Publié le 24 Janvier 2026

Le Hangar Y à Meudon.

Premier hangar à dirigeables au monde, le Hangar Y (nom défini d’après la parcelle militaire « Y » où le bâtiment a été reconstruit) a été l’un des berceaux de l’aéronautique française de la fin du XIXe siècle à la Grande Guerre. C’est dans cet “établissement aérostatique de Chalais Meudon”, tel qu’on l’appelait à l’origine, qu’a eu lieu en août 1884 le premier vol à succès au monde d’un dirigeable en circuit fermé, conçu par Charles Renard et Arthur Krebs. Réalisé à partir d’énergie décarbonée, cet aérostat entraîne à l’époque une véritable révolution dans le domaine des transports : à la suite de ces décennies de recherche, les premiers dirigeables pourront ensuite dès le début du XXe siècle quitter les circuits fermés pour s’envoler enfin dans les airs.

Jusqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale, le bâtiment meudonnais est exploité pour tester et fabriquer des dirigeables, ballons captifs et ballons d’observation. À la suite de la victoire des Alliés en 1918, il devient trois ans plus tard l’hôte du premier musée de l’Air et de l’Espace, permettant au public de découvrir des trésors de l’aéronautique et leur rôle dans la stratégie de défense de la France pendant le conflit. En 1936, une partie du musée est transvasée dans le 15e arrondissement parisien avant que celui-ci ne soit fermé par les Allemands. Ses collections seront alors rapatriées au Hangar Y pour y être conservées jusqu’en 1973, avant d’être à nouveau déplacées sur le site du Bourget où le musée s’installera définitivement et rouvrira ses portes.

En 1964, Marc Chagall y travaille pour assembler les différentes parties du plafond de l’opéra Garnier. Le hangar Y est classé au titre des monuments historiques depuis 2000. En 2003, Jean-Pierre Jeunet y tourne des scènes du film Un long dimanche de fiançailles. En 2007, le site est en piteux état avec ses vitres brisées du fait de la déformation des châssis. Il ne peut être exploité sans une sérieuse restauration.

Des travaux d’ampleur commencent au début des années 2020. Enfin en 2023, le Hangar Y ouvre au public. Il propose 3900 m² d’espaces d’expositions intérieurs, 10 hectares d’espace naturel autour du bâtiment, 1 restaurant au bord de l’eau, 1 atelier comprenant 4 salles privatisables. Le site est géré par la fondation Art Explora, créée par Frédéric Jousset, mécène et co-fondateur de la société Webhelp.

 

Sources :

Le Hangar Y à Meudon.

Lire la suite

Publié le 10 Janvier 2026

A l’aspirant Laffay, de Suresnes.

Pierre Laffay nait à Paris le 26 mai 1898, dans le 17e arrondissement. Il est le fils de Gédéon Laffay et d’Annette Combrisson. Il a un frère aîné, qui décèdera pendant la Première Guerre mondiale, à l’âge de 28 ans, en 1917.

Pierre Laffay est lycéen au déclenchement de la Grande guerre. Baccalauréat obtenu, il devient étudiant en lettres. Il habite au 40, rue Gardenat à Suresnes. Matricule 3612 au recrutement du 2e bureau de la Seine, Pierre Laffay est incorporé au 132e régiment d’infanterie le 16 avril 1917. Caporal le 22 décembre de la même année, il passe sergent le 22 janvier 1918 puis aspirant le mois suivant.

Le 132e a pour casernement la ville de Reims. Il fait partie de la 24e brigade d’infanterie, 12e division et 6e corps d’armée. Régiment d’élite, il s’illustre au cours de toutes les batailles de la Première Guerre mondiale.

