temoignages-portraits - 1939-1945

Publié le 8 Avril 2016

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Ernest Gimpel de Vaucresson.

Ernest Gimpel est né le 5 août 1913 à Vaucresson en Seine-et-Oise.

Mobilisé le 1er septembre 1939, il est volontaire pour servir dans les chars et est incorporé au 11e dragons en novembre 1939 à Saumur. Chef de char, il participe à la campagne des Flandres en mai 1940 et à la campagne de France (Normandie, Loire, Dunkerque). Blessé le 24 juin 1940, il est hospitalisé à Niort puis interné. Le 1er août 1940, il s'évade de l'hôpital auxiliaire de Niort et, dès l'amélioration de ses blessures, il se rend en zone sud où il prend contact, au début de l'année 1941, avec le réseau de renseignements F 2.

En octobre 1941, il est arrêté à Marseille, enfermé au Fort Saint Nicolas et accusé d'atteinte à la Sûreté de l'Etat. Il est condamné en juin 1942 à 10 ans de Travaux Forcés mais par contumace, ayant réussi, entre-temps, à s'évader à la fin du mois de décembre 1941. A nouveau arrêté à Saint-Raphaël le 5 mars 1942, il s'évade de la gendarmerie au bout de quelques heures.

En septembre 1942, il est évacué sur l'Angleterre par une opération sous-marine et s'engage dans les Forces Françaises Libres. Affecté au Bureau Central de Renseignement et d'Action (BCRA), il est volontaire pour une nouvelle mission et est parachuté le 25 novembre 1943 comme adjoint au délégué militaire de la Région P (Paris), André Boulloche. Dès lors, il prend part à l'organisation paramilitaire de la Résistance.

Connu sous le nom de Charles Beauchamp dit "Cercle", il est arrêté avec son chef, le 12 janvier 1944, par la Gestapo ; vainement torturé, il est déporté en Allemagne après deux mois de détention à Compiègne le 27 avril 1944. Passé successivement par les camps d'Auschwitz et de Buchenwald il arrive au camp de concentration de Flossenburg le 25 mai 1944.

Libéré le 24 avril 1945 par l'avancée des troupes alliées, Ernest Gimpel est rapatrié en France, et affecté à la Direction Générale des Etudes et Recherches (DGER).

Il quitte l'Armée avec le grade de commandant et retourne à la vie civile. Installé en Angleterre, il s'y marie et y dirige jusqu'à sa mort une galerie de peinture de réputation internationale.

Ernest Gimpel est décédé de maladie le 26 janvier 1973 à Crettingham Woodbridge dans le Suffolk où il a été inhumé.

  • Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Compagnon de la Libération – Décret du 7 août 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 (3 citations).
  • King’s Medal for Courage (GB).

© Ordre de la Libération.

Source :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

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Publié le 28 Février 2016

Gabriel Péri.

Jeunesse.

Gabriel Péri nait le 9 février 1902 à Toulon dans le Var. D’origine corse, son père est comptable à la chambre de commerce de Marseille. Elève brillant, Gabriel entre au lycée Thiers et y obtient de nombreux prix, mais rate son baccalauréat du fait d’une tuberculeuse qui l’éloigne de la scolarité pendant plusieurs mois. D’ailleurs, sa mère est morte de cette maladie alors qu’il n’a que 5 ans.

Très tôt, Gabriel Péri est politiquement engagé. En 1917, âgé seulement de 15 ans, il adhère aux Jeunesses socialistes puis, en 1920, devient le secrétaire régional des Jeunesses communistes. Il est rapidement remarqué par la direction du parti qui lui confie le poste de responsable de la Fédération nationale des Jeunesses communistes (FNJC). En 1922, fort de ce nouveau titre, il effectue son premier voyage à Moscou.

Après avoir reçu pour mission de gérer le journal de la FNJC, Avant-garde, il devient chef de la rubrique internationale au journal L’humanité. Fonction qu’il exerce jusqu’en 1939, ne manquant jamais un instant pour dénoncer les régimes fascistes en Italie et nazi en Allemagne. En 1927, il épouse Mathilde Taurinva, qui deviendra député après la guerre.

Du Comité central du PCF à la députation.

Associé dès 1922 à la direction du Parti communiste français (PCF), Gabriel Péri est élu en 1924 au Comité directeur puis au Comité central en 1929. Il est clair qu’il fait partie du cercle restreint de celles et ceux qui dirigent le parti : Marcel Cachin, Louis Sellier, Henri Raynaud, Pierre Semard, Maurice Thorez, Paul Vaillant-Couturier.

En 1928, il se présente aux élections législatives et affronte dans la 2e circonscription du Var (Toulon) le socialiste Pierre Renaudel, qui emporte largement la victoire ; de même, deux années plus tard, il est devancé à Marseille lors d’une législative partielle. En 1932, il est candidat du PCF aux législatives dans l’arrondissement de Versailles. En dépit d’un premier tour où il est en ballotage défavorable, il réussit à s’imposer au second et devient député Seine-et-Oise. Il est l’un des douze élus communistes de la nouvelle législature.

En 1936, Gabriel Péri est facilement réélu. Victor Dupouy, maire d’Argenteuil, est son suppléant. Les deux hommes ont bénéficié largement de la victoire de la gauche aux municipales de 1935 au cours desquelles le PCF a entouré Paris, à l’est comme à l’ouest d’une « ceinture rouge ».

Alors qu’il avait été membre de la Commission de l’Enseignement à la Chambre des Députés en 1932, il est élu vice-président de la Commission des Affaires étrangères en 1936. Il y déploie une grande activité et, du fait de ses talents d’orateur, il devient l’un des députés les plus écoutés. Après les accords de Munich en 1938, il déclare : « Vous avez accompli quelque chose de plus grave, vous avez tué cet élément de la force des démocraties, la confiance des peuples. Vous venez de démontrer au monde qu’il était imprudent et dangereux de l’être l’ami de la France… ».

La Seconde Guerre mondiale.

Gabriel Péri fait partie des parlementaires communistes surpris et retournés par la signature du pacte germano-soviétique de 1939. Pour autant, tout à son antifascisme il se refuse à quitter le PCF et continue à militer.

Alors qu’il est en attente de sa mobilisation, comme d’autres représentants du parti il est recherché par la police. En effet, depuis septembre 1939 et l’approbation du pacte fameux par la direction du PCF, sur ordre du président du Conseil, Edouard Daladier, le parti est interdit. Sa direction se réfugie en Belgique et Maurice Thorez fait le voyage de Moscou. Quant à Gabriel Péri, il entre en clandestinité. Il est alors jugé par contumace et condamné à cinq ans de prison.

Replié dans un appartement du 19e arrondissement de Paris, il poursuit la publication d’articles dans L’humanité, maintenant clandestine. Mais cette vie de planque et d’actions ne dure pas : le 18 mai 1941, il est arrêté. Son adresse a peut-être été donnée par des camarades communistes qui ne sont pas sur la même ligne politique que celle suivie par Péri, ou qui ont échangé des informations contre leurs propres libérations. Ainsi, le rapport des Renseignements généraux indique : « Gabriel Péri est arrêté à la porte Champerret, probablement dénoncé par un camarade. Bien qu’ayant pris ses distances avec le PC depuis le pacte germano-soviétique ». Stéphane Courtois, historien du communisme, ajoute : « Il est vrai que l’arrestation conjointe de Péri et de Jean Catelas, privait la tendance nationaliste de son porte-parole en la personne de Péri et faisait disparaître un témoin très au courant des tractations de juin 1940 entre le Parti et les Allemands en la personne de Catelas. Elle privait le Parti de deux cadres de très grande valeur. Mais ce n’aurait pas été la première fois qu’un Parti communiste aurait sacrifié pour les besoins de la dite « cause » des responsables trop brillants, trop indépendants ou trop compromis ».

