Publié le 4 Octobre 2025

A la mémoire de Jean Maneval de Montrouge.

Jean Maneval nait à Montrouge le 21 septembre 1930. A l’âge de 20 ans, il intègre l’Ecole militaire de Saint-Cyr, promotion « Extrême orient » (1950-1952) puis rejoint l’Ecole d’application de l’infanterie (1952-1953).

Il est envoyé en Algérie peu de temps après, au sein du 11e RIC (régiment d’infanterie coloniale). Cette unité militaire stationne en Cochinchine de sa création en 1869 à l’indépendance du Vietnam en 1954.

Le colonel Philippe de Percin Northamberland (1932-1995) a écrit à propos de cette promotion : « Après le deuxième conflit mondial, nos troupes ne se sont pas reposées bien longtemps et ont vite trouvé d’autres théâtres d’opération, principalement dans nos lointaines colonies. La guerre d’Indochine est le point de ralliement de tous ceux qui ont fait profession de « servir ». Longue est la liste de ceux qui y tombèrent et le tribut payé par les Saint-Cyriens est très lourd. On dit même qu’il y disparaît une promotion d’Officiers chaque année. D’où ce nom choisi par la promotion « Extrême-Orient », nom fascinant, mystérieux et redoutable. La promotion comptait 574 E.O.A., recrutés à partir des corniches (266 élèves) ou parmi les anciens sous-officiers (308 élèves). La moitié de la promotion servira en Indochine, beaucoup connaîtront également la guerre d’Algérie, à l’issue de laquelle ils seront nombreux à quitter l’armée ».

Le lieutenant Jean Maneval est mort des suites de ses blessures le 29 août 1956 dans le secteur de Bou Yakadane (région de Batna), massif de Nementcha. Chevalier de la Légion d'honneur (05/01/1957), croix de la Valeur militaire avec palme, il est cité à l’ordre de l’Armée : « Jeune Commandant de Compagnie au courage et au sang-froid remarquables qui, lors des combats de BOU-YAKADANE (Nementcha), les 29 et 30 aout 1956, la section de tête de sa compagnie étant fortement accrochée, a réussi à la dégager par une manœuvre habile. A poursuivi l'adversaire sans relâche, donnant ainsi le plus bel exemple d'ardeur et de courage. A entrainé ses hommes à l'assaut d'une position ennemie fortement tenue et a été grièvement blessé au cours de cette actions. Est décédé des suites de ses blessures. »

Son nom est inscrit sur les monuments suivants : mémorial départemental des morts pour la France après 1945 de Caen ; monument commémoratif de l’église Saint-Germain de Courseulles-sur-Mer ; plaque de l’ancienne Ecole militaire d’infanterie ; plaque commémorative de l’église de l’Immaculée Conception et mémorial AFN à Paris 12e ; mémorial départemental de Nanterre ; monument AFN et plaque commémorative à Montrouge.

 

Sources :

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Publié le 1 Octobre 2025

Commémoration de l’Appel du 18 juin et honneur à Monsieur Georges Rambeaud.

Le 18 juin 2025, le comité SMLH a participé activement, comme chaque année, à la commémoration de l’Appel du 18 juin 1940 par le général De Gaulle. Le comité a voulu à cette occasion, avec le président du département et le maire de Chatenay-Malabry, honorer notre sociétaire, M. Georges Rambeaud, né le 29 mai 1925. Après la cérémonie au cours de laquelle M. Rambeaud a lu, avec beaucoup d’émotion, le texte de l’Appel, il a déposé la gerbe du Souvenir Français aux côtés du président du comité, le général Jean-Claude Allard. M. Georges Rambeaud, membre des deux associations, est en effet très attaché au devoir de Mémoire. Fils d’un chef de la résistance du département de la Loire qui a été arrêté, torturé par Klaus Barbie et tué par un gardien lors de sa captivité au Struthof,  il a été lui-même résistant dés l’âge de 17 ans. Il a fondé un groupement avec des amis de son lycée et de réfractaires du Service de Travail Obligatoire (STO) et s’est impliqué dans des actions de résistance en mémoire de l’exemple magnifique de son père.

