temoignages-portraits - 1914-1918

Publié le 9 Janvier 2020

Joseph Colrat à Verdun.

Joseph Colrat nait le 30 mars 1894 à Buzeins dans le département de l’Aveyron, pays de volcans, des monts d’Aubrac, du château de Buzareingues. Pays de paysans, de gens de peu qui s’expatrient pour beaucoup vers la capitale pour y trouver du travail, ou plus loin, du côté de l’Amérique latine. Pays huguenot, meurtris par des siècles d’une histoire mouvementée…

 

C’est le temps où la République française a les yeux fixés sur son expansion coloniale. Elle suit attentivement les exploits de ses héros en Afrique, entre autres à Tombouctou. Bientôt un Ministère des Colonies est créé. Pendant ce temps-là, la ville de Lyon s’apprête, tout comme à Paris, à inaugurer son exposition coloniale. Et le chef du Gouvernement, Jean Casimir-Périer veut renouer le dialogue avec l’église dans un « esprit nouveau ».

 

Mais les temps changent rapidement. En juin 1894, le président de la République, Sadi Carnot, est assassiné par un anarchiste, Caserio, à Lyon. Puis, à l’automne, débute ce qui sera appelé plus tard l’Affaire Dreyfus !

 

Vingt ans plus tard débute la Première Guerre mondiale. Joseph Colrat est incorporé au 58e régiment d’infanterie. Classe 1914, il porte le matricule 1201 au Recrutement de Mende, en Lozère, et le numéro 6131 au Corps. Le 58e RI est alors stationné à Avignon et son dépôt est à Arles. Il fait partie de la 59E brigade d’infanterie, de la 30e division, du 15e corps d’armée. Au déclenchement de la guerre, l’unité est composée de trois bataillons.

 

Dès les premiers jours de la guerre, le 58 est appelé à servir en Lorraine. Il combat à Lagarde, dans la forêt de Bride puis à Koecking, où pas moins de 700 soldats sont mis hors de combat. Dans les jours qui suivent, à Dieuze, ce sont cette fois 1.200 hommes du régiment qui sont tués ou blessés.

 

Quelques semaines plus tard, le 58e RI participe à la Première bataille de la Marne. L’année suivante voit le régiment être à Verdun jusqu’au mois de mai, puis il est porté sur Reims jusqu’au 15 mars 1916. Là, retour sur Verdun alors que les combats font rage…

 

Depuis le 21 février 1916, Verdun est le théâtre de la plus grande, la plus sanglante, la plus démentielle bataille de la Première Guerre mondiale. Au mois de juin 1916, les Allemands sont tout près de Verdun dont ils peuvent apercevoir les spires de la cathédrale. Le général en chef allemand, Falkenhayn, croit la victoire à sa portée. Le 18 juin 1916, il fait bombarder le secteur avec des obus au phosgène. Mais 70.000 soldats allemands doivent attendre, l’arme à la bretelle, que le gaz se dissipe pour attaquer. Ce temps précieux est mis à profit par les armées françaises pour refaire les positions. Le 23 suivant, les Allemands réussissent une percée de 6 kilomètres et occupent la crête de Fleury.

 

Mais sur le front ouest, en Picardie, dans le même temps, les Anglais déclenchent une vaste offensive (la plus importante pour eux durant ce conflit). Qui plus est, de l’autre côté, plein est, les Russes avancent et les Italiens parviennent à faire reculer les Autrichiens. Le haut-commandement allemand décide de prélever du front de Verdun des unités entières, ainsi que des batteries : l’urgence n’est plus l’anéantissement de Verdun, donc de l’armée française, mais de colmater et repousser à l’ouest et à l’est. Le 11 juillet, Falkenhayn lance encore une attaque contre le Fort de Souville : après des heures et des heures de bombardement, des hommes de la Wehrmacht se hissent en haut du fort… pour être aussitôt fait prisonniers par les Français.

 

C’en est fini des attaques allemandes sur Verdun. Les Français reprennent l’initiative.

 

Extrait du Journal de Marche du 58e régiment d’infanterie : 1er août 1916. Des infiltrations ennemies se sont produites à la droite de nos tranchées. Le 58e est alerté et prend ses positions. A A6h, le 58 reçoit ses ordres : « Le 2 août à 13 h, le 61 RI attaquera le tranchée Bismarck dans le Bois Franco-Boche (ouest de la Côte du Poivre). Le 58 sera alerté à partir de 4h du matin. En exécution de cet ordre, la 3e compagnie sera portée dans la nuit à la tranchée de Lille. » Pendant toute la journée tir violent par rafales sur la Ligne intermédiaire.

 

2 août – Le 61e RI a pris la tranchée de Bismarck. Journée calme pour la Ligne intermédiaire mais tir violent sur le Bois de de Mauvé. A 22h, le colonel commandant la brigade donne l’ordre de mettre à la disposition de la 60e brigade à la tranchée de Lille, la 2e compagnie du 58 qui occupait encore la Ligne de soutien de la Ligne intermédiaire.

 

3 août – Quelques obus seulement sur le groupe Est et sur la Ligne intermédiaire.

 

4 août – Quelques obus sur la Carrière. Bombardement du ravin du Bois en T et du ravin des Trois Cornes. »

 

C’est malheureusement là que se trouvait Joseph Colrat. Ce jour-là, il est déclaré « Tué à l’ennemi ».

 

Joseph Colrat était le grand-oncle de Valérie Colrat, pilier du Comité de Châtillon du Souvenir Français. Un grand-oncle que Valérie n’a jamais connu.

 

 

Sources :

 

  • Archives familiales de Valérie Colrat.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site internet Chtimiste sur l’historique des régiments et des batailles.
  • Site du Ministère des Armées : Mémoire des hommes – Fiche individuelle Joseph Colrat et Historique du 58e régiment d’infanterie.
  • Site du Ministère des Armées : Chemins de Mémoire.

 

Joseph Colrat à Verdun.

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Publié le 1 Novembre 2019

Au Père Cougouluenhes de La Garenne-Colombes.

Marius Théophile Michel Cougouluenhes nait le 30 octobre 1878 sur la commune des Laubies, dans le département de la Lozère. Très jeune, il entre dans les ordres. Il devient prêtre du diocèse de Paris et vicaire à la paroisse Saint-Urbain de La Garenne-Colombes.

 

A l’âge de 36 ans, il s’engage dans l’armée pour défendre la patrie en danger. Il est affecté en tant que soldat à la 20e SSEM (Section des Secrétaires d’Etat-Major et du Recrutement). Cette unité fait partie du Gouvernement Militaire de Paris, qui regroupe entre autres : le 13e régiment d’artillerie de campagne de Vincennes ; les 1ère et 7e divisions de cavalerie (pour partie) ; le 19e escadron du train des équipages ; les sapeurs-pompiers et donc cette 20e section des secrétaires.

 

Le Père Cougouluenhes meurt le 15 octobre 1918, des suites d’une maladie contractée pendant le service, quinze jours avant son 40e anniversaire.

 

Son nom figure sur de nombreux monuments et plaques commémoratives, indiquant par là un parcours ecclésiastique riche : dans le 4e arrondissement de Paris, son nom est inscrit sur le tableau de la paroisse Saint-Paul Saint-Louis ; son nom figure sur la plaque commémorative de l’église de La Madeleine dans le 8e ; sur celle de Notre Dame de la Croix, dans le 20e ; sur celle de l’église Notre-Dame du Rosaire de Saint-Ouen-sur-Seine et sur celle du monument aux morts de La Garenne-Colombes.

