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Publié le 16 Mai 2020

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Edgard Tupët-Thomé de Bourg-la-Reine.

Biographie.

 

Edgard Tupët nait le 19 avril 1920 à Bourg-la-Reine (Seine).

 

Après l'obtention de son baccalauréat, il poursuit ses études à l'Ecole supérieure de Théologie de Reims. N'ayant pas la vocation, il choisit en octobre 1938, de s'engager par devancement d'appel au 8e Régiment de Zouaves à Mourmelon. Il participe comme sergent aux attaques en Lorraine dès septembre 1939 puis en Belgique en mai 1940. Il prend part à l'évacuation de Dunkerque, son unité protégeant l'embarquement du corps expéditionnaire britannique. Fait prisonnier le 4 juin à Dunkerque, il s'évade de Rexpoëde le 10 juin au cours de son transfert vers l'Allemagne.

 

Au lendemain de l'armistice, n'acceptant pas la défaite, Edgard Tupët tente vainement de quitter la France pour rejoindre les Forces françaises libres. Démobilisé en septembre 1940, il trouve un emploi à Clermont-Ferrand et entre par hasard en contact en novembre 1940 avec Roger Warin (réseau Ronald) dont il devient, avec Stanislas Mangin, un des adjoints. Il est particulièrement chargé de repérer des terrains d'atterrissage clandestins.

 

En mars 1941, Roger Warin établit une liaison directe avec l'Etat-major de la France libre à Londres par l'intermédiaire de Pierre Fourcaud, chargé de mission du général de Gaulle. Le 1er avril 1941, Edgard Tupët devient, avec quatre camarades de résistance (Mangin, Warin, Tavian et Maurice Andlauer), le premier engagé militaire secret dans les Forces françaises libres. Il exécute des missions de liaison pour le compte de Pierre Fourcaud jusqu'à l'arrestation de ce dernier en août 1941. Il participe à la préparation de son évasion, malheureusement sans réussite.

 

Envoyé par Warin en Grande-Bretagne, il quitte la France en août 1941 avec le sergent Forman et Joël Le Tac, traverse l'Espagne et, via le Portugal et Gibraltar, rejoint l'Angleterre où il fait un rapport sur les activités du groupe. Sous le pseudonyme d'Edgard Thomé, il est affecté à l'état-major particulier du général de Gaulle et suit une instruction parachutiste et l'entraînement du Bureau des Opérations aériennes (BOA). En Angleterre en novembre 1941, il retrouve Roger Warin, alias Wybot, qui est parvenu à s'évader de France et se voit chargé d'une mission en France par le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA).

 

Parachuté le 9 décembre 1941 dans la région de Châteauroux sur un terrain qu'il a choisi, il est accompagné du radio Joseph Piet. Blessé à la tête lors de l'atterrissage, il est chargé de mission, responsable des opérations aériennes et de la branche « Action » du réseau « Ali-Tir » dont Stanislas Mangin dirige la branche « Renseignements ».

 

Adjoint immédiat de Mangin, dont il organise le départ par Lysander en février 1942, Thomé travaille comme agent de 1ère classe. En avril 1942 il fait partir Gaston Tavian dans les mêmes circonstances que Mangin. En raison des blessures reçues six mois plus tôt, il doit quitter la France pour pouvoir se soigner. Le 29 mai 1942, à l'occasion du retour de Tavian par une opération Lysander, Tupët-Thomé, accompagné de Philippe Roques, s'envole pour l'Angleterre.

 

Promu lieutenant, il bénéficie d'une convalescence puis, à son retour à Londres, demande son affectation dans une unité combattante. En novembre 1942, il quitte l'Angleterre pour le Détachement d'instructeurs commando de Saint-Pierre-et-Miquelon, sous les ordres de Stanislas Mangin.

 

En février 1943, toujours avec Mangin, il est affecté au Détachement (puis Bataillon) des Antilles dont il crée et commande la 2e compagnie qu'il entraîne jusqu'en juillet 1943. En août 1943, le lieutenant Tupët-Thomé rejoint à sa demande le 4e Bataillon d'infanterie de l'air (4e BIA) à Camberley et est breveté parachutiste le mois suivant.

 

En janvier 1944, il est muté comme commandant en second de la 2e compagnie du 3e BIA, qui devient en juillet 1944, le 3e Régiment de chasseurs parachutistes (3e RCP). Avec le 3e RCP, il remplit, début août 1944, une première mission parachutée dans la région de Daoulas dans le Finistère. Avec sa seule section (12 hommes) il attaque une Kommandantur forte de 60 hommes, tue 12 Allemands, fait 40 prisonniers, repousse une attaque ennemie et libère Daoulas.

 

Il attaque ensuite la garnison allemande de Landerneau, lui inflige de lourdes pertes et libère la ville. Il rejoint alors la 6e Division blindée américaine pour laquelle il exécute plusieurs missions de reconnaissance.

 

Edgard Tupët-Thomé est parachuté une deuxième fois le 27 août 1944 dans le Jura ; il attaque et prend Clerval (Franche-Comté) qu'il défend avec 50 hommes contre 27 chars et voitures blindées ennemis. Il tue une trentaine d'Allemands et détruit un char. Il rejoint ensuite la 7e Armée américaine et, affecté à un groupe de reconnaissance divisionnaire, se distingue notamment à Arches lors du passage de la Moselle. Le 23 septembre 1944, il ramène sous des feux de mortiers un soldat américain blessé dans ses lignes.

