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Publié le 8 Mars 2026

A la mémoire de Lodovéo Mongiat de Bagneux, officier SAS.

Fils de Guiseppe Mongiat et de Zenni Di Domenico, Lodovéo Mongiat nait le 13 février 1937. Il habite rue de Sceaux à Bagneux.

Il participe à la guerre d’Algérie, en tant que sous-lieutenant SAS (Section Administrative Spécialisée).

C'est à Jacques Soustelle, gouverneur général de l'Algérie que revient l'initiative de la création des SAS. En 1955, il constate rapidement la sous-administration des campagnes, l'absence de renseignement, et l'échec des grandes opérations militaires contre l'ALN (Armée de Libération Nationale). Après avoir lancé une opération pilote de SAS dans les Aurès sous la direction du général Parlange, Soustelle décide de créer les SAS. Sa formation d’ethnologue au Mexique lui a monté l’importance de connaître la population. Il y a observé la politique de l'indigénisme mis en place par le gouvernement mexicain pour scolariser et soigner les Indiens, il veut faire de même en Algérie. Enfin son expérience au BCRA (service de renseignement et d'action de la France Libre) lui a monté l’importance cruciale du renseignement pour le succès d’une opération militaire. L’action des SAS en Algérie se place dans la droite lignée des Affaires indigènes du Maroc du maréchal Lyautey, dont est issu le général Parlange.

Une SAS est une structure administrative à la fois civile et militaire. Elle est dirigée par un officier d’active, appelé ou de réserve en situation d’active. Lodovéo Mongiat fait partie de cette dernière catégorie ; il décide de se porter volontaire pour les SAS comme officier de réserve en situation d’active.

Un officier SAS commande un maghzen d'une trentaine de moghaznis (supplétifs) assurant sa protection et la sécurité de la circonscription de la SAS. Il dispose d'un officier appelé ou d’un sous-officier d’active pour l'assister et d'attachés civils (un comptable, un radio, une infirmière). A cette structure se rattachent également un médecin, un instituteur et un moniteur sportif détachés par la compagnie militaire située à proximité de la SAS. Dans les faits, les effectifs civils et militaires de la SAS varient en fonction des besoins de la population, de l'étendue du territoire de la SAS (parfois aussi grande qu'un département), de l'isolement et de l'insécurité du secteur. Une SAS s'occupe d'un territoire rural ou urbain (bidonvilles) pouvant comprendre 2000 à 20.000 habitants dispersés dans des villages ou résidant dans un camp de regroupement.

Si l’officier est marié, il peut résider avec son épouse et ses enfants dans le bordj (un fort) de la SAS. Souvent cette dernière peut s’occuper bénévolement de la scolarisation, de l’infirmerie ou de l’évolution de la femme musulmane.

Selon le degré d’insécurité, les SAS s’occupent davantage de la population ou au contraire multiplient les opérations pour faire relâcher la pression de l’ALN. L’officier SAS s’appuie sur ses moghaznis qui « étaient interprètes, éclaireurs, pisteurs, guerriers, montaient la garde, tenaient des positions, sécurisaient des points stratégiques, parfois des villages entiers ou des espaces immenses ».

La SAS a aussi pour mission de collecter des renseignements. Elle met en place pour cela un réseau d'informateurs, tandis que l'officier SAS, de son côté, engage la conversation avec les habitants pour se faire une idée sur leur état d’esprit. Les moghaznis et les attachés civils sont parfois mis à contribution pour rechercher des informations à travers leurs contacts parmi la population. Dans ses missions quotidiennes, la SAS se heurte à l'OPA (organisation politico-administrative du FLN – Front de Libération National) qui tente elle aussi de contrôler la population. La SAS multiplie alors les démantèlements d'OPA, dont la composition pouvait aller de quelques personnes à un réseau parfaitement organisé.

