Publié le 19 Avril 2010

Entree troupes francaises Monastir, 1918.jpg

1918 : les troupes françaises entrent dans Monastir (auj. Bitola en Macédoine)

 

1 - La guerre en Orient.

 

Ouvrir un second front.

Qui se souvient que des soldats français ont fait la Première Guerre mondiale dans les Balkans, et que celle-ci a d’ailleurs duré jusqu’en 1919 ?

 

A la fin de l’année 1914, la situation semble inextricable. Après les offensives et les longs mouvements de conquête et de retraite de l’automne, les Alliés, comme les armées des Empires centraux, se sont enterrés dans des tranchées. Au cours de cette première année de guerre les pertes sont déjà phénoménales. La France a vu mourir plus de 500.000 de ses soldats.

 

Winston Churchill, alors Premier lord de l’Amirauté (ministre de la Marine britannique), défend l’idée de l’ouverture d’un second front en Europe, et du côté des Balkans. Dans un triple objectif : ravitailler l’Armée russe via la mer Noire ; contourner les Empires centraux ; occuper Constantinople, capitale d’un Empire ottoman, considéré comme le « grand malade » du continent et par ailleurs allié de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

 

Gallipoli.

 

Une expédition maritime est proposée et envoyée. Sans grand succès. La présence de mines, de côtes fortifiées (donc difficiles à bombarder) et de nombreux sous-marins allemands ne facilitant pas les manœuvres ! Une nouvelle expédition est menée. Elle est terrestre et consiste en l’envoi d’un premier contingent de 75.000 soldats anglo-français (auxquels il convient d’ajouter des unités australiennes et néo-zélandaises) sur la presqu’île de Gallipoli, à l’entrée du détroit des Dardanelles. C’est une catastrophe : les soldats sont littéralement hachés par l’artillerie ottomane, sous le commandement du général allemand Liman von Sanders. Un second débarquement se déroule quelques semaines plus tard pour renforcer un dispositif déjà à bout de forces. Il ne fait qu’ajouter des morts. Les anglo-français doivent abandonner les lieux. Leur chef, le général Gouraud, vient de quitter le front, amputé du bras droit. Les Alliés réussissent néanmoins à sauver environ 100.000 hommes et les faire débarquer à Salonique, en Grèce, pays alors neutre, quoique soupçonné de docilité vis-à-vis de l’Allemagne.

 

Là, les soldats n’ont pas le temps de se refaire une santé. Le corps expéditionnaire devient l’Armée d’Orient et tente de faire la jonction avec les restes de l’Armée serbe qui vient de traverser la Macédoine, du nord au sud. La Serbie connait au début de la guerre quelques victoires, avec notamment la reprise de la ville de Belgrade, mais les défaites s’accumulent par la suite. De plus, la Bulgarie entre dans le conflit aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. L’expédition française pour porter secours aux troupes serbes s’avère vite être un échec et le retour vers Salonique se déroule à la fois dans des conditions climatiques détestables et sous le feu des armées des Empires centraux, qui multiplient les combats avec les unités de l’arrière-garde alliée.

 

Le camp de Salonique.

 

Salonique devient alors un immense camp militaire retranché, sous la menace permanente des armées allemandes, austro-hongroises et bulgares. L’Armée grecque s’est interposée entre les deux et tente d’éviter le pire. Au sommet de l’Etat grec les dissensions entre le Premier ministre, Vénizelos, partisan de la Triple-Entente (France, Russie, Empire britannique) et le roi Constantin 1er, pro Empires centraux, sont plus vives que jamais. Et les soldats alliés enfermés ne peuvent qu’attendre les ordres. Pour combattre la dysenterie, la malaria, le paludisme, la malnutrition et le scorbut, ils collaborent à l’assèchement des marais et se mettent à cultiver la terre. Une partie du camp se transforme en un immense potager. D’où la réplique, sarcastique, de Georges Clemenceau : « les jardiniers de Salonique ».

 

De leurs côtés, les états-majors s’affèrent pour mettre en place des unités dignes de ce nom. Le général français Maurice Sarrail tente un équilibre : ne pas déplaire aux Grecs, qui sont toujours neutres, faire attention aux espions allemands, bulgares ; faire régner l’ordre entre les troupes françaises, serbes, anglaises, australiennes, néo-zélandaises, italiennes, sans oublier les contingents indiens et africains.

 

En 1916, sollicitée des deux côtés, la Roumanie entre en guerre finalement en se rapprochant des Alliés. Dans le même temps, le général Sarrail voit les Grecs dégarnir les postes qui sont sensés protéger les Alliés. Il décide de sorties : les Serbes attaquent les premiers et reprennent aux Bulgares les monts menaçant la plaine de Salonique. De leur côté, les Français entrent en Macédoine et fixent les troupes germano-bulgares. L’aide des Roumains est de courte durée : à la fin de l’année 1916, le pays est entièrement envahi par les puissances centrales. Tout au long de l’année suivante, quelques combats sporadiques opposent les deux camps.

 

L’offensive victorieuse de 1918.

 

Il faut attendre 1918 pour que l’offensive majeure se déroule. Au cours de 1917, le général Adolphe Guillaumat s’est ingénié à remonter le moral des troupes, à les entretenir et surtout à les soigner. Les épidémies sont enfin endiguées. Le général contribue aussi fortement à l’implantation d’un état-major interallié, suffisamment solide et intelligent pour ne froisser aucun des pays contributeurs, tout en permettant des décisions rapides et efficaces. De plus, les Grecs finissent par s’engager dans le conflit aux côtés des Alliés. Le camp de Salonique n’est plus retranché ! Le temps de la reconquête est arrivé.

