temoignages-portraits - 1939-1945

Publié le 17 Octobre 2010

Pedot - Plaques commémo.

Plaque de l'Amicale laïque Victore Hugo - Kléber à La Madeleine (Nord - copyright plaques-commemoratives.org) 

 

 

Monsieur et Madame Bourdon, de Puteaux, nous ont transmis un texte très émouvant. Il s’agit d’une lettre de leur oncle. Une lettre écrite par Edmond Pedot, quelques minutes avant son exécution pour faits de résistance, le 18 juin 1944. Terrible anniversaire pour l’Appel du général de Gaulle.

 

« Le 18 juin 1944, à 5h30 du soir.

 

Chers parents, sœurs, frères et amis,

 

Cette lettre qui sera la dernière que vous recevrez est écrite de la prison d’Arras, d’une main ferme.

 

Je viens d’être condamné avec 20 camarades à la peine de mort. Nous serons fusillés à 19 heures, ne vous en faites pas, c’est en vrais Français que nous y serons et sans trembler. Nous sommes tous victimes d’un lâche qui, j’espère, ne fera pas long feu après guerre.

 

Enfin, Maman, Papa, Paulette, Robert, Yvonne, Fernand et à tous mes Frères, je demande que vous ne vous en faites pas pour ça et excusez-moi du chagrin que je vous cause involontairement mais, quand plus tard vous sortirez, sortez la tête haute, car j’ai fait mon Devoir jusqu’au bout. Je n’ai même pas voulu implorer nos juges. Une chose nous console tous, c’est que bientôt vous serez heureux et que nous serons tombés pour la bonne cause. Si jamais on vous parle de moi, ce sera toujours pour vous dire du bien. Vous aurez des nouvelles par la suite. Encore une fois, pardonnez-moi !

 

Je vais terminer en vous souhaitant d’être heureux tous, Papa, Maman, Paulette, Yvonne, Georges, Henri et Robert, Fernand, sans oublier tous les amis. Je vous dis « Au Revoir »…

 

Je tombe avec mes copains pour la cause du général de Gaulle. Vive de Gaulle ! Vive la Libération ! Vive la France LIBEREE !

 

Votre fils Edmond. »

 

 

Edmond Pedot avait 19 ans et il était commandant des FTP de l’arrondissement de Béthune. Plus tard, quand le pays se fut libéré, des funérailles civiles furent organisées le dimanche 1er octobre 1944 dans la commune de La Madeleine, près de Lille.

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Publié le 13 Juin 2010

Neuilly mairie

 

Les Forces Françaises de l’Intérieur.

 

Les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) ont activement participé à la libération de la France en 1944, et de nombreuses communes comportent des plaques commémorant le sacrifice d’une ou plusieurs personnes ayant combattu au sein de ses rangs. Il n’est pas vain, soixante six années après, de rappeler ce que furent les FFI.

 

Il s’agit du nom donné en 1944 – la date de la fusion généralement retenue est le 23 décembre 1943 – à l’ensemble des groupements militaires clandestins qui s’étaient constitués pendant l’Occupation. Parmi ces groupements, on peut citer : l’Armée secrète, les Francs tireurs partisans (FTP), l’Organisation de résistance de l’armée…

 

L’Armée Secrète, créée en 1942, est un regroupement de résistants français. Cette organisation est issue du rassemblement des mouvements Combat, Libération-Sud et Franc Tireur. L’ORA (Organisation de résistance de l’armée), créée à la suite de l’invasion de la Zone Libre par la Wehrmacht en novembre 1942, est une organisation apolitique, formée principalement d’anciens militaires, souvent en provenance de l’Armée d’armistice (elle-même créée après la défaite de la France, comme unité militaire pour la Zone Libre). Les FTP représentent un mouvement de résistance armée, conçu par le Parti communiste français, à la fin de 1941, quand Hitler décide d’attaquer l’URSS (depuis 1939 et le Pacte germano-soviétique, le PCF est interdit). A ces mouvements, il convient d’ajouter le Conseil national de la Résistance (CNR) qui, à partir de 1943, sous l’impulsion de Jean Moulin, est l’organe qui dirige et coordonne les mouvements suivants : Front national ; Ceux de la Libération ; Libération-Sud ; Libération-Nord ; Ceux de la Résistance ; Organisation civile et militaire ; Franc Tireur.

 

En 1944, le COMAC (Comité d’action militaire) est constitué : il regroupe des représentants de la résistance intérieure (le CNR) et de la France Combattante – force extérieure, dont le bras armé est appelé, jusqu’en 1943, Forces Françaises Libres, avant de devenir l’Armée française de libération. Au sein de cette dernière organisation, le Gouvernement Provisoire de la République française, dirigé depuis Alger par le général de Gaulle, a nommé des représentants : un Délégué militaire national (en août 1944, il s’agit de Jacques Chaban-Delmas), secondé pour la Zone Nord par André Rondenay et Maurice Bourgès-Maunoury pour la Zone Sud.

 

Tous les mouvements armés implantés en France vont donc se regrouper pour engendrer les FFI. Reconstituer l’organigramme des FFI n’est pas chose aisée, tant les dissensions entre les différentes mouvances pouvaient être parfois importantes (dans de nombreuses régions la fusion ne se fera pas).

 

Il n’empêche qu’en avril 1944, un Etat-major est créé et à sa tête est nommé le général Marie-Pierre Koenig. Comme sur l’ensemble du territoire, un représentant militaire est nommé pour l’Ile-de-France. Il s’agit du colonel Henri Rol-Tanguy, ancien ouvrier métallurgiste, militant communiste et FTP. Son rôle est déterminant au moment de la libération de Paris.

