temoignages-portraits - 1939-1945

Publié le 12 Janvier 2019

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Yves Ezanno de Clamart.

Yves Ezanno nait le 14 juillet 1912 à Clamart. Son père est inspecteur des PTT.

 

Après des études secondaires à Angers, Nantes et Rennes, il passe ses certificats de licence et de doctorat en droit à la Faculté de Rennes et s'inscrit comme avocat stagiaire au barreau de Nantes. Titulaire de la Préparation militaire supérieure, il est incorporé le 15 octobre 1936 à l'école des officiers de réserve d'Avord. Breveté observateur et promu sous-lieutenant en avril 1937, il est affecté à la 3e Escadrille de la 21e Escadre.

 

Promu lieutenant en avril 1939, Yves Ezanno obtient son brevet de pilote puis est affecté à l'Ecole de Pilotage 101 de Saint-Cyr comme officier instructeur de tir. Pendant la campagne de France l'école se replie sur Royan d'où, refusant l'armistice annoncé à la radio par le maréchal Pétain, Yves Ezanno rejoint l'Angleterre le 17 juin 1940 aux commandes d'un Simoun de liaison avec plusieurs camarades, parmi lesquels Jacques Soufflet, qui sera lui aussi fait « Compagnon de la Libération ».

Engagé aux Forces françaises libres, il fait un stage sur Spitfire en août 1940 avant de faire partie à l'expédition de Dakar. Il débarque au Cameroun en octobre 1940. Commandant de la 4e Escadrille du Groupe mixte de Combat n°1 placé sous les ordres du lieutenant-colonel de Marmier, il prend part aux opérations du Gabon sur Lysander en novembre 1940. Il commande ensuite, en remplacement du lieutenant Guigonis (Compagnon), pendant trois mois le détachement Air chargé de la surveillance anti-sous-marine pour le Gabon et le Moyen-Congo.

 

En mars 1941 il est affecté à la 2e Escadrille française de bombardement et participe aux opérations de Libye avec le Squadron britannique n°39. Affecté au moment de sa création en septembre 1941 au Groupe de bombardement « Lorraine », il prend une part active, au sein de l'escadrille "Nancy", aux attaques sur Sidi-Rezegh, Benghasi, Agebadia, Halfaya Pass, effectuant 43 sorties et abattant un Messerschmitt 109. Le "Lorraine" étant placé au repos en février 1942, Yves Ezanno demande à repartir en opérations. Il est affecté le 1er mars au Groupe de Chasse « Alsace », et, promu capitaine, prend le commandement de l'Escadrille "Strasbourg", qu'il mène au combat avec beaucoup de cran et d'allant, tout particulièrement durant la retraite de juin 1942 à El Alamein. Il effectue 52 sorties avec cette unité. En octobre 1942, "l'Alsace", très éprouvé, embarque à Suez à destination de la Grande-Bretagne.

 

En mars 1943, après un stage rapide de formation sur Boston, le capitaine Ezzano est affecté de nouveau au "Lorraine" où il prend, pendant trois mois, les commandes de l'Escadrille "Metz". Après une période de repos, il est affecté en Operationnal Training Unit pour s'entraîner au pilotage sur Typhoon. Détaché en avril 1944 au Fighter Squadron n°198 de la Royal Air Force, il se voit donner, après seulement deux mois et demi de présence dans cette formation, le commandement du groupe qui est constamment engagé dans des missions offensives sur Typhoon. Le 28 mai 1944, Yves Ezanno s'illustre en attaquant au canon et en détruisant un Etat-major allemand puissamment défendu. Il se distingue encore magnifiquement le 6 juin 1944 au-dessus de la Normandie en attaquant au sol les chars et les véhicules blindés ennemis. Il prend part aux batailles de Lisieux, Cherbourg, Caen, Mortain, Falaise et Dunkerque. Il effectue au total 90 sorties avec son groupe.

 

Descendu en flammes au-dessus de l'île hollandaise de Walcheren, derrière les lignes ennemies, le 4 novembre 1944, il parvient à rejoindre les lignes alliées sous le feu des avant-postes allemands, mais ses blessures l'empêchent de reprendre les vols et il reste indisponible jusqu'en février 1945.

 

En juin 1945 il prend le commandement de l'Ecole de Chasse de Meknès et est promu, trois mois plus tard, lieutenant-colonel. Inspecteur de l'Aviation de chasse (1949-1952), il effectue plusieurs missions en Indochine et en Corée. Le colonel Ezanno prend ensuite le commandement de la base de Saint-Dizier (1ère Brigade de chasse). Premier Chef des opérations de la 4th Allied Tactical Air Force au sein du SHAPE en 1953, il est affecté en 1957, à la tête du Groupe aérien tactique n°2 à Oran. Promu au grade de général de brigade aérienne en 1958, il prend part aux opérations aériennes en Oranie de février à avril 1959. Yves Ezanno est, en 1960, sous-chef d'Etat-major Opérations et Entraînement à l'EM des Forces aériennes alliées en Centre-Europe.

 

Général de division aérienne en avril 1961, il rejoint quelques semaines plus tard son poste d'adjoint au chef de la Délégation française au groupe permanent du Pacte atlantique à Washington. Promu général de corps aérien en décembre 1962, il occupe à partir de mars 1964 les fonctions de commandant de la Défense aérienne et des Forces "Air" de Défense aérienne à Taverny. Membre du Conseil supérieur de l'Air à partir de 1964, il atteint la limite d'âge de son grade et quitte son commandement en 1967, avec à son actif 5 230 heures de vol comprenant 747 heures de vol de guerre en 412 missions.

Yves Ezanno exerce ensuite les fonctions de PDG de l'Office Français d'Exportation de Matériel Aéronautique dont il devient Président d'Honneur en 1979. Membre du Conseil de l'Ordre national de la Légion d'Honneur (1968-1979) et membre du Conseil de l’Ordre de la Libération (depuis mai 1969).

 

Le général Yves Ezanno est décédé le 20 octobre 1996 à Nice. Il est inhumé à Aix-en-Provence.

 

Décorations.

 

  • Grand Croix de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944.
  • Croix de Guerre 39/45 (9 citations).
  • Croix de Guerre des TOE (1 citation).
  • Croix de la Valeur Militaire (2 citations).
  • Croix du Combattant.
  • Croix du Combattant Volontaire.
  • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance.
  • Médaille de l'Aéronautique.
  • Médaille Coloniale avec agrafe "Libye".
  • Médaille des Services Volontaires dans la France Libre.
  • Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et du Maintien de l'Ordre en AFN avec agrafe "Algérie".
  • Distinguished Flying Cross and Bar (GB).
  • Africa Star (GB).
  • Distinguished Flying Cross (USA).
  • Croix de Guerre (Belgique).
  • Chevalier de l'Aigle Blanc de Serbie.
  • Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc).

