Triomphe.

 

Sources :

  • Clichés Alain Bétry.
  • Ordre de la Libération.
  • Journal Ouest France.
  • Journal Le parisien.
  • Institution des Invalides.
  • Site Internet RP Défense.

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Publié le 5 Août 2017

Gilbert Grandval lors d’une inauguration dans la région de la Sarre.

Gilbert Grandval lors d’une inauguration dans la région de la Sarre.

Biographie.

 

De souche alsacienne, Gilbert Hirsch-Ollendorff est né le 12 février 1904 à Paris. Il est, par sa mère, le petit-fils de l'éditeur parisien Paul Ollendorff.

 

Après des études au lycée Condorcet à Paris, il devient, à 23 ans, directeur commercial d'une importante entreprise de produits chimiques, filiale des Phosphates de Constantine. Pilote de tourisme, totalisant de nombreuses heures de vol, il est mobilisé en 1939 comme sous-lieutenant pilote.

 

Gilbert Hirsch-Ollendorff, dès les débuts de l'occupation, aidé par sa mobilité professionnelle, commence à collecter des informations et à participer à des filières d'évasion d'aviateurs alliés. En avril 1943, sous le nom de Grandval, il entre, par l'intermédiaire de Roger Cocteau, en contact étroit avec Jacques Lecompte-Boinet, fondateur en zone nord du mouvement Ceux de la Résistance (CDLR). Entré dans le mouvement, Gilbert Grandval recrute d'abord des effectifs pour CDLR. Le 6 août 1943, il est arrêté à Paris mais, faute de preuves, est relâché au bout de 48 heures. Il entre immédiatement dans la clandestinité et consacre dès lors tout son temps à la Résistance.

 

Fin novembre 1943, à la suite d'arrestations en cascade au sein de la direction de CDLR qui se trouve pratiquement décapité, Grandval, membre du comité directeur de CDLR, est choisi comme chef de la branche militaire du mouvement en remplacement de Pierre Arrighi. Au même moment le Conseil national de la Résistance (CNR) charge CDLR d'organiser la Résistance dans le Nord-est. Grandval va donc concentrer son action sur l'Est, la Région C, où CDLR est le mouvement le mieux implanté mais que Grandval connaît très mal.

 

Après l'armistice, l'Alsace et la Moselle ont été annexées par l'Allemagne tandis qu'une zone interdite, "couloir" protégeant la frontière, a été instaurée. Huit départements de l'Est de la France englobant l'essentiel de cette zone forment, pour la Résistance, la Région C. Parvenant à renouer les fils avec des adjoints de Pierre Arrighi, le chef régional Gilbert Grandval est mis en relation avec André Schock (Diagonale), délégué militaire de la Région C qui lui présente les membres du Bureau des Opérations aériennes (BOA) que dirige Michel Pichard  A Paris, affecté à l'Etat-major FFI, Gilbert Grandval rencontre fréquemment André Boulloche, délégué militaire de la Région P, et Rol, représentant FTP à l'Etat-major FFI. A leur contact, il acquiert une bonne connaissance des rouages de la résistance.

 

Devenu chef régional FFI de la Région C, Grandval, avec Shock, consacre ses efforts à la mise sur pied de son état-major et à la fusion des unités militaires des différents mouvements (Armée secrète, Franc-tireurs et Partisans, Organisation de Résistance de l'Armée) pour former les FFI. Il participe activement aux liaisons avec le BOA. Le contexte régional, la proximité de l'Allemagne, rend les actions très difficiles. En février 1944, sous le pseudonyme de Planète, il remplace André Schock arrêté le 28 janvier à Paris, cumulant ainsi, de façon unique dans l'histoire de la Résistance, les fonctions de chef régional des FFI et de délégué militaire régional. En mars 1944, il diffuse son "Instruction n°1" qui définit toute l'organisation régionale FFI : constitution de l'Etat-major, fédération sous son autorité de toutes les forces de la Résistance, coordination des actions, financement, liaisons, équipement, préparation de la réorganisation administrative une fois la région libérée.

 

En mai 1944, Grandval quitte définitivement Paris et installe son PC dans la Meuse, à Bethincourt. Il fait preuve de remarquables qualités d'organisateur en installant les chefs départements FFI et leurs états-major, développant les équipes d'action immédiate et en intensifiant les sabotages. Les effectifs militaires de la Région C sont de l'ordre de 30 000 hommes à l'été 1944 dont 2 500 maquisards mais assez pauvrement armés.

 

Avec son adjoint Jean Bertin, le colonel Grandval met en place l'application du "plan vert" destiné à détruire les voies de communication ferroviaires. Il installe également les autorités civiles (commissaire de la République, préfets) et les comités départementaux de libération. Il ajoute à ses fonctions celle d'officier d'opérations aériennes et, début juillet 1944, assure des opérations de parachutages de jour dans les Vosges. Il se déplace continuellement, généralement à bicyclette.

 

De retour à Nancy le 20 août 1944, Grandval y reste jusqu'à la libération de la ville le 15 septembre 1944. Il y accueille la 3e armée américaine et installe dans leurs fonctions le commissaire de la République, le préfet, le maire et le comité de libération. De juin à septembre 1944 plus de 1 000 câbles ont été échangés avec l'Etat-major du général Koening, commandant des FFI et on dénombre 700 sabotages ou action de guérilla dans la Région C. Le 20 septembre 1944 le colonel Grandval reçoit le commandement de la 20e Région militaire.

 

Gilbert Grandval, qui a obtenu de garder officiellement ce patronyme, est ensuite nommé dans la Sarre, d'abord comme gouverneur (1946-1948) puis successivement comme Haut-commissaire de la République (1948-1952) et comme Ambassadeur de France (1952-1955). Le 20 juin 1955, il est nommé résident général de France au Maroc mais opposé aux décisions gouvernementales, il démissionne en septembre.

 

Secrétaire général de la Marine marchande en septembre 1958, Gilbert Grandval, militant de l'Union démocratique du Travail (UDT) est nommé secrétaire d'Etat au commerce extérieur en avril 1962 puis ministre du Travail de mai 1962 à janvier 1966. En juillet 1966 il est nommé président de la Compagnie des Messageries maritimes jusqu'à sa retraite en 1972. Gaulliste de gauche, il est président de l'Union travailliste dès sa fondation en 1971.

 

Membre du Conseil de l'Ordre de la Légion d'Honneur et du Conseil de l’Ordre de la Libération. Gilbert Grandval est décédé le 29 novembre 1981 à Paris. Il est inhumé à Saint-Cloud.

 

Décorations

 

  • Grand Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 24 mars 1945.
  • Croix de Guerre 39/45.
  • Médaille de la Résistance avec rosette.
  • Officier des Palmes Académiques.
  • Commandeur du Mérite Maritime.
  • Legion of Merit (USA).
  • Grand Croix du Ouissam Alaouite (Maroc).
  • Grand Croix de l'Ordre National du Mérite (Cambodge).
  • Commandeur de l'Ordre National Malgache.

 

Publications

 

  • La Sarre. Déclaration de M. Gilbert Grandval, Paris 1955.
  • Ma mission au Maroc, Paris 1956.
  • Libération de l'Est de la France, Paris 1974 (avec Jean Collin).