 

Dans ses mémoires, le général américain Eisenhower indique : « l’aide apportée par les FFI fut estimée à l’équivalent de quinze divisions régulières ».

 

 

La prise de la mairie de Neuilly-sur-Seine par les FFI.

 

A Neuilly-sur-Seine, avant l’arrivée des troupes alliées – qui se trouvent à quelques dizaines de kilomètres – de jeunes FFI vont prendre d’assaut le commissariat et la mairie. Il s’agit pour eux de libérer ces symboles de la République, souillés pendant quatre années par l’envahisseur allemand et les collaborateurs du régime de Vichy. Cette attaque, comme beaucoup d’autres, est plus ou moins préparée. Les FFI cherchent avant tout à montrer leur présence, leur envie d’achever au plus vite l’occupation et ils veulent également exposer à la fois aux forces alliées et au peuple français que le pays peut aussi se libérer par lui-même. L’affaire a été, entre autres, remarquablement contée par Gilles Primout sur son site dédié à la Libération de Paris.

 

Donc, au matin du 19 août 1944, deux soldats allemands sont arrêtés par un groupe de FFI. Ils sont emmenés au commissariat pour être interrogés et emprisonnés. L’enthousiasme s’empare des insurgés : un drapeau est hissé ; on chante la Marseillaise, la mairie est prise d’assaut. Mais Neuilly n’est pas une ville comme les autres : c’est certainement l’une de celles où se trouvent le plus de garnisons allemandes. Moins de deux heures après l’arrestation, un officier allemand envoie un groupe de sept soldats et un sous-officier pour récupérer les prisonniers. Il n’a pas mesuré la volonté des Français. A l’injonction de rendre les deux militaires, les FFI répondent par un tir nourri de fusils et de mitraillettes. Les sept fantassins et le sous-officier sont tués sur le coup. L’officier allemand se retire, allant chercher du renfort. Le commandant FFI Caillette sent l’imminence du danger. Il exhorte les FFI à fuir avant le retour des Allemands et le déclenchement des vraies hostilités.

 

Appuyés par des chars d’assaut et des groupes de mitrailleuses, les soldats de la Wehrmacht, aidés de près de trois cents SS, préparent leur retour. Le colonel allemand Hans Jay coordonne le combat. Par avance, en militaire aguerri, il connaît l’issue fatale pour les jeunes Français. Un gardien de la paix, nommé Régnier, habitant Neuilly, téléphone à la Préfecture de police : « Les FFI occupent l’intérieur de la mairie et le commissariat. Ils sont cernés par les Allemands avec des chars d’assaut. Plusieurs patriotes ont réussi à s’enfuir par les égouts mais une grande partie se trouve encore à l’intérieur. Le tir continue… ».

 

Effectivement, de nombreux FFI parviennent à se sauver. Mais il en est qui restent. Par miracle, ils ne seront pas fusillés mais envoyés au Mont Valérien puis, par la chance ou le destin, seront échangés deux jours plus tard contre des prisonniers allemands.

 

Au moment de leur entrée dans les salles de la mairie, les Allemands relèvent douze tués et près d’une soixantaine de blessés. Avant d’être fauché par une balle, un jeune FFI a eut juste le temps d’écrire sur une colonne (l’inscription a été conservée) : « Souvenir du Groupe Liberté. Honneur à nos morts et blessés. Vive la France ».

 

 

 

 

Sources :

 

- Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.

- André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.

- Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

- Site de « la Libération de Paris » par Gilles Primout.

- Site « Plaques commémorative » de François Tanniou.

- Le général Leclerc et sa deuxième DB, par Dominique Forget, Ed. Hemdal.

- Les enjeux de la Libération, par Christine Levisse-Touzé, Ed. Albin Michel.

- Dictionnaire historique de la Résistance, dirigé par François Marcot, Ed. Robert Laffont.

- Les FTP, par Charles Tillon, Ed. Julliard.

 

 

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Publié le 10 Juin 2010

FTP et FFI : Robert Marchand de Fontenay-aux-Roses.

 

 Du congrès de Tours au Pacte germano-soviétique.

Créé au congrès de Tours en 1920, issu pour la majorité de ses adhérents de la Section Française de l’International Ouvrier, le parti communiste (qui prendra par la suite le nom de Parti communiste français – PCF) se proclame de son « grand frère » russe : bolchévique, révolutionnaire, avec pour maîtres mots la discipline et le suivi des directives émises par la majorité (centralisme démocratique). Ces éléments sont d’importance et permettent de comprendre comment le parti a pu mettre au point, pendant la Seconde Guerre mondiale, une unité militaire.

 

Partant à la conquête de la classe ouvrière, le parti est de tous les combats pour la défense du prolétariat. Il est également antimilitariste, antifasciste (1922 : l’Italie est captée par Mussolini ; 1933 : Adolf Hitler remporte les élections en Allemagne), et s’engage contre l’occupation de la Ruhr en 1923 et la guerre du Rif en 1926. Pendant la guerre d’Espagne (1936-1939), le parti envoie des hommes combattre aux côtés des Républicains contre les troupes nationalistes et fascistes du général Franco.

 

Au cours de l’été 1939, l’Union soviétique de Staline et l’Allemagne nazie d’Hitler signent un pacte de non-agression. L’une des clauses – secrète – étant le partage de la Pologne entre les deux signataires. Partage effectué après une « blitzkrieg » de trois semaines en septembre 1939.