 

Parachuté une troisième fois en Hollande le 7 avril 1945, il effectue avec sa section forte de 15 hommes de nombreuses attaques sur les voies de communication infligeant à l'ennemi de sérieuses pertes en hommes et matériel.

 

En 1945, il démissionne de l'Armée et, après avoir été admis à l'Ecole coloniale d'administration, il est nommé administrateur des Colonies en janvier 1946 en Tunisie. Il devient ensuite Président Directeur Général de la Coopérative viticole de Takelsa en Tunisie.

 

En 1950, il quitte la Tunisie pour le Canada où il gère sa propriété (élevage, agriculture). De retour en France en 1955, il reprend des études, devient Ingénieur en Organisation scientifique du Travail et trouve un poste au bureau d'Etudes techniques chez Singer puis dans un laboratoire pharmaceutique à Neuilly.

 

De 1961 à 1965, Edgard Tupët-Thomé est Ingénieur chez Panhard puis chef des agences dans une société de Tourisme.

 

Distinctions.

 

  • Grand Croix de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (6 citations).
  • Médaille commémorative des Services volontaires dans la France libre.
  • Military Cross (GB).
  • King's Medal for Courage in the Cause of Freedom (GB).
  • Chevalier de l'Ordre d'Orange Nassau (Pays-Bas).
  • Croix de Guerre (Pays-Bas).

 

Depuis le 7 janvier 2019, date de la mort de Guy Charmot, quatre compagnons demeurent en vie :

 

  • Pierre Simonet.
  • Hubert Germain.
  • Daniel Cordier.
  • Edgard Tupët-Thomé.

 

 

 

© Ordre de la Libération.

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Publié le 3 Mai 2020

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Robert Weill de Suresnes

Robert Weill est né le 25 avril 1916 à Suresnes. Son père était capitaine du Génie.

 

Il prépare le concours de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr où il est reçu second en 1936.

 

Sous-lieutenant en septembre 1938 à sa sortie de l'école, il est affecté à la 11e Compagnie du 14e Régiment de Tirailleurs Algériens (14e RTA).

 

Volontaire pour l'aviation, il est affecté comme élève-pilote à l'Ecole de Versailles-Villacoublay en juillet 1939. En janvier 1940, le sous-lieutenant Weill est envoyé en stage de perfectionnement à l'Ecole de pilotage de Meknès au Maroc.

 

Alors qu'il doit rejoindre le centre d'instruction aérien de Clermont-Ferrand, il décide avec huit de ses camarades, devant le ralliement du Maroc au maréchal Pétain, de refuser l'armistice et de rejoindre Gibraltar pour s'engager dans les Forces Françaises Libres.

 

Le 30 juin, vers 15 heures, 3 Glenn-Martin décollent de Casablanca. Le sous-lieutenant Weill est à bord du Glenn Marin n° 4, avec le capitaine Le Forestier de Vendeuvre, le lieutenant Berger et le sous-lieutenant Jochaud du Plessis. A 17 heures, au moment où ils vont atterrir à Gibraltar, leur appareil est abattu par la DCA espagnole et s'abîme en mer. Les secours lancés à leur recherche ne ramèneront que des cadavres.

 

Robert Weill est inhumé le lendemain au cimetière de North Front près du terrain d'aviation à Gibraltar avec ses camarades ; ils furent tous les quatre parmi les premiers Compagnons de la Libération.

 

Il est cité à l'ordre des Forces Aériennes Françaises Libres le 13 juillet 1940 et fait Compagnon de la Libération par un décret du 13 mai 1941.

 

 

 

© Ordre de la Libération.

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Publié le 21 Mars 2020

Le destin tragique du sergent-chef Kelly.

La 82e division aéroportée US.

La 82e division aéroportée US – 82nd Airborne Division selon la terminologie américaine – est une division parachutiste des Etats-Unis d’Amérique. A l’origine division d’infanterie, elle est créée en août 1917 en Géorgie, avec des hommes provenant de tous les états des Etats-Unis, d’où son surnom « All Americans ». Elle entre en campagne en France en 1918 où elle voit disparaître 1.298 des siens au combat, et connait 6.248 blessés. Après guerre, elle est dissoute.

Reconstituée en 1942 en Louisiane, son premier nouveau chef est le général Bradley, qui se rendra célèbre tout au long de la Seconde Guerre mondiale. En octobre 1942, elle s’installe à Fort Bragg en Caroline du Nord ; elle se voit attribuer successivement le 504e régiment d’infanterie parachutiste puis le 505e para, de même que le 325e régiment d’infanterie. Elle devient donc unité parachutiste.

Projetée en Europe, la 82e Airborne débarque en 1943 en Afrique du Nord. Pour peu de temps, car elle prend part ensuite à la libération de la Sicile puis à la campagne d’Italie, avant d’être dirigée vers l’Angleterre où elle doit être fer de lance dans l’Opération Overlord.

Le soir du 5 juin 1944, les éclaireurs (pathfinders) de la 82e, équipés de balises radio et de moyens de communication, sont les premiers soldats alliés à décoller de la base de RAF (Royal Air Force) North Witham. Avec la 101e, elles vont à elles deux s’emparer de plusieurs places stratégiques dans le cadre du Débarquement. Ainsi, un détachement de la 82e enlève la petite ville de Sainte-Mère-Eglise.

Puis direction les terres normandes et la région parisienne…

 

Au pont de Saint-Cloud.

