Publié le 22 Mars 2026

Au SLT Metz d’Antony, mort pour la France en Indochine.

La création d’unités parachutistes.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le capitaine Georges Bergé crée la 1ère CIA (compagnie de l'infanterie de l'air) en Angleterre. En avril 1941, celle-ci est renommée la 1ère compagnie parachutiste et c'est toujours en 1941, au mois de septembre, que cette compagnie devient le peloton parachutiste du Levant et est rattaché à l'armée de l'air.

Un nouveau changement dans son appellation se fait en octobre 1941 à Damas sous le nom de la 1ère compagnie de chasseurs parachutistes des FAFL (Forces Aériennes Françaises Libres).

En janvier 1942, la 1ère CCP prend le nom de French Squadron de la brigade SAS du major Stirling ; nouveau changement en juillet 1943 avec la dénomination du 1er bataillon de l'infanterie de l'air qui lui-même sera une nouvelle fois renommé le 4e bataillon de l'infanterie de l'air en novembre 1943 et au cours de l'été 1944 sera de nouveau nommé le 2e RCP (2e régiment de chasseurs parachutiste).

C'est au cours de la guerre d'Indochine que les bataillons coloniaux et les brigades coloniales voient le jour. A partir du 1er RCP et du 2e RCP, le 1er bataillon de choc SAS est créé le 1er février 1946 pour devenir le 1er bataillon parachutiste SAS le 23 du même mois.

Quelques jours plus tard en mars 1946, le 2e bataillon de parachutiste SAS est créé à partir du 1er RCP et du 1er RICAP. Enfin, en septembre 1947, les deux bataillons sont regroupés pour former la 1ère brigade parachutiste SAS. Cette brigade prendra la nouvelle dénomination du 1er BCCP (1er bataillon colonial de commandos parachutistes) en janvier 1948. Mais pour peu de temps, car il sera dissout en juillet de la même année pour… être recréé en décembre 1949. Et le 1er octobre 1950, celui-ci deviendra le 1er groupe colonial de commandos parachutistes pour changer un nouvelle fois d'appellation en mars 1951 qui deviendra le 1er BPC (bataillon de parachutistes coloniaux). Celui-ci sera dissout en janvier 1952 recrée en juin 1953 pour être de nouveau dissout en septembre 1955.

Concernant les brigades coloniales les filiations sont toutes aussi compliquées. Pour faire simple, la 1ère demi-brigade coloniale de commandos parachutistes est créée en France le 1er octobre 1947 ; elle l’est en Indochine au 1er janvier 1948. Elle regroupe le 1er BCCP SAS et le 2e BCCP (bataillon colonial de commandos parachutistes).

Les chefs de cette demi-brigade sont successivement : le colonel Massu (1947-1949), le colonel Gilles (1949-1951), le lieutenant-colonel Langlais (1951-1953) et le lieutenant-colonel de Fritsch (1953-1954).

 

Paul Metz d’Antony.

Paul André Albert Metz nait à Antony le 25 février 1924. En 1943, à l’âge de 19 ans, il intègre l’Ecole des Cadets de la France Libre, promotion « Corse et Savoie ». Cette école a été créée en Grande-Bretagne par le général de Gaulle pour former des élèves officiers de 1941 à 1944.

La formation de cette école sera assimilée à la formation de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr par un décret de 1954. Les cinq promotions d’aspirants issus de cette école sont comptées dans les promotions de Saint-Cyr. 211 élèves sont sortis avec le grade d’aspirant. 54 sont morts pour la France dont 44 lors des combats de la Libération.

En 1944, Paul Metz combat d’abord l’ennemi nazi sur le territoire national (il va recevoir la médaille de la Résistance) puis suit son unité pour l’Indochine. Il est alors sous-lieutenant au sein de la 1ère demi-brigade coloniale de commandos parachutistes. Mais au cours d’un accrochage près de Rach Goi sur la route Cantho-Soc Trang, Paul Metz est tué à l’ennemi vietminh.

Voici un extrait de son livret militaire : « chevalier de la Légion d'honneur, Médaille militaire, médaille de la Résistance, Croix de Guerre 1939-1945, Croix de Guerre des TOE avec Palme - Citation à l'ordre de l'Armée : « Officier parachutiste d'un courage frisant la témérité. Toujours volontaire pour les missions périlleuses, a constamment fait preuve d'un sang-froid remarquable. A participé à plusieurs parachutages au Laos, confirmant au cours de ces opérations aussi bien que celles de Cochinchine les belles qualités qu'il avait manifestées sur le front d'Europe. Le 19 juin 1947, sur la route de RACH-GOI, étant chef d'un groupe de jeeps blindées escortant un convoi et marchant en tête, a arrêté sa voiture et s'est porté, seul, à l'entrée d'une maison dans laquelle il avait vu des hommes cherchant à se dissimuler. A été tué à bout portant, face à ses adversaires, obligeant ainsi l'embuscade à se dévoiler. A, par son sacrifice, sauvé le convoi d'une destruction entière ».

Le nom du sous-lieutenant Paul Metz est inscrit sur le monument aux morts d’Antony et au Mur du souvenir des guerres en Indochine à Fréjus.

 

 

Sources :

  • Site MemGen Web – Fiche de Paul Metz.
  • Contributions d’Olivier Schlienger.
  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Michel Bodin, Dictionnaire de la guerre d’Indochine, Economica.
  • Pierre Montagnon, La guerre d’Indochine, Pygmalion.

 

 

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Publié le 8 Mars 2026

A la mémoire de Lodovéo Mongiat de Bagneux, officier SAS.