 

De ce fait, et après moult provocations et violations du Traité de Versailles de 1919, le 3 septembre 1939, la France, bientôt suivie de l’Angleterre, ne peut que déclarer la guerre à l’Allemagne. Le 26, le Parti communiste français est dissous.

 

 

Les Francs-Tireurs Partisans.

 

Les militants communistes, toujours aussi bien organisés, vont alors œuvrer en clandestinité. En juin 1941, Hitler désagrège le pacte en envahissant l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (opération Barbarossa).

 

La direction du parti, sous l’égide de Jacques Duclos, décide de la lutte armée contre le nouvel ennemi fasciste. Des groupuscules, ou unités combattantes, sont conçus, entre autres par Eugène Hénaff, et sont rattachés à un Comité militaire national. Les combattants, d’abord regroupés en Organisations spéciales prennent, au début de 1942, le nom de Francs-Tireurs Partisans Français (FTPF) puis FTP.

 

 

Développements.

 

En octobre 1941, la direction du Comité militaire national (CMN) est confiée à Charles Tillon. Les réunions du CMN se tiennent au gré de l’évolution des consignes de sécurité et des mises à l’abri des dirigeants. Ensuite, un journal est produit : France d’abord, dont plus d’une soixantaine de numéros paraissent entre 1942 et la Libération.

 

A partir de la fin de 1942, les FTP s’ouvrent aux non-communistes. Le mouvement s’accélère au fur et à mesure de la montée de l’engagement dans la Résistance. De même, sont intégrés les militants de la MOI (Main d’œuvre Immigrée). La MOI, structurée depuis le début des années 1920, permet aux jeunes travailleurs étrangers vivant en France de participer à la Troisième Internationale communiste sans dépendre directement du PCF. Les FTP-MOI sont surtout connus pour leurs actions en Région parisienne et le charisme de leurs chefs : le Roumain Boris Holban et l’Arménien Missak Manouchian.

 

En Zone sud, les FTP se développent également. A partir de novembre 1942 – date de l’invasion de la zone par les troupes allemandes – les FTP montent un Comité Militaire de la Zone Sud (CMZ). Parmi les responsables, il convient de citer : Boris Guimpel, Mathieu Puyo, Francisque Jommard. Le CMZ est maintes fois désorganisé par les rafles du responsable de la Gestapo de Lyon : Klaus Barbie.

 

Ainsi, partout en France, les maquis – généralement composés d’une trentaine d’hommes – se multiplient, comme les actions militaires : sabotages, exécutions de responsables SS et de la Wehrmacht ou simplement de soldats ; élimination de personnels du Régime de Vichy… Mais les exécutions peuvent aussi concerner des membres des FTP qui refusent obstinément de suivre la ligne du parti.

 

 

Vers les FFI.

 

En 1943, les FTP se joignent à l’Armée Secrète. Cette unité a été conçue un an plus tôt par le rapprochement entre deux des mouvements les plus importants de la Zone sud : Combat et Libération-Sud, qui de leur côté reconnaissent la France Combattante du général de Gaulle.

 

L’acte de naissance est signé en décembre 1943 : les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) peuvent, de concert, agir pour la victoire contre le nazisme.

 

 

Robert Marchand de Fontenay-aux-Roses.

 

Robert Marchand nait à Fontenay-aux-Roses le 6 février 1915. Après ses études secondaires, il intègre l’école des Beaux Arts et est nommé professeur de dessin à Gentilly (dans l’actuel département du Val de Marne). Il effectue la Campagne de France de la Seconde Guerre mondiale dans un régiment de dragons motorisés. Après l’armistice, il est démobilisé.

 

Revenu sur Paris, il participe à des actions de résistance, d’abord sous la forme de tracts. En mai 1941, il passe dans la lutte armée et réalise des actions spectaculaires : incendies de voitures allemandes, attaques de postes allemands. Son plus grand exploit est certainement le sabotage et l’explosion d’un train de munitions à Versailles. A Paris, rue de la Gaité, il abat plusieurs officiers nazis. Ses actions lui valent le grade de commandant au sein des FTP.

 

Dénoncé, Robert Marchant est arrêté, ainsi que son épouse, le 16 avril 1942 par la Gestapo. Alors qu’il est emmené à la préfecture de police de Paris pour être sauvagement torturé, Madame Marchand réussit, après plusieurs mois passés dans divers camps et prisons, à s‘évader. Elle participera à la Libération de Paris.

 

Trois mois d’enfermement et d’atroces sévices ne font pas plier Robert Marchand. Le 22 août 1942, il est transporté à la prison de la Santé puis au Stand de Tir (limite Paris / Issy-les-Moulineaux). Ses geôliers l’achèvent d’une balle dans la nuque.

 

Croix de Guerre 1939-1945, médaillé de la Résistance, Robert Marchand est fait chevalier de la Légion d’Honneur et compagnon de la Libération à titre posthume.

 

 

 

Sources :

 

- Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.

- André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.

- Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

- Site de « la Libération de Paris » par Gilles Primout.

- Site « Plaques commémorative » de François Tanniou.

- Le général Leclerc et sa deuxième DB, par Dominique Forget, Ed. Hemdal.

- Les enjeux de la Libération, par Christine Levisse-Touzé, Ed. Albin Michel.

- Site Internet de l’Ordre de la Libération, biographie de Robert Marchand.