 

En juin 1918, rappelé à Paris par le nouveau Président du Conseil, Georges Clemenceau, le général Guillaumat est remplacé par le général Louis Franchet d’Espérey, qui peut enfin mettre en œuvre la globalité du plan élaboré par son prédécesseur. Le 15 septembre 1918, avec l’accord des gouvernements anglais et italiens, Franchet d’Espérey lance les armées alliées à la reconquête des Balkans. A l’est, les soldats anglais et grecs attaquent en direction de la Bulgarie (vallée du Vardar). Au centre, les Français et les Serbes, progressent rapidement et s’emparent de l’ensemble de leurs objectifs. L’un des épisodes les plus fameux de cette offensive reste la dernière charge de cavalerie de l’Armée française : sous le commandement du général Jouinot-Gambetta, la brigade à cheval des chasseurs d’Afrique réussit un raid de plus de 70 km à travers les montagnes, à plus de 2.000 mètres d’altitude. Le 29 septembre, les cavaliers prennent par surprise Usküb, la capitale de la Macédoine. Le soir même, les Bulgares sont acculés à signer un armistice.

 

Pendant ce temps, Franchet d’Espérey continue sa marche en avant et se dirige maintenant vers Bucarest, capitale de la Roumanie. Mais l’objectif est bien l’entrée en Autriche-Hongrie. L’armistice général du 11 novembre 1918 met un terme à la reconquête des Alliés, qui se retrouvent à ce moment-là bien plus proches des Empires centraux que leurs homologues de l’ouest. Mais pour l’Armée d’Orient, la guerre n’est pas encore terminée.

 

1919.

 

L’Armée Française d’Orient est à nouveau rebâtie pour se transformer en trois unités :

 

  • - L’Armée du Danube : commandée par le général Berthelot, elle est constituée des unités qui sont stationnées en Roumanie, d’abord à Bucarest puis dans le delta du Danube. Il s’agit de faire face aux nouveaux ennemis : les Russes bolchéviques qui eux sont positionnés en Moldavie (sous domination russe à l’époque).
  • - L’Armée de Hongrie, sous le commandement du général Labit, est chargée de mettre fin aux agissements des bolchéviques hongrois.
  • - Le Corps d’Occupation de Constantinople, a pour mission de faire régner l’ordre dans une partie de ce qui est bientôt l’ancien Empire ottoman.

 

Face aux « Rouges » et en appui des Russes « Blancs » (tsaristes), les troupes françaises vont stationner et se battre pendant plus de cinq mois après la fin officielle de la Première Guerre mondiale. Les ports russes sont envahis par des bateaux français et anglais : il s’agit d’étouffer économiquement le nouveau pouvoir de Lénine. Mais le retournement de la situation militaire (les Rouges amassant les victoires), les mutineries de marins français dans le port d’Odessa, et de plusieurs compagnies dans l’Armée du Danube, précipitent le retour des soldats français en métropole au printemps 1919.

 

 

2 - Pierre Achalme au 371ème RI.

 

Au 371ème RI.

 

Pierre François Achalme, 2ème classe au 371ème régiment d’infanterie, nait le 19 octobre 1895 dans le 17ème arrondissement de Paris. De la classe 1915, il porte le matricule au corps n° 5826.

 

Le 371 a pour casernement Belfort en 1914. Il fait partie de la 114ème brigade d’infanterie, de la 7ème région et du 4ème groupe de réserve. En cette première année de guerre, il participe aux opérations en Alsace puis dans les Vosges. En octobre – novembre 1915, il embarque pour Salonique.

 

Carnets d’Emile Nussbaum.

 

Emile Nussbaum, caporal au 371ème RI écrit à sa sœur :

 

  • - 3 octobre 1915 : « Chère sœur, je viens par cette lettre t’apprendre une nouvelle qui ne te fera pas trop plaisir. Notre régiment, et bien d’autres, fait partie du Corps Expéditionnaire d’Orient, nous sommes pour le moment à Meximieux pour le repos. On nous vaccine contre le choléra et on nous habille et équipe à neuf, nous allons y rester 4 ou 5 jours et de là nous sommes dirigés sur Marseille et embarquer pour la Serbie ».
  • - 12 octobre 1915 : « Le 8, nous partons pour de bon. Nous étions très bien à bord et comme je te l’ai dit c’était un Transatlantique du nom de « Princesse de Montfaléone », il a fait un temps superbe tout le temps de la traversée, le 8 et le 9 nous avions en vue les côtes de la Corse, Sardaigne et Sicile, puis d’Italie. Le 10, nous n’avons pas aperçu la terre de toute la journée. Le 11, nous avons vu des côtés dont je ne connais pas le nom et nous avions été en alerte toute la journée c’est-à-dire en pantalon et en veste sans chaussures, et de fortes ceintures de liège, nous craignons les sous-marins Austro-boches mais nous avons eu de la chance. Le 12 à minuit, nous débarquions en bon état au port de Salonique, c’est une ville assez bizarre sur le bord de la mer et en coteau, c’est très beau en regardant de la mer, mais c’est une ville sale avec des pavés très mal unis et peuplée de gens de toutes les nations, beaucoup de Français et d’Anglais. Mais les gens du pays sont très paresseux, on voit tous les hommes se faire traîner par de petits ânes, et leurs jambes trainent presque par terre. On en voit couchés au soleil des journées entières. Il y a beaucoup de commerçants de toutes sortes et à peine arrivés, nous étions assaillis par des marchands de figues, gâteaux, toutes sortes de fruits et camelotes sont réunies ici, c’est le genre de Sidi que l’on voit en France. On parle très bien le Français et on achète même des journaux imprimés en Français. La soirée du 12 fut consacrée au montage de nos tentes où nous couchons, c’est un grand camp occupé par des Français et des Anglais et des troupes de colonies. Nous avons vu les troupes Grecques qui sont dans Salonique. C’est un type très mou mais qui peut être un très bon soldat ».