 

 

Sources :

 

Encyclopédie Wikipédia.

Encyclopédie Larousse.

Site internet :

  • Memorial GenWeb.
  • Mémoire des Hommes – Première Guerre mondiale – Fiche individuelle.
  • Ch’timiste – Site remarquable sur les unités et les batailles de la Première Guerre mondiale.

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Publié le 11 Août 2019

Au lieutenant Denouille de Garches.

Gaston Denouille nait le 30 octobre 1885 à Paris, dans 9e arrondissement. De la classe 1905, il porte le matricule 12 au Corps et 910 au 4e Bureau de recrutement de la Seine.

 

Officier de réserve, il est affecté au 143e régiment d’infanterie en 1914, dont les casernements sont à Carcassonne et à Castelnaudary. Il fait partie de la 64e brigade d’infanterie, 32e division, 16e corps d’armée.

 

En 1914, cette unité participe à la campagne de Lorraine puis, de septembre à octobre, se bat en Woëvre, dans la Meuse. En novembre, elle est envoyée en Belgique, dans les Flandres, dans le cadre de la « course à la mer ».

 

Au début du mois de décembre 1914, le régiment s’installe au village de Groot-Mierstraat, non loin de Wijtschate. Extrait du Journal de Marche et des Opérations du 143e : « Le 12 décembre, en exécution de l’ordre de la 32e division, une reconnaissance est poussée pour vérifier l’efficacité des tirs des autos-canons sur une mitrailleuse installée à la lisière sud du bois. Elle n’aboutit pas. Dans la nuit, la section franche détache quelques patrouilles pour se rendre compte des travaux mais ne peut approcher assez près par suite de la fusillade et en peut remplir la mission (…).

 

Le 14 décembre à 7h, le déclenchement du tir de l’artillerie se produit et pendant 45 minutes les obus se succèdent sans interruption. Les Allemands ne répondent pas. (…) Le 143e avait alors pour mission de marcher et de s’emparer de la ferme de Hollande. Mais dès que la 6e compagnie commençait à progresser, elle était prise à partie par une mitrailleuse allemande située à hauteur d’une haie perpendiculaire à nos tranchées. Cette compagnie subissait des pertes sensibles mais continuait tout de même à s’approcher à environ 25 mètres du réseau de fil de fer des tranchées allemandes, qu’elle ne pouvait malheureusement pas détruire ; un officier de cette compagnie était blessé, il ne restait plus que pour commander qu’un officier de réserve. La 7e compagnie débouchait à droite de la 6e et avec un esprit d’offensive remarquable, grâce aux officiers qui la commandaient, parvenait par une marche très rapide à une faible distance du réseau de fil de fer couvrant les tranchées allemandes. Cette unité, comme la précédente, éprouvait de nombreuses pertes. Le capitaine Martrou commandant la compagnie a été particulièrement remarquable. Allant sous le feu d’une section à l’autre, il indiquait les objectifs, les positions à prendre. Les tranchées étaient prises. Les pertes de la journée s’élevaient à 60 tués et 98 blessés ».

 

Parmi les tués, figure le lieutenant Denouille, qui plus tard sera cité à l’ordre du régiment : « A été blessé en entraînant vigoureusement sa section en avant sous le feu violent de l'ennemi, après avoir eu son capitaine tué. A donné l'exemple de la plus grande bravoure en se mettant à la tête de sa section et en s'élançant à l'assaut des trachées allemandes. Blessé mortellement, a continué à exhorter ses hommes à aller de l'avant. »

 

Le nom du lieutenant Denouille est inscrit sur le Monument aux Morts de la mairie du 9e arrondissement de Paris et celui de la ville de Garches.

 

 

 

Sources :

Encyclopédie Wikipédia.

Encyclopédie Larousse.

Site internet :

  • Memorial GenWeb.
  • Mémoire des Hommes – Première Guerre mondiale – Fiche individuelle.
  • Ch’timiste – Site remarquable sur les unités et les batailles de la Première Guerre mondiale.
  • Journal du Marche du 143e RI.

 

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Publié le 21 Avril 2019

Henri de Broutelles de Clamart.

Henri de Broutelles nait à Paris le 11 septembre 1889, dans le 10e arrondissement, boulevard de Magenta. Ses parents sont Maurice et Caroline Mathilde Elisa de Broutelles. Lui est suisse et statuaire et elle est éditrice. Née à Alger, Caroline restera dans l’Histoire comme la directrice des publications féminines à la Librairie Hachette et surtout comme la fondatrice et secrétaire perpétuelle du Prix Fémina. Ce qui lui vaudra la Légion d’Honneur en 1925.

 

La famille habite Paris, au 26 rue Vavin dans le 6e arrondissement et a sa maison de campagne à Clamart, dans ce qui est à l’époque le département de la Seine. Alors que Caroline créé le « Sou du jour », qui est une œuvre qui consiste à envoyer des paquets aux soldats, mais aussi des vêtements et des meubles, le fils, Henri, s’engage en février 1915 au Régiment de Marche de la Légion étrangère (il est suisse). Mais il passe immédiatement à l’aviation, arme noble de l’époque.

 

Le sergent pilote Henri de Broutelles est abattu le 11 mai 1917, non loin de Prosnes, dans la Marne. Il meurt des suites de ses blessures dans l’ambulance 7 du 2e corps au Mont Cornillet. Il avait 27 ans.

 

Son nom est inscrit à Clamart, et aussi sur la plaque de l’église de Chatenay-Malabry.

 

 

Sources :

 

Encyclopédie Wikipédia.

Encyclopédie Larousse.

Site internet : Memorial GenWeb

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Publié le 7 Novembre 2018

Soldats du 101e RI de Courbevoie.

Soldats du 101e RI de Courbevoie.

« Et c’est fini…

Voici la feuille blanche sur la table, et la lampe tranquille, et les livres… Aurait-on jamais cru les revoir, lorsqu’on était là-bas, si loin de sa maison perdue ?

On parlait de sa vie comme d’une chose morte, la certitude de ne plus revenir nous en séparait comme une mer sans limites, et l’espoir même semblait s’apetisser, bornant tout son désir à vivre jusqu’à la relève. Il y avait trop d’obus, trop de morts, trop de croix ; tôt ou tard notre tour devait venir.

Et pourtant c’est fini…

La vie va reprendre son cours heureux. Les souvenirs atroces qui nous tourmentent encore s’apaiseront, on oubliera, et le temps viendra peut-être où, confondant la guerre et notre jeunesse passée, nous aurons un soupir de regret en pensant à ces années-là.

Je me souviens de nos soirées bruyantes, dans le moulin sans ailes. Je leur disais : « Un jour viendra où nous nous retrouverons, où nous parlerons de nos copains, des tranchées, de nos misères et de nos rigolades… Et nous dirons avec un sourire : « c’était le bon temps ! »

Avez-vous crié, ce soir-là, mes camarades ! J’espère bien mentir, en vous parlant ainsi. Et cependant…

C’est vrai, on oubliera. Oh ! Je sais bien, c’est odieux, c’est cruel, mais pourquoi s’indigner : c’est humain… Oui, il y aura du bonheur, il y aura de la joie sans vous, car, tout pareil aux étangs transparents dont l’eau limpide dort sur un lit de bourbe, le cœur de l’homme filtre les souvenirs et ne garde que ceux des beaux jours. La douleur, les haines, les regrets éternels, tout cela est trop lourd, tout cela tombe au fond…

On oubliera. Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont. L’image du soldat disparu s’effacera lentement dans le cœur consolé de ceux qu’ils aimaient tant. Et tous les morts mourront pour la deuxième fois.