 

 

 

 

Source :

 

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

 

Encyclopédie Wikipédia

 

 

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Publié le 25 Juin 2017

2017, année de Normandie - Niémen.

Tout au long de 2017, le Souvenir Français honorera l’escadrille Normandie - Niémen ainsi que ses pilotes.

 

Rappel historique.

Dans les toutes premières heures du samedi 22 juin 1941 débute l’Opération Barbarossa. L’armée allemande envahit l’URSS. Cette offensive entraîne la rupture des relations diplomatiques entre Moscou et le gouvernement du maréchal Pétain. L’ambassade de France fait donc ses bagages. Sur le chemin du retour, le lieutenant-colonel Luguet, qui occupait le poste d’attaché de l’Air, profite de l’escale d’Istanbul pour fausser compagnie à la diplomatie vichyste avec le dessein de rallier la France libre. À son arrivée à Londres, fin 1941, il livre au capitaine Mirlesse, du 2e bureau des Forces aériennes françaises libres (FAFL), son analyse du front de l’Est, avec une guerre d’usure qui ne peut que tourner à l’avantage des Soviétiques.

 

Les deux hommes convainquent le général de Gaulle d’envoyer une force combattante française en URSS. Pour le fondateur de la France libre, l’enjeu d’une telle démarche ne se limite pas au plan militaire. Il y entre aussi d’incontestables considérations politiques. Par cette présence française, fût-elle symbolique, de Gaulle souhaite, aux yeux des Soviétiques qui l’ont reconnu comme chef de tous les Français libres, combler le vide laissé par le départ de la représentation de Vichy. En outre, en visionnaire qui n’entrevoit pas d’autre victoire finale que celle des Alliés, il entend ainsi se positionner en vue des discussions de l’après-guerre.

 

Tout d’abord, de Gaulle pense proposer aux Soviétiques l’envoi sur le front de l’Est d’une division mécanisée, prélevée sur les forces françaises stationnées au Levant. Mais c’est finalement l’idée d’un groupe de chasse qui est retenue. Au printemps 1942, Joseph Staline donne son accord de principe à l’envoi d'un groupe de chasse en URSS avec quatorze pilotes, une quarantaine de mécaniciens, plus le personnel administratif. Soit soixante-deux volontaires. Le GC 3 sera une unité française sous commandement français, intégrée à une division soviétique.

 

Un nom pour la postérité.

Suivant la tradition, chaque unité des FAFL doit prendre le nom d’une province française. C’est « Normandie » qui l’emporte. Outre le fait qu’il est agréable à l’oreille, ce nom sonne comme un hommage à la tentative malheureuse de débarquement à Dieppe, en août 1942. L'unité comprend des jeunes gens venus d’horizons géographiques et sociaux différents. Il y a des nobles, des bourgeois, des ouvriers, des étudiants, des gens de droite, des gens de gauche, des apolitiques… Mais tous se rejoignent sur l’essentiel, comme l’a très bien résumé Jacques de Saint-Phalle qui rejoindra le « Normandie » en Russie : « Je ne voulais pas rester sous la botte allemande. Et en plus il y avait l’attrait du vol. On n’est pas allé là-bas pour défendre des idées politiques. Il se trouve que les Soviétiques nous ont fourni les moyens de faire notre guerre ». Le jeudi 12 novembre 1942, c’est le grand départ vers le front de l’Est, un théâtre d’opérations et des conditions de vie à des années-lumière de ce tout ce qu’ont pu connaître jusque-là les pilotes et les mécaniciens.

 

Trois semaines plus tôt, les Allemands ont connu à El-Alamein en Egypte leur première défaite mais dans l'Europe occupée, l'issue de la guerre paraît encore très incertaine. La témérité des pilotes français n'en est que plus grande...

Le GC 3 atteint la base d'Ivanovo, ville située à 250 km au nord-est de Moscou. L'instruction des Français va durer du 2 décembre 1942 au 14 mars 1943. Après avoir testé les différents types d'appareils - dont certains anglais ou américains - proposés par le commandement soviétique, le commandant d'unité Jean Tulasne et son adjoint le capitaine Albert Littolff arrêtent leur choix sur le Yak soviétique, ce qui va droit au cœur de leurs hôtes. Dans ses versions successives (Yak 1, Yak 9 puis Yak 3) , ce petit chasseur en toile et duralumin, rustique mais très maniable, satisfera toujours les Français face aux pilotes chevronnés de la Luftwaffe et à leurs redoutables avions entièrement métalliques, les Messerschmitt 109 et autres Focke-Wulf 190.

 

La première campagne du « Normandie » débute le 22 mars 1943. Les combats vont succéder aux combats, toujours plus âpres, aux cours desquels les victoires s'accumulent avec leur inévitable lot de pertes. Celles-ci vont devenir si importantes que des renforts sont nécessaires. Ils arriveront à compter du 10 mai 1943.

 

Le 19 juin, pour la première fois, le quotidien La Pravda publie le nom de cinq officiers français décorés de l'« Ordre de la Guerre pour la Patrie ». Le 14 juillet, le « Normandie », unité minuscule sur l'immensité du territoire soviétique, voit flotter le drapeau français lors d'une prise d'armes de dix minutes entre Français et Soviétiques. Trois jours plus tard, c'est au tour du commandant Tulasne de ne pas rentrer. Il est remplacé à la tête de l’unité par le commandant Pierre Pouyade, tandis que le sous-lieutenant Albert et le capitaine Préziosi obtiennent la 30e victoire du groupe.

Notons qu'un an plus tard, pour récompenser l'unité de son rôle déterminant dans le franchissement du fleuve Niémen, le 21 juillet 1944, à Alytous (Lituanie), Staline l'autorise à accoler le nom de Niémen à Normandie, comme il est de tradition dans l'armée russe. C'est comme cela qu'elle entrera dans la postérité sous le nom de « Normandie-Niémen »...

 

Vers la consécration et la gloire.

En août 1943, l'ensemble du personnel technique français est muté au Moyen-Orient et remplacé par du personnel soviétique. De ce fait, le « Normandie » perd ses compagnons de la première heure mais gagne cette spécificité qui va contribuer à forger sa dimension symbolique : des pilotes français et des mécaniciens russes réunis dans une même unité. C'est une première dans l’Histoire.

 

Retiré exsangue à l'orée de l'hiver, le groupe va séjourner jusqu’au printemps 1944 à Toula où il est transformé en régiment à quatre escadrilles grâce au renfort de nombreux pilotes venus d'Afrique du Nord. Forte de soixante et un pilotes, l'unité entame sa deuxième campagne le 25 mai 1944. Les premières pertes ne vont pas tarder.

 

Le 28 mai, le Yak 9 de Marcel Lefèvre, une des figures emblématiques du groupe, prend feu à l’atterrissage à la suite d’une fuite de carburant. Transformé en torche, le pilote meurt de ses brûlures à l’aube du 6 juin 1944 alors que les Alliés débarquent sur les plages de sa Normandie natale. Les autorités soviétiques lui organiseront des obsèques en grande pompe à Moscou.

