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Publié le 17 Mai 2026

Au capitaine Donnadieu, de Neuilly, mort pour la France en Indochine.

Jacques Donnadieu nait le 1er janvier 1923 à Landau en Allemagne. Son parcours de lycéen l’amène à entrer au Prytanée militaire de La Flèche (Sarthe) pour ensuite intégrer l’Ecole militaire spéciale interarmes de Saint-Cyr. Il est de la promotion « Veille au Drapeau » de 1943. Rappelons que depuis 1940, les écoles de Saint-Cyr et Saint-Maixent sont transférées à Aix-en-Provence en zone libre. En novembre 1942, après l’occupation de la zone libre, les deux écoles sont dissoutes par les Allemands. Certains élèves réussissent à quitter la France en passant par l’Espagne et se réfugient en Algérie française (Ecole militaire de Cherchell) ou rejoignent l’Angleterre et le général de Gaulle (qui a créé l’Ecole militaire des cadets de la France libre).

A Cherchell, l’école devient Ecole militaire interarmes (EMIA) et se charge de former tous les officiers de l’armée de Terre, aussi bien ceux issus du recrutement direct (Saint-Cyr) que ceux du recrutement interne (Saint-Maixent).

Quant à Jacques Donnadieu, il s’illustre au cours de la Seconde Guerre mondiale et reçoit la croix de guerre.

Après la fin du conflit, il devient élève de l’Ecole d’Application de l’Infanterie (1946). Il demande la Légion étrangère et est nommé au 2e régiment étranger d’infanterie. Il fait plusieurs séjours en Indochine.

Il meurt des suites de ses blessures reçues à Diên-Biên-Phù le 5 avril 1954. Il avait 31 ans. Il était également titulaire de la croix de guerre des TOE avec palme et avait le grade de chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur.

Son nom est inscrit sur les monuments suivants : monument aux morts de la Légion étrangère à Puyloubier (Bouches-du-Rhône) ; plaque commémorative de l’ancienne Ecole militaire d’Infanterie de Montpellier ; plaque commémorative du collège de Lestelle-Bétharram (Pyrénées Atlantiques) ; plaque commémorative du Prytanée militaire de La Flèche (Sarthe) ; mur du souvenir des guerres en Indochine à Fréjus (Var) ; plaque la mairie de Neuilly-sur-Seine.

 

Sources :

  • Site MemGen Web – Fiche de Paul Metz.
  • Contributions d’Olivier Schlienger, Arnaud Dubreil, Claude richard, Frédéric Dumait.
  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Michel Bodin, Dictionnaire de la guerre d’Indochine, Economica.

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Publié le 22 Mars 2026

Au SLT Metz d’Antony, mort pour la France en Indochine.

La création d’unités parachutistes.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le capitaine Georges Bergé crée la 1ère CIA (compagnie de l'infanterie de l'air) en Angleterre. En avril 1941, celle-ci est renommée la 1ère compagnie parachutiste et c'est toujours en 1941, au mois de septembre, que cette compagnie devient le peloton parachutiste du Levant et est rattaché à l'armée de l'air.

Un nouveau changement dans son appellation se fait en octobre 1941 à Damas sous le nom de la 1ère compagnie de chasseurs parachutistes des FAFL (Forces Aériennes Françaises Libres).

En janvier 1942, la 1ère CCP prend le nom de French Squadron de la brigade SAS du major Stirling ; nouveau changement en juillet 1943 avec la dénomination du 1er bataillon de l'infanterie de l'air qui lui-même sera une nouvelle fois renommé le 4e bataillon de l'infanterie de l'air en novembre 1943 et au cours de l'été 1944 sera de nouveau nommé le 2e RCP (2e régiment de chasseurs parachutiste).

C'est au cours de la guerre d'Indochine que les bataillons coloniaux et les brigades coloniales voient le jour. A partir du 1er RCP et du 2e RCP, le 1er bataillon de choc SAS est créé le 1er février 1946 pour devenir le 1er bataillon parachutiste SAS le 23 du même mois.