 

Peu après son installation, le régiment se rend en Serbie du sud (Macédoine actuelle) en passant par la vallée de la Vardar, au cœur des montagnes du nord de la Grèce. La mission consiste à faire la liaison avec les troupes serbes qui retraitent à travers la Macédoine. C’est au cours de ces engagements, le 2 décembre 1915 – anniversaire de la bataille d’Austerlitz – que Pierre Achalme meurt de ses blessures dans la ville de Krivolac.

 

Pierre Achalme avait vingt ans. Son nom figure aujourd’hui sur le monument aux morts de la Première Guerre mondiale de la commune d’Asnières-sur-Seine.

 

 

Sources :

 

- Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.

- André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.

- Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

- Pierre Miquel : Les poilus d’Orient, Fayard, 1998 ; La poudrière d’Orient, Fayard 2004 ; Le gâchis des généraux, Plon 2001 ; Les Poilus, Plon, 2000 ; Je fais la guerre, Clemenceau, Taillandier, 2002 ; Les Enfants de la Patrie, Fayard, 2002.

- Pierre Gosa : Franchet d’Espérey, Nouvelles Editions Latines, 1999.

- Jacques Ancel : Les travaux et les jours de l’Armée d’Orient, Paris, 1921.

- Site internet www.chtimiste.com sur l’historique des régiments et les carnets du caporal Emile Nussbaum du 371ème RI.

- Journal de Marche du 371ème RI.

- Journal de Marche de la 114ème division d’infanterie

- Journal de Marche du Corps Expéditionnaire d’Orient

 

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Publié le 18 Avril 2010

Le collège Evariste Galois, de Bourg-la-Reine, où Matthieu Starynkevitch est élève de 5ème, a organisé au mois de février 2010, en collaboration avec le Souvenir Français, dont Monsieur Claude Pocholle est le président, un voyage en Artois. Voici le récit du jeune Matthieu.

 

ND de Lorette - Bombardements

Notre Dame de Lorette sous les bombardements par François Flameng.

 

« Hier, nous sommes allés voir différents lieux de la Grande guerre (1914/1918), tous en rapport avec la bataille de l'Artois qui a eu lieu en avril 1916.

 

Nous avons commencé par nous rendre à  la carrière Wellington ; les aménagements permettant au grand public d'y accéder sont très récents (mars 2009). La guide nous a expliqué que ce sont des anciennes carrières de craie du Moyen-âge récupérées et aménagées par les britanniques. Les nombreuses galeries sont reliées entres elles par des tunnels creusés par des sapeurs néo-zélandais, dès octobre 1914. Il y a des indications de l'époque sur les murs permettant de ne pas se perdre. Il y avait deux grands réseaux de carrières dans lesquels 24.000 hommes ont attendu des jours durant, avant de partir à l’assaut pour une diversion que voulait être la bataille de l'Artois pour faciliter l’assaut principal : le Chemin des Dames. Mais les combats furent des hécatombes, la moitié des britanniques provenant des carrières fut décimés. Il faisait un froid terrible au moment de la bataille et les soldats devaient enlever leurs manteaux pour courir plus vite. Les conditions étaient donc épouvantables mais les carrières étaient plus confortables que les tranchées, car mieux aménagées et à l’abri des bombardements.

 

Puis nous sommes allés pour nous recueillir au cimetière militaire français de  Notre Dame de Lorette où plus de 40 000 hommes sont enterrés : 20 000 dans des tombes identifiées, et 20 000 autres dans des fosses communes, dans la mesure où on ne pouvait pas les reconnaître. Il y a aussi une grande nécropole. Devant l’ossuaire, nous avons participé à une cérémonie du souvenir, étant venus avec nos instruments de musique et ayant entonné la Marseillaise et l’Hymne européen. Plusieurs présidents d’anciens combattants et deux porte-drapeaux nous accompagnaient. Monsieur Dominique Robillard, Maire de Ablain Saint Nazaire (62) et notre Maire, Jean-Noël Chevreau nous ont rappelé l’histoire de ce site, la bravoure des soldats qui l’ont défendu, et les raisons de ce vaste cimetière.

 

Puis nous sommes allés à Vimy, terre française donnée aux canadiens ou il y a les tranchées d'origine et, ce qui était une plaine jadis, est parsemé de cratère d'obus et de mines. Il y a aussi un mémorial immense de 4 000 tonnes de pierres, venant de Yougoslavie (souvenir de Sarajevo), construit par les Canadiens, en souvenir des combats acharnés pour prendre cette colline et pour s’y maintenir.

 

Nous remercions mille fois la Mairie, les Anciens Combattants, Madame Odile Giraud-Péguy, petite-fille de Charles Péguy, qui nous accompagnaient, et le Souvenir Français qui nous avait aidé à organiser cette sortie ».