Face à l'ALN, les officiers SAS tentent de susciter des ralliements individuels et parfois collectifs. Même si les ralliements collectifs se terminent souvent par un échec, les ralliements individuels auprès des SAS montrent au contraire les répercussions positives des actions économiques et sociales des officiers SAS au sein des rangs de l'ALN. Pour contrer les attaques de l'ALN, les SAS procèdent à l'armement de certains villages dans le cadre des groupes d'autodéfense.

Les actions civiles et militaires des SAS suscitent des réactions de la part du FLN : appel au boycott des bureaux administratifs de la SAS, destruction des cartes d'identité, consignes d'abstention aux élections, assassinat de délégations spéciales et des conseillers municipaux mis en place par les SAS, pression sur les ouvriers des chantiers ou des consultants de l’assistance médicale gratuite, lettres de menace et assassinats d'officiers SAS, de personnels civils et des moghaznis de la SAS, tentative de susciter des désertions parmi le maghzen et attaques de SAS, de villages sympathisants ou d’autodéfenses. Pendant la guerre d’Algérie, 70 officiers SAS et 607 moghaznis sont tués lors de leurs missions civiles et militaires.

C’est malheureusement le cas de Lodovéo Mongiat qui est tué le 10 janvier 1960, à l’âge de 22 ans, sur la commune de Nechmaya (département de Bône).

En mai suivant, déclaré mort pour la France, il reçoit la Légion d’honneur à titre posthume.

Le 25 novembre 2023, la municipalité de Bagneux décide de donner le nom de Lodovéo Mongiat à un square. Lodovéo Mongiat est enterré au cimetière municipal de cette commune.

 

Sources :

  • http://www.memorialgenweb.org : contributions de Stéphane Protois.
  • Archives du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Chemins de mémoire du ministère des Armées.

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Publié le 12 Octobre 2025

A la mémoire de Paul Genevey de Sceaux.

Adolescent, Paul-Henri Genevey entre au Prytanée militaire de La Flèche, dans la Sarthe, et suit la voie royale : il est admis à l’Ecole militaire spéciale de Saint-Cyr. Il est de la promotion « Union française » (1952-1954). Sitôt sortie de l’Ecole militaire spéciale de Saint-Cyr, il poursuit sa scolarité à l’Ecole d’application de l’infanterie, puis il est envoyé en Afrique du Nord. Il est affecté au 1er régiment de tirailleurs marocains.

Malheureusement, ce premier séjour s’avère tragique : après quelques semaines de combat, dans la région d’Adjir au Maroc, le sous-lieutenant Paul Genevey est tué à l’ennemi. Il avait tout juste 22 ans. Cité à l’ordre de l’Armée : « Jeune officier d'une bravoure et d'un courage exemplaire. Entraineur d'hommes remarquable. A trouvé une mort glorieuse a la tête de sa section le 18 octobre 1955 au Djebel MERZOUK alors qu'il donnait l'assaut d'un point fortement tenu par les rebelles. »

Le nom de Paul Genevey figure sur les monuments aux morts de Bourg-en-Bresse (plaque commémorative des officiers du 1er RTM), de Montpellier (ancienne Ecole militaire d’Infanterie), de Nanterre (mémorial départemental AFN), de Sceaux (monuments aux morts).

 

Au 1er RTM.

Régiment en activité entre 1915 et 1965, avec pour villes de garnison Lons-le-Saunier et Bourg-en-Bresse, le 1er régiment de tirailleurs marocains se distingue pendant la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est cité cinq fois à l’ordre de l’Armée et reçoit la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire. Il renouvelle ses exploits pendant la Seconde Guerre mondiale, tout d’abord lors de la campagne d’Italie, au sein du corps expéditionnaire français du général Juin, puis lors de la campagne de France. Par exemple, l’unité fait partie de celles qui libèrent la Corse. Le 1er RTM est alors cité deux nouvelles fois à l’ordre de l’Armée. En 1949, son drapeau est décoré de la Légion d’honneur.

 

Sources :

  • http://www.memorialgenweb.org : contributions de Claude Richard et de Stéphane Protois.
  • Archives du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Encyclopédie Wikipédia.

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Publié le 4 Octobre 2025

A la mémoire de Jean Maneval de Montrouge.