Non, votre martyre n’est pas fini, mes camarades, et le fer vous blessera encore, quand la bêche du paysan fouillera votre tombe.

Les maisons renaîtront sous leurs toits rouges, les ruines redeviendront des villes et les tranchées des champs, les soldats victorieux et las rentreront chez eux. Mais Vous ne rentrerez jamais.

C’était le bon temps.

Je songe à vos milliers de croix de bois, alignées tout le long des grandes routes poudreuses, où elles semblent guetter la relève des vivants, qui ne viendra jamais faire lever les morts. Croix de 1914, ornées de drapeaux d’enfants qui ressembliez à des escadres en fête, croix coiffées de képis, croix casquées, croix des forêts d’Argonne qu’on couronnait de feuilles vertes, croix d’Artois, dont la rigide armée suivait la nôtre, progressant avec nous de tranchée en tranchée, croix que l’Aisne grossie entraînait loin du canon, et vous, croix fraternelles de l’arrière, qui vous donniez, cachées dans le taillis, des airs verdoyants de charmille, pour rassurer ceux qui partaient. Combien sont encore debout, des croix que j’ai plantées ?

Mes morts, mes pauvres morts, c’est maintenant que vous allez souffrir, sans croix pour vous garder, sans cœur pour vous blottir. Je crois vous voir rôder, avec des gestes qui tâtonnent, et chercher dans la nuit éternelle tous ces vivants ingrats qui déjà vous oublient.

Certains soirs, comme celui-ci, quand, las d’avoir écrit, je laisse tomber ma tête dans mes deux mains, je vous sens tous présents, mes camarades. Vous vous êtes tous levés de vos tombes précaires, vous m’entourez, et dans une étrange confusion, je ne distingue plus ceux que j’ai connu là-bas de ceux que j’ai créé pour en faire les humbles héros d’un livre. Ceux-ci ont pris des souffrances des autres, comme pour les soulager, ils ont pris leur visage, leurs voix, et ils se ressemblent si bien, avec leurs douleurs mêlées, que mes souvenirs s’égarent et que parfois, je cherche dans mon cœur désolé, à reconnaitre un camarade disparu, qu’une ombre tout semblable m’a caché.

Vous étiez si jeunes, si confiants, si forts, mes camarades : oh ! Non, vous n’auriez pas dû mourir… ».

 

 

Source :

Les Croix de Bois, de Roland Dorgelès, Albin Michel, 1919.

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Publié le 30 Octobre 2018

Gustave Durassié, maître-imprimeur à Malakoff.

Le carré militaire de Malakoff dédié à la Première Guerre mondiale comporte 120 sépultures. Parmi elles, figure celle de Gustave Durassié (1887-1986), adjudant puis lieutenant au 95e R.I., combattant à Fleury-devant-Douaumont en 1916, maître imprimeur à Malakoff, président national de l’association Ceux de Verdun de 1951 à 1974, commandeur de la Légion d’honneur.

 

« Debout les morts ».

A son arrivée au 95e, Gustave Durassié se lie d’amitié avec un autre adjudant, Jacques Péricard. L’unité a quitté Bourges et le camp d’Avord en août 1914. Partie de la 16e division d’infanterie et du 8e corps d’armée, formée de Berrichons, de Bourguignons et de Nivernais, elle est rattachée à la 1ère Armée du général Dubail.

Depuis, le 95e est de tous les fronts : en Lorraine, où il perd 500 soldats, puis dans la Woëvre en 1914 ; sur les secteurs de la forêt d’Apremont et de Bois-Brûlé l’année suivante. A cette occasion, au cœur des tranchées du saillant de Saint-Mihiel, où les hommes se battent au corps à corps pour chaque mètre de terrain, l’adjudant Jacques Péricard hurle à ses hommes épuisés, abrutis par tant de sauvagerie « Debout les morts ! ».

Publié anonymement après la guerre, la Campagne 1914-1918 du 95e régiment d’infanterie (librairie Chapelot à Paris) indique ceci : « Du 19 au 31 janvier 1916, le 95e est relevé et quitte ce secteur où, depuis quinze mois, il combat avec un courage qui ne s'est jamais démenti, et où, gradés et soldats ont prouvé surabondamment, sous des bombardements effroyables et dans des attaques meurtrières leur grand cœur, leur stoïque ténacité et leur absolu mépris de la mort. »

Puis, le 95e est dirigé sur Fleury-devant-Douaumont le 24 février 1916. Il doit relever les 51e et 72e divisions d’infanterie, laminées par le rouleau compresseur ennemi. Le 25, « les soldats du 95e ont l’impression d’être seuls, abandonnés du reste de l’Armée, holocaustes choisis pour le salut de Verdun. Vers le milieu de l'après-midi, le bombardement cesse et l'attaque se produit. Des masses, jaillies du bois d'Haudremont, submergent le malheureux 1er bataillon mais se brisent contre nos mitrailleuses et nos feux de salve, à nous. Les Allemands s'aplatissent, se terrent. Et le bombardement reprend. Il est de courte durée, cette fois. La fumée qui couvrait le fort se dissipe et, de sentir cette force si près, cela rassure nos hommes. Ils sont tous à leurs postes, attentifs à l'assaut que ce calme présage. Soudain, un cri : « Les voilà ! » ... J'ai dit que le 3e bataillon occupait les tranchées autour du village. Ces tranchées formaient un angle droit. Sur la plus grande branche, parallèle à la rue et face à la cote 347, les 9e, 10e et 11e compagnies. Sur la plus petite, face au fort, la 12e compagnie ou, plus exactement, un peloton de la 12e compagnie : la 4e section que je commande en qualité de lieutenant, la 3e section sous les ordres de l'adjudant Durassié. Avec nous, la section de mitrailleuses du 3e bataillon, sous les ordres du capitaine Delarue. Delarue et Durassié sont toujours vivants. Et vivants également une quinzaine d'hommes qui étaient avec nous ce jour-là...Perte du village de Douaumont qu'occupait le 3e bataillon du 95e RI.  La nuit vient. Il neige. Le combat continu. Le 26, le 2e bataillon en réserve dans le ravin de Thiaumont reçoit, sans bouger d’une semelle, un bombardement terrible de 9h du matin à 5h du soir. A 16h30, nouvelle attaque allemande sur la route Douaumont – Bras ; elle est repoussée après un corps à corps furieux. Des tirailleurs qui fléchissaient à notre droite, reviennent à la charge sous l’énergique intervention du capitaine Ferrère. Le régiment a subi de grosses pertes. Il a été pendant deux jours le bouclier de la France, et a écrit une des plus belles pages de son histoire.»

Le 95e est relevé. A Verdun, la très grande majorité des régiments ne reste en ligne que quelques jours ou plus rarement quelques semaines. Ces relèves maximisent la diffusion des informations et des images de « l’enfer de Verdun » au sein de toute l’armée française. Dans les semaines qui suivent, Fleury-devant-Douaumont est pris et repris seize fois. Chaque assaut donne lieu à un bombardement d’une intensité prodigieuse. A Verdun, 80 % des tués le sont du fait des bombes.