Lors de la réception dans le parc du Souvenir Français, M. Georges Siffredi, président du département,  M. Carl Segaud, maire de Chatenay-Malabry ont souligné dans leurs discours les mérites de Georges Rambeaud, homme de devoir et de droiture tout au long de sa vie. Le général Jean-Claude Allard président des comités de la SMLH et du Souvenir Français a souligné la fidélité de Georges Rambeaud à ces associations et son implication pour témoigner auprès de la jeunesse. Après les cadeaux souvenirs : médailles du département, de la ville, du Souvenir Français et de la SMLH et livre des cent ans de la SMLH, la parole a été donnée à M. Rambeaud pour un témoignage sur ses années de guerre et de résistance. L’auditoire attentif a écouté avec respect cet homme de devoir raconter avec justesse et pudeur ses années de jeunesse, analyser les réactions des Français dans cette époque de doute et de peur et témoigner du nécessaire esprit patriotique dans les temps difficiles. Entouré des élus, des sociétaires de la Société des Membres de la Légion d’Honneur, du Souvenir Français, de sa famille venue pour certains de Montréal au Québec et de Londres et de tous les Chatenaisiens, Georges Rambeaud nous a donné un poignant appel au devoir de servir sa Patrie. Merci à lui, sachons répondre à cet appel.

 

 

Général Jean-Claude Allard,

Président du comité de Chatenay-Malabry.

Commémoration de l’Appel du 18 juin et honneur à Monsieur Georges Rambeaud.
Commémoration de l’Appel du 18 juin et honneur à Monsieur Georges Rambeaud.
Commémoration de l’Appel du 18 juin et honneur à Monsieur Georges Rambeaud.
Commémoration de l’Appel du 18 juin et honneur à Monsieur Georges Rambeaud.

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Publié le 21 Août 2025

Le monument du parc de la Planchette à Levallois-Perret.

Le monument du parc de la Planchette à Levallois-Perret.

A Levallois-Perret, le parc de la Planchette, d’une superficie de 3,5 ha, invite à plonger dans son sanctuaire des arbres. Le parc comporte un manège, des aires de jeux, ainsi que de nombreux espaces de promenades et de repos. Un étiquetage de nombreux spécimens permet également une promenade botanique au cœur de la ville.

Le parc contient plusieurs statues et monument dont l’un est dédié au capitaine Braun et au maréchal des logis Martin ; il est l’œuvre d’Edgar Boutry, date de 1908, et rend hommage aux combat de Togbao.

Le combat de Togbao ou de Niellim est livré le 17 juillet 1899 au Tchad, pendant les opérations de conquête de ce pays par les troupes françaises. Une colonne franco-baguirmienne est anéantie après une bataille acharnée, par les forces de Rabah, seigneur de la guerre, et trafiquant d'esclaves soudanais, qui s'est emparé du sultanat du Bornou.

Le capitaine Salomon Braun est de la deuxième expédition d'exploration du Tchad. Il est tué, avec tous ses compagnons, une soixantaine, dans le cadre de la mission du lieutenant de vaisseau Henri-Étienne Bretonnet. Il y aura un seul survivant, le sergent Samba Saïl, qui parviendra à rejoindre le village de Tounia Kakao et raconter la tragédie. Le maréchal des logis Martin est lui-aussi tué dans ce combat.

On peut supposer que ces deux soldats étaient originaires de Levallois.

 

 

Sources :

 

Capitaine Braun.

Capitaine Braun.

Maréchal-des-logis Martin.

Maréchal-des-logis Martin.

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Rédigé par Souvenir Français des Hauts-de-Seine

Publié dans #La Coloniale

Publié le 1 Août 2025

Les enfants de Buchenwald.

Le dimanche 20 juillet 2025, au mémorial de la Déportation, qui se trouve dans le parc de Sceaux, une cérémonie a été organisée dans le cadre de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage au « Justes » de France. Parmi les orateurs, il y avait David Perlmutter, déporté à Buchenwald à l’âge de 5 ans. Son témoignage fut bouleversant.

Voici l’histoire des enfants de Buchenwald, racontée sur le site de Yad Vashem, qui est un mémorial et un centre de recherches, situé à Jérusalem, construit en mémoire des victimes juives de la Shoah.

 

Les enfants de Buchenwald.