Quelques jours plus tard en mars 1946, le 2e bataillon de parachutiste SAS est créé à partir du 1er RCP et du 1er RICAP. Enfin, en septembre 1947, les deux bataillons sont regroupés pour former la 1ère brigade parachutiste SAS. Cette brigade prendra la nouvelle dénomination du 1er BCCP (1er bataillon colonial de commandos parachutistes) en janvier 1948. Mais pour peu de temps, car il sera dissout en juillet de la même année pour… être recréé en décembre 1949. Et le 1er octobre 1950, celui-ci deviendra le 1er groupe colonial de commandos parachutistes pour changer un nouvelle fois d'appellation en mars 1951 qui deviendra le 1er BPC (bataillon de parachutistes coloniaux). Celui-ci sera dissout en janvier 1952 recrée en juin 1953 pour être de nouveau dissout en septembre 1955.

Concernant les brigades coloniales les filiations sont toutes aussi compliquées. Pour faire simple, la 1ère demi-brigade coloniale de commandos parachutistes est créée en France le 1er octobre 1947 ; elle l’est en Indochine au 1er janvier 1948. Elle regroupe le 1er BCCP SAS et le 2e BCCP (bataillon colonial de commandos parachutistes).

Les chefs de cette demi-brigade sont successivement : le colonel Massu (1947-1949), le colonel Gilles (1949-1951), le lieutenant-colonel Langlais (1951-1953) et le lieutenant-colonel de Fritsch (1953-1954).

 

Paul Metz d’Antony.

Paul André Albert Metz nait à Antony le 25 février 1924. En 1943, à l’âge de 19 ans, il intègre l’Ecole des Cadets de la France Libre, promotion « Corse et Savoie ». Cette école a été créée en Grande-Bretagne par le général de Gaulle pour former des élèves officiers de 1941 à 1944.

La formation de cette école sera assimilée à la formation de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr par un décret de 1954. Les cinq promotions d’aspirants issus de cette école sont comptées dans les promotions de Saint-Cyr. 211 élèves sont sortis avec le grade d’aspirant. 54 sont morts pour la France dont 44 lors des combats de la Libération.

En 1944, Paul Metz combat d’abord l’ennemi nazi sur le territoire national (il va recevoir la médaille de la Résistance) puis suit son unité pour l’Indochine. Il est alors sous-lieutenant au sein de la 1ère demi-brigade coloniale de commandos parachutistes. Mais au cours d’un accrochage près de Rach Goi sur la route Cantho-Soc Trang, Paul Metz est tué à l’ennemi vietminh.

Voici un extrait de son livret militaire : « chevalier de la Légion d'honneur, Médaille militaire, médaille de la Résistance, Croix de Guerre 1939-1945, Croix de Guerre des TOE avec Palme - Citation à l'ordre de l'Armée : « Officier parachutiste d'un courage frisant la témérité. Toujours volontaire pour les missions périlleuses, a constamment fait preuve d'un sang-froid remarquable. A participé à plusieurs parachutages au Laos, confirmant au cours de ces opérations aussi bien que celles de Cochinchine les belles qualités qu'il avait manifestées sur le front d'Europe. Le 19 juin 1947, sur la route de RACH-GOI, étant chef d'un groupe de jeeps blindées escortant un convoi et marchant en tête, a arrêté sa voiture et s'est porté, seul, à l'entrée d'une maison dans laquelle il avait vu des hommes cherchant à se dissimuler. A été tué à bout portant, face à ses adversaires, obligeant ainsi l'embuscade à se dévoiler. A, par son sacrifice, sauvé le convoi d'une destruction entière ».

Le nom du sous-lieutenant Paul Metz est inscrit sur le monument aux morts d’Antony et au Mur du souvenir des guerres en Indochine à Fréjus.

 

 

Sources :

  • Site MemGen Web – Fiche de Paul Metz.
  • Contributions d’Olivier Schlienger.
  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Michel Bodin, Dictionnaire de la guerre d’Indochine, Economica.
  • Pierre Montagnon, La guerre d’Indochine, Pygmalion.

 

 

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Publié le 7 Décembre 2025

A Pierre Bergerol d’Antony, mort pour la France en Indochine.

Pierre Bergerol nait à Paris le 22 juillet 1921. Diplômé de l’Ecole Polytechnique en 1941, il s’engage « pour la durée de la guerre » et participe à la campagne d’Allemagne en 1945.

Il intègre le 10e régiment d’artillerie coloniale et est envoyé en Indochine. Détaché de cette unité, il sert à la batterie de commandement et services de l’artillerie divisionnaire de la 3e division d’infanterie coloniale.

