carres militaires

Publié le 4 Octobre 2009

 

Bordée par les forêts de Meudon et de Fausses-Reposes, Chaville est une commune de taille moyenne du sud du département des Hauts-de-Seine. Pendant très longtemps concentrée autour de sa voie principale, qui avait été réalisée pour relier Paris au château de Versailles, Chaville ne connaît son essor qu’avec l’arrivée du chemin de fer, dans le courant de la seconde moitié du 19ème siècle.

 

 

Ville de François Michel Le Tellier, marquis de Louvois, secrétaire d’Etat à la Guerre puis ministre de Louis XIV, Chaville a cette particularité de ne pas posséder de carré militaire en son cimetière. Par contre, le monument à la mémoire des Chavillois morts pour la France, est peu commun. Il présente un Poilu, mort, couché, surmonté du coq français, lui-même perché sur la pierre tombale, ouverte, du militaire.

 

Ce monument rappelle le souvenir de l’ensemble des morts de la commune ; que ce soit pendant les deux guerres mondiales, avec les victimes civiles, comme pour les guerres de décolonisation.

 

Bien entendu, plusieurs tombes individuelles ou familiales renferment les restes de jeunes chavillois morts pendant ces guerres, comme par exemple, Maurice Barraud, Eugène Roblin ou encore l’aviateur Henri Rebard.

 

Retrouvez les photographies du carré militaire de Chaville dans l’album intitulé : « Carrés militaires ».

 

 

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Publié le 19 Septembre 2009


 

Le carré militaire.

   

La ville de Saint-Cloud tient son nom de Clodoald, petit-fils de Clovis, qui vient se réfugier en cette ville (à l’époque village) pour échapper à la perfidie et la cruauté de ses oncles. Plutôt que de s’enfermer dans les querelles de pouvoir, le jeune homme préfère revêtir l’habit monacal. Il devient évêque et fait bâtir un monastère.

 

La ville de Saint-Cloud est aussi connue pour son château et son parc, construits sous Louis XIV, par le frère de celui-ci, appelé « Monsieur ». Château qui sera la résidence du Premier consul, Napoléon Bonaparte, et qui terminera incendié lors de la Guerre franco-prussienne, par un obus français tiré depuis le Mont Valérien.

 

Le cimetière de Saint-Cloud, dont l’adresse est place du Souvenir Français, comporte un carré militaire principal, au sein duquel sont regroupées des tombes françaises, britanniques et belges. En tout, quelques 210 hommes morts pour la France (dont 76 à l’intérieur du carré militaire).

 

Parmi les monuments du cimetière, il convient de citer :

 

  • – Le monument aux morts de 1870-1871 (« Oublier ! … Jamais !! »).
  • – Le monument aux morts de 1914-1918.
  • – le monument aux morts des Rapatriés, portant l’inscription suivante : « A nos morts civils et militaires, restés malgré nous dans les cimetières d’Outre-mer ».
  • – Un monument dédié à la mémoire de ceux tombés en Indochine et en Algérie.
  • – Une stèle : « Aux héros, aux martyrs morts pour la France, sans sépulture connue ».
  • – Une stèle à la mémoire des déportés juifs de Saint-Cloud.

 

Enfin, deux Compagnons de la Libération sont enterrés à Saint-Cloud :

 

  • - Jean des Moutis : officier de marine, il rallie l’Angleterre le 17 juin 1940, emmenant avec lui tout le commissariat de la marine de Cherbourg. De tous les combats pendant la Seconde Guerre mondiale puis en Indochine, effectuant une carrière exemplaire au sein de son arme, il décède à Fontainebleau en 1965.

 

  • - Gilbert Grandval : Alsacien (son nom de naissance est Hirsch-Ollendorff), haut responsable chez les FFI (Région C – Alsace / Lorraine), il prend une part importante dans la libération de cette zone en 1944. Il fait par la suite une carrière de haut fonctionnaire et est nommé Ambassadeur de France de 1952 à 1955. Après cette date, il quitte la fonction publique pour entamer une reconversion dans la Marine marchande, et devient président de la Compagnie des Messageries maritimes. Il meurt à Paris en 1981.
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La bataille de Buzenval.

 

L’une des particularités de ce cimetière est de contenir trois tombes individuelles d’officiers prussiens, entretenues par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge (équivalent du Souvenir Français en Allemagne) :

 

  • – Gottfried Ernst Borsche, lieutenant au 47ème régiment d’Infanterie.
  • – Theodor Langen, lieutenant au 58ème.
  • – Robert Reitzenstein, sous-lieutenant dans l’artillerie (« Batterie de Saint-Cloud »).

 

Ils sont morts le 19 janvier 1871.