 

 

 

© Ordre de la Libération.

 

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Publié le 18 Août 2018

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Pierre Dureau de Neuilly.

Biographie.

 

Pierre Dureau est né le 23 août 1915 à Neuilly-sur-Seine. Son père, publiciste, est mort pour la France.

 

Il prépare une licence de droit et obtient le diplôme de l'Ecole des Sciences politiques. Après avoir suivi les cours du peloton EOR à Saint-Cyr d'octobre 1938 à avril 1939, il effectue son service militaire en 1938 dans les chasseurs alpins. Dès la déclaration de guerre, il sert sur le front des Alpes au 6e Bataillon de chasseurs alpins (6e BCA) en qualité de sous-lieutenant, chef de section à la 1ère compagnie placée sous les ordres du capitaine Lalande.

 

Pierre Dureau participe à la campagne de Norvège où il se distingue à deux reprises, notamment le 13 mai 1940, à l'attaque de Roasme, où il fait preuve d'une hardiesse remarquable, progressant sans arrêt en tête de section sous le feu de l'ennemi et permettant, par ses manœuvres successives, l'avance de tout son bataillon.

 

Revenu en France, il quitte Brest avec le corps expéditionnaire, le 18 juin 1940, avec l'intention de s'engager dans l'Armée anglaise. Il s'engage finalement dans les Forces françaises libres le 1er juillet 1940 à Londres. Il devient instructeur au 1er Bataillon de Chasseurs de la France libre à Camberley et est promu lieutenant en février 1941.

 

Affecté à l'Etat-major du général de Gaulle à Londres de mars à août 1941, il obtient d'être envoyé au Moyen-Orient où il sert comme lieutenant au Bataillon de Marche n° 7 (BM 7) en Syrie et au Liban jusqu'en septembre 1942. Il est ensuite aide de camp du général de Larminat jusqu'en janvier 1943 date à laquelle il est affecté comme commandant d'unité à la 13e demi-brigade de la Légion étrangère (13e DBLE). Il participe aux campagnes de Tunisie et d'Italie comme chef du groupement des mortiers du 1er Bataillon de Légion étrangère (1er BLE).

 

En août 1944, il débarque en Provence avec le 3e BLE et se distingue pendant la campagne de France. Le 10 septembre 1944, à Autun, il arrête à bout portant l'assaut d'une très forte colonne ennemie, ainsi que tous les essais de débordement. Il est le principal artisan d'un succès qui coûte à l'ennemi plus de 400 tués et 2 500 prisonniers. En Alsace, le 26 janvier 1945, lors de la bataille d'Elsenheim, il fait sauter par une habile manœuvre une résistance puissamment retranchée. Le lendemain, Pierre Dureau réalise personnellement la liaison avec les éléments blindés opérant plus à l'est, puis tient le très important carrefour 177. Le 30 janvier, il prend part à l'attaque des dernières résistances ennemies et s'empare de son objectif dans un minimum de temps.

 

Il se distingue encore sur le front des Alpes, le 14 avril 1945 en entraînant sa compagnie vers le plateau de la Réole, et le 17 avril à Colla Bassa. Il termine la guerre avec le grade de capitaine et entre ensuite dans le secteur privé, principalement l'industrie du bois et la construction. Il devient chef de service commercial puis directeur commercial et enfin directeur général.

 

Pierre Dureau est décédé le 22 avril 2006 à La Cadière d'Azur dans le Var où il est inhumé.

 

 

Décorations.

 

  • Commandeur de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 28 mai 1945.
  • Croix de Guerre 1939-45 (4 citations).
  • Médaille de la Résistance.
  • Médaille Coloniale avec agrafes "Libye", "Tunisie".
  • Médaille des Services Volontaires dans la France Libre.
  • Croix de Guerre Norvégienne.
  • Croix de Guerre (Belgique).
  • Officier de l'Ordre de Léopold (Belgique).
  • Croix de la Vaillance (Pologne).
  • Officier de l'Ordre de Saint-Olaf (Norvège).
  • Chevalier du Ouissam Alaouite (Maroc).
  • Chevalier du Nicham Iftikar (Tunisie).

 

 

Sources :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

© Ordre de la Libération.

 

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Publié le 21 Juillet 2018

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Maurice Duclos de Neuilly-sur-Seine.

Maurice Duclos est né le 23 août 1906 à Neuilly sur Seine. Il y fait ses études au collège Sainte-Croix avant d'entrer dans l'affaire de son père.

 

En 1926, il s'engage pour deux ans dans l'artillerie coloniale et sert à Madagascar ; il est libéré du service actif comme maréchal des logis en novembre 1928. Militant d'extrême-droite, il est membre de la Cagoule et, à ce titre, il est inculpé et incarcéré de février à mai 1938.

 

Lieutenant de réserve, Maurice Duclos est mobilisé le 22 août 1939 et affecté comme lieutenant de tir à la 4e batterie du 2e groupe du 10e Régiment d'Artillerie Coloniale (10e RAC). Avec son unité, il participe, en mai-juin 1940, à l'expédition de Norvège. Détaché comme officier de liaison auprès de la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère (13e DBLE), il se distingue dans les combats de Narvik. Il est cité à l'ordre de la division et reçoit le grade de caporal honoraire de la Légion étrangère. De retour en Bretagne avec le corps expéditionnaire français le 15 juin 1940, il parvient à dégager son unité encerclée à Plénée-Jugon dans les Côtes du Nord le 17 juin et cherche un moyen de la faire évader par la mer.Le 21 juin, Maurice Duclos parvient à passer en Angleterre, via Jersey, avec quelques camarades à bord d'un bateau de pêche.

 

Il est l'un des tous premiers à s'engager dans les Forces françaises libres, le 1er juillet 1940 et est affecté au 2e Bureau de l'Etat-major personnel du général de Gaulle, sous les ordres du capitaine Adnré Dewavrin (alias "Passy") puis au Service de Renseignements, qui devient plus tard le Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA). Maurice Duclos prend alors le pseudonyme de "Saint-Jacques". Il est aussi l'un des tous premiers officiers à être envoyé en mission en France, en zone occupée. Le 4 août il est déposé par vedette sur la plage de Saint-Aubin sur mer dans le Calvados. Sa mission consiste à estimer le potentiel militaire allemand dans le cadre de l'opération de débarquement en Angleterre prévue par Hitler.