Nouveau drame le 15 juillet 1944 : à son tour victime d’une fuite de carburant, le lieutenant Maurice de Seynes regagne précipitamment le terrain de Doubrovka d’où il a décollé quelques minutes plus tôt. Aveuglé par les vapeurs d’essence qui envahissent son cockpit, il tente vainement à plusieurs reprises de se poser. Les Soviétiques lui ordonnent de sauter. De Seynes refuse car il ne veut pas abandonner à une mort certaine son mécanicien Vladimir Bielozoub qu’il a embarqué à l’arrière de son avion, comme cela se fait couramment pour les courts trajets d’un terrain à l’autre. Et Bielozoub, lui, n’a pas de parachute... Après plusieurs autres tentatives infructueuses, le Yak 9 s’écrase et explose, tuant ses deux occupants. L’aristocrate parisien et le paysan de la Volga ont été enterrés l’un à côté de l’autre à Doubrovka. Le sacrifice de Maurice de Seynes a un retentissement énorme en URSS et va entrer dans les livres d’Histoire comme symbole de l’amitié indéfectible entre la France et la Russie.

 

Les actes de bravoure deviennent le quotidien des aviateurs français au cours de cette seconde campagne. Le 16 octobre, en cent sorties, le « Normandie-Niémen » s'octroie 29 victoires sans une seule perte. Deux jours plus tard, en quatre-vingt-huit sorties, les casseroles d'hélices tricolores abattent 12 avions. Le 20 octobre, soixante-neuf sorties, 11 victoires, le 22, cinquante-six sorties et 14 autres victoires sans perte.

 

Le 27 novembre 1944, le « Normandie-Niémen » a le privilège d'être la première unité française à stationner sur le sol allemand. Le lendemain, les lieutenants Albert et de la Poype sont élevés à la dignité de « Héros de l'Union Soviétique ».

 

Le 9 décembre, le général de Gaulle accueille à Moscou tous les pilotes français, qui reçoivent honneurs et décorations. Après l’intermède officiel et festif du voyage à Moscou, le « Normandie-Niémen » retourne sur le front à la mi-décembre 1944 pour sa troisième et dernière campagne. Les 19, 21 et 23 janvier 1945, l'héroïsme du « Normandie-Niémen » est récompensé par trois citations à l'ordre du jour du maréchal Staline. Le 21 février, il ne reste que vingt-cinq pilotes. Le 12 avril, le lieutenant Georges Henry abat un Focke-Wulf 190, ce qui sera la dernière victoire du « Normandie-Niémen ». Quelques heures plus tard, ce même pilote en sera également le dernier mort, tué par un mitraillage au sol.

 

Le 9 juin 1945, considérant le comportement exemplaire des pilotes français sur le front soviétique, le maréchal Staline estime qu'il serait injuste de les désarmer. Il leur fait don de leurs avions Yak qui vont se poser le 20 juin au Bourget devant une foule énorme venue les accueillir en héros.

 

Ainsi se termine l'épopée commencée le 22 mars 1943. Le « Normandie-Niémen » a obtenu 273 victoires confirmées, 37 probables et 47 avions endommagés en 869 combats aériens. Quatre pilotes ont été élevés à la dignité de « Héros de l'Union Soviétique » : Marcel Albert, Roland de la Poype, Jacques André et Marcel Lefèvre. Vingt-et-un ont été faits Compagnons de la Libération par le général de Gaulle. Quarante-deux de ses pilotes sont morts pour la France sur un total de quatre-vingt-dix-sept qui participèrent aux trois campagnes.

 

L’épopée continue.

Le « Normandie-Niémen » est l’unité de chasse possédant le palmarès le plus fourni mais également le taux de perte le plus élevé de l’aviation française. Basé à Mont-de-Marsan depuis 2011, le régiment de chasse 2/30 « Normandie-Niémen » vole aujourd’hui sur Rafale et participe aux frappes aériennes contre DAECH en Syrie.

 

Ces mots du journaliste et écrivain russe Ilya Ehrenbourg (1891-1967) résument parfaitement ce que représente pour la Russie l’engagement des pilotes de la France Libre aux côtés de l’Armée Rouge à partir de la fin de l’année 1942 : « Il ne s’agit évidemment pas d’arithmétique. Que signifiait un groupe de pilotes, même des meilleurs et des plus hardis, dans un combat gigantesque où l’on s’affrontait par millions ? Il s’agit d’amitié, d’élan du cœur, qui sont plus chers aux peuples que tous les discours et les déclarations. Il s’agit du sang versé sur la terre russe. Et la Russie n’oubliera jamais que les Français, pilotes au “Normandie”, sont venus chez nous avant Stalingrad ».

 

 

 

Sources :

  • Site herodote.net
  • Encyclopédie Wikipédia
  • Encyclopédie Larousse
  • Encyclopédie Britannnica

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Publié le 6 Mai 2017

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Jean des Moutis de Saint-Cloud.

Jean des Moutis est né le 11 août 1911 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).

 

Bachelier, il est élève officier dans la Marine marchande en 1931 avant de s'engager en 1933 dans la marine de guerre. Il suit les cours de l'Ecole des EOR avant d'être affecté comme aspirant à bord du Colbert. Enseigne de vaisseau de 2e classe en 1934, il sert à la 3e Escadre sous-marine puis, enseigne de vaisseau de 1ère classe, à bord des torpilleurs Orage et Frondeur, de 1936 à 1939.

 

En décembre 1939, Jean des Moutis prend le commandement du chasseur de sous-marins n°6, qui vient d'être construit. En mai et juin 1940, il participe activement à l'évacuation de Dunkerque, du Havre puis de Cherbourg ce qui lui vaudra deux citations à l'ordre de l'Armée.

 

Le 17 juin 1940, il quitte Cherbourg, deux heures avant l'entrée des Allemands, en emmenant à son bord tout le commissariat de la marine. Le 18 juin il rallie Portsmouth et s'engage dans les Forces navales françaises libres le 3 juillet. Affecté au 1er Bataillon de fusiliers marins comme commandant en second avec le grade de lieutenant de vaisseau, il prend part à la formation et à l'entraînement de l'unité. A bord du Commandant Duboc avec un détachement du 1er BFM, il participe à l'expédition de Dakar et à la tentative de débarquement de Rufisque en septembre 1940.

 

En novembre, il sert en qualité d'officier de plage des troupes du colonel Leclerc pendant les opérations de ralliement du Gabon. Une fois les combats terminés, il se voit confier, avec le grade de lieutenant de vaisseau, le commandement de la Marine du Gabon qu'il réorganise. En juin 1941, le lieutenant de vaisseau des Moutis combat en Syrie, notamment à Djeidet-Artouz et à Mezzé avant de prendre, par intérim, la tête du 1er Bataillon de fusiliers marins après la mort du commandant Détroyat, tué devant Damas.

 

Promu capitaine de corvette pour faits de guerre, il est rappelé en Angleterre en septembre 1941 pour servir au commissariat national à la Marine et à la Marine marchande. Il prend part ensuite à la libération de Saint-Pierre-et-Miquelon où il organise les opérations navales anti-sous-marines de juin à décembre 1942. Rentré en Grande-Bretagne, il rejoint l'Etat-major des FNFL à Londres. En mai 1943, il prend le commandement de l'aviso Commandant Dominé qui effectue de nombreuses escortes de convois dans l'Océan Indien, en Mer Rouge et en Méditerranée, notamment lors des opérations du Dodécanèse Italien en novembre 1943. Jean des Moutis quitte le Commandant Dominé en juillet 1944 pour servir à Madagascar jusqu'en octobre 1945.