Jean Maneval nait à Montrouge le 21 septembre 1930. A l’âge de 20 ans, il intègre l’Ecole militaire de Saint-Cyr, promotion « Extrême orient » (1950-1952) puis rejoint l’Ecole d’application de l’infanterie (1952-1953).

Il est envoyé en Algérie peu de temps après, au sein du 11e RIC (régiment d’infanterie coloniale). Cette unité militaire stationne en Cochinchine de sa création en 1869 à l’indépendance du Vietnam en 1954.

Le colonel Philippe de Percin Northamberland (1932-1995) a écrit à propos de cette promotion : « Après le deuxième conflit mondial, nos troupes ne se sont pas reposées bien longtemps et ont vite trouvé d’autres théâtres d’opération, principalement dans nos lointaines colonies. La guerre d’Indochine est le point de ralliement de tous ceux qui ont fait profession de « servir ». Longue est la liste de ceux qui y tombèrent et le tribut payé par les Saint-Cyriens est très lourd. On dit même qu’il y disparaît une promotion d’Officiers chaque année. D’où ce nom choisi par la promotion « Extrême-Orient », nom fascinant, mystérieux et redoutable. La promotion comptait 574 E.O.A., recrutés à partir des corniches (266 élèves) ou parmi les anciens sous-officiers (308 élèves). La moitié de la promotion servira en Indochine, beaucoup connaîtront également la guerre d’Algérie, à l’issue de laquelle ils seront nombreux à quitter l’armée ».

Le lieutenant Jean Maneval est mort des suites de ses blessures le 29 août 1956 dans le secteur de Bou Yakadane (région de Batna), massif de Nementcha. Chevalier de la Légion d'honneur (05/01/1957), croix de la Valeur militaire avec palme, il est cité à l’ordre de l’Armée : « Jeune Commandant de Compagnie au courage et au sang-froid remarquables qui, lors des combats de BOU-YAKADANE (Nementcha), les 29 et 30 aout 1956, la section de tête de sa compagnie étant fortement accrochée, a réussi à la dégager par une manœuvre habile. A poursuivi l'adversaire sans relâche, donnant ainsi le plus bel exemple d'ardeur et de courage. A entrainé ses hommes à l'assaut d'une position ennemie fortement tenue et a été grièvement blessé au cours de cette actions. Est décédé des suites de ses blessures. »

Son nom est inscrit sur les monuments suivants : mémorial départemental des morts pour la France après 1945 de Caen ; monument commémoratif de l’église Saint-Germain de Courseulles-sur-Mer ; plaque de l’ancienne Ecole militaire d’infanterie ; plaque commémorative de l’église de l’Immaculée Conception et mémorial AFN à Paris 12e ; mémorial départemental de Nanterre ; monument AFN et plaque commémorative à Montrouge.

 

Sources :

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Publié le 26 Avril 2025

A la mémoire de Jean Pasco d’Asnières-sur-Seine.

Grâce au site internet de Jean Delamare (décédé en 2008 mais son site lui a survécu – merci à celles et ceux qui entretiennent la mémoire), nous avons un historique du 504e bataillon du train (BT) en Algérie. Jean était lui-même un ancien de cette guerre et de l’arme du train.

Nous avons déjà évoqué le 504e BT ; sur le site internet du comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français, le regretté Marcel Leconte nous avait confié ses aventures lors de son séjour en Algérie : https://www.souvenirfrancais-issy.com/article-36866617.html

 

Le 504.

Le 504e BT est l'héritier du groupe de transport 504 fondé en novembre 1943 à Rivoli en Afrique du Nord (par transformation du 6e régiment de tirailleurs algériens) et qui a participé à toutes les campagnes de la Première armée française de 1944 et 1945. Après le franchissement du Rhin le 504e GT s'implante à Spaichingen puis Offenbourg. Dissous le 31 décembre 1948. Reconstitué en Autriche le 1er avril 1951 à partir des 449e et 450e compagnies du train, il s'implante à Innsbruck et Hall. Dissous de nouveau le 16 décembre 1953 à Mourmelon.