- Les FTP, par Charles Tillon, Ed. Julliard.

- Les Fils de la nuit, par Albert Ouzoulias, Ed. Grasset.

 

 

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Publié le 14 Mai 2010

2009-12-19, Normandie-Niemen 027

 

 

Françoise-Marie Belin, présidente du Comité de Chatenay-Malabry du Souvenir Français attire notre attention sur les difficultés financières du Mémorial Normandie-Niemen et nous demande de diffuser l’appel du Collectif pour la Mémoire de l’escadrille.

 

Sauvons le Mémorial.

 

« Créé en 1992 à la demande des anciens du Normandie-Niemen pour entretenir le souvenir de leur épopée sur le front de l'Est entre 1942 et 1945, réalisé par une poignée d'Andelysiens vite rejoints par d'autres bénévoles, le Mémorial Normandie-Niemen implanté aux Andelys, ville natale de Marcel Lefèvre, connaît des difficultés financières. La conjoncture économique et la quasi impossibilité pour un musée privé d'obtenir désormais des subventions de fonctionnement, font peser sur le Mémorial les plus grandes craintes quant à sa survie.

 

Une amitié très forte s'est établie pour l'éternité entre les acteurs français et russes de cette épopée. Les survivants ont tous aujourd'hui ente 89 et 94 ans. En transférant au Mémorial Normandie-Niemen les photos, uniformes, documents et d’objets divers leur ayant appartenu, ils ont confié au Mémorial "Normandie-Niemen" la mission de perpétuer le devoir de mémoire.

 

Ils viennent de subir deux chocs majeurs, celui de la mise en sommeil des traditions du Régiment de Chasse Normandie-Niemen le 3 juillet 2009 à Colmar, puis celui de la dissolution de l'escadrille russe "Normandie-Niemen" le 9 novembre 2009.

 

Ne leur faisons pas subir un nouvel affront.

 

Il est impératif que Mémorial Normandie-Niemen survive. N'oublions pas ce qu'ont fait "Ceux de Normandie-Niemen". Ils n'ont pas hésité à déserter, ont été condamnés à mort par le gouvernement de Vichy, pour sauver l'honneur de notre pays. Qui ne s'en souviendrait plus ?

 

Durant près de 20 ans, des bénévoles passionnés ont donné plus de 100 000 heures de leur temps pour mettre en valeur les collections. Au travers d'expositions, conférences, meetings aériens, cérémonies patriotiques, ils exercent le devoir de mémoire qui s'impose naturellement à nous.

 

Rendez-vous au mémorial, faites venir les écoles et transmettez autour de vous cet appel. Le mémorial est situé rue Raymond Phélip 27701 Les Andelys – Il est ouvert tous les jours sauf le mardi et tous les jours pour les groupes, sur rendez-vous. Renseignements : 02 32 54 49 76 – normandie.niemen@wanadoo.frwww.normandieniemen.free.fr »

 

Le Collectif de défense de la Mémoire du Normandie-Niemen.

 

 

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Publié le 7 Mai 2010

Pierre Ichac, correspondant de guerre.

En cette veille du 65ème anniversaire de la capitulation allemande, le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac, ancien commandant de la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et de la Base Aérienne 117 de Balard, revient sur un ouvrage publié en 1954 par son oncle, Pierre Ichac.

 

 

Souvenirs de l’Armée d’Afrique.

 

« Il y avait dans l'armée des Grecs un Athénien qui n'était ni général, ni officier, ni même militaire ». C'est par cette citation tirée de l'Anabase de Xénophon, écrite en 400 avant Jésus-Christ et racontant la fameuse « Retraite des Dix Mille », que Pierre Ichac (1) ouvrait, en 1954, ses carnets de souvenirs sous le titre : « Nous marchions vers la France »(2).

 

Mais contrairement à son illustre prédécesseur ce n'était pas une retraite, mais bien une offensive victorieuse qu'il avait accompagnée, des confins de Tunisie aux côtes de Provence et jusqu'aux Vosges, en passant par la Corse et l'Italie, aux côtés des Tabors marocains et des tirailleurs de la 3ème Division d'Infanterie Algérienne, avec comme seul armement son appareil photo et sa machine à écrire. Car, réformé compte tenu des séquelles d'un accident dans sa jeunesse, c'est comme correspondant de guerre qu'il était là. Et c'est à ce titre qu'il terminera la guerre, lui le civil qui n'aimait pas les décorations, avec la croix de guerre avec Etoile d'argent !

 

A lire ces souvenirs on se rend vite compte que c'est un journaliste qui parle, pour les lecteurs de « Vaincre » ou des dépêches de l'Agence France-Presse. Quand il commente un combat, il sait aussi bien décrire le matériel engagé que les réactions des hommes et les enseignements tactiques. Ecoutons-le évoquer la contre-offensive allemande du 18 janvier 1943, sur les Dorsales tunisiennes : «  Pour la première fois sur un champ de bataille d'Occident, voire sur aucun champ de bataille, les chars les plus puissants du monde, les Mark VI Tigre, que Stalingrad même semble ne pas avoir connus, viennent d'apparaître. ...le carrefour d'Oum el-Abouab, son arc romain qui se dresse, solitaire… C'est à son débouché oriental que… le 7ème Marocain a vu se ruer, transfigurés par le clair de lune, les premiers Tigre  de la 21ème Panzer. Les tirailleurs n'y résistent pas... Le 1er Bataillon est dispersé. Le deuxième... perd près de quatre cents hommes, en se désenclavant... ».