 

Il gagne Paris dès la fin août et commence à recruter – en premier lieu dans sa famille et parmi ses amis – les membres du premier réseau de renseignements FFL, le réseau "Saint-Jacques", abrité clandestinement dans les locaux de la société Maurice Duclos, place Vendôme. Pendant plus de cinq mois, sans communication ni appui d'aucune sorte, Maurice Duclos parcourt les deux zones, prend des contacts à Paris, notamment à la Compagnie de distribution d'Electricité et aux Chemins de fer. Saint-Jacques jette également les bases du réseau "Paris Job" avant de participer avec Gilbert Renault, alias "Rémy", à la création du réseau CND (Confrérie Notre-Dame). Après avoir organisé la collecte de renseignements et mis sur pied son réseau dans l'Ouest, il franchit la ligne de démarcation sous le feu d'une patrouille allemande et gagne le Midi. De là, via l'Algérie, le Maroc puis le Portugal, il rejoint Londres la veille de Noël.

 

Volontaire pour une nouvelle mission secrète, Maurice Duclos, est parachuté en Dordogne, près du Bugue, dans la nuit du 13 au 14 février 1941, apportant à son réseau des moyens de liaison avec Londres. Il se brise les jambes à l'atterrissage, perd de vue son radio et, dénoncé par le médecin qui lui a apporté les premiers soins, est arrêté par la police et conduit à l'hôpital de Périgueux où il est soigné et interrogé. Libéré au bout d'un mois avec un non-lieu obtenu grâce à d'anciennes connaissances, il reprend immédiatement sa mission malgré ses blessures.

 

Début août 1941 des membres de sa famille – dont sa sœur aînée et sa nièce – sont arrêtés. Jusqu'en septembre, son réseau est progressivement démantelé à la suite des dénonciations de son radio. Jugés par un tribunal militaire allemand, les hommes seront fusillés au Mont Valérien et les femmes déportées en Allemagne. De son côté, Maurice Duclos parvient à regagner l'Angleterre par une opération aérienne le 1er mars 1942.

 

Après la création du réseau CND, Maurice Duclos prend des contacts avec le mouvement de résistance OCM (Organisation civile et militaire) et devient, à partir d'avril 1942, le chef de la section "Action, Etudes et Coordination" au sein du BCRA. Promu capitaine le 26 mai 1942 (à compter de septembre 1940), il est nommé chef d'escadron un mois plus tard. Il effectue également plusieurs autres missions en France pour y organiser le sabotage stratégique et tactique. Il met au point les missions de sabotage "Armada I", "Armada II" et la destruction des barrages de la Saône. Il organise aussi le plan Vert visant à détruire les communications ferroviaires, le plan Tortue pour retarder les divisions blindées allemandes et le plan Violet pour neutraliser les télécommunications ennemies le jour J.

 

Le 27 mai 1943, à l'Ecole des Cadets de la France libre de Ribbesford, Saint-Jacques reçoit des mains du général de Gaulle la Croix de la Libération en même temps que son chef, le colonel Passy. D'autres missions (cinq en tout) conduisent Saint-Jacques en Afrique du Nord et en France, où il débarque, une dernière fois, en août 1944 à Port-en-Bessin avec les "Special Forces" du général Montgomery. Il participe ensuite activement aux campagnes de Normandie, Belgique et Hollande. Avant d'entrer en Allemagne, le lieutenant-colonel Duclos crée et commande le commando français A. 220, chargé d'opérer dans des missions de sabotage et d'information sur les arrières de l'ennemi.

 

Il est démobilisé le 30 juillet 1945.

 

Désireux après la guerre de collaborer à l'effort de relèvement économique de son pays, il se met au service d'importantes sociétés puis se fixe en Argentine, où il ne cesse de travailler au regroupement de l'importante colonie française résidant dans ce pays. Après avoir été délégué de l'Association des Français Libres, il devient le premier président de la section naissante et le reste pendant de longues années. Il est par ailleurs Président de l'union française des Anciens Combattants d'Argentine et Président du Comité des Sociétés françaises.

 

Maurice Duclos est décédé le 23 février 1981 à Buenos Aires où il a été inhumé.

 

Décorations.

 

  • Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 25 mai 1943.
  • Croix de Guerre 39/45 (4 citations).
  • Croix du Combattant Volontaire 39/45.
  • Médaille des Services Volontaires dans la France Libre.
  • Médaille Commémorative 39/45.
  • Médaille des Services volontaires dans la France Libre.
  • Officier de l'Empire Britannique (OBE).
  • Military Cross (GB).
  • Croix de Guerre avec glaive (Norvège).

 

 

 

 

Source :

 

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

© Ordre de la Libération.

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Publié le 12 Mai 2018

Quand le père et le fils résistaient...

Etienne Mège travaillait comme opérateur radio au ministère de la Marine à Toulon. Il fut muté à Paris. Son fils Georges (pseudonyme: "Pitchoum" en raison de son jeune âge) terminait une formation d'électricien.

Engagés dans les Forces françaises combattantes dans les réseaux "Alibi et Sosies" dirigés par les lieutenants-colonels Charaudeau et Pontchardier, ils étaient chargés de transmettre des messages codés à Londres sur les déplacements des troupes allemandes et le repérage des rampes de lancement des V1 et V2 en particulier. Arrêtés par la Gestapo le 30 juillet 1944 au 19 rue Louis Rolland à Montrouge où ils habitaient, ils furent déportés à Buchenwald par le dernier convoi le 15 août 1944.

A Dernau, (Rhénanie), ils travaillèrent sous la menace des SS dans des tunnels dans des conditions inhumaines. Devant l'avance des alliés, ils furent évacués au prix de la mort de centaines d'entre eux, d'abord à marche forcée vers l'Allemagne, puis remisés dans un train de marchandises que les SS devaient faire sauter.

Après une tentative d'évasion lors d'un bombardement, repris, ils furent libérés le 8 mai 1945 à Ceske Budejovice par des partisans tchèques mais Etienne, gravement blessé par une balle tirée par un SS, dans un état de dénutrition extrême, mourut le 16 mai 1945.

Georges, revenu grand invalide à la suite des privations et des sévices subis, est décédé en 2000. Les personnages des "Mège" père et fils du roman de Dominique Pontchardier "Les portes de l'enfer" (Gallimard 1950) s'inspirent largement des actes de résistance d'Etienne et de Georges.

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français – Délégation des Hauts-de-Seine.
  • Site internet Louis Rolland.
  • Site « Les Français Libres ».

 

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Publié le 4 Mars 2018

Jacques Cristiani.

Toutes celles et ceux qui ont un jour participé à une cérémonie au Mont Valérien ou sous l’Arc de Triomphe n’ont pas pu rater la présence de Jacques Cristiani. Infatigable porteur du drapeau de l’Association nationale des médaillés de la Résistance française, il était immanquable avec ses fameuses moustaches à la « gauloise » !