Le 95e va continuer la guerre en Argonne en 1917, puis en Champagne l’année suivante. Durassié et Péricard terminent la guerre avec le grade de lieutenant.

 

« L’Almanach du Combattant ».

Jacques Péricard et Gustave Durassié sont devenus amis. On l’a vu. Ils ne se quitteront plus.

Jacques Péricard est né le 17 décembre 1876 à Saint-Florentin, dans le département de l’Indre. Il épouse en premières noces Marguerite Leroux à Paris, puis se remarie en 1917 avec Alice Ritte, à Vierzon, et sera père de onze enfants, parmi lesquels le journaliste et homme politique Michel Péricard (député des Yvelines entre 1978 et 1999). Jacques Péricard mourra le 18 mars 1944 dans l’Allier. Il aura droit à des obsèques nationales, avec la présence du maréchal Pétain.

Après la guerre donc, Gustave Durassié reprend son métier d’imprimeur et Jacques Péricard devient un journaliste et un écrivain connu et reconnu du monde combattant. Le premier va alors imprimer ce qu’écrira le second.

Péricard est prolixe en idées et suggestions pour animer le Devoir de Mémoire : en 1921, il propose que la Flamme sous l’Arc de triomphe soit ravivée chaque soir ; l’année suivante il sort l’Almanach du Combattant qui devient une publication maîtresse du monde du combattant. Cette revue existera entre 1922 et 1993 et publiera des milliers d’articles sur des batailles de la Première Guerre mondiale, des récits, des carnets de bord, des biographies de combattants, mais aussi des contes, des poésies et des pièces de théâtre

Mais Péricard et Durassié ne vont pas en rester là.

Les deux hommes travaillent sur Verdun : la bataille doit rester dans la mémoire collective française. Des entreprises de tourisme, comme Michelin, s’en emparent et créent des guides. De même, les cars Citroën déversent chaque mois des centaines de visiteurs sur le site. Quant à l’ossuaire de Douaumont, conçu au lendemain de l’armistice de 1918 à l’initiative de Monseigneur Charles Ginisty, évêque de Verdun, il est inauguré le 7 août 1932 par le Président de la République, Albert Lebrun.

De leur côté, Durassié et Péricard lancent l’idée d’un volume souvenir qui serait construit à partir de témoignages de poilus de Verdun. Leur appel rencontre un large écho, et ils reçoivent plus de 5.000 réponses. Le gros volume illustré qu’ils en tirent est un succès. Cette affaire contribue à conférer à Verdun une valeur symbolique éminente.

Une association est aussi créée. Il s’agit de Ceux de Verdun.

 

« Ceux de Verdun ».

L’association  Ceux de Verdun est donc créée en 1923 par Gustave Durassié et Fernand Ducom, lui aussi ancien combattant. L’idée étant de regrouper tous les soldats qui s’étaient battus sur les terres sacrées de Meuse. Le premier président de l’association est Jacques Péricard.

En 1938, à Paris, les Anciens de Verdun officialisent cette association par la création de la Fédération Nationale de Ceux de Verdun. Cet organisme central fédère les amicales siégeant dans chaque région de France. L’ensemble étant régi par la loi de 1901. Il en existe toujours et certaines ont des sites Internet très actifs comme celle de Lyon, d’Orléans ou encore de Nice (…).

Trimestriellement paraît le journal de la fédération intitulé « le Combattant de Verdun », dans lequel les articles des écrivains, des historiens, des carnets d’anciens et des récits de descendants, portent témoignage de cette Bataille. La page « Vie des amicales » relate l’activité des différentes représentations régionales, comme les commémorations locales, les voyages sur les terres de Meuse, les assemblées générales, etc…

En 1951, Gustave Durassié, alors âgé de 64 ans, prend les rênes de Ceux de Verdun et devient président national. Il laissera sa place 23 ans plus tard et décèdera en 1986. Auparavant, il aura été un membre actif du conseil d’administration de l’association Le Souvenir Français.

 

A l’occasion du centenaire de l’Armistice de 1918, le Souvenir Français a décidé d’honorer 100 soldats de la Première Guerre mondiale. Gustave Durassié est l’un d’eux.

 

 

 

Sources :

 

  • Joffre, Arthur Conte, Ed. Olivier Orban.
  • Les Poilus, Pierre Miquel, Ed. Terre Humaine Plon.
  • Pétain, Marc Ferro, Fayard.
  • 1918 : la victoire, Pierre Miquel, Tallandier.
  • 1916, l’année de Verdun, Service historique des armées, Ed. Lavauzelle.
  • Site « Wikipedia ».
  • Campagne 1914-1918 du 95ème régiment d’infanterie, librairie Chapelot.
  • Journal de Marche et des Opérations du 95ème régiment d’infanterie.
  • Centre de Recherche Internationale et de Débats sur la Guerre 1914-1918 ; travaux de Stéphan Agosto et Jean-Claude Poncet.
  • Site Internet sur Verdun : www.verdun-meuse.fr

 

Gustave Durassié, maître-imprimeur à Malakoff.

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Publié le 10 Octobre 2018

Le caporal Auguste Thin déposant le bouquet de roses. A droite, le ministre André Maginot.

Le caporal Auguste Thin déposant le bouquet de roses. A droite, le ministre André Maginot.

La guerre de la famille Thin.

 

Auguste Thin nait le 12 juillet 1899 à Cherbourg. Dernière année du siècle… La France est à la fois portée vers son empire colonial (l’affaire de Fachoda vient d’avoir lieu) et la récupération de l’Alsace-Lorraine. L’esprit de revanche est dans toutes les têtes. 1899, c’est aussi la création de L’Action Française par Henri Vaugeois, le général Gallieni est gouverneur de Madagascar et l’Olympique de Marseille est portée sur les fonds baptismaux ! Emile Loubet est président de la République. Des tracts le disent « élu des juifs » car Loubet soutient Alfred Dreyfus.

 

Auguste Thin est le fils de Louis Jules Adolphe Thin, né le 21 août 1876 à Port-en-Bessin, dans le département du Calvados. La Première Guerre mondiale est déclarée en août 1914, alors que le jeune Auguste est commis épicier. Son père est rappelé sous les drapeaux. Il est sergent au 274e régiment d’infanterie. Il trouve la mort aux combats du Fort de Vaux le 23 mai 1916. Son fils s’engage à son tour. Il le fait à Lisieux le 3 janvier 1918, à l’âge de 19 ans.

 

Il est versé au 132e régiment d’infanterie. Unité plusieurs fois décorées, elle a fait preuve tout au long de la guerre de courage et d’un sacrifice inouï, faisant montre de sa devise : « Un contre huit » !

 

Au printemps 1918, l’unité se porte en Picardie pour participer à la bataille de Montdidier et sauve la situation. Il en est de même quelques semaines plus tard : le Grand Etat-major donne l’ordre à la 56e division (dont le 132e fait partie) d’attaquer Mont-d’Origny, en traversant l’Oise, et de marcher sur Guise, dans le nord du département de l’Aisne. Après la première attaque, le 132 atteint ses objectifs et conserve le terrain conquis. Contraint d’attendre les renforts, pendant 8 jours, le régiment résiste à toutes les attaques ennemies. Le 8 octobre, une attaque générale réussit enfin et aboutit à la prise de Mont-Origny. D’une charge, le 132 s’élance vers Guise. L’unité progresse tellement rapidement qu’elle rejoint les avant-postes allemands : le corps à corps s’engage, terrible. Le 3e bataillon du 132 prend la place, assurant ainsi le succès de l’attaque de Guise.