 

Mais la leçon a servi: « C'est l'expérience douloureusement acquise... qui joue désormais le rôle principal. Leur espoir d'endommager les chars n'est pas plus grand, mais ils manœuvrent mieux. Ils savent qu'ils ont un efficace moyen de défense: c'est la montagne, le djebel... Très vite, ils se révéleront des virtuoses de la montagne. Bientôt, on ne concevra plus les Français sans le djebel, ni le djebel sans les Français ».

 

Et de fait d'abord en Corse fin 1943 - « La Corse – commençaient à dire les anciens du Maroc – c'est le Riff, en quatre fois plus haut! » – puis en Italie, des Abruzzes au massif du Maio, qui bloque l'accès au Garigliano, en passant par le terrible Mont Cassino, c'est par les sentiers, par les cols, par les crêtes que tirailleurs et goumiers, avec leur armement, leur matériel, sur leurs mulets ou à dos d'hommes, avanceront, combattront et repousseront les troupes allemandes au delà de la ligne « Gustav », permettant aux alliés d'entrer dans Rome le 4 juin 1944 et prenant Sienne le 3 juillet (se reporter à la photographie illustrant ces propos). Puis, après le débarquement de Provence du 15 août et la progression à travers le massif des Maures, c'est encore « par les hauts » que les unités de la 3ème D.I.A. contourneront les barrages sur les routes, les forts enterrés et les casemates sur les pentes, avant de libérer Marseille.

 

Et Pierre Ichac était là, au PC du général de Monsabert, dit « Monsabre », le général à la Baraka, ou dans sa jeep, ou à pied, ou au-dessus, en place arrière du Piper d'observation, ou aux côtés du général de Lattre, sur l'ex-paquebot polonais Bathory s'approchant du golfe de Saint-Tropez, pour pouvoir rédiger le soir, à chaud, dans un bivouac de fortune, ses « papiers », partageant la vie de ces combattants, et tous leurs risques, comme il le rapporte avec humour lors de ce dialogue en Italie avec son chauffeur :

 

- Ils t'ont bien reçu au parc auto, les Tunisiens? Tu n'as pas eu d'ennuis, pas d'obus dans le ravin? Ça s'est bien passé?

- Très bien, Monsieur Ichac... les camarades m'ont offert le café... Mais sur la montagne, qu'est-ce qu'il est tombé!... Oh! Et puis aussi, y a eu un moment où c'était marrant, Monsieur Ichac. Je ne sais pas si vous l'avez vu? Les obus tombaient tout en haut, et y avait quatre types qui étaient pris dessous et qui couraient...

- Bougre d'idiot, criai-je, c'était moi! »

 

 

Un dernier mot. On a beaucoup évoqué, à l'occasion de la sortie en salle du film « Indigènes », l'oubli dans lequel serait tombé le souvenir des sacrifices des troupes venues d'Afrique du Nord. Pierre Ichac lui-même l'envisageait quand il écrivait, après la libération de Marseille sur laquelle se termine ce livre : « La première phase de la guerre – celle qui appartient en propre à l'Armée d'Afrique – sera finie... et oubliée des Français avant d'avoir été connue d'eux ».

 

Mais lui du moins avait, avec la publication de ses carnets, fait tout son possible pour que ce souvenir demeure, mettant en pratique notre belle devise qu'il aurait pu reprendre à son compte: « A nous le souvenir, à eux l'immortalité ».

 

 

GBA (2S) JC Ichac

 

 

 

 

NOTES

 

(1) Pierre Ichac (1901 – 1978), journaliste, cinéaste, photographe, ethnographe et homme de radio, était le frère aîné de Marcel Ichac (voir sur  le site du comité d'Issy les Moulineaux l'article du 10 juin 2009, « Deux films de Marcel Ichac »). Les membres de notre Délégation se souviendront que les deux frères passèrent, avant la Première Guerre mondiale, leur enfance à Rueil-Malmaison.

 

(2) Amiot Dumont, 1954.

 

LEGENDE DE LA PHOTO:

 

« Pierre Ichac, quarante-deux ans, le plus populaire des correspondants de guerre français. Ici, tapant son « papier » sur le vif, dans sa jeep fleurie par de jeunes Siennoises après la délivrance de leur ville ».

(Jacques Robichon: « Le corps expéditionnaire français en Italie 1943/1944 ». Presses de la Cité 1981 - Photo Jacques Belin)

 

Marchions vers la France

 

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Publié le 9 Avril 2010

2009-12-19, Normandie-Niemen 012

 

 

Chefs et commandants de l’escadrille - Stationnements.

 

Le premier groupe est constitué de cinquante-huit hommes, dont quatorze pilotes. Il est placé sous le commandement du commandant Pouligen. L’escadrille rejoint la base aérienne d’Ivanovo, à 250 km au nord-est de Moscou.

 

Par la suite les commandants de l’unité sont :

 

  • - Février à Juillet 1943 : commandant Jean Tuslane.
  • - Juillet 1943 à Décembre 1944 : commandant Pierre Pouyade.
  • - Décembre 1944 : commandant Louis Delfino.

 

Tout au long de la guerre, l’escadrille aura de nombreux stationnements : Polotniani, Atki, Toula, Alitous, Sredniki, Dopenen, Labiau… Deux noms doivent certainement se rappeler à la mémoire des « napoléoniens » : en février 1945, elle est basée à Eylau et en avril 1945 à Friedland.