 

Après un séjour au quartier général de la marine à Paris, il commande la Marine en Nouvelle-Calédonie (1947-1949) puis participe aux campagnes d'Indochine et du Pacifique. Promu capitaine de frégate en janvier 1952, il est ensuite de nouveau commandant de la Marine en Nouvelle-Calédonie et attaché naval pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande de 1955 à 1957. Il est ensuite affecté à l'Etat-major de l'OTAN à Fontainebleau.

 

Capitaine de vaisseau en 1959, il est auditeur puis instructeur au Centre des Hautes Etudes Militaires. Le 1er novembre 1963, Jean des Moutis rallie Cherbourg pour prendre son poste de chef d'Etat-major de l'amiral La Haye, à la Préfecture maritime.

 

Jean des Moutis est décédé à Fontainebleau, le 11 janvier 1965, à l'issue d'une longue maladie. Il a été inhumé à Saint-Cloud.

 

Décorations :

  • Officier de la Légion d'Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
  • Croix de Guerre 39/45 (avec 3 palmes)
  • Croix de Guerre des TOE (1 citation)
  • Médaille de la Résistance avec rosette
  • Médaille Coloniale avec agrafe « E-O »
  • Croix de guerre (Pays-Bas)
  • Officier de l'Etoile Noire (Bénin)
  • Officier de l'Etoile d'Anjouan (Comores)

 

 

© Ordre de la Libération.

 

 

Source :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

 

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Publié le 8 Avril 2017

Le viaduc reliant Tréboul à Douardenez.

Le viaduc reliant Tréboul à Douardenez.

C'était pendant la guerre de 1939-1945 à Tréboul, dans le Finistère, en Bretagne. Cette commune a été absorbée par Douarnenez en 1945.

 

Nous étions au printemps de 1943 dans la classe de CM1 de Monsieur Pascal Bourdon. Il faisait une très belle journée ensoleillée et les fenêtres situées au sud étaient ouvertes.

 

Soudain, des coups énergiques ébranlèrent la porte de la classe.

 

Monsieur Bourdon se dirigea vers celle-ci et l'ouvrit. Dans l’entrebâillement, les élèves purent distinguer deux hommes portant un chapeau et un manteau de cuir, comme on a pu en voir dans les films sur la Deuxième Guerre mondiale. C’était la Gestapo. On saura par la suite qu'un cordon de troupes d'occupation entourait l'école.

 

Je supposai que Monsieur Bourdon s’était vu signifier son arrestation pour menées subversives et enjoindre de les suivre. Très calmement, l’instituteur leur demanda s’il pouvait aller prendre ses socques, des chaussures à semelles de bois qu'on portait avec des chaussons de tissu. Il referma la porte, pris ses socques déposées sur l'estrade sur laquelle était installé son bureau puis, toujours aussi calme, se dirigea vers la fenêtre la plus proche en nous faisant signe de nous taire. Il enjamba la fenêtre (nous étions au premier étage) et sauta sur le toit d’un bâtiment en contrebas. Se laissant glisser jusqu'au bord, il se suspendit à la gouttière – qu'il déforma – et s’élança dans la cour.

 

Par chance pour lui, ce côté était gardé par des gendarmes français. A sa vue, le plus proche fit semblant d'aller aux toilettes, ce qui permis à Monsieur Bourdon de disparaître par le jardin du directeur. Il ne fut pas rattrapé…

 

Au bout d'un moment, l’un des gestapistes ouvrit la porte, parcourut la classe du regard, alla voir sous le bureau et vit alors la fenêtre ouverte. En se penchant il remarqua la gouttière déformée puis, sans un mot, ressortit.

 

Nous étions de tout cœur avec notre instituteur et heureux qu'il soit parvenu à fuir les Allemands. Nous avons appris par la suite qu'il avait été pris en compte par son réseau de résistance, échappant ainsi à la torture et à la mort.

 

Peu de temps après, un autre instituteur, Monsieur Castrec, qui enseignait à la classe de CM2, disparut dans la nature. Lui aussi faisait partie du même réseau. Après la Libération nous avons su que cet enseignant avait rejoint un maquis dans le Périgord pour échapper aux recherches.

 

Tous deux avaient sans doute été dénoncés.

 

Le sang-froid de Monsieur Bourdon m'a beaucoup frappé. Je m'en souviendrai toute ma vie. Cela a été pour moi un exemple, un complément à son cours qui était par ailleurs extrêmement apprécié.

 

J'ai ensuite, de 1944 à 1945, été l'élève de Monsieur Castrec qui m'a préparé à l'examen d'entrée en 6e. J’ai gardé en mémoire les noms de quelques camarades de classe: Savina, Sévéléder, Couillon, Gargadennec. Je souhaiterais, s'ils sont encore de ce monde, qu'ils puissent lire ce récit et y apporter leur contribution.

 

Quant à elle, l’école, elle a été détruite pour laisser place à l'école de voile de Douarnenez.

 

 

 

 

Colonel (ER) Pierre Keraudren

Président honoraire du Comité de Châtillon du Souvenir Français

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Publié le 10 Décembre 2016

Le général Alain de Boissieu et l'amiral Philippe de Gaulle à Colombey.

Le général Alain de Boissieu et l'amiral Philippe de Gaulle à Colombey.

Biographie.

 

Alain de Boissieu est né le 5 juillet 1914 à Chartres. Son père est assureur-conseil.

 

Après des études au collège Sainte-Croix du Mans et à l'école Sainte-Geneviève de Versailles, il entre à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1936. Sorti de l'ESM dans la promotion du Soldat Inconnu, le sous-lieutenant de Boissieu poursuit sa formation militaire à l'Ecole d'Application de la Cavalerie de Saumur en septembre 1938. Il obtient également trois certificats de licence à la Faculté de Paris.

 

Lors de la déclaration de guerre, le sous-lieutenant de Boissieu sert au Groupe de Reconnaissance de la 10e Division d'infanterie (15e GRDI). Chef de peloton de canons antichars, il arrête une attaque ennemie, le 11 juin 1940, au nord d'Epoye, dans la Marne, détruisant trois blindés et faisant preuve du plus grand calme et de la plus grande énergie.

 

Encerclés dans le bois de la ferme Milan par les Allemands qui viennent de prendre le village voisin d'Epoye, les canons de 25 antichars, ne pouvant tirer de nuit, doivent être sauvés de la capture. Avec l'autorisation du commandant de la position de défense, le sous-lieutenant de Boissieu décide de rassembler les 35 cavaliers de son peloton dans le layon le plus large et de charger au sabre les Allemands qui surveillent les sorties en direction de la plaine, tandis que les fantassins voisins couvriraient la charge par une diversion.

 

L'opération réussit avec quelques pertes et les servants emballés se retrouvent sur la route de Beine ; Alain de Boissieu confie alors le peloton à son sous-officier adjoint, le maréchal des logis chef Barbé, puis il revient à pied dans le bois de la ferme Milan pour prendre le commandement des fantassins qui avaient protégé la sortie de son peloton. Les fantassins rejoignent ainsi leur unité à Beine ; le sous-lieutenant de Boissieu tente avec le chef de bataillon de la Rochefordière, qui commande la position, de gagner le camp de Mourmelon et le 15e GRDI. Ils sont faits prisonniers le 12 juin dans une embuscade allemande à hauteur du mont Cornillet.