 

Quelques semaines plus tard, un nouvel ordre porte la 56e division sur l’Alsace. La marche est arrêtée par l’armistice du 11 novembre alors que les premiers hommes pénètrent dans cette région.

 

Le 27 janvier 1919, le 132e régiment d’infanterie rejoint sa garnison provisoire de Vitry-le-François, puis de Reims et de Verdun. Son comportement pendant la Grande guerre lui vaut d’avoir le privilège de faire choisir par l’un de ses soldats, dans la citadelle de Verdun, le 10 novembre 1920, le Soldat Inconnu qui repose sous l’Arc de Triomphe.

 

Le Soldat Inconnu.

 

Ce 10 novembre 1920, le soldat Auguste Thin est à la citadelle de Verdun. Devant lui huit cercueils en ligne, anonymes, venant des différents secteurs de l’ancien front militaire (Chemin des dames, Somme, Verdun…). En vérité, le front contenait neuf secteurs, mais l’un des responsables de l’enquête ne peut certifier que le dernier corps proposé est bien celui d’un Français.

 

Le jeune caporal de 21 ans, pétrifié par l’émotion, tient dans sa main un bouquet d’œillets blancs et rouges que vient de lui donner le ministre des Pensions, André Maginot. Le ministre sait-il qu’il vient de désigner un Pupille de la Nation ? Un jeune homme dont le père a fait la même guerre, comme c’est le cas dans de nombreuses familles de France… Auguste Thin avance lentement, passant en revue ces soldats sans noms, morts pour la France. Auguste Thin se retourne, revient devant le sixième cercueil et y dépose le bouquet, désignant ainsi le soldat inconnu qui devra rejoindre son dernier tombeau, sous l’Arc de Triomphe.

 

Plus tard, le caporal explique son choix : «Il me vint une pensée simple. J’appartiens au 6ème corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c’est également le chiffre 6 que je retiens. La décision est prise, ce sera le 6ème cercueil que je rencontrerai.»

 

Dés 1916, François Simon, Président du Souvenir Français à Rennes, avait évoqué l’idée d’inhumer un soldat anonyme pour rendre hommage à tous les disparus: «Pourquoi la France n’ouvrirait-elle pas les portes du Panthéon à l’un de ses combattants ignorés, mort bravement pour la patrie ?».

 

Des combattants ignorés, la Première Guerre mondiale en voit des mille et des cents… Sur les un million-quatre-cents-mille morts des seuls rangs français, les corps de trois-cents-mille victimes officiellement déclarées décédées ne seront jamais restitués aux familles. Et il y a plus de trois-cent-cinquante-mille disparus, «pulvérisés sur le champ de bataille» comme l’écrit l’historien Jean-Yves Le Naour.

 

Même si une proposition de loi est déposée en ce sens à la fin de la guerre, soulevant une vive polémique, il faudra attendre l’automne 1920 pour que le parlement, poussé par une campagne de presse intensive en particulier de l’Action Française, décide du choix d’un soldat inconnu et de son inhumation sous l’Arc de Triomphe. Le Panthéon est également évoqué mais, comme l’écrit le journaliste du Matin Henry de Jouvenel : «Ne l’enfermez pas au Panthéon. Portez-le au sommet de l’avenue triomphale, au milieu de ces quatre arches ouvertes sur le ciel. C’est lui, l’inconnu, l’anonyme, le simple soldat, qui donne tout son sens à l’Arc de Triomphe.»

 

Dans la nuit du 10 au 11  novembre 1920, par le train, la dépouille du Soldat inconnu arrive à Paris. Après un passage au Panthéon, son cercueil emprunte la rue Soufflot, en direction de l’Arc de Triomphe, monté sur un canon de 155 dominant la foule. «Ce mort qui va passer, c’est l’enfant de tout un peuple en larmes», écrit l’envoyé spécial de l’hebdomadaire l’Illustration.

 

Le Soldat inconnu est solennellement enterré sous l’Arc de Triomphe le 28 janvier 1921.

 

Plus tard, l’Angleterre, la Roumanie, la Belgique, les Etats-Unis, l’Australie (…) désigneront également leur soldat inconnu pour l’inhumer avec éclat. En 2000, c’est le Canada qui enterre le sien. Son corps avait été exhumé dans le Pas-de-Calais, tout proche de la crête de Vimy.

 

Auguste Thin reprendra sa vie civile quelques temps plus tard. En 1982, peu de temps avant sa mort, le soldat fameux est décoré de la Légion d’honneur par le Président de la République François Mitterrand. La cérémonie se déroule à l’Arc de Triomphe.

 

A l’occasion du centenaire de l’Armistice de 1918, le Souvenir Français a décidé d’honorer 100 soldats de la Première Guerre mondiale. La cérémonie pour Auguste Thin à Asnières se déroulera le 15 octobre 2018, à 17h00, au cimetière ancien d'Asnières, division 46 - 6, rue du Ménil - 92600 Asnières.

 

Les président, les porte-drapeaux et les membres des Comités des Hauts-de-Seine sont tous conviés pour participer à cette commémoration. La Flamme sacrée arrivera vers 16h45.

 

 

 

 

Sources :

 

  • «Le Soldat inconnu, la guerre, la mort, la mémoire», de Jean-Yves Le Naour (éditions Découvertes Gallimard, 2008).
  • "Le Soldat inconnu, invention et postérité d’un symbole» (éditions Imago, 2005), Jean-François Jagielski.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Internet : www.appli-lachaise.net
  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Reprises d’éléments biographiques écrits par Antoine Junqua, membre du Souvenir Français.
Asnières-sur-Seine, Auguste Thin et le Soldat Inconnu.

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Publié le 29 Septembre 2018

A Saint-Cloud, le monument aux morts des athlètes.

Le Monument aux Morts des athlètes du Stade Français.

 

Le 5 novembre 1922, dans le parc de Saint-Cloud se déroule une cérémonie particulière : on inaugure, en présence des ministres concernés, le monument aux morts des athlètes du Stade Français.

 

En effet, le club sportif – alors l’un des plus connus de France – a lourdement payé sa contribution à l’armée française : pas moins de 170 noms figurent sur ce monument.

 

Parmi eux figure Maurice Boyau.

 

 

Maurice Boyau.

 

Maurice Boyau nait le 8 mai 1888 à Mustapha, en Algérie française. Fils de Jean Boyau, entrepreneur de travaux publics landais et de Blanche Nouguier, originaire de l’Aveyron. Doué pour tous les sports, le jeune Maurice se tourne vers le rugby. Il joue d’abord sur les terres familiales, à l’US Dax de 1907 à 1909 puis au Stade Bordelais, à Versailles et enfin au Racing, pendant la Première Guerre mondiale.

 

Maurice Boyau est champion de France de rugby en 1911 avec le Stade Bordelais et il porte, entre 1912 et 1913, six fois le maillot de l’équipe de France, dont deux sélections en tant que capitaine pendant les deux derniers matchs du dernier Tournoi des Cinq nations avant la guerre.