 

 

Les missions et batailles de l’escadrille Normandie - Niémen.

 

Les missions et les batailles peuvent être regroupées en trois campagnes (retrouvez les détails dans l’album de photographies « Normandie-Niémen » :

 

  • - 1ère campagne de novembre 1942 à novembre 1943 : cette première campagne porte les aviateurs de leur base d’origine à Doubrovka, près de Smolensk  (frontière de la Biélorussie) en passant par Polotniani-Zavod, Mosalsk, Kozielsk, Khationki, ou encore Gorodietchnia et Sloboda.
  • - 2ème campagne de mai à décembre 1944 : les pilotes se battent depuis la Biélorussie jusqu’en Lituanie, le long du fleuve Niémen (Alitous, Antonovo, Dopenen, Gross Kalweitchen). C’est d’ailleurs à ce moment-là que Joseph Staline décide d’accoler le nom de Niémen à celui de Normandie.
  • - 3ème campagne de décembre 1944 à juin 1945 : l’escadrille Normandie – Niémen se bat en Lituanie et en Prusse Orientale. A la fin de cette année 1944, les aviateurs sont les premiers Français à porter bataille dans le territoire du IIIème Reich.

 

Au cours de ces trois campagnes, l’escadrille effectue 5.240 missions qui donnent lieu à 869 combats aériens et elle est victorieuse à 273 reprises. Au cours de ces mêmes combats, elle perd 42 pilotes.

 

 

L’intervention de Staline.

 

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pilotes français se préparent à rentrer dans leur terre natale, libérée du joug allemand. Au moment même où ils s’envolent, grâce à des appareils militaires russes, Staline les fait rappeler. Certains pensent qu’ils ont commis une bévue, voire plus, en quittant le sol soviétique. En fait, le généralissime, secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, convoque les pilotes, les remercie pour leur action et les invite, comme le veut la tradition, à rejoindre la France à bord de leurs propres avions de chasse ! Les hommes de l’escadrille Normandie – Niémen sont accueillis en héros le 20 juin 1945 à l’aéroport du Bourget.

 

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Publié le 5 Avril 2010

  Maurice Challe

 

  

Le sous-lieutenant Maurice Challe.

 

"Ne pas subir" (devise de Jean de Lattre de Tassigny).

 

1940 : en quelques semaines, la défaite de l’Armée française est consommée. Les troupes allemandes entrent à Paris, déclarée ville libre, le 14 juin. Le 17 juin, le maréchal Pétain, à qui le parlement vient de donner les pleins pouvoirs, prononce les mots suivants : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat ». Des Français ne renoncent pas. Suivant l’appel du général de Gaulle, ils le rejoignent à Londres ou entrent en résistance soit sur le territoire national soit au cœur des colonies de l’Empire français.

 

Au mois de juillet 1940, le général créé les Forces Aériennes Libres. Un peu moins d’une année plus tard, en juin 1941, l’Allemagne envahit l’URSS. C’est l’Opération Barbarossa. De Gaulle y voit un espoir pour la France : aider les Soviétiques à combattre les Allemands, c’est aussi une manière de contrer quelque peu l’influence anglaise dans le cadre du rapprochement des Alliés.

 

Au même moment, en Syrie, les troupes fidèles à la France Libre battent les troupes françaises restées à la botte du régime du maréchal Pétain. De Gaulle se rend à Damas et commence un rapprochement avec des représentants russes, dont l’ambassadeur à Londres. Ensuite, il confie une mission au général Petit. Les deux hommes se connaissent bien : ils étaient à Saint-Cyr ensemble. Petit se rend donc à Moscou et règle avec les Russes les modalités d’interventions d’une force armée. Le moyen le plus simple est l’organisation d’une escadrille. Mais pour se rendre en URSS, il faut passer par l’Iran, et rien n’est moins simple.

 

Du fait de l’opération Barbarossa, les relations diplomatiques sont rompues entre l’Etat français de Vichy et l’URSS. Le personnel de l’ambassade de France en ce pays est rappelé ; le lieutenant-colonel Luguet, attaché d’ambassade pour l’Armée de l’Air française, confirme la bonne volonté des soviétiques de recevoir un appui de pilotes français. Après les escadrilles « Alsace » et « Ile-de-France », une troisième unité est créée sous le nom de « Normandie ». Les négociations avec le haut commandement stalinien s’avèrent délicates : que faire de quelques dizaines de pilotes français dans l’Armée Rouge ? Ou les placer ? Finalement, à la fin de l’année 1942, l’escadrille est formée à Rayack au Liban, grâce à 60 militaires français (dont 14 pilotes de chasse) et rejoint la base d’Ivanovo, à 250 km au nord de Moscou. L’instruction peut commencer.

 

Le 19 mars 1943, le général Petit, chef de la Mission militaire française à Moscou, à la suite d’une inspection de l’escadrille en compagnie du colonel Levandovitch, du commandement supérieur des Forces aériennes de l’Armée Rouge, proclame : « Par ses qualités militaires et morales, cette unité est prête pour partir sur le front ».

 

L’escadrille Normandie, qui ajouté à son nom, « Niémen » peut commencer sa guerre. Le froid, les avions « Yak », la bureaucratie, les suspicions et interrogations : tout a été surmonté…

 

 

Des pilotes.