Le lieutenant Bergerol est tué au combat le 12 septembre 1947 : envoyé avec un groupe de supplétifs pour dégager le poste de Ba Dua encerclé, il est blessé, son arme s’enraye et il est achevé par un soldat du Vietminh.

Titulaire de la croix de guerre et chevalier de la Légion d’honneur, le jeune officier – il a 24 ans – est enterré à Mytho. Commando Bergerol sera adopté comme nom de sa compagnie formée de partisans vietnamiens et de soldats français.

Le nom du lieutenant Bergerol est inscrit sur les monuments aux morts de l’Ecole Polytechnique (Paris 5e et Palaiseau) et sur celui d’Antony.

 

Le commando Bergerol par le général Henri de Briançon.

Henri de Briançon : « Chargé de restaurer l’autorité de la France en Indochine, le général Leclerc se trouve en prise à Saïgon avec une situation critique. Ses unités arrivant au compte-goutte, il les utilise sans distinction d’écusson au fur et à mesure de leur débarquement.

Aux unités d’artillerie de la 9e puis de la 3e DIC (Division d’Infanterie Coloniale) est ainsi confiée la responsabilité de la région située à l’ouest et au sud-ouest de Saïgon. Elles n’y réussissent pas mal puisque le 10e RAC (régiment d’artillerie coloniale) reçoit en juin 1946 ce télégramme : « Bravo les artilleurs. Je vais remplacer mes fantassins par des artilleurs. Signé : Leclerc ».

Leurs officiers cherchent à appliquer leur ingéniosité à une mission à laquelle ils n’avaient pas été préparés. C’est le cas notamment de deux polytechniciens, un lieutenant et un colonel.

Tout jeune officier en service au III/RACM, Pierre Bergerol veut aller semer l’insécurité chez l’adversaire en employant des autochtones et en utilisant de l’armement léger ainsi que des moyens facilitant l’infiltration, habillement de « nhaqué » en cotonnade noire, barques légères à fond plat dites sampans. Grâce à un enchaînement de circonstances favorables, le projet est accepté en haut lieu et Bergerol recrute, entraîne et engage dès janvier-février 1946, un petit groupe d’une quinzaine d’hommes, le premier du genre. A peine a-t-il pris le commandement du secteur des Vaïcos, que le colonel Charles Chanson décide début mars la création à Mytho, de sections d’intervention. La première sortie de celle que commande l’aspirant Bonijoly le met précisément en contact avec le lieutenant Bergerol.

Ces unités et quelques autres du même type obtiennent des résultats flatteurs en 1946 et au début de 1947. Vers le milieu de cette année, le colonel Chanson estime nécessaire de disposer, à l’échelon de la zone centre qu’il commande désormais, d’une formation plus importante. Par fusionnement du groupe franc Bergerol, fort maintenant de quelque soixante hommes, et des trois sections de Mytho, il obtient la création de la compagnie de commandos de la BCAD/3. Le lieutenant Bergerol en prend le commandement et s’installe à Mytho.

Par décision du général de Latour, elle prend le nom de « commando Bergerol » au lendemain de la mort au combat de son jeune chef, le 12 septembre 1947. Son remplaçant est aussi un artilleur. Jusqu’à sa dissolution qui survient, presque par surprise, le 3 octobre 1953, le commando est encadré exclusivement par des officiers et des sous-officiers d’artillerie coloniale et métropolitaine. »

 

 

Sources :

  • Site MemGen Web – Fiche de Pierre Bergerol.
  • Contributions de Laetitia Filippi.
  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Michel Bodin, Dictionnaire de la guerre d’Indochine, Economica.
  • Pierre Montagnon, La guerre d’Indochine, Pygmalion.
  • Général Henri de Briançon, le commando Bergerol.

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Publié le 12 Janvier 2025

Claude Perrotin de Saint-Cloud, mort pour la France en Indochine.

Les bataillons de marche d’Extrême-Orient (BMEO) sont formés en janvier 1946 à partir des cadres français des trois bataillons de marche sénégalais de la 1ère brigade d’Extrême-Orient.