 

Maurice Boyau est mobilisé lorsque la guerre éclate. Il rejoint son affectation de réserve : le 18e escadron de train des équipages du 144e régiment d’infanterie de Bordeaux, où il se présente le 3 août. Il passe ensuite le 10 octobre 1914 au 8e escadron de train des équipages de Dijon, où il officie comme conducteur d’automobiles, pendant une année, avant d’être détaché le 26 novembre 1915 au 1er groupe d’aviation de Longvic pour suivre une formation de pilote.

 

Il reçoit son brevet de pilote militaire le 28 novembre 1915 et est nommé brigadier le 3 février 1916. Ses connaissances techniques et ses talents de meneur d’hommes incitent les autorités militaires à l’affecter comme pilote-instructeur d’abord à l’école d’aviation de Pau puis à celle de Buc (à côté de Versailles) où il est muté le 1er août 1916.

 

Mais Maurice Boyau insiste pour rejoindre une unité de combat. Sa demande est entendue et le 12 octobre 1916, il rejoint l’Escadrille N77, connue sous le nom « Escadrille des Sportifs » en raison du grand nombre d’athlètes de haut niveau qui figure dans ses rangs. Il y passera le reste de la guerre.

 

Il ne reste pas moins sportif et participe à de nombreux matchs de rugby. Avec le Racing Club de France, son nouveau club, il remporte la Coupe de l’Espérance le 28 avril 1918. Il joue contre des Anglais, mobilisés sur le front du nord de la France, contre d’anciens internationaux néo-zélandais, mobilisés eux sur le front de la Somme. Le 12 février 1918, Maurice Boyau est capitaine de l’équipe de l’armée française qui affronte au Parc des Princes l’équipe de l’artillerie d’assaut anglaise des Tanks, formée de soldats venant de diverses nations du Royaume-Uni. Parmi les membres de cette équipe de France se trouve Géo André, qui laissera son nom au stade de l’équipe de rugby du Stade Français.

 

Mais la légende s’écrit. Maurice Boyau devient un As de l’aviation, crédité de 35 victoires aériennes homologuées, la plupart sur des ballons d’observation allemands drachens. Il reçoit la Légion d’Honneur, la Médaille militaire, la Croix de guerre. Et l’histoire s’arrête malheureusement là : il disparaît le 16 septembre 1918 au-dessus de Mars-la-Tour au cours d'un combat aérien dont la victoire est attribuée par les allemands à l'as Georg von Hantelmann. Les causes exactes de sa mort demeurent incertaines et Boyau pourrait également avoir été victime de tirs d'artillerie allemands. Ni son avion ni son corps ne sont retrouvés.

 

Maurice Boyau est cité : « Pilote d'une incomparable bravoure dont les merveilleuses qualités physiques sont mises en action par l'âme la plus belle et la volonté la plus haute. Officier magnifique, animé d'un admirable esprit de sacrifice, fournit, chaque jour avec la même simplicité souriante un nouvel exploit, qui dépasse le précédent. A excellé dans toutes les branches de l'aviation, reconnaissances, photographies en monoplaces, bombardement à faible altitude, attaques des troupes à terre, et s'est classé rapidement parmi les premiers pilotes de chasse. A remporté vingt-sept victoires, les douze dernières en moins d'un mois, en abattant seize drachens et onze avions ennemis. Médaillé militaire et chevalier de la Légion d'honneur pour faits de guerre. Onze citations. »

 

Depuis 1924, le stade de rugby de Dax porte le nom de Maurice Boyau et la municipalité a fait ériger une statue à sa mémoire à l’entrée de ce stade. Son nom est inscrit sur le monument du parc de Saint-Cloud, comme sur la stèle de la Fédération Française de Rugby à Colombes et sur le monument aux morts de Saint-Paul-les-Dax.

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Memorail GenWeb : www.memorialgenweb.org
  • Archives du journal L’Equipe.
  • Site de la ville de Dax : www.dax.fr

 

Maurice Boyau, à Colombes, en 1918.

Maurice Boyau, à Colombes, en 1918.

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Publié le 4 Août 2018

L’école Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux, transformée en hôpital temporaire.

L’école Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux, transformée en hôpital temporaire.

Le Service de Santé et les hôpitaux.

La Première Guerre mondiale ne devait pas durer. Elle ne devait pas non plus être particulièrement meurtrière. Pour autant, l’Armée française veut prendre en compte les blessés à venir. Elle a l’expérience du Premier empire. Grâce aux actions de Percy ou de Larrey, la situation des blessés sur les champs de batailles et après se sont améliorées. Mais ce sont les désastres sanitaires des campagnes de Crimée, d’Italie puis de France en 1871, qui permettent des réformes profondes en 1882 et 1889. Elles accordent l’autonomie technique puis administrative au Service de santé dont le potentiel d’innovation et de réalisation est enfin libéré.

Donc, en 1914, personne ne suppose un tel nombre de blessés, ni envisage des blessures d’une telle gravité. Les soins doivent être apportés le plus tôt possible et au plus près des combats, car au global, entre 1914 et 1918, la France va connaître 3,4 millions de blessés et mutilés et 1,5 millions de morts et disparus. Et ce, sur 8,6 millions de soldats mobilisés au cours de ces quatre années.

Durant la Première Guerre mondiale, le service de santé militaire est organisé par armée, et, schématiquement, il se divise entre un service de l’avant et un service de l’arrière. Après les premiers mois de guerre, un service central de santé est créé avec un triple objectif : accélérer la relève des blessés et leur évacuation ; réorganisation des hospitalisations ; avancées dans les différentes spécialités médicales et chirurgicales (la chirurgie réparatrice par exemple).

Situées au niveau des divisions et des corps d’armée, les services de l’avant assurent le traitement immédiat, le relèvement et le transport des malades et des blessés. Ils comprennent principalement le service régimentaire, les groupes de brancardiers qui portent le blessé jusqu’au poste de secours, les ambulances et les sections d’hospitalisations. Au poste, le blessé est « fiché » selon la gravité avérée ou supposée de sa blessure et est évacué. Sa fiche va l’accompagner tout au long de son évacuation.

Les ambulances sont situées non loin des lignes de combat (entre 10 et 15 km). Les hôpitaux qui se trouvent dans la zone des armées sont appelés Hôpitaux d’origine d’étapes (HOE) ou encore Hôpitaux d’évacuation. Les HOE primaires ou HOE 1 se trouvent près des lignes de feu. Les hôpitaux d’évacuation de deuxième ligne sont installés entre 50 et 150 km et enfin les HO3 sont à la limite de la zone des armées et de la zone de l’intérieur à proximité d’une gare.

Il y a également des hôpitaux permanents et des hôpitaux temporaires :

  • Les hôpitaux permanents sont les hôpitaux militaires ; ils peuvent également être mixtes ou civils. Pour les mixtes, ce sont des hôpitaux civils des villes dont l’effectif de la garnison est supérieur à 300 hommes et ils sont tenus d’ouvrir des salles ou des pavillons spéciaux pour les malades militaire de la garnison. Dans les hôpitaux civils, les malades militaires peuvent s’y trouver quand ces mêmes villes sont sans garnison ou dont l’effectif militaire n’atteint pas 300 hommes.
  • Les hôpitaux temporaires peuvent être complémentaires (ils sont alors constitués exceptionnellement lors des guerres sur tous les théâtres d’opérations) ; auxiliaires (ils sont ouverts par les sociétés d’assistance de la Croix Rouge française comme la Société de Secours aux Blessés Militaires, l’Union des Femmes de France ou encore l’Association des Dames Françaises). Enfin, ils peuvent aussi être bénévoles : ce sont des hôpitaux – ou parfois même des établissements de « rétablissements » des blessés – dus aux initiatives privées, s’administrant eux-mêmes et recevant du service de santé un prix de journée forfaitaire (de nombreux châteaux –Vaux-le-Vicomte ou Chenonceau par exemple -  ou des espaces publics ont été dans ce cas).