 

Jacques Christiani n’est plus. Il est décédé le dimanche 24 décembre 2017, veille de Noël. Ses obsèques religieuses se sont déroulées en la cathédrale Saint-Louis des Invalides le vendredi 29 décembre 2017. Il a été ensuite inhumé dans le caveau de l’Ordre de la Libération au cimetière du Père Lachaise.

 

Né le 20 juillet 1922 à Colmar, Jacques Cristiani tente par deux fois de rejoindre la France libre. Ces deux tentatives se soldent par des échecs. Arrêté une première fois en juillet 1942 à bord d’un bateau sur lequel il pensait pouvoir rejoindre les Forces Françaises Libres, condamné à neuf mois de prison, il est incarcéré à Saint-Paul-d’Evjeaux, puis libéré à l’issue de sa peine.

 

En septembre 1943, Jacques Cristiani rejoint le réseau Navarre à Bordeaux. Le réseau avait été créé par Jacques Henri Simon et Jacques Rebeyrol quelques temps auparavant. Sa centrale été implantée à Paris. Mais, comme bon nombre de réseaux, Navarre est décimé en avril 1944 avec l’arrestation des principaux cadres.

 

Jacques Cristiani ne fait pas exception. Il est arrêté par la Gestapo. Il parvient à leur échapper. A Paris, il rejoint l’OCM (Organisation Civile et Militaire), qui l’envoie en mission en Normandie où il termine la guerre.

 

L’OCM.

 

L’OCM est fondée en décembre 1940 à Paris, par la fusion de l’Equipe française d’Organisation du Redressement (EFOR) de l’industriel Jacques Arthuys et la Confédération des travailleurs intellectuels, animée par Maxime Blocq-Mascart. Dès janvier 1941, des fonctionnaires du ministère des Travaux publics, renforcent l’OCM, sous la direction d’André Boulloche et du couple Georges et Raymonde Ricroch. L’OCM recrute aussi dans la bourgeoisie, l’industrie, parmi les commerçants, les anciens combattants, les professions libérales et les universitaires. Deux tendances politiques sont particulièrement représentées : les conservateurs, souvent maréchalistes mais germanophobes et hostiles à la Révolution nationale, d’une part, et les socialistes d’autre part. La première tendance est majoritaire à l’origine, mais la deuxième l’emporte au cours de la guerre.

 

L’OCM est décapitée le 22 décembre par l’arrestation de Jacques Arthuys.

 

Le nouveau chef est le colonel Alfred Touny, ancien responsable du 2e Bureau de la IVe armée. Pierre Brossolette met l’OCM en contact avec le colonel Rémy, chef du réseau Confrérie Notre-Dame, lié au BCRA du colonel Passy. L’afflux de nouveaux membres en 1942-1943 permet au réseau de se reconstituer, entre autres grâce à des personnalités comme Guy Mollet. En dépit de nouvelles arrestations et du retournement de quelques membres, le réseau réussit à se maintenir jusqu’à la Libération.

 

Après la guerre.

 

Liquidateur national du réseau Navarre depuis la Libération, Jacques Cristiani était membre du Comité de la flamme sous l'Arc de Triomphe depuis 2000. Il était également le porte-drapeau de l'Association nationale des médaillés de la Résistance française depuis 2000, après avoir été durant vingt ans celui de la Fédération des réseaux de la France Combattante jusqu'à la dissolution de celle-ci.

 

Titulaire de nombreuses décorations, Jacques Cristiani était commandeur dans l’Ordre national de la Légion d’honneur.

 

La médaille de la Résistance française.

 

La médaille de la Résistance française a été conférée à environ 65.295 personnes, dont 25.000 à titre posthume, appartenant aussi bien aux Français libres qu’à la Résistance intérieure. Elle a été également attribuée à dix-huit collectivités territoriales, à vingt-et-une unités militaires des trois armées et quinze autres collectivités (lycées, hôpitaux, couvents…).

 

Cette décoration n’est plus attribuée depuis 1947.

 

 

 

Sources :

 

  • Site des Gaullistes de France.
  • Site du Ministère des Armées.
  • Archives du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Site « Musée de la Résistance en ligne ».
  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Arthur Calmette, L’Organisation civile et militaire, Histoire d’un mouvement de Résistance de 1940 à 1946, Ed. PUF 1961.
  • Daniel Cordier, Jean Moulin, la République des Catacombes, Ed. Gallimard, 1999.
  • Guillaume Piketty, Organisation Civile et Militaire, dans le Dictionnaire historique de la Résistance, Ed. Robert Laffont, 2006.

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Publié le 11 Février 2018

Antony libéré !

Antony libéré !

C’était un jeudi. Ce 24 août 1944, Antony et ses 20 000 habitants sont libérés par la 2e Division Blindée (DB) du général Leclerc et l’appui de résistants antoniens. Une stèle du souvenir érigée au cours de l’été dernier leur rend hommage.

Elle fut la première unité alliée à entrer dans Paris, libérant la capitale le 25 août 1944. Mais la veille, c’est la ville d’Antony que la 2e DB du général Leclerc délivra de quatre années d’occupation allemande. Ce jeudi 24 août, en fin de matinée, la population entend les roulements de chars portant la Croix-de-Lorraine. Ce sont les Leclerc, des libérateurs français ! Ils pénètrent dans Antony par le sud, une colonne venant par la N20, l’autre par l’ancienne route de Chartres. Des tirs de rafales balaient les rues qui deviennent désertes. Mais la ville est rapidement libérée… à moitié toutefois, les soldats restant bloqués au niveau de la rue Auguste Mounié.

 

Un 88 fait barrage.

Place Croix-de-Berny, nœud routier stratégique, les Allemands ont installé un canon ravageur sur les blindés – un antiaérien de 88 – pointé sur la nationale. Au bout de plusieurs heures, décision est prise de le neutraliser par une manœuvre de flanc. Le capitaine Witasse et ses hommes sont guidés par des résistants antoniens parfaits connaisseurs du terrain, dont le policier Gaudry. Ils empruntent la rue Velpeau et remontent par l’ex-RN 186. Là, le char Sherman anéantit le canon 88 autour de 18 heures. De l’autre côté de la Croix-de-Berny, des résistants pénètrent dans le stade de l’US Métro et coupent les liaisons entre les Allemands quittant la Croix-de-Berny et ceux retranchés dans la prison de Fresnes.

 

L’appui des résistants locaux.