 

Deux fois cité pendant la campagne de France, c'est en Belgique, le 19 juin, au cours du transfert de son détachement de prisonniers vers l'Allemagne, qu'il prend indirectement connaissance de l'appel prononcé la veille par le général de Gaulle à la radio de Londres. Il tente de s'évader du train qui le transporte à Mayence.

 

Promu lieutenant en septembre 1940 pendant sa détention, il s'évade de l'Oflag II D en Poméranie le 28 mars 1941 avec deux camarades, le sous-lieutenant Klein et le lieutenant Branet, et gagne l'URSS où il est de nouveau interné, après avoir demandé à rejoindre le général de Gaulle en Angleterre. L'offensive allemande de juin 1941 joue en faveur des internés français, rassemblés dans un camp à Mitchourine au sud de Moscou, dont une liste est communiquée aux nouveaux alliés britanniques qui la transmettent aux Forces françaises libres. Avec 185 camarades, emmenés par le capitaine Billotte, Alain de Boissieu parvient à rejoindre, par Arkhangelsk et le Spitzberg, l'Angleterre où il signe son engagement dans les FFL, à Camberley, le 12 septembre 1941.

 

Servant à l'Etat-major particulier du général de Gaulle à Londres pour remplacer un officier blessé, il suit un entraînement de parachutiste et de commando puis prend part aux opérations de Bayonne à Pâques 1942 et au raid sur Dieppe en août 1942. En décembre 1942, le capitaine de Boissieu est envoyé en mission dans l'Océan Indien, sous les ordres du général Legentilhomme. Il participe alors aux opérations du rétablissement de l'autorité française à Madagascar et à Djibouti avec le Bataillon de marche n° 2 (BM 2) des FFL.

 

En mars 1943, il rejoint, sur sa demande, la Force "L" du général Leclerc en Tunisie et est affecté au 3e Bureau de l'Etat-major. La Force "L" devient, en juillet 1943, au Maroc, la 2e Division blindée (2e DB). En février 1944, Alain de Boissieu est affecté au commandement de l'Escadron de Protection du général Leclerc et du PC avancé de la 2e DB avec un escadron de chars légers et d'obusiers de 75. Ses lieutenants sont Pierre de la Fouchardière, Philippe Duplay et Hervé de Lencquesaing. Il débarque en Normandie le 30 juillet 1944 et est blessé le 12 août à La Lande de Goult dans l'Orne par l'explosion d'un obus antichar de 75 alors qu'il aidait le chef du char "l'Ourcq" à sortir de sa tourelle, son tireur blessé ; tous les servants sont tués à l'exception du capitaine de Boissieu qui est éjecté dans l'herbe.

 

Il se distingue lors des combats de la forêt d'Ecouves en réduisant une résistance blindée allemande. Il fait de même à Paris, le 25 août 1944, lorsqu'il engage deux de ses pelotons contre un ennemi fortement organisé au point d'appui du Luxembourg, parvenant à l'ébranler au point de le faire capituler quelques heures plus tard. En Alsace, en décembre 1944, le capitaine de Boissieu est affecté sur sa demande au 501e Régiment de chars de combat (501e RCC) dont il commande la 3e Compagnie de chars moyens. Il est cité à nouveau, lors des opérations du 25 janvier au 2 février 1945, pendant la campagne d'Alsace, où il prépare et fait exécuter à sa compagnie de chars des opérations non appuyées par de l'infanterie, du fait de l'épaisseur de la neige, obtenant chaque fois un succès complet avec un minimum de pertes. Il participe avec le capitaine Dronne à la première attaque d'un village de nuit pour éviter les antichars qui protégeaient Marckolsheim.

 

Affecté en avril 1945 au cabinet militaire du général de Gaulle à Paris, rue Saint Dominique, il obtient cependant de rejoindre pour quelques jours la 2e DB qu'il rejoint, début mai 1945, à Berchtesgaden. Rentré en France, il est promu chef d'escadrons en juin 1945.

 

Le 2 janvier 1946 à Paris, Alain de Boissieu épouse Elisabeth de Gaulle.

 

Après avoir suivi les cours de l'Ecole d'Etat-major à Paris, il se voit refuser de servir en Indochine, s'étant occupé du retour du Prince Vinh San en Annam, et il est affecté en Afrique équatoriale (août 1947-novembre 1949) au Secrétariat de la Défense de l'ensemble AEF-Cameroun. Il retrouve ensuite le 501e RCC, en qualité de responsable des services techniques, avant d'être affecté à l'Etat-major de la Zone stratégique d'Afrique centrale (1952-1953) à Dakar.

 

Breveté de l'Ecole supérieure de Guerre en 1955, le lieutenant-colonel de Boissieu sert ensuite pendant une année à Paris, à l'Etat-major du commandant en chef de la Zone stratégique de l'Afrique centrale. Ayant demandé un commandement en Algérie, il est placé, en juin 1956, à la tête du 4e Chasseurs dans le Constantinois. Il y fait, dans des circonstances difficiles, la preuve de ses qualités militaires "aussi bien dans la pacification de son territoire que dans l'organisation et l'exécution des opérations" ; il reçoit la Croix de la Valeur Militaire avec deux citations et la cravate de Commandeur de la Légion d'Honneur.

 

Promu colonel en septembre 1958, il devient directeur du Cabinet militaire du Délégué général du Gouvernement Mr Paul Delouvrier et du général Maurice Challe, commandant en chef en Algérie. En octobre 1959 il rejoint à Paris l'Inspection générale de l'Arme blindée et de la Cavalerie comme chef d'Etat-major avant de suivre, en 1961, les cours du Centre des hautes études militaires et de l'Institut des hautes études de la Défense nationale.

 

Le colonel de Boissieu commande alors la 2e Brigade blindée à Saint-Germain-en-Laye (septembre 1962-septembre 1964) et, promu général de brigade, reçoit le commandement de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr et de l'Ecole militaire interarmes de Coëtquidan (septembre 1964- septembre 1967).

 

Le général de Boissieu commande ensuite pendant deux ans la 7e Division mécanisée à Mulhouse avant d'être nommé Inspecteur de l'ABC (Arme blindée - Cavalerie) et membre du Conseil supérieur de la Guerre (1969-1971). Général d'armée en

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 18 Octobre 2016

François Perrot n'est plus.

Alain Goussard, président du Comité de Vaucresson du Souvenir Français, nous a prévenus de la disparition de François Perrot, en fin de semaine dernière. Ce jour, mardi 19 octobre 2016, en l’église Saint-Louis des Invalides, en présence de Monsieur Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, se déroulaient les obsèques de ce grand résistant.

 

Nos pensées vont à sa famille, ses amis et ses proches, ainsi François Goure, ami de Monsieur Perrot et ancien président du Comité de Vaucresson.

 

L’engagement au service de la France.

 

François Perrot nait à Strasbourg en 1921. Passionné par l’Histoire de France, élevé dans le culte du sacrifice de ses « grands anciens », il se destine à l’Ecole militaire de Saint-Cyr. Après la défaite de l’armée française en mai – juin 1940, il se trouve avec sa famille à Orléans puis dans le Lot, où, au milieu de soldats français en déroute, il écoute le discours du maréchal Pétain puis l’appel du général de Gaulle le 18 juin.