Créé en 1937, Buchenwald est à l’origine destiné à l’incarcération des opposants au régime nazi. S’il n’est pas un camp d’extermination, les conditions y sont extrêmes : plus de 56 000 internés y trouveront la mort.

Le camp se caractérise par ses prisonniers politiques, communistes pour la plupart, qui mettront sur pied un fort mouvement de résistance : « le Comité clandestin international ». Parmi ses principales actions : la mise en place de kommandos de renseignements pour savoir ce qu’il se passe à l’extérieur du camp, le sabotage de la production d’armements et la contrebande d’armes au sein du camp. Mais surtout, sauver les enfants de Buchenwald, juifs pour la plupart – ce qui vaudra à certains résistants d'être plus tard reconnus Juste parmi les Nations par Yad Vashem.

Les premiers enfants et adolescents arrivent à Buchenwald fin 1938, après des actions contre les Tziganes ou les Juifs. Puis, ils affluent d'Europe de l'Est et de Russie, au gré des déportations.

En dépit de leur jeune âge, les enfants de Buchenwald sont soumis aux travaux forcés et servent de main-d'œuvre dans les kommandos satellites du camp. Walter Barel, le président du Comité clandestin international, se souvient : « Les enfants doivent se lever comme nous à 5 heures du matin et rester debout sur la place d'appel par temps de neige ou sous la pluie dans le vent glacé et par grand froid ».

Pour les SS, les jeunes détenus ne constituent que des bouches inutiles qui reçoivent des rations alimentaires réduites. Le Comité de résistance propose alors de les rassembler dans un bloc à part, officiellement pour leur « apprendre l'ordre et la discipline germaniques ». Officieusement, la résistance veut éviter qu'ils soient éparpillés dans des baraquements, parfois au contact de criminels, et ainsi les protéger.

Le Bloc 8 est alors créé, dans un ancien bloc d'isolation excentré pour les malades du typhus, qui n'est donc pas soumis aux appels, particulièrement éprouvants. La résistance s'organise pour prodiguer aux jeunes vêtements chauds, chaussures, rations de soupe supplémentaires. Elle tente aussi de les affecter à des travaux moins pénibles comme la laverie ou la cuisine. La solidarité est sans frontière : les prisonniers français partagent avec les plus jeunes leurs colis reçus de la Croix-Rouge. Progressivement, les enfants apprennent aussi les règles du camp qui vont leur permettre d'éviter les foudres des Allemands.

En janvier 1945, avec l'avancée de l'Armée rouge et la libération des camps de l'Est comme Auschwitz ou Majdanek, arrivent alors à Buchenwald des jeunes de 7 à 20 ans, originaires d'Europe orientale, passés par les ghettos, les camps de travail et d'extermination et d'inhumaines Marches de la mort.

Ils sont rassemblés dans le Bloc 66. Là, 800 enfants bénéficient des mêmes rouages d'empathie et chaînes de solidarité qu'au Bloc 8 : plus de rations de soupes, partage des colis de la Croix-Rouge. Parmi eux : David Perlmutter né à Lodz en 1937 et Israël Meir Lau (Loulek), qui deviendra le Grand rabbin ashkénaze d'Israël, tout juste âgés de 8 ans.

Quand, le 11 avril 1945, le drapeau blanc est hissé dans le camp de Buchenwald, près d'un millier d'enfants est encore en vie.

A la libération, les jeunes rescapés sont affamés. Beaucoup n'ont pas mangé depuis 4 ou 5 jours. Leurs conditions physiques et mentales dépassent l'entendement.

Le commandant des troupes américaines, totalement démuni, câble un message aux bureaux de l'OSE à Genève : « Avons trouvé un millier d'enfants juifs à Buchenwald. Prenez des mesures pour les évacuer sans délai. »

L'armée tente de prodiguer les premiers soins médicaux. Pour remplacer les pyjamas rayés, elle distribue des uniformes des Jeunesses hitlériennes, seul vêtement à la taille des jeunes corps. Côté nourriture, elle gave les enfants de sucreries. Dans les jours qui suivent la libération, beaucoup mourront de dysenterie ou de suralimentation.