Le verrou de la Croix-de-Berny a sauté. Mais à l’entrée de Bourg-la-Reine, un autre canon 88 allemand détruit un char avant d’être mis hors d’état de nuire. Il est 19 h 30 quand le général Leclerc renonce à atteindre la capitale par la N20, itinéraire trop dangereux. Depuis l’actuelle rue Jean Moulin, il ordonne au capitaine Dronne de foncer vers Paris en passant « par où vous voudrez ». Ce sera par l’Haÿ-les-Roses. 150 hommes de la 2e DB atteindront la place de l‘Hôtel de ville à Paris vers 21 h 30…

Pendant ce temps, à Antony, soldats et habitants partagent la liberté recouvrée. Non sans morts. Trois hommes de la 2e DB sont tombés dans la ville. Les combats ont fait huit morts et quarante-deux blessés dans la population. L’aide de la résistance locale, conduite par Henri Lasson, aura été fort précieuse. Les résistants auront fait quelque 70 prisonniers durant cette journée. La stèle du souvenir inaugurée cet été au carrefour de la Croix-de-Berny, qui porte désormais le nom de place du Général De Gaulle, est un hommage à tous ces combattants de la liberté.

 

Sources :

 

  • Site de la ville d’Antony.
  • Archives de la Délégation générale des Hauts-de-Seine du Souvenir Français.
  • Encyclopédie Wikipédia.

 

La stèle.

La stèle.

Porte-drapeaux de Comités du Souvenir Français des Hauts-de-Seine. Congrès départemental à Antony en 2014.

Porte-drapeaux de Comités du Souvenir Français des Hauts-de-Seine. Congrès départemental à Antony en 2014.

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Publié le 17 Janvier 2018

1957 en Israël : Pierre Billotte inspecte la garde d’honneur.

1957 en Israël : Pierre Billotte inspecte la garde d’honneur.

Fils du général d'armée Gaston Billotte, tué accidentellement en mai 1940, Pierre Billotte est né le 8 mars 1906 à Paris. Au gré des affectations de son père, il effectue plusieurs séjours à l'étranger, en Pologne et en Syrie, avant de retourner en France et de suivre des études secondaires au collège Stanislas à Paris. Après des études de droit et de sciences, il entre à Saint-Cyr en 1926 et en sort sous-lieutenant (promotion Pol Lapeyre).

 

Affecté au 46e RI pendant deux ans, il est promu lieutenant en octobre 1930, et sert temporairement dans l'infanterie coloniale en Indochine jusqu'en avril 1932. De retour en métropole, il retourne au 46e RI avant d'être admis, à l'âge de 28 ans seulement, comme élève à l'Ecole supérieure de Guerre en 1934. Promu capitaine en décembre 1936, il est stagiaire à l'Etat-major puis, après la déclaration de guerre, affecté au Grand Quartier général.

 

En mars 1940 il est affecté, sur sa demande, à l'Ecole des chars de Versailles puis au Bataillon de chars n° 41 au sein duquel il commande, pendant la campagne de France, la 1ère Compagnie, équipée de chars B 1 bis. Il se distingue particulièrement le 16 mai 1940 en détruisant au canon plusieurs engins ennemis et en mettant les autres en fuite. Le 12 juin, lors d'une mission de sacrifice à Mourmelon, il lutte jusqu'au dernier char placé sous son commandement mais il est blessé à la tête et à la main et fait prisonnier. En 5 jours, il fait trois tentatives d'évasion, en vain.

 

Après plusieurs séjours à l'hôpital, il est interné à l'Oflag II D en Poméranie d'où il parvient à s'évader avec deux compagnons et à rejoindre l'URSS, le 1er février 1941. Considéré comme espions potentiels par les Soviétiques, ils sont jetés en prison à Kaunas avant de retrouver, en avril 1941, environ deux cent autres militaires français évadés d'Allemagne, regroupés dans un camp de prisonniers au sud de Moscou. Les Français s'organisent sous l'autorité du capitaine Billotte, qui est alors l'officier le plus gradé.

 

Les Français demandent à rejoindre la France libre et, en raison de l'agression allemande du 22 juin 1941, parviennent à convaincre les Soviétiques de leur faire gagner l'Angleterre. Le 30 août 1941, le capitaine Billotte embarque sur le Empress of Canada avec 185 camarades et rejoint, par Arkhangelsk et le Spitzberg, l'Angleterre, le 9 septembre 1941. Il signe son engagement dans les Forces françaises libres et est reçu par le général de Gaulle qui l'affecte, malgré son souhait de servir dans une unité combattante, à son Etat-major particulier, avec le grade de chef de bataillon.

 

Promu lieutenant-colonel en décembre 1941, il devient, en mai 1942, chef de l'Etat-major particulier du général de Gaulle. A ce titre il oriente l'action des FFL vers l'outre-mer et vers la résistance intérieure par l'intermédiaire du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) que commande le colonel Passy.

 

Promu colonel en décembre 1942, Pierre Billotte est nommé secrétaire du Comité militaire permanent puis du Comité de Défense nationale à Alger en mai 1943. A de nombreuses reprises, il accompagne le chef du Comité français de la Libération nationale (CFLN) dans ses voyages officiels, notamment aux Etats-Unis et en Italie.

 

Début juillet 1944, le général de Gaulle lui confie le commandement de la force expéditionnaire C destinée à être parachutée, à la mi-août, sur le Massif Central pour y mettre en œuvre le plan "Caïman". Il s'agit d'aider la résistance intérieure par un largage massif de troupes aéroportées et d'officiers chargés d'encadrer et de commander les FFI du centre de la France. Par suite du refus américain, l'opération est annulée. Pierre Billotte est alors nommé commandant en second de la 2e Division blindée du général Leclerc. Débarqué en Normandie le 7 août 1944, il reçoit le commandement de la Brigade blindée de la Division ainsi que le commandement du Groupement Tactique V (GTV). Avec le GTV, il surprend l'ennemi lors de la progression d'Alençon à Ecouché les 11 et 12 août 1944 avant d'être chargé de l'effort principal lors de la libération de Paris.

 

En septembre 1944, il est promu au grade de général de brigade et chargé de former la 10e Division d'infanterie (10e DI) avec des éléments des FFI et des FTP parisiens. Le 11 novembre 1944, à Paris, le général de Gaulle lui remet la Croix de la Libération.

 

En janvier 1945, avec sa division, il prend une part active à l'offensive d'ensemble menée par la 1ère Armée française dans les Vosges. Malgré des effectifs réduits et fatigués, il réussit, du 1er au 6 février 1945, le nettoyage de la poche des Vosges, contribuant avec éclat à la réussite de la manœuvre générale en Haute-Alsace.