Le Gouvernement de Vichy lui fait savoir qu’il est prêt à discuter avec lui. Mais au même moment, le leader historique du Parti est lui aussi arrêté par la gestapo. Il s’agit de Marcel Cachin. Il signe alors une longue déclaration où il rappelle son combat pour l’amitié franco-allemande et condamne les attentats communistes contre les occupants. Transféré à la prison du Cherche-Midi à Paris, Gabriel Péri est considéré par les Allemands comme otage, et donc de ce fait susceptible d’être fusillé en réponse à un attentat individuel qui mène le Parti communiste.

Et comme le 21 août 1941, dans le métro parisien, le militant communiste Pierre Georges (futur Colonel Fabien) assassine un militaire allemand, alors la Gestapo fait fusiller 27 détenus de la prison de Châteaubriant le 22 octobre 1941 (dont Guy Moquet) et 75 de la prison du Cherche-Midi le 15 décembre 1941. L’exécution se déroule au Mont-Valérien otages sur la commune du Suresnes. Ce jour-là, parmi les fusillés se trouve également Lucien Sampaix, directeur de L’Humanité.

Gabriel Péri : « Que mes amis sachent que je suis resté fidèle à l’idéal de ma vie ; que mes compatriotes sachent que je vais mourir pour que vive la France. Je fais une dernière fois mon examen de conscience. J’irais dans la même voie si j’avais à recommencer ma vie. Je crois toujours en cette nuit que mon cher Paul Vaillant-Couturier avait raison de dire que le communisme est la jeunesse du monde et qu’il prépare des « lendemains qui chantent ». Je vais préparer tout à l’heure des lendemains qui chantent ».

Sources :

  • Stéphane Courtois, Le PCF dans la guerre, Ramsay, 1980.
  • Annie Kriegel, Les communistes français, Le Seuil, 1968.
  • Alexandre Courban, Gabriel Péri ; un homme politique, un député, un journaliste, Paris, La Dispute, 2011.
  • Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, Paris.
  • Pauline Talens-Péri, Moi, Pauline, fille de Gabriel Péri, la bâtarde du PC, Editions de l’Ixcéa, 2005.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larrouse.

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Publié le 9 Décembre 2015

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Paul Jourdier de Neuilly.

Biographie.

Paul Jourdier est né le 20 octobre 1907 à Nevers dans la Nièvre. Son père, officier d'active, a été tué en 1914, tout comme un de ses frères en 1918.

Il entre à Saint-Cyr (promotion « Maroc et Syrie ») en 1925 et en sort en 1927 pour faire carrière dans la cavalerie. Il est nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1927. A sa sortie de l'Ecole d'Application de Cavalerie, il est affecté en 1928 au 12e régiment de chasseurs.

Le 1er octobre 1929, il est promu lieutenant et se porte volontaire pour le Maroc qu'il rejoint le 18 février 1930. Avec le 27e escadron d'automitrailleuses de cavalerie, et le 1er régiment étranger de cavalerie où il effectue un bref détachement en 1931, il participe jusqu'en août 1932 aux combats de pacification au sud de l'Atlas au cours desquels il est cité à l'Ordre de l'Armée.

A son retour en France, il sert successivement au 9e régiment de cuirassiers à Lyon et au 4e régiment de spahis marocains à Senlis. Il propose alors une méthode de tir des canons antichars pour laquelle il reçoit un témoignage de satisfaction ministériel.

En avril 1938, il est affecté à sa demande aux Troupes du Levant et rejoint le 8e groupe d'automitrailleuses à Damas. Il est promu capitaine le 25 mars 1939. Le 15 avril 1939, il prend le commandement du 1er escadron du 1er régiment de spahis marocains (1er RSM) qui stationne à Beyrouth. Lors de l'armistice de juin 1940, son escadron fait partie d'un groupe de reconnaissance en manœuvre dans le sud Liban.

Le 30 juin 1940, refusant l'armistice, et sans avoir connaissance de l'appel du général de Gaulle, il franchit la frontière de Palestine entraînant derrière lui les volontaires de son escadron pour rejoindre les Britanniques. L'escadron de Spahis du capitaine Jourdier, renforcé par des volontaires venus d'Egypte et du Levant, rejoint la 5e division indienne au Soudan, à la frontière de l'Erythrée, où il prend position le 9 décembre 1940. Dès le lendemain, l'escadron de spahis, rattaché à un Bataillon du 4e marhattes puis du 10e beloutches, entreprend quotidiennement des patrouilles de reconnaissance à cheval dans les lignes italiennes.

Le 2 janvier 1941, à Umbrega, Paul Jourdier engage le combat avec son escadron contre un parti italien plusieurs fois supérieur en nombre à qui il inflige de lourdes pertes. Lors de ce combat, les spahis livrent la dernière charge au sabre de la cavalerie française et apportent à la France Libre son premier succès terrestre face à l'ennemi. Le 18 janvier 1941, à Om Ager, l'escadron Jourdier combat à nouveau avec succès face à un ennemi bien supérieur en nombre en accomplissant une mission de reconnaissance décisive dans la préparation de l'offensive britannique vers Keren déclenchée le lendemain.

Paul Jourdier est promu chef d'escadrons le 25 février 1941. L'escadron de spahis, augmenté de renforts, devient le 1er groupe d'escadrons de spahis. Le 20 mai 1941 le chef d'escadrons Jourdier rejoint avec le 1er escadron de spahis, commandé par le capitaine de Villoutreys la 1e division légère française libre au camp de Qastina en Palestine. Au début de la campagne de Syrie où le 1er escadron de spahis subit de lourdes pertes, il commande l'avant garde du groupement Tcherkess du colonel Collet, puis, le 19 juin 1941, prend le commandement de ce groupement jusqu'à l'armistice de Saint Jean d'Acre.

Les spahis sont alors réorganisés en plusieurs escadrons dans un groupe de reconnaissance (GRCA) formé par Paul Jourdier. Au printemps 1942, dotés de moyens disparates, ils participent à la campagne de Libye au sein de la 8e armée britannique. Le GRCA est alors scindé en deux groupes de reconnaissance (GR) autonomes.

Cette décision, conforme aux pratiques britanniques limitant la reconnaissance à la seule recherche du renseignement, va à l'encontre des conceptions de Paul Jourdier. Pour lui, comme il l'a montré depuis les premiers engagements en Erythrée, les missions de reconnaissance ont pour but la recherche du contact avec l'ennemi et leur efficacité repose sur la capacité à concentrer des moyens puissants sous un même commandement. Aussi, durant tout l'été 1942, dans la situation dramatique créée par l'avancée ennemie jusqu'à 200 kilomètres du Nil, déploie-t-il inlassablement son énergie pour équiper les spahis en matériels modernes dont il fait renforcer l'armement, les rassembler et les organiser en un régiment de reconnaissance à deux escadrons d'automitrailleuses et un escadron d'autocanons.