Ordre du corps d'armée no 60

« Le 27 février 1915 ;

Dans une opération brillante, la 24e Brigade a enlevé de haute lutte une partie importante de la position des Éparges. L'ennemi avait accumulé sur cette hauteur escarpée, des travaux considérables. Depuis 4 mois, avec une science avisée, le capitaine du génie Gunther dirigeait par la sape et par la mine les travaux de siège régulier qui devaient ouvrir la voie à notre infanterie. Le jour de l'attaque, après une quadruple explosion de nos fourneaux de mines et une remarquable préparation par l'artillerie, le brave 106e régiment d'infanterie, dans un élan magnifique, escalada les pentes abruptes et couronna toute la partie ouest de la position. Au même moment, le 132e RI aborda crânement la partie ouest des Éparges et s'y installa. Le 19 février, l'attaque fut poursuivie sur tout le front. Au cours de cette bataille de 4 jours, pendant lesquels l'ennemi nous disputa le terrain avec la dernière âpreté, nos troupes furent soumises à un bombardement formidable. Elles conservèrent néanmoins les positions conquises. Elles repoussèrent deux contre-attaques furieuses, firent éprouver des pertes sévères à l'ennemi, lui enlevèrent 700 mètres de tranchées, lui prirent 2 mitrailleuses, 2 minenwerfer et firent 175 prisonniers. Le 106e, le 132e, le 67e (bataillon Haguenin), la compagnie du génie qui prirent la tête dans la colonne d'assaut ont noblement soutenu le renom de la vaillance du 6e corps d'armée et montré une fois de plus quel succès naît de la fraternité des armes et de l'union des cœurs. Le général, commandant le 6e corps d'armée, adresse ses félicitations à ces braves troupes. Il salue pieusement la glorieuse mémoire de ceux qui sont morts pour le pays. Il félicite les colonels Barjonet, commandant le 106e RI et Bacquet, commandant le 132e RI qui ont magnifiquement conduit leurs régiments au feu.

Signé : général Herr. »

Après avoir fait Verdun en 1916 et le Chemin des Dames l’année suivante, le 132e est envoyé dans la Somme au printemps 1918. Le 11 août 1918, à L’Echelle-Saint-Aurin, non loin de Roye dans le département de la Somme, l’aspirant Laffay est tué à l’ennemi. Croix de guerre avec palme, il avait 20 ans. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la ville de Suresnes.

Citation de l’aspirant à l’Ordre de l’Armée : « Chef de section de mitrailleuses d’un moral élevé. Blessé en se portant à l’attaque des positions ennemies, n’a pas voulu quitter son poste et a continué à entraîner sa section avec un courage et une énergie remarquables, aidant lui-même son tireur au transport de la pièce. A été tué au moment où il arrivait sur la position conquise ».

Extrait de l’historique du 132e RI : « Ce fut, le 18 novembre 1918, que le 132e RI passa la frontière, arriva en Lorraine naguère annexée et redevenue française, se dirigeant vers l’Alsace reconquise. Partout, l’accueil des populations libérées fut enthousiaste et chaleureux. Partout ce ne furent que des fleurs, des arcs de triomphe avec ces inscriptions : « Vive la France ! Gloire à nos libérateurs ! Soyez les bienvenus ! ». Partout la plus franche gaieté régna, partout des acclamations frénétiques, des larmes de joie pour fêter l’Armée, la France qui revenait … Dès l’arrivée à la frontière lorraine, le 18 novembre, bien avant l’entrée à Niederhof, un groupe important de jeunes filles et d’enfants du village apportait au 132e, avec ses souhaits affectueux et ses gracieux sourires, des guirlandes et des fleurs. Plus près du village, à deux kilomètres environ, les notables de la commune et une grande partie de la population, suivie des vétérans de 70, vint au-devant du régiment et adressèrent au colonel Perret un touchant message de bienvenue. L’émotion des habitants et de tous les soldats fût indicible ».

 

Sources :

  • Archives de la Délégation du 92 du Souvenir Français.
  • Site national du Souvenir Français.
  • Historique du 132e régiment d’infanterie.
  • Site Chtimiste sur les unités militaires de la Première Guerre mondiale.
  • Memorial GenWeb : fiche individuelle de l’aspirant Laffay, contributions de Bernard Butet et de Stéphane Protois.

Lire la suite