 

Ce jour-là, les troupes françaises – 90.000 hommes – sous le commandement du général Trochu, tentent une sortie du siège de Paris en direction de Versailles. La composition est la suivante : l’armée de gauche, dirigée par le général Vinoy, doit prendre la colline de Montretout, à Saint-Cloud ; le centre doit attaquer le plateau de Bergerie à Buzenval (actuelle commune de Rueil-Malmaison) ; la droite, doit également s’attaquer à Buzenval et ensuite prendre la direction de Vaucresson.

 

Les forces prussiennes ne sont en rien surprises et, solidement ancrées, attendent les charges des soldats français. Quelques heures après le début des combats, au prix de plusieurs centaines de morts, les hommes de Trochu doivent rebrousser chemin et à nouveau s’enfermer dans Paris.

 

A cette occasion plusieurs personnalités tombent sous les balles prussiennes : le marquis de Coriolis (engagé volontaire à l’âge de 67 ans) et le jeune et talentueux peintre Henri Regnault.

 

Retrouvez les photographies du carré militaire de Saint-Cloud, dans l’album éponyme.

 

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Publié le 10 Septembre 2009

 

Le carré militaire.

 

 

Commune du nord du département, de tradition agricole et maraîchère, Gennevilliers devient une cité industrielle au cours du 19ème siècle. De nombreuses entreprises s’y installent, liées notamment au secteur automobile. Le cimetière est bâtit à cette époque. La population croissant rapidement, la municipalité doit, en 1986, trouver un nouvel emplacement, au nord du village ancien, et de nombreuses sépultures sont transférées.

 

Le cimetière de Gennevilliers possède un monument principal, sur lequel sont gravés tous les noms des morts pour la France de la Première Guerre mondiale pour la commune, un carré militaire lié à la Seconde Guerre mondiale, ainsi que des stèles rappelant le sacrifice suprême de plusieurs de ses habitants à l’occasion des guerres d’Indochine (« A la mémoire de ceux qui sont morts en Indochine. Jurons d’agir pour que cesse cette guerre et pour la paix du Monde ») et d’Algérie.

 

Plusieurs Gennevillois morts pour la France reposent également dans des caveaux familiaux. Pour d’autres ont été créés des tombeaux impressionnants. C’est notamment le cas de Prosper Beurier, chasseur au 4ème Bataillon, cité à l’Ordre du Corps d’Armée, mort pour la France le 16 janvier 1915.

 

Plus rare, un monument a été érigé en mémoire de plusieurs soldats morts en mission en Métropole ou au cours des guerres coloniales. Il comporte les stèles suivantes :

 

  • – Eugène Thomas, 1er Régiment d’infanterie de marine, mort au Tonkin le 9 septembre 1885 à l’âge de 19 ans.
  • – Maxime Renaud, capitaine au 141ème de Ligne, mort à Ajaccio le 1er janvier 1883, à l’âge de 45 ans.
  • – Michel Meyer, canonnier mort à Saint-Louis le 9 octobre 1886 à l’âge de 22 ans.
  • – Georges Girard, 3ème Régiment du Génie, tué à l’explosion d’Arras le 28 août 1883 (24 ans).
  • – Georges Albert Briffault des Corrières, caporal aux Tirailleurs sénégalais, mort à Saint-Louis du Sénégal, le 22 septembre 1878, à l’âge de 22 ans.
  • – Charles Rapp, 36 ans, gendarme colonial, décédé à Saint-Pierre (Ile de la Réunion) en 1897.

 

 

Les fusillés de Châteaubriant.

 

Une stèle rappelle les noms des fusillés de la commune :

 

  • – Jean Grandel, maire et conseiller général du département de la Seine.
  • – Jean-Pierre Timbaud.
  • – Henri Aguado.
  • – Louis Calmel.
  • – Julien Masselier.
  • – Joseph Le Clainche.
  • – Henri Le Gall.
  • – Jules Larose.
  • – Georges Thoretton.
  • – François Kovac.
  • – Paul Simo.
  • – Nevach Zuckerman.

 

Plusieurs d’entre eux, à commencer par Jean Grandel (22 octobre 1941), mais aussi Jean-Pierre Timbaud (22 octobre 1941) et Georges Thoretton (15 décembre 1941), sont fusillés à Châteaubriant. Ouvert en 1941, ce camp du département de la Loire-Atlantique est réservé aux prisonniers de droit commun et aux détenus politiques, dont la plupart sont communistes (le Parti communiste français ayant été interdit à la suite du Pacte germano-soviétique).

 

 

Les fusillés du 22 octobre 1941.

 

Au cours de l’été 1941, le colonel Fabien, résistant communiste, donne le coup d’envoi d’une série d’attentats contre des officiers allemands en tuant l’aspirant Moser, à Paris, au métro Barbès-Rochechouart.