 

Sur son site internet, Gilles Primout a raconté l’histoire de Lawrence (Larry) R. Kelly : « Né en 1902 en Pennsylvanie le jeune Larry ne s'entend guère avec son beau-père de nationalité allemande, c'est pourquoi en trichant sur son âge il s'engage pour la durée de la Grande Guerre 1914-1918 dans le Corps expéditionnaire américain en Europe. Huit mois de campagnes lui vaudront deux blessures. De retour à la vie civile il se fait embaucher comme ouvrier dans un chantier naval. La Seconde Guerre Mondiale est déclarée, le sergent Kelly se porte de nouveau volontaire. Il sautera avec la 82° Division Aéroportée le 6 juin 1944 en Normandie. Blessé il sera versé dans un régiment d'artillerie où il s'occupe du mess. A 11h00 du matin, le 25 août 1944 il dévale au volant de sa jeep la rue Dailly de Saint-Cloud en direction de Paris. »

Là, un jeune résistant, du nom de David, sapeur-pompier de métier, selon Gilles Primout, est chargé de surveiller le pont de Saint-Cloud. La jeep arrive en trombe. Pris de peur, ou de panique – saura-t-on un jour ? – il tire. Le sergent Kelly est touché au bassin. Transporté dans la pharmacie la plus proche il y est soigné par des équipiers de la Croix Rouge. Rapatrié aux Etats-Unis il ne se remettra jamais de sa blessure et décèdera en 1946. Marcelle Thomas, la pharmacienne ne l'oubliera pas; elle échangera avec lui de nombreuses lettres et, à sa mort, fera apposer une plaque commémorative sur le lieu de la méprise.

Chaque année, une cérémonie du " Kelly Memorial " a eu lieu aux Invalides. Une couronne de bleuets est généralement remise au commandeur de l'American Legion par une association française.

 

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site de la ville de Saint-Cloud.
  • Page internet : http://www.liberation-de-paris.gilles-primout.fr/
  • Site Memorial GenWeb.
  • Livre du Conseil général des Hauts-de-Seine sur la Libération du département.
  • Journal Le Monde.
Le destin tragique du sergent-chef Kelly.
Le destin tragique du sergent-chef Kelly.

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Publié le 23 Février 2020

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Pierre Louis-Dreyfus de Ville d’Avray.

Biographie.

 

Alias : Pierre Heldé

 

Issu d'une famille alsacienne qui a choisi la France en 1870, Pierre Louis-Dreyfus est né le 17 mai 1908 à Paris. Son père était armateur et négociant.

 

Après des études au lycée Condorcet, il est conjointement licencié en lettres et en droit en 1928.

 

Appelé au service militaire, il entre comme élève officier de réserve à l'Ecole de cavalerie de Saumur en octobre 1928 et en sort en mai 1929 avec le grade de sous-lieutenant. Il est ensuite affecté au 6e dragons jusqu'à sa libération en octobre 1929. Reprenant la voie paternelle, il devient armateur en tant qu'associé de la société Louis-Dreyfus et Cie dont il est l'héritier. Rappelé en août 1939 en qualité de lieutenant au 2e régiment de dragons portés, il obtient deux citations au Luxembourg et en France avant d'être démobilisé.

 

Profondément patriote, il n'admet pas la défaite. Avec un groupe d'amis et de voisins de Saint-Jean Cap Ferrat parmi lesquels Emile Laffon, Jacques Bounin et Emmanuel d’Astier, il cherche le moyen d'agir. En 1941, il entre en contact avec la Résistance et plus particulièrement avec le colonel Vautrin sous les ordres de qui il s'occupe de coordonner les groupes de résistance dans le sud de la France au sein du mouvement Front National.

 

Evadé de France par l'Espagne le 18 décembre 1942, il atterrit en Irlande via Lisbonne en hydravion avant de parvenir en Angleterre en janvier 1943. Ayant demandé à servir dans une unité combattante, il rejoint, en avril 1943, après avoir été promu capitaine, la 1ère Division française libre en Afrique où il sert en qualité d'officier de liaison auprès de la 51e Division Highland écossaise.

 

Fin juillet 1943, Pierre Louis-Dreyfus est muté pour quelques jours seulement à la 2e DB avant d'être rapatrié fin décembre 1943 en Grande-Bretagne où il demande son affectation au Groupe de bombardement « Lorraine ». Il obtient son brevet de mitrailleur et rejoint le Lorraine en juillet 1944. Il effectue, sous le pseudonyme de Pierre Heldé, jusqu'en mai 1945, 81 missions de bombardement sur le front de l'Ouest (Belgique, Hollande, Allemagne). Il totalise 185,5 heures de vol de guerre et reçoit quatre citations pour son « activité inlassable » et ses « belles qualités professionnelles, militaires et morales » à l'occasion de ces opérations. Il est ensuite affecté comme représentant de l'Armée française auprès de l'Etat-major de la 137 Wing de la Royal Air Force.

 

Rendu à la vie civile, il redevient armateur et banquier. Refondateur du groupe Louis-Dreyfus à la suite de la guerre, il est à l'origine de la croissance importante de l'armement maritime au sein du groupe LD dans les années 60. Il est PDG (1967-1975) puis vice-président de la Société Louis-Dreyfus et Cie. Il a exercé par ailleurs un certain nombre de responsabilités et d'activités annexes. Il a été notamment vice-président du Conseil d'administration de la Société d’entraide des Compagnons de la Libération, membre du Conseil supérieur de la marine marchande et vice-président du Comité central des armateurs de France.