Il permet ainsi à la France Libre de disposer de son premier régiment blindé qui prend le nom de 1er régiment de marche de spahis marocain (1er RMSM). Paul Jourdier quitte le commandement de ses spahis le 23 septembre 1942, veille de la création de ce régiment, dont deux escadrons prendront part, le mois suivant, à la bataille d'El Alamein.

Il prend alors le commandement du groupe d'escadrons légers nord Syrie à Alep. De novembre 1943 à juin 1945, il est chef du cabinet militaire du Résident Général de France en Tunisie.

Ensuite, promu lieutenant-colonel le 25 juin 1945, il est attaché militaire près l'ambassade de France aux Pays-Bas jusqu'en 1947, avant de prendre le commandement du 5e régiment de chasseurs d'Afrique à Maison Carrée (Alger) en 1948 et 1949. Affecté successivement à l'Etat-major de l'Inspection des Forces Terrestres, Maritimes et Aériennes d'Afrique du Nord, au bureau de garnison d'Alger et, à partir de septembre 1955, à l'Etat-major de la subdivision militaire de Paris, il termine sa carrière active en 1961.

Il laisse à ceux qui ont servi sous ses ordres le souvenir d'un chef ferme et décidé, jamais pris de court par les événements, accordant à ses subordonnés le maximum d'initiatives et les couvrant chaque fois qu'ils en faisaient preuve.

Paul Jourdier est décédé le 2 avril 1995 à Neuilly sur Seine. Il a été inhumé au cimetière de Verneuil (Nièvre).

Décorations.

  • Officier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération – décret du 1er février 1941.
  • Croix de Guerre 39-45 avec palme.
  • Croix de Guerre des TOE avec palme.
  • Croix du Combattant.
  • Médaille Coloniale avec agrafes "Maroc", "Sahara", "Erythrée", "Libye".
  • Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et Maintien de l'Ordre en AFN.
  • Mention in a Despatch (GB) .
  • Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc).
  • Officier d'Orange Nassau (Pays-Bas).
  • Commandeur du Nicham Iftikhar.

© Ordre de la Libération.

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Publié le 28 Octobre 2015

Jean Combette : "J'avais 18 ans en 1944".

Le général Jean Combette vient de nous quitter à l’âge de 90 ans. Grand Croix de la Légion d’honneur, Président d’Honneur du Comité de la Flamme sous l’Arc-de-Triomphe, Jean Combette avait été de tous les combats depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’en Algérie, et bien entendu en passant par la Guerre d’Indochine.

Saint-Cyrien, élève de l’Ecole d’Application de l’arme blindée et cavalerie, Jean Combette avait commandé le 1er régiment de hussards parachutistes, avait été Chef d’état-major de la 4e région militaire, commandant la 3e division blindée et les forces françaises à Fribourg en Allemagne, et Chef de cabinet du secrétaire d’Etat à la Défense.

Connu pour ses engagements patriotiques, son sens du Devoir et les actions de mémoire, il intervenait régulièrement dans les établissements scolaires pour exprimer son patriotisme. Voici le texte qu’il avait écrit pour l’association « Union des Gaullistes de France » :

« J'avais dix-huit ans en 1944

Les temps étaient sombres, l'ombre du nazisme planait sur la France, la guerre était partout, le chant des partisans résonnait déjà au fond de nos cœurs, mais chaque jour apportait son lot de peines et de morts. Et pourtant, nous croyions en l'avenir, nos regards se tournaient vers des jours meilleurs. Nous croyions en la victoire et nous nous engagions pour la mériter.

Vous avez dix-huit ans en 2015

Les temps ont changé. Il vous appartient maintenant de relever les défis de votre époque et de vous associer aux forces vives de la Nation pour construire votre avenir.

Le général de Gaulle écrivait dans ses mémoires d'espoir: " La France vient du fond des âges, elle vit, les siècles l'appellent mais elle demeure elle-même au long des temps. Ainsi le temps, les siècles, l'histoire ne modifient en rien l'être ou la personne nationale qui revêt un caractère constant, qui fait dépendre de leur père les Français de chaque époque en les engageants pour leurs descendants! ".

A votre tour, soyez des acteurs de l'histoire de notre temps en étant des citoyens actifs et responsables, non pas en faisant la guerre, mais en vivant pleinement votre quotidien. Rendez hommage à vos anciens qui ont combattu pour votre liberté et à l'instar de ces jeunes athlètes des championnats d'Europe, luttez pour arriver premier et faire honneur à votre pays.

Vous avez chacun un métier, une tâche à accomplir, une mission. Le jeune résistant que j'étais, étais ce que vous êtes et croyait au destin de son pays. Il ne m'appartient pas, alors que le temps des adieux est arrivé, c'est le lot commun, de vous donner une leçon. Vivez avec le souci de vous retrouver dans la cohorte des citoyens actifs, heureux d'être ce que vous êtes et de participer au destin de notre France.

Nous vous faisons confiance et un soir, donnons-nous rendez-vous sous l'Arc de Triomphe pour rendre hommage à tous ceux qui, quel que soit leur combat ou leur origine, qui sont morts pour notre Liberté et pour signer, en communion avec toute la Nation, en ravivant cette Flamme allumée en 1923 par nos anciens de 1914-1918, un message d'espérance pour un monde de Paix et de Fraternité ».

Général de Corps d'Armée Jean COMBETTE

Copyright – Site de l’Union des Gaullistes de France.

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Publié le 24 Août 2015

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Jacques Baumel de Rueil-Malmaison.

Jeunesse à Marseille – La Résistance.

Fils de médecin, Jacques Baumel est né à Marseille le 6 mars 1918. Après des études au lycée Thiers, il entre à la faculté de médecine de Marseille. C’est alors qu’il est mobilisé, à la déclaration de la guerre, en tant que de médecin lieutenant auxiliaire. Il est affecté successivement à Montpellier et Toulon puis, après l’armistice, à un régiment de chasseurs près de Cannes.

Jacques Baumel tente de rejoindre Londres au cours de l’été 1940 et se fait engager comme médecin intérimaire de bord sur une compagnie maritime ce qui lui permet de gagner Alger. Ne trouvant pas de filière d’évasion, il rentre en France et décide d’y rester et d’agir sur place. Démobilisé début 1941, il reprend ses études de médecine à l’hôpital. Il fait la rencontre de Maurice Chevance et d’Henry Frenay, chef du Mouvement de Libération Nationale (MLN), futur mouvement Combat. Chargé de la diffusion du journal Vérités pour Marseille, il participe à la réunion constitutive de Combat pour la région R2 (Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches du Rhône, Gard et Vaucluse). Il est alors chargé de la branche ROP (Recrutement / Organisation / Propagande) pour la région sud-est aux côtés du responsable militaire Henri Aubry, avec Bertin (Maurice Chevance) comme chef de région et il entre au Comité directeur de Combat.

Se couvrant de ses fonctions médicales, il multiplie les contacts avec les groupes Combat de Nice, Toulon, d’Avignon, des Hautes Alpes et Basses Alpes. Il assiste, entre autres, à une réunion générale des responsables de toutes les régions de zone sud, à Yenne, en Savoie, convoquée pour coordonner l’action de Combat sur la zone sud. Au moment de l’occupation totale de la zone sud, Jacques Baumel est désigné comme secrétaire politique de Combat et, comme tel, est chargé des questions civiles et administratives. A ce titre, il voyage constamment pour rencontrer les responsables de Combat, pressentis pour de futurs postes administratifs.