 

Dès octobre 1940, il fonde à Gap un groupe de lycéens résistants à l’occupant. L’année suivante, il tente, en vain, de rejoindre la France Libre. En 1942, il prend la tête de la section d’un mouvement de la Résistance Intérieure Française au sein de l’Ecole Libre des Sciences Politiques.

 

En 1943, arrêté par la Gestapo, il est interné à Fresnes puis est envoyé au camp de Compiègne pour monter dans l’un des convois avec pour destination les « camps de la mort ». D’abord interné à Buchenwald (matricule 21189), il est transféré au camp de Flossenbürg en avril 1945.

 

Libéré en mai 1945, François Perrot va entamer une triple carrière : au Commissariat à l’Energie Atomique, où il est Chef de Service ; en parallèle, il travaille dans les associations du monde combattant et du Devoir de Mémoire : président de l’UNADIF 92 (Union Nationale des Associations de Déportés et Familles de Disparus), vice-président de la Fondation Nationale pour la Mémoire de la Déportation, président d’honneur du comité du Souvenir Français de Vaucresson. Enfin, au service de ses concitoyens, il est pendant de nombreuses années maire-adjoint de Vaucresson. Croix de Guerre et Médaille militaire, Officier dans l’Ordre national du Mérite, François Perrot est Grand-Officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur.

 

En 1995, il participe à l’ouvrage « Leçons de Ténèbres » (sous la direction de Jean Manson, éditions Plon). Le texte ci-dessous intitulé « Marches de la Mort » est extrait de ce livre.

 

 

« Les Marches de la mort ».

 

« Le froid printemps de 1945 fut pour beaucoup la période la plus dure de la déportation, une sorte d’apothéose funèbre, de couronnement d’épines, de Golgotha ! Même si, jusque-là, la mort nous guettait à chaque instant, nous nous étions plus ou moins installés dans la vie concentrationnaire, en accomplissant notre tâche quotidienne, en tentant de nous fondre dans la masse et de ne pas nous signaler à l’attention des SS, des kapos, des Vorarbeiter... ».

 

 

« De Buchenwald à Flossenbürg ».

 

« Cela avait commencé par Auschwitz dès le mois de janvier. Puis les évacuations se généralisèrent en avril.

 

En ce qui me concerne, affecté le 9 octobre 1943 au Kommando de Berlstedt, qui dépendait du camp de Buchenwald, où j’étais arrivé le 18 septembre 1943, je fus replié avec tous mes camarades sur le camp principal le 4 avril 1945. Nous partîmes le 6 avril en direction de l’est, fuyant devant l’avance américaine. Nous étions entassés dans des wagons de marchandises découverts, du type « minéralier ». Sans manger et sans boire, serrés les uns contre les autres, sans pouvoir nous asseoir et, encore moins, nous coucher, nous roulions jour et nuit. Je me souviens de la joie vengeresse qui nous étreignit en traversant Chemnitz complètement détruite. Nous nous disions : « Nous allons mourir, mais nous ne serrons pas les seuls ! » De temps à autre, le convoi s’arrêtait en raison des bombardements et les SS s’abritaient sous les wagons.

 

Puis, nous repartions. Un jour, le convoi bifurqua pour prendre la direction du sud afin de ne pas se retrouver face à l’Armée rouge. Ce furent alors les beaux paysages de la Bohême : Komotov (Komotau en allemand), Karlovy Vary (Karlsbad), Marianské-Lazné (Marienbad) qui n’avait pas encore été illustré par Alain Resnais. Puis, dans la petite gare de Tachov (Tachau), le train s’arrêta : les SS nous dirent que nous allions continuer à pied et demandèrent que ceux qui se sentaient incapables de marcher sortent des rangs. Bien qu’ayant, comme beaucoup d’autres, les chevilles très gonflées par la station debout prolongée depuis plusieurs jours, mes amis Marcel Pernin, Auguste Vercey et moi jugeâmes prudent de rester avec le gros de la troupe qui se dirigea aussitôt ver l’ouest pour franchir les monts de Bohême (plus précisément l’Oberpfälzer Wald). Nous ne devions plus jamais revoir nos camarades qui avaient déclaré ne pouvoir marcher. Ils furent abattus et leurs restes enterrés avec d’autres victimes de la Marche de la mort. Leur fosse commune est surmontée d’une sorte de tertre et d’un modeste monument.

 

Il fallut marcher et franchir la montagne qui sépare la Bohême de la Bavière et qui culmine à environ mille mètres. Une trentaine de kilomètres fut parcourue.

 

Ce fut notre première « marche de la mort ». Parmi ces milliers d’hommes, de tous âges, de toutes nationalités, affaiblis par des mois ou des années de mauvais traitements, de sous-alimentation, de coups, d’humiliations, beaucoup ne purent supporter ces nouvelles épreuves ; ils s’arrêtaient ou tombaient sur la route et étaient immédiatement achevés d’une balle dans la tête.

 

Cela dura plusieurs jours, sans  nourriture, sans boissons... Nous couchions la nuit au bord du chemin, après avoir bu l’eau des fossés et mangé quelques herbes ou pissenlits. Beaucoup d’entre nous étaient malades (dysenterie, érysipèle...).

 

Le jour, nous traversions de rares villages. Deux souvenirs contradictoires restent gravés dans ma mémoire. Un jour, au bord de la route, mon regard a croisé ceux, apitoyés, d’un couple de civils en promenade avec un bébé. Une autre fois, à moins que ce ne soit le même jour, des enfants ont jetés des cailloux aux « criminels » qu’ils voyaient passer. Un peu partout, à chaque carrefour, se dressait un calvaire, comme un signe !

 

La nuit était tombée lorsque nous parvînmes à Flossenbürg. Mes camarades et moi nous souviendrons de cette arrivée lugubre, sinistre, apocalyptique. Les SS criaient et frappaient, les chiens aboyaient, quelques rares lumières scintillaient dans l’obscurité et notre pitoyable troupeau fut poussé dans le hall de l’usine Messerschmitt où gisaient quelques éléments d’avions. Il y avait des flaques de sang et nous crûmes tous que c’était là l’aboutissement de notre vie, une sorte d’abattoir infernal... Puis, le calme s’établit et, épuisés, nous avons sombrés dans le sommeil, écroulés sur le ciment entre des morceaux d’avions.

 

Le lendemain matin, cela devait être le 15 ou le 16 avril, nous fûmes répartis dans les baraques surpeuplées du camp. Celui-ci, conçu pour 4.000 hommes, en comptait alors 17.000, compte tenu du retour au bercail de nombreux kommandos. Il ne nous restait plus qu’à nous installer à même le sol, sous les châlits. Mais, au moins, recevions-nous notre ration de liquide chaud qui tenait lieu de soupe et un peu de pain, et, surtout, n’avions-nous plus à marcher, ni, d’ailleurs, à travailler.

 

Tous les matins, nous trouvions dans les latrines les morts de la nuit qui nous regardaient fixement.

 

Au bout de quelques jours, une canonnade fut entendue au loin. Les SS, ou leurs auxiliaires, quittèrent certains miradors après y avoir installé des drapeaux blancs. Le bruit courut que le camp allait se rendre. La joie et l’espoir firent briller nos yeux au fond des orbites creuses de nos crânes décharnés.