 

Coureur automobile de haut niveau, il a participé aux 24 heures du Mans à onze reprises entre 1931 et 1955. Il a été également délégué du ministre de la Jeunesse et des Sports auprès de la Fédération des sports automobiles et membre du Conseil de l’Ordre de la Libération depuis juin 1969. Pierre Louis-Dreyfus est décédé le 15 janvier 2011 à Neuilly-sur-Seine. Il est inhumé à Ville d'Avray dans les Hauts-de-Seine.

 

Décorations.

 

  • Grand Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (6 citations).
  • Médaille de la Résistance avec rosette.
  • Commandeur du Mérite Maritime.
  • Médaille des Evadés.
  • Officier du Mérite Sportif.
  • Officier du Mérite Touristique.

 

 

© Ordre de la Libération.

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Publié le 7 Décembre 2019

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Achille Peretti de Neuilly.

Biographie.

 

Achille Peretti est né à Ajaccio (Corse) le 13 juin 1911.

 

Son père, rédacteur à la Préfecture d'Ajaccio et engagé volontaire lors de la Grande Guerre, tombe au Champ d'Honneur. C'est donc comme pupille de la Nation qu'il fait ses études secondaires à Ajaccio puis à la Faculté de Montpellier où il obtient sa licence en droit et un diplôme de Médecine légale.

 

Avocat inscrit au barreau d'Ajaccio en 1935, il se destine à la magistrature, mais attiré par l'action, il passe avec succès en 1937 le concours de commissaire de Police. Commissaire de police à Ajaccio, il est affecté, à la déclaration de guerre, au 19e Train des équipages. Il obtient d'être versé à l'Etat-major de la 7e Région à Dijon où, en vertu de sa formation professionnelle, il sert dans le contre-espionnage. Surpris à Troyes par l'avancée allemande, il parvient à rejoindre Dijon et se replie jusqu'à Perpignan. Le 16 juin 1940, il essaie vainement, avec un collègue de la surveillance du territoire, d'embarquer sur un destroyer anglais ancré à Port Vendres rapatriant des troupes polonaises. Après deux mois passés à Nice où il a gardé le contact avec le 2e Bureau de l'armée (contre-espionnage), il rejoint son poste de Commissaire de Police à Ajaccio et, refusant la défaite, entreprend aussitôt une lutte active contre le régime de Vichy.

 

Achille Peretti entre en contact avec le capitaine Giraud du 2e Bureau de l'Armée ; avec lui, il organise la mise en place d'agents radios destinés à intervenir en cas d'occupation de la ville par les Allemands ou les Italiens. En octobre 1940, il rapporte de Nice des armes qui sont distribuées à Ajaccio. Il apporte notamment un fusil et des cartouches à Henri Maillot.

 

En avril 1941, il se fait muter à Nice où il poursuit son travail de façon efficace en liaison avec l'Intelligence Service (IS) et les service du colonel Payolle, chef du 2e Bureau. En janvier 1942 il entre en relation avec les Forces françaises libres par l'intermédiaire de Maurice Andlauer, qu'il avait connu à Ajaccio comme directeur des Haras. Ce dernier le fait entrer au réseau de renseignements "Ali", dirigé par Roger Wybot, et signer un engagement aux FFL ; en mai 1942 il reçoit le grade de chef de mission de 2e classe. Affecté par la Sûreté nationale à Vichy début 1942, il en profite pour "piller" les archives du gouvernement de Vichy lors de ses permanences. Il fait bientôt une demande de mise en disponibilité pour pouvoir se consacrer entièrement à ses activités résistantes. Suspecté, il est arrêté le 9 août 1942 et accusé de vols de documents au profit des anglais et du général de Gaulle. Faute de preuves, il est relâché et aussitôt mis en disponibilité. Achille Peretti se consacre alors presque entièrement au réseau "Ali".

 

Au mois d'avril 1943, il organise avec son ancien collègue, le commissaire Louis Dubois, l'évasion de Jacques Robert, chef du réseau "Phratrie" arrêté par la police de Vichy. Quelques semaines plus tard, le 13 juin 1943, sous le nom de Paul Vatier, il parvient à rejoindre l'Angleterre par voie aérienne grâce au réseau "Phratrie". En Grande-Bretagne il effectue un stage spécial et rentre en France le 22 juillet 1943 sous le pseudonyme d'Ajax, nom qui est donné au nouveau réseau de renseignements qu'il crée et dirige en zone sud ; celui-ci a pour buts essentiels de noyauter la police, saboter la répression, recueillir des renseignements économiques, politiques et militaires et préparer la police de la Libération. "Ajax" s'étend à tout le territoire français et Achille Peretti devient ensuite le chef des sous-réseaux "Candide", "Zadig", "Micromegas" et "Stuart". Ces réseaux se développent dans le centre de la France et créent des antennes en Autriche, en Suisse, en Hollande et en Belgique avec la complicité d'agents étrangers, recrutés dans les milieux militaires.

 

Appelé à Londres en janvier 1944 pour rendre compte, l'opération échoue et c'est finalement le 3 mars 1944 qu'il est évacué vers l'Angleterre par une opération aérienne, après avoir mis son organisation parfaitement au point. En Angleterre, Achille Peretti est nommé chef de mission de 1ère classe. Nommé le 5 mai 1944 directeur adjoint de la Sûreté nationale, chef du théâtre d'opérations zone nord, il prépare à Alger la mise en place des services de police au moment du débarquement. Il rejoint Londres au lendemain du débarquement et remplit une mission en Normandie avant de regagner la Grande-Bretagne.