Ces unités débarquent en Cochinchine (Saigon) mais sans leurs tirailleurs sénégalais. Elles recrutent, sur place, des soldats cambodgiens et des « montagnards », comme les Hmong pour compléter leurs effectifs. De quatre en janvier 1946, leur nombre passe à sept en 1950. Le 31 décembre 1950, trois des sept BMEO sont dissous et deviennent des bataillons montagnards vietnamiens, et intègrent l’Armée nationale vietnamienne, suivant les ordres du général de Lattre de Tassigny. Ainsi, le 2e BMEO devient le 66e bataillon vietnamien en novembre 1952 et le 1er BMEO devient en novembre 1953 le 2e bataillon de marche du régiment du Cambodge.

Claude Perrotin est né le 29 mars 1923 à Meudon dans l’actuel département des Hauts-de-Seine. Il participe à la libération de la France en 1944 puis intègre l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion « Rome et Strasbourg », en 1944.

A l’âge de 25 ans, le 4 août 1948, il est tué dans le secteur de Phong Diên, en bord de la mer de Chine, à quarante kilomètres au sud-ouest de Phan Thiêt. Il était chevalier de la Légion d’honneur, titulaire des croix de guerre 1939-1945 et croix de guerre des TOE.

Le nom du lieutenant Perrotin est inscrit sur le monument aux morts de la mairie de Saint-Cloud et sur la plaque commémorative du lycée Jeanson de Sailly à Paris.

 

 

Sources :

  • Site MemGen Web – Fiche de Claude Perrotin.
  • Contributions de Claude Richard et de Jean-Claude Jorand.
  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Michel Bodin, Dictionnaire de la guerre d’Indochine, Economica.
  • Pierre Montagnon, La guerre d’Indochine, Pygmalion.

 

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Publié le 7 Mai 2024

Il y a 70 ans : Dien Bien Phu. Le Souvenir Français n’oublie pas.

Le mot du Président-général.

Le 7 mai 1954, les armées françaises étaient vaincues à Dien Bien Phu.

Le 20 juillet 1954, la signature des accords de Genève mettait fin à la longue histoire de la présence française sur les terres indochinoises.

La France n’a pas à rougir de son œuvre dans ces terres asiatiques. Ce fut une histoire partagée, faite de pages de lumière – l’économie, l’urbanisme, l’éducation, la santé …. – et d’ombre – en particulier cette longue guerre d’Indochine, qui, de 1946 à 1954, fit plus de 500 000 morts [1].

70 ans sont passés. Alors que nous rapatrions 6 corps de combattants retrouvés à Dien Bien Phu, il nous appartient de nous souvenir.

D’abord de ceux qui, au nom de la République, ont combattu en Indochine.

Souvent victorieux, mais combien de fois souffrant – souvenons-nous de ceux qui furent prisonniers après Dien Bien Phu, souvent dans les camps viet que la République française a reconnus au même titre que les camps de déportation nazis [2]. Souvenons-nous aussi des combattants coloniaux et des combattants vietnamiens qui étaient à nos côtés [3].

 Tous étaient la France.

 70 ans sont passés. Alors que le Vietnam, le Laos et le Cambodge ont su développer une vie économique dynamique, alors que le tourisme est partout présent et s’empare de la « cuvette de Dien Bien Phu », il nous appartient d’être capable de construire une histoire partagée avec chacun de ces trois pays.

 70 ans sont passés. Le temps est venu d’une histoire complète et scientifique et d’une mémoire apaisée.

Serge BARCELLINI

Contrôleur Général des Armées (2s)

Président Général de l'association "Le Souvenir Français"

 

 

 [1] 500 000 morts dont 100 à 150 000 assassinés par le Viet Minh - 59 745 tués pour le corps expéditionnaire - 58 877 tués pour les forces vietnamiennes à nos côtés.

[2] Sur les 36 979 prisonniers français depuis 1945, 10 754 furent rendus (28%) dont 6 132 furent hospitalisés. Une mortalité égale à celle des camps de déportation nazis.

[3] Sur les 59 745 tués du corps expéditionnaire, 26 923 combattants originaires du Vietnam ; 12 997 sous-officiers et soldats français ; 2 005 officiers français ; 17 810 légionnaires et tirailleurs africains et nord-africains.

L’ensemble de ces chiffres provient de l’ouvrage du Général Yves Gras, Histoire de la Guerre d’Indochine, Editions Plon, 1991.

Dans les Hauts-de-Seine.

De nombreux soldats originaires des Hauts-de-Seine sont morts pendant la bataille de Dien Bien Phu ou quelques jours plus tard dans les camps de prisonniers. C’est le cas de Pierre Coupard, officier au 7e régiment de tirailleurs algériens, mort des suites de ses blessures au Camp n°1 le 18 juin 1954. Ses restes sont au cimetière de Levallois-Perret.