 

Georges de Blanquet de Puteaux.

 

Georges de Blanquet de Rouville nait le 14 décembre 1889 à Puteaux, dans le département de la Seine. De la classe 1909, il porte le matricule 12.487 au Corps et 617 au recrutement du Bureau de Sens dans l’Yonne. Sous-lieutenant au 150e régiment d’infanterie, il est évacué pour maladie au printemps de l’année 1915, alors que sa division se bat en Argonne. Il meurt, le 9 juin 1917, au château de Palteau situé sur la commune d’Armeau, dans le département de l’Yonne.

Ce château est resté célèbre dans l’Histoire de France pour avoir abrité l’homme au masque de fer, certainement le prisonnier le plus connu encore de nos jours. Le séjour fut bref car il ne s’agissait alors que d’un transfert entre la Bastille et la forteresse de Sainte-Marguerite, dans le sud de la France. Le château est à ce moment-là la propriété de Bénigne de Saint-Mars, mousquetaire de la garde, et gouverneur de la Bastille.

Pendant la Première Guerre mondiale, le château de Palteau est un hôpital temporaire bénévole.

 

Quelques hôpitaux des Hauts-de-Seine.

 

A Paris, tous les hôpitaux sont concernés bien entendu. Mais de nombreuses écoles et lycées sont réquisitionnés. Et c’est le cas également d’édifices comme le Grand Palais ou le Panthéon, les magasins du Louvre ou des espaces dans ceux du Bon Marché. Il en est de même pour les villes autour de Paris, comme en Province.

Dans les Hauts-de-Seine, on peut citer (liste exhaustive ?) :

 

  • Neuilly-sur-Seine : le restaurant Gillet ; l’Hôpital américain ; l’Hôpital du Pavillon Royal ; l’Hôpital espagnol ; l’Ecole pratique pour les militaires aveugles de guerre ; la portion centrale du Château de Madrid ; les Sœurs Saint-Thomas de Villeneuve ; la Maison de Santé du Docteur Hartmann ; l’Hôpital Hahnemann ; Hôtel de la Reine Elisabeth, villa Borghèse ; la villa de M. Pinguet ; un hôtel particulier boulevard Victor Hugo ; la Maison de santé Bonde ; l’école de fille de l’avenue du Roule ; la Maison de santé boulevard Bineau ; un hôtel particulier rue du Centre…
  • Issy-les-Moulineaux : l’école Saint-Nicolas ; l’hospice des Petits Ménages ; le couvent des Sœurs de Saint-Thomas ; le Grand Séminaire ; la Villa Moriss rue Lasserre.
  • Rueil-Malmaison : l’Hôpital Tuck ; le Sanatorium de La Malmaison ; la fondation Cognacq ; la Villa Haby-Sommer ; la Villa Ahlstrom ; la Propriété Dufaure ; une propriété rue de la Jonchère ; la caserne.
  • Vanves : le lycée Michelet ; les Sœurs franciscaines.
  • Levallois-Perret : l’Hôpital anglais ; l’Hôtel Reynaud ; la Fondation Isaac Pereire.
  • Puteaux : le dispensaire Marie-Hélène ; le couvent des Sœurs de l’Assomption.
  • Saint-Cloud : l’Hôpital canadien, situé non loin du champ de courses ; l’hospice ; l’Etablissement physio-thérapeutique ; l’Ecole nouvelle d’instituteur ; le château de Béarn.
  • La Garenne-Colombes : l’Atelier pratique des aveugles de guerre ; l’Institution libre.
  • Clichy : l’hôpital chirurgical ; la propriété Maès.
  • Meudon : la Maison Saint-Philippe ; la Maison des Missions.
  • Clamart : l’hospice ; l’Hôpital du Perpétuel Secours ; le groupe scolaire Jules Ferry.
  • Chatenay-Malabry : la propriété de Mademoiselle Gosselin.
  • Ville d’Avray : le monastère Alphen ; le château de Ville d’Avray.
  • Sèvres : la Maison Les Peupliers ; la Maison de santé de la rue Brancas ; l’hospice.
  • Chaville : L’Hermitage.
  • Fontenay-aux-Roses : l’Ecole normale d’institutrice ; l’hospice civil.
  • Colombes : le Pavillon neuf.
  • Courbevoie : l’Union belge ; la Maison de santé ; la Maison de retraite ; l’orphelinat des Arts.
  • Malakoff : l’Institution Notre-Dame de France.
  • Chatillon : les Sœurs de Sainte-Anne.
  • Asnières-sur-Seine : les Etablissements Tricotel ; l’Ecole Sainte-Geneviève ; l’hôpital Montesquieu.
  • Nanterre : l’école maternelle du boulevard du midi.
  • Sceaux : le lycée Lakanal.
  • Bois Colombes : la clinique chirurgicale de la Côte Saint-Thibaut.
  • Boulogne : l’Institut Saint-Joseph.
  • Suresnes : une villa, rue du Mont Valérien.
  • Vaucresson : la Villa Croix-Blanche.
  • Montrouge : le pensionnat de jeunes filles rue Marcellin Berthelot.
  • Antony : les Dames de Saint-Raphaël.
  • Gennevilliers : l’école de garçons de la rue de Paris.
  • Bagneux : la maison Saint-Michel.

 

 

 

 

Sources

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Site « Historix » sur l’histoire de la radiologie aux Hôpitaux de paris pendant la Première Guerre mondiale.
  • Site geneawiki.
  • Service de santé des armées sur le site du ministère des Armées : www.defense.gouv.fr.
  • Pierre Pluchon, Histoire des Médecins et pharmaciens de Marine et des Colonies, 1985.
  • Médecine et Armées, revue du Service de santé des armées : Tricentenaire du Service de santé des armées, décembre 2008.
  • Éric Deroo, La médecine militaire : Le service de santé des armées, ECPAD, 2008.
  • Site sur les hôpitaux militaires pendant la Première Guerre mondiale, sur la plateforme www.overblog.com
  • Travaux de Sandrine Heiser, chef de projet aux Archives nationales.
  • Site Historim – Site sur l’histoire d’Issy-les-Moulineaux

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Publié le 12 Juillet 2018

Député-maire de Neuilly-sur-Seine et mort pour la France.

A Neuilly-sur-Seine.

Edouard Nortier nait le 4 août 1859, à Paris dans le 8e arrondissement. Voilà 70 ans, jour pour jour, que la Révolution française a aboli les privilèges ! Et voilà bien un mot qu’Edouard Nortier se refusera de s’appliquer tout au long de sa vie.