 

Avec la 10e DI, il passe en Allemagne en mai 1945 occupe pendant plusieurs mois les fonctions de gouverneur de la Rhénanie Hesse Nassau. Chef d'Etat-major général adjoint de la Défense nationale en décembre 1945, Pierre Billotte est promu général de division en mars 1946. Au même moment, il est nommé chef de la Délégation française de l'Armée de Terre auprès du Comité d'Etat-major des Nations unies aux USA.

 

En janvier 1948, il est nommé chef de la Délégation française auprès du Comité d'Etat-major des Nations unies. En février 1950, il démissionne de son grade et, choisissant la carrière politique, est élu député RPF de la Côte d'Or (1951-1955).

 

Ministre de la Défense nationale et des Forces armées dans le cabinet Edgar Faure (1955-1956), il est élu député UNR-UDT de la Seine et nommé vice-président du groupe UNR à l'Assemblée nationale (1962-1966).

 

Président du Mouvement international de l'Union Atlantique de 1957 à 1966, il est également Directeur délégué de l'hebdomadaire Notre République (1963-1966). Pierre Billotte est de nouveau élu député de la Marne (mars-mai 1967) après avoir été nommé Ministre d'Etat chargé des Départements et Territoires d'Outre-mer dans le gouvernement Pompidou (1966-1968). Maire de Créteil (1965-1977), créateur du nouveau Créteil, il est réélu député RPR du Val-de-Marne (1968-1978). En 1977 il devient Président du Mouvement pour le Socialisme par la Participation.

 

Pierre Billotte est décédé le 29 juin 1992 à Boulogne, à l'hôpital Ambroise Paré. Les obsèques et l'inhumation ont eu lieu le 3 juillet en l'Eglise Saint-Christophe du vieux Créteil.

 

Décorations.

 

  • Grand Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 8 novembre 1944.
  • Croix de Guerre 39/45 (5 citations).
  • Médaille des Evadés.
  • Médaille des Blessés.
  • Médaille Commémorative des Services Volontaires dans la France Libre.
  • Médaille d'Or de l'Education Physique.
  • Chevalier du Dragon d'Annam.
  • Officier de la Légion of Merit (USA).
  • Croix de Guerre (Belgique).
  • Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc).
  • Commandeur du Nicham Iftikar (Tunisie).

 

Principales publications.

 

  • La Fatalité de la Défaite allemande, Londres 1941.
  • Le Temps du Choix, Robert Laffont, 1950.
  • L'Europe est née, Arthème Fayard, 1955.
  • Considérations Stratégiques, Larousse 1957.
  • Du pain sur la planche, Plon 1965.
  • Le Temps des Armes, Plon 1972.
  • Trente ans d'Humour avec de Gaulle, 1979.
  • Le Passé au futur, Stock, Paris 1979.

 

Ajout F. RIGNAULT – DGA SF 92 : notre camarade feu Gabriel Brandela, Président du Comité de Fontenay-aux-Roses du Souvenir Français, a été pendant de nombreuses années l’ordonnance du général Billotte.

 

 

 

© Ordre de la Libération.

 

 

Source :

 

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

Crédit photographique : Encyclopédie Wikipédia.

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Publié le 12 Janvier 2018

Ils sont morts pour la France, à Colombes, en aout 1944.

Un peu partout en Région parisienne des habitants et des Résistants sont tombés sous les balles ennemies au moment de la libération en 1944. Leur souvenir est évoqué chaque année au mois d’août et est, généralement, rappelé par des plaques apposées ici et là. Voici l’exemple de Colombes, raconté par Mme Chantal Barthélémy-Riuz :

 

« Le 20 août 1944, Gaston Goethals mourrait sous les balles allemandes. Il se trouvait avec un petit groupe rue Saint-Hilaire, près de l’ancien cinéma « Colombes Palace », situé à l’entrée de la rue Saint-Denis. Les Allemands tirèrent d’abord au canon sur la mairie, détruisant la verrière et endommageant l’escalier d’honneur. Peut être leur but était-il de délivrer certains des leurs qui avaient été enfermés par les Résistants du groupe Combat dans la mairie avant d’être transférés à Nanterre ; peut-être voulaient-ils, symboliquement, venger leurs camarades. Mais après la mairie, et se dirigeant vers le centre-ville, les soldats continuèrent de décharger leur colère sur tous ceux qui se hasardaient dans les rues. Ils aperçurent un groupe, ordonnèrent sa dispersion. Gaston Goethals n’obtempéra pas aux ordres. Ils l’abattirent.

 

On sait peu de choses sur Jean Geny, qui tomba le 21 août lors d’un mitraillage au carrefour des Quatre Routes, au Petit Colombes, dans un environnement où de nombreuses barricades avaient été dressées par les FTP (Francs-Tireurs Partisans). Depuis deux jours, le boulevard du havre, aujourd’hui boulevard Charles de Gaulle, constituait le principal axe de déplacement des armées allemandes en déroute. Pour ralentir les mouvements de l’ennemi, les résistants avaient semé des « crève-pneus », sur la chaussée. Ces clous à deux pointes, fabriqués spécialement, avaient la particularité de se présenter en toutes circonstances une pointe orientée vers le hait. Ils étaient si efficaces d’ailleurs que les Allemands avaient pris l’habitude de balayer la chaussée devant leurs convois. Pour échapper aux embuscades, ils tirèrent, faisant de nombreux blessés parmi les Résistants et un tué, Jean Geny.

 

D’Augustin Rilova, tué le 25 août, on est seulement assuré qu’il était chaudronnier et vivait rue des Champs Félix. Il était membre des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur). Il était sans doute, soit un Résistant isolé, soit un jeune qui venait de se rallier au mouvement de la libération. Il trouva la mort au Pont de Charlebourg, fauché par une rafale de mitraillette au passage des Allemands en retraite. Ceux-ci jetèrent son corps sur les voies de chemin de fer. Compte-tenu de son jeune âge, 18 ans, cette mort toucha beaucoup les Colombiens.

 

René Lege, jeune combattant volontaire de la Résistance, fut tué, à 23 ans, lors d’un combat contre les troupes allemandes, près du Pont-aqueduc, dit Pont de l’Usine des Eaux. Secrétaire des Jeunesses communistes de Colombes, il s’était engagé dès 1940 chez les FTP. Tourneur à l’usine « Société Mécanique de Précision », il participa à l’impression et la diffusion de publications clandestines. Il s’était en particulier mobilisé contre le STO. Un temps en Normandie, il revint en Région parisienne pour faire sauter la permanence de la Légion des Volontaires Français à la Garenne. Le 25 août 1944, René s’était placé en embuscade avec quelques hommes au Pont d’Argenteuil. Mais les nazis étaient très supérieurs en nombre et prirent rapidement le dessus sur les Résistants. Le lieutenant FTP ordonna la retraite. Repéré par l’ennemi, René Lege fut abattu.