Recréé le 1er avril 1956 par transformation du 57e bataillon de tirailleurs algériens. Ses cadres proviennent du 1er régiment du train de Paris, des 501e GT de Vincennes et 523e GT de Montlhéry, et de la 602e CCR (compagnie de circulation routière) de Vincennes. Le bataillon est implanté dans le secteur de Duperré jusqu'en fin 1957 (sud algérois, aujourd'hui Ain Defla). Puis opère dans le secteur d'Aumale (aujourd'hui Sour-El-Ghozlane) et de Djelfa jusqu'en octobre 1958. Opère ensuite dans le secteur de Médéa jusqu'en 1961 d'où il rejoint Maison-Carrée.

Au plus fort des opérations, le bataillon comprend : une compagnie de commandement, d'appui et de services, quatre compagnies de combat dont l'une se transforme en février 1959 en commando de chasse "Kimono 22". Sa C.C.A.S. (compagnie d’appui et de soutien) comprend un détachement muletier venu du 27e escadron du train, une harka (une cinquantaine de rebelles ralliés) montée sur 18 chevaux, un peloton blindé sur half-track, un groupe de mortier, un groupe d'artillerie de 75mm, un groupe cynophile. Des pièces de 105mm venues des 7e et 47e d'artillerie y sont détachées. La grande majorité des appelés est originaire du Nord, de l'Ile-de-France et de Bretagne.

Le bataillon participe comme bataillon d'intervention à toutes les opérations menées dans ses différents secteurs, bien loin des taches réservées traditionnellement au train.

Pendant ses 6 ans de campagne, le 504e B T a perdu 47 hommes Morts pour la France. Ses homme ont reçus 5 Légion d'Honneur, 47 Médailles Militaires et 500 Croix de la Valeur Militaire.

 

Jean Pasco d’Asnières-sur-Seine étaient de ces morts pour la France. C’était en 1957.

 

Sources :

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Publié le 7 Septembre 2024

A la mémoire de Guy Septavaux de Gennevilliers.

Guy Septavaux est né le 22 septembre 1932 à Gennevilliers dans notre département des Hauts-de-Seine.

Après ses études primaires puis secondaires, il est admis au Prytanée militaire de la Flèche dans la Sarthe afin d’y préparer l’entrée à l’Ecole militaire spéciale de Saint-Cyr. Qu’il intègre en 1952. Il est de la promotion « Union française » (1952-1954) puis se spécialise dans l’infanterie en se formant à l’Ecole d’Application de l’Infanterie alors située à Montpellier.

Il choisit la Légion étrangère et se voit muté dans la prestigieuse 13e demi-brigade.

Sur le blog de l’amicale des anciens de la Légion d’Indre-et-Loire, on peut lire le récit de la disparition du lieutenant Septavaux : « Le P.C de la 13e D.B.L.E. est installé à Khenchela tandis que le 1er Bataillon est installé à Bou-Hamama au milieu du décor de ce formidable bastion naturel qu’est l’Aurès où sont retranchés les rebelles les plus irréductibles. Le 2e Bataillon est retourné aux Nementcha pour s’installer dans la pittoresque cuvette de Taberdga. Le 3e Bataillon assure la sécurité aux environs de Seïar, dans le grand silence hostile des djebels dénudés. Le 23/10/1957, une forte bande rebelle, disposant d’un mortier de 81, attaque le poste de Yabous tenu par le 1er bataillon de la 13e D.B.L.E, aux ordres du lieutenant-colonel Maurice SENGES. Le lieutenant Guy SEPTAVAUX organise la défense du poste et prépare la riposte lorsqu’un obus, tombant à ses pieds, le blesse mortellement. »

Le lieutenant Septavaux est inhumé dans le cimetière communal de Juniville dans les Ardennes ; son nom est inscrit sur les monuments suivants :

  • Mémorial départemental AFN des Ardennes ;
  • Monument aux Morts de Juniville (Ardennes) ;
  • Monument aux Morts de la Réole (Gironde) ;
  • Monument aux Morts du Prytanée de la Flèche (Sarthe) ;
  • Monument aux Morts des anciens élèves de l’Ecole d’infanterie de Montpellier ;
  • Monument aux Morts de la Légion étrangère de Puyloubier (Bouches-du-Rhône) ;
  • Monument aux Morts AFN de Nanterre.