Une exposition au siège du Souvenir Français.

Le 15 mai sera organisée le vernissage d’une exposition au siège du Souvenir Français, sur le thème de la guerre d’Indochine. Cet événement est organisé conjointement avec l’ASAF (Association de Soutien à l’Armée Française) et l’ONAC-VG. Il convient de s’inscrire pour y participer. Les modalités sont indiquées dans l’affiche ci-après.

 

Sources :

  • Site MemGen Web – Fiche de Pierre Coupard.
  • Contributions de Jean-Pierre Enault, d’Alain Girod et Bernard Butet.
  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Lettre nationale n°94 du Souvenir Français.
  • Crédit photographique : ECPAD.
Il y a 70 ans : Dien Bien Phu. Le Souvenir Français n’oublie pas.

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Publié le 10 Décembre 2023

A Châtillon, Jean Dufour du bataillon de Corée.

La guerre de Corée.

La guerre de Corée se déroule de juin 1950 à juillet 1953. Elle résulte de la partition de cette péninsule à la suite d’un accord entre les Soviétiques, ayant libéré la Mandchourie et le nord de la Corée et les Alliés, victorieux de la guerre du Pacifique contre le Japon. Cette partition se réalise le long du 38e parallèle.

Mais à l'aube du 25 juin 1950, après une courte préparation d'artillerie, l'armée nord-coréenne met fin à plusieurs années de tensions entre les deux Corée et franchit le 38e parallèle : la guerre de Corée commence.

Le conflit se déroule en quatre phases principales :

  • Mal préparées, face aux 200 000 soldats nord-coréens bien équipés par les Soviétiques, les forces du Sud accusent de lourdes pertes durant les deux premiers mois et, à la mi-, elles se retrouvent acculées dans le sud-est de la péninsule.
  • Contre-offensive des forces de l'ONU, dirigées par le général MacArthur, avec un débarquement le  à Incheon, non loin de Séoul, qui repousse en  les Nord-Coréens bien au-delà du 38e parallèle.
  • La république populaire de Chine entre en guerre aux côtés de la Corée du Nord. 1,7 million de « volontaires chinois » forcent les Sud-Coréens et les troupes de l'ONU à se replier derrière le 38e parallèle à la veille de Noël en 1950. En , les communistes reprennent Séoul, reconquise par l'ONU en .
  • Au printemps 1951, ce sont les troupes onusiennes qui gagnent peu à peu du terrain au nord, et le front s'établit de nouveau aux alentours du 38e parallèle, revenant "peu ou prou" aux positions d'avant le début du conflit.

Les négociations reprennent alors et la guerre s'achève le ,

Le bataillon français.

Dès le début du conflit, à l'initiative des États-Unis, l'Organisation des Nations-unies est saisie. Il s’agit de faire respecter le droit international. Une force multinationale se constitue donc sous l’égide de l’ONU avec mission de restaurer par la force la souveraineté de la Corée du Sud. La France commence par refuser d’y participer : elle est en guerre en Indochine et ne peut dégarnir ses unités en Allemagne et en Afrique du Nord. Puis, ne sous-estimant pas le rôle qu’elle peut jouer à l’échelon international (la France est membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies), elle consent finalement, en août 1950, à mettre sur pied un bataillon formé de volontaires issus en majorité de la réserve, qui dorénavant sera connu sous le sigle de BF/ONU. Pour donner un relief et un prestige particulier à la modeste participation française, le général de corps d’armées Raoul Magrin-Vernerey, dit Monclar, abandonne momentanément ses quatre étoiles pour le grade de lieutenant-colonel et est nommé à la tête d'un état-major des Forces terrestres françaises (EMFTF) qui coiffe le BF/ONU. Au total, 1.050 hommes partent pour la Corée à l’automne 1950.

La reprise de l'offensive des Alliés en juillet 1951 donne lieu à de furieux combats. Le bataillon français est engagé quant à lui à partir du 26 septembre : la 3e Compagnie du BF/ONU doit de déloger les Nord-Coréens du sommet et des flancs du piton de Crèvecœur. C’est le début d’une bataille qui va durer quinze jours. Lorsque le bataillon est relevé le 21 octobre, il a perdu 60 des siens et près de 260 ont été blessés, mais Crèvecœur est, grâce aux sacrifices des volontaires français et de leurs compagnons d’armes américains, aux mains des troupes des Nations-unies. Après la bataille de Crèvecœur, le BF/ONU est mis au repos.