 

Enfin, le jour de la libération de Colombes vit la mort d’André Sarre, gardien de la paix et membre des FFI. Né en 1914, André Sarre travaillait au commissariat de police de Colombes. Depuis le 21 août 1944, les administrations, dont le commissariat, étaient fermées. Ce 25 août, seuls circulaient les Allemands qui fuyaient la capitale. Avenue de Gennevilliers, trois jeunes hommes en civil sortant d’une traction s’opposèrent à deux Allemands en moto. Les Français étaient armés de révolvers, quand les Allemands de mitraillettes. Après quelques tirs, un des trois Français fut grièvement blessé ; c’était André Sarre, qui fut transporté à la clinique de la rue de la Gare, devenue depuis le siège du commissariat de police. André Sarre ne survécut pas à ses blessures."

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Archives photographiques de la Délégation générale du SF 92.
  • Site Internet du comité de Colombes du Modem.
  • Site Internet de Chantal Barthélémy-Riuz, conseillère municipale à Colombes.

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Publié le 24 Septembre 2017

Ils sont dix vivants.

Le colonel Fred Moore, Compagnon de la Libération et chancelier d’honneur de l’ordre de la Libération, est décédé à l'âge de 97 ans. Ce titre, créé par le général de Gaulle, a été décerné pendant et juste après la Seconde Guerre mondiale.

 

Sa disparition porte à dix le nombre de Compagnons de la Libération encore en vie, sur les 1.036 qui s'étaient engagés au côté de la France libre pendant l'Occupation allemande. Mais, l'Ordre a été exceptionnellement ouvert de nouveau par le général de Gaulle, qui a attribué la croix de la Libération à Winston Churchill (1958) et au Roi d'Angleterre George VI (1960), portant ainsi le nombre définitif des personnes titulaires à 1.038.

 

Pour information, parmi les Compagnons, 270 ont été nommés à titre posthume et 50, déjà Compagnons, sont morts au combat ou en service commandé avant la fin de la guerre. Un peu plus de 700 d'entre eux ont survécu à la guerre. Presque les trois quart des Compagnons de la Libération sont issus des rangs de la France libre et un quart des rangs de la Résistance intérieure.

 

Les dix derniers Compagnons vivants sont :

  • Guy Charmot.
  • Daniel Cordier.
  • Yves de Daruvar.
  • Victor Desmet.
  • Constant Engels.
  • Hubert Germain.
  • Jacques Hébert.
  • Claude Raoul-Duval.
  • Pierre Simonet.
  • Edgar Tupët-Thomé.
Fred Moore, au premier rang (manteau).

Fred Moore, au premier rang (manteau).

Fred Moore.

Né le 8 avril 1920 à Brest, Fred Moore avait été un des tout premiers à avoir répondu à l'Appel du général de Gaulle. Dès le 19 juin 1940 il avait quitté la France depuis Brest et atteint l'Angleterre le 1er juillet 1940, où il s'était engagé dans les Forces Françaises Libres. Il avait pris part à l'expédition de Dakar en septembre 1940 puis servi au Levant au sein d'une unité de Spahis marocains. Il avait débarqué en Normandie le 2 août 1944 avec la 2e division blindée du général Leclerc. Le 25 août 1944, lors de la libération de Paris, il avait pris une part active à la prise de l'Ecole Militaire. Il avait participé jusqu'en avril 1945 aux derniers combats.

 

Ils sont dix vivants.

Djamil Jacir.

L’Association des Familles des Parachutistes SAS de la France Libre a annoncé la mort du sergent-chef Djamil Jacir. Ce parachutiste de la France Libre est décédé à l’âge de 98 ans à l’Institution nationale des Invalides à Paris où il était pensionnaire depuis février 2013.

Djamil Jacir comptait parmi les derniers survivants des parachutistes SAS à avoir participé aux opérations aéroportées en Bretagne à l’été 1944 et à celle des Pays-Bas au printemps 1945. 

Djamil Jacir était né le 29 juillet 1919 à Paris (VIIe). Il s’engage dans l’armée de l’air en août 1939. Affecté au Levant, il rallie les Français Libres en septembre 1941 à Damas. Affecté aux Forces aériennes françaises libres (FAFL), il rejoint le 1er bataillon d’infanterie de l’air (BIA). Breveté Special air service (SAS) le 26 mai 1943 en Angleterre, il est alors intégré au 4e SAS qui deviendra le 2ème régiment de chasseurs parachutistes (RCP).

Le 5 août 1944, Djamil Jacir est déposé dans la région de Locoal-Mendon (Morbihan) par planeur avec deux autres SAS (Pierre Lacaze et Lucien Neuwirth) et une jeep dans le cadre de l’opération Spenser pour libérer la région. Au total, cette opération engage dix planeurs (chacun avec une jeep et trois SAS). Djamil Jacir est blessé par des éclats de mortier le 13 août 1944 lors des combats pour la libération de Nantes. Le 4 avril 1945, Djamil Jacir est parachuté dans la région d’Amherst (Pays-Bas), une opération qui réunit plusieurs centaines de SAS français.

 

Après la guerre, Djamil Jacir reprend sa profession de diamantaire et d’expert en pierres précieuses, devenant un spécialiste reconnu. Il portait à sa boutonnière l’insigne des SAS, une paire d'ailes en diamants.

Le sergent-chef Djamil Jacir était chevalier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du Mérite. Il était titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 1939-1945 avec cinq citations, dont deux à l’ordre de l’armée, de la médaille de la Résistance et de nombreuses décorations étrangères. Très impliqué dans les organisations d’anciens combattants, il avait fondé l’Association nationale des anciens parachutistes (Anap). Il avait été pendant de longues années commissaire au comité de la Flamme sous l’Arc de Triomphe.

 

Sources :

  • Clichés Alain Bétry.
  • Ordre de la Libération.
  • Journal Ouest France.
  • Journal Le parisien.
  • Institution des Invalides.
  • Site Internet RP Défense.

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Publié le 5 Août 2017

Gilbert Grandval lors d’une inauguration dans la région de la Sarre.

Gilbert Grandval lors d’une inauguration dans la région de la Sarre.

Biographie.

 

De souche alsacienne, Gilbert Hirsch-Ollendorff est né le 12 février 1904 à Paris. Il est, par sa mère, le petit-fils de l'éditeur parisien Paul Ollendorff.