 

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Publié le 16 Avril 2010

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Le vendredi 9, le samedi 10 et le dimanche 11 avril derniers, s’est tenu à Orléans le congrès national du Souvenir Français.

 

Un office religieux a été célébré en la synagogue d’Orléans le vendredi soir. Puis, le samedi matin, le congrès a débuté, au centre de conférences, par une réunion du conseil d’administration et des délégués généraux de notre association. Le samedi après-midi l’assemblée générale s’est déroulée, avec en premier lieu, le rappel de nos représentants disparus au cours de l’année écoulée. Puis, des directives (dont certaines devraient être prochainement modifiées) et le rôle du délégué général ont été rappelés.

 

Parmi ces informations, il convient d’indiquer la reprise par le Souvenir Français d’un certain nombre d’associations :

 

  • - l’association qui gère le monument des Sept soldats inconnus de Verdun (c’était parmi eux que le Soldat sous l’Arc de Triomphe avait été choisi).
  • - reprise de l’ensemble des archives de Rhin et Danube.
  • - conventions signées entre le Souvenir Français et l’association de la 3ème DIA, le département de la Meuse et le Comité national du Souvenir de Verdun.

 

Par ailleurs, le conseil d’administration de notre association a parfaitement conscience de l’obligation de communication pour mieux faire connaître ses actions : un partenariat avec une société de communication devrait être prochainement signé.

 

Pour les travaux ayant été réalisés au cours de l’année écoulée, il convient de citer, entre autres :

 

  • - Allier : monument à la mémoire des combattants de 1870 à Moulins.
  • - Indre : création d’un ossuaire à Buzançais.
  • - Lot et Garonne : création d’un monument à la mémoire des Morts pour la France en Indochine à Agen.
  • - Pyrénées orientales : stèle à la mémoire des harkis à Perpignan.
  • - Seine Saint-Denis : rénovation du carré militaire des Lilas.
  • - Maroc : rénovation du monument aux morts de Rabat.
  • - Russie : inauguration d’une stèle à la mémoire de l’Escadrille Normandie – Niémen.

 

Les grèves dans les transports ayant empêché un aumônier militaire du culte musulman d’être présent au congrès, une minute de silence a été demandée par le général Gérard Delbauffe, président-général de notre association, à la mémoire de tous les combattants musulmans morts pour la France.

 

Le samedi soir, une réception à l’hôtel de ville a conclu la journée. Le dimanche matin, les participants ont suivi une messe solennelle en la cathédrale.

 

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Publié le 9 Avril 2010

2009-12-19, Normandie-Niemen 012

 

 

Chefs et commandants de l’escadrille - Stationnements.

 

Le premier groupe est constitué de cinquante-huit hommes, dont quatorze pilotes. Il est placé sous le commandement du commandant Pouligen. L’escadrille rejoint la base aérienne d’Ivanovo, à 250 km au nord-est de Moscou.

 

Par la suite les commandants de l’unité sont :

 

  • - Février à Juillet 1943 : commandant Jean Tuslane.
  • - Juillet 1943 à Décembre 1944 : commandant Pierre Pouyade.
  • - Décembre 1944 : commandant Louis Delfino.

 

Tout au long de la guerre, l’escadrille aura de nombreux stationnements : Polotniani, Atki, Toula, Alitous, Sredniki, Dopenen, Labiau… Deux noms doivent certainement se rappeler à la mémoire des « napoléoniens » : en février 1945, elle est basée à Eylau et en avril 1945 à Friedland.

 

 

Les missions et batailles de l’escadrille Normandie - Niémen.

 

Les missions et les batailles peuvent être regroupées en trois campagnes (retrouvez les détails dans l’album de photographies « Normandie-Niémen » :

 

  • - 1ère campagne de novembre 1942 à novembre 1943 : cette première campagne porte les aviateurs de leur base d’origine à Doubrovka, près de Smolensk  (frontière de la Biélorussie) en passant par Polotniani-Zavod, Mosalsk, Kozielsk, Khationki, ou encore Gorodietchnia et Sloboda.
  • - 2ème campagne de mai à décembre 1944 : les pilotes se battent depuis la Biélorussie jusqu’en Lituanie, le long du fleuve Niémen (Alitous, Antonovo, Dopenen, Gross Kalweitchen). C’est d’ailleurs à ce moment-là que Joseph Staline décide d’accoler le nom de Niémen à celui de Normandie.
  • - 3ème campagne de décembre 1944 à juin 1945 : l’escadrille Normandie – Niémen se bat en Lituanie et en Prusse Orientale. A la fin de cette année 1944, les aviateurs sont les premiers Français à porter bataille dans le territoire du IIIème Reich.

 

Au cours de ces trois campagnes, l’escadrille effectue 5.240 missions qui donnent lieu à 869 combats aériens et elle est victorieuse à 273 reprises. Au cours de ces mêmes combats, elle perd 42 pilotes.

 

 

L’intervention de Staline.

 

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pilotes français se préparent à rentrer dans leur terre natale, libérée du joug allemand. Au moment même où ils s’envolent, grâce à des appareils militaires russes, Staline les fait rappeler. Certains pensent qu’ils ont commis une bévue, voire plus, en quittant le sol soviétique. En fait, le généralissime, secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, convoque les pilotes, les remercie pour leur action et les invite, comme le veut la tradition, à rejoindre la France à bord de leurs propres avions de chasse ! Les hommes de l’escadrille Normandie – Niémen sont accueillis en héros le 20 juin 1945 à l’aéroport du Bourget.