L'OSE se voit confier la charge du groupe avec le soutien financier du Joint. Mais les discussions autour d'un rapatriement sont âpres et compliquées. Il faudra plus de 2 mois pour que la France accepte d'accueillir ces réfugiés étrangers. Finalement parmi ceux qu'il sera désormais coutume d'appeler les « Enfants de Buchenwald » : 280 malades partiront vers des sanatoriums en Suisse, 250 seront envoyés en Grande-Bretagne et 480 enfants seront rapatriés en France.

Parmi ces enfants rapatriés en France, figure donc David Perlmutter. Il y a aussi Elie Buzyn, qui deviendra chirurgien orthopédique – le père d’Agnès Buzyn, qui fut ministre de la Santé dans le gouvernement d’Edouard Philippe.

 

 

Sources :

 

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Publié le 21 Juillet 2025

Hommage aux Justes parmi les nations des Hauts de Seine.

En ce premier dimanche qui suit le 14 juillet, notre fête nationale, avait lieu au Parc de Sceaux l’hommage désormais traditionnel à celles et ceux qui ont osé.

Osé au risque même de leur vie de cacher, d’héberger, d’aider des femmes, des enfants, des pères, des frères, des sœurs, des familles, traqués par les relais du nazisme en France.

Traqués pour satisfaire l’abominable machinerie de destruction et d’anéantissement d’une partie de l’espèce humaine.

Ces silencieux de l’Histoire, acteurs modestes mais déterminés d’une « certaine idée de la France » faisaient, sans le savoir, briller des étoiles d’espérance dans l’épaisse nuit qui accablait notre continent.

Comme pour toutes celles et ceux qui sont Morts pour la France ou l’on servi au péril de leur vie, Le Souvenir-Français se doit d’être présent à ce type d’hommage car nous portons également cette mémoire.

Vingt porte-drapeaux dont de nombreux du Souvenir-Français parfois accompagnés de leur président de comité étaient présents cette année. Ils sont rassemblés à l’intérieur du « pupitres des étoiles » devant ces statues de fer sans bras ni visage qui défient le temps.

Cette participation est un geste fort qui traduit notre capacité à faire vivre dans le recueillement et la solennité les mémoires confiées.

Dès lors, il n’est pas étonnant que les nombreux élus nationaux ou locaux présents, que les personnalités dont le Grand rabbin de France ou cet enfant né en 1937 qui porta témoignage de son vécu dans les wagons et les camps, viennent témoigner leur reconnaissance en saluant chacun d’entre nous.

 

Claude Guy,

Délégué général du Souvenir-Français pour les Hauts-de-Seine.

Hommage aux Justes parmi les nations des Hauts de Seine.
Hommage aux Justes parmi les nations des Hauts de Seine.
Hommage aux Justes parmi les nations des Hauts de Seine.
Hommage aux Justes parmi les nations des Hauts de Seine.
Hommage aux Justes parmi les nations des Hauts de Seine.
Hommage aux Justes parmi les nations des Hauts de Seine.
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Hommage aux Justes parmi les nations des Hauts de Seine.
Hommage aux Justes parmi les nations des Hauts de Seine.

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Publié le 12 Juillet 2025

Marthe de Gavelle de Roany.

Marthe de Gavelle de Roany.

Le comte Xavier de Gavelle de Roany et son épouse Marthe, née Vico, étaient propriétaires d'une usine à Colombes, près de Paris. Leur fils Jean naît le 6 mars 1927 à Colombes.

Le comte et la comtesse avaient été élevés dans un milieu où l'antisémitisme était la norme. Néanmoins, sous l'occupation, ils décidèrent de venir en aide aux juifs et en sauvèrent autant qu'ils le pure, en fournissant de faux papiers, en embauchant bon nombre dans leur usine et en hébergeant d'autres.

 

Georges Kohn (1885-1974), vivait à Paris avec sa famille. Ingénieur de l'Ecole Centrale, promotion 1908, il se convertit au protestantisme et devient un chef unioniste. Il est un des sous chefs de camp au Walbach en 1936. Pourchassé par la Gestapo, il était d'autant plus menacé que son gendre était le conseiller financier de de Gaulle à Londres. Marthe de Gavelle de Roany apporta son assistance à la famille, tant sur le plan matériel qu'en servant d'agent de liaison entre les Kohn et leur gendre. Commissaire de la Région EUF Seine il est également secrétaire et membre du CA unioniste. Il est arrêté lors d'une rafle anti juive et est transféré au centre d'internement de Drancy. Il y devient un temps, assisté de scouts israélites, responsable de la vie quotidienne des internés. Il s'évade le 6 août 1944. Il sera un des organisateurs du Jamboree de Moisson en 1947.