 

Après des études au lycée Condorcet à Paris, il devient, à 23 ans, directeur commercial d'une importante entreprise de produits chimiques, filiale des Phosphates de Constantine. Pilote de tourisme, totalisant de nombreuses heures de vol, il est mobilisé en 1939 comme sous-lieutenant pilote.

 

Gilbert Hirsch-Ollendorff, dès les débuts de l'occupation, aidé par sa mobilité professionnelle, commence à collecter des informations et à participer à des filières d'évasion d'aviateurs alliés. En avril 1943, sous le nom de Grandval, il entre, par l'intermédiaire de Roger Cocteau, en contact étroit avec Jacques Lecompte-Boinet, fondateur en zone nord du mouvement Ceux de la Résistance (CDLR). Entré dans le mouvement, Gilbert Grandval recrute d'abord des effectifs pour CDLR. Le 6 août 1943, il est arrêté à Paris mais, faute de preuves, est relâché au bout de 48 heures. Il entre immédiatement dans la clandestinité et consacre dès lors tout son temps à la Résistance.

 

Fin novembre 1943, à la suite d'arrestations en cascade au sein de la direction de CDLR qui se trouve pratiquement décapité, Grandval, membre du comité directeur de CDLR, est choisi comme chef de la branche militaire du mouvement en remplacement de Pierre Arrighi. Au même moment le Conseil national de la Résistance (CNR) charge CDLR d'organiser la Résistance dans le Nord-est. Grandval va donc concentrer son action sur l'Est, la Région C, où CDLR est le mouvement le mieux implanté mais que Grandval connaît très mal.

 

Après l'armistice, l'Alsace et la Moselle ont été annexées par l'Allemagne tandis qu'une zone interdite, "couloir" protégeant la frontière, a été instaurée. Huit départements de l'Est de la France englobant l'essentiel de cette zone forment, pour la Résistance, la Région C. Parvenant à renouer les fils avec des adjoints de Pierre Arrighi, le chef régional Gilbert Grandval est mis en relation avec André Schock (Diagonale), délégué militaire de la Région C qui lui présente les membres du Bureau des Opérations aériennes (BOA) que dirige Michel Pichard  A Paris, affecté à l'Etat-major FFI, Gilbert Grandval rencontre fréquemment André Boulloche, délégué militaire de la Région P, et Rol, représentant FTP à l'Etat-major FFI. A leur contact, il acquiert une bonne connaissance des rouages de la résistance.

 

Devenu chef régional FFI de la Région C, Grandval, avec Shock, consacre ses efforts à la mise sur pied de son état-major et à la fusion des unités militaires des différents mouvements (Armée secrète, Franc-tireurs et Partisans, Organisation de Résistance de l'Armée) pour former les FFI. Il participe activement aux liaisons avec le BOA. Le contexte régional, la proximité de l'Allemagne, rend les actions très difficiles. En février 1944, sous le pseudonyme de Planète, il remplace André Schock arrêté le 28 janvier à Paris, cumulant ainsi, de façon unique dans l'histoire de la Résistance, les fonctions de chef régional des FFI et de délégué militaire régional. En mars 1944, il diffuse son "Instruction n°1" qui définit toute l'organisation régionale FFI : constitution de l'Etat-major, fédération sous son autorité de toutes les forces de la Résistance, coordination des actions, financement, liaisons, équipement, préparation de la réorganisation administrative une fois la région libérée.

 

En mai 1944, Grandval quitte définitivement Paris et installe son PC dans la Meuse, à Bethincourt. Il fait preuve de remarquables qualités d'organisateur en installant les chefs départements FFI et leurs états-major, développant les équipes d'action immédiate et en intensifiant les sabotages. Les effectifs militaires de la Région C sont de l'ordre de 30 000 hommes à l'été 1944 dont 2 500 maquisards mais assez pauvrement armés.

 

Avec son adjoint Jean Bertin, le colonel Grandval met en place l'application du "plan vert" destiné à détruire les voies de communication ferroviaires. Il installe également les autorités civiles (commissaire de la République, préfets) et les comités départementaux de libération. Il ajoute à ses fonctions celle d'officier d'opérations aériennes et, début juillet 1944, assure des opérations de parachutages de jour dans les Vosges. Il se déplace continuellement, généralement à bicyclette.

 

De retour à Nancy le 20 août 1944, Grandval y reste jusqu'à la libération de la ville le 15 septembre 1944. Il y accueille la 3e armée américaine et installe dans leurs fonctions le commissaire de la République, le préfet, le maire et le comité de libération. De juin à septembre 1944 plus de 1 000 câbles ont été échangés avec l'Etat-major du général Koening, commandant des FFI et on dénombre 700 sabotages ou action de guérilla dans la Région C. Le 20 septembre 1944 le colonel Grandval reçoit le commandement de la 20e Région militaire.

 

Gilbert Grandval, qui a obtenu de garder officiellement ce patronyme, est ensuite nommé dans la Sarre, d'abord comme gouverneur (1946-1948) puis successivement comme Haut-commissaire de la République (1948-1952) et comme Ambassadeur de France (1952-1955). Le 20 juin 1955, il est nommé résident général de France au Maroc mais opposé aux décisions gouvernementales, il démissionne en septembre.

 

Secrétaire général de la Marine marchande en septembre 1958, Gilbert Grandval, militant de l'Union démocratique du Travail (UDT) est nommé secrétaire d'Etat au commerce extérieur en avril 1962 puis ministre du Travail de mai 1962 à janvier 1966. En juillet 1966 il est nommé président de la Compagnie des Messageries maritimes jusqu'à sa retraite en 1972. Gaulliste de gauche, il est président de l'Union travailliste dès sa fondation en 1971.

 

Membre du Conseil de l'Ordre de la Légion d'Honneur et du Conseil de l’Ordre de la Libération. Gilbert Grandval est décédé le 29 novembre 1981 à Paris. Il est inhumé à Saint-Cloud.

 

Décorations

 

  • Grand Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 24 mars 1945.
  • Croix de Guerre 39/45.
  • Médaille de la Résistance avec rosette.
  • Officier des Palmes Académiques.
  • Commandeur du Mérite Maritime.
  • Legion of Merit (USA).
  • Grand Croix du Ouissam Alaouite (Maroc).
  • Grand Croix de l'Ordre National du Mérite (Cambodge).
  • Commandeur de l'Ordre National Malgache.

 

Publications

 

  • La Sarre. Déclaration de M. Gilbert Grandval, Paris 1955.
  • Ma mission au Maroc, Paris 1956.
  • Libération de l'Est de la France, Paris 1974 (avec Jean Collin).

 

 

 

 

Source :

 

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

 

Encyclopédie Wikipédia

 

 

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