 

Sources :

  • http://www.memorialgenweb.org : informations et relevés d’Olivier Schlienger, Daniel Gheeraert, Jean-Michel Lasaygues, Jean-Claude Faussier, Andrée Faussier-Bonnichon, Bernard Butet, de Claude Richard et de Stéphane Protois.
  • Archives du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Blog de l’amicale des anciens légionnaires d’Indre-et-Loire.

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Publié le 8 Avril 2024

A Asnières-sur-Seine : le LCL Rançon, mort pour la France en Algérie.

Pierre Rançon nait le 17 septembre 1918 à Picquigny dans le département de la Somme. Il est le fils de Louis Rançon et de Marie-Adélaïde Vixe.

En 1939, il intègre l’Ecole Spéciale Militaire, promotion de l’Amitié franco-britannique (1939-1940) et y suit les cours à Aix-en-Provence entre 1940 et 1944. Lieutenant le 19 mai 1944, il est nommé au grade de capitaine à titre temporaire le 25 octobre 1944 puis confirmé le 1er septembre 1945. Il participe, en s’illustrant, à la libération de la France. Diplômé de l’Ecole d’Etat-Major en 1947, il débarque à Saïgon le 3 juin 1952. Il est détaché Hors Cadre de l’Armée Vietnamienne et prend le commandement du 73e bataillon vietnamien. Chef de bataillon le 1er juillet 1953, il rentre en août 1954 et est affecté au 5e régiment d’infanterie. Unité dont il prend le commandement l’année suivante, et qui part ensuite pour le Maroc dans le cadre de l’indépendance du pays.

En 1957, il est affecté à l’Ecole Supérieure de Guerre, il en sort diplômé en mars 1959. Il rejoint sa nouvelle affectation le 18 mars 1959 : chef du 2e Bureau du Corps d’Armée à Oran (renseignements).

Il est tué au cours d’un attentat le 16 décembre 1961 à 23 heures 15 : une charge explosive a été placée sous le lit de la chambre 27 de l’hôtel Windsor, rue du général Leclerc à Oran. L’attentat est revendiqué par l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète), organisation terroriste clandestine française, créée le 11 février 1961 pour la défense de la présence française en Algérie par tous les moyens, y compris le terrorisme. Les termes du communiqué de l’OAS sont les suivants : « Le lieutenant-colonel Rançon, saint-cyrien, brillant combattant, en acceptant de mener la lutte anti-OAS et en proposant de mettre sur pied des réseaux de délation, ne pouvait plus être considéré comme un officier, mais comme un fonctionnaire de basse police ».

Les obsèques du lieutenant-colonel Rançon sont organisées à Oran en la cathédrale du Sacré-Cœur, en présence du général Charles Ailleret, commandant supérieur interarmées en Algérie, et de nombreux militaires venus rendre hommage à leur camarade.

Le lieutenant-colonel Pierre Rançon était titulaire des décorations suivantes : commandeur de la Légion d’Honneur (13/09/1955), croix de guerre avec palme 39/45, silver star le 28 juin 1945 ; médaille commémorative (sept. 1945), médaille commémorative de la campagne d’Italie, officier de l’Ordre national du Vietnam, Croix de la Vaillance avec palme (fév. 1954), croix de guerre des TOE avec étoile d’argent, officier du Mérite civil Thaï, médaille commémorative Extrême Orient, médaille coloniale avec agrafe Tunisie, médaille commémorative des Opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord avec agrafe du Maroc. Il était aussi titulaire de 13 citations.