Les deux dernières années du conflit sont essentiellement marquées par des activités de patrouilles et des coups de mains dans les lignes ennemies pour rapporter des prisonniers ou du renseignement et il n'y aura plus d'offensives majeures pour les hommes du bataillon de l'ONU hormis les très durs combats d'Arrowhead. À la fin du mois de septembre 1952, plusieurs indices témoignent de l’imminence d’une attaque chinoise. Celle-ci a pour but de s'assurer du contrôle de hauteurs tenues par la coalition et de s’ouvrir la route de Séoul, défendue par deux positions White Horse, tenue par les Sud-Coréens et Arrowhead (ou cote 281) aux mains des Français. Pour renforcer la défense, les Américains ont également envoyé plusieurs blindés et des canons antiaériens. L'assaut chinois débute le 6 octobre 1952 en fin de journée et se révèle immédiatement meurtrier pour le bataillon qui voit disparaître l’une de ses unités d'élite, la section de pionniers. Toute la nuit durant, résistant au déluge de l'artillerie chinoise et aux assauts de ses fantassins, les combattants français vont tenir. Au matin du 7 octobre 1952, pourtant, 47 d'entre eux manquent à l'appel, la défense d'Arrowhead a coûté cher.

Au mois de décembre 1952, le troisième contingent du BF/ONU prend la relève. Il livre une guerre de positions, souvent passée sous silence, et perdra de nombreux soldats du fait des bombardements chinois ou d'attaques localisées. Après la signature de l'armistice, le 27 juillet 1953, ses hommes restent encore quelques mois en Corée avant de s'embarquer, le 25 octobre 1953, pour l'Indochine où d'autres combats très difficiles les attendent. Le BF/ONU, arrive à Saïgon le 1er novembre 1953 et est intégré au sein du Groupe mobile 100, stationné au Centre-Annam. Il subit de très lourdes pertes dans la dernière phase de la guerre d’Indochine, au mois de juin 1954.

 

Jean Dufour.

Jean Dufour nait à Paris 14e le 13 juillet 1927. Au moment de son incorporation il demeure au 45 de la rue Gabriel Péri à Châtillon dans les Hauts-de-Seine. Soldat du bataillon de Corée, affecté à la fameuse section de pionniers, Jean Dufour est tué lors des combats d’Arrowhead le 6 octobre 1952, à l’âge de 25 ans.

Son nom est inscrit sur le Mémorial de la guerre de Corée à Paris, sur une plaque commémorative à Saint-Germain-en-Laye, sur le monument aux Morts de Châtillon et sur le War Memorial of Korea de Séoul.

 

Sources :

  • Commandant Ivan Cadeau, La guerre de Corée, 1950-1953, Paris, Perrin 2013.
  • du Centre de doctrine et d’enseignement du commandement – Histoire du bataillon de Corée.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Claude Delmas, Corée 1950 paroxysme de la guerre froide, Bruxelles, Editions Complexe.
Le sommet du piton d'Arrowhead en Corée. Début octobre 1952, photographe inconnu.

Le sommet du piton d'Arrowhead en Corée. Début octobre 1952, photographe inconnu.

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Publié le 25 Mars 2023

Novembre 2018 – Le Premier ministre, Edouard Philippe, se recueille devant le monument créé par Rolf Redel, qui fut sergent-chef de la Légion et qui combattit à Diên-Biên-Phù.

Novembre 2018 – Le Premier ministre, Edouard Philippe, se recueille devant le monument créé par Rolf Redel, qui fut sergent-chef de la Légion et qui combattit à Diên-Biên-Phù.

Il y a peu le Gouvernement vietnamien a annoncé procéder à l’extension de l’aéroport de Diên-Biên-Phù, dans le nord-ouest du pays. Ce qui n’était qu’un village au moment de la guerre d’Indochine est devenu une ville en pleine expansion, de plus de 150.000 habitants. Ces travaux doivent permettre à l’aéroport de pouvoir accueillir des gros porteurs, comme les Airbus A320.