 

Le 31 mars 1942, Monsieur Goldhammer fut licencié par la banque où il travaillait. Le comte l'engagea dans son usine en lui disant : "c'est parce que vous êtes juif". Lorsque le port de l'étoile jaune fut imposé aux Juifs, M. Goldhammer offrit sa démission. Le comte refusa catégoriquement et malgré les risques continua à l'employer ainsi que d'autres juifs. Mme Goldhammer fut arrêtée lors d'une descente de police. Son mari et sa fille étaient absents. Marthe et Xavier de Gavelle de Roany les abritèrent tous deux dans l'usine où ils demeurèrent jusqu'à la libération.

 

Suspecté, le comte fut arrêté par la Gestapo en 1944 et ne dut sa libération qu'au paiement d'une lourde rançon. Le 13 mai 1976, Yad Vashem a décerné à la comtesse Marthe et au comte Xavier de Gavelle de Roany le titre de Juste des Nations.

 

Cérémonie du dimanche 20 juillet 2025 :

Le dimanche 20 juillet 2025 à 15h00, au mémorial de la Déportation, qui se trouve dans le parc de Sceaux, une cérémonie est organisée dans le cadre de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage au « Justes » de France.

Le carton d’invitation indique les détails et les modalités de cette cérémonie.

 

A Colombes, les Gavelle de Roany, Justes des Nations.

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Publié le 19 Juin 2025

Le général de Gaulle condamné à mort.

Ce 18 juin 2025, nous fêtons le 85e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940. Depuis 2006, à l’initiative de la Fondation de la France libre, cette date a été instituée par décret journée nationale non chômée « commémorative de l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi ». Cette journée rend hommage à – selon la formule retenue au Sénat : « l’ensemble des résistants français, c’est-à-dire tous ceux qui ont refusé la défaite et continué à se battre, que cela soit dans les Forces françaises libres, à la tête d’un journal clandestin, sur les bancs de l’Assemblée consultative provisoire d’Alger ou dans un maquis ».

Mais que s’est-il passé avant ?

Depuis le mois de mai 1940 et l’attaque fulgurante de l’armée allemande, les troupes françaises ne font que reculer, en dépit de certaines poches de résistance. Des dizaines de milliers de soldats français meurent au combat sans pour autant arrêter l’avancée ennemie. Le gouvernement de la République française s’est réfugié à Bordeaux, après une halte à Tours. Le 1er juin, le colonel de Gaulle est porté au grade de général de brigade à titre temporaire ; six jours plus tard, il est sous-secrétaire d’Etat à la Guerre et à la Défense nationale au sein du gouvernement de Paul Reynaud. Le 16 juin, il s’envole pour Londres et discute avec Churchill d’une possible Union franco-britannique. Mais le gouvernement français in fine n’adhère pas à l’idée. Le lendemain, le maréchal Philippe Pétain devient président du Conseil en lieu et place de Paul Reynaud qui vient de démissionner. Aussitôt, le maréchal appelle à la cessation des combats.

Le général de Gaulle s’envole le jour même pour Londres où, le lendemain, il prononce son discours qui deviendra historique. Les conséquences seront évidemment innombrables et ce jour-là, comme le dira bien plus tard André Malraux à propos de Jean Moulin, « c’était le visage de la France ».

Parmi ces conséquences, il en est une que les Français ont peut-être oublié : le 2 août 1940 le général de Gaulle est condamné à mort par contumace par le tribunal militaire de la 13e région militaire française, siégeant à Clermont-Ferrand. Vingt jours plus tard, la colonie française du Tchad, sous l’autorité du gouverneur général Félix Eboué, est la première colonie française à rejoindre la France Libre du général.

 

Sources :

  • Musée de l’ordre de la Libération.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Crédits photographiques : fondation Charles de Gaulle.