Le 23 mars 1940, Pierre Rançon avait épousé Jeannine Lemercier. D’abord inhumé à Oran au cimetière du Petit Lac, son corps a été rapatrié en France, à Asnières-sur-Seine. Son nom est inscrit sur le Mémorial AFN de Péronne dans la Somme, sur le Mémorial AFN de Nanterre et sur le monument aux morts de la ville d’Asnières-sur-Seine.

 

Sources :

Obsèques du colonel Rançon - Copyright INA.

Obsèques du colonel Rançon - Copyright INA.

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Publié le 14 Janvier 2024

L’entrée dans Orléans libérée en 1944.

L’entrée dans Orléans libérée en 1944.

Marc O'Neill nait le 29 octobre 1909 au Mans dans la Sarthe ; son père, le général O'Neill, est mort des suites de ses blessures reçues pendant la Grande Guerre. Après des études au collège Stanislas de Nantes puis au lycée Louis-le-Grand à Paris, il entre à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1930 et en sort dans la promotion "Joffre".

Il est d'abord affecté au 3e régiment d'automitrailleuses puis passe à l'école supérieure de fabrication d'armement à Puteaux. Marc O'Neill participe brillamment aux combats de 1940 comme officier de la 4e Division cuirassée et est blessé sur la Somme. Il refuse d'être évacué et se trouve à Chasseneuil dans la Vienne au moment de l'armistice.

Très vite, il est muté au 1er régiment de chasseurs à Vienne et, refusant de prêter serment au maréchal Pétain, il se voit refuser l'octroi de la Légion d'Honneur pour laquelle il avait été proposé à titre militaire pour sa participation à la campagne de France. Il est ensuite envoyé au Maroc en avril 1941 où il est chargé de l'établissement du matériel à l'Ecole de Cavalerie à Meknès puis du camouflage du matériel. En avril 1942, il est nommé à la Direction du Matériel à Clermont-Ferrand puis à Paris. Il profite de cet emploi pour faire passer clandestinement plusieurs tonnes de matériel en zone libre.

En novembre 1942, il quitte la Direction du Matériel et entre à l'Organisation civile et militaire (OCM) par l'intermédiaire d'un camarade, afin d'aider à la mise en place de la résistance en région parisienne. Le capitaine Marc O'Neill, en mai 1943, reçoit la responsabilité du commandement des formations militaires de l'OCM en région parisienne ; en juillet 1943, il quitte l'OCM car il est nommé responsable des maquis de la zone Nord ; aidé notamment de sa femme Marie-Thérèse, il réussit ses deux premiers parachutages dans le Loiret et dans l'Oise grâce à des contacts avec le Special Operations Executive (SOE) britannique. Bientôt, il réunit sous son autorité directe les organisations mises en place dans les quatre départements de l'Eure-et-Loir, du Loir-et-Cher, du Cher et du Loiret qui forment avec la Nièvre la Région P2. Il regroupe l'ensemble de ces forces sous le nom de Volontaires paysans et ouvriers (VPO).

Fin mars 1944, le lieutenant-colonel FFI O'Neill est nommé Délégué militaire régional pour la Région P2 et quitte Paris afin de rester au contact de la région qu'il dirige militairement et s'installe à Vitry-aux-Loges. Jusqu'au débarquement, il s'occupe de la mise en place des différents plans (parachutages, liaisons) et prend part avec ses maquis (maquis de Lorris) à la libération de la région par des raids de harcèlement des forces allemandes par des unités motorisées. Les maquis d'Eure-et-Loir grossissent en même temps que les moyens de communication allemands diminuent.

Le 17 août il libère avec ses hommes la ville de Châteauneuf-sur-Loire et entre le même jour dans Orléans, installant son PC à la Préfecture. Le lieutenant-colonel O'Neill parvient à amener jusqu'à Paris deux maquis motorisés venant de Chartres et d'Orléans qui établissent le contact avec les unités de la 2e DB à Morangis. Il dirige personnellement, le 25 août, la prise de l'Ecole Militaire avec deux sections pendant que les autres sections de ses maquis prennent le Ministère des Affaires étrangères et la Chambre des Députés. Ces opérations permettent de faire plusieurs centaines de prisonniers.