Fils de Guiseppe Mongiat et de Zenni Di Domenico, Lodovéo Mongiat nait le 13 février 1937. Il habite rue de Sceaux à Bagneux.

Il participe à la guerre d’Algérie, en tant que sous-lieutenant SAS (Section Administrative Spécialisée).

C'est à Jacques Soustelle, gouverneur général de l'Algérie que revient l'initiative de la création des SAS. En 1955, il constate rapidement la sous-administration des campagnes, l'absence de renseignement, et l'échec des grandes opérations militaires contre l'ALN (Armée de Libération Nationale). Après avoir lancé une opération pilote de SAS dans les Aurès sous la direction du général Parlange, Soustelle décide de créer les SAS. Sa formation d’ethnologue au Mexique lui a monté l’importance de connaître la population. Il y a observé la politique de l'indigénisme mis en place par le gouvernement mexicain pour scolariser et soigner les Indiens, il veut faire de même en Algérie. Enfin son expérience au BCRA (service de renseignement et d'action de la France Libre) lui a monté l’importance cruciale du renseignement pour le succès d’une opération militaire. L’action des SAS en Algérie se place dans la droite lignée des Affaires indigènes du Maroc du maréchal Lyautey, dont est issu le général Parlange.

Une SAS est une structure administrative à la fois civile et militaire. Elle est dirigée par un officier d’active, appelé ou de réserve en situation d’active. Lodovéo Mongiat fait partie de cette dernière catégorie ; il décide de se porter volontaire pour les SAS comme officier de réserve en situation d’active.

Un officier SAS commande un maghzen d'une trentaine de moghaznis (supplétifs) assurant sa protection et la sécurité de la circonscription de la SAS. Il dispose d'un officier appelé ou d’un sous-officier d’active pour l'assister et d'attachés civils (un comptable, un radio, une infirmière). A cette structure se rattachent également un médecin, un instituteur et un moniteur sportif détachés par la compagnie militaire située à proximité de la SAS. Dans les faits, les effectifs civils et militaires de la SAS varient en fonction des besoins de la population, de l'étendue du territoire de la SAS (parfois aussi grande qu'un département), de l'isolement et de l'insécurité du secteur. Une SAS s'occupe d'un territoire rural ou urbain (bidonvilles) pouvant comprendre 2000 à 20.000 habitants dispersés dans des villages ou résidant dans un camp de regroupement.

Si l’officier est marié, il peut résider avec son épouse et ses enfants dans le bordj (un fort) de la SAS. Souvent cette dernière peut s’occuper bénévolement de la scolarisation, de l’infirmerie ou de l’évolution de la femme musulmane.

Selon le degré d’insécurité, les SAS s’occupent davantage de la population ou au contraire multiplient les opérations pour faire relâcher la pression de l’ALN. L’officier SAS s’appuie sur ses moghaznis qui « étaient interprètes, éclaireurs, pisteurs, guerriers, montaient la garde, tenaient des positions, sécurisaient des points stratégiques, parfois des villages entiers ou des espaces immenses ».

La SAS a aussi pour mission de collecter des renseignements. Elle met en place pour cela un réseau d'informateurs, tandis que l'officier SAS, de son côté, engage la conversation avec les habitants pour se faire une idée sur leur état d’esprit. Les moghaznis et les attachés civils sont parfois mis à contribution pour rechercher des informations à travers leurs contacts parmi la population. Dans ses missions quotidiennes, la SAS se heurte à l'OPA (organisation politico-administrative du FLN – Front de Libération National) qui tente elle aussi de contrôler la population. La SAS multiplie alors les démantèlements d'OPA, dont la composition pouvait aller de quelques personnes à un réseau parfaitement organisé.

Face à l'ALN, les officiers SAS tentent de susciter des ralliements individuels et parfois collectifs. Même si les ralliements collectifs se terminent souvent par un échec, les ralliements individuels auprès des SAS montrent au contraire les répercussions positives des actions économiques et sociales des officiers SAS au sein des rangs de l'ALN. Pour contrer les attaques de l'ALN, les SAS procèdent à l'armement de certains villages dans le cadre des groupes d'autodéfense.

Les actions civiles et militaires des SAS suscitent des réactions de la part du FLN : appel au boycott des bureaux administratifs de la SAS, destruction des cartes d'identité, consignes d'abstention aux élections, assassinat de délégations spéciales et des conseillers municipaux mis en place par les SAS, pression sur les ouvriers des chantiers ou des consultants de l’assistance médicale gratuite, lettres de menace et assassinats d'officiers SAS, de personnels civils et des moghaznis de la SAS, tentative de susciter des désertions parmi le maghzen et attaques de SAS, de villages sympathisants ou d’autodéfenses. Pendant la guerre d’Algérie, 70 officiers SAS et 607 moghaznis sont tués lors de leurs missions civiles et militaires.

C’est malheureusement le cas de Lodovéo Mongiat qui est tué le 10 janvier 1960, à l’âge de 22 ans, sur la commune de Nechmaya (département de Bône).

En mai suivant, déclaré mort pour la France, il reçoit la Légion d’honneur à titre posthume.

Le 25 novembre 2023, la municipalité de Bagneux décide de donner le nom de Lodovéo Mongiat à un square. Lodovéo Mongiat est enterré au cimetière municipal de cette commune.

 

Sources :

  • http://www.memorialgenweb.org : contributions de Stéphane Protois.
  • Archives du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Chemins de mémoire du ministère des Armées.

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