 

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Publié le 1 Juin 2025

Memorial Day 2025.

C’est à une double cérémonie d’hommages aux soldats américains morts sur le sol de France que le dernier dimanche de mai est consacré dans les Hauts-de-Seine.

Le matin sur le site du mémorial de l’escadrille Lafayette à Marnes-la-Coquette et l’après-midi au cimetière américain de Suresnes.

Malgré de lourds nuages menaçants, laissant tomber de temps à autres quelques ondées, le survol du monument de l’escadrille Lafayette par deux avions de chasse américains et deux français a pu parfaitement se dérouler en ouverture de la cérémonie.

Les représentants des Etats-Unis d’Amérique, des pouvoirs publics français et de nombreuses associations dont bien évidemment le Souvenir-Français contribuèrent à donner du sens et de l’éclat à ce premier rendez-vous.

Outre, le bouquet que j’ai déposé au nom de notre association mémorielle, j’ai eu le plaisir de remettre un diplôme de jeune porte-drapeau à un lycéen de Vaucresson, en présence du président de comité, de l’adjoint au maire de la ville et des parents de ce jeune mis à l’honneur. Était également présent un étudiant de 18 ans déjà porteur de l’insigne de porte-drapeau, témoin de l’engagement citoyen possible et partagé de cette génération.

Le second rendez-vous d’hommage se tenait l’après-midi au cimetière américain de Suresnes où reposent 1.937 soldats américains morts lors des deux conflits mondiaux qui visaient l’un et l’autre à asservir notre pays et condamner la liberté.

Là encore, le recueillement, les paroles prononcées, la signification profonde des gestes réalisés affirmaient avec force le respect et la reconnaissance dans la dignité et la fraternité que chacun doit à ces morts pour une cause qui les dépassait.

 

Claude Guy,

Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts de Seine.

Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.
Memorial Day 2025.

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Publié le 23 Mai 2025

14e édition du rallye citoyen dans les Hauts-de-Seine.

Le 15 mai 2025, ils étaient plus de 200 élèves accompagnés de leurs professeurs présents au 14e rallye citoyen des Hauts-de-Seine.

C’est la forteresse du Mont-Valérien, le cimetière américain de Suresnes et le Mémorial de la France combattante qui cette année servaient d’écrin à ce rendez-vous de découverte, de pédagogie, de plongeon dans les eaux claires de la citoyenneté.

Imaginés autour du thème des 80 ans de la Victoire de 1945, particulièrement des Hauts-de-Seine, les élèves avaient tout d’abord à étudier le parcours de deux personnes parmi celles et ceux qui ont fait la Libération : personnages illustres tels que le général de Gaulle, le général de Lattre de Tassigny, le général Leclerc, Joséphine Baker, le colonel Rol-Tanguy, le capitaine Dronne ou Hubert Germain. Mais également parmi les prisonniers, déportés, résistants ou les grandes organisations ayant pour nom la 1ère Armée, la 2e DB, les FFI, les Compagnons de la Libération, la Croix-Rouge et la Défense passive.

Ce travail préalable fut complété par le ravivage de la Flamme de la nation sous l’Arc de triomphe. Vint ensuite la journée du rallye qui se clôtura par une cérémonie avec notamment la présence de la préfète déléguée pour l’égalité des chances, du directeur académique des services départementaux et du délégué militaire départemental.

Des équipes nombreuses et dévouées de civils et militaires méritent d’être encore saluées tout comme les porte-drapeaux pour la réussite de cette 14e édition du rallye citoyen. La remise d’une décoration à une officière de la réserve citoyenne, professeure d’un collège des Hauts-de-Seine, le dépôt de gerbes et la remise de prix dont la bande dessinée « avec le maréchal Juin » que j’ai offerte à une équipe gagnante donnèrent l’éclat final à ce moment de cohésion.

 

Claude Guy,

Délégué général du Souvenir-Français pour les Hauts-de-Seine.

 

Crédit photographiques : S. GUEVEL.