 

Nommé préfet de 3e classe hors cadre, il rentre à Paris le 25 août 1944 avec le général de Gaulle dont il assure la protection. Il prend part au combat de la rue de Bourgogne et de la Chambre des Députés avec des éléments de la Division Leclerc placés sous ses ordres.

 

Conseiller général d'Ajaccio en 1945 (étiquette Union nationale gaulliste), il est élu premier vice-président du Conseil général de la Corse la même année. Elu maire de Neuilly sur Seine en 1947, il le restera jusqu'en 1983. Conseiller de l'Union française de 1952 à 1958 puis député de la Seine de 1958 à 1978, Achille Peretti est premier vice-président (1964-1969) puis président de l'Assemblée nationale (1969-1973). Président (1957-1958) puis président d'honneur du Comité des anciens chefs de réseaux FFC. Conseiller général des Hauts-de-Seine en 1970, il est nommé membre du Conseil constitutionnel en mars 1977.

 

Achille Peretti est décédé le 14 avril 1983 à Neuilly. Il est inhumé à Ajaccio.

 

Décorations.

 

  • Commandeur de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 6 avril 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (4 citations).
  • Médaille de la Résistance avec rosette.
  • Distinguished Service Order (GB).
  • Croix de Guerre Belge avec palme.
  • Officier de la Couronne Royale de Belgique avec palme d'Or.
  • Chevalier du Mérite Civil Espagnol.
  • Grand Croix de l'Ordre de Malte.

 

 

 

© Ordre de la Libération.

 

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Publié le 25 Septembre 2019

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Jacques Piette d'Issy-les-Moulineaux.

Biographie.

 

Alias : "Personne"

 

Fils d'ouvrier tourneur, Jacques Piette nait le 13 mai 1916 à Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de Seine.

 

Diplômé de droit public et d'économie politique, élève de l'Ecole des hautes études sociales, il est membre du comité directeur de la SFIO à partir de 1938.

 

Il accomplit son service militaire comme élève officier de réserve à Saint-Cyr en 1939 (promotion "Amitié franco-britannique") et, nommé sous-lieutenant en mai 1940, il est affecté au 24e Régiment d'infanterie. Après l'armistice, en septembre 1940, il rentre en rapport avec le commandant Daum de la base de Pau. Il appartient dès lors à un réseau de renseignements s'occupant aussi de faire passer la ligne de démarcation ou de transporter des armes.

 

En 1942 le réseau de Jacques Piette disparaît à la suite de la saisie par la Gestapo d'importants stocks d'armes cachés en Vendée. En juillet 1942 il établit une liaison avec le groupe d'Uriage et entre en relation, en septembre 1942, avec le réseau "Centurie" dont la direction de la section économique lui est confiée dès le mois de décembre.

 

Entré à l'Organisation civile et militaire (OCM), il participe alors à l'élaboration des Cahiers de l'OCM et favorise, en mars 1943, l'entrée des groupes d'Uriage dans la Résistance. Il établit la liaison entre Dunoyer de Segonzac et Brossolette et assure les contacts entre le Comité général des experts de l'OCM et le Bureau des opérations aériennes (BOA).

 

En septembre 1943 Jacques Piette devient membre du comité directeur de l'OCM sous le nom de "Personne" et, en octobre, est nommé chef de la Région militaire pour le Nord, le Pas-de-Calais, et la Somme (Région A). En décembre 1943 son commandement s'étend à l'Aisne et à la Seine-inférieure.

 

Le 21 février 1944, il est nommé inspecteur régional des FFI pour la Région A et réalise la fusion militaire des mouvements, répartissant les armes et mettant en place les plans (Vert, Violet, Tortue). Il crée les maquis de l'Aisne et de Seine-inférieure, fixe les plans d'opérations et rend compte, en avril 1944, du succès de plus de 200 opérations de sabotage (écluses, voies ferrées, embuscades, etc.).

 

Le 8 mars 1944, il échappe à la Gestapo et prend la succession du colonel Touny, arrêté peu de temps auparavant. Il devient ainsi le chef militaire national de l'OCM et assure la direction du réseau "Centurie" en liaison avec le réseau de la "Confrérie Notre-Dame" reconstitué. C'est grâce au plan de défense côtière de la Manche envoyé à Londres par le réseau de Jacques Piette que les Alliés ont choisi le point de débarquement du 6 juin 1944. Plus tard, le général Omar Bradley dira à Jacques Piette :"les renseignements qui figuraient sur ce plan étaient d'une telle valeur que nous avons pu réussir l'opération avec un minimum de pertes en hommes et en matériel".

 

Le 10 juin 1944 il est nommé colonel puis membre du comité parisien de libération. Il prend part à la libération de Paris les armes à la main et s'établit à l'Hôtel de Ville le 20 août au matin. Nommé commissaire de la République à Lille par le général de Gaulle, il est fait Compagnon de la Libération par ce dernier le 17 novembre 1945.

 

La paix revenue, il redevient membre du comité directeur de la SFIO (1946-1951 puis de nouveau à partir de 1961) et est secrétaire général au Commerce et à l'organisation économique au Ministère de la Production industrielle. Plus tard il est inspecteur général de l'Economie nationale au Ministère des Finances.