Début 1943, au moment de la constitution des Mouvements Unis de la Résistance (MUR), fusion de Combat, Libération et Franc-Tireur, il est désigné comme secrétaire général des MUR et est chargé de mettre à exécution les décisions du Comité directeur qui se réunit clandestinement deux fois par semaine. Il a également la responsabilité de superviser les services généraux du Mouvement, c’est-à-dire le service trésorier, le service social, le service « faux-papiers » et les liaisons, ce qui l’amène à prendre des contacts étroits avec la délégation zone sud du Comité de Londres et notamment avec « Max » (Jean Moulin) et Pierre Lambert.

En août 1943, les MUR s’installant à Paris, il est désigné comme secrétaire du Comité directeur et chargé plus spécialement des contacts politiques avec les autres mouvements de Résistance et la délégation générale, ce qui l’amène à multiplier ses rendez-vous avec différentes personnalités du monde politique et résistant. A l’automne 1943, il est désigné par le délégué du CFLN, Jacques Bingen, au poste de secrétaire du Comité Central des Mouvements de Résistance, en remplacement du titulaire récemment arrêté.

Jacques Baumel créé alors un service de coordination et de liaison avec quelques collaborateurs, service chargé des relations entre les Mouvements de Résistance nord et sud et les Commissions spécialisées du Comité central, c’est-à-dire le CAD (Comité Anti-déportation) avec Yves Farge, le Commission Service de santé avec le professeur Vallery-Radot, la Commission Ravitaillement avec Minet, le Commission Noyautage des administrations publiques (NAP), etc. En 1944, il est l’élément de liaison entre le MLN (Mouvement de Libération Nationale qui a remplacé les MUR) dont il reste secrétaire du Comité directeur, et la délégation du gouvernement.

Quelques semaines avant le débarquement, Jacques Baumel est chargé d’accompagner l’exécutif zone sud du MLN en vue de mettre en état cette zone en cas de débarquement par le sud. Il parcourt alors diverses villes de zone sud (Toulouse) avec Pascal Copeau et Marcel Degliame (dit « Fouché »), puis, au moment de l’arrestation de « Reclus » (Jacques Bingen), délégué général, à la mi-mai 1944, il est chargé provisoirement de la délégation zone sud avec Pierre Lambert. Après la désignation par Londres du nouveau délégué général, Jacques Maillet, Jacques Baumel reste à Lyon jusqu’au débarquement en Provence au mois d’août 1944 pour assurer la liaison entre les mouvements de Résistance et la délégation. Il passe ensuite dans la zone contrôlée par le maquis et accompagne le délégué du gouvernement, Claude Serreulles à Clermont et à Limoges récemment libérées. Il gagne Paris au début septembre pour prendre le secrétariat du MLN. Nommé au Comité directeur du MLN, il est désigné comme secrétaire général le 13 novembre 1944.

Carrière politique nationale.

Après la Libération, Jacques Baumel entreprend une carrière politique. Membre de l’Assemblée consultative provisoire (1944-1945), il est élu député de la Moselle à la première Assemblée nationale constituante en 1945, puis député de la Creuse à la seconde Assemblée nationale constituante en 1946 ; il préside la groupe UDSR (Union Démocratique et Socialiste de la Résistance – mouvement créé par René Pleven et François Mitterrand).

Le 10 novembre 1946, il n’est pas réélu dans la Creuse qui envoie à l’Assemblée nationale deux députés communistes et un député socialiste. La liste du Rassemblement des gauches qu’il conduit ne recueille que 16.096 voix sur 89.065 suffrages exprimés. Dès l’hiver 1946, Jacques Baumel entame avec Jacques Soustelle une campagne de recrutement parmi les gaullistes. Il contribue à ce que l’UDSR autorise ses membres à adhérer individuellement au RPF (Rassemblement du Peuple Français), fondé le 7 avril 1947 à Strasbourg. Adjoint de Jacques Soustelle, secrétaire général du RFP, il en est le délégué général pour la Région parisienne en 1950 et se consacre à l’organisation professionnelle et aux groupes sociaux. Secrétaire général du groupement des patrons intéressés par la réforme des relations dans l’entreprise, il mène aussi une activité de publiciste, dirigeant notamment l’hebdomadaire Terre des Hommes et le Panorama du Monde et des Sciences.

Sénateur de 1959 à 1967, il devient l’un des adjoints des secrétaires généraux de l’Union pour la Nouvelle République (UNR). Il se rend aux Etats-Unis pour suivre la campagne de John Fitzgerald Kennedy en 1960. Il accède au secrétariat général du mouvement gaulliste le 7 décembre 1962 après le succès remporté par l’UNR-UDT en novembre et assume cette fonction jusqu’au 19 janvier 1968 où il est remplacé par Robert Poujade (ce dernier est alors député de la Côte d’Or). Il est élu lors des neuf élections à l’Assemblée nationale dès 1967 et siège au Palais Bourbon jusqu’en 2002, tour à tour membre de l’Union pour une Nouvelle République (UNR), de l’Union pour la Défense de République (UDR) et du Rassemblement pour la République (RPR).

A Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine et en Europe !

Jacques Baumel est secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas du 20 juin 1969 au 5 juillet 1972. Maire de Rueil-Malmaison, « une ville de province aux portes de Paris » selon son expression, de 1971 à 2004, il est à l’origine de Rueil 2000 (aujourd’hui Rueil-sur-Seine – un des 12 villages de Rueil-Malmaison, comme Buzenval ou Les Coteaux). Il pratique une politique active dans tous les domaines, à commencer par celui des jumelages (19 en tout) et favorise l’implantation de sièges sociaux d’importantes entreprises (Heineken, Unilever, Astra Zeneca, Vinci…).

Il préside le Conseil général des Hauts-de-Seine pendant neuf ans de 1970 à 1973 puis de 1976 à 1982. Au niveau européen, il représente le Parlement français à l’Assemblée de l’Union de l’Europe occidentale et à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Jacques Baumel meurt le 17 février 2006 et repose au cimetière du petit village de Fourneville dans le Calvados.

Publications.

  • Une certaine idée de la France, éditions Vaugirard, 1985.
  • La France et sa Défense, éditions des Forges, 1994.
  • Résister, Histoire secrète des années d'occupation, Albin Michel, 1999.
  • De Gaulle, l'exil intérieur, Albin Michel, 2001.
  • La Liberté guidait nos pas, Plan, 2004.
  • La Libération de la France, édition l'Archipel, 2004.
  • Un tragique malentendu. De Gaulle et l'Algérie, Plon, 2006.

Décorations.

  • Compagnon de la Libération.
  • Officier dans l’ordre national de la Légion d’honneur.
  • Croix de Guerre 39-45.
  • Médaille de la Résistance.

Sources :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

Encyclopédie Wikipédia.

Site du Sénat – www.senat.fr

Site de l’Assemblée nationale – www.assemblee-nationale.fr

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Publié le 26 Juillet 2015

Le Révérend Père Corentin Cloarec, mort pour la France.

Jeunesse – Etudes – Première Guerre mondiale.

Jean-Marie Cloarec nait le 30 mars 1894 à Saint-Sauveur dans le nord du Finistère, pays des Abers et de l’Iroise. Ses parents sont cultivateurs. Troisième enfant d’une fratrie de quatre, il fait des études secondaires au collège de Saint-Pol-de-Léon puis entre au grand séminaire de Quimper en octobre 1913.