14e édition du rallye citoyen dans les Hauts-de-Seine.
14e édition du rallye citoyen dans les Hauts-de-Seine.
14e édition du rallye citoyen dans les Hauts-de-Seine.
14e édition du rallye citoyen dans les Hauts-de-Seine.
14e édition du rallye citoyen dans les Hauts-de-Seine.
14e édition du rallye citoyen dans les Hauts-de-Seine.
14e édition du rallye citoyen dans les Hauts-de-Seine.
14e édition du rallye citoyen dans les Hauts-de-Seine.

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Publié le 3 Mai 2025

Hommage à un jeune agent de la SNCF déporté et Mort pour la France il y a 80 ans.

Organisée par le comité de Bois-Colombes, sa présidente Christiane Drecq et son équipe notamment de jeunes, la cérémonie en hommage à l’un des « Cent » identifié dans notre délégation a eu lieu en avril dernier, en présence du maire et de plusieurs élus ainsi que d’une représentante de la SNCF.

Quelques voyageurs intrigués se sont joints à cette commémoration qui se déroulait dans la gare de Bois-Colombes.

L’évocation ci-dessous de ce destin tragique nous rappelle la fragilité de certaines de nos certitudes.

 

« Monsieur le maire, Monsieur l’adjoint chargé de la mémoire, Monsieur le conseiller municipal, Madame Legoux de la direction des lignes LAJ de la SNCF, Madame la présidente du comité du SF de Bois-Colombes, Monsieur le président du comité de Colombes, Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux, chers amis et voyageurs,

Chaque année notre association mémorielle rend hommage à des Morts pour la France, un par département dont le destin a basculé il y a 80 ans. Cette année est bien sûr marquée par la commémoration de la libération des camps et c’est Alfred Bihan (et non Le Bihan comme il est inscrit sur cette plaque mais lui-même l’écrivait parfois ainsi) qui a été retenu pour les Hauts-de-Seine et la revue les « Cent » qui sort en ce mois d’avril.

Le 23 août 2013, le réalisateur Dominique Philiponska et le professeur des écoles Alain Quillévéré ont présenté un documentaire de 52 minutes retraçant l'itinéraire d'Alfred Bihan, mort en déportation, dont l’histoire a pu être retracée grâce à une boîte contenant des documents militaires et son courrier personnel. Cette boîte fut découverte à la déchetterie de Lannion.

Alfred est né en 1917 à Landébaëron, petite commune près de Guingamp dans les actuelles Côtes d’Armor.

Membre d’une fratrie de huit enfants, il connaît à 15 ans, en 1932, l’épreuve de la mort de son frère puis celle de son père deux ans plus tard, en 1934, année au cours de laquelle il obtient à l'institution Saint-Joseph de Lannion les premiers prix de version latine et de version grecque.

Il entre en 1935 au grand séminaire de Saint-Brieuc. Mais sa vocation n'est pas affirmée. Il devance alors l'appel et rejoint le 8e régiment du génie à Versailles. Nous sommes en 1937.

3 ans plus tard, il est affecté le 1er mai 1940 à la 2e division cuirassée de réserve, dans les transmissions, avant le déclenchement de l'offensive allemande de mai-juin 1940. Engagé dans de violents combats sur le front dans les Ardennes, l’Oise et la Somme, sa conduite lui vaut une citation à l'ordre du régiment avec attribution de la Croix de guerre, avant d’être démobilisé le 30 août 1940. Le sergent Alfred Bihan rentre en Bretagne jusqu'en décembre 1941 comme ouvrier agricole.

C’est alors qu’il devient « agent temporaire », manutentionnaire à la gare de Bois-Colombes, tandis qu’il vit à Colombes, au 24 rue Jean-Louis Louet avant de déménager au 29 de la rue de Rueil (aujourd’hui rue d’Estienne-d’Orves), dans une pension de famille.