 

Hélas, peu de temps après, les gardiens reprirent leur place et les drapeaux blancs disparurent ! »

 

 

« Flossenbürg à Cham ».

 

« Le 20 avril, il fallut reprendre la route, en plusieurs colonnes, vers le sud cette fois, vers Dachau ou vers un hypothétique « réduit alpin ». Et la même horreur se renouvela : les nuits au bord du chemin, ou dans les bois, l’eau des fossés, les pissenlits, la maladie, la fatigue, l’épuisement. Il fallut parcourir 30 kilomètres par jour, sans nourriture, si ce n’est un demi-pain reçu au départ, sans boisson. Le froid pénétrait à travers nos mauvais vêtements de Fibranne, nos pieds saignaient dans nos claquettes. Des coups de feu retentissaient tout au long de la colonne, annonçant la mort de tous ceux qui n’en pouvaient plus et qui rendaient l’âme quelques jours ou quelques heures avant la libération. Il nous fallait bander toute notre énergie, faire appel à nos dernières forces physiques et morales pour marcher, marcher encore. J’ai même l’impression d’avoir parfois marché en dormant, à moins que je n’aie dormi en marchant...

 

Et toujours, ces coups de feu lancinants ! C’était vraiment « Marche ou crève » !

 

Il y a eu quatre colonnes dont le départ s’échelonna dans la journée entre 9 heures et 17 heures, en tout environ 15.000 hommes, dont 7.000 arrivés de Buchenwald.

 

Pour comprendre les conditions dans lesquelles se sont déroulés ces « marches de la mort », il faut essayer de s’imaginer ce mois d’avril 1945, qui vit s’installer progressivement le chaos en Allemagne. Les armées de terre alliées de l’Ouest et de l’Est, marchant à la rencontre les unes des autres, enserraient la Wehrmacht dans un étau inexorable ; l’aviation bombardait les colonnes ennemies en retraite, les nœuds ferroviaires, les mines, et, bien sûr, les villes dans cette guerre qu’Hitler avait voulue totale ; les populations civiles quittaient les villes, fuyant devant l’avance alliée, comme les Belges et les Français en juin 1940 ; les SS ayant reçu d’Himmler l’ordre de ne pas laisser de traces de leurs forfaits, tantôt ramenaient les kommandos vers les camps, tantôt évacuaient ceux-ci vers on ne sait quelle destination, en abattant tous ceux qui ne pouvaient plus avancer, tantôt liquidaient les déportés au lance-flammes où à la mitrailleuse. Il y avait là une gigantesque fourmilière désorganisée, se divisant en toute une série d’exodes, dans une confusion de plus en plus grande, dans une horreur sans cesse grandissante, vers un crépuscule des Dieux.

 

Le 23 avril, les survivants de Buchenwald et de Flossenbürg furent libérés par une colonne de la 11ème division blindée de l’Armée Patton sur une route de Cham, les uns à Straubing, les autres à Wetterfeld, les derniers, parmi lesquels je figurais, à Untertraubenbach. Les corps des victimes de cette « marche de la mort » ont été inhumés, en général provisoirement, dans de villages traversés, puis exhumés et regroupés soit à Neunburg, soit à Flossenbürg. Quelques-uns ont été restitués aux familles. Cet exode de la « route de Cham » a concerné plus de 14.000 déportés et a coûté la vie à près de la moitié d’entre eux, si près de la libération ! D’autres moururent d’épuisement dans les jours qui suivirent.

 

Quant aux survivants, ils furent rassemblés et hébergés dans le 120th Evacuation Hospital de Cham ; beaucoup retrouvèrent la mère patrie le 16 mai, où ils passèrent par le centre de rapatriement de l’abbaye Saint-Clément de Metz.

 

Ces deux « Marches de la mort », à une semaine d’intervalle, furent, avec l’hiver 1943-1944 passé dans la carrière de Berlstedt, les moments les plus horribles de ma déportation. Beaucoup de camarades d’autres camps subirent le même sort.

 

Je dédie ce témoignage à la mémoire de mon ami Roger Hébert, vice-président de l’A.D.I.F. des Hauts-de-Seine, décédé le 29 octobre 1994 à Meudon. Ancien maquisard du Vercors, arrêté par les Italiens, remis à la Gestapo, parti quelques jours avant moi de Compiègne pour Buchenwald, il fut affecté au kommando de Langenstein. En avril 1945, évacué sur les routes, il se retrouva en pleine bataille. Une rafale le faucha : un SS se dirigea vers lui donner le coup de grâce ; la balle traversa le cou sans le tuer... Son heure n’était pas venue ! »

 

 

Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).
Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).

Obsèques de François Perrot, ce jour aux Invalides (clichés Alain Goussard).

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Publié le 1 Octobre 2016

Les tombes regroupées des aviateurs alliés.

Le cimetière dit du nord de Clichy-la-Garenne se trouve au 84 rue du général Roguet (du nom de ce militaire des guerres de Révolution et de l’Empire, et ayant commandé la Garde à Waterloo). C’est en 1918 que fut acquis ce terrain dans le but de remplacer l’ancien cimetière (appelé « cimetière du sud ») alors trop petit. Il fut inauguré en 1923 mais n’a jamais remplacé le cimetière du sud qui existe toujours.

Ce cimetière comprend un carré militaire de soldats français morts pendant la Seconde Guerre mondiale ainsi que les guerres d’Indochine et d’Algérie et un carré militaire britannique. Le passant qui pénètre dans ce carré militaire britannique peut s’interroger sur le pourquoi de tombes britanniques qui se touchent. Il s’agit des tombes d’aviateurs alliés morts pour la libération de la France et qui n’ont pas survécus à la chute de leur appareil ou leur propre chute : unis au combat, unis dans la mort.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville de Paris, et encore plus les usines qui se trouvaient à sa périphérie, ont été bombardé à de nombreuses reprises. Les Clichois, les habitants de Boulogne-Billancourt, de Sèvres, les Isséens, les Clamartois se souviennent – du moins pour les plus âgés d’entre eux – de ces nuits de cauchemar au cours desquelles on ne savait pas ce que l’on allait retrouver intact… Ce qui fut une réalité au-dessus de la Région parisienne le fut bien entendu également au-dessus des zones de combat partout dans l’est de la France.

Au cours de ces bombardements, des centaines d’aviateurs alliés ont vu leur appareil être abattus par la Luftwaffe – l’aviation allemande – ou par la défense anti-aérienne. Des dizaines de pilotes ont été tués, d’autres capturés, torturés et envoyés dans les camps du Reich ; d’autres encore ont pu être secourus et repartir en Angleterre, par leurs moyens ou plus souvent grâce à l’aide de la Résistance française.

Les cinq pilotes et mécaniciens dont les tombes se trouvent sur cette photographie n’ont pas eu cette chance. Il s’agissait – de gauche à droite – du sergeant JPA Gauthier (Canadien), du sergeant JH Ace (Anglais), du Flying officer J Negus (Anglais), du sergeant air gunner J Piper (Anglais) et du Flight sergeant LC Weiham (Anglais). Ils ont été abattus le 10 novembre 1944 et leurs corps ont été rapatriés sur Clichy.