Alors qu’il est toujours séminariste, Jean-Marie Cloarec est mobilisé en novembre 1914 et rejoint il rejoint le 118e RI. Il participe aux batailles sur la Somme puis en Champagne en 1915. C’est là qu’il est blessé, le 25 septembre 1915, à Perthes-les-Hurlus. Rétabli, il retourne au front en février 1916, alors que la bataille de Verdun fait rage. Porté disparu, il est en fait prisonnier des Allemands et emmené en Allemagne. Il restera détenu au camp de Rennbahn (près de Munster) jusqu’en 1918.

Retour au grand séminaire de Quimper.

En 1919, Jean-Marie Cloarec reprend ses études au grand séminaire de Quimper et demande à entrer dans l’ordre des Frères mineurs. Il devient alors Corentin Cloarec.

Il fait son noviciat au couvent d’Amiens puis rejoint le scolasticat de Mons-en-Barœul dans le Nord. Il est ordonné prêtre le 2 juillet 1925 à Notre Dame de Paris. Devenu le père Corentin Cloarec, il enseigne au petit séminaire de Fontenay-sous-Bois puis au couvent de Saint-Brieuc, entre 1927 et 1937. A cette date, il est rappelé à Paris pour être vicaire du couvent Saint-François de Paris et responsable régional du Tiers-ordre franciscain.

La Seconde Guerre mondiale.

Mobilisé en 1940, le père Cloarec est affecté à un dépôt à Brest. Il ne participe pas aux combats de la Campagne de France mais refusant d’être prisonnier des Allemands qui arrivent en Bretagne au cours de l’été 1940, il se réfugie au couvent Saint-François de Paris, rue Marie-Rose dans le 14e arrondissement.

Peu après son arrivée, il prend contact avec des groupes de résistants, et notamment le mouvement « Ceux de la Libération ». Il est également en contact avec des gendarmes pour obtenir des faux-papiers à celles et ceux qui le sollicitent pour partir en Espagne. Deux années plus tard, il commence sa collaboration avec le mouvement de résistance Vercingétorix. A cette occasion il retrouve l’un de ses anciens condisciples du dépôt de Brest, Yves Massié. Comme il retrouve également Jean Teissier de Marguerittes, franciscain, qu’il héberge en 1943 au couvent Saint-François de Paris.

L’endroit devient peu à peu le repère – le refuge – d’un bon nombre de résistants et les réunions permettent aux lieutenants FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) de la Région parisienne d’exposer et de partager les ordres reçus du colonel Henri Rol-Tanguy, chef des FFI pour toute l’Ile de France.

Mais des tels agissements, de telles réunions finissent pas être découverts par la Gestapo. Des membres des réseaux régulièrement reçus au couvent sont arrêtés et torturés par la police politique allemande. Le 28 juin 1944, celle-ci dépêche deux jeunes français dont la mission consiste à se rendre au couvent et rencontrer le père Cloarec. Se faisant passer pour des résistants, ils y sont reçus et, à peine le temps d’entamer la conversation, ils tirent sur le religieux.

Le père Cloarec est atteint de plusieurs balles. Il parvient à se refugier dans le cloître du couvent, mais poursuivi, il est de nouveau atteint de plusieurs balles. Transporté dans une clinique toute proche, le père Corentin Cloarec meurt en déclarant : J’offre ma vie pour mes frères et pour le pays.

Hommages.

Dès l’annonce de l’assassinat du père Cloarec, c’est la consternation. Près de 30.000 personnes défilent devant sa dépouille entre le 29 juin et le 3 juillet 1944, date des obsèques, présidées par un évêque auxiliaire de Paris, Monseigneur Touzé.

En août 1944, le conseil de Paris décide de baptiser « Père Corentin » la rue qui longe le couvent Saint-François de Paris. L’année suivante, les municipalités de Courbevoie et de Bois-Colombes baptisent elles-aussi des rues du nom du révérend père.

Le 28 juin 2014, en l’honneur du 70e anniversaire de sa mort, une conférence a été organisée au couvent Saint-François et un ouvrage a été publié aux Editions Franciscaines. Il s’intitule : Le Père Corentin – Franciscain et résistant ».

Sources :

Sites Wikipedia, Larousse.

Site de la Résistance en ligne : www.museedelaresistanceenligne.org

HJ Rochereau, Le Séminaire Notre Dame de la Merci, Paris, Tequi, 1919.

Archives de la ville de Courbevoie

Journal de Marche et des Opérations du 118e RI

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Publié le 27 Juin 2015

Conseil de guerre à Bir-Hakeim avant la bataille (Copyright ECPAD).

Conseil de guerre à Bir-Hakeim avant la bataille (Copyright ECPAD).

Biographie.

 

Emile Bellet est né le 20 juin 1911 à Boulogne d’un père mécanicien et d’une mère blanchisseuse.

Il s’engage dans l’armée, à Nevers, et choisi l’arme de l’infanterie de marine.

Il sert au 24e régiment d’infanterie coloniale (24e RIC) à Tripoli au moment de l’armistice de 1940. Le 27 juin, dès que le général Mittlehauser dépose les armes en Syrie, il refuse l’armistice et passe en Palestine avec le capitaine Folliot et les volontaires de sa compagnie, à l’aide de faux ordres de mission.

Rassemblée au camp de Moascar (Egypte), la compagnie Folliot, équipée et armée par les Anglais, est rejointe en juillet par les 350 hommes du 3e bataillon du 24e RIC emmenés par le capitaine Lorotte en provenance de Chypre. Ils forment ensemble le 1er Bataillon d’infanterie de marine, 1er BIM, première unité française libre à reprendre le combat.

Emile Bellet participe ainsi à la 1ère campagne de Libye avec les Britanniques contre les Italiens. Il est toujours volontaire pour les patrouilles de renseignements dans les lignes ennemies. Alors qu’il est détaché sous les ordres du sergent Delsol auprès de l’artillerie britannique, il parcourt, dans le cadre d’une mission, 25 km à pied dans la nuit pour chercher du secours pour ses camarades blessés dans un champ de mine.

Le 3 janvier 1941, il est blessé à l’attaque du camp d’aviation de Bardia. Dirigé sur un hôpital britannique, il rejoint son unité le 21 février 1941. Il prend part ensuite à la campagne de Syrie en juin 1941 puis, avec la 1ère Brigade française libre du général Koenig, à la campagne de Libye.

Au cours d’une mission de liaison près de Bir-Hakeim, Emile Bellet est mitraillé à bord de son véhicule par des avions ennemis et meurt de ses blessures à Bir-Hakeim le 13 avril 1942. Il est inhumé sur place. Après la guerre, son corps est transféré au cimetière de Tobrouk.

 

 

Décorations.

  • Compagnon de la Libération – décret du 7 mars 1941.
  • Croix de Guerre 39-45.

 

© Ordre de la Libération.

 

Source :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

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Publié le 24 Mai 2015

Marie-José Chombart de Lauwe (Copyright Le JDD).

Marie-José Chombart de Lauwe (Copyright Le JDD).

Elle se tient par terre, au milieu des fleurs de son jardin d’Antony. « M’asseoir dans l’herbe m’a beaucoup aidé au retour des camps, glisse la vieille dame. Là-bas, le moindre brin d’herbe, on l’arrachait pour le dévorer ».