 

Voici ci-dessous quelques notices biographiques de pilotes de Normandie-Niémen (dont vous retrouverez la plupart des photographies dans l’album « Normandie-Niémen ») :

 

  • - Commandant Jean Tulasne, né à Nancy en 1912 et disparu officiellement en vol le 17 juillet 1943 pendant un accrochage avec l’ennemi au nord-ouest d’Orel. A commandé l’escadrille du 22 février 1943 au 17 juillet 1943.
  • - Colonel Pierre Pouyade, né à Cerisiers dans l’Yonne et mort le 5 septembre 1979 à Bandol. Ses cendres furent immergées au large de Toulon. Il fut commandant de l’escadrille du 12 octobre 1943 au 12 décembre 1944.
  • - Jules JOIRE, né à Roubaix le 29 Août 1914 et décédé le 18 Mars 1944 lors d'une collision pendant un vol d'entrainement. Présent à l'escadrille du 12 Octobre 1943 au 18 Mars 1944.
  • - Capitaine Maurice de Seynes, né à Paris le 7 Août 1914 et tué le 15 Juillet 1944 dans un accident d'avion en refusant d'abandonner son mécanicien qui se trouvait avec lui, dans la région de Mikountani. Présent à l'escadrille du 1er Janvier 1944 au 15 Juillet 1944.
  • - Commandant. Roland de La Poype, né à Pradeaux (Puy-de-Dôme), le 28 Juillet 1920, ayant quitté l'armée peu de temps après être rentré de Russie. Le commandant a pris sa retraite en 1985. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 20 Juin 1945.
  • - Lieutenant Didier Beguin, né le 14 Décembre 1918 à Paris, tué en Hollande au cours d'une mission, par la DCA le 26 Novembre 1944. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 16 Février 1944.
  • - Lieutenant Marcel Lefèvre, né aux Andelys (Eure) le 17 Mars 1918, grièvement brûlé lors d'une mission le 28 Mai 1944, il décède de ses blessures à Moscou le 5 Juin 1944. Son corps sera rapatrié en 1953, il repose au cimetière des Andelys. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 5 Juin 1944.
  • - Commandant Joseph Risso, né le 23 Janvier 1920 à Cadolive (Bouches-du-Rhône), décédé le 24 Novembre 2005 ; n'a jamais quitté l'armée où il a fait une brillante carrière et a terminé avec le grade de général de brigade. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 1er Septembre 1945.
  • - Sous-lieutenant Albert Durand, né le16 Septembre 1918 à Grasse (Alpes-Maritimes) ; porté officiellement disparu le 1er septembre 1943 lors d'une mission en pleine attaque. Son palmarès était de 10 victoires homologuées dont 4 individuelles. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 1er Septembre 1943.
  • - Sous-lieutenant Maurice Challe, né le 18 Juin 1911 à Reims ; est tué au combat dans la région de Pillau (Prusse-Orientale) le 27 Mars 1945. Il est le dernier tué de l'escadrille. Présent du 18 Mars 1944 au 27 Mars 1945.
  • - Capitaine Charles de La Salle (de son vrai nom, Charles d'Anfreville de Jurquet de La Salle) né le 21 Août 1914 à Soulac (Gironde) décédé accidentellement le 8 Août 1969. Présent à l'escadrille du 8 Mai 1944 au 20 Juin 1945.
  • - Capitaine Marc Charras, né le 24 Mai 1916 à Saigon (Indochine) ; est tué le 30 Juillet 1949 en Indochine en combat aérien. Présent à l'escadrille du 24 Février 1944 au 20 Juin 1945.
  • - Capitaine René Challe, né le 6 Juin 1913 à Besançon (Doubs) ; grièvement blessé lors d'un combat aérien le 17 Janvier 1945, il finira la guerre à l'hôpital. Il décède le 4 Avril 2006 en Normandie, il était Colonel. Présent à l'escadrille du 18 Mars 1944 au 17 Janvier 1945.

 

 

Après la Seconde Guerre mondiale.

 

Un temps stationnée au Bourget, l’escadrille est envoyée sur Toussus-le-Noble et prend le nom de régiment de Chasse Normandie - Niémen. Pendant la guerre d’Indochine, il est basé à Saïgon. En 1953, l’unité est scindée en deux et l’une des parties prend le nom d’Escadron de chasse 2/6 Normandie – Niémen. Par la suite, la 6ème escadre est dissoute et l’escadrille passe à la 30ème escadre de chasse, d’où son nouveau nom : Escadron de chasse 2/30 Normandie – Niémen. Nouvelle dénomination en 1993 puis en 1995 : « Escadron de chasse 1/30 Normandie – Niémen ». Le 3 juillet 2009, la dissolution est définitive. Une partie des avions et des pilotes, ainsi que le drapeau, rejoignent la base de Reims.

 

Parmi les décorations de l’escadrille, il convient de nommer :

 

  • - Pour la France : légion d’Honneur, ordre de la Libération, médaille militaire, croix de Guerre avec six palmes.
  • - Pour l’Union soviétique : Héros de l’Union soviétique Etoile d’Or, ordre de Lénine, ordre du Drapeau rouge, ordre d’Alexandre Nevski, ordre de la Guerre pour la Patrie, ordre de l’Etoile rouge, médaille de la Victoire, médaille de la prise de la forteresse de Königsberg.

 

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Publié le 24 Mars 2010

Fils de mineur, né à Denain, Monsieur Léon Gary, aujourd’hui disparu, avait en lui le mélange de rudesse de caractère et de chaleur humaine des Ch’tis. « Les gens du Nord ont dans leur cœur le soleil qu’ils n’ont pas au dehors ; ils ouvrent leurs portes à ceux qui ont souffert » a écrit le chanteur Enrico Macias.