Le 27 août il retourne à Orléans avant d'être nommé sur sa demande, en septembre 1944, à la Délégation militaire nationale sous les ordres du général Chaban-Delmas qui lui confie l'inspection mobile de l'armée. La capitulation allemande le trouve, en mai 1945, à la tête du 2e Régiment de hussards qu'il quitte pour le Bureau scientifique de l'Armée.

Entre 1946 et 1952, il travaille dans l'industrie du pétrole et ses dérivés ; il est notamment gérant de deux sociétés de matières plastiques de 1948 à 1952. Fin 1954, il occupe le poste de Secrétaire adjoint de l'Ordre de la Libération jusqu'à son départ pour l'Algérie.

En 1956, le lieutenant-colonel O'Neill reçoit le commandement en second de la 532e Demi-brigade d'infanterie de l'Air en Algérie. Embarqué le 16 juillet à Marseille, il arrive à Oran le 17 et, tout de suite, il veut prendre part à une action menée par une unité voisine afin d'initier immédiatement les officiers de la Demi-Brigade à ce type d'opérations nouveau pour eux.

A 40 kilomètres au Sud d'Oran, à Sidi Ralhem près de Safaroui, le 18 juillet 1956, il tombe avec ses hommes dans une embuscade tendue par un ennemi supérieur en nombre. Avec 23 de ses hommes, le lieutenant-colonel O'Neill est tué au cours de l'affrontement.

Temporairement inhumé au cimetière du petit Lac à Oran, la dépouille du lieutenant-colonel O'Neill est rapatriée en France et de nouveau inhumée le 7 juin 1957 en forêt d'Orléans, devant le monument aux morts du maquis de Lorris qu'il avait dirigé pendant la guerre.

Marc O’Neill était titulaire des décorations suivantes : officier de la Légion d'Honneur ; Compagnon de la Libération – décret du 26 septembre 1945 ; croix de Guerre 39/45 ; croix de la Valeur Militaire avec palme (titre posthume) ; médaille de l'Aéronautique ; officier de l'Ordre de l'Empire Britannique.

Son nom est inscrit sur les monuments suivants : Plaque commémorative de Lorris (Loiret) ; monument aux morts d’Orléans ; mémorial départemental AFN de Nanterre ; plaque commémorative à la mairie de Neuilly-sur-Seine.

 

Sources :

  • http://www.memorialgenweb.org : Informations de Stéphane Protois et de Claude Richard.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site de l’Ordre de la Libération.

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Publié le 3 Septembre 2023

Au maréchal-des-logis Mercier, de Levallois-Perret.

Rémy Mercier est né à Saint-Samson dans le département de la Mayenne, le 17 mai 1938. Employé de banque à Levallois-Perret, Rémy Mercier est appelé en Algérie. Intégré au 4e régiment de dragons, il meurt le 24 août 1960, à l’âge de 22 ans, dans un accident alors qu’il est de service.

Son livret militaire comporte la mention suivante : « En service commandé à El Arous, au retour d’une mission de ravitaillement, grièvement atteint de brûlures par suite de l’incendie sur une plateforme d’un camion d’où il a sauvé la totalité du personnel, victime de son dévouement ». Il reçoit la Médaille militaire.

Le maréchal-des-logis Mercier est enterré auprès de ses parents, dans le cimetière de Saint-Samson.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Samson, sur la plaque commémorative Indochine et Algérie et dans la crypte du Monument aux Morts de la ville de Levallois-Perret, où il résidait, et sur le mémorial départemental AFN de Nanterre.

 

Sources :

http://www.memorialgenweb.org

Informations de Stéphane Protois et de Bernard Butet.

Encyclopédie Wikipédia.

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Publié le 25 Février 2023

Au lieutenant Legroux, de Colombes.

Gérard Legroux nait le 23 septembre 1932 à Colombes dans les Hauts-de-Seine.

