Jean-Claude Ichac, mon général.
Publié le 15 Août 2026
Ce mercredi 12 août 2026, j’ai appris la disparition du général de brigade aérienne Jean-Claude Ichac, qui était président d’honneur du comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français, et qui fut également pendant des années à la fois mon mentor, mon complice et mon ami.
Le général Jean-Claude Ichac a effectué l’essentiel de sa carrière dans les fonctions de renseignement, à la 3e escadre de chasse et en états-majors, interprétation photo, à la 33e escadre de reconnaissance. Il a également accompli des missions de longues durées aux Etats-Unis : à l’Ecole de l’Air américaine de Colorado Springs et à l’ambassade de France à Washington. Avec le grade de colonel, il a commandé la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et Base Aérienne 117 de Balard, située aux portes d’Issy-les-Moulineaux, sur les anciens terrains du Champ de Manœuvres, qui servit aux premiers essais de l’histoire de l’aviation au début du 20e siècle.
Voilà pour la biographie officielle. Mais je souhaiterais rappeler quelques souvenirs personnels.
Nous sommes dans son appartement à prendre l’apéritif. Jean-Claude me raconte l’une de ses aventures en Algérie, où il « n’avait pas le droit d’y être » car jeune aspirant à l’Ecole de l’Air il manquait des autorisations pour se trouver sur le terrain. De fait, son adjudant lui avait dit : « je vous préviens Ichac, si vous vous faites tuer, vous prendrez 30 jours d’arrêt ! ». Il m’avait aussi montré son certificat de bonne conduite à l’armée, dans le même régiment que son père quelques 20 ans plus tôt ! Ou raconté comment il avait poursuivi le chien de Giscard d’Estaing sur la base de Tours un dimanche soir que le Président rentrait de chasse à Chambord.
Jean-Claude avait été président du comité au début des années 2000, avant de laisser la place à Gérard Riblet puis de m’avoir permis de prendre la présidence en 2009. Je n’oublie pas son soutien sans failles vis-à-vis de la municipalité d’Issy-les-Moulineaux, où nous avons été particulièrement aidés par Mme Christine Olivier, à l’époque maire-adjoint en charge des affaires militaires ; son combat pour la reconnaissance des « aviateurs morts en SAC » (Service Aérien Commandé) ; le souvenir qu’il entretenait de nos grands anciens comme les généraux Glavany et Forget, l’adjudant Signoroni, héros de la guerre en Indochine.
Je n’oublie pas son plaisir d’avoir été choisi par les héritiers de Maurice Leblanc pour bénéficier du droit à écrire des histoires d’Arsène Lupin ; les projections des films de son père, Marcel Ichac, qui fut un grand cinéaste de guerre et du commandant Cousteau.
Le devoir de mémoire aussi pour sa propre famille, quand il avait écrit l’histoire du général Bacler d’Albe, responsable du cabinet de topographie de l’Empereur (on aime lire les cartes dans la famille !). Louis Bacler d’Albe dont il descendait par son arrière-grand-mère.
Enfin, je conserve pour moi ses paroles lorsqu’il m’a remis les insignes de chevalier dans l’ordre national du Mérite. Nous nous sommes quittés bien émus…
Au revoir Jean-Claude et merci pour tout ce que tu m’as apporté.
Frédéric Rignault
Délégué général adjoint du Souvenir Français 92
Crédit photographique : F. Feutry – studio 9
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