Publié le 26 Septembre 2026

La cloche du Mont Valérien.

La cloche.

Autrefois lieu de culte médiéval, puis forteresse militaire au 19e siècle, le Mont Valérien a été, pendant la Seconde Guerre mondiale, le principal lieu d’exécution en France de résistants et d’otages fusillés par l’armée allemande.

L’endroit présente plusieurs monuments, édifices et sculptures dédiés à la mémoire de ces fusillés.

L’un d’eux est une cloche. Selon son fabricant, la société Paccard, la cloche du Mont Valérien est « un signe symbolique culturel simple, accessible, ouvert. Immédiatement reconnaissable, tirant sa force de sa structure, en même temps repliée sur elle-même et d’emblée rattachée aux événements collectifs, une cloche est un objet de civilisation. Monument sans être architecture, une cloche est dotée d’une puissance de signification civilisatrice, au sens le plus large du terme ».

L’œuvre, réalisée par l’artiste Pascal Convert, est constituée d’une pièce de bronze en forme de cloche d’un diamètre de 2,7 m, d’une hauteur de 2,18 m. Sur cette cloche monument y figurent, par ordre chronologique de décès, les noms et prénoms des 1015 noms des fusillés identifiés à ce jour. Posée sur le sol, cette cloche devient le symbole du silence.

 

Les fusillés.

En 2024, des historiens ont recensé 1 009 fusillés durant la période de l’Occupation. Les corps sont pour la plupart dirigés vers le cimetière parisien d’Ivry. Certains vers celui de Puteaux. En 1943, la préfecture de Police demande à les ensevelir anonymement et sans registre de leur localisation, mais des agents tiennent un registre clandestin qui permet de retrouver les sépultures après la Libération.

 

Voici, de 1941 à 1944, quelques noms de ces fusillés :

1941 compte 156 fusillés, dont le premier, est Gerardus Beks, un Néerlandais, victime de la répression allemande. Le 29 août, trois résistants sont passés par les armes dont Honoré d’Estienne d’Orves. Le 22 octobre, cinq otages sont fusillés en représailles après la mort de Karl Hotz, responsable des troupes d’occupation de la région nantaise. Le 10 décembre, ce sont onze membres du groupe Elie, groupe rattaché au réseau de résistance Confrérie Notre-Dame. Cinq jours plus tard, soixante-neuf otages sont fusillés, dont une grande partie viennent du camp de prisonniers de Drancy. Parmi eux, le résistant communiste Gabriel Péri.

En 1942, 441 résistants sont fusillés au Mont Valérien. Le 23 février, sept membres du réseau du musée de l’Homme meurent sous les balles allemandes ; le 31 mars ce sont sept résistants puis dix-sept otages le 31 mars ; 23 condamnés à mort le 17 avril ; un mois plus tard, ce sont des membres du groupe de résistance « Légion des cadets de France » et le 14 mai, six otages juifs. Le 23 mai, 10 résistants dont Jean-Claude Bauer, dont le stade de Saint-Ouen (Red Star) porte le nom. Le 11 août, quatre-vingt-huit otages sont fusillés et le 21 septembre quarante-six otages sont également fusillés.

En 1943, 228 résistants et otages sont fusillés au Mont Valérien, dont de nombreux membres des Force Françaises de l’Intérieur et des réseaux Front National de lutte pour la libération de l’indépendance de la France, CND-Castille ou Air 40 (des résistants de l’armée de l’Air). Le 17 septembre, dix-neuf résistants Francs-Tireurs et partisans de Brest sont passés par les armes. Le 2 octobre, cinquante otages sont tués à la suite de l’exécution par la résistance de Julius Ritter (colonel SS qui supervisait le STO – Service du Travail Obligatoire – en France). quatre jours plus tard, trente résistants supplémentaires sont tués.