 

Le 20 octobre suivant, Karl Hotz, responsable des troupes d’occupation de la région nantaise est abattu par Gilbert Brustein, membre de la branche armée de la résistance communiste. Le commandant militaire de la Wehrmacht en France, Otto von Stülpnagel commence par demander au Gouvernement de Vichy de réagir et d’organiser la répression. Mais Adolf Hitler lui-même trouve que son représentant est beaucoup trop clément et exige que les Allemands exécutent immédiatement une liste de 200 otages remise par les autorités françaises. Stülpnagel ramène la liste à cent personnes : 50 tout de suite et 50 si les coupables n’ont pas été arrêtés en date du 23 octobre. C’est ainsi que 48 hommes sont fusillés à Paris, Nantes, et Châteaubriant (il y aura une amnistie pour les autres).

 

Otto von Stülpnagel fait parvenir aux autorités françaises les éléments constitutifs de la liste selon un code précis, avec par ordre d’importance :

 

  • – anciens élus d’organisations communistes.
  • – personnes qui se sont adonnées à l’idéologie communiste.
  • – personnes qui ont montré de l’agressivité et de la dangerosité vis-à-vis de troupes de la Wehrmacht.
  • – distributeurs de tracts.
  • – auteurs d’actes de terreur ou de sabotages.

 

L’administration de Vichy remet une liste aux Allemands, au sein de laquelle les militants, élus ou sympathisants communistes sont bien entendu les plus nombreux. C’est ainsi que vont mourir sous les balles ennemies :

 

  • – Jean Grandel, maire et conseiller général.
  • – Charles Michels, député communiste du 15ème arrondissement.
  • – Jean-Pierre Timbaud, secrétaire de la fédération des métaux CGT de la Région parisienne.
  • – Pierre Guéguin, maire de Concarneau.
  • – Les militants communistes : René Carrel, Joseph Gil, Robert Grassineau…
  • – Les Résistants : Paul Birien, Auguste Blouin, Alexandre Fourny, Léon Jost…
  • – Guy Môquet, militant communiste de 17 ans, sur lequel sera retrouvée la lettre suivante :

 

« Ma petite maman chérie, Mon tout petit frère adoré, Mon petit papa aimé, Je vais mourir ! [...]

Certes j'aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon cœur c'est que ma mort serve à quelque chose. [...] ma vie a été courte, je n'ai aucun regret si ce n'est de vous quitter tous. [...) en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage ! [...]

 

Guy »

 

Retrouvez les clichés du cimetière de Gennevilliers dans l’album de photographies intitulé « Carrés militaires ».

 

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Publié le 20 Août 2009

 

« A nos martyrs ».

 

 

Jusqu’en 1870, les communes de Levallois-Perret et de Clichy partagent un cimetière. A partir de cette époque, la ville de Clichy se dote d’un lieu de sépulture en propre. Après 1918, celui-ci devenant trop étroit, elle en fait bâtir un second, qui prendra l’appellation « cimetière nouveau ou nord » ; de facto, le premier devenant « cimetière sud ».

 

C’est au cimetière de Clichy-Sud que se trouve le carré militaire de la Première Guerre mondiale de la commune. S’y trouve également une série de huit stèles, émouvante, rappelant le martyr de plusieurs Clichois :

 

  • - Raoul Jamin, fusillé à l’âge de 38 ans.
  • - André Brechet, décapité sur l’ordre de l’administration de Vichy, à l’âge de 41 ans.
  • - Gerson Kramnitzki, victime de la Gestapo, à l’âge de 41 ans.
  • - Louis Dir, fusillé à l’âge de 34 ans.
  • - Louis Kien, fusillé à l’âge de 42 ans.
  • - Alexandre Dallais, fusillé à l’âge de 26 ans.
  • - Marcel Fischer, fusillé à l’âge de 28 ans.
  • - Gaston Picard, fusillé à l’âge de 24 ans.

 

 

Le carré militaire.

 

Le cimetière sud comprend plusieurs monuments : le premier est dédié à la mémoire des Clichois morts pour la France en 14-18 ; la sculpture en bronze a été réalisée par les ateliers Barbedienne, forts connus pour leurs œuvres funéraires. Un autre monument est dédié à la mémoire des morts de la Commune de 1871.

 

Le carré militaire comprend 237 tombes individuelles. Ce qui peut paraître important ; pour autant, la population de la commune a toujours été très conséquente : dès 1906, celle-ci est de l’ordre de 42.000 habitants, contre 57.000 aujourd’hui. La présence toute proche de l’hôpital militaire Gouin étant une seconde explication.

 

Enfin, derrière ce carré militaire, s’en trouve un autre réservé aux tombes de morts pour la France de confession musulmane.

 

Retrouvez les clichés du cimetière de Clichy-sud dans l’album de photographies intitulé « Carrés militaires ».

 

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