Mais ces travaux posent un problème : ils se feront sur les lieux de la terrible bataille de 1954, qui scella la défaite française en Indochine. Là, des centaines de cadavres de soldats du CEFEO (Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient) y sont enfouis. A l’occasion d’un conseil d’administration du Souvenir Français, Frédéric Pécout, archéologue à l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, a attiré l’attention du président-général, Serge Barcelini, sur ces points. « On ne peut pas envoyer des gens se battre et mourir pour la France sans que leurs dépouilles aient, en retour, le respect de la nation. Ce serait les faire mourir deux fois » a indiqué Serge Barcelini au journal Le Monde.

Madame le ministre en charge des Anciens combattants et de la Mémoire, Patricia Mirallès, a pris le dossier en mains : « La France a une obligation de sépulture perpétuelle pour tous ceux qui sont morts pour elle (…), sauf quand les familles souhaitent récupérer les corps. Les dépouilles retrouvées à Diên-Biên-Phù ou ailleurs au Vietnam retrouveront leurs frères d’armes au mémorial ». Mémorial de Fréjus bien entendu. Et Madame le ministre d’ajouter qu’elle se rendra au Vietnam le 8 juin prochain, date de commémoration patriotique en France de la guerre d’Indochine et de celle de Corée.

Ainsi, le Souvenir Français, en proposant de financer une partie des fouilles qui d’ailleurs pourraient être faites en commun avec le Gouvernement vietnamien, va-t-il contribuer à sauver les dépouilles des soldats qui restent encore en Indochine. Notre pays a toujours du mal face à la mémoire de cette guerre d’Indochine, mais sait aussi rattraper ses manques. Si le sergent-chef Rolf Redel a bâti, seul, le monument de Dien Bien Phu à la mémoire de ses camarades, ce sont maintenant les services de l’ambassade de France au Vietnam qui entretiennent le monument.

 

Sources :

  • Crédit photographique : Jewel Samad pour Le Figaro.
  • Journal Le Monde.
  • Journal Le Figaro.
  • Site internet de BFM TV.

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Publié le 11 Mars 2023

Le carré militaire indochinois de Colombes.

De 1945 à 1954, plusieurs centaines de milliers de soldats de l’Union française ont pris part à la guerre d’Indochine. Celle-ci fut à la fois une guerre civile, une guerre révolutionnaire et un temps fort de l’affrontement Est-Ouest. Malgré un éphémère redressement opéré au début des années 1950, sous l’impulsion du général Jean de Lattre de Tassigny, la France, soutenant à bout de bras ce conflit lointain, joue son va-tout à Dien-Bien-Phu, où elle livre sa dernière grande bataille au XXe siècle.

Au cours de cette guerre, le Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient (CEFEO) de l’Union française a perdu près de 75.000 hommes dont plus de 20.000 Français. Les restes de ces soldats ont été rapatriés pendant le conflit (carrés militaires de corps restitués) ou bien après (ils se trouvent au Mémorial de la guerre d’Indochine à Fréjus).

Dans les Hauts-de-Seine, la ville de Colombes est la seule à avoir formé un carré militaire des corps restitués, dans son cimetière, dédié aux Morts pour la France en Indochine. Ceci est d’autant plus à souligner que dans d’autres communes, par décision politique, le nom « Indochine » n’était pas inscrit. Les autorités locales lui préférant le terme « d’Extrême-Orient ».

Ce carré militaire comporte six tombes. Il s’agit de :

  • René Andry, né le 5 juin 1922 à Paris ; sapeur dans une brigade du génie. Mort pour la France le 28 octobre 1946 à Dalat.
  • Louis Bornet, né le 21 avril 1913 à Paris. Mort pour la France le 17 mai 1947 à Louang-Prabang au Laos.
  • Jacques Cottin, né le 10 janvier 1927 à Colombes ; sergent au 31e Bataillon de marche de Tirailleurs Sénégalais, créé en Indochine en 1949. Mort pour la France le 8 avril 1954 à Bao Trai en Cochinchine, tué à l’ennemi.
  • Gérard Fournier, né le 6 septembre 1932 à Asnières-sur-Seine ; brigadier au 8e Groupe d’Escadrons de Spahis Algériens Portés. Mort des suites de ses blessures, pour la France, le 25 octobre 1952 à l’hôpital Lanessan.
  • Jacques Pierre, né le 24 octobre 1930 à Colombes ; brigadier-chef au 8e régiment de Spahis Algériens. Tué à l’ennemi le 11 juin 1954 à Dao-Dien, dans le Tonkin (nord Vietnam).
  • René Robert, né le 29 janvier 1927 à Lyon ; marsouin au Bataillon d’Infanterie Coloniale de Saïgon. Mort des suites de ses blessures le 17 mai 1948 à l’hôpital Le Flem à Cholon (Saïgon).