 

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Publié le 7 Avril 2010

 

  auschwitz

 

 

Le 27 janvier 2010, jour anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auswitchz, avec 25 enfants du collège Sophie Barat de Chatenay-Malabry et des survivants de ce camp, le Souvenir Français de Chatenay-Malabry, présidé par Marie-Françoise Belin, a ravivé la Flamme sous l'Arc de Triomphe. Rappelons les mots de Raphaël Esrail, président de l'UDA (déportés d'Auschtwitz) dans le numéro de Janvier 2010 de la revue "Après Auschwitz" (Décembre 2009) : "Dans le monde complexe où nous vivons, où l'antisémitisme et le racisme n'ont pas disparu, nous nous efforçons encore et toujours, de croire en l'Homme. C'est ce même effort qui, hier, fut aussi la source de notre survie". 

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Publié le 5 Avril 2010

  Maurice Challe

 

  

Le sous-lieutenant Maurice Challe.

 

"Ne pas subir" (devise de Jean de Lattre de Tassigny).

 

1940 : en quelques semaines, la défaite de l’Armée française est consommée. Les troupes allemandes entrent à Paris, déclarée ville libre, le 14 juin. Le 17 juin, le maréchal Pétain, à qui le parlement vient de donner les pleins pouvoirs, prononce les mots suivants : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat ». Des Français ne renoncent pas. Suivant l’appel du général de Gaulle, ils le rejoignent à Londres ou entrent en résistance soit sur le territoire national soit au cœur des colonies de l’Empire français.

 

Au mois de juillet 1940, le général créé les Forces Aériennes Libres. Un peu moins d’une année plus tard, en juin 1941, l’Allemagne envahit l’URSS. C’est l’Opération Barbarossa. De Gaulle y voit un espoir pour la France : aider les Soviétiques à combattre les Allemands, c’est aussi une manière de contrer quelque peu l’influence anglaise dans le cadre du rapprochement des Alliés.

 

Au même moment, en Syrie, les troupes fidèles à la France Libre battent les troupes françaises restées à la botte du régime du maréchal Pétain. De Gaulle se rend à Damas et commence un rapprochement avec des représentants russes, dont l’ambassadeur à Londres. Ensuite, il confie une mission au général Petit. Les deux hommes se connaissent bien : ils étaient à Saint-Cyr ensemble. Petit se rend donc à Moscou et règle avec les Russes les modalités d’interventions d’une force armée. Le moyen le plus simple est l’organisation d’une escadrille. Mais pour se rendre en URSS, il faut passer par l’Iran, et rien n’est moins simple.

 

Du fait de l’opération Barbarossa, les relations diplomatiques sont rompues entre l’Etat français de Vichy et l’URSS. Le personnel de l’ambassade de France en ce pays est rappelé ; le lieutenant-colonel Luguet, attaché d’ambassade pour l’Armée de l’Air française, confirme la bonne volonté des soviétiques de recevoir un appui de pilotes français. Après les escadrilles « Alsace » et « Ile-de-France », une troisième unité est créée sous le nom de « Normandie ». Les négociations avec le haut commandement stalinien s’avèrent délicates : que faire de quelques dizaines de pilotes français dans l’Armée Rouge ? Ou les placer ? Finalement, à la fin de l’année 1942, l’escadrille est formée à Rayack au Liban, grâce à 60 militaires français (dont 14 pilotes de chasse) et rejoint la base d’Ivanovo, à 250 km au nord de Moscou. L’instruction peut commencer.

 

Le 19 mars 1943, le général Petit, chef de la Mission militaire française à Moscou, à la suite d’une inspection de l’escadrille en compagnie du colonel Levandovitch, du commandement supérieur des Forces aériennes de l’Armée Rouge, proclame : « Par ses qualités militaires et morales, cette unité est prête pour partir sur le front ».

 

L’escadrille Normandie, qui ajouté à son nom, « Niémen » peut commencer sa guerre. Le froid, les avions « Yak », la bureaucratie, les suspicions et interrogations : tout a été surmonté…

 

 

Des pilotes.

 

Voici ci-dessous quelques notices biographiques de pilotes de Normandie-Niémen (dont vous retrouverez la plupart des photographies dans l’album « Normandie-Niémen ») :

 