 

 

 

 

Apprenti tourneur-ajusteur à l’âge de 14 ans, Léon Gary vient à Paris pour y trouver du travail. Il œuvre dans différentes usines. Mais sa vie bascule six années plus tard, en janvier 1944. Après quatre années d’occupation allemande, la capitale, comme l’ensemble du territoire, voit la Résistance s’organiser. Ainsi, le 1er janvier sont créées les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) ; le 5 janvier, les Mouvements Unis de la Résistance se transforment en un Mouvement de Libération Nationale (MLN) grâce à l’intégration des groupements de la Résistance de la Zone Nord (qui fut la Zone Occupée).

 

Le 6 janvier 1944, Philippe Henriot est nommé secrétaire d’Etat à l’information et à la propagande. C’est un Collaborateur notoire. Il est membre de la Milice et harangue les Français à soutenir les troupes nazies dans des tribunes qu’il publie dans Je suis Partout.

 

Des rafles sont organisées. Léon Gary tombe dans l’une d’elles ce même 6 janvier. Il est emmené en Allemagne, à Berlin, et croupit dans la prison centrale de Tegel. Au cours d’un bombardement allié, Léon Gary est grièvement blessé. Il est alors transféré dans la prison de Moabit, du nom de ce quartier de la capitale du IIIème Reich. Libéré par les Russes le 2 mai 1945, il est par la suite rapatrié en France par les soldats américains. Il est enfin de retour chez lui à la fin du mois de mai 1945.

 

Il reprend ses activités. Employé d’abord chez SKF, Léon Gary entre ensuite à l’arsenal de Rueil en 1951 et y travaille jusqu’à sa fermeture pour rejoindre le service Industriel de l’Armement. Il termine sa carrière au ministère de la Défense nationale, après 32 ans de services, en tant qu’ouvrier hautement qualifié. A l’âge de 60 ans, il prend sa retraite.

 

Entre temps, il a rencontré Jeannette, qui devient son épouse.

 

En février 1986, Léon Gary est appelé à succéder à André Mansat, fondateur du Comité du Souvenir Français de Puteaux. Le nouveau président se met à la tâche sans attendre. Il aide les familles à retrouver les traces et les sépultures des aïeux morts au combat. Il oriente, il informe. Il réorganise et restructure les carrés militaires du cimetière nouveau de Puteaux. Ainsi, aujourd’hui le cimetière compte deux carrés :

 

- le premier concerne les morts pour la France de la guerre de 1914-1918. Il regroupe 85 tombes individuelles, dont certaines sont postérieures à la fin du conflit. Ainsi, Marcel Robert est mort le 16 mars 1926, au cours des combats contre la révolte des syriens pendant le mandat français sur le pays.

 

- le second concerne la guerre de 1939-1945 et rassemble 34 tombes, dont 11 pour des fusillés pendant l’Occupation allemande (Mont Valérien). Des Putéoliens morts pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie sont également enterrés dans ce carré.

 

Pour toutes celles et ceux qui l’ont connu, Léon Gary a laissé l’image d’un homme bon, au grand cœur, et surtout au service de tous.

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Publié le 14 Mars 2010


Presentation de l'Escadrille Normandie-Niemen

 


Grâce à l'action conjugée de Françoise-Marie Belin, présidente du Comité de Chatenay-Malabry, du docteur Alain Farges, du Mémorial Normandie-Niémen, de Josette et Michel Leclercq, de Chatillon, voici un premier résultat de nos travaux sur l'Escadrille Normandie-Niémen : il s'agit d'un album de photographies. L'histoire de cette unité, prestigieuse, ainsi que le détail des missions feront l'objet de prochains articles sur ce site Internet.

A bientôt, et en attendant, retrouvez les photographies dans l'album intitulé : "006 - Normandie - Niemen".

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Publié le 9 Février 2010

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Paul Lacroix nous a quittés au milieu de l’été 2009, discrètement, en conformité avec la modestie qui était sienne, alors qu’il aurait eu maintes raisons de se faire valoir, par sa vie professionnelle exemplaire, ses faits de guerre et ses titres : Meilleur Ouvrier de France, Médaillé de la Résistance, Officier de la Légion d’Honneur.

 

 

Mis en apprentissage à 14 ans, il fit toute sa carrière dans l’industrie du chauffage et de la ventilation. Par son travail, son souci de la perfection, son sens de la technique, il gravit tous les échelons jusqu’à la création de sa propre entreprise, installée à Vaucresson en 1974.

 

Pendant la guerre, il rejoignit en Haute-Savoie le maquis de La Clusaz qui fut pratiquement anéanti par une attaque de l’armée italienne d’occupation. Paul se retrouva à Saint-Etienne où il entra dans la clandestinité et s’engagea dans la Résistance. Arrêté par la Gestapo, torturé, il refusa de parler. Libéré en juillet 1944, au départ des troupes allemandes, il fit ce geste inouï et chevaleresque de pardonner à celui qui l’avait dénoncé.

 

Paul était profondément intégré dans la vie vaucressonnaise. Il faisait partie de plusieurs associations, tout particulièrement des Anciens combattants et du Souvenir français. Il se distinguait par sa participation active, son dévouement et son affabilité.

 

Nous garderons le souvenir d’un homme d’honneur solide dans ses convictions et fidèle en amitié.


François GOURE
Président du Souvenir Français de Vaucresson.

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