 

A la voir se relever d’un bond, s’accroupir pour attraper un dossier, dérouler sans faiblir le fil de sa mémoire sans céder à l’émotion, en tenant droit ses grands yeux clairs dans les vôtres, difficile de croire que cette nonagénaire a survécu à l’enfer nazi. Marie-José Chombart de Lauwe fut déportée à Ravensbrück en même temps que Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle, qui entreront au Panthéon le 27 mai et dont un livre fait revive l’engagement (Dialogues, aux Editions Plon). Dans ses mémoires qui sortent ce mois aux Editions Flammarion, document bouleversant de sincérité, le matricule 21706 raconte l’horreur nue des camps, et pourtant ses pages prennent parfois des accents d’hymne à la vie.

 

Yvette, ou plutôt Marie-José (son deuxième prénom) Wilborts avait 17 ans, vivait une existence pour le moins sans histoire autour de son « royaume d’enfance », l’île de Bréhat, en Bretagne, quand elle entra en résistance, en 1940, en suivant  un engrenage familial. Avec un religieux, Jean-Baptiste Legeay – qui sera décapité à Cologne, en 1943, à 46 ans – sa mère, Suzanne Wilborts, sous le nom de « Sidonie Gibbons », rallie son mari – qui ne survivra pas à Buchenwald – et ses filles. Ce réseau informel se structure grâce au soutien de l’Intelligence Service, mais finit par imploser, dynamité par le contre-espionnage allemand. Le 22 mai 1943, « Marie-Jo » est arrêtée par la Gestapo.

 

Elle est déportée pendant près de deux ans. Une barbarie que Marie-José Chombart de Lauwe décrit presque au jour le jour. Car elle a tout noté quelques mois après son retour. Les exécutions, les souffrances, les humiliations, tout est consigné sur un cahier d’écolier. Il ne manque aucun détail, comme ce jour où les SS réveillent leurs prisonnières au milieu de la nuit, en hiver, pour « désinfecter le camp ». « Deux heures durant, entassées nues les unes contre les autres, nous attendons, témoigne la survivante. Puis on nous asperge de la tête aux pieds d’une sorte de pétrole huileux. On nous donne une chemise, une culotte, une robe de toile et une veste. On nous jette dehors alors qu’il gèle ». Le Mal distille son venin au quotidien. En interdisant aux travailleuses, par exemple, de quitter la chaîne de production pour aller aux WC hors de heures réglementaires ; or toutes souffrent de dysenterie. « Nous nous tordons sur place et attendant la pause ou l’accident, se souvient-elle. C’est un supplice et une humiliation ». Mais tout cela n’est rien par rapport à la Kinderzimmer, la nurserie du camp à laquelle le matricule 21706 sera affecté et qui reste une blessure à vif – ce passage du récit est insoutenable.

 

De retour des camps, « Marie-Jo » rencontre Paul-Henry Chombart de Lauwe, qui, aux commandes de son Spitfire, appuya le débarquement en Italie et en Provence, puis devint l’un des plus grands ethnologues du CNRS. Ensemble, ils auront quatre enfants. Ensemble, ils s’engageront, dans le sillage de Témoignage Chrétien, contre l’Algérie française et l’OAS.

 

Depuis la disparition de Paul-Henry, en 1998, Marie-José poursuit la lutte seule, multipliant les conférences dans les écoles, s’engageant pour la protection de l’enfance et contre l’extrême droite, dont elle surveille les moindres faits et gestes. La vieille dame ne baissera jamais la garde. Jamais.

 

Jérôme Cordelier

© Le Point

 

 

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Publié le 15 Mai 2015

Jean-Louis Crémieux-Brilhac (Copyright Paris Match).

Jean-Louis Crémieux-Brilhac (Copyright Paris Match).

Né le 22 janvier 1917 à Colombes, Jean-Louis Crémieux-Brilhac est mort à Paris le 8 avril 2015.

 

Cour des Invalides, le 15 avril 2015, discours de François Hollande, président de la République :

 

« Nous sommes rassemblés ici, autour du cercueil de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, parce que c'était un grand Français, disparu après une longue vie mise au service de la République, qui lui avait d'ailleurs décerné, avant qu’il ne meure, la Grand Croix de la Légion d’Honneur. 

Jean-Louis Crémieux-Brilhac était un homme de devoir, il l’avait montré. C’était un homme de savoir, il le démontrait. Avec le temps, il était devenu un homme de mémoire. 

De son époque, longue, il avait tout vu, tout vécu, tout connu : le premier et le second Conflit mondial ; les camps de prisonniers allemands et les prisons soviétiques ; à 20 ans, il avait rencontré André Malraux et Stefan Zweig ; à 30 ans, il avait servi le Général de Gaulle à Londres ; à 40 ans, il avait suivi Pierre Mendès-France au pouvoir. Jusqu’à la fin de sa vie, il continuait d’écrire l’Histoire, après l’avoir faite. 

Jean-Louis Crémieux était un enfant de la République, c'est ainsi qu’il se définissait lui-même. Dans sa famille, on était républicain, évidemment, et citoyen, passionnément. Son père était un professeur, mais c’était aussi un ancien combattant de la Grande guerre. Il avait emmené son fils, Jean-Louis, aux obsèques d’Anatole France et du Maréchal Foch, comme pour réconcilier la France. 

Adolescent, il a vu la montée des périls et la France s’enfoncer dans ses querelles. De son éducation, il avait retenu qu’il n’y avait rien de plus digne que de servir la collectivité, et c'est cette passion civique qui l’aura finalement guidé tout au long de son existence. 

Il se destinait à devenir historien, et c'est l’Histoire qui l’a rattrapé. En 1940, il est mobilisé, il se bat avec courage lors de la campagne de France, mais il n’a pas le temps, pas le temps de sauver son pays. Il voit le spectacle de l’effondrement, de l’abaissement, et c'est cette situation éprouvante qu’il a voulu comprendre, pour en déchiffrer les raisons. 

Il a dénoncé tant de fois cette France anémiée, divisée, rongée par le défaitisme et la tentation de l’extrême. Il en avait tiré une conviction, elle était simple : c'est lorsque la France doute d’elle-même, lorsqu’elle se renferme, lorsqu’elle se referme, qu’elle cesse de se projeter, que la France cesse d’être la France. 

En pleine débâcle, lui, il avait tenu sa position. Ensuite, prisonnier en Allemagne, puis retenu en Russie, il parvint à rejoindre Londres, après un périple de plus de huit mois, avec 185 autres Français. Ils furent pour le Général de Gaulle, à Londres, l’un des plus importants renforts depuis les hommes de l’île de Sein. 

Libre et Français, Jean-Louis Crémieux l’avait toujours été. A Londres, il devint Crémieux-Brilhac. Brilhac, un pseudonyme qu’il avait choisi, en souvenir de la rue où, en mars 1940, il avait vécu les premières semaines de son mariage avec sa femme Monique. 

Pour parler de la France libre, Jean-Louis Crémieux-Brilhac aimait à emprunter les mots de Stendhal sur l’armée d’Italie de 1796. « On n’y eut pas trouvé 30 000 hommes, ayant plus de 30 ans. J’ajouterais, disait-il, une parole imprudente : ils n’étaient pas des gens du monde. » C’était la France des volontaires venus à Londres et aussi de l’Afrique, ces 30 000 volontaires de l’Empire qui formaient la moitié des troupes du général de Gaulle. C'est cette France-là que Jean-Louis Crémieux-Brilhac a voulu sortir de l’oubli, lorsqu’il a publié 1 500 pages de l’histoire de la France libre. 