Ce carré militaire comprend 226 soldats morts au combat ou au cours de missions (dont deux inconnus). Il s’agit de 41 soldats britanniques de l’Army, plus un Sud-africains et de 182 soldats de la Royal Air Force : 119 Anglais (dont les deux inconnus), 22 Australiens, 1 Néo-zélandais et 40 Canadiens.

Source :

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Publié le 2 Août 2016

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Roger Motte de Neuilly-sur-Seine.

Biographie.

Roger Motte est né le 15 août 1912 à Neuilly-sur-Seine. Il se destine à une carrière dans l'enseignement.

Il effectue son service militaire dans l'aviation, et ressent alors une véritable vocation pour le vol. Démobilisé, il suit les cours des élèves officiers de réserve et, breveté pilote en août 1937, est promu sous-lieutenant, le 25 décembre 1938.

Mobilisé en 1939, il est pilote de chasse au Groupe 1/9 et 1/10 pendant la bataille de France. Après l'armistice il est affecté en Tunisie, au GC 1/3. Il tente dès lors, par tous les moyens, de rejoindre Malte. Après plusieurs tentatives infructueuses il demande à être basé au Maroc d'où il réussit à gagner Tanger puis Gibraltar. Le 30 octobre 1940 il est à Londres et s'engage aux Forces aériennes françaises libres sous le nom de Maurice Rémy.

Après un passage au 56 Operationnal Training Unit, il est affecté en février 1941 au 238 Squadron de la RAF, basé dans le sud-ouest de l'Angleterre, sur Hurricane. A la mi-avril 1941, il passe au 32 Squadron qui rejoint la côte ouest de l'Angleterre. Le 10 juin 1941, au cours d'une opération de couverture des côtes ouest du pays, le lieutenant Motte abat un JU.88, mais son avion est endommagé et il est contraint d'atterrir en Irlande du Sud où il est immédiatement fait prisonnier. Après trois tentatives d'évasion et seize mois d'emprisonnement, il réussit enfin à gagner l'Irlande du Nord, le 20 octobre 1943, et rejoint ensuite Londres.

Nommé capitaine le 25 décembre 1943, Roger Motte est affecté, comme pilote, au Groupe de Chasse 2/2 Berry, puis au Groupe de Chasse 2/7 avec lequel il participe à la bataille de libération dans le Nord de la France, en Belgique, en Hollande et en Allemagne. Le 15 novembre 1944, il ramène au terrain son avion gravement endommagé par la DCA allemande. Le 18 février 1945, au cours d'un engagement contre un ennemi trois fois supérieur en nombre, il contribue à abattre avec son chef de dispositif deux Messerschmitt 109-G au-dessus de Walkirch.

A la fin de la guerre le capitaine Motte totalise 170 missions de guerre et 250 heures de vol de guerre. Titulaire de trois victoires aériennes. Il est affecté en octobre 1945 à l'Etat-major de la 2e Escadre de Chasse, puis, en juillet 1946, au 5e Bureau de l'Etat-major de la 1ère Division aérienne duquel il prend le commandement, le 1er octobre 1946.

En janvier 1948, il est nommé chef des 2e et 3e Bureaux de l'Etat-major de la Défense aérienne du Territoire et en juin 1949, sous-chef d'Etat-major à l'Inspection générale de l'Armée de l'Air. En 1950 le commandant Motte rejoint l'Indochine comme commandant du groupe de marche 3/6 Roussillon, puis de la base aérienne de Cat-Bi, au Tonkin, puis, en 1951, de la base de Tan Son Hut en Cochinchine. Bien que commandant de base aérienne, il effectue pendant ces opérations le chiffre record de 408 missions de guerre.

Le 1er juin 1954, il est chef d'Etat-major à l'Inspection générale de l'Armée de l'Air, puis, à partir du 20 juin 1956, chef du Service d'action psychologique et d'information au secrétariat d'Etat à l'Air. Il est ensuite conseiller des études au Collège de l'OTAN. En 1960 il est commandant des Forces aériennes françaises de Bizerte et nommé, la même année, général de brigade aérienne. Il effectue encore une dizaine de missions en Afrique du Nord avant d'être, l'année suivante, nommé adjoint au général commandant en chef en Afrique centrale.

Le général Roger Motte, en provenance de Lahr en Allemagne, pris avec son appareil dans une tempête, est décédé, en service aérien commandé, le 26 octobre 1962 au-dessus de Bernay-en-Brie. Les obsèques se sont déroulées en l'Eglise Saint-Louis des Invalides. Il est inhumé au cimetière de Pantin à Paris.

Décorations.

  • Grand Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 20 janvier 1946.
  • Croix de Guerre 39-45 (5 citations).
  • Croix de Guerre des TOE.
  • Croix de la Valeur Militaire.
  • Médaille de la Résistance.
  • Médaille des Evadés.

© Ordre de la Libération.

Source :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

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Publié le 7 Juin 2016

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Jean Mantelet de Nanterre.

Jean Mantelet est né le 5 mars 1891 à Nanterre où son père est miroitier.

Elève au lycée Condorcet, il est très tôt attiré par la mer et décide de préparer l'Ecole d'Hydrographie de Saint-Brieuc. Egalement féru de musique, il fait un long séjour en Allemagne qui le marquera toute sa vie.

Durant la Première Guerre mondiale il fait ses premières armes comme canonnier marin au fort de Troyon. Il devient officier d'ordonnance de l'amiral Grand-Clément et, en 1916, est promu enseigne de vaisseau.

Il embarque ensuite sur le cuirassé Diderot. Il est promu enseigne de vaisseau de première classe en 1918, puis commandant de la Linotte à bord de laquelle il évite de peu un torpillage.

Démobilisé en 1919, Jean Mantelet se marie en 1922. Il réside à Port Saïd et, en 1925, entre à la Compagnie du Canal de Suez comme pilote.

En 1939 il est mobilisé comme pilote "affecté spécial" dans cette compagnie, mais dès l’appel du général de gaulle, le 18 juin 1940, il transforme son appartement en foyer d'accueil pour les marins français ralliés à la France libre. Il exerce, sous les ordres du commandant Lucas, les fonctions de délégué de la Marine marchande de la France libre à Port Saïd.

Le 9 février 1942, il prend le commandement du paquebot Paul Doumer, alors transformé en transport de troupes pour les Forces françaises libres.

Le 30 octobre 1942, alors qu'il navigue au sud de Madère en direction de l'Angleterre, avec à son bord environ 250 soldats français, anglais et hindous, le paquebot reçoit d'un sous marin allemand deux torpilles qui l'éventrent, noyant la salle des machines. Les mécaniciens survivants tentent, en vain, de stopper les machines car les moteurs tournent toujours, augmentant le péril du sauvetage.

Quelques instants plus tard une importante explosion rend impossible l'usage de la plupart des embarcations de secours. Puis, le bateau se couche sur le flanc avant de couler rapidement par l'arrière. Après avoir organisé l'évacuation d'un maximum de passagers le capitaine de corvette Jean Mantelet rejoint son poste de commandement et sombre avec le navire. Dérouté sur les lieux, un bâtiment norvégien, l'Alaska, recueille cinquante-six rescapés.

  • Chevalier de la Légion d'Honneur ;
  • Compagnon de la Libération – Décret du 16 août 1944 ;
  • Croix de guerre 1914-1918 (2 citations) ;
  • Croix de guerre 39/45.

© Ordre de la Libération.

Source :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

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