  • - Commandant Jean Tulasne, né à Nancy en 1912 et disparu officiellement en vol le 17 juillet 1943 pendant un accrochage avec l’ennemi au nord-ouest d’Orel. A commandé l’escadrille du 22 février 1943 au 17 juillet 1943.
  • - Colonel Pierre Pouyade, né à Cerisiers dans l’Yonne et mort le 5 septembre 1979 à Bandol. Ses cendres furent immergées au large de Toulon. Il fut commandant de l’escadrille du 12 octobre 1943 au 12 décembre 1944.
  • - Jules JOIRE, né à Roubaix le 29 Août 1914 et décédé le 18 Mars 1944 lors d'une collision pendant un vol d'entrainement. Présent à l'escadrille du 12 Octobre 1943 au 18 Mars 1944.
  • - Capitaine Maurice de Seynes, né à Paris le 7 Août 1914 et tué le 15 Juillet 1944 dans un accident d'avion en refusant d'abandonner son mécanicien qui se trouvait avec lui, dans la région de Mikountani. Présent à l'escadrille du 1er Janvier 1944 au 15 Juillet 1944.
  • - Commandant. Roland de La Poype, né à Pradeaux (Puy-de-Dôme), le 28 Juillet 1920, ayant quitté l'armée peu de temps après être rentré de Russie. Le commandant a pris sa retraite en 1985. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 20 Juin 1945.
  • - Lieutenant Didier Beguin, né le 14 Décembre 1918 à Paris, tué en Hollande au cours d'une mission, par la DCA le 26 Novembre 1944. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 16 Février 1944.
  • - Lieutenant Marcel Lefèvre, né aux Andelys (Eure) le 17 Mars 1918, grièvement brûlé lors d'une mission le 28 Mai 1944, il décède de ses blessures à Moscou le 5 Juin 1944. Son corps sera rapatrié en 1953, il repose au cimetière des Andelys. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 5 Juin 1944.
  • - Commandant Joseph Risso, né le 23 Janvier 1920 à Cadolive (Bouches-du-Rhône), décédé le 24 Novembre 2005 ; n'a jamais quitté l'armée où il a fait une brillante carrière et a terminé avec le grade de général de brigade. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 1er Septembre 1945.
  • - Sous-lieutenant Albert Durand, né le16 Septembre 1918 à Grasse (Alpes-Maritimes) ; porté officiellement disparu le 1er septembre 1943 lors d'une mission en pleine attaque. Son palmarès était de 10 victoires homologuées dont 4 individuelles. Présent à l'escadrille du 28 Novembre 1942 au 1er Septembre 1943.
  • - Sous-lieutenant Maurice Challe, né le 18 Juin 1911 à Reims ; est tué au combat dans la région de Pillau (Prusse-Orientale) le 27 Mars 1945. Il est le dernier tué de l'escadrille. Présent du 18 Mars 1944 au 27 Mars 1945.
  • - Capitaine Charles de La Salle (de son vrai nom, Charles d'Anfreville de Jurquet de La Salle) né le 21 Août 1914 à Soulac (Gironde) décédé accidentellement le 8 Août 1969. Présent à l'escadrille du 8 Mai 1944 au 20 Juin 1945.
  • - Capitaine Marc Charras, né le 24 Mai 1916 à Saigon (Indochine) ; est tué le 30 Juillet 1949 en Indochine en combat aérien. Présent à l'escadrille du 24 Février 1944 au 20 Juin 1945.
  • - Capitaine René Challe, né le 6 Juin 1913 à Besançon (Doubs) ; grièvement blessé lors d'un combat aérien le 17 Janvier 1945, il finira la guerre à l'hôpital. Il décède le 4 Avril 2006 en Normandie, il était Colonel. Présent à l'escadrille du 18 Mars 1944 au 17 Janvier 1945.

 

 

Après la Seconde Guerre mondiale.

 

Un temps stationnée au Bourget, l’escadrille est envoyée sur Toussus-le-Noble et prend le nom de régiment de Chasse Normandie - Niémen. Pendant la guerre d’Indochine, il est basé à Saïgon. En 1953, l’unité est scindée en deux et l’une des parties prend le nom d’Escadron de chasse 2/6 Normandie – Niémen. Par la suite, la 6ème escadre est dissoute et l’escadrille passe à la 30ème escadre de chasse, d’où son nouveau nom : Escadron de chasse 2/30 Normandie – Niémen. Nouvelle dénomination en 1993 puis en 1995 : « Escadron de chasse 1/30 Normandie – Niémen ». Le 3 juillet 2009, la dissolution est définitive. Une partie des avions et des pilotes, ainsi que le drapeau, rejoignent la base de Reims.

 

Parmi les décorations de l’escadrille, il convient de nommer :

 

  • - Pour la France : légion d’Honneur, ordre de la Libération, médaille militaire, croix de Guerre avec six palmes.
  • - Pour l’Union soviétique : Héros de l’Union soviétique Etoile d’Or, ordre de Lénine, ordre du Drapeau rouge, ordre d’Alexandre Nevski, ordre de la Guerre pour la Patrie, ordre de l’Etoile rouge, médaille de la Victoire, médaille de la prise de la forteresse de Königsberg.

 

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Publié le 24 Mars 2010

Fils de mineur, né à Denain, Monsieur Léon Gary, aujourd’hui disparu, avait en lui le mélange de rudesse de caractère et de chaleur humaine des Ch’tis. « Les gens du Nord ont dans leur cœur le soleil qu’ils n’ont pas au dehors ; ils ouvrent leurs portes à ceux qui ont souffert » a écrit le chanteur Enrico Macias.

 

 

 

 

Apprenti tourneur-ajusteur à l’âge de 14 ans, Léon Gary vient à Paris pour y trouver du travail. Il œuvre dans différentes usines. Mais sa vie bascule six années plus tard, en janvier 1944. Après quatre années d’occupation allemande, la capitale, comme l’ensemble du territoire, voit la Résistance s’organiser. Ainsi, le 1er janvier sont créées les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) ; le 5 janvier, les Mouvements Unis de la Résistance se transforment en un Mouvement de Libération Nationale (MLN) grâce à l’intégration des groupements de la Résistance de la Zone Nord (qui fut la Zone Occupée).

 

Le 6 janvier 1944, Philippe Henriot est nommé secrétaire d’Etat à l’information et à la propagande. C’est un Collaborateur notoire. Il est membre de la Milice et harangue les Français à soutenir les troupes nazies dans des tribunes qu’il publie dans Je suis Partout.