Il a montré comment le Général de Gaulle a constitué cette utopie combattante « avec des bouts d’allumettes ». Il a raconté comment elle est devenue cet élan fantastique insufflé dans le corps rompu de la France. Il a rappelé qu’elle fut aussi une extraordinaire régénération politique, la matrice où la République s'est réinventée à la Libération plus sociale et plus démocratique. 

Dans cette petite République fraternelle de la France libre, Jean-Louis Crémieux-Brilhac était le responsable de la propagande. Il écoutait les émissions de l’ennemi, il recevait les nouvelles du front, et les rediffusait vers la France occupée. 

Tous les mois, il rédigeait un bulletin à l’intention de Rex, le chef de la Délégation générale clandestine. Longtemps, il a ignoré qui était Rex et qui se cachait derrière ce pseudonyme, pour découvrir ensuite qu’il s’agissait de Jean Moulin. 

En février 1944, il écrivit un article qui dénonçait l’extermination de trois millions de juifs d’Europe de l’Est « dans des chambres asphyxiantes ». Il fut hélas l’un des premiers à alerter. Lorsque le jour du débarquement est venu, il eut cet honneur de rédiger les messages de la BBC, à l’intention de l’opinion française. 

Dans cette période exaltante qui marqua sa vie, il considéra qu’il n’avait qu’un regret, celui de ne pas avoir connu la clandestinité. Il aurait dû en effet être parachuté sur le maquis de l’Ain, à l’été 1944, avec deux officiers, l’un américain et l’autre anglais. L’Anglais ne s’était pas présenté à l’heure, et le rendez-vous fut manqué, et il dut attendre Paris libéré pour participer à son tour à la libération de notre pays. 

La guerre terminée, Jean-Louis Crémieux-Brilhac devint fonctionnaire, avec une belle idée : promouvoir et diffuser le savoir. Il imagina alors en 1945 la Documentation française, pour que la reconstruction du pays se fasse aussi par la connaissance. Il voulait une maison d’édition de service public, créée pour donner aux citoyens, des faits, des chiffres, des analyses, des outils de compréhension sur les grandes questions, économiques, sociales, diplomatiques, politiques. 

Il voulait créer un instrument d’information, de transparence, de réflexion, pour une République moderne. Il ne s’agissait plus de propagande comme sous la France libre, il s’agissait de connaissances, de savoir, d’information. 

Il s’attacha à cette maison de la Documentation française, pendant plus de 30 ans. Il en fut le dirigeant. Il l’a modernisée, informatisée, représentée. Pour toute une génération de responsables publics, de fonctionnaires, dont je suis, il a été l’âme de la Documentation Française, celui qui a porté cette volonté inédite de l’Etat de s’ouvrir aux débats publics et d’aider à la compréhension du monde. 

L’homme qui incarnait à ses yeux cette République moderne, transparente, exigeante, savante, c’était Pierre Mendès-France. Jean-Louis Crémieux-Brilhac fut auprès de Pierre Mendès-France celui qui définit la stratégie publique pour la recherche en France. Il pensait que ce qui faisait la force de la France, c’étaient ses savants, c'était la science, c’était cette capacité à découvrir. 

Il travailla pour promouvoir cette belle idée du progrès, à travers l’Association d’étude pour l’expansion de la recherche scientifique. Il le fit avec Jacques Monod, le futur prix Nobel. Cette association était originale : elle était composée d’industriels, de chercheurs, de syndicalistes. Elle était placée sous le haut patronage de Pierre Mendès-France et fut un aiguillon pour les pouvoirs publics. 

Jean-Louis Crémieux-Brilhac en fut le secrétaire général, et à ce titre, il fut associé, tout au long de la Vème République, avec le Général de Gaulle, puis Georges Pompidou, aux grandes réformes scientifiques : la création de la Délégation générale de la recherche scientifique, la modernisation des universités, le développement de secteurs jusqu’à lors délaissés comme la biologie, les recherches médicales, l’agronomie. Tout cela est dû aussi à la promotion de la science dont Jean-Louis Crémieux-Brilhac fut un des acteurs. 

En 1986, il prit sa retraite du Conseil d’Etat, et s’ouvrit pour lui une nouvelle carrière, celle dont il avait rêvé, jeune : historien. Historien parce qu’il voulait expliquer, chercher, comprendre, éclairer le présent en cherchant dans le passé ce qui avait pu nous encombrer, nous entraver ou au contraire, nous élever. 

Il revint régulièrement sur « les Français de l’an 40 ». Il y a consacré huit ans de sa vie, et il ne voulait, pour être exhaustif, pour n’oublier personne, aucun fait, aucun visage, il voulait accomplir ce travail, en mémoire de ses frères d’armes de la France libre. Il voulait aussi tout montrer. C'est ainsi que Crémieux-Brilhac, à la fin de sa vie, fut aussi producteur de documents, réalisateurs de documentaires audiovisuels, toujours avec cette même passion : ressusciter l’Histoire et mobiliser les générations d’aujourd'hui, pour qu’elles soient à la hauteur des précédentes. 

Il s’attachait aussi à des personnages qu’il avait lui-même connus. En 2010, il publia une biographie de Georges Boris. Georges Boris, une grande figure républicaine, qu’il avait connu à Londres, et qui avait successivement servi Léon Blum, Charles de Gaulle et Pierre Mendès-France. C'est pour ce livre consacré à Georges Boris son ami qu’il obtint la récompense qui lui toucha davantage le cœur que l’esprit. C’était le prix d’Histoire du Sénat, parce que ce prix avait une valeur particulière pour lui, c’était la reconnaissance par les historiens, de son travail d’historien. 

Aujourd'hui, Jean-Louis Crémieux-Brilhac est dans l’Histoire. Nous sommes autour de lui, dans cette Cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides, où il a accompagné lui-même tant de Français libres, tant de compagnons de lutte. 

Le 10 avril 2012, j’y étais, c'est lui qui prononçait l’éloge funèbre, ici, de Raymond Aubrac. Le 7 mars 2013, c'est lui aussi qui prononça le discours en hommage à Stéphane Hessel. A chaque fois, c’était le même mot qui revenait dans sa bouche, celui de fraternité. La fraternité d’âme des derniers témoins, de ceux « qui connaissent tellement plus de morts que de vivants ». 

Au moment de dire adieu à son ami Raymond Aubrac, Jean-Louis Crémieux-Brilhac avait retrouvé les derniers mots de la Complainte du partisan, d’Emmanuel d'Astier de La Vigerie : « Hier encore nous étions trois / Il ne reste plus que moi / Et je tourne en rond / Dans les prisons des frontières / Le souffle sur les tombes / La liberté reviendra / On nous oubliera / Nous rentrerons dans l’ombre ». 

Jean-Louis Crémieux-Brilhac ne rentrera pas dans l’ombre, parce qu’il était une lumière. Jean-Louis Crémieux-Brilhac avait connu tant d’événements, avait connu tant de personnages, avait connu trois Républiques et quinze présidents. Il en avait gardé comme une forme de détachement, et en même temps d’engagement. 