 

 

Sources :

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Publié le 16 Mai 2022

Au frères Wibrate de Malakoff.

Pour voir le carré militaire 39-45 / Indochine / Algérie de Malakoff, il faut se diriger tout de suite vers la gauche sitôt la porte d’entrée passée. Au cœur de ce carré figure une tombe qui rassemble les restes de deux frères : il s’agit des frères Wibrate.

Serge Wibrate, fils de Raoul et de Marcelle Fromentin, nait à Paris le 30 juillet 1925. Engagé dans l’armée de Terre, il appartient au 23e régiment d’infanterie coloniale, le régiment de Marcel Bigeard et de François Mitterrand ! Après s’être couvert de gloire pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment dans le secteur de Nancy avec la dernière charge à la baïonnette de cette guerre, l’unité est envoyée en Indochine.

Serge Wibrate est marsouin. Il suit son détachement dans le Tonkin, et plus précisément dans la région de Quang Yen, non loin d’Haïphong. Le 27 mars 1947, il meurt pour la France, des suites de ses blessures. Il est décoré de la Croix de guerre TOE.

Quelques mois plus tard, son corps est rapatrié et placé dans la tombe de son jeune frère, Serge.

Né à Paris le 11 mars 1928, Serge Wibrate est une victime civile de la Seconde Guerre mondiale. Il meurt à l’hôpital d’Orléans le 7 septembre 1944, quelques jours après la libération de la ville et de sa région.

 

 

Sources :

http://www.memorialgenweb.org

Informations de Philippe et Claudine Deguillien et de Claude Richard.

Encyclopédie Wikipédia.

Archives photographiques de la DG92 du Souvenir Français.

La sépulture, Maurice puis Serge.
La sépulture, Maurice puis Serge.
La sépulture, Maurice puis Serge.

La sépulture, Maurice puis Serge.

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Publié le 14 Février 2021

Le caporal-chef Albertini d’Asnières et le 8e RTM à Coc-Xa.

François Albertini nait le 22 décembre 1928 à Paris. Il s’engage dans l’armée et rejoint le 8e RTM (régiment de tirailleurs marocains).

 

Le 8e RTM a été créé à Fès en 1929. De suite, l’unité participe à l’unification du Maroc. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle est de la campagne de France. En 1941, le 8e est rapatrié à Mekhnès, après avoir été en garnison à Belfort. En 1943, il combat au sein de la 2e DIM (Division d’Infanterie Marocaine) en Italie, en Provence, puis dans les Vosges et en Alsace.

 

Le 8e RTM débarque le 7 mai 1949 à Haïphong pour relever le 5e RTM. Il est chargé d’assurer la sécurité de la RC4 de Langson à Dong-Khé. En octobre 1950, pendant le désastre de la RC4, le 8e est pratiquement anéanti à Coc-Xa. Cette bataille a été évoquée à plusieurs reprises, sur ce site, et sur le site du Souvenir Français d’Issy – Vanves, notamment dans les articles sur Jean Cornuault et par le récit du colonel Martin, sur la réfection de la chapelle de That Khé, là où des dizaines de soldats français ont été rassemblés après avoir été blessés durant la bataille terrible.

 

Le caporal-chef Albertini est de la bataille de Coc-Xa. Gravement blessé, transporté à Hanoi, il meurt le 23 octobre des suites de ses blessures à l’hôpital Lanessan. Il avait 21 ans.

 

Son nom est gravé sur le mémorial des guerres d’Indochine à Fréjus et sur le monument aux Morts d’Asnières.

 

En juin 1955, le 8e RTM rejoint la Cochinchine puis quitte définitivement le Viêt-Nam en avril 1956. C’est la dernière unité militaire française à partir de ce qui fut la « Perle de l’Orient ».

 

Sources :

  • Encyclopédies Larousse et Wikipédia.
  • Fiche individuelle sur le site Mémorial Gen Web : http://www.memorialgenweb.org/
  • Crédits photographiques : Olivier Johnsson

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