 

Proche de Guy Mollet, il est également député de l'Yonne de 1956 à 1958 et conseiller général et régional du Pas-de-Calais. Président du comité directeur du Fonds de Développement social (CEF), il est, par ailleurs, Maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) de 1969 à 1989. Membre du comité directeur du Parti socialiste, il est conseiller d'état à partir de 1981 et président de la Caisse nationale de l'industrie (1982-1986).

 

Jacques Piette est décédé le 2 avril 1990 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Il a été incinéré au cimetière du Père Lachaise à Paris.

 

Décorations

 

  • Grand Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945.
  • Croix de Guerre 39/45.
  • King's Medal for Courage in the Cause of Freedom (GB).
  • Polonia Restituta (Pologne)

 

 

 

Source :

 

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

 

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Publié le 8 Juin 2019

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Jean Nanterre.

Biographie.

 

Jean Nanterre est né le 30 août 1907 à Nanterre. Son père est commissionnaire pour le commerce extérieur.

 

En 1926 il devance l'appel comme engagé volontaire au 8e Régiment de chasseurs à cheval puis est détaché au peloton d'élèves officiers de réserve de la 1ère Division de cavalerie au 4e Régiment de hussards à Rambouillet.

 

Nommé brigadier en mars 1926, il est affecté, en novembre 1927, à l'encadrement du peloton d'EOR de la 1ère Division de cavalerie au 16e Régiment de dragons.

 

Rendu à la vie civile, il exerce la profession de fondé de pouvoir de banque.

 

En 1938 il est nommé sous-lieutenant de réserve. Mobilisé en août 1939, il rejoint le 40e GRDI (groupe de reconnaissance), où son courage durant la campagne de France lui vaut deux citations. Lors des combats du 12 au 14 mai 1940, il se distingue en accomplissant des missions de reconnaissance dans des conditions particulièrement périlleuses. De même, les 13 et 14 juin, en allant seul dans les lignes ennemies, rechercher des cavaliers égarés de son escadron.

 

Démobilisé après la campagne de France, Jean Nanterre refuse la défaite et, après avoir fondé dans la clandestinité l'amicale des Anciens du 40e GRDI, il s'évade de France.

 

Parvenu en Angleterre, il s'engage dans les Forces françaises libres le 17 mai 1942 et est affecté, avec le grade de lieutenant, au 1er Escadron mixte, future 3e Compagnie de chars des FFL. La 3e Compagnie quitte l'Angleterre en mars 1943 sur le Monarch of Bermudas et débarque à Suez avant de gagner Le Caire, le 5 mai 1943. Le mois suivant Jean Nanterre, avec son unité, rejoint Sabratha en Tripolitaine où se constitue le 501e Régiment de chars de combat (501e RCC) au sein de la 2e Division blindée du général Leclerc. Au Maroc, le 1er septembre 1943, il est affecté à la 4e Compagnie du 501e RCC, équipée de chars légers. Le 20 mai 1944, l'unité est dirigée vers l'Angleterre où elle débarque le 31 mai. Stationné au camp de Huggate, dans le Yorkshire, puis à Bourgnemouth, Jean Nanterre embarque à destination de la France le 25 juillet 1944.

 

Il débarque à Utah-Beach le 2 août 1944, fait mouvement avec son régiment et bivouaque près du Mans le 10 août. A partir du 11 août, il participe à la campagne de Normandie, et notamment aux combats d'Ecouché, pour fermer la poche de Falaise, où il fait à nouveau preuve d'audace en se portant hardiment au contact des éléments américains en dépit du danger. Il quitte Ecouché le 23 août pour se diriger avec son régiment en direction de Limours, pour prendre ensuite part à la bataille de Paris, les 24 et 25 août 1944, dans les combats du Luxembourg, du Sénat, de la rue de Rivoli, de l'hôtel Meurice et de la place de la Concorde.

 

Lors de l'avancée vers l'est de la Division Leclerc, il participe à l'attaque d'Andelot le 12 septembre, puis à la campagne des Vosges et aux combats de la Ferme des Mouteaux, de Doncières, et de Châtel. Là, traversant à gué la Moselle, il neutralise les armes automatiques qui arrêtent l'infanterie et, progressant au mépris du feu intense de l'ennemi, il ramène sa section intacte et permet la création de la tête de pont. Il est, pour cet acte, cité à l'ordre du corps d'armée.

 

Jean Nanterre prend également part à l'attaque de Brouville Merviller, où il parvient à regrouper son détachement dont le chef venait d'être tué, ce qui lui vaut, une fois encore, d'être cité, puis à l'opération de Montigny, le 1er novembre, et à l'attaque menant à la libération de Strasbourg, le 23 novembre 1944.

 

Le 2 décembre 1944, il est grièvement blessé par éclats d'obus, à Herbsheim. Il rejoint son unité à sa sortie de l'hôpital le 7 mars 1945 pour être stationné à Cracay, dans le Cher, puis affecté au P.C. du régiment en qualité d'officier de renseignements. Il quitte ce lieu, le 23 avril 1945, pour prendre part à la fin de la campagne d'Allemagne. Il combat à Tegernsee et à la prise de Schliersee le 3 mai 1945. Il participe également à la prise de Berchtesgaden et de Strub le 5 mai. Toujours détaché en pointe pour les missions de reconnaissance de cette campagne, son sang-froid et son dynamisme le font citer à l'ordre de la division.