Ce jeune célibataire sans enfant, sans véritable qualification professionnelle est une proie facile pour répondre aux exigences allemandes qui réclament au gouvernement de collaboration 250 000 travailleurs dont 10 700 agents des chemins de fer. La loi du gouvernement de Vichy du 4 septembre 1942 permet notamment à l’inspection de la main d’œuvre des transports de répondre à la demande allemande. C’est ainsi qu’il est désigné pour partir le 18 décembre 1942 travailler dans les chemins de fer allemands. Cependant son « Certificat d’embauchage » de l’office de placement allemand ne sera pas honoré car Alfred Bihan refuse de partir pour l’Allemagne. Il devient réfractaire et retourne en Bretagne. Après quelques jours auprès de sa mère, il se réfugie dans une ferme sur la côte à Lézardrieux où il travaille comme ouvrier agricole sans doute sous une fausse identité. Il entre alors en contact avec un groupe de jeunes résolus à poursuivre la lutte auprès des Forces Françaises Libres du général de Gaulle. Leur plan consistait - j’allais dire tout simplement - à s'emparer d'une vedette du service des Phares et Balises afin de rejoindre l'Angleterre.

Mais au matin du 8 mars 1943, sur l'Île Maudez (Modez), c'est un navire de la Kriegsmarine qui vient cueillir Alfred et cinq de ses camarades dans l’anse du Trieux.

La dénonciation ne fait aucun doute, elle est d’ailleurs corroborée par différentes sources. Ils sont immédiatement incarcérés à la prison de Saint-Brieuc. 

Tous seront déportés, après avoir été regroupés avec d’autres résistants au camp de Royallieu près de Compiègne avant d’être transférés par wagons de marchandises en Allemagne en différents lieux aussi abominables les uns que les autres :

  • Au camp de concentration d’Oranienburg-Sachsenhausen le 10 mai puis à Küstrin, à 70 kilomètres à l’est de Berlin. Dans ce camp il y a là environ deux-cents Français (sur deux cent cinquante détenus, ce qui est une exception dans l’univers concentrationnaire) qui travaillent dans un grand complexe industriel Zellwolle Zellulose Werk, qui fabrique de la pâte à papier et des dérivés de la cellulose.

La plupart des détenus travaillent à l’extérieur des bâtiments (manutention, terrassement), mais quelques spécialistes sont affectés à l’intérieur de l’usine sur des machines. Et cela leur permet d’avoir des contacts avec des prisonniers de guerre français, des civils allemands, et d’obtenir ainsi quelques informations (comme l’annonce du débarquement en Normandie par exemple).

  • Transféré au kommando de Trebnitz, à 40 kilomètres à l’ouest de Küstrin, le 1er octobre 1944. Il est affecté à la carrière, c’est-à-dire dans des conditions physiques particulièrement difficiles.
  • Quatre mois plus tard, en raison de l’avance des troupes soviétiques, il est évacué par un froid glacial vers le camp de Flossenbürg le 02/02/45.
  • 15 jours plus tard, le 19 février 1945, il décède des suites des mauvais traitements, de la faim conjugués à une dysenterie qui se répand.

Tous les documents officiels indiquent comme date de décès le 20 février, mais Norbert Ferraguti, qui fut le dernier à le voir vivant et a pu se recueillir quelques minutes devant le corps de celui qu’il appelle encore « mon frère de misère » est formel : Alfred Bihan est décédé le 19 février, mais sa mort n’a été enregistrée que le lendemain, de façon que le block dans lequel il se trouvait puisse toucher sa ration de pain. Son corps est brûlé sur un bûcher dressé dans la cour, le four crématoire du camp ne pouvant accueillir le nombre élevé de cadavres.

Le 26 juin 1956, un décret lui décerne la Médaille militaire à titre posthume justifiée par la Croix de guerre obtenue dès août 1940 et la Médaille de la Résistance qui reconnaissait sa bravoure.

Voilà donc Mesdames et Messieurs, en quelques minutes l’histoire tragique de ce jeune homme que le Souvenir-Français a souhaité mettre à l’honneur dans les Hauts-de-Seine, 80 ans après la Libération des camps.

À lui et ses camarades dont le nom est inscrit dans le marbre dont on fait les statues, je livre notre devise « À nous le Souvenir, à vous l’immortalité ». »

Claude Guy,

Délégué général du Souvenir-Français pour les Hauts de Seine.

Hommage à un jeune agent de la SNCF déporté et Mort pour la France il y a 80 ans.
Hommage à un jeune agent de la SNCF déporté et Mort pour la France il y a 80 ans.
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Hommage à un jeune agent de la SNCF déporté et Mort pour la France il y a 80 ans.
Hommage à un jeune agent de la SNCF déporté et Mort pour la France il y a 80 ans.
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