En 1944, on compte 184 fusillés, dont trois lycéens du lycée Anatole Le Braz de Saint-Brieuc, vingt-deux membres des FTP-MOI de la région parisienne dont Missak Manouchian. Le 30 mars, trente-et-un FTPF d’Eure-et-Loir sont fusillés ; le 11 avril, Joseph Epstein, dirigeant des FTP-MOI de région parisienne, tombe de même qu’une vingtaine de FTPF. Le 2 juin, quatre jours avant le débarquement, onze résistants sont fusillés et le 12 août, alors que les Alliés sont en Normandie, Fernand Pauriol, résistant FFI, est le dernier à être tué par les Allemands dans l’enceinte du Mont Valérien.

 

 

Sources :

  • Crédit photographique de Cyrille Weiner.
  • Archives de la délégation des Hauts-de-Seine du Souvenir Français.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Memorial GenWeb avec le relevé de Claude Richard.
  • Serge Barcellini et d’Annette Wieviorka, Passant, souviens-toi ! Les lieux du souvenir de la Seconde Guerre mondiale en France, Editions Plon, 1995.
  • Site de la société Paccard, fondeur de la cloche.

Lire la suite

Publié le 5 Septembre 2026

Au quartier-maître Roger, de Courbevoie, fusillé en Indochine.

Le Commando François est un ancien commando de fusiliers-marins ayant servi durant la guerre d’Indochine. Il est créé en 1947 en hommage au lieutenant de vaisseau Jacques François, mort avec sa flottille amphibie dans la région de Ninh Binh. Ce commando est dissous à la suite d'un assaut des troupes du Vietminh, en 1951, ayant causé la mort d’un grand nombre de soldats français. En raison de ces nombreuses pertes, l’état-major des armées décide de ne pas recruter d’autres membres. Cette fin tragique marque donc l’arrêt des missions pour ce commando d’élite.

Raymond Roger, quartier-maître de 2e classe fusilier, est né le 5 janvier 1932 à Paris. Il incorpore l’école des Mousses à Loctudy (Finistère) le 1er janvier 1948. Il y signe un engagement de 5 ans et on lui attribue le matricule 1025-T-48. Il est en formation au Centre Siroco le 1er octobre de la même année.

Le Centre Siroco comprend un centre de formation maritime pour tous les marins engagés et conscrits, d’Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Maroc et Mauritanie) incorporés dans la Marine nationale. L’école des fusiliers a pour mission de former tous les personnels de la spécialité. Pour réaliser sa mission le centre dispose de nouveaux bâtiments pour accueillir l’état-major, l’encadrement des cours et les personnels permanents. D’autres bâtiments sont construits pour recevoir les stagiaires. Les terre-pleins, les falaises et les plages situés aux alentours sont aménagés pour l’entraînement des stagiaires. Les embarcations nécessaires à la formation maritime sont amarrées au port La Pérouse, qui dispose aussi d’un quai où les bâtiments de débarquements peuvent accoster.

En janvier 1951, Raymond Roger rejoint le Commando François. Pour peu de temps malheureusement car il est porté disparu le 29 mai 1951 à Ninh Binh, au cours de l’assaut des troupes du Vietminh. Il est présumé fait prisonnier et exécuté par les combattants ennemis.

Le nom de Raymond Roger est inscrit sur la plaque commémorative du Commando François à Plougonvelin (29) ; à Lorient sur le monument commémoratif de la demi-brigade de fusiliers marins ; sur la plaque commémorative de la mairie du 7e arrondissement de Paris et sur le monument aux morts de Courbevoie.

Le quartier-maître de 2e classe Raymond Roger était titulaire de la croix de guerre TOE avec étoile et de la médaille coloniale agrafe Extrême-Orient. Il avait 19 ans.

 

 

Sources :

  • Site MemGen Web – Fiche de Raymond Roger.
  • Contributions de Marc-Bernard Castel.
  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Michel Bodin, Dictionnaire de la guerre d’Indochine, Economica.
  • Site du Mémorial national des marins.

 

Lire la suite