Négociant, maire de Neuilly-sur-Seine, Edouard Nortier est élu, la première fois le 19 novembre 1911, député de la 5e circonscription de Saint-Denis, avec 6.722 voix sur 13.499 votants, en remplacement d’Hector Depasse, radical-socialiste, décédé. Il l’emporte sur général Alexandre Percin, radical-socialiste, et sur un jeune avocat, encore méconnu, socialiste, qui se nomme Pierre Laval, mais qui réussit à réunir 3.000 suffrages… Ce dernier, ne s’étant pas retiré, il fait basculer la circonscription du côté des Républicains progressistes avec Edouard Nortier. Ce mouvement étant l’un des principaux courants de la Fédération républicaine, grand parti de la droite républicaine, libérale et conservatrice sous la IIIe République.

Le 26 avril 1914, Edouard Nortier est réélu avec 8.609 voix contre 7.738 à André Morizet, socialiste (et futur maire de Boulogne-Billancourt). Le vainqueur se présente en champion du petit capital contre les monopoles et contre une fiscalité abusive. Ainsi, il vote contre ce qu’il appelle « l’inquisition fiscale ». Il s’intéresse également à la santé et à la salubrité publique. Partisan de la suppression des privilèges des bouilleurs de cru, il présente une proposition de loi relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique. Concernant l’école – en ces années qui suivent la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat – Edouard Nortier est partisan de la liberté de l’enseignement. Il indique : « l’école laïque n’a pas besoin d’un monopole pour se défendre ».

 

Le patriote.

Mais ce qui peut encore plus caractériser Edouard Nortier, c’est son patriotisme. Régulièrement à la Chambre des Députés, il insiste sur la nécessité d’un renforcement de l’armée française. C’est dans cet esprit, qu’il vote la loi portant à trois ans la durée du service militaire.

Et cette action va se concrétiser au cours de l’été 1914 ! Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Edouard Nortier s’engage au 73e régiment d’infanterie, dont les casernements sont situés à Béthune, Hesdin et Aire-sur-la-Lys. A ses concitoyens de Neuilly qui lui demandent de rester auprès d’eux, il répond : « Je me dois d’abord à la France, ensuite seulement à Neuilly » !

Il combat en Belgique dans le but d’empêcher les Allemands de franchir la Meuse. Puis ce sont les batailles de Charleroi et de Guises. Les Français doivent reculer… jusqu’à la Marne où le 73e RI s’illustre. Comme une bonne partie de l’armée française, à l’issue de cette victoire, l’unité se rue en direction du nord-ouest, dans ce qui sera appelé la « Course à la mer ». C’est dans les Flandres belges, à Ypres, qu’Edouard Nortier trouve la mort. Le 6 novembre 1914, il reçoit des éclats d’obus alors qu’il se bat dans le village de Boesinghe. Il est alors âgé de 55 ans et ses deux fils sont aussi sous les drapeaux…

 

Aujourd’hui, à Neuilly-sur-Seine, la rue Edouard Nortier part du boulevard du général Leclerc, le long de la Seine, pour s’arrêter à la rue de Chézy.

 

Les élus de la République morts pour la France.

Edouard Nortier n’est pas le seul député mort pour la France au cours de la Première Guerre mondiale. Certains, dans la liste ci-après, sont particulièrement connus :

 

  • Maurice Bernard : député du Doubs (Besançon), inscrit au Groupe de la Gauche radicale, il meurt dans un accident d’avion en 1916. Il avait 39 ans.
  • Raoul Briquet : âgé de 41 ans, il meurt le 25 mars 1917 à Bapaume, lors de l’effondrement de la mairie, dû à une bombe laissée par les Allemands. Il était député SFIO du Pas-de-Calais. Le député Albert Tailliandier meurt avec lui.
  • Georges Chaigne : journaliste, député de la Gironde (La Réole), membre des Républicains de gauche, il est tué le 5 avril 1915, à l’âge de 27 ans, au Bois de Mortmare, dans la Meuse.
  • Frédéric Chevillon : député de Marseille, membre du Groupe de la Gauche radicale, sous-lieutenant au 132e RI (« Un contre huit »), il meurt aux Eparges le 21 février 1915. Il avait 36 ans.
  • Emile Driant : député de Nancy, membre de l’Action libérale, lieutenant-colonel, il meurt en héros à la tête 56e bataillon de chasseurs à pied, alors que les Allemands lance la bataille de Verdun. Son sacrifice et celui de ses hommes permettent à l’armée française de se reprendre et d’éviter un effondrement alors que « Verdun » vient de commencer. Il avait 55 ans.
  • Gaston Dumesnil : député d’Angers, membre de la Fédération républicaine, capitaine au 106e RI (le régiment de Maurice Genevoix), il meurt en mission le 8 septembre 1918 à Vauxaillon dans l’Aisne. Il avait 39 ans.
  • Henry Durre : député de Valenciennes, membre du Groupe socialiste, il trouve la mort en rejoignant sa circonscription le 28 octobre 1918. Il voulait « à tout prix rejoindre mes compatriotes au premier moment de la délivrance afin de me rendre compte des besoins les plus urgents ».
  • Abel Ferry : député d’Epinal, dans les Vosges, membre du Groupe de la Gauche radicale, neveu « adoré » de Jules Ferry, il trouve la mort à l’âge de 37 ans alors qu’il est en mission de contrôle parlementaire aux armées. La délégation ayant été fauchée par un obus. C’était le 15 septembre 1918 à Jaulzy dans l’Oise.
  • Pierre Goujon : député de l’Ain, inscrit au groupe de la Gauche radicale, sous-lieutenant au 22e RI, il meurt au combat le 25 août 1914 en Lorraine. Il avait 38 ans.
  • Paul Proust : député de Chambéry, en Savoie, non inscrit, sergent au 97e RI, il meurt au combat le 24 octobre 1914, à l’âge de 32 ans, au cours de la « Course à la mer ».
  • René Reille-Soult : député de Castres, non inscrit, lieutenant au 62e régiment d’artillerie de campagne, il meurt au combat, à Grand-Séraucourt, dans le département de la Somme, le 21 juin 1917. Il avait 29 ans.
  • Josselin de Rohan-Chabot : député du Morbihan, membre du Groupe des Droites, capitaine au 4e bataillon de chasseurs à pied, il est tué au combat dans la Somme, le 13 juillet 1916, à l’âge de 37 ans.
  • Uriane Sorriaux : député de Béthune dans le Pas-de-Calais, membre du Groupe socialiste, âgé de 59 ans, il meurt en captivité le 26 juillet 1918, au camp de Vilvorde en Belgique.
  • Albert Tailliandier : député d’Arras dans le Pas-de-Calais, membre du Groupe de la Fédération républicaine, il meurt avec Raoul Briquet le 25 mars 1917. Il avait 41 ans.
  • André Thome : député de Rambouillet, âgé de 36 ans, membre de la Gauche démocratique, sous-lieutenant au 6e régiment de dragons, il meurt pendant la bataille de Verdun (fort de Marre), le 10 mars 1916.

 

Sources :

 

  • Archives de la Délégation générale des Hauts-de-Seine du Souvenir Français.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site de l’Assemblée nationale.
  • Site de la mairie de Neuilly-sur-Seine.
La chapelle de Rancourt dans la Somme et la nécropole nationale. Une plaque à la mémoire du capitaine et député Josselin de Rohan-Chabot se trouve à l'intérieur de la chapelle.

La chapelle de Rancourt dans la Somme et la nécropole nationale. Une plaque à la mémoire du capitaine et député Josselin de Rohan-Chabot se trouve à l'intérieur de la chapelle.

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