 

Rentré en France début juin 1945, il stationne à Champigny et est promu capitaine. De retour à la vie civile, le chef d'escadrons de réserve Jean Nanterre crée sa société d'import-export et prend la direction des Etablissements métallurgiques Worms.

 

Il est membre et trésorier de la Société d'Entraide des Compagnons de la Libération.

 

Jean Nanterre est décédé le 13 novembre 1996 à Paris où il est inhumé.

 

Décorations.

 

  • Commandeur de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945.
  • Croix de Guerre 39-45 (6 citations).
  • Croix du Combattant Volontaire 39/45

 

 

 

Source :

 

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

 

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Publié le 8 Mai 2019

Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Gaston Tavian de Vanves.

Biographie.

 

Fils d'agriculteur, Gaston Tavian nait le 6 septembre 1908 à Echalot en Côte-d'Or.

 

Après ses études secondaires, il s'engage en 1928 dans l'artillerie et sert au Maroc jusqu'en 1933 comme sous-officier, chef de pièce. Il participe aux combats de pacification au cours desquels il est grièvement blessé à l'arme blanche le 19 mars 1931.

 

Servant au Ministère de l'Intérieur avant la guerre, il est affecté en 1939 au 407e Régiment d'Artillerie (407e RA) et cité pour avoir fait preuve des plus belles qualités de chef en toutes circonstances, sous les bombardements et au contact de l'ennemi en mai et juin 1940.

 

Alors qu'il s'est replié à Toulouse, l'adjudant-chef Tavian est mis en congé d'armistice à sa demande. Il forme avec Stanislas Mangin, Maurice Andlauer, Edgard Thomé et son camarade du 407e RA, Roger Warin, un groupe hostile à l'armistice. Le groupe, à l'exception de Mangin, entre, vers le mois d'octobre 1940, dans les Groupes de protection du colonel Groussard, qui se constitue comme une sorte d'armée secrète. Mais en décembre 1940, les groupes de protection sont dissous par le gouvernement de Vichy et Tavian et ses camarades cherchent un moyen de gagner la France libre. Alors qu'il ne parvient pas à découvrir la filière qui lui permettrait de gagner Londres, Tavian s'installe à Marseille pour s'occuper de camoufler des armes en liaison avec le colonel Groussard.

 

En mars 1941, Roger Warin établit une liaison directe avec l'Etat-major de la France libre à Londres par l'intermédiaire de Pierre Fourcaud, chargé de mission du général de Gaulle. Le 1er avril 1941, Gaston Tavian devient, avec ses quatre camarades de résistance, le premier engagé militaire secret dans les Forces françaises libres. Il exécute des missions de liaison pour le compte de Pierre Fourcaud jusqu'à l'arrestation de ce dernier en août 1941. Il participe activement à la préparation de son évasion, malheureusement sans réussite.

 

Début 1942, après le retour de mission à Londres de Thomé, le réseau de renseignements des Forces françaises libres "Ali" est formé et dirigé par Stanislas Mangin ; Tavian est un de ses immédiats adjoints. Le 26 avril 1942, il quitte la France pour Londres par une opération aérienne ; il est un des rares français à ne pas passer par la Patriotic School et fait un rapport sur le réseau au Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA) du colonel Passy.

 

Après une rapide instruction sur la recherche des terrains d'atterrissage et leur préparation, il est de retour en France avec un radio, le 29 mai 1942, par une opération d'atterrissage. Il a pour mission la création d'un réseau action en Corse et un autre à Saint-Etienne. Il gagne Toulouse et remet du courrier à différents responsables de réseaux. Conformément aux ordres, il coupe toute relation avec le réseau "Ali" et, sous le nom de code de "Tir", crée le réseau d'action du même nom dont il devient le chef. Sous le nom de Collin, Gaston Tavian recrute des radios, établit des contacts, se déplaçant en train ou à bicyclette, notamment dans l'allier et dans la Loire avec Henri Romans-Petit.

 

Il établit des terrains de parachutage et accueille son premier parachutage d'hommes et de matériel début juillet 1942 dans la région de Montrond-les-Bains dans la Loire. Un des agents parachutés se blesse très grièvement pendant son largage. Collin emmène le blessé (qui ne survivra pas à ses blessures) chez le prêtre du village qui prévient le médecin. Avec trois camarades, il rejoint alors la gare et attend pendant trois heures le prochain train. Mais le parquet, alerté par le médecin, a déjà lancé un avis de recherches des résistants qui parviennent tout de même à sauter dans le train à temps. De Saint-Etienne il part pour Toulouse puis pour Marseille fin juillet 1942 et, début août, pour la Corse afin d'étudier la possibilité de parachutages d'armes et de contacts avec Londres. Il prospecte la région d'Ajaccio et, de retour à Nice, apprend que des arrestations ont eu lieu dans le réseau "Ali".

 

En septembre 1942 il remonte à Saint-Étienne avec son radio, Joseph Piet, et tous deux organisent une opération d'enlèvement (Pierre Queuille et Guy Chaumet) pour le mois d'octobre dans la région de Châteauroux. Mais cette fois, Joseph Piet est arrêté à Marseille. Tavian est "brûlé" et monte une opération aérienne pour regagner Londres, où il a été appelé, le 23 novembre 1942.

 

Arrivé en Angleterre, il reste quelques mois au BCRA où il remplace Fred Scamaroni parti en mission en Corse début janvier 1943. Devant ensuite remplacer Scamaroni en Corse à son retour, l'arrestation de ce dernier en mars 1943 annule l'opération.