 

Des rafles sont organisées. Léon Gary tombe dans l’une d’elles ce même 6 janvier. Il est emmené en Allemagne, à Berlin, et croupit dans la prison centrale de Tegel. Au cours d’un bombardement allié, Léon Gary est grièvement blessé. Il est alors transféré dans la prison de Moabit, du nom de ce quartier de la capitale du IIIème Reich. Libéré par les Russes le 2 mai 1945, il est par la suite rapatrié en France par les soldats américains. Il est enfin de retour chez lui à la fin du mois de mai 1945.

 

Il reprend ses activités. Employé d’abord chez SKF, Léon Gary entre ensuite à l’arsenal de Rueil en 1951 et y travaille jusqu’à sa fermeture pour rejoindre le service Industriel de l’Armement. Il termine sa carrière au ministère de la Défense nationale, après 32 ans de services, en tant qu’ouvrier hautement qualifié. A l’âge de 60 ans, il prend sa retraite.

 

Entre temps, il a rencontré Jeannette, qui devient son épouse.

 

En février 1986, Léon Gary est appelé à succéder à André Mansat, fondateur du Comité du Souvenir Français de Puteaux. Le nouveau président se met à la tâche sans attendre. Il aide les familles à retrouver les traces et les sépultures des aïeux morts au combat. Il oriente, il informe. Il réorganise et restructure les carrés militaires du cimetière nouveau de Puteaux. Ainsi, aujourd’hui le cimetière compte deux carrés :

 

- le premier concerne les morts pour la France de la guerre de 1914-1918. Il regroupe 85 tombes individuelles, dont certaines sont postérieures à la fin du conflit. Ainsi, Marcel Robert est mort le 16 mars 1926, au cours des combats contre la révolte des syriens pendant le mandat français sur le pays.

 

- le second concerne la guerre de 1939-1945 et rassemble 34 tombes, dont 11 pour des fusillés pendant l’Occupation allemande (Mont Valérien). Des Putéoliens morts pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie sont également enterrés dans ce carré.

 

Pour toutes celles et ceux qui l’ont connu, Léon Gary a laissé l’image d’un homme bon, au grand cœur, et surtout au service de tous.

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Publié le 18 Mars 2010

Départ en mission



Georges Fleury, in La guerre en Algérie (Ed. Payot) :

"J'ai écrit ce livre (...) pour que les enfants d'aujourd'hui, ceux de demain, se rendent compte que leur père ou leurs grands-pères n'ont pas été pires que d'autres, alors même qu'ils étaient confrontés à des situations extrêmes qui dépassèrent souvent ceux qui les avaient envoyés se battre dans ces djebels si beaux dont ils rêvent encore la nuit et ou des petits riens les ramènent parfois. Il suffit d'un copain retrouvé, d'une phrase en arabe cueillie au coin d'une rue, d'une odeur de merguez, d'un petit coup de vent chaud, d'un verre de vin rosé, d'une tasse de thé, du miel d'une pâtisserie, pour qu'ils entendent encore l'étrange et lancinante petite musique de là-bas. Celle de nos vingt ans...".

Retrouvez des clichés de l'Algérie et de la guerre d'Algérie dans l'album éponyme.

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Publié le 14 Mars 2010


Presentation de l'Escadrille Normandie-Niemen

 


Grâce à l'action conjugée de Françoise-Marie Belin, présidente du Comité de Chatenay-Malabry, du docteur Alain Farges, du Mémorial Normandie-Niémen, de Josette et Michel Leclercq, de Chatillon, voici un premier résultat de nos travaux sur l'Escadrille Normandie-Niémen : il s'agit d'un album de photographies. L'histoire de cette unité, prestigieuse, ainsi que le détail des missions feront l'objet de prochains articles sur ce site Internet.

A bientôt, et en attendant, retrouvez les photographies dans l'album intitulé : "006 - Normandie - Niemen".

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Publié le 5 Mars 2010

Dien Bien Phu - 1954
Parachutistes à Diên Biên Phù. 

 

 

Les parachutistes coloniaux.

 


Les bataillons de parachutistes coloniaux ont une histoire complexe et mouvementée. Le point de départ généralement admis est la rencontre entre le général de Gaulle et le capitaine Georges Bergé.

 

Georges Bergé nait en janvier 1909 dans le Gers, à Belmont. Formé à l’Ecole de l’Infanterie et des Chars de Saint-Maixent, il est par la suite détaché de l’Armée de terre dans l’Armée de l’air, au groupe d’infanterie de l’Air n°601. Mais des problèmes de santé l’obligent à renoncer à sauter en parachute et il revient à son arme d’origine en 1938.

 

Blessé lors des premières batailles de la Campagne de France en mai 1940, il est évacué vers l’arrière puis dans sa Gascogne natale. Là, écoutant le discours du général de Gaulle, il s’embarque et rejoint les Forces Françaises Libres en juin 1940. Le capitaine Bergé propose au général de compléter l’armée en formation en créant une unité de parachutistes.

 

Ainsi nait la 1ère compagnie d’infanterie de l’air. L’une de ses premières missions parachutée – nommée « Savannah » – consiste à créer un embryon de la Résistance à Bayonne. Par la suite, la compagnie se couvre de gloire à l’occasion d’opérations au Levant (1941) ; en Crète, en Lybie et en Tunisie (1942) ; en Belgique (1944). Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, l’unité est envoyée en Bretagne. Grâce à l’appui des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), ce sont près de 85.000 Allemands qui sont retenus dans la région. De fait, ils ne peuvent venir en aide à leurs camarades de Normandie. La compagnie aéroportée signe là une de ses victoires majeures. Quelques mois plus tard, la compagnie participe à la bataille des Ardennes, puis est parachutée sur la Hollande.