Lieutenant de réserve, il rejoint la première batterie du 47e régiment d’artillerie pour la guerre en Algérie. Puis il intègre un commando de chasse, formé avec une compagnie du 1/47, qui s’illustre brillamment sous le nom de commando de chasse Kimono 21.

Les commandos de chasse sont des unités militaires  créées en 1959. Leur but consiste à mener des opérations de contre-guerilla et démanteler les katibas (unité algériennes) hostiles à la présence française en Algérie. Il s'agit, dans le cadre du Plan Challe, de mettre sur pied des unités mobiles, héliportées, capables d'exploiter sur le champ des renseignements pour harceler, traquer et mettre hors d'état de nuire les groupes rebelles déjà affaiblis par la bataille des Frontières. Les commandos de chasse seront dissous en avril et mai 1962.

 

Blessé après 46 mois de campagne lors d’un coup de main près de Nelsonbourg, au sud de Médéa, le lieutenant Legroux décède à l’hôpital militaire Maillot le 23 août 1960. Il est enterré dans le carré militaire du cimetière de Colombes.

Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, le lieutenant Legroux était aussi tituaire de la Croix de la valeur militaire et avait reçu trois citations à l’ordre de la division.

 

Sources :

http://www.memorialgenweb.org

Informations de Stéphane Protois et de Gilles Gauthier.

Encyclopédie Wikipédia.

Le commando de chasse Kimono 21 part en opérations.

Le commando de chasse Kimono 21 part en opérations.

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Publié le 19 Octobre 2022

A La Garenne-Colombes la disparition de mon frère d’armes.

 

« Jean-Pierre Rambeaud, demeurant au 7 rue Noël Pons à La Garenne-Colombes, est décédé le 15 octobre 2022. Il était né le 27 mars 1941 à Montauban. C’était un para.

Jean-Pierre fut engagé pendant trois ans (de 1960 à juin 1963) au 2e puis au 3e RPIMa sous le numéro de Brevet Parachutiste 172158 pour servir la France pendant la guerre d'Algérie.

Ses faits d’armes lui avaient valu de recevoir la croix du Combattant, le titre de Reconnaissance de la Nation et la médaille commémorative AFN. Il était en outre médaillé au nom des associations de l’Union Nationale des Combattants (UNC) et de l’Union Nationale des Parachutistes (UNP) ; associations dont il était par ailleurs porte-drapeau.

Notre ami Jean-Pierre était et restera dans nos cœurs. Il était un pilier des comités locaux de l’UNC et de l’UNP. Son investissement d'ancien combattant se manifestait par sa présence aux nombreuses commémorations et autres cérémonies patriotiques, sans compter les dizaines de défilés sur les Champs-Elysées vers l'Arc de Triomphe ; les veillées à la Flamme du Soldat Inconnu que nous avons eu l'honneur de commémorer ensemble pour la grande fête de notre Saint Patron ''Saint Michel''.

Jean-Pierre était un homme simple, discret, d'un caractère bien trempé comme beaucoup d'anciens, assez solitaire parfois dans ses moments de retrait dans sa maison en province dans la région de Montauban, mais qui aimait aussi les joyeux moments de cohésion, de rassemblement et de partage.

Nous garderons le meilleur souvenir de son amitié et de l'image d'un grand frère d'armes...

Que Saint Michel puisse l'accueillir au Paradis des Parachutistes !

Nous présentons nos très sincères condoléances à son épouse et à sa fille et partageons leurs peines.

 

Une cérémonie se tiendra à son attention, le 25 octobre 2022 à 10h00 pour le recueillement au crématorium du Mont Valérien, 104 rue du Calvaire 92000 Nanterre.

La 44e section patriotique Garennoise sera présente pour lui rendre les honneurs ! Et si quelques hiérarchiques militaires, anciens, camarades parachutistes où porte drapeau RPIMa veulent se joindre à nous, sachez que vous êtes là bienvenue pour l'accompagner.

Par Saint Michel...

A-P Francis GOUIN

Porte drapeau de l'Amicale des anciens du 35e RAP ».

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