 

Gaston Tavian est alors volontaire pour une unité combattante et il est affecté à la 1ère Brigade française libre qui combat en Tunisie au Djebel Garci. Lieutenant au 1er Régiment d'Artillerie coloniale (1er RAC) de la 1ère Division française libre, il termine avec cette grande unité la campagne de Tunisie puis prend part aux combats d'Italie à partir d'avril 1944, du Garigliano jusqu'à Rome, et ensuite au débarquement en Provence et à la campagne des Vosges. En novembre 1944, il est affecté à la Police nationale à Paris. Chef du Service central automobile au Ministère de l'Intérieur après la guerre qu'il termine comme capitaine, il progresse ensuite jusqu'au grade de commissaire divisionnaire.

 

Sa compétence lui vaut d'accéder en 1964 au poste de contrôleur général de la Police. Il deviendra également le maire de son village natal d'Echalot. Il prend sa retraite en 1969. Gaston Tavian décède le 28 janvier 1987 à Vanves (Hauts-de-Seine). Il est inhumé à Echalot.

 

Décorations.

 

  • Commandeur de la Légion d'Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 7 mars 1945
  • Médaille Militaire
  • Croix de Guerre 39/45 (6 citations)
  • Croix de Guerre des TOE (2 citations)
  • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
  • Médaille Coloniale avec agrafe "Maroc"
  • Médaille des Blessés
  • Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
  • Officier du Mérite Combattant
  • King Medal for Courage (GB)
  • Chevalier du Ouissam Alaouite

 

 

© Ordre de la Libération.

 

 

Source :

 

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

 

 

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Publié le 8 Février 2019

Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Jacques Joubert des Ouches, de Meudon.

Biographie.

 

Jacques Joubert des Ouches nait le 2 mai 1920 à Meudon (Hauts-de-Seine) dans une famille d'officiers de carrière. Il passe une partie de son enfance au Maroc où son père se trouve en poste et notamment à Meknès.

 

Etudiant à Paris, il contracte, en février 1940, un engagement volontaire dans l'Armée de l'Air comme élève pilote de chasse. Il rejoint le mois suivant l'Ecole de pilotage n° 26 de Quimper puis en mai, l'Ecole de pilotage n° 23, à Morlaix en Bretagne. Au moment de la débâcle, il décide de tout faire pour rejoindre « un pays qui continuera la lutte » ainsi qu'il l'écrit à ses parents avant de quitter la France.

 

Sous la direction d'Edouard Pinot, commandant de l'Ecole qui réussit à rassembler ses moniteurs et une centaine d'élèves pilotes ainsi que tout son armement défensif, Jacques Joubert des Ouches s'embarque, le 18 juin 1940, à Douarnenez, sur un langoustier, le Trébouliste, à destination de l'Angleterre.

 

Engagé dans les Forces aériennes françaises libres, il s'entraîne à Odiham et est affecté au Groupe de Combat n°1. Il participe en septembre 1940 à l'opération de Dakar puis, après l'échec de cette dernière, débarque à Douala au Cameroun où il est rapidement promu, en octobre 1940, au grade de caporal-chef. En novembre 1940, par bateau, sur le Calabar, il quitte Douala pour la Grande-Bretagne où il reprend son entraînement à Camberley avant d'être admis, en mai 1941, dans différentes écoles d'entraînement britanniques.

 

Promu successivement sergent puis aspirant en février 1942, il est affecté à la 61 Operationnal Training Unit (61 OTU) le mois suivant. Le 11 mai 1942, il est affecté au 87 Squadron de la Royal Air Force puis le mois suivant au 232 Squadron avec lequel il prend part à la bataille au-dessus de Dieppe le 19 août 1942.

 

En septembre 1942, Jacques Joubert des Ouches passe au 616 Squadron basé près de Ringwood. Promu sous-lieutenant en décembre 1942, il endommage deux Focke Wulf 190 au cours de ses missions. Le 18 novembre 1943, il est promu lieutenant et affecté comme moniteur à l'école de chasse de Meknès, au Maroc, mais il n'y reste que quelques jours, bien décidé à reprendre le combat au plus tôt.

 

En janvier 1944, envoyé en permission à Alger, le lieutenant Joubert des Ouches à la chance de revoir ses parents, son père faisant partie du cabinet du général commandant en chef. Il parvient à se faire affecter au Groupe de Chasse II/2 "Berry", alors en formation à Alger, comme chef de patrouille.

 

En février 1944, le groupe "Berry" qui devient le 345 Squadron de la RAF, regagne la Grande-Bretagne et s'installe à Ayr en Ecosse. Après un passage de six semaines à la 53 Operationnal Training Unit (53 OTU), il retrouve le Groupe "Berry" le 28 mars 1944 et, sur Spitfire V, participe aux opérations du débarquement de Normandie.

 

Jacques Joubert des Ouches totalise 220 heures de vol de guerre et a participé à 160 missions offensives lorsqu'il disparaît en service aérien commandé au large d'Utah Beach, le 6 juin 1944, vers 11 heures du matin. Au cours de sa deuxième attaque, à quelques kilomètres de Saint-Vaast-la-Hougue, il fait part, par radio, de problèmes de moteur et saute en parachute à basse altitude. Son corps ne sera pas retrouvé.

 

 

Décorations.

 

  • Chevalier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération – décret du 16 octobre 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (3 citations).
  • Médaille de la Résistance avec rosette.

 

 

© Ordre de la Libération.

 

 

Source :

 

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

 

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