 

Devenue brigade de parachutistes SAS (sur le modèle des Special Air Service anglais), elle s’illustre lors de son premier séjour en Indochine. Mais la guerre allant crescendo dans cette colonie française, le grand commandement français décide de créer en 1947, à partir de la 25ème Division Aéroportée, un groupement colonial. Il prend le nom de Demi-brigade Coloniale de Commandos Parachutistes. Son premier chef de corps est le colonel Massu.

 

 

 

Les BPC.

 

Pour faire face aux besoins en hommes, et aux relèves nécessaires, des bataillons de parachutistes coloniaux viennent compléter la Demi-brigade : le 1er, le 2, le 3, le 5, le 6, le 7 et le 8.

 

L’histoire du 1er commence en 1947 : le 1er bataillon colonial de commandos parachutistes est créé à partir de deux bataillons parachutistes SAS. Il est dissous l’année suivante, pour être recréé le 7 décembre 1949. Au mois de mars 1951, il devient le 1er BPC qui est lui-même dissous en janvier 1952 pour être à nouveau recréé un an plus tard (dissous définitivement en septembre 1955).

 

L’Opération Castor.

 

En 1953, la guerre fait rage en Indochine depuis près de huit ans. En octobre, le commandement vietminh, mené par le général Giap, décide de suspendre les attaques sur le delta du Tonkin. L’effort en hommes en trop important. Les soldats français, dans le cadre de l’opération « Mouette » ont anéanti plusieurs milliers de Bodois. Giap déplace alors ses divisions vers la Haute-région et le Laos, dans le but de prendre à revers les troupes françaises et de prolonger le soulèvement vietnamien au Laos.

 

Le général Navarre, nouveau commandant en chef du CEFEO (Corps Expéditionnaire Français en Extrême Orient) comprend la manœuvre du stratège vietnamien. Qui plus est, un traité de défense du Laos est signé avec la France. Navarre cherche par tous les moyens a empêché l’ouverture d’un nouveau front. L’idée consiste alors à prendre position dans la plaine de Diên Biên Phu, à l’extrême ouest du pays vietnamien, pour d’une part, attirer les forces de Giap, et d’autre part, leur couper la route menant au Laos. Tenter des combats victorieux dans les montagnes environnantes s’avérant illusoire. Il est donc préférable de choisir le terrain. Des raids étant ensuite lancés depuis le camp de Diên Biên Phu pour détruire des positions ennemies. C’est une tactique qui a déjà réussi (camp de Na San). Ce plan militaire s’appelle l’opération « Castor ».

 

L’Elément Divisionnaire Aéroporté du général Gilles doit sauter sur Diên Biên Phu en deux GAP (Groupement Aéroporté), le premier étant formé de deux vagues :

 

  • - GAP 1 : commandant Fourcade avec le 6ème BPC du chef de bataillon Bigeard, le 2/1er RCP du commandant Bréchignac, la 17ème compagnie parachutiste, des éléments du groupe de marche du 35ème régiment d’artillerie parachutiste du chef d’escadron Millot, pour la première vague ; pour la seconde vague : le 1er BPC du chef de bataillon Souquet, l’antenne chirurgicale parachutiste n°1 et le reliquat du groupe de marche du 35ème régiment d’artillerie d’artillerie parachutiste.
  • - GAP 2 : lieutenant-colonel Langlais avec le 1er bataillon étranger de parachutistes du chef de bataillon Guiraud, le 8ème BPC du capitaine Tourret et le 5ème bataillon de parachutistes vietnamiens du chef de bataillon Bouvery.

 

Le saut n’est pas de tout repos : Bigeard et ses hommes atterrissent au beau milieu de Bodois en pleine instruction : c’est un carnage chez les soldats du Vietminh. Le camp français s’installe. Mais rien ne va se passer comme prévu…

 

 

Janvier 1954.

 


Maurice Bertaud est natif de la commune de Rueil-Malmaison. Il y voit le jour le 29 août 1932. Il s’engage dans l’Armée et est appelé à servir en Indochine. Il intègre le 1er BPC en tant que parachutiste de 2ème classe.

 

Dans son ouvrage très documenté sur la guerre d’Indochine (Ed. Perrin), Georges Fleury rappelle les conditions de l’engagement à la fin de l’année 1953 : « Alors qu’on l’attendait à Diên Biên Phu, Giap frappe au Laos. Sa division 325, étoffée par un régiment de la 304, attaque le 20 décembre 1953 dans la région de Ban Kha Hé. Elle bouscule le 27ème bataillon de tirailleurs algériens qui défendaient la place avec une batterie d’artillerie. Elle lamine une à une des positions tenues par des troupes laotiennes. »

 

Les troupes vietminh progressent rapidement. Plan judicieux que d’attaquer bien au sud pour faire diversion et forcer l’Union française à honorer son traité. Une ville importante de cette région, That Khek est abandonnée sans combattre. Des troupes françaises sont envoyées sur le camp Seno (« Sud Est – Nord Ouest » ; nom donné à ce camp, installé au carrefour des routes coloniales 13 et 9) pour contrecarrer l’offensive. Avec le soutien du 2ème BEP, le 1er BPC réoccupe la ville et repousse les régiments vietminh 66 et 101.

 

C’est au cours de ces combats que Maurice Bertaud trouve la mort à Ban Na kham, au Laos, le 8 janvier 1954. Il avait 22 ans.

 

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