Dans sa vie, longue, il s’était fait un devoir, qui se résumait dans cette belle phrase, que je laisse à la méditation des plus jeunes : « Quand on habite la patrie des Droits de l’Homme, on a une responsabilité, celle de l’engagement ». 

Jean-Louis Crémieux-Brilhac s’est engagé tout au long de sa vie, et c'est ce message-là, ce message de l’engagement, qu’il nous laisse aujourd'hui, et que nous entendons encore ».

 

© Présidence de la République française

 

 

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Publié le 7 Mai 2015

Les Compagnons de la Libération des Hauts-de-Seine : Bernard Saint-Hillier de Vanves.

Biographie.

Fils de colonel d’infanterie, Bernard Saint-Hillier est né le 29 décembre 1911 à Dôle dans le Jura.

Après des études secondaires au lycée Michelet à Vanves, puis au Prytanée militaire de La Flèche, il entre à Saint-Cyr en 1931. Il en sort deux années plus tard, sous-lieutenant, et est affecté au 11e bataillon de chasseurs alpins. Lieutenant en 1935, il entre à la Légion étrangère en 1938, au 1er régiment étranger d’infanterie.

En avril – mai 1940, il participe, avec la 13e demi-brigade la Légion étrangère (13e DBLE) à l’expédition de Narvik, en Norvège, pour y déloger les Allemands et couper la fameuse route de l’acier en provenance de Suède. Bernard Saint-Hillier est blessé d’un éclat de bombe à l’occasion de cette opération.

Avec son unité, il est évacué vers l’Angleterre et il s’engage le 1er juillet 1940 dans les Forces Françaises Libres (FFL) sous le nom de Jean de Vienne. Capitaine en août 1940, il prend part à l’expédition de Dakar, où il doit renoncer à débarquer et rebrousser chemin après que les navires des Forces Navales Françaises Libres eurent essuyé les tirs des Français de la garnison de cette ville restée fidèle au maréchal Pétain et au régime de Vichy. Mais il finit par débarquer au Cameroun et, avec la Brigade française d’Orient, prend part aux combats en Erythrée contre les Italiens. Le 26 mars 1941, il fait 80 prisonniers. En avril, lors de la prise de Massaoua, il réussit, par une habile manœuvre, à faire encore plus de 150 prisonniers.

Il remplace par intérim le colonel Koenig comme chef d’Etat-major de la Brigade.

Adjoint du chef de bataillon Amilakvari, commandant le 1er BLE, pendant la campagne de Syrie, il participe brillamment, en Lybie, à la défense de Bir-Hakeim. (mai – juin 1942). Au cours de la bataille d’El Alamein, les 23 et 24 octobre 1942, il se signale par sa bravoure au moment de la prise temporaire de la position de l’Himeimat. Le 4 novembre 1942, il est blessé par une mine alors qu’il effectue une reconnaissance sur la cote 101 et qu’il règle des mouvements de canons antichars.

Après le campagne de Tunisie, en juin 1943, Bernard Saint-Hillier reçoit les galons de chef de bataillon. Nommé chef d’Etat-major de la 1ère Division française libre sous les ordres du général Brosset en septembre 1943, il débarque en Italie en avril 1944, puis en France, à Cavalaire, le 16 août 1944.

Après la remontée de la vallée du Rhône, à la tête de ses légionnaires, il libère Ronchamp. Il est de nouveau blessé par un éclat d’obus devant Belfort le 4 octobre et assure le commandement de la 1ère DFL entre la mort du général Brosset et la désignation du général Garbay pendant l’offensive au nord de Belfort. Promu lieutenant-colonel à trente-trois ans, le 5 décembre 1944, neuf fois cité et quatre fois blessé, Bernard Saint-Hillier prend, le 25 mars 1945, le commandement de la 13e DBLE et termine la guerre dans le sud des Alpes, au massif de l’Authion.

En 1946, il est affecté au Secrétariat général du Ministère des Armées avant de suivre les cours de l’Ecole supérieure de guerre et du Cours supérieurs interarmées (1947-1948). En poste à l’Etat-major général des Forces armées (1949), promu au grade de colonel (1951), il est affecté au Collège de défense de l’OTAN (1952) puis au commandement du 18e régiment parachutiste.

De 1954 à 1955, Bernard Saint-Hillier commande le Groupement aéroporté n°1 en Indochine.

Chef d’Etat-major à l’Inspection générale de l’Infanterie en 1956, il sert à l’Etat-major de Londres pour la préparation de l’expédition d’Egypte (Suez) à laquelle il prend part. En 1957, il se trouve au Centre des hautes Etudes militaires (CHEM) puis à l’Institut des Hautes Etudes de Défense nationale (IHEDN).

En 1958, il chef d’Etat-major du Corps d’Armée de Constantine avant de recevoir ses étoiles de général de brigade en 1959. Chef de cabinet du Ministre des Armées, il reçoit en mai 1960 le commandement de la 10e Division parachutiste en Algérie. Il est arrêté par les mutins au moment du putsch d’avril 1961 et interné à In Salah.

Représentant militaire français auprès du Commandement suprême allié en Europe (1962-1968), le général Saint-Hillier est promu général de division (1965) et reçoit la charge de l’Inspection technique du Personnel des Réserves de l’Armée de Terre (1966-1968). Général de corps d’armée en 1968, il commande alors la 3e Région militaire à Rennes jusqu’en 1971 et est membre titulaire du Conseil supérieur de la Guerre (1968-1971). Le 30 avril 1990, à Aubagne, à l’occasion de l’anniversaire de la Légion (Camerone), il a l’honneur d’être choisi pour porter la main du capitaine Danjou. Président de l’Amicale de la 1ère Division française libre, il est l’auteur de nombreux articles et ouvrage historiques.

Bernard Saint-Hillier est décédé le 28 juillet 2004 à Paris. Il est inhumé à Vanves dans les Hauts-de-Seine.

Décorations.

  • Grand Croix de la Légion d’Honneur.
  • Compagnon de la Libération – décret du 27 mai 1943.
  • Croix de Guerre 39-45 (9 citations).
  • Croix de la Valeur militaire (2 citations).
  • Médaille de la Résistance.
  • Croix du Combattant 39-45.
  • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance.
  • Médaille Coloniale avec agrafes « Erythrée », « Libye », « Bir-Hakeim », « Tunisie ».
  • Médaille de l’Aéronautique.
  • Médaille Commémorative 39-45.
  • Médaille des Blessés.
  • Distinguished Service Order (Royaume-Uni).
  • Croix de Guerre (Norvège).
  • Croix de Guerre (Brésil).
  • Grand Officier de l’Etoile d’Anjouan.
  • Commandeur du Nicham Iftikar.
  • Commandeur de l’Etoile Noire (Bénin).

Publications.

  • De Byzance à Byzance par l’atome, Berger-Levrault, Paris 1957.
  • Bir-Hakeim 1942. Sur les traces de la première légion romaine, ECPA, 1992.
  • Le cinquantenaire de Bir-Hakeim, 26 mai 1942-11 juin 1942, Délégation à la Mémoire et à l’information historique, paris 1992.
  • Les premiers soldats du général de Gaulle, Editions La Bruyère, Paris 2000.
  • Les Soutiers de la Gloire, Ed. Le Publieur, Paris 2004.

© Ordre de la Libération.

Source :

Musée de l’Ordre de la Libération et site : www.